Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
DATE, Hedwige Chevrillon a reçu INVITES, FONCTIONS, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:13De quoi Donald Trump est-il le nom ?
00:15Un incendiaire de l'économie mondiale, un prédateur des relations internationales,
00:20notamment des relations avec l'Union Européenne.
00:22On en parlera avec l'un des meilleurs analystes de la géopolitique mondiale, François Heisbourg.
00:27Il sera avec nous dès l'ouverture de ce 18-19.
00:30Et puis ensuite, justement, on essaiera de voir comment se porte l'économie,
00:34et notamment l'économie française, un peu la douche froide.
00:37On en parlera avec Bruno Coquet, on en parlera avec Mathieu Plannes et Hugo Babé.
00:42Avec eux, on verra aussi si le pouvoir d'achat a progressé.
00:45Comme l'a dit ce matin le gouverneur de la Banque de France, qui faisait un peu ses adieux.
00:49Et puis on parlera de l'apprentissage.
00:50Est-ce que la facture est trop élevée ?
00:52Mais tout de suite, c'est le journal avec Stéphanie Collot.
00:56Le journal.
00:58Il est pile 18h. Bonsoir Stéphanie.
01:00Bonsoir Edwige.
01:01Et on commence par cette date.
01:02Regain de tension dans le détroit d'Hormuz.
01:04Le pétrole, évidemment, repart à la hausse.
01:07Oui, le WTI dépasse les 105 dollars le baril.
01:11Le Brent atteint 114 dollars,
01:13alors que les Etats-Unis poursuivent leur opération Project Freedom,
01:16visant à débloquer des navires coincés dans le détroit.
01:19Deux navires commerciaux américains ont franchi avec succès le passage selon l'armée américaine.
01:24Ce que dément Téhéran.
01:25En réponse, la marine iranienne a lancé des tirs de missiles en guise d'avertissement contre des vaisseaux américains.
01:31Les Émirats arabes unis affirment, eux, que l'Iran a tiré des drones sur un de leurs pétroliers.
01:36Quatre alertes ont, par ailleurs, retenti cet après-midi à Dubaï et à Abu Dhabi pour la première fois depuis
01:42le cessez-le-feu.
01:44Trois missiles ont été interceptés.
01:45A Fujairah, un incendie s'est déclaré sur le site industriel pétrolier.
01:49Les Émirats arabes unis qui confirment discuter avec les Etats-Unis d'un accord d'échange de devises.
01:54Selon le Wall Street Journal, les Émirats souhaitent bénéficier de cette mesure pour stabiliser leur économie
01:59au cas où les conséquences de la guerre continueraient à la mettre à l'épreuve.
02:03De son côté, Emmanuel Macron affirme que les Européens devront répondre en cas de profits pétroliers excessifs,
02:10même si le chef de l'État estime qu'il n'y a pas, à ce stade, de producteurs qui
02:14font monter le prix de l'énergie à dessein.
02:18C'est sa dernière lettre au Président avant de quitter la Banque de France.
02:21François Villeroy de Gallo dresse un bilan mitigé de l'économie française avec une croissance correcte,
02:26une inflation maîtrisée et l'emploi en est à amélioration depuis 2010.
02:30Mais il pointe la dégradation des finances publiques.
02:32Plus 30 points de dette en 15 ans, une productivité en berne et un retard très important de l'innovation
02:39privée.
02:40La demande de mise en liberté de Bruno Laffont sera examinée le 19 mai à la cour d'appel de
02:45Paris.
02:45C'est ce qu'a appris BFM TV de sources concordantes.
02:49L'ancien patron de la Farge est en prison depuis le 13 avril dernier.
02:53Il a été condamné à 6 ans d'emprisonnement pour financement de terrorisme.
02:56Et puis GameStop veut racheter eBay et transformer la plateforme en concurrent d'Amazon.
03:02La chaîne américaine de magasins de jeux vidéo détient actuellement environ 5% du capital.
03:07L'opération, si elle a lieu, s'élèverait à 56 milliards de dollars.
03:1218h02 sur BFM Business, les marchés.
03:16Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:18Bonsoir Antoine.
03:18Bonsoir Stéphanie.
03:19Bonsoir Edouard.
03:19Bonsoir Antoine.
03:20Et le CAC termine en nette baisse ce soir.
03:23Oui, une baisse marquée.
03:24On termine sous les 8000 points.
03:267 976 points, un repli d'1,7%.
03:29A noter quand même une très très belle résistance de la tech européenne
03:32qui signe une performance positive malgré tout.
03:34Plus 0,39% pour l'Euronext Tech Leaders.
03:37Mais les principaux signaux qui ont vraiment stressé le marché.
03:41Alors déjà des taux d'intérêt 10 ans qui continuent de bien bien grimper à 3,74% pour la
03:46dette française.
03:473,09% pour le 10 ans allemand et 4,45% pour la dette américaine.
03:52On commence à s'approcher à nouveau de codes d'alerte un petit peu partout.
03:54D'autant que le pétrole effectivement n'en finit pas de grimper.
03:57114 alors on se parle pour le Brent de mer du Nord.
04:00Les plus fortes hausses du CAC de la tech.
04:02Capgemini plus 3%, 106,10€.
04:04ST Microelectronics plus de 15,47,01€.
04:07Le secteur des semi-conducteurs toujours très entouré.
04:09Soitec encore plus 20% de hausse.
04:12On gagne plus de 500% depuis le 1er janvier.
04:15Une société qui est vraiment en train de changer de dimension en ce moment sous nos yeux.
04:19A la baisse, c'est SILOR, le SOTICA.
04:20Moins 4,4%, 173,25€.
04:22Et de manière un petit peu plus générale, l'ensemble du secteur de la santé.
04:26Avec Nanobiotics, moins 7,6% à 26,52€.
04:29Ou DBV Technologies, moins 7,49€ à 3,36€.
04:32Le CAC, moins 1,71€, 7,976€.
04:35Les volumes d'échanges élevés, 4,7 milliards d'euros.
04:39Merci beaucoup Antoine.
04:40Merci Stéphanie.
04:41Rendez-vous à 19h, 19h30 pour le Grand Journal de l'Éco.
04:44Dans un instant, François Hesbourg, conseiller spéciale à la Fondation pour la Recherche Stratégique, sera notre invité.
04:50BFM Business et la Tribune présentent...
04:54Le 18-19 d'Edvie Chevrillon.
05:00Vous êtes bien dans le 18-19.
05:02Mon invité, c'est François Hesbourg, conseiller spéciale à la Fondation pour la Recherche Stratégique.
05:06Bonsoir François Hesbourg.
05:07Merci d'être avec nous.
05:08Vous êtes considéré comme l'un des meilleurs analystes de la géopolitique mondiale.
05:12Et on a besoin de vos lumières.
05:13Et en plus, vous publiez un livre qui est quand même très très intéressant.
05:16L'Europe face aux prédateurs.
05:18Où vous dites, tiens, entre autres, on y reviendra.
05:20L'Europe a besoin d'être beaucoup plus brutale.
05:23Soit l'Europe, c'est le déclin de l'Europe.
05:25Soit au contraire, c'est la renaissance de l'Europe.
05:27On va revenir là-dessus.
05:28Mais je voudrais évidemment qu'on...
05:30D'abord, qu'on regarde un peu ce qui se passe ce soir.
05:34L'actualité, elle se passe du côté du détroit d'Hormuz.
05:36Avec Donald Trump qui lance la bataille navale.
05:40Alors, on apprend qu'il y a peut-être deux navires qui ont pris feu.
05:43Et puis finalement, non.
05:44On ne sait plus exactement quoi.
05:46Mais on voit bien que la tension, elle est extrême.
05:49La tension est extrême.
05:51Le risque d'escalade est très élevé.
05:54Et le fait, lui qui est avéré, puisque les sources locales, elles, sont très claires.
06:00Le port de Fujairah a été effectivement attaqué par les Iraniens aux Émirats Arabes Unis.
06:06C'est le débouché d'un oléoduc qui permet de sortir 1,5 million de barils par jour
06:12depuis le golfe Persique jusqu'à la mer d'Arabie,
06:16sans passer par le détroit d'Hormuz.
06:19Sauf que les Iraniens ont dit ce matin que le port de Fujairah était désormais inclus dans le blocus.
06:25Et les Iraniens, pour bien marquer que ce n'était pas pour plaisanter,
06:29ils ont attaqué le port.
06:31Autrement dit, et ça se voit tout de suite dans les graphiques d'augmentation des cours du pétrole,
06:38ça s'est tout de suite reflété, évidemment, dans le prix du Brent tout à l'heure.
06:42Oui, il y a quatre missiles qui ont visé les Émiratis,
06:46qui est vraiment le pays qui est le plus touché par cette guerre en Iran.
06:52C'est le pays le plus visé, c'est celui qui a pris fête et cause pour les États-Unis
06:58et Israël,
06:59plus que tout autre dans la région du Golfe.
07:02C'est aussi celui qui, jusqu'à présent, arrivait à sortir une partie de son pétrole vers les marchés mondiaux,
07:11contrairement aux autres monarchies du Golfe.
07:13Ça, maintenant, il faut craindre que ce soit fini,
07:16que les Émiratis soient logés à la même enseigne que les Coétis ou les...
07:20Oui, et les Émiratis qui ont décidé, c'était avant le week-end, de sortir de l'OPEP.
07:24Donc c'était quand même un point important aussi.
07:27Une question quand même, François Hessebrois,
07:29est-ce que je peux vous demander un peu ce soir comment vous jaugez la situation qui...
07:34Parce qu'il y a une guerre d'informations absolument terrible.
07:36Nous, à Média, on essaie de rester entre les deux.
07:38Mais comment est-ce que vous, vous jugez ce qui se passe ?
07:42C'est les Iraniens qui imposent leur tempo ?
07:45C'est Trump, au contraire, qui est le plus menaçant ?
07:48C'est quoi votre analyse ?
07:50Les deux sont convaincus que la victoire est à leur portée,
07:55ce qui, évidemment, contribue à créer une situation qui est bloquée.
08:01Dans la réalité, c'est l'Iran qui tient, pour le moment, le manche.
08:05Et M. Trump a évidemment infiniment de mal à reconnaître cet état de fait,
08:12puisqu'il part du principe que cette guerre, il l'a gagnée il y a longtemps,
08:15en ayant coulé la marine.
08:17Pardon, mais pourquoi dites-vous, et sur quoi vous vous appuyez,
08:20pour dire qu'actuellement, c'est l'Iran qui tient le manche ?
08:23L'Iran parvient à priver le monde entier d'à peu près 13% des flux normaux de pétrole dans
08:32le monde.
08:33L'économie mondiale est menacée dans ses œuvres vives par cet acte iranien,
08:40qui n'était d'ailleurs pas inattendu.
08:42Ça fait 50 ans que tous les stratèges du monde étudiaient l'hypothèse d'une fermeture du détroit d'Hormuz.
08:49On en connaissait a priori les implications.
08:53Il n'y a que M. Trump qui paraissait ignorer superbement ces risques lorsqu'il s'est lancé dans cette
09:01guerre.
09:01Oui, mais maintenant, je veux dire, lui, l'économie mondiale frappe d'accord,
09:05le prix de l'essence a augmenté un petit peu aux États-Unis.
09:12Mais si vous voulez, sinon, l'économie américaine, elle croule sous le pétrole.
09:15Enfin, la situation est plutôt florissante aux États-Unis.
09:18Le marché du pétrole est un marché mondial.
09:22Et lorsque l'essence augmente beaucoup, et non pas un petit peu,
09:26parce qu'elle augmente beaucoup aux États-Unis, comme il y a...
09:28Oui, elle augmente beaucoup.
09:29C'est normal, comme vous l'avez dit, c'est un marché mondial.
09:32Mais en même temps, regardez le gallant, il a 4,5 dollars.
09:38Oui, pour le régular, c'est près de 4,50 dollars.
09:43Et pour le premium, c'est un peu plus de 5 dollars.
09:48Donc pour vous...
09:50C'est un truc à perdre les prochaines élections, oui, ça c'est clair.
09:53D'accord.
09:53Donc pour vous, pour l'instant, le vainqueur, c'est l'Iran ?
09:57Ce n'est pas le vainqueur, puisque la guerre continue.
10:00C'est celui qui, pour l'instant, tient le manche.
10:02Ça ne veut pas dire que c'est l'Iran qui va s'en sortir en position de vainqueur.
10:06Je n'ai pas dit ça.
10:08Cette guerre, comme toutes les guerres, n'est pas linéaire.
10:11Et elle va prendre des tours et des détours imprévus dans les mois qui viennent.
10:16Mais croyez-vous que Donald Trump veut vraiment frapper l'Iran ?
10:20Parce que j'ai envie de dire que chaque soir, nous, on se couche avec Donald Trump qui veut coucher
10:24l'Iran.
10:25Qui veut...
10:25Ça y est, il va frapper l'Iran.
10:27Et puis chaque matin, nous, on se réveille avec un tweet de Donald Trump qui dit
10:31« Ben non, mais finalement, la diplomatie, c'est important. »
10:34Donc il y a des allers-retours permanents.
10:36M. Trump n'a aucune envie de voir l'Iran frapper à nouveau les monarchies du Golfe
10:46et mettre à feu et à sang la navigation dans le Golfe Persique.
10:52M. Trump a au moins appris une chose, c'est que les Iraniens savaient faire ça.
10:57Donc il ne cherche pas la bagarre.
11:00En même temps, il ne parvient visuellement pas à reconnaître le fait que, dans une négociation,
11:07il va falloir que chacun cède un peu de terrain pour pouvoir éventuellement arriver à un compromis.
11:14M. Trump n'est pas un homme qui fait des deals, contrairement à ce que l'on croit.
11:18M. Trump est quelqu'un qui a l'habitude d'imposer sa position.
11:22Maintenant, c'est un dealmaker ?
11:23Ben non, ce n'est pas un dealmaker.
11:25Je suis désolé, sa vie d'homme d'affaires montre une succession de faillites relativement retentissantes
11:32au fil des décennies et dans la vie internationale.
11:36Il sait s'imposer ou il sait reculer.
11:40Il ne sait pas faire un deal.
11:42Un deal, c'est une transaction.
11:44C'est je te donne ceci, tu me donnes ça et on fait un accord ensemble.
11:50Ça, pour M. Trump, ce n'est pas son truc.
11:52D'accord. Juste encore un point là-dessus avant de passer à l'Europe,
11:56parce que c'est quand même ça aussi qui nous intéresse.
11:59Là, il y a des navires qui sont menacés.
12:02L'Iran menace de mettre le feu à des navires, notamment des navires américains.
12:07Est-ce que c'est ça qui peut faire exploser vraiment la guerre ?
12:13Ce qui peut faire exploser la guerre, c'est soit effectivement un coup iranien porté à un navire américain.
12:20Les Américains, je pense, réagiraient avec une brutalité assez spectaculaire.
12:29Et à l'inverse, si l'Iran frappe des navires, des pétroliers ou des cargos,
12:42le prix du pétrole, bien entendu, montera encore plus haut.
12:48On est dans ce risque-là en ce moment, sur les deux que je viens d'évoquer.
12:55C'est un risque très très fragile.
12:56Alors, là-dessus, on peut se demander, est l'Europe dans tout ça ?
12:59Je rappelle que vous publiez, je suis Odile Jacob, l'Europe face aux prédateurs,
13:03forger la nouvelle puissance, parce que vous vous dites,
13:05soit l'Europe, de manière étant déclin, soit elle poursuit son déclin,
13:10soit éventuellement, ce qui se passe, peut-être l'occasion d'un renouveau.
13:15Vous dites, nous sommes dans le collimateur,
13:18et nul ne sait aujourd'hui qu'il sera le sort dévolu au continent américain,
13:22dans les bouleversements planétaires en cours,
13:24livré au ressentiment d'une Amérique qui lui tourne le dos,
13:28à l'hostilité d'un néo-empire poutinien,
13:31ou à la prédation d'une Chine méprisante.
13:34L'Europe vieillissante est élevée à un déclin irrémédiable.
13:39Merci, François Esbaud.
13:41Ça, malheureusement, c'est l'état de fait.
13:43Il suffit d'entendre les déclarations de M. Trump sur le retrait des moyens militaires
13:52depuis l'Europe pour s'en convaincre.
13:55Quant à M. Poutine, il poursuit allègrement sa guerre en Ukraine.
13:58Et quant à la Chine, le moins que l'on puisse dire,
14:01c'est que l'industrie automobile allemande en prend en plein la figure,
14:05du côté des Chinois comme du côté des Américains.
14:08Ça fait effectivement beaucoup.
14:09Mais ce qui est encore pire, c'est que ces trois prédateurs
14:13tiennent vis-à-vis de l'Europe le même langage méprisant.
14:17Pour les États-Unis, l'Europe est sortie de l'histoire.
14:22Nous sommes des couards, nous ne faisons rien.
14:25Civilisation passée.
14:26Voilà, pour les Russes, nous sommes une espèce de planète molle
14:31faite de Wok.
14:33Vu de Chine, nous sommes des démocraties en déclin irrémédiable.
14:38Et le problème, c'est que ces trois narratifs qui se superposent
14:42sont souvent repris en Europe même.
14:46Nous nous convaincons...
14:48Vous les reprenez, si je peux me permettre.
14:49Oui, justement.
14:50Nous les reprenons sur le thème.
14:54Ah oui, ça va vraiment très très mal.
14:57Alors que ce que je tente de démontrer dans mon livre,
15:00et je pense que je le fais de façon raisonnable ou convaincante,
15:04c'est que nous sommes beaucoup moins faibles
15:05que nous le croyons parfois nous-mêmes.
15:08Nous sommes plus forts que nous le croyons parfois nous-mêmes.
15:11Les problèmes que nous avons sont très largement partagés
15:15par les prédateurs, y compris dans des domaines
15:19où on ne s'y attend pas.
15:22Je prends un exemple très pratique.
15:24L'image de l'Europe, c'est celui d'un continent déclin démographique
15:30consternant une espèce d'épat géant, une espèce de musée.
15:35Et cette image est reprise pas seulement chez les prédateurs,
15:39elle est aussi reprise chez nous.
15:42Si vous posez votre regard trois secondes sur la Chine,
15:46la démographie chinoise, croyez-moi, c'est autre chose
15:50en termes de déclin et de catastrophe que ce qui se passe en Europe.
15:54Quant aux États-Unis, qui jusqu'à une date récente
15:57étaient en relativement meilleure santé démographique,
16:00aujourd'hui les indicateurs américains dans le domaine démographique
16:03sont quasi identiques, un peu moins bons, que ceux de la France.
16:07Autrement dit, vous connaissez l'expression
16:14« quand je me contemple, je me désole, quand je me compare, je me console ».
16:19Mon but n'est pas de consoler, il ne s'agit pas pour moi de consoler,
16:23il s'agit tout simplement de montrer qu'on peut bâtir des rapports de force,
16:27parfois plus aisément qu'on le croit nous-mêmes.
16:29L'affaire du Groenland, les Américains auraient pu prendre
16:33le contrôle du Groenland en trois heures.
16:35Monsieur Trump a failli le faire.
16:37Et qu'est-ce qui s'est passé ?
16:38Les Européens ont préempté, ils ont envoyé quelques troupes,
16:42pas beaucoup, mais pas beaucoup, ça suffit.
16:45Quelques centaines de soldats d'une huitaine de pays, des bateaux,
16:51et on a menacé de recourir à ce qu'on appelle médiatiquement le bazooka,
16:58c'est-à-dire l'instrument anti-coercition dans le domaine commercial,
17:02c'est-à-dire le déclenchement d'une guerre commerciale de grande envergure,
17:07les marchés auxquels M. Trump est sensible.
17:10Pour le coup, il est sensible.
17:13Alors là, quand tous les indicateurs sur les marchés boursiers,
17:18et surtout obligataires, sont passés au rouge,
17:21alors là, le lendemain à Davos, M. Trump, tout d'un coup,
17:25il s'était fait tout petit.
17:26Et il avait expliqué que non, il ne recourait pas à la force.
17:30Donc l'Europe sait se mettre en ordre de confrontation
17:36lorsqu'il le faut.
17:38Alors ce que vous dites, et que vous détaillez bien dans votre livre,
17:41avec des fornules qui frappent, François Hessebourg,
17:45c'est que vous dites que l'Europe doit apprendre le rapport de force.
17:48L'Europe doit être beaucoup plus brutale.
17:50Or, ce n'est pas du tout dans notre logiciel démocratique.
17:54Absolument. Ce n'est pas dans notre logiciel.
17:56On va devoir l'apprendre.
17:58C'est une question vraiment de vie ou de mort.
18:01Parce que les trois prédateurs, ils nous en veulent tous les trois
18:04pour des raisons parfois communes, parfois distinctes,
18:08mais en tout état de cause.
18:09La seule chose, c'est qu'ils ne se mettent pas d'accord
18:11complètement sur notre dos.
18:12On l'espère, mais la capacité de M. Trump de se mettre d'accord
18:16avec M. Poutine est très élevée.
18:18Et je ne parierai pas forcément sur une confrontation
18:22entre M. Trump et M. Xi Jinping
18:24lorsque M. Trump va aller à Pékin dans une quinzaine de jours.
18:29Donc il va falloir apprendre.
18:33Il va falloir aussi que l'on apprenne à jouer avec les autres États,
18:38ceux qui sont eux aussi confrontés à la prédation de ces trois pays.
18:44Ah, vous parlez du Mercosur, vous parlez de l'Inde.
18:46Je parle du Mercosur, je parle de l'Inde,
18:49je parle des démocraties asiatiques,
18:51Japon, Corée du Sud et ainsi de suite.
18:54Alors, on n'a pas forcément la même histoire,
18:57on n'a pas forcément les mêmes références,
18:59mais on a basiquement les mêmes intérêts.
19:03Mais brutale, la brutalité, vous la mettez où et comment ?
19:07Est-ce que ça passe par quoi ?
19:09Alors, ça ne passe pas par la photo de Mme van der Leyen
19:13au château de Turnberry en Écosse,
19:18avec une tête de petite fille qui va se faire gronder
19:21par le grand méchant loup Trump.
19:24Ça ne passe évidemment pas par ça.
19:27Et je pense que c'était une vraie erreur
19:30de la part des Européens
19:31d'avoir accepté le mauvais accord commercial
19:35qu'on a passé avec les États-Unis.
19:37On a eu trop peur de déclencher
19:41les feux de la guerre commerciale.
19:43Je pense que M. Trump aurait reculé,
19:45comme il le fait toujours quand les marchés
19:48sont contre lui.
19:49Oui, mais en même temps, vous voyez bien que là,
19:52alors qu'il a menacé,
19:53enfin, il a fait plus que menacé,
19:55alors qu'il a annoncé qu'il y aurait de nouveau
19:57des droits de douane portés à 25% sur les voitures.
20:00Tout ça, Henri Post a de la déclaration
20:04quand même assez forte du chancelier allemand
20:06qui a dit que l'Amérique a été humiliée par l'errant.
20:09C'est quand même un mot très très fort.
20:13Et puis l'accord, il n'avait pas encore été ratifié
20:16parce qu'il est toujours en discussion au Parlement.
20:18C'est ça qu'il nous reprochait d'abord.
20:20C'était que l'accord n'avait pas été ratifié.
20:22Et je considère que le Parlement européen
20:23a raison de prendre son temps.
20:26Mais le fait est aussi,
20:27et ça, M. Trump va s'apercevoir,
20:30que l'histoire s'avance de façon parfois un peu rusée.
20:36Pendant son premier mandat
20:37et pendant une bonne partie de son second mandat,
20:40il a fait une injonction aux Européens
20:43d'augmenter leur budget de la défense.
20:45Il avait raison.
20:47– Ben oui, de ce point de vue-là,
20:50c'est lui qui a provoqué le réveil de l'Europe.
20:52– Et lui et Poutine ont provoqué le réveil de l'Europe.
20:56Mais pas forcément, c'était pas forcément le but.
20:59Et le résultat de l'opération,
21:01c'est que les Européens disent leur fête aux Américains.
21:04Parce que, vous prenez l'Allemagne,
21:06l'Allemagne a doublé son budget de la défense
21:09depuis le début de la décennie.
21:11L'Allemagne va passer à 100 milliards d'euros
21:14dès l'année prochaine en matière de budget de la défense.
21:17– Oui, mais il partait de très loin.
21:18– Ah, il partait, justement, il partait de très loin.
21:22L'Europe, dans son ensemble,
21:26elle dépense déjà plus que la Chine
21:28en matière de défense.
21:31Cet argent, on ne va pas le dépenser
21:34pour acheter Américains.
21:36Même les Polonais comprennent ça,
21:38même les Allemands comprennent ça.
21:40– Pas sûr, pas sûr, quand même.
21:41– Mais si, pour une raison très simple,
21:43c'est que les Américains viennent de nous annoncer
21:44qu'ils étaient incapables de livrer,
21:46pour cause de guerre d'Iran,
21:49le matos que les Européens avaient commandé
21:51et payé au cours des derniers mois.
21:54Donc, quand vous avez des Américains
21:57qui brandissent toutes sortes de menaces
21:59et qui ensuite vous disent
22:04que vous avez acheté et payé
22:06de l'armement américain,
22:08ils vous disent, on ne peut pas vous livrer,
22:11vous en tirez quelle conclusion ?
22:13À moins d'être totalement irrationnel,
22:15vous allez dire, merci monsieur,
22:16la prochaine fois, j'achète ailleurs.
22:19Et c'est ce qui est en train de se passer.
22:21Vous voyez le Danemark,
22:22qui est acheté toujours américain,
22:24il vient d'acheter pour plusieurs milliards d'euros
22:27de missiles solaires, anti-missiles,
22:30français, franco-italien.
22:31Oui, mais vous voyez quand même l'histoire du SCAF aussi,
22:34François Heisbourg, de l'avion de combat.
22:37L'avion de combat, lorsque vous commandez un avion
22:40pour les années 2040,
22:42quand les chefs d'état-major vous expliquent
22:44que le moment du grand danger,
22:45c'est à la fin des années 2020,
22:47au début des années 2030,
22:49je ne suis pas sûr que l'investissement dans le SCAF
22:52est forcément très intelligent
22:54et la France, comme l'Allemagne,
22:57bon, on conclut l'accord là-dessus en 2017,
23:00c'était avant la guerre d'Ukraine,
23:03c'était avant le monde d'aujourd'hui.
23:07Je ne pleurerai pas si on m'annonce demain
23:10qu'il n'y a plus de SCAF,
23:12mais qu'il y aura le Rafale 5
23:16pour les années 2030.
23:17C'est ce que disait ici-même Eric Trappier,
23:19le patron d'Assos.
23:20Je comprends que Trappier, professionnellement,
23:22c'est sa raison d'être.
23:26Oui, c'est sa raison d'être.
23:26Moi, je ne suis pas chez Dassault,
23:28mais en l'occurrence, monsieur Trappier a raison.
23:30D'accord, ok, comme ça, c'est...
23:32Justement, ça fera le lien,
23:33parce que c'est le dernier point que je voulais aborder avec vous,
23:35François Heisbourg,
23:35sur la loi de programmation militaire,
23:37puisque les députés, actuellement,
23:40sont en train d'en discuter,
23:41avec une rallonge de 36 milliards
23:43par rapport à ce qui avait été voté en 2023.
23:48C'est vrai qu'il s'est passé quand même
23:49beaucoup de choses depuis.
23:50Est-ce que, puis un plus de 13 milliards d'euros
23:52extra-budgétaires,
23:54est-ce qu'on arrive à un total de 436 milliards ?
23:58Est-ce que c'est ça qui peut provoquer
24:01le réveil de l'Europe dont vous parliez
24:03et le réveil de la France ?
24:05Certainement.
24:07La France se trouve,
24:09face à des partenaires européens
24:11qui ont entendu le message français.
24:13Le message français, depuis des années,
24:15c'était « Réveillez-vous, les gars,
24:17les États-Unis ne seront pas là éternellement,
24:20il va falloir faire de l'autonomie stratégique ».
24:23Ah, maintenant, les Européens,
24:25ils ont compris, ils disent tout ça.
24:26Alors, les Polonais font passer leur budget
24:28de la défense à 5% du PIB.
24:31Excusez-moi.
24:31Mais eux, ils ont bien compris, les Polonais.
24:33Les Polonais ont compris, les Allemands ont compris.
24:34Les Allemands sont en train de nous doubler joyeusement.
24:41Les Français ont été…
24:42Ah, les Français aussi quand même.
24:43On est bon.
24:47On a un bon héritage.
24:49Mais il va falloir effectivement
24:51que cet argent soit voté par le Parlement.
24:55Et ce qui est peut-être encore plus important,
24:57c'est que l'exécution des budgets de la défense
25:00soit conforme à la programmation.
25:03Ce qui est rarement le cas dans notre histoire.
25:05Il n'y a eu qu'un seul cas,
25:07c'était pendant le premier mandat de M. Macron
25:10où la programmation était à peu près respectée.
25:12Sinon, jusque-là, on a toujours fait des annulations de crédit,
25:16des reports de crédit.
25:17Quand on pense…
25:18Et les Français ont gagné la bataille intellectuelle et politique
25:22sur le thème de l'autonomie stratégique.
25:26Il va falloir que nous aussi, on en tire les conséquences.
25:30Il ne faut pas qu'on se fasse larguer par les Polonais ou les Allemands.
25:34Il faut que l'on continue, nous, de donner le rythme.
25:36– Quand on pense que le général Pierre de Villiers
25:39a été viré limogé par Emmanuel Macron,
25:42mais c'était à tous ses tout débuts,
25:44parce que justement, il avait considéré qu'il avait été humilié
25:47et par des parlementaires et par Emmanuel Macron,
25:49parce qu'il demandait plus de moyens.
25:51Lorsqu'on voit qu'aujourd'hui, ça lui donne raison quand même.
25:53– Oui, mais le chef des armées, c'est le président de la République
25:56et dans le système français…
25:58– On ne dit pas ce qu'il faut.
25:59– Voilà, il y a un art et une manière
26:04qui n'avait peut-être pas été tout à fait au rendez-vous.
26:07– Merci beaucoup François Heisbourg d'être venu sur ce plateau.
26:10Je rappelle que vous êtes donc conseiller spécial
26:12de la Fondation pour la recherche stratégique.
26:14Et puis surtout, vous publiez un livre très intéressant,
26:17parce que c'est un livre de fond, même s'il répond à l'actualité du moment.
26:21« L'Europe face aux prédateurs, forger la nouvelle puissance de l'Europe »
26:25et c'est publié chez Odile Jacob.
26:26Merci d'avoir été avec nous dans un instant.
26:29Justement, on reviendra sur ce que ça provoque
26:31sur les prix du pétrole, sur le choc sur l'économie mondiale.
26:35On en parlera avec des meilleures économistes, bien sûr.
26:38Bruno Coquet, président du cabinet.
26:40Uno, études et conseils.
26:42Mathieu Plannes, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFC.
26:45Et puis Hugo Babet, qui est le journaliste macro de BFM Business,
26:49qui était ce matin aux côtés de François Villebrot-Galot
26:53sur ses adieux en tant que gouverneur.
26:56On voit ça tout de suite.
27:08On va parler un tout petit peu du pyroman Donald Trump
27:12qui met le feu à l'économie mondiale.
27:14On en parlait tout à l'heure avec François Esbou.
27:15On va parler avec des économistes pour ce débat.
27:18Avec à ma gauche, Bruno Coquet, qui est président du cabinet Uno,
27:21études et conseils.
27:22Bonsoir Bruno Coquet.
27:23Ça fait bizarre de vous présenter comme ça, mais voilà, c'est comme ça.
27:26Vous êtes économiste et notamment sur l'apprentissage.
27:29C'est vous qui avez pondu, publié cette fameuse note
27:32qui a fait écouler beaucoup d'encre
27:34et qui fait que certains remettent en cause l'apprentissage
27:37avec son coût élevé.
27:38On va y revenir.
27:41En face de vous, Mathieu Plannes, que vous connaissez bien,
27:43directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFC.
27:46Bonsoir Mathieu.
27:47Bonsoir.
27:47Merci d'être là.
27:49Et puis à vos côtés, Hugo Babet,
27:51qui est le journaliste un peu macroéconomique de BFM Business.
27:53Bonsoir.
27:54Merci de nous accompagner, Hugo.
27:56Surtout que ce matin, vous étiez,
27:57c'est-à-dire l'adieu aux armes,
27:59l'adieu avec sa lettre au président de la République,
28:02du gouverneur de la Banque de France,
28:04parce qu'il a donné quand même quelques chiffres intéressants.
28:07On peut dire que c'est un peu la douche froide pour l'économie française.
28:09Dites-nous en trois mots ce qu'il a dit.
28:11En fait, il l'a résumé avec une métaphore sportive.
28:14Il a dit, la France, c'est un bon jeu individuel
28:17et un mauvais jeu collectif.
28:19D'un côté, un bon jeu individuel parce qu'on a la croissance
28:22qui a quand même fait plus de 19% depuis 15 ans.
28:26Aucun risque de récession jusqu'en 2028.
28:29Une inflation maîtrisée.
28:31Et un emploi avec ce chiffre de 4 millions d'emplois nets
28:35créés depuis 2010.
28:37Et de l'autre côté, le jeu collectif.
28:39Ça, c'est l'État avec des finances publiques très dégradées.
28:42plus 30 points de dette depuis 15 ans.
28:46Alors, il a dit aussi un point que je trouve intéressant
28:49que vous n'avez pas noté, Goh.
28:51C'est que le pouvoir d'achat, il a progressé
28:54contrairement à ce qu'on dit sur 10 ans.
28:57Mathieu Pan, vous partagez quelque part cet optimisme
29:00du gouverneur de la Banque de France ?
29:03Oui, optimisme relatif quand même.
29:05Il voit une croissance quand même sur 2026.
29:08Là, on est en panne totale.
29:10Oui, et puis le 1er trimestre, ça n'a pas été bon.
29:12C'est quand même zéro.
29:14C'est une perspective depuis 2010.
29:16C'est vrai que c'est quand même sur un horizon assez long.
29:20La France, finalement, ne s'en sort pas plus mal
29:23que ses voisins européens, ses grands pays européens.
29:26Voire presque mieux, en tout cas mieux que l'Italie.
29:28Certainement, l'Italie, souvent parlait d'une sorte de miracle italien.
29:31Elle est quand même à relativiser.
29:33Quand même moins bien que l'Espagne.
29:34Mais l'Espagne avait connu un choc très sévère.
29:36Oui, voilà, venez plus loin.
29:37Au moment de la crise financière.
29:38Et que l'Allemagne, finalement.
29:39Et l'Allemagne, là, elle ne surperforme pas sur ce genre-là.
29:43Mais l'Allemagne, c'est beaucoup plus récent.
29:45En fait, si vous regardez, l'Allemagne fait bien mieux que la France
29:48jusqu'en 2021, en gros.
29:50Et à partir de 2022, le choc énergie, la guerre en Ukraine notamment,
29:55le retour du protectionnisme, en fait,
29:56a extrêmement impacté l'économie allemande
29:59qui est pour le coup dans une situation, je vais dire difficile.
30:03Elle a des excédents, notamment sur le reste du monde.
30:08Et donc, elle a des capacités d'agir.
30:09Mais par contre, elle a une économie qui a l'arrêt.
30:12Bruno Coquet, vous, c'est quoi votre analyse ?
30:14Effectivement, en perspective, c'est la perspective du gouverneur de la Banque de France.
30:18C'est depuis 2010 et jusqu'à aujourd'hui.
30:20Comment est-ce que vous, vous voyez ce diagnostic ?
30:23Moi, je le trouve quand même plutôt optimiste.
30:27Moi, je le trouve plutôt optimiste.
30:302010, c'est un point bas.
30:32Donc, quand on parle d'un point bas,
30:34on est deux ans après la crise financière.
30:36Enfin, sachant qu'elle s'est déroulée quand même sur une...
30:38C'est pas instantané.
30:40Et donc, du coup, forcément, l'appel d'air derrière,
30:44enfin, le rebond, il existe.
30:46Donc, ça, c'est la première chose.
30:47La deuxième chose, c'est que notre situation,
30:49par rapport aux autres pays européens,
30:52est-ce qu'elle s'est améliorée ou dégradée ?
30:54En fait, si on regarde le marché du travail,
30:58elle s'est dégradée.
30:59On était plutôt au-dessus de la moyenne
31:01sur les taux d'emploi, les taux d'activité, etc.
31:04dans les années 2000.
31:06Aujourd'hui, on est en dessous de la moyenne européenne,
31:09sachant qu'en plus, la moyenne européenne
31:11est tirée vers le bas par un certain nombre de pays
31:13de ce point de vue-là, notamment l'Italie,
31:15des gros pays qui pèsent lourd dans la moyenne
31:16et un peu l'Allemagne.
31:17Ça dépend des indicateurs.
31:18En tout cas, notre situation relative européenne,
31:23s'est dégradée.
31:24Sur le front de l'emploi, sur le front de la croissance, non.
31:27Sur le front de l'inflation, on a plutôt été des bons élèves, nous.
31:32Oui, je pense.
31:34C'est assez intéressant parce que c'est vrai que ce qui est plutôt mis en avant
31:39dans le rapport, notamment de la Banque de France et de la lettre du droit de Gallo,
31:43c'est qu'au contraire, la France aurait performé sur les créations d'emplois.
31:48Et il y a quand même une amélioration du dos d'emploi, mais elle est relative, en fait.
31:51Et effectivement, l'amélioration en Espagne, en Italie, est telle que finalement,
31:55quand on fait des moyennes, ça peut dégrader la situation française.
32:00Mais c'est vrai que dans les choses à mettre à l'actif de la France,
32:04je ne sais pas si, en tout cas, c'est vraiment véritablement actif,
32:07c'est qu'effectivement, l'inflation, en tout cas mesurée,
32:11telle que par Eurostat, si on fait des compétences internationaux,
32:14a été moins élevée en France qu'ailleurs.
32:16Mais ça peut refléter aussi un dynamisme économique aussi assez faible.
32:20Mais par rapport à d'autres éléments, et notamment des éléments de compétitivité,
32:23ça c'est quelque chose d'intéressant, et on ne le dit pas assez,
32:26c'est que depuis la décennie 2010, on a amélioré notre compétitivité prix relativement.
32:32C'est-à-dire qu'entre la politique d'offres, tour le tournant de 2012-2013,
32:38qui s'est poursuivie après, plus le fait que pendant la crise énergétique,
32:42on a eu moins d'inflation que les autres pays,
32:43et qu'aujourd'hui, on a même un niveau d'inflation qui est le plus bas de la zone euro,
32:47quand vous voyez le différentiel d'évolution des prix entre la France et l'Allemagne
32:50au cours, par exemple, des dix dernières années, est quand même bien plus en notre faveur.
32:54C'est-à-dire qu'on rattrape une partie, même une grande partie,
32:57des pertes de compétitivité prix qu'on avait perdues au cours de la décennie 2000.
33:01– Hugo Bebet ?
33:02– Oui, on le sentait ce matin, François Villeroy de Gallo,
33:05il est presque surpris lui-même que ce soit sur l'emploi ou sur l'inflation.
33:10Sur l'emploi, c'était presque qu'il nous disait,
33:12on a découvert qu'il y avait eu 4 millions d'emplois créés depuis 2010,
33:16comme si ce n'était pas du tout la perception attendue sur l'emploi,
33:21et même chose pour l'inflation, où on se retrouve dans une moyenne de zone euro.
33:25– Alors, je vous vois sourire, Bruno Coquet.
33:29Juste avant d'aborder la question de l'emploi,
33:31il y a la question du pouvoir d'achat.
33:33Parce que c'est vrai que lorsque vous voyez la priorité des Français,
33:36c'est quoi le pouvoir d'achat ?
33:38Lorsqu'on voit les aides qui sont demandées avec l'augmentation,
33:41la flambée des prix du pétrole,
33:43le pouvoir d'achat, on dit,
33:45ben non, c'est la catastrophe en France.
33:46Et bien finalement, en tout cas, c'est ce qu'il dit ce matin,
33:50le gouverneur en disant,
33:51mais non, il y a une progression du pouvoir d'achat.
33:54Est-ce que c'est vrai ou pas, Mathieu Plannin ?
33:57– Oui, macroéconomiquement, c'est vrai.
33:59C'est vrai, c'est vrai.
34:00– Alors ça veut dire quoi, macroéconomiquement ?
34:01C'est vrai ou c'est pas vrai ?
34:02– Non, mais c'est un agrégat.
34:03Alors attention, parce que le pouvoir d'achat,
34:04je pense qu'il faut rappeler aux téléspectateurs, aux auditeurs,
34:08ce qu'est le pouvoir d'achat.
34:09Le pouvoir d'achat va regrouper des choses très différentes.
34:10À la fois, les salaires conversent,
34:12mais aussi, si vous créez beaucoup d'emplois,
34:14ça fait de la masse salariale, par exemple.
34:15Mais il y a aussi les revenus du patrimoine,
34:17des revenus financiers,
34:18il y a la fiscalité,
34:19il y a les prestations sociales.
34:20Donc tout ça est un ensemble.
34:21– Enfin, la fiscalité est alourdie.
34:23– Alors non, sur les ménages,
34:24on a supprimé la taxe d'habitation, par exemple.
34:27On a supprimé la redevance visuelle, publique,
34:29et des choses comme ça.
34:30– 14 milliards pour rien.
34:30– Si vous regardez, voilà.
34:31En tout cas, on peut regarder de façon cumulée.
34:35Par contre, ce qui est clair,
34:36c'est que le pouvoir d'achat progresse,
34:38alors même si c'est modéré,
34:39relativement aux autres pays,
34:40on n'est pas un mauvais élève.
34:42C'est vrai que ce sentiment que la France
34:43décroche complètement au niveau du pouvoir d'achat,
34:45ce n'est pas une réalité macroéconomique.
34:47Par contre, ce qui est une réalité,
34:48c'est que les salaires réels,
34:50eux, n'augmentent plus.
34:51C'est-à-dire que le travail lui-même
34:53ne permet pas d'augmenter le pouvoir d'achat.
34:56Donc c'est par d'autres mécanismes,
34:57soit par des créations d'emplois,
34:58soit par des revenus du patrimoine
35:00et des revenus financiers,
35:01ou des baisses de fiscalité
35:02qu'on va avoir des gains de pouvoir d'achat.
35:04Et donc les gens voient que, eux,
35:05leur salaire réel n'augmente pas.
35:07Et ça, c'est concret.
35:08Et donc on a un découplage,
35:09et c'est compliqué à expliquer ça,
35:11entre la dynamique du salaire réel
35:13et de l'autre côté, le pouvoir d'achat macroéconomique.
35:15– Bruno Coguet.
35:16– Oui, alors d'abord,
35:18François-Villard Gallaud,
35:19il est surpris,
35:20mais en même temps, il dit les deux choses.
35:22C'est-à-dire, on a injecté
35:23beaucoup plus d'argent que les autres.
35:24On s'est endetté.
35:25Donc du coup, ce résultat,
35:26il est aussi le produit,
35:28par rapport à nos voisins,
35:29enfin à un grand nombre de nos voisins,
35:31d'une intervention assez importante
35:33qui a généré de la dette.
35:34Et certes, ça fait de l'emploi
35:36et du pouvoir d'achat,
35:37mais comme vient de le dire Mathieu,
35:38c'est pas forcément du pouvoir d'achat
35:40qui vient du salaire.
35:40Et puis après, les emplois qu'on a créés.
35:42Les emplois qu'on a créés,
35:43c'est plutôt des emplois
35:44dans le secteur abrité,
35:46à faible salaire,
35:47à faible valeur ajoutée,
35:48où la productivité n'est pas très bonne.
35:51Donc du coup,
35:51on améliore notre compétitivité facialement.
35:54Alors c'est vrai aussi pour le salaire moyen,
35:55mais quand même,
35:56sur ces salaires-là,
35:57on n'améliore pas notre compétitivité.
35:59C'est du secteur de services abrité.
36:02Donc du coup,
36:04comme dit Mathieu,
36:05il faut aller dans le détail quand même.
36:06Et dans le détail,
36:08on a un panorama plus complexe
36:10ce que disent les chiffres maintenant.
36:11Oui, moins positifs.
36:13Oui, il y a un autre chiffre
36:14qui a été pas mal détaillé par François-Louis Le Rodriguello,
36:19c'est l'innovation.
36:20C'est l'innovation privée
36:21qui est en berne
36:22par rapport à plein d'autres pays,
36:24contrairement à ce que peut faire
36:25l'innovation publique.
36:26Il y a un gros retard en France
36:28sur cette partie de l'innovation privée.
36:30Alors moi, je voudrais qu'on revienne avant
36:32à parler d'apprentissage,
36:33parce que ça, je sais que Bruno Coquet,
36:35vous êtes déjà en train de vous frotter les mains.
36:37Mais il y a un point quand même,
36:39si on regarde le premier trimestre,
36:41vous l'avez dit Mathieu,
36:43la France est en panne,
36:44c'est vraiment la douche froide
36:45pour l'économie française,
36:46avec 0% de croissance.
36:49Est-ce que vous,
36:50à l'OFCE,
36:51c'est quoi votre prévision
36:52de croissance sur 2026,
36:55aujourd'hui ?
36:56Parce que j'imagine que vous la réviser...
36:59Oui, on est tenté de réviser.
37:01Non, on était à 0,8 sur l'année.
37:03Donc moins que la Banque de France
37:04et que le berceau.
37:04Oui, on était à 0,8.
37:06Effectivement, c'était un chiffre
37:07qui date de début avril,
37:09maintenant qu'il y a presque un mois.
37:11C'est vrai qu'on attendait
37:12une croissance légèrement positive
37:14sur le premier trimestre.
37:15Donc le 0,
37:15je ne vais pas rentrer
37:16dans les effets d'acquis de croissance,
37:17mais le premier trimestre
37:18était important pour la croissance de l'année.
37:20Et donc peut-être que le 0,8
37:22est un petit peu...
37:23On le garde,
37:24mais si on remettait
37:25la dynamique trimestrielle qu'on a,
37:27on serait plutôt autour des 0,7.
37:28Mais voilà,
37:29on ne va pas réviser à chaque fois
37:30notre scénario,
37:32mais on dirait qu'on est entre 0,7 et 0,8
37:33pour l'année.
37:36Mais le premier trimestre
37:37marque le coup.
37:38Et surtout, ce qu'il faut savoir,
37:39c'est que les effets,
37:41finalement,
37:42n'arrivent qu'au mois de mars
37:43de la guerre en Iran.
37:44Et on ne peut pas dire
37:45que ce soit lié à des mesures budgétaires.
37:46Oui, c'est le début en plus.
37:47Oui, c'est plutôt le début.
37:48Nous, on marquait le coup
37:49sur le fait qu'en fait
37:50le choc inflationniste qui arrive,
37:51enfin, inflationniste,
37:53même s'il reste relativement modéré,
37:54et on n'arrive pas à 5% d'inflation.
37:56En tout cas, le choc...
37:57Non, mais ça va vite.
37:57Ça va assez vite.
37:59On est à 7 au mois de mars,
38:012% en avril.
38:02On est à 0,3% en janvier.
38:04Donc, on est passé à 2,2.
38:05Donc, c'est vrai.
38:05Mais on n'est pas au niveau
38:06de la guerre en Ukraine,
38:08effectivement.
38:08Mais par contre,
38:09l'impact sur l'économie française
38:10se faisait ressentir beaucoup plus
38:11sur le deuxième
38:12et le troisième trimestre.
38:13On pensait qu'il y avait
38:14un peu plus de croissance
38:15sur le premier,
38:16ce qui n'est déjà pas le cas.
38:17Et donc, on n'est pas à l'abri
38:18d'une récession, en fait,
38:19dans ce scénario-là.
38:21Donc, ça, c'est le premier point.
38:23Et deuxième point,
38:24effectivement,
38:24le chiffre français
38:25est moins bon
38:25que ses voisins européens.
38:27On pourrait dire
38:28que c'est parce que les autres
38:29ont déployé des mesures budgétaires.
38:30Mais en fait,
38:31les mesures budgétaires,
38:32elles arrivent surtout en avril.
38:33Et donc, le risque,
38:34c'est que la France,
38:35en fait,
38:35qui a moins de moyens budgétaires,
38:37en tout cas,
38:37qui va amortir moins le choc
38:39que ses voisins,
38:40risque d'être encore plus impactée
38:41au deuxième trimestre
38:42que les autres pays.
38:43Quand vous dites
38:43qu'on n'est pas à l'abri
38:44d'une récession,
38:46c'est quoi la probabilité
38:47de ce scénario ?
38:49Là, c'est difficile,
38:50mais je dirais...
38:52Le fait de le dire,
38:53quand même...
38:53Oui, parce que quand on est à zéro,
38:55enfin, si vous voulez,
38:55récession,
38:56après, c'est technique,
38:57mais c'est deux chiffres
38:58légèrement négatifs.
38:59Donc, un zéro moins.
39:00Voilà, nous,
39:01on avait inscrit,
39:02on a zéro déjà de croissance
39:03prévue au deuxième trimestre
39:05et zéro un au troisième.
39:06Mais c'est avec un scénario énergie
39:08qui n'était pas extrêmement dégradé.
39:10Or, aujourd'hui,
39:11ce qu'on voit,
39:11c'est que les prix du pétrole
39:12sont plus élevés.
39:13Voilà, et d'ailleurs,
39:14la Banque de France
39:15fait des scénarios aujourd'hui,
39:16déjà, qui sont prévisés
39:17sur la question énergie
39:18et qui sont moins bons
39:19que ce qu'on pouvait prévoir
39:21il y a un mois.
39:22Donc, ça peut faire basculer
39:24la France,
39:25je n'allais pas dans
39:26une récession profonde,
39:26mais en tout cas,
39:27ça peut marquer un scénario
39:28plus négatif
39:29et donc une récession.
39:30Bruno Coquet ?
39:31Oui, enfin, le point,
39:32c'est qu'on voit bien
39:33que ce qui était transitoire est...
39:35Et vous voyez récession,
39:36stagflation,
39:37vous voyez croissance positive
39:38pour reprendre l'exposition
39:39du gouverneur ?
39:43Moi, je pense qu'effectivement,
39:45comme on est à zéro,
39:45alors il y a du stock,
39:47des problèmes de commerce extérieur,
39:48donc ça, ça peut être révisé un peu,
39:50mais fondamentalement,
39:51quand on est à zéro,
39:52on passe vite
39:53dans les deux trimestres
39:54consécutifs négatifs
39:55qui, techniquement,
39:57ce qu'on appelle
39:57techniquement une récession.
39:58Et donc,
40:00est-ce que pour le moment,
40:01ça va être grave ?
40:02Personne anticipe
40:03que ça va durer des années,
40:05mais ça va durer
40:05plus longtemps que prévu
40:06et donc,
40:07six mois,
40:08ça nous ramène
40:09à l'automne
40:10ou à l'hiver quand même.
40:11Et donc, du coup,
40:12entre-temps,
40:13on voit bien
40:13les opinions
40:14des chefs d'entreprise,
40:15la confiance des ménages,
40:16etc.,
40:16tout ça est extrêmement dégradé.
40:18Donc,
40:19avec un petit coup
40:21sur les prix,
40:22puisque malgré tout,
40:23il y a des prix
40:24qui augmentent
40:24au-delà du carburant,
40:27voilà,
40:27ça peut quand même
40:28ralentir fortement
40:29l'économie du pays.
40:32Et malgré cet optimisme
40:34qui était affiché ce matin,
40:36la différence de discours
40:38entre le mois de mars
40:40où on nous propose
40:41trois scénarios différents,
40:42où on nous dit
40:43que pour l'instant,
40:44on peut rester
40:46sur un scénario
40:46de base
40:47ou défavorable,
40:49là,
40:49on nous dit ce matin,
40:50préparez-vous quand même
40:52à la possibilité
40:53qu'on passe dans ce scénario
40:54très défavorable
40:55où on a notamment
40:56le prix du baril de pétrole
40:57qui reste au-dessus
40:59des 100 dollars
40:59jusqu'à le début
41:01du...
41:02le début 2027.
41:05Juste là-dessus,
41:05l'OFCE,
41:06on avait fait ses prévisions
41:07et du coup,
41:08on avait fait aussi
41:08un scénario défavorable.
41:10Et le scénario défavorable
41:11nous amenait à une croissance
41:12pour cette année
41:12à 0,4%.
41:14Sachant que l'acquis de croissance
41:15est déjà à 0,5%.
41:16Donc, si vous faites ça...
41:18Les scénarios défavorables,
41:18c'était de l'augmentation
41:19du prix du pétrole
41:20au-delà de 100 ?
41:21Au-delà de 100.
41:22Voilà, au-delà de 100
41:22et qui reste au-delà de 100.
41:23Et pour 2027,
41:24on est à 0% de croissance,
41:25c'est-à-dire qu'on serait
41:26à 0,4%, 0%.
41:27Alors que la prévision
41:28qu'on a faite
41:29du scénario central,
41:30c'est 0,8% et 1%.
41:31Donc, ça veut dire
41:31qu'on a quand même
41:32une fourchette
41:32qui est très large.
41:34Là, j'allais dire,
41:35malheureusement,
41:35on est plutôt proche
41:36du scénario défavorable
41:38quand on voit
41:38les prix de l'énergie
41:40et on ne voit pas
41:40de reflux pour le moment.
41:42Et ça, c'est quand même
41:43un point d'interrogation
41:44et de vigilance
41:45qu'il faut maintenir.
41:47Juste encore une question
41:48sur le prix du baril.
41:49Alors, je ne vous permets pas
41:49de sortir votre boule de cristal.
41:51Mais est-ce que vous...
41:53Le point de rupture,
41:55si j'ose dire,
41:56c'est quoi ?
41:56C'est 100,
41:57c'est 120 dollars ?
41:58Ce qu'il faut savoir,
41:59c'est que...
41:59Le baril, c'est quoi ?
42:00Non, mais ce qu'il faut savoir,
42:01c'est que chaque fois
42:02que vous avez 10 dollars de plus
42:04sur le prix du baril de pétrole,
42:06quelque part,
42:06vous enlevez un peu plus
42:08d'un dixième de croissance,
42:09en fait, sur l'année.
42:11Donc, vous faites la fourchette
42:12et donc...
42:14Et puis, avec les effets
42:15d'entraînement qu'on peut avoir,
42:16c'est-à-dire que forcément,
42:17plus le choc est important
42:19et durable,
42:20plus il y a des effets
42:20de diffusion importants
42:21sur l'économie,
42:22pas uniquement par l'énergie,
42:23mais à part par la diffusion
42:24des coûts de production
42:25sur le pouvoir d'achat,
42:26sur la consommation
42:27et même la question
42:28des finances publiques.
42:29C'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
42:30le gouvernement sera obligé
42:31d'intervenir
42:32et va devoir quand même
42:34tirer quelques cartouches,
42:35ce qu'il n'a pas fait pour le moment
42:36et donc la question budgétaire
42:37va se poser aussi.
42:38La question budgétaire,
42:39donc là, on est en pleine discussion,
42:41enfin, on commence
42:42les discussions sur 2000...
42:45Tiens, alors, une petite question là,
42:47savoir si, par exemple,
42:48c'est Emmanuel Moulin
42:49qui succède,
42:50donc là, l'actuel secrétaire
42:52général de l'Élysée,
42:53celui qui,
42:54si jamais ancien directeur du Trésor,
42:56s'il succède à François Ville-Loire de Gallo,
42:58c'est bien, c'est pas bien,
42:59Mathieu Plannes, Hugo,
43:00vous êtes tous au preuve.
43:01Il y a eu un petit mot ce matin,
43:02quand même,
43:03que ce soit ce matin
43:04en interview au chapeauine de Banner
43:06ou encore à la conférence de presse,
43:09indépendance.
43:11L'actuel gouverneur l'a répété
43:12trois, quatre, cinq fois ce matin.
43:14Il y a une exigence d'indépendance
43:16et quand on a ce...
43:19Emmanuel Moulin
43:20qui est pressenti
43:21pour prendre la suite
43:22de François Ville-Loire de Gallo,
43:23il y a cette question
43:24de l'indépendance qui se pose
43:25avec quelqu'un qui est très proche
43:26d'Emmanuel Macron
43:27et depuis longtemps.
43:28Qu'est-ce que s'en pensait,
43:29Bruno Coquaveau ?
43:31Alors là,
43:32qui doit t'en nommer
43:32à la Banque de France ?
43:34Oui,
43:34non mais indépendance.
43:35Voilà,
43:36on avait dans les possibles...
43:37Et Benoît Curet aussi.
43:39Et Benoît Curet.
43:41Benoît Curet.
43:41Peut-être trop indépendant,
43:42justement.
43:43Oui,
43:44mais indépendant,
43:46mais quand même français.
43:47Et voilà,
43:48représentant la France
43:49à la BCE.
43:50Oui,
43:51il cochait beaucoup de cases,
43:52on va dire.
43:53Sauf qu'il n'était pas proche
43:54d'Emmanuel Macron.
43:55Oui,
43:56enfin bon,
43:56ce n'est pas quand même
43:57le seul critère de nomination.
43:59Mathieu Plannes.
44:00Oui,
44:01alors...
44:01Après,
44:02on va passer de temps
44:02d'étudier...
44:03Peut-être que dans les milieux
44:03de politique monétaire,
44:04Benoît Curet est plus connu
44:05qu'Emmanuel Moulin.
44:06Après,
44:06Emmanuel Moulin est certainement
44:07très compétent pour ce genre...
44:21Très compétent.
44:22Sachant qu'on va perdre
44:23la BCE normalement,
44:24donc il faut que quelqu'un
44:25soit fort par rapport
44:25à la BCE aussi.
44:27Oui,
44:27le départ de Christine Lagarde,
44:29on a encore un an devant nous.
44:32Oui,
44:32je pense que voilà,
44:34on n'aura pas...
44:35La France n'aura pas
44:36peut-être de la BCE.
44:37Non,
44:38c'est sûr.
44:38Il va arriver en plus
44:39en plein milieu
44:39de l'élection présidentielle.
44:41Oui,
44:41mais c'est ce qui se passe.
44:42Alors maintenant,
44:43je voudrais qu'on parle
44:44justement d'apprentissage
44:44parce que là,
44:45on est en pleine discussion
44:46sur le budget 2027.
44:48Certains déjà sur le budget 2026,
44:50il faut faire des économies
44:51puisqu'il y a eu
44:52des avantages sectoriels
44:53qui ont été attribués.
44:54Bon,
44:55pas pour des sommes considérables
44:56parce que finalement,
44:57le quoi qu'il en coûte,
44:58c'est Total Energy
44:59qu'il fait.
45:01Mais,
45:01tiens,
45:02vous avez essayé
45:02de faire à la BCE
45:04le coût,
45:05parce que c'est
45:05le secret défense,
45:06le coût pour Total
45:07de mettre ce plafonnement
45:09à 1,99 notamment
45:10ou à 2,05.
45:11Vous ne l'avez pas fait ?
45:12C'est une bonne question.
45:12Ça,
45:13ça serait une bonne question.
45:13Il ne veut pas le dire.
45:15Il ne veut pas le dire.
45:15Oui,
45:15mais ça ne doit pas être
45:16si complète.
45:16Il paraît que c'est 600 millions.
45:18600 millions.
45:18600 millions ?
45:26On dit beaucoup
45:27que l'apprentissage,
45:30ça a coûté très cher.
45:31Ça a été une réussite
45:32formidable.
45:33Ça a quand même,
45:34on a eu jusqu'à 900 000 apprentis.
45:36Il y a eu deux lois.
45:37Une première loi 2018,
45:38une deuxième loi 2023
45:39avec des avantages
45:41que certains jugent
45:42in fine,
45:44beaucoup trop important,
45:45beaucoup trop lourd
45:46parce que le coût final
45:46était 14 milliards.
45:47Je pense que vous le compterez.
45:4824.
45:4924 milliards,
45:5010 de plus.
45:5110 de plus,
45:51oui.
45:51Non mais parce qu'il y avait
45:5214 et puis après
45:54c'est passé effectivement
45:55à 24 milliards.
45:57Je ne sais pas
45:58si vous avez vu
45:58le tweet de Patrick Martin
46:00qui dit
46:00c'est quand même incroyable
46:02qu'on détruise
46:03pour une fois,
46:04il y a quelque chose
46:04qui marche
46:05sur l'emploi des jeunes,
46:06surtout les entreprises
46:09qui payent.
46:10Et vous,
46:10vous avez fait une note
46:11qui est un peu celui
46:13de la référence,
46:14Bruno Coquet,
46:15où vous dites
46:15ça coûte beaucoup trop cher
46:17et en plus ça ne sert à rien.
46:19Alors,
46:20en deux mots,
46:20à part faire toute votre note,
46:21vos arguments,
46:22quels sont-ils ?
46:24Alors,
46:24je n'ai jamais dit
46:24que ça ne servait à rien.
46:25Moi,
46:25j'aime bien l'apprentissage,
46:27c'est très utile,
46:28c'est très bien.
46:29On ne va que des compliments
46:30là-dessus,
46:31sur la loi de 2018 aussi.
46:32Le problème,
46:33c'est beaucoup trop d'argent
46:34après la crise sanitaire,
46:36durablement.
46:37Et donc,
46:38le coût unitaire
46:39des apprentis
46:40était beaucoup trop élevé
46:42et donc,
46:42du coup,
46:43ce n'était pas soutenable.
46:46Depuis 2023,
46:47on a commencé
46:48à mettre en œuvre
46:49des mesures d'économie.
46:50Parce qu'on peut dire
46:51que justement,
46:52ça avait été étendu,
46:53en fait,
46:55au Bac plus 5,
46:56ça avait été étendu
46:56pour les grandes entreprises
46:57alors qu'avant,
46:58dans la première loi,
46:59c'était limité
47:00aux petites entreprises.
47:01Comme toujours,
47:02parce que l'apprentissage,
47:03il est différencié
47:04en termes d'insertion
47:05sur le marché du travail
47:06pour les jeunes
47:06qui sont sans diplôme
47:08et sans qualification
47:08à la sortie du système scolaire.
47:10Après,
47:11c'est utile
47:12pour les étudiants
47:13qui font un parcours
47:14dans le supérieur,
47:15mais ce n'est pas différenciant
47:16sur leur insertion
47:17dans l'emploi.
47:18Et donc,
47:18du coup,
47:19il n'y a pas à subventionner
47:20particulièrement.
47:22Mais historiquement,
47:23depuis 1984,
47:24leurs coûts de formation
47:25sont pris en charge,
47:25etc.
47:26Donc,
47:27du coup,
47:28on a déciblé l'aide
47:29et du coup,
47:30on a arrêté de la cibler
47:31sur les gens
47:32sur lesquels elle était ciblée
47:33qui avait des difficultés
47:33d'insertion.
47:34Premier point,
47:35le chômage des jeunes
47:36n'a pas baissé.
47:37Donc,
47:37ça, c'est un point très important.
47:38Il a même progressé,
47:39c'est quand même terrible.
47:40Oui,
47:40mais même depuis 2017,
47:42on est au même niveau
47:42de chômage des jeunes
47:43alors qu'on a mis
47:44beaucoup d'argent.
47:44Même aujourd'hui ?
47:45Oui, aujourd'hui,
47:46bien sûr.
47:46Parce qu'on n'a pas touché
47:47les jeunes qui sont au chômage.
47:49Si vous touchez
47:50un étudiant à Bac plus 5,
47:52il n'aurait pas été au chômage.
47:53On n'a pas touché les NIS,
47:54comme on dit,
47:55on a touché ceux qui,
47:56de toute manière,
47:57à votre avis,
47:58auraient trouvé un job.
47:59En tout cas,
48:00ça les aurait aidés.
48:01D'autant que par ailleurs,
48:02on avait des contrats aidés,
48:03tout ça,
48:03qui ne sont pas très performants,
48:05qui sont occupationnels,
48:06comme on dit.
48:06On les a supprimés.
48:08Ils étaient destinés
48:09à ces jeunes à insérer.
48:10On les a supprimés
48:11pour financer l'apprentissage.
48:12Donc,
48:12on a passé une phase
48:13où ça coûtait trop cher.
48:15On a fait,
48:15on a passé des coups de rabot.
48:17Donc,
48:17ces coups de rabot
48:18sont efficaces,
48:20mais ils ont été passés,
48:21un,
48:21au hasard,
48:22et deux,
48:23ils mettent longtemps
48:23à se manifester.
48:24Pourquoi ?
48:25Parce que les apprentis,
48:2775% en gros,
48:28rentrent en septembre
48:28et octobre de chaque année.
48:29Donc,
48:29la dépense commence là.
48:31Et quand vous faites
48:31une économie décidée
48:33fin 2025
48:33sur l'année 2026,
48:35en fait,
48:35l'essentiel de votre économie,
48:36il est en 2027.
48:38Et donc,
48:39pourquoi ?
48:39Parce que c'est graine
48:40tout au long
48:40du contrat d'apprentissage.
48:42Et donc,
48:42du coup,
48:42vous avez ce phénomène
48:43où on a fait des économies
48:44à partir de 2023,
48:45on ne les a pas vues,
48:47on s'est énervés,
48:48on a passé des nouveaux coups de rabot
48:50un petit peu au hasard,
48:51et il se trouve qu'aujourd'hui,
48:52en fait,
48:53on est revenu
48:53à un coût unitaire
48:54de l'apprenti
48:56qui est le même
48:56qu'en 2019.
48:58Donc,
48:58le coût unitaire,
48:59on a fait le job,
49:00mais il y a deux fois plus d'apprentis,
49:01donc ça coûte
49:02deux fois plus cher.
49:04Donc maintenant,
49:04il faut faire attention.
49:05Est-ce qu'on a économisé
49:06au bon endroit ?
49:06Oui, mais il faut faire attention,
49:07c'est quand même
49:07une porte d'emploi,
49:09porte d'entrée,
49:09porte d'emploi.
49:10Oui,
49:10alors,
49:11le point,
49:12c'est qu'on n'a pas,
49:14au bout de,
49:15face à l'énervement
49:17et l'impatience
49:18face au résultat,
49:18on a économisé
49:19au mauvais endroit,
49:20et en particulier
49:21sur les coûts de formation.
49:23On a passé des coûts de rabot
49:24sur les coûts de formation,
49:25il y avait des choses aberrantes,
49:26mais quand même,
49:27globalement,
49:27on voit bien
49:28que les taux de marge
49:28des organismes
49:30ont baissé
49:31de manière considérable
49:32et qu'on risque fort
49:33d'en voir,
49:33il y en a déjà
49:34qui ont disparu,
49:34mais d'en voir disparaître.
49:35Il y en a eu tellement
49:36qui ont été créés aussi.
49:37Oui, voilà,
49:38mais le problème,
49:39c'est que quand vous passez
49:40un coup de rabot,
49:41quelqu'un qui a un taux de marge
49:42et qui vit largement
49:43parce qu'il fait tout à distance,
49:44etc.,
49:45eh bien lui,
49:50il passe de 5 à 0
49:51et donc il fait faillite.
49:52Donc, en deux mots,
49:53avant de passer la parole
49:56à Bruno Coquet,
49:57vous l'avez déjà
49:58depuis quelques temps,
50:00en deux mots,
50:01c'est quoi vos préconisations ?
50:02Vous avez deux points,
50:03c'est quoi ?
50:03La préconisation,
50:04c'est qu'on arrête
50:05les coûts de rabot
50:06et on arrête
50:07l'économie globale.
50:08Si on veut garder
50:08le même nombre d'apprentis,
50:09ça c'est qu'il faut le faire,
50:11aujourd'hui,
50:11la source d'économie,
50:12elle est dans les aides
50:14aux apprentis
50:15en tant qu'apprentis
50:16puisqu'ils gagnent plus
50:17que tous les autres salariés
50:18à salaire brut identique.
50:20Et donc ça,
50:21c'est un problème.
50:21Et sur les cotisations sociales,
50:23en fait.
50:23Et puis après,
50:24il y a re-cibler,
50:25faire attention
50:26et faire attention
50:26à ce que les organismes
50:28de formation
50:28s'en sortent quand même.
50:29D'accord.
50:30Voilà, il faut être...
50:30Alors, Mathieu Plannes.
50:32Non, moi j'écoute Bruno,
50:33là-dessus.
50:34C'est votre maître,
50:35il faut aller voir
50:36les critiques avec votre maître.
50:37Sinon, c'est moi
50:38qui vais l'être.
50:38Après,
50:39non, mais c'est vrai
50:40qu'il faut regarder
50:41les choses dans le détail.
50:43C'est-à-dire
50:43que les entreprises,
50:44elles hurlent.
50:45Non, mais les entreprises,
50:46finalement...
50:46Certains qui vous écoutent,
50:47ils sont pour l'apprentissage.
50:48Mais pourquoi ?
50:48Parce que finalement,
50:49ça réduit,
50:50c'est une forme de baisse
50:51du coût du travail aussi.
50:52Oui.
50:52Et en fait,
50:53c'est une forme de politique
50:53de l'offre, quelque part,
50:55déguisée d'une autre façon,
50:56si vous voulez.
50:57L'argent va quelque part.
50:58Et donc, c'est vrai que,
50:59pour le coup,
51:00c'est le coût budgétaire
51:01qui va poser problème.
51:02Mais les entreprises
51:03en bénéficient.
51:05Mais le problème,
51:06c'est qu'il y a
51:06beaucoup d'effets d'aubaine,
51:07certainement.
51:08Ce n'est pas forcément
51:09tout le temps bien ciblé.
51:11Mais j'allais dire,
51:11effectivement,
51:12les jeunes en sont
51:13plutôt satisfaits.
51:14Les entreprises en sont
51:14plutôt contentes
51:15parce que ça leur baisse
51:16leur coût du travail.
51:17Et donc, c'est plutôt favorable,
51:19je ne sais pas,
51:20pour embaucher,
51:20mais en tout cas,
51:21pour leur trésorerie.
51:22Mais par contre...
51:23Pour embaucher.
51:24Pour embaucher.
51:24En tout cas,
51:25ça facilite l'embauche.
51:26Mais il y a quand même
51:26de l'aubaine,
51:27ce qu'on disait.
51:27Est-ce que ça se substitue
51:28ou est-ce que ça fait du complément ?
51:29Apparemment,
51:30ça se substitue plus.
51:31Mais par contre,
51:31les finances publiques
51:32ne sont pas contentes.
51:33C'est ça,
51:34un peu le diagnostic
51:35qui est là.
51:36Et donc,
51:37si on n'avait pas
51:37de problème budgétaire
51:38et qu'on ne devait pas
51:39regarder les choses
51:40dans le détail
51:41comme c'est le cas actuellement,
51:43effectivement,
51:43on pourrait dire,
51:44bon,
51:44peut-être qu'au fond,
51:46ce n'est peut-être pas si mal
51:47si tout le monde est content.
51:49Là, aujourd'hui,
51:50on commence à regarder.
51:51Mais moi,
51:52là où j'ai peut-être
51:52un désaccord avec Bruno,
51:54c'est qu'effectivement,
51:55il va falloir faire des...
51:57Recibler les choses,
51:58peut-être identifier.
52:00Parce que c'est un énorme problème,
52:01le problème d'insertion des jeunes.
52:02Mais par contre,
52:04on met un peu de côté
52:05cette grande question
52:06qui est les politiques de l'emploi.
52:08En gros,
52:08les politiques de l'emploi des jeunes.
52:10Effectivement,
52:10tout ne doit pas passer
52:11par l'inventissage.
52:12Mais on a tendance,
52:13aujourd'hui,
52:13à valoriser le court terme
52:15en revalorisant,
52:16par exemple,
52:18la question des pensions de retraite.
52:19Moi,
52:20je ne suis pas contre
52:20forcément les désindexer,
52:21mais ça va se poser.
52:22La question,
52:22c'est-à-dire,
52:23où est-ce qu'on fait
52:23les économies budgétaires
52:25et est-ce qu'aujourd'hui,
52:26on n'est pas en train
52:27de raboter les politiques
52:28qui sont censées être
52:29un peu structurelles
52:30au profit de politiques budgétaires
52:32uniquement de court terme ?
52:33Mais quand l'entreprise,
52:35le président du MEDEF,
52:36dit,
52:37mais attendez,
52:37c'est essentiellement nous,
52:38les entreprises,
52:38qui payons ?
52:39Oui.
52:40Alors,
52:40c'est vrai.
52:42Alors,
52:43c'est vrai qu'ils payent
52:44puisque,
52:44d'une certaine manière,
52:45ils forment les jeunes.
52:47Par ailleurs,
52:48c'est un SMIC jeune.
52:49On l'a appelé
52:51de nos voeux
52:51pendant très longtemps.
52:52Donc,
52:52c'est une forme
52:53de SMIC jeune.
52:55Aujourd'hui,
52:55le budget total,
52:57en fait,
52:57il est lié au fait
52:58qu'on a deux fois plus d'apprentis.
52:59C'est ce que je disais.
53:00Il y a trop de succès.
53:01C'est victime de son succès,
53:02en fait.
53:02Oui et non.
53:03C'est-à-dire,
53:04en même temps,
53:05quand on regarde
53:05les coûts de formation
53:06des apprentis,
53:07ils sont à peu près
53:07deux fois inférieurs
53:08à ce qui se fait
53:09dans l'enseignement supérieur.
53:11Donc, du coup,
53:11il faut faire attention.
53:12Aujourd'hui,
53:13la masse budgétaire va,
53:15si on veut garder
53:15ce nombre d'apprentis.
53:17Après ça,
53:18ça ne veut pas dire
53:19qu'on ne peut pas
53:20avoir une dépense
53:20plus efficace
53:21en regardant
53:21ce qu'on donne
53:22aux entreprises,
53:22ce qu'on donne
53:23aux apprentis,
53:23ce qu'on donne
53:24aux organismes
53:24de formation.
53:25Ça, il faut travailler
53:26là-dessus.
53:26Hugo Babé,
53:27vous qui êtes jeune,
53:28allez-y.
53:28Non, mais dans le précédent
53:29examen budgétaire,
53:30c'était assez intéressant
53:31parce qu'il y avait eu
53:31un conflit
53:33entre Bercy,
53:33le gouvernement
53:34et sa base,
53:36le groupe de Gabriel Attal,
53:37le macroniste,
53:38le groupe d'Édouard Philippe,
53:40parce que d'un côté,
53:41Bercy voulait faire
53:42des économies
53:43et de l'autre côté,
53:44ces groupes
53:45qui formaient son socle
53:46à l'Assemblée nationale
53:47avaient été
53:48vent debout
53:48pour défendre
53:49l'apprentissage.
53:50Donc, il y a ce côté-là,
53:52même dans l'examen budgétaire,
53:54qui encore crée
53:55de l'incertitude
53:56même pour 2027.
53:58Merci beaucoup.
54:00Je pense qu'on reviendra
54:00sur cette question.
54:01Cette semaine,
54:03le nouvel opus
54:04sur l'apprentissage
54:04avec les nouveaux messages
54:05arrive.
54:06D'accord.
54:07Ok, nouveau message.
54:08Vous reviendrez les commenter.
54:09Merci Mathieu Pran
54:10d'avoir été avec nous.
54:11Merci.
54:12Merci Hugo Babé.
54:13Voilà, c'est la fin
54:14de ce 18-19.
54:15On se retrouve bien sûr demain.
54:16Et tout de suite,
54:17c'est Vanicolo
54:18pour son journal de l'écho.
54:19Bonne soirée.
54:21Le 18-19
54:23d'Edwish Chevrillon
54:23sur BFM Business.
Commentaires

Recommandations