- il y a 2 heures
Lundi 8 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Marc Ferracci, député EPR, ancien ministre de l’Industrie ; Matthieu Pechberty, journaliste BFM Business ; Olivier Lelong, délégué syndical CFDT chez SFR, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:11Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:13Évidemment, on va parler de ce deal historique, le rachat d'ECFR par ses trois concurrents.
00:19On en parlera dans un premier temps avec Marc Ferracci, il est député, il est l'ancien ministre de l
00:23'Industrie.
00:24Et donc évidemment, il connaît très très bien le dossier parce que c'est une longue histoire que ce rachat
00:28de SFR.
00:30On parlera aussi des Chinois qui grignotent petit à petit l'industrie tricolore européenne.
00:35En tous les cas, c'est les échos qu'on en a, notamment avec Stellantis qui ouvre la porte, la
00:41grande porte de son usine de Rennes à Dongfeng.
00:44Est-ce qu'il y a un danger ? Réponse de Marc Ferracci, ça sera d'ici quelques instants après
00:48le journal de Stéphane Nicolo.
00:49Et puis j'en recevrai Olivier Lelon, il est le délégué syndical CFDT de SFR.
00:54Il y a beaucoup de craintes sur l'emploi, qu'est-ce qu'il redoute ?
00:57Il y a des engagements qui ont été pris, est-ce que pour eux, ils seront respectés ou pas ?
01:01On en parlera aussi, un débat avec Mathieu Pechberti, grand reporter de BFM Business.
01:06Mais tout de suite, Stéphane Nicolo.
01:09Le journal.
01:11Et on commence, bonsoir Stéphane, il est tout juste 18h, on commence par cette dernière info, ça vient de tomber,
01:17le projet SCAF est officiellement enterré.
01:20Oui, Emmanuel Macron et Frédéric Mers se sont entendus pour arrêter les frais après 8 ans de gestation.
01:27Dassault Aviation et Airbus ne sont pas parvenus à s'entendre sur le partage des tâches et les droits sur
01:32les technologies.
01:33Le futur avion de combat européen devait remplacer à partir de 2040 les Rafales français fabriqués par Dassault Aviation et
01:41les Eurofighters allemands et espagnols, notamment fabriqués par Airbus.
01:45À quoi ressemblera la France en 2070 ?
01:48L'INSEE vient de publier ses projections.
01:50Le pays pourrait perdre plus de 3 millions d'habitants d'ici là.
01:54Une décroissance historique et inédite qui va peser sur le système des retraites.
01:58Le Conseil d'orientation des retraites va dégrader sa prévision.
02:01Le déficit des retraites est désormais prévu à 2,4% du PIB en 2070 contre 1,4% dans
02:10le rapport de l'an dernier.
02:11Dans les télécoms, après plusieurs semaines de négociations, Free, Bouygues Télécom et Orange vont bien racheter SFR.
02:17L'opérateur va être récupéré à la découpe par ses concurrents.
02:21Une opération à plus de 20 milliards d'euros et qui doit encore être enterrinée, notamment par l'autorité de
02:26la concurrence.
02:26Le processus pourrait s'étaler sur plusieurs années.
02:30La consolidation du secteur bancaire se poursuit en Italie.
02:34Deux banques sont désormais sur les rangs pour acheter Montedei Paschi.
02:38Intesa San Paolo lance une offre de rachat pour 31 milliards d'euros.
02:43Si elle aboutit, cette opération pourrait donner naissance au deuxième groupe bancaire de la zone euro.
02:48En termes de capitalisation avec plus de 27 millions de clients, Banco BPM est également sur les rangs.
02:54Et puis dans l'audiovisuel, on reparle du rachat de M6 selon le Parisien.
02:58Des discussions ont lieu avec la première chaîne, mais aussi avec CMA CGM, propriétaire de BFM Business,
03:04qui est déjà actionnaire à hauteur de 11%.
03:06Les deux groupes réfléchiraient à se partager.
03:08Le groupe M6, la sixième chaîne, revenons à TF1, tandis que CMA CGM pourrait récupérer W9 ou encore Sixterre.
03:15Le titre M6 clôture en hausse de plus de 11%.
03:19Et justement, 18h02, on va faire un tour sur les marchés.
03:24Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:26Bonsoir Antoine.
03:27Bonsoir Stéphanie, bonsoir Edwige.
03:28Bonsoir Antoine.
03:28Et le CAC termine en baisse ce soir ?
03:30Oui, très légère baisse.
03:31C'est intervenu au fixing en toute fin de séance.
03:33Moins 0,23%, 8199 points.
03:36Mais alors, très très nette surperformance de la tech.
03:39L'Euronext Tech Leaders gagne encore 1%.
03:42On a un Eurostock 50 qui a terminé à l'équilibre.
03:44C'est encore une fois le secteur des semi-conducteurs qui a signé les plus fortes hausses aujourd'hui.
03:49Malgré la très forte correction vendredi à Wall Street et ce matin du côté des marchés coréens.
03:54STMicro a gagné 4% à 63,34 euros.
03:58On a Soitec qui a gagné 6,7% à 156,45 euros.
04:02M6, vous en avez parlé, qui a gagné quasiment 12% en clôture à 12,84 euros.
04:07A noter le secteur des télécoms, très mitigé après les annonces autour de SFR.
04:13Orange a gagné 2% à 17,80 euros.
04:15Alors que Bouygues, en revanche, a perdu 1,9% à 49,20 euros.
04:20Le grand signe, la plus forte baisse du CAC 40 à moins 2,7% à 140,10 euros.
04:24Arkema, moins 3,7% à 57,85 euros.
04:27C'est la plus forte baisse du SBF 120.
04:29Un petit coup d'œil sur le pétrole.
04:31Et on a quand même largement consolidé depuis ce matin.
04:33On était monté au-delà des 97 dollars.
04:35On redescend à 94,65.
04:38Les volumes d'échange, 3,7 milliards.
04:40Assez faible.
04:41Le CAC 40, lui, recule de 0,23% en clôture.
04:448 199 points.
04:46Merci Antoine.
04:47Merci Stéphanie.
04:48Rendez-vous avec vous.
04:49Ce sera 19h, 19h30.
04:51Tout de suite, c'est le 18-19.
04:53Mon premier invité, c'est l'ex-ministre de l'Industrie, Marc Ferracci.
04:57BFM Business et la Tribune présentent
05:01le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
05:06Vous êtes bien dans le 18-19.
05:09C'est vraiment un deal historique, en tous les cas, dans les télécoms.
05:12Et puis, dans la concurrence et concurrence européenne,
05:15celui du rachat des CFR par ses trois autres concurrents.
05:18On en parle avec Marc Ferracci, député ancien ministre de l'Industrie.
05:22Bonsoir, Marc Ferracci.
05:23Merci d'être là.
05:24C'est ce deal.
05:25Vous, évidemment, ça a duré tellement longtemps
05:27que vous l'avez supervisé lorsque vous étiez en charge de l'industrie
05:31et notamment des télécoms, forcément.
05:34Est-ce que c'est une bonne chose ou pas ?
05:37Je pense que c'est une bonne chose.
05:39En quoi ?
05:40C'est une bonne chose parce qu'au fond, il y a plusieurs enjeux autour de ce deal.
05:43Il y a un enjeu qui est important,
05:45qui est celui de la concurrence et du pouvoir d'achat des Français.
05:48Parce qu'évidemment, le nombre d'opérateurs,
05:50ça peut avoir un effet sur la facture de votre abonnement de téléphone.
05:53Et donc, on verra, ça, ça va être le rôle des autorités de la concurrence,
05:58l'autorité de la concurrence en France ou la commission de Bruxelles,
06:00de regarder les conséquences en matière, justement, d'impact sur les prix.
06:04Donc, c'est un enjeu qu'il faudra regarder.
06:05Mais moi, je vois un enjeu plus important de mon point de vue,
06:09parce que le monde change.
06:10C'est l'enjeu des investissements dans notre modèle de télécom.
06:13On a besoin d'investir pour renforcer la qualité du réseau.
06:16On a besoin d'investir pour finaliser la fibre.
06:21Vous savez qu'à certains endroits, la fibre n'arrive pas encore
06:24et on a besoin de l'amener jusqu'au dernier kilomètre.
06:27On a besoin d'investir pour la cybersécurité de nos réseaux,
06:30dans un monde où, on le voit, les attaques sont de plus en plus nombreuses.
06:34Pour ça, nos opérateurs ont besoin d'avoir des moyens.
06:38Et d'ailleurs, le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité européenne,
06:41il y a déjà deux ans, défendait...
06:44Déjà enterré depuis deux ans.
06:45Oui, mais justement, il n'est pas si enterré que ça, si vous regardez,
06:48puisqu'il défendait le principe d'une consolidation dans le secteur des télécoms,
06:51justement pour favoriser ces investissements qui sont nécessaires à notre compétitivité.
06:56Les télécoms, c'est une infrastructure critique.
06:58Et donc, je pense qu'il faut arriver à trouver un équilibre
07:01entre cet objectif de préserver la concurrence
07:04et l'objectif de compétitivité des opérateurs,
07:07c'est-à-dire leur donner des capacités d'investissement.
07:10En même temps, c'est une entreprise qui va disparaître.
07:12On en parlera tout à l'heure avec le délégué syndical CEDT de SFR,
07:16parce qu'elle est amenée à être découpée.
07:19Est-ce que c'est un aveu d'échec ?
07:22Non, ce n'est pas un aveu d'échec.
07:23C'est une dynamique assez normale dans un système d'économie de marché,
07:26d'économie capitaliste.
07:28Il y a des phénomènes de consolidation,
07:29il y a des phénomènes d'entrée de nouveaux acteurs sur un marché,
07:33c'est ce qui a été le cas il y a quelques années avec Free.
07:35Et puis, il y a des phénomènes qui obligent à restructurer l'organisation.
07:39Vous parlez effectivement de la disparition de SFR.
07:42Moi, je pense aux salariés de SFR.
07:44Je pense que votre interlocuteur, évidemment, va beaucoup vous en parler.
07:47Ce qu'il faut savoir, c'est que dans ce deal,
07:49les choses ne vont pas se faire de manière brutale.
07:52Jusqu'en 2029, il y a une garantie d'emploi,
07:54ou de proposition d'emploi pour les salariés de SFR.
07:57C'est un élément très important.
07:59Et d'ailleurs, les opérateurs qui vont reprendre SFR
08:02ont intérêt à ce que les équipes, les cadres,
08:05mais aussi les salariés qui sont dans les boutiques,
08:08ne quittent pas SFR trop rapidement,
08:10parce que ça fait aussi partie des actifs d'une entreprise
08:13que de conserver ses salariés.
08:15Donc, je pense qu'on a besoin d'accompagner
08:18cette transition sociale de la meilleure des manières.
08:20Vous avez été ministre de l'Industrie,
08:21vous avez vu passer pas mal de dossiers.
08:24Nous aussi, ici, d'un point de vue différent, évidemment.
08:28Vous avez envie de dire, c'est une garantie jusqu'à 2029.
08:31C'est rien du tout.
08:32Vous voyez, c'est dans deux ans.
08:35C'est dans un peu plus que deux ans ?
08:37On est quasiment en 2027, si j'ose dire, en septembre 2026.
08:42Bien sûr.
08:43Et ça, c'est le rôle de la négociation sociale.
08:45La négociation sociale va commencer
08:46avec les organisations représentatives des salariés.
08:49Et elle a besoin d'être évidemment exigeante.
08:52Exigeante à la fois sur les conditions de départ
08:54pour ceux qui voudraient partir,
08:56mais aussi sur les conditions de formation, de reconversion.
08:58Vous l'avez dit, moi, j'ai eu à traiter, en tant que ministre,
09:00beaucoup de dossiers de restructuration industrielle.
09:03Parfois, des sites qui fermaient.
09:04Parfois, des entreprises qui menaient des plans sociaux.
09:07Eh bien, le principe, quand il y a une restructuration
09:10de cette ampleur, c'est d'accompagner chaque salarié.
09:14D'accompagner chaque salarié dans son projet professionnel.
09:17Parfois, le projet se retrouve dans les entreprises
09:20qui vont reprendre les actifs des CFR,
09:22c'est-à-dire dans les trois autres opérateurs.
09:23Et puis, pour d'autres salariés,
09:25eh bien, ce seront des perspectives différentes.
09:27Mais là, l'engagement doit être évidemment
09:29d'accompagner cette transition
09:30et de ne laisser personne sur le bord du chemin.
09:32Marc Ferracci, vous avez parlé de la question de la concurrence,
09:36parce que c'est intéressant de voir
09:37à quel niveau ça doit se passer.
09:39Est-ce que, je recevais, si je dirais,
09:41ça a un peu donné le top départ,
09:42parce qu'il avait un peu, quelque part,
09:44donné son feu vert à cette consolidation.
09:46Benoît Curé, le président de l'autorité de la concurrence,
09:49mais c'était déjà il y a quelques mois.
09:52Est-ce que ça va être au niveau français
09:54ou au niveau européen, au niveau de Bruxelles ?
09:56Eh bien, ça fait partie encore des choses
09:58qui doivent se décider.
09:58D'abord, il y aura probablement un examen
10:00de chaque dossier, c'est-à-dire du dossier
10:02de chaque opérateur, free, orange et bouillé.
10:07Donc, sur ce sujet, les opérateurs,
10:09en fonction de leur taille,
10:11en fonction de la part de leur chiffre d'affaires
10:13qui se fait en France,
10:14auront une alternative qui est
10:16soit de se soumettre à l'autorité
10:18de la concurrence française,
10:19soit de se soumettre à la direction
10:21de la concurrence de la commission de Bruxelles.
10:23Ils choisissent ou pas ?
10:24Il y a un élément de...
10:25Non, parce que la concurrence européenne,
10:27la direction de la concurrence,
10:28elle peut se saisir.
10:29Elle peut se saisir également,
10:30mais en tout cas, ça va dépendre,
10:32au cas par cas,
10:33de la situation de chaque opérateur
10:34et de l'impact que le rachat des actifs
10:37des SFR a sur son modèle économique.
10:39Et donc, d'abord, un,
10:41est-ce qu'il faut mieux que ça soit
10:42l'autorité française ou l'autorité bruxelloise ?
10:45Alors, on a coutume de dire,
10:47mais là, je parle un petit peu
10:49de manière évasive,
10:52que la commission de Bruxelles
10:53est plus stricte sur la capacité
10:56à faire des consolidations
10:57parce qu'elle défend les principes
10:58de la concurrence.
10:59Mais, il faut bien dire
11:00que la commission de Bruxelles
11:02est en train d'évoluer.
11:03Elle a publié,
11:05vous le savez,
11:06vous en avez parlé probablement
11:07sur votre plateau,
11:08elle a publié il y a quelques mois
11:09une nouvelle doctrine
11:10qui est en cours d'examen
11:11qui vise, comme je le disais tout à l'heure,
11:13à trouver un meilleur équilibre
11:15entre les principes de la concurrence
11:17qui sont au fondement
11:18de la construction européenne
11:20et le principe de la compétitivité
11:22des entreprises.
11:24On a besoin,
11:25il faut le dire très directement,
11:26de construire des champions européens.
11:28Et pour construire des champions européens,
11:30on a besoin de leur permettre
11:32d'acquérir une taille critique.
11:33C'est ça aussi l'enjeu
11:34de cette consolidation,
11:35c'est de pouvoir se battre
11:36contre des acteurs américains,
11:39contre des acteurs chinois,
11:40contre des acteurs japonais
11:41qui se déploient
11:43un petit peu partout dans le monde.
11:44Ça, c'est très important.
11:45C'était le 30 avril
11:46qu'elle avait dit désormais
11:48qu'elle voulait aider les entreprises,
11:49je cite,
11:50à atteindre une taille critique
11:52indispensable
11:52pour être compétitif
11:54dans certains secteurs.
11:55Alors qu'avant,
11:56c'était la défense du consommateur
11:57à tout prix.
11:58Tout à fait.
11:58On a assisté à cette guerre tarifaire,
12:01l'arrivée de free.
12:02Tout à fait.
12:03Est-ce que c'était une erreur
12:04l'arrivée de free
12:04quand vous regardez un petit peu
12:05avec du recul ?
12:06Non, je ne pense pas
12:08parce qu'au moment
12:08où Free est arrivé,
12:10ça a créé un effet
12:11sur les prix
12:12qui était véritablement
12:14très significatif.
12:15Il y a un ancien
12:17vice-président
12:18de l'autorité de la concurrence,
12:19un ancien collègue économiste
12:20qui est Emmanuel Combes,
12:22qui m'a dit un jour,
12:23vous savez,
12:25l'arrivée du quatrième opérateur
12:27de téléphonie mobile,
12:28c'est une mesure
12:29de pouvoir d'achat
12:30sans précédent
12:31pour les Français.
12:32Alors,
12:33ça ne veut pas dire
12:34qu'en supprimant
12:35un opérateur,
12:36évidemment,
12:36le prix des abonnements
12:38va s'envoler.
12:38Si c'est le cas,
12:39les autorités de la concurrence
12:41interviendront.
12:41Mais il faut quand même
12:42se dire que la concurrence
12:43par principe,
12:44elle permet effectivement
12:46d'avoir des effets
12:47sur les prix.
12:47Mais il faut arriver
12:48à trouver cet équilibre
12:49parce que notre monde
12:50a changé.
12:51Ce sont plus que trois,
12:51donc bon.
12:52Notre monde a changé,
12:53mais il faut bien voir
12:53que dans d'autres pays,
12:54il y a très rarement
12:56quatre opérateurs.
12:57On était un des rares pays
12:59à avoir quatre opérateurs.
13:00On a toujours quatre opérateurs
13:01pour quelques années encore,
13:03le temps que la consolidation
13:04se fasse.
13:05Mais c'est assez inédit.
13:07la plupart du temps,
13:08y compris dans des pays
13:09extrêmement vastes
13:10comme les États-Unis,
13:11il y a un nombre
13:12relativement réduit
13:13d'opérateurs
13:13parce qu'on considère
13:14que plus vous êtes gros,
13:15plus vous avez la capacité
13:17à consentir des investissements
13:18pour sécuriser
13:19ces infrastructures critiques
13:20que sont les infrastructures télécom.
13:22Donc il faut trouver
13:23cet équilibre.
13:23Et moi,
13:23je suis satisfait,
13:25je me réjouis
13:25que la Commission européenne
13:27mette un peu d'eau
13:28dans son vin
13:29et fasse évoluer
13:30un petit peu sa doctrine
13:31au regard de la concurrence.
13:32Parce qu'on a besoin aussi
13:33de protéger
13:34nos champions nationaux.
13:34Oui, c'est une sacrée évolution
13:37en fait.
13:38Il est intéressant
13:39de voir qu'aujourd'hui
13:39il y a eu l'annonce aussi
13:40de consolidation hostile
13:43cette fois-ci
13:44dans les banques
13:45en Italie.
13:47Là,
13:48vous,
13:48vous étiez au courant
13:49forcément
13:49de ces négociations
13:50lorsque vous étiez
13:51ministre de l'Industrie.
13:52Alors pas forcément
13:53sur le système bancaire.
13:54En revanche,
13:55ah oui,
13:55sur les télécoms.
13:56Je reviens sur les CEPA.
13:57Bien sûr, évidemment.
13:57Je reviens sur les CEPA.
13:58S'agissant des télécoms
13:59dont j'avais la tutelle,
14:00j'étais chargé
14:00des infrastructures numériques,
14:02pas de tout ce qui est
14:02réglementation numérique
14:03mais des infrastructures,
14:04donc les opérateurs télécoms.
14:05Donc effectivement,
14:06je discutais avec les acteurs
14:07et déjà à ce moment-là,
14:10c'est-à-dire il y a
14:11à peu près un an,
14:12les enjeux étaient bien posés
14:13sur la table.
14:14Les opérateurs souhaitaient
14:16avoir des capacités
14:17d'investissement
14:18et ils avaient des arguments
14:19pour cela.
14:20Mais évidemment,
14:21à l'échelle de Bercy
14:22qui se préoccupe d'industrie
14:23mais qui se préoccupe aussi
14:24de concurrence,
14:25de pouvoir d'achat,
14:26de consommation,
14:27eh bien le message
14:28que nous portions collectivement
14:29c'était de trouver un équilibre.
14:30Mais là,
14:31on pourrait très bien avoir
14:31un étranger débarqué, non ?
14:34Là, en l'occurrence...
14:36Un opérateur,
14:37je ne sais pas,
14:38un opérateur...
14:38Non, le deal tel qu'il a été conclu
14:40et qui doit désormais
14:41se concrétiser
14:42par la consolidation,
14:43eh bien va partager
14:45les actifs de SFR
14:46entre les trois autres opérateurs.
14:47Non mais ça,
14:47ok,
14:48mais qu'est-ce qui...
14:49Est-ce que désormais,
14:50ça veut dire que le marché français
14:51est fermé ?
14:52On ne pourra pas avoir
14:53un quatrième opérateur étranger
14:54qui débarque ?
14:55Un autre opérateur
14:56peut intervenir
14:57mais il faut bien voir
14:59que les coûts d'investissement
15:01pour mailler tout le territoire
15:02avec vos infrastructures
15:03sont extrêmement lourds,
15:04vous le savez.
15:05Vous ne croyez pas
15:05qu'il y aura une vente
15:06des infrastructures
15:07à des fonds pour la fibre ?
15:10Tout est possible.
15:11À des fonds d'investissement
15:12comme ça se fait ?
15:13Tout est possible
15:13mais ici,
15:14nous avons un garde-fou
15:15très important
15:16qui est le contrôle
15:16des investissements étrangers.
15:18Vous le savez ?
15:18Quand on a des enjeux
15:19de souveraineté
15:20et ici on a un enjeu
15:21de souveraineté avec le numérique
15:22parce que c'est une infrastructure critique,
15:23il y a des enjeux
15:24de cybersécurité,
15:25il y a des enjeux
15:25de résilience de nos réseaux,
15:27eh bien on a une approche
15:28très rigoureuse
15:29consistant à regarder
15:30les investisseurs
15:31qui rachètent le cas échéant
15:32des opérateurs
15:33ou des entreprises françaises.
15:34On le fait
15:35de manière systématique,
15:37on le fait
15:37de plus en plus
15:38s'agissant de l'industrie.
15:40Il y avait
15:40100 contrôles
15:41des investissements étrangers
15:42par an en 2014,
15:43il y en a
15:45quatre fois plus
15:46aujourd'hui.
15:46Et à chaque fois,
15:48eh bien on regarde
15:49les impacts
15:50sur notre souveraineté.
15:51Pas toujours efficace
15:51si l'on en croit
15:52Arnaud Montebourg
15:52qui était votre prédécesseur.
15:55Moi je constate
15:56qu'un contrôle
15:57des investissements
15:58étrangers sur deux
15:59aboutit
16:00soit à une interdiction,
16:01soit à des mesures
16:02de sauvegarde,
16:03c'est-à-dire à des restrictions
16:03sur l'opération menée.
16:05Donc il y a quand même
16:05un impact.
16:06On va parler
16:07parce que là
16:07il y a quand même
16:08un enjeu.
16:09Moi j'ai beaucoup
16:09de témoignages là-dessus
16:10comment les Chinois
16:12grignotent un peu
16:13des PME
16:14ou des start-up
16:15un peu clés
16:15que ce soit
16:16dans les nouvelles technologies
16:17et qu'à pas feutrer.
16:20Et puis évidemment
16:20il y a Ceylantis
16:21qui a ouvert
16:22grand les portes
16:23de son usine
16:23de Rennes
16:24à Dongfeng.
16:26Avant de parler
16:28de ce sujet
16:28qui est très important,
16:30on a appris
16:31juste avant
16:31l'ouverture
16:32de ce 18-19
16:33que le projet SCAF,
16:35vous savez
16:35cet avion européen,
16:36j'en avais parlé
16:36avec Eric Trappier
16:37sur ce même plateau,
16:39il est officiellement
16:40enterré.
16:41Frédéric Merz
16:42et Emmanuel Macron
16:43ont reconnu
16:44que Airbus
16:44et Dassault
16:46Aviation
16:46ne pouvaient pas
16:47s'entendre.
16:49C'est dommage.
16:50C'est dommage
16:51parce que
16:52nous sommes à un moment
16:52où la coopération européenne
16:54et particulièrement
16:54la coopération franco-allemande
16:56est importante
16:56à la fois pour avoir
16:57des capacités d'investissement,
16:59à la fois pour partager
17:01une vision stratégique
17:02sur ce que sont
17:02les besoins
17:02de la défense européenne
17:03mais sur ce genre
17:05d'opérations,
17:06moi j'ai toujours considéré,
17:07y compris quand j'étais ministre,
17:08que c'est aux industriels
17:10de faire la preuve
17:12qu'ils savent
17:13mener à bien
17:14une opération
17:14aussi complexe
17:15que celle-là.
17:17En l'occurrence,
17:18la discussion,
17:20vous le dites,
17:21a eu lieu
17:22pendant des mois
17:22et des mois
17:23et il se trouve
17:24qu'il n'y a pas d'accord
17:25qui ait été trouvé.
17:26Ça ne veut pas dire
17:26que sur d'autres sujets,
17:27y compris en matière de défense,
17:28il n'y a pas de coopération
17:29franco-allemande.
17:30Il y a quelques jours
17:32sur un autre segment
17:33de notre industrie de défense
17:34que sont les blindés,
17:36il y a un rapprochement
17:37qui a été fait
17:38entre KNDS
17:39et des actionnaires allemands.
17:41Donc,
17:42on voit que sur d'autres sujets,
17:43ça peut fonctionner.
17:44sur le SCAF,
17:45ça n'a pas fonctionné.
17:46Oui,
17:46et c'est dommage.
17:47C'est une question d'égo ?
17:48Non,
17:48je ne pense pas.
17:49Je pense que c'est vraiment
17:50des problématiques industrielles
17:52et la difficulté
17:53à faire vivre un projet
17:54de cette complexité,
17:55de cette ampleur.
17:56Marc Ferrati,
17:57donc je le disais,
17:58il y a quand même
17:58beaucoup d'inquiétude
17:59sur l'offensive chinoise,
18:01notamment dans l'automobile,
18:02évidemment,
18:02au niveau européen,
18:03au niveau des Allemands
18:04qui sont en train
18:05d'avoir une sorte
18:05de prise de conscience,
18:07eux,
18:08qui défendaient
18:08l'arrivée des Chinois
18:09parce qu'ils sont clients,
18:10ils ont des partenariats
18:11avec les Chinois,
18:12ils sont en train
18:13de se rendre compte
18:14que dans la machine outil,
18:14dans tous les secteurs
18:15qui ont fait la force
18:16de l'économie
18:17et de l'industrie allemande,
18:18ils sont en train
18:19de perdre pied.
18:21C'est aussi un peu
18:22en train d'arriver
18:23en France.
18:24Le fait que Stellantis
18:27décide d'ouvrir ses portes
18:28de son usine
18:29à Rennes,
18:31à Dongfeng,
18:33est-ce que pour vous
18:35c'est une bonne nouvelle,
18:37ça veut dire
18:37que le monde avance
18:38ou au contraire,
18:39ça signifie un peu
18:41la mort des constructeurs
18:43automobiles français,
18:45Non, ça ne signifie pas
18:46la mort des constructeurs
18:48automobiles français.
18:49C'est d'abord une démarche
18:50assez pragmatique.
18:51On avait à Rennes
18:52une usine
18:53qui était en sous-capacité
18:55de production.
18:55L'accord va permettre
18:57d'augmenter
18:58très significativement,
18:59peut-être jusqu'à doubler
19:00la capacité de production
19:02et ça,
19:02je vous le dis,
19:04c'est la meilleure garantie
19:05de pérenniser l'usine,
19:06de pérenniser l'outil industriel
19:08et de pérenniser les emplois.
19:09C'est absolument nécessaire
19:10d'augmenter la capacité
19:12de production
19:12et les syndicats
19:14sur place
19:15le savent bien,
19:16j'ai été confronté
19:17à beaucoup de dossiers
19:18d'équipementiers automobiles,
19:19à beaucoup de dossiers
19:20automobiles
19:21dans lesquels
19:21les usines
19:22tournaient à 60,
19:2465%
19:24de leur capacité
19:25de production
19:26et là,
19:27ça pose un problème
19:28sur la pérennité du site.
19:29Donc le premier point,
19:30c'est cela.
19:31Ensuite,
19:31c'est une vision
19:32court terme.
19:33Bien sûr,
19:33c'est une vision court terme
19:34et c'est pour ça
19:35qu'il faut aussi
19:35avoir une vision long terme.
19:36La vision long terme,
19:37c'est que quand un acteur chinois
19:38vient en France,
19:39soit pour participer
19:40à une co-entreprise
19:41avec Stellantis
19:42comme c'est le cas
19:43de Dongfeng,
19:44soit pour racheter
19:45des actifs
19:46et des entreprises françaises,
19:47ça doit se faire
19:48à nos conditions.
19:49Et là,
19:49j'insiste,
19:51quand on produit,
19:52je vous réponds,
19:53quand on produit en France,
19:55on ne doit pas simplement
19:55avoir des usines
19:56d'assemblage.
19:58Un maximum de composants
20:00doivent être produits
20:01en France et en Europe.
20:02Et ça,
20:02c'est le principe
20:03de la préférence européenne
20:04que je défends,
20:05que je défendais
20:05et que je défends toujours.
20:06Ça veut dire quoi ?
20:07Ça veut dire qu'une part
20:08de la valeur ajoutée...
20:09Qui est ouverte au Brésil...
20:10C'est pour ça,
20:11je vais aller vous dire
20:12ce que je pense
20:13de ce qui est en train
20:14de se nouer.
20:15Mais le principe
20:15de la préférence européenne,
20:17c'est de dire qu'il y a
20:18une certaine proportion
20:19de la valeur ajoutée
20:20qui doit être produite en Europe.
20:21Et donc,
20:22même si on faisait venir
20:23tous les composants
20:24et qu'on les assemblait
20:25à Rennes ou ailleurs,
20:26eh bien,
20:26on ne bénéficierait pas
20:27de la préférence européenne.
20:2870% de la valeur ajoutée
20:30d'une voiture
20:31doit être du contenu local.
20:32Ça, c'est le premier point.
20:33Et effectivement,
20:34je vous rejoins,
20:35ce qui est en train
20:36d'être discuté
20:36au niveau européen,
20:37c'est une définition
20:38de la préférence européenne
20:39qui ne me satisfait pas.
20:40Qui ne me satisfait pas,
20:41qui ne devrait satisfaire
20:43personne,
20:44parce qu'on ouvre
20:45la préférence européenne
20:46qui permet de bénéficier
20:47de la commande publique,
20:48des aides publiques,
20:50à des acteurs
20:51qui ne sont pas
20:51dans l'Union européenne
20:52en l'état actuel
20:53de la négociation du texte.
20:55Donc moi,
20:55je demande
20:56qu'on ait une approche
20:58restrictive
20:58de la préférence européenne
21:00et de bon sens.
21:01C'est-à-dire
21:01qu'il consiste à
21:02réserver la préférence européenne
21:04aux acteurs
21:05strictement européens.
21:05Mais comment vous expliquez
21:06que ce ne soit pas du tout le cas ?
21:08Alors,
21:09parce qu'il y a
21:09aujourd'hui
21:10un texte
21:11qui est en discussion
21:12et ça n'est pas encore
21:13terminé.
21:14Et donc,
21:15il y a des rapports
21:16de force,
21:17d'influence
21:17entre la Commission européenne,
21:19entre certains acteurs,
21:20entre certains pays.
21:21Vous connaissez bien tout ça.
21:22des pays
21:23dont les chaînes de valeurs
21:25sont déjà très délocalisées.
21:26Oui,
21:27les Allemands,
21:27par exemple,
21:29ont un intérêt
21:31à ce que
21:32la préférence européenne
21:33s'applique de manière
21:34très large.
21:34S'ils ont des usines
21:36ailleurs qu'en Europe,
21:37eh bien,
21:37ils veulent pouvoir
21:39faire bénéficier
21:39leurs usines
21:40de la préférence européenne.
21:41Voilà,
21:41au fond,
21:42la divergence
21:43qui a pu exister
21:44en France.
21:45Et mon successeur
21:46Sébastien Martin
21:47a évidemment
21:48repris ce flambeau
21:49et il défend
21:50la préférence européenne
21:51dans une approche
21:52stricte.
21:53En France,
21:54on a besoin
21:56véritablement
21:56d'une démarche
21:58extrêmement rigoureuse
21:59qui consiste
22:00à limiter
22:00la préférence européenne
22:01au pays européen.
22:01La voix de la France
22:01n'est pas écoutée,
22:02pardonnez-moi.
22:03Mais nous verrons,
22:03si vous le voulez bien,
22:04nous verrons
22:04à la fin,
22:07quand le texte
22:07sera adopté,
22:08quel en sera le contenu.
22:09Je pense qu'il faut
22:10toujours se battre
22:10jusqu'au dernier moment
22:11et jusqu'au dernier kilombre.
22:12Vous avez raison
22:13et peut-être que justement
22:14ça peut faire,
22:15tout ce qui se passe
22:15en ce moment,
22:16peut faire évoluer
22:18les Allemands
22:19parce que leur industrie
22:21est quand même
22:21très touchée
22:21par l'arrivée des Chinois.
22:22Et je pense,
22:23si je puis terminer,
22:24il y a un autre enjeu,
22:25c'est qu'on doit avoir
22:26des contreparties
22:27quand les Chinois
22:28viennent investir chez nous.
22:29Des transferts de technologie,
22:30des transferts de compétences.
22:31Quand j'ai visité
22:32l'usine de batterie
22:32de Envision
22:33avec le président
22:34de la République,
22:35Adouais,
22:35il y avait des salariés chinois
22:37dans l'usine
22:38qui formaient
22:38les salariés français.
22:39Je pense que ça,
22:40il ne faut pas laisser ça de côté.
22:42Il faut imposer aux Chinois
22:43ce que les Chinois
22:44ont fait il y a 30 ans
22:47et il y a 20 ans.
22:48C'était nous
22:49qui faisions
22:49le transfert de technologie.
22:50Aujourd'hui,
22:51c'est des Chinois
22:51qui font,
22:52on est en train
22:52de les supplier
22:53qu'ils fassent
22:53du transfert de technologie
22:54avec nous.
22:55Pas les supplier,
22:55mais il faut se servir
22:57de la force
22:57de notre marché intérieur
22:58pour obtenir
22:59ce genre de contrepartie.
23:00C'est une vraie arme.
23:01Merci beaucoup,
23:01Marc Arachou,
23:02d'avoir été avec nous
23:03à dire comment vous avez
23:04vous décrypté,
23:05analysé ce grand deal
23:06de SFR.
23:07On continue d'en parler
23:08avec notamment Olivier Lelon,
23:10vous l'avez dit,
23:10qui est délégué syndical
23:12CFDT de SFR.
23:18reporter à BFM Business.
23:19A tout de suite.
23:21BFM Business
23:21et la Tribune
23:22présente
23:25le 18-19
23:27d'Edwis Chevrillon.
23:30Vous êtes bien
23:31dans le 18-19.
23:33On continue à parler
23:33du rachat des SFR.
23:35Il faut dire
23:35que c'est un deal
23:35quand même
23:35à plus de 20 milliards
23:36d'euros,
23:37un deal qu'on attendait
23:38depuis longtemps,
23:39un deal historique aussi
23:41parce qu'il sonne
23:41peut-être le point de départ
23:43d'une consolidation
23:45en Europe
23:46dans ce secteur
23:47des télécoms
23:47mais aussi
23:47dans d'autres secteurs.
23:48On va en parler
23:49avec Olivier Lelon
23:50qui est délégué syndical
23:51CFDT de SFR.
23:53Bonsoir Olivier Lelon.
23:54Merci d'être là
23:55parce qu'évidemment
23:56un des aspects
23:57de ce deal
23:57c'est l'aspect social,
23:59les craintes
24:00pour les salariés
24:00des SFR
24:01et puis la question
24:02des prix aussi
24:03parce qu'il y avait
24:03une guérilla tarifaire
24:05est-ce qu'elle va
24:06s'arrêter ou pas ?
24:08Et avec nous
24:08Mathieu Pechberti
24:10grand reporter
24:10à BFM Business
24:12qui suit très bien
24:12ce dossier.
24:13Bonsoir Mathieu.
24:14Ça fait combien
24:14temps que vous suivez
24:15ce dossier ?
24:16Trop d'années.
24:17Oui ce qu'on peut dire
24:18juste pour planter
24:19bien le décor
24:20on l'a planté
24:20avec Marc Ferracci
24:21l'ancien ministre
24:22de l'industrie
24:22qui avait la tutelle
24:23des télécoms.
24:24C'est un deal historique
24:2620 milliards
24:26c'était attendu
24:27mais en même temps
24:28c'est des discussions
24:29qui ont été
24:29très très très longues
24:31et très très très
24:32houleuses
24:33parce qu'il faut quand même
24:33voir qu'il y avait
24:34des inimitiés
24:35entre tous ces
24:36ticounes des télécoms
24:37français
24:38des énormes inimitiés.
24:40Oui cette opération
24:41en réalité
24:41ça fait alors
24:42officiellement
24:43on va dire
24:438 mois
24:44qu'elle ait négocié
24:45ou en tout cas
24:45qu'elle a été divulguée
24:47mais en réalité
24:48ça fait quasiment
24:49un an et demi
24:49qu'à la fois
24:52les concurrents de SFR
24:53donc Bouygues,
24:53Free et Orange
24:54discutent entre eux
24:55de comment ils peuvent
24:56racheter
24:56ils pouvaient racheter
24:57SFR
24:57et puis ensuite
24:58il y a eu des discussions
24:59avec SFR
25:01et puis ces derniers jours
25:02mais de manière
25:03assez logique
25:04ça a effectivement été
25:04très tendu
25:05on nous a même dit
25:06plusieurs acteurs du dossier
25:07nous ont assuré
25:08que le deal avait failli
25:10casser
25:10comme on dit
25:12vendredi
25:12alors même que
25:14les groupes
25:15Bouygues, Free et Orange
25:16avaient validé
25:17en conseil d'administration
25:18l'opération
25:18donc ça a été
25:19très tendu
25:20mais j'ai envie de dire
25:21avec un délan
25:22justement vendredi soir
25:23le vendredi soir
25:23exactement
25:23et c'est pour ça
25:24qu'en fait ça a été
25:25un petit peu reporté
25:26que ça a été officialisé
25:27dans la nuit
25:27de samedi à dimanche
25:28bon en fait
25:29c'est assez classique
25:30puisque dans le secteur
25:31des télécoms
25:31vous le savez
25:32il y a 3 propriétaires
25:333 milliardaires sur 4
25:35SFR qui appartient
25:36donc encore
25:36pour quelque temps
25:37à Patrick Drahi
25:38Bouygues qui appartient
25:38évidemment à la famille
25:40Bouygues et Martin Bouygues
25:40et puis Free
25:41à Xavier Niel
25:42et donc ça fait
25:43en réalité
25:44quasiment des décennies
25:4520 ans pour certains
25:46ou au moins 10 ans
25:47que ces milliardaires
25:48on va dire
25:48bataillent et ferraillent
25:50donc ça crée
25:51effectivement
25:51un contexte très tendu
25:53et des dernières négociations
25:54ces derniers jours
25:55extrêmement tendus
25:56oui il y avait
25:56les créanciers aussi
25:57de Patrick Drahi
25:59qui étaient autour
26:00de la table
26:01alors effectivement
26:01mais ça c'est
26:02on va dire que c'est
26:03Patrick Drahi lui-même
26:03qui les gère de son côté
26:04donc ça il a l'habitude
26:05de négocier
26:07avec ses créanciers
26:07puisqu'il vit sur un empire
26:08qui est très endetté
26:09depuis toujours
26:10c'est un peu son business model
26:11j'ai envie de dire
26:12mais donc effectivement
26:13il y a eu beaucoup de monde
26:14autour de la table
26:15et puis comme vous l'avez dit
26:16tout à l'heure
26:16il y avait aussi
26:16on n'en a pas parlé
26:17parce qu'il s'est fait discret
26:18mais il y avait aussi l'État
26:19l'État français
26:20qui est actionnaire d'orange
26:21aussi autour de la table
26:22donc cette opération
26:23qui avait bloqué
26:24du reste le rapprochement
26:25le rachat par Bouygues
26:26on s'en souvient
26:28quand Emmanuel Macron
26:29était ministre de l'industrie
26:30exactement il y a 10 ans
26:31alors est-ce que c'est l'État
26:32qui avait bloqué
26:33ou Martin Bouy
26:34qui avait jeté l'éponge
26:35il y a toujours débat
26:35aujourd'hui 10 ans après
26:36mais effectivement
26:37il y avait eu en tout cas
26:37un bras de fer
26:38entre les acteurs
26:40et l'État français
26:40donc cette opération
26:41extrêmement complexe
26:42cette fois-ci
26:43a été au bout
26:44et ça clôt une période
26:45d'ouverture du marché
26:47des télécoms
26:48à 4 opérateurs
26:49en 2011
26:50en 2012 même
26:50quand Free est arrivé
26:52donc il y a 15 ans
26:53oui en même temps
26:54ça clôt
26:55pas tout de suite
26:56je me tourne vers vous
26:57Olivier Lelon
26:57parce que je répète
26:59le délégué syndical
27:00CFDT de SFR
27:02il y a quand même
27:05ça va prendre au moins
27:072, 3, 4 ans
27:08pour avoir les accords
27:10de l'autorité de la concurrence
27:12française ou européenne
27:14et puis il y a
27:15qu'est-ce qui va se passer
27:17pour SFR
27:18d'abord ce matin
27:19vous êtes
27:20enfin ce soir
27:22mais ce matin
27:22vous êtes réveillé
27:23avec une gueule de bois
27:24ou au contraire
27:25vous dites
27:25vous avez une épée
27:26de Damoclès
27:26qui était au-dessus
27:27de votre tête
27:27au moins ça y est
27:28elle est tombée
27:29vous êtes dans quel
27:30état d'esprit ?
27:32Gueule de bois non
27:33parce que
27:35effectivement
27:36ce rachat
27:37était annoncé
27:38quelles que soient
27:39les péripéties
27:39il n'y avait pas
27:40a priori de porte de sortie
27:41pour les différents acteurs
27:42du marché télécom
27:44en France
27:45que le rachat
27:46de SFR
27:47parce que le but
27:48de l'opération
27:48quoi qu'on en dise
27:49quoi qu'on essaie
27:51c'est de faire croire
27:52de toute façon
27:52c'est bien de faire disparaître
27:55le deuxième opérateur
27:56de France
27:58pour renforcer
27:59sa base de clients
28:00bien évidemment
28:01mais aussi à terme
28:04faire relever
28:04les tarifs
28:05des abonnements
28:07c'est
28:08bon c'est un secret
28:09de Paul Huchinelle
28:09tout le monde vous dira
28:10que non
28:10bien évidemment
28:11on fera attention
28:12à la concurrence
28:12il y a aussi
28:13de désendetté
28:14de désendetté
28:14Patrick Drahi
28:15ah oui
28:15alors ça
28:16Patrick Drahi
28:20avait la nécessité
28:21de vendre SFR
28:22parce qu'il l'a
28:23sur-endetté
28:24il a sur-endetté
28:25son groupe
28:25en donnant
28:27comme caution
28:27SFR
28:28qui est la pépite
28:29du groupe
28:29de Patrick Drahi
28:31et donc nous
28:31Société Seine
28:32on se retrouve
28:33à devoir payer
28:34les pots cassés
28:35de Patrick Drahi
28:36d'ailleurs pour ça
28:37que dès 2024
28:39on a alerté
28:40sur la restructuration
28:42de la dette
28:43qui était présentée
28:44comme la seule façon
28:46de faire perdurer
28:47l'activité de SFR
28:48et il était quand même
28:50écrit en gros
28:50en dessous
28:51attention
28:51bonne affaire
28:52ne la laissez pas passer
28:54c'est ce qu'on a plaidé
28:55devant le tribunal de commerce
28:56le tribunal de commerce
28:57a dit que les syndicalistes
28:59franchement avaient des idées
29:00un petit peu tordues
29:01mais on se retrouve
29:03au bout de l'exercice
29:04avec ce qu'on annonçait
29:05dès le début
29:05dès 2024
29:07la vente de SFR
29:08c'était une action
29:09sur l'opération
29:10sur le deal
29:11tel qu'il a été conçu
29:13tel qu'il est
29:14maintenant sur la table
29:16avec une partie
29:17pour Bouygues Télécom
29:19qui récupère
29:20la plus grosse partie
29:22donc il y a aussi
29:23la partie
29:24qui va chez Orange
29:25une partie
29:25donc le découpage
29:27et l'autre
29:27qui va chez Free
29:29comment c'est perçu
29:30chez vous
29:32expliquez-nous un peu
29:34alors
29:35ça fait donc des mois
29:36voire plus d'un an
29:37que les salariés
29:38sont très inquiets
29:39parce que cette phase
29:40de renégociation
29:41de la dette
29:42tout le monde voyait
29:42où ça allait mener
29:44et là
29:45oui ça fait un an
29:46qu'on vit
29:48en lisant
29:49les coupures de presse
29:51qui parlent
29:52des négociations
29:53du rachat possible
29:54et donc
29:56là ce matin
29:59tout le monde
30:00a le moral
30:01dans les chaussettes
30:02c'était déjà
30:03pas brillant
30:03avant
30:04et là
30:05j'ai passé
30:06ma matinée
30:07à répondre
30:10aux salariés
30:10dans des réunions
30:11que nous avons organisées
30:13tout le monde
30:14se demande
30:14ce qu'il va devenir
30:15demain
30:16alors on nous répond
30:17ne vous inquiétez pas
30:18il y a une garantie
30:19c'est garanti
30:20jusqu'en 2029
30:21voilà
30:22écrit Seledman
30:23donc il a
30:24la déatrice générale
30:25d'Orange
30:26a dit que
30:27les collaborateurs
30:28chez CFR
30:28sont inquiets
30:29et on tient
30:30évidemment
30:30à les rassurer
30:31je le redis
30:32notre angle
30:33sera d'engager
30:34les collaborateurs
30:35parce qu'on va devoir
30:36les motiver
30:36les retenir
30:37parce que le travail
30:39est à faire
30:39pour la migration
30:40des réseaux
30:41et c'est colossal
30:42voilà
30:43donc moi
30:43je lis
30:45les communiqués
30:46de presse
30:46et je vois
30:47effectivement
30:47une garantie
30:48d'emploi
30:48d'une durée
30:49d'un an
30:50le lave-vaisselle
30:51que j'ai acheté
30:52chez Darty
30:52le week-end dernier
30:53a lui
30:54une meilleure garantie
30:55que l'emploi
30:56chez SFR
30:58puisque la garantie
30:59contractuelle
30:59est de deux ans
31:01non
31:01c'est
31:03insuffisant
31:05insuffisant
31:05j'irais peut-être
31:06même jusqu'à
31:06un décent
31:08qu'est-ce que
31:09vous réclamez
31:09vous comme
31:10comme garantie
31:11à la fois
31:12en termes de
31:12de durée
31:13garantie de l'emploi
31:14et puis en termes
31:15de conditions
31:16j'ai envie de dire
31:17de départ
31:17on a entendu
31:18Chris Allenman
31:18ce matin
31:19qui disait
31:19que le secteur
31:20des télécoms
31:21les effectifs
31:22baissaient
31:23en tout cas
31:23depuis maintenant
31:2410-15 ans
31:25de manière inévitable
31:26si à concentration
31:28il y aura forcément
31:28des réductions
31:29d'effectifs
31:29c'est quoi votre perspective
31:31pour les 3-4 prochaines années ?
31:33la perspective
31:34la perspective
31:34n'est pas bonne du tout
31:36parce que pour revenir
31:36sur cette garantie
31:37d'un an
31:37c'est le temps nécessaire
31:38pour mettre en place
31:40un PSE
31:41entre le moment
31:42ou fin 2027
31:44un plan social
31:45entre le moment
31:46ou fin 2027
31:47ils prennent les clés
31:48de SFR
31:49et la fin de la garantie
31:50fin 2028
31:52c'est le temps nécessaire
31:53pour mettre
31:54un plan social
31:55en oeuvre
31:55et donc fin 2028
31:57on commence
31:57à se débarrasser
31:58des salariés
31:59quand on regarde
32:00comment est expliquée
32:02la reprise des activités
32:04alors il y a le côté
32:05entreprise
32:06alors on va peut-être
32:07le rappeler
32:07non Mathieu
32:08vous voulez que je le fasse ?
32:09comme vous voulez
32:10non mais allez-y
32:10je vous en prie
32:11orangez-vous
32:11les spécialistes
32:13écoutez l'essentiel
32:14la partie on va dire
32:15clientèle entreprise
32:17avec la marque SFR Business
32:18qui est un peu connue
32:19ira chez Bouygues
32:21et ensuite il y a
32:21un partage
32:22des abonnés mobiles
32:24entre Bouygues
32:26beaucoup évidemment
32:27c'est celui qui en reprend le plus
32:28un petit peu orange
32:29quand même
32:30c'est important
32:30environ 4 millions
32:31d'abonnés mobiles
32:32évidemment free
32:33et free c'est ceux
32:34de la marque Red
32:34pour essayer un petit peu
32:35d'identifier
32:36après il y aura
32:37beaucoup d'activités
32:38de réseau
32:38qui iront chez Bouygues
32:39alors c'est peut-être
32:40là-dessus qu'il y a
32:41le plus de sujets
32:41sur l'emploi
32:42ça va nous le dire
32:44peut-être ?
32:45le sujet sur l'emploi
32:46c'est déjà
32:47dans le processus
32:49qui semble devoir
32:50être mis en oeuvre
32:51quelque part
32:52on construit
32:53une réserve d'India
32:55donc on met
32:55les salariés
32:56qui vont être achetés
32:57dans une structure
32:58alors moi j'appelle ça
32:59une structure de défaisance
33:00à priori
33:00ce sera peut-être
33:01le périmètre de SFR
33:03mais on met tous
33:03ces salariés là
33:04et puis
33:06on va regarder
33:07ce qu'on va en faire
33:08véritablement
33:09et si on doit supprimer
33:10des emplois
33:10ce sera nécessairement
33:11ceux des salariés
33:13de SFR
33:13donc ils sont très
33:14directement visés
33:15par les réductions
33:16d'emploi
33:16qui vont intervenir
33:18nécessairement c'est vous
33:19qui le dites
33:19ou alors ce sont
33:21les racheteurs
33:22c'est l'interprétation
33:24qu'on fait
33:24alors c'est vrai
33:25qu'on a très peu
33:26d'informations
33:27c'est très succinct
33:27donc on est obligé
33:29de lire
33:30et d'essayer
33:30d'interpréter
33:31de comprendre
33:31ce qui se dit
33:32entre les lignes
33:34dans les communiqués
33:35de presse
33:36des acheteurs
33:38de SFR
33:39donc là
33:40ce qu'on comprend
33:41c'est qu'il y a une structure
33:41dans laquelle on rassemble
33:42tous les salariés
33:43et puis après
33:44on voit que
33:45les abonnés
33:48grand public
33:48sont dispatchés
33:49entre les trois opérateurs
33:50et les salariés
33:52là-dedans
33:53on ne sait pas
33:54les salariés
33:55ne sont fléchés
33:57nulle part
33:57donc on pourrait penser
33:59que les trois opérateurs
33:59vont dire
34:00ah bah oui
34:00mais alors moi
34:01je n'ai repris
34:02qu'une petite partie
34:03des abonnés
34:04grand public
34:05donc les salariés
34:07c'est pas pour moi
34:08ça c'est une chose
34:09et on a le même raisonnement
34:10sur le réseau
34:12et le réseau
34:13d'ailleurs
34:13ça ne fait pas partie
34:15des actifs
34:15qui seront repris
34:17alors on va faire vivre
34:18le réseau
34:19jusqu'à ce qu'on ait réussi
34:21à transvaser
34:23les abonnés
34:24qu'on a rachetés
34:25de chez SFR
34:26à chez Bouygues
34:27chez Orange
34:27ou chez Free
34:29et puis au bout du bout
34:32que deviennent
34:33les salariés
34:33qui ont permis
34:34de faire la jonction
34:37vous avez été prévenu
34:39comment ?
34:40vous avez bien communiqué
34:41de presse
34:42est-ce que le patron
34:43des SFR
34:43est venu vous présenter
34:45là je sais qu'en ce moment
34:47Hilliard est en train
34:48de rassembler
34:50ses salariés
34:51donc chez Bouygues
34:52SFR aussi
34:52cet après-midi
34:53SFR c'était cet après-midi
34:54le top management
34:56à part vous
34:57le top management
34:58c'est vrai
35:00moi
35:01alors comment est-ce
35:02que j'ai été prévenu
35:03j'ai reçu
35:03un SMS
35:05samedi
35:06à 23h45
35:08voilà
35:09et puis après
35:10on m'a passé
35:10un petit coup de téléphone
35:11dimanche matin
35:13d'accord
35:15et on lit
35:17on lit
35:17les communiqués de presse
35:18et après
35:18on lit la prose
35:21des journalistes
35:22qui décryptent aussi
35:23ou qui tentent
35:24de décrypter aussi
35:24de leur côté
35:25est-ce que vous pouvez
35:26nous donner quand même
35:26une petite photo
35:28du nombre de salariés
35:29qui sont chez SFR
35:30à la fois chez SFR
35:31et puis dans les boutiques
35:32parce qu'on sait
35:32que c'est un peu compliqué
35:33il y a des boutiques
35:33chez SFR
35:34et puis des franchisés
35:35et puis est-ce que vous avez
35:36une idée de
35:38sur les quelques milliers
35:39de salariés de SFR
35:40je crois qu'il y en a 6 000
35:42à votre avis
35:43et c'est très tôt pour le dire
35:44mais combien seront
35:44on va dire dispatchés
35:46repris à la fois par Orange
35:48Bouygues et Free
35:49alors c'est
35:51en l'état
35:52c'est très compliqué à dire
35:53parce qu'on a
35:54assez peu d'indications
35:55donc on va rester
35:56sur
35:58les échelles
35:59qu'on annonce
36:00depuis plusieurs mois
36:01pour nous
36:02il y a
36:03quasiment 50%
36:04des salariés
36:05qui se retrouvent
36:06en danger
36:07dans cette opération
36:09alors
36:09c'est la vente
36:10des SFR
36:11mais c'est le démantèlement
36:12d'Altis France
36:12donc là on parle
36:14des salariés
36:14de SFR
36:16ou des MVNO
36:16oui c'est juste parce que
36:17Actis France
36:18n'est pas rachetée
36:23donc il y a
36:24les boutiques SFR
36:25qui sont reprises
36:26et pas en totalité
36:27d'ailleurs
36:27ah bon
36:28elles sont reprises
36:29par qui ?
36:30alors
36:31de ce que nous comprenons
36:34Bouygues
36:34en reprend une partie
36:36Orange
36:36en reprend une partie
36:37je n'ai pas vu
36:39qu'il y a
36:40de reprenner une partie
36:40je crois qu'il y a
36:41tout le monde
36:41en reprend un peu
36:42mais bon
36:42il est quand même dit
36:44dans le communiqué
36:46de presse
36:46que la totalité
36:47des boutiques
36:48ne sera pas reprise
36:49en quelle proportion
36:50est-ce que chacun
36:52reprend 10 boutiques
36:5220 boutiques
36:53il y a 2000 salariés
36:54chez SFR Distribution
36:57donc les boutiques
36:57en propre de SFR
36:59après vous avez
37:00les franchisés aussi
37:00à côté
37:012000 salariés aussi
37:02eux quand SFR disparaît
37:04leur business disparaît
37:05vous avez
37:06les filiales techniques
37:07d'Altis
37:08qui n'y travaillent
37:09uniquement pour SFR
37:11ça c'est 3000 salariés
37:12quand SFR s'arrête
37:13qu'est-ce qu'ils deviennent
37:14et puis plus largement
37:16ce qui préoccupe aussi
37:17la CFDT
37:17c'est le contexte économique
37:20global des télécoms
37:22les emplois diminuent
37:23et l'impact
37:24sur l'ensemble
37:25des sous-traitants
37:26des entreprises
37:27de télécoms
37:28qui perdent
37:28un donneur d'heure
37:29majeur
37:30SFR
37:31que va devenir la marque
37:34parce qu'elle devrait
37:35être en partie
37:36poursuivie
37:37Olivier Leloup
37:39vous n'êtes pas encore
37:40au courant de ça
37:41Mathieu Pêche-Bertilly
37:42pour le moment
37:43rien n'est très clair
37:44mais ce qui se dessine
37:46corrigez-moi
37:46si vous avez d'autres infos
37:47supplémentaires
37:48par exemple
37:49pour la marque Red
37:50qui est la marque
37:51on va dire low cost
37:52de SFR
37:52les abonnés vont être
37:54repris par Free
37:54donc il y aura
37:55évidemment
37:56une période de transition
37:57parce que ce sera
37:58un an, deux ans
37:59ce sera pas très long
38:01où la marque
38:02continuera d'exister
38:03chez Free
38:05mais Free
38:06il y a une seule marque
38:07et c'est Free
38:07donc à priori
38:08les abonnés Red
38:10basculeront vraiment
38:10en marque Free
38:11pour SFR
38:12je pense que ce sera
38:12un petit peu différent
38:13parce que
38:14ceux qui seront repris
38:15par Bouygues
38:15est-ce que Bouygues
38:16va conserver la marque SFR
38:18pour faire
38:19on va dire
38:19une marque premium
38:20et une marque plus low cost
38:21avec Bouygues
38:21je pense qu'à terme
38:23la marque SFR
38:24je pense qu'elle subsistera
38:25pour la partie entreprise
38:26qui sera chez Bouygues
38:27mais je pense que
38:28sur la partie
38:28abonnés grand public
38:29je pense que
38:30les repreneurs
38:31à savoir Free
38:32Bouygues et Orange
38:33feront disparaître la marque
38:34dans la durée
38:36sur 2-3 ans je pense
38:36bonne question
38:37je poserai Olivier Roussa
38:38le patron de Bouygues
38:40qui sera mon invité
38:41ça sera mardi prochain
38:42donc beaucoup de questions
38:44à lui poser
38:46vous parliez tout à l'heure
38:47de savoir
38:48si la guérilla tarifaire
38:49est-ce que l'impact
38:50ça va avoir
38:51sur les prix
38:52le prix des abonnements
38:53ou pas
38:55vous dites
38:56vous avez le sentiment
38:57que ça va peser
38:58sur le
39:00la guérilla tarifaire
39:01va s'éteindre
39:02avec le rachat
39:03des CFR
39:04c'est ça grosso modo
39:04que vous nous dites
39:06à terme
39:06c'est quand même
39:07un début de l'opération
39:08on ne fait pas disparaître
39:09un concurrent
39:09pour rester avec
39:10un niveau
39:11de tarification
39:14aussi faible
39:15qu'actuellement
39:16sinon
39:17l'opération en elle-même
39:18va être très profitable
39:19pour les 3 opérateurs
39:21qui nous rachètent
39:22mais derrière
39:23bien évidemment
39:23très profitable
39:23c'est quand même 20 milliards
39:25bonne question
39:26mais on se partage
39:27quand même
39:278 milliards
39:28de chiffre d'affaires
39:30voilà
39:32c'est
39:33c'est un bon deal
39:35ou pas ?
39:36ça dépend pour qui
39:37je crois qu'en fait
39:38vous avez dit
39:39que c'était un bon deal
39:40pour Orange
39:40je crois que c'est un bon deal
39:41pour tout le monde
39:42il ne faut pas oublier
39:42que ce deal
39:44est d'abord rendu possible
39:45parce qu'il y a un vendeur
39:46le vendeur c'est Patrick Drahi
39:4720 milliards quand même
39:48sur la table
39:4820 milliards c'est beaucoup
39:5020 milliards
39:50ça sera peut-être
39:5221 à la fin
39:52et puis autour de SFR
39:54il y a pas mal de filiales
39:55je ne rentre pas dans les détails
39:56mais il devrait récupérer
39:57environ 24 milliards d'euros
39:58alors c'est pas pour lui
39:59il a quand même 16 milliards
40:00de dettes à rembourser
40:01donc c'est quand même
40:02le but d'opération
40:03c'est quand même
40:03rembourser ses dettes
40:04à la fin il y a une partie
40:06de ce solde
40:07qui sera partagé
40:08avec ses co-actionnaires
40:09qui sont ses anciens créanciers
40:11bon
40:11lui il devrait repartir
40:13on va dire
40:13avec 3 à 4 milliards d'euros
40:15donc c'est effectivement
40:16une belle opération
40:17pour Patrick Drahi
40:18qui était quand même
40:19dans une situation
40:20qui était loin d'être évidente
40:21il y a encore
40:222-3 ans
40:23et ensuite pour ceux
40:24qui rachètent
40:25Bouygues, Free et Orange
40:27en fait tout le monde
40:28gagne des abonnés
40:29tout le monde gagne
40:30du chiffre d'affaires
40:30c'est rentable à partir de
40:31c'est rentable tout de suite
40:32tout de suite
40:33je pense qu'en fait
40:34moi je pense que paradoxalement
40:35c'est
40:36alors l'opérateur
40:37qui reprend le plus d'activités
40:39c'est Bouygues
40:39c'est plus de 40%
40:41des activités de SFR
40:42mais je pense que c'est
40:42paradoxalement pour Bouygues
40:43que ça va être le plus difficile
40:44on a vu en bourse
40:45en tous les cas
40:46parce qu'ils reprennent
40:47des activités compliquées
40:48des réseaux
40:48il va falloir démonter
40:49des antennes
40:50en refaire
40:50il y aura beaucoup
40:51d'intégrations
40:52d'équipes
40:54on va dire que le mécano
40:55le mécano industriel
40:56va être très lourd
40:57pour Bouygues
40:57même si financièrement
40:58ils vont y gagner
40:59je ne suis pas inquiet
41:00mais quand vous regardez
41:01à côté
41:01Free
41:02ils reprennent
41:0330% des activités
41:04c'est des abonnés
41:05c'est que des abonnés
41:06c'est des abonnés raides
41:08ils vont tout de suite
41:08le basculer sur le réseau
41:09et donc pour Free
41:10ça va être une opération
41:12fabuleuse
41:12et puis moi effectivement
41:13je souligne quand même
41:14le fait que c'est aussi
41:15très avantageux pour Orange
41:16parce qu'Orange
41:17c'est le leader de marché
41:18mais c'était la condition
41:19ce n'est pas un du Lille
41:20il avait dit
41:21absolument
41:21c'était la condition
41:23mais quand vous avez
41:25la consolidation
41:26dans des marchés
41:26on l'a vu en Espagne
41:27où Orange est d'ailleurs
41:29on l'a vu en Grande-Bretagne
41:30on l'a vu en Italie
41:31en général
41:31le leader du marché
41:32l'opérateur historique
41:34Telefonica en Espagne
41:35Telecom Italia en Italie
41:36British Telecom
41:37en Grande-Bretagne
41:38ne participe pas
41:39à l'opération
41:39ce sont les petits opérateurs
41:42les concurrents
41:42qui réalisent la consolidation
41:43or là
41:44l'opérateur historique
41:46va regagner
41:47des parts de marché
41:47c'est quand même inédit
41:49inédit
41:50en même temps
41:50il avait dit
41:51qu'il n'avait pas
41:52assez tendance
41:52sur les entreprises
41:53disons qu'Orange
41:53a bien négocié
41:54on va dire comme ça
41:56Olivier Lelon
41:56pour vous
41:58maintenant vous faites
41:59quoi ?
41:59qu'est-ce qui va se passer ?
42:01qu'est-ce qui va se passer ?
42:02déjà on va attendre
42:03d'avoir un peu plus
42:03de précision
42:04sur cette opération
42:06alors certes
42:07il y a la vente
42:08et ses effets
42:09mais il y a aussi
42:09toute cette période
42:10de flou
42:11qui va durer deux ans
42:12parce qu'il peut se passer
42:13plein de choses en deux ans
42:14qui va durer
42:15oui environ 18 mois
42:16quelque chose comme ça
42:17à partir de maintenant
42:18pendant laquelle
42:19l'entreprise
42:20essaie de faire
42:20et donc les salariés
42:21sont censés travailler
42:23comme s'il ne rien se passait
42:25et maintenir
42:27une activité normale
42:30ce qui va être très compliqué
42:32parce qu'ils vont nécessairement
42:35avoir la tête ailleurs
42:36il n'y a aucun engagement
42:38solide pour les rassurer
42:41il n'y a a priori
42:42aucun accompagnement
42:44dans l'immédiat
42:46pour les motiver
42:48parce que si c'est pour
42:49continuer à bidouiller
42:50comme on le fait
42:51ou tout centime dépensé
42:53à regarder de près
42:54est-ce qu'il y a un guichet
42:56qui va être ouvert
42:57un plan social ?
42:58tout de suite
42:58non
42:59parce qu'Altis
43:00ne paiera pas
43:01pour dégraisser
43:02à la place des acheteurs
43:04ça c'est une certitude
43:06et donc c'est pour ça
43:07que la réserve d'Indien
43:08dont je vous parlais
43:09tout à l'heure
43:09inquiète beaucoup
43:09parce qu'il n'y a vraiment
43:11aucune garantie
43:11au bout d'un an
43:13qu'est-ce qu'on devient
43:13et puis
43:15il y a une petite
43:18étrangeté
43:19dans ce qui est expliqué
43:20c'est
43:20soit on garde son emploi
43:23soit
43:23il sera fait
43:24une proposition d'emploi
43:26partant du principe
43:27que tout le monde
43:27ait basculé
43:28dans la même structure
43:29et donc que l'emploi
43:31n'est pas remis en cause
43:32pendant un an
43:34cette petite étrangeté
43:36ça laisse à penser
43:37que
43:39les opérateurs
43:40qui rachètent SFR
43:41vont chasser
43:42ce qu'on appelle
43:43les talents
43:44maintenant
43:44dans le langage RH
43:46maintenant nous sommes des talents
43:47donc on va aller chasser
43:48les talents
43:48en leur disant
43:49tiens
43:49signes donc le contrat
43:50avec Bouygues
43:52tu vas voir
43:52on te fait
43:53une proposition
43:54vachement plus intéressante
43:55que chez SFR
43:55et donc
43:55c'est comme ça
43:57qu'on le comprend
43:58commencer à exfiltrer
43:59les salariés
44:00qui les intéressent
44:01et puis
44:01laisser
44:03entre guillemets
44:05la plèbe
44:05dans cette structure
44:07et puis
44:08derrière
44:08passer
44:10aux suppressions
44:10donc ça va amoindrir
44:11de manière
44:11le SFR
44:13c'est ce que vous dites
44:14sans plus d'explication
44:15c'est comme ça
44:16qu'on le traduit
44:16alors peut-être
44:17qu'on se rompe
44:17on avait le sentiment
44:18ce matin
44:18en écoutant
44:19les différents dirigeants
44:20des trois opérateurs
44:21que Orange
44:22et Christelle Ellemann
44:23avaient un peu
44:23le lead
44:24entre guillemets
44:24sur ces sujets sociaux
44:26est-ce que
44:26un c'est votre sentiment
44:27est-ce que deux
44:28quand on est salarié
44:29on a plutôt envie
44:30d'aller chez Orange
44:31qui a une image
44:32on va dire
44:32d'enjeu social
44:34ex-service public
44:36plutôt positif
44:37ou est-ce que
44:38finalement
44:40on n'est pas
44:40forcément maltraités
44:41chez Bouygues
44:42et chez Free
44:42on n'est plus
44:43dans les années 2000
44:44où c'était un peu
44:44on va dire
44:46difficile non ?
44:49Est-ce que vous avez demandé
44:50à rencontrer quelqu'un ?
44:51Ah mais oui
44:51on écrit depuis
44:53quasiment un an
44:54mais dans la mesure
44:54où on n'a pas encore rencontré
44:55un seul des dirigeants
44:56qui va nous racheter
44:57c'est un peu difficile
44:57de se faire une idée
44:58sur leur capacité
45:00d'écoute sociale
45:01et de réponse
45:02à nos attentes
45:03ce qui est sûr
45:04c'est que
45:04si ça continue
45:05tel que c'est parti
45:07ils vont retrouver
45:08une entreprise en charpie
45:09parce qu'il faut quand même
45:10donner quelque chose
45:11aux salariés
45:12pour qu'ils mènent à bien
45:13cette période de transition
45:14et laisser SFR
45:17en un état correct
45:18quand ils vont le récupérer
45:19parce que là
45:19c'est pas gagné
45:20vu le moral des troupes
45:22c'est absolument pas gagné
45:23et pour le moral des troupes
45:26aussi
45:26il serait
45:27très avantageux pour eux
45:29de dire
45:30très précisément
45:31ce qu'ils entendent
45:32par protection de l'emploi
45:34parce que si c'est simplement
45:35un an
45:37c'est juste préparer
45:38un plan social
45:40on appelle ça
45:40un plan social
45:41ou un plan de sauvegarde
45:42de l'emploi
45:42mais bon
45:43c'est un plan de suppression
45:43d'emploi
45:44donc si c'est juste un an
45:45ça ne rassure personne
45:46ce matin
45:47tous les salariés
45:48j'en avais plus de 1000
45:50dans la réunion
45:51qu'on a organisée
45:52tous les salariés
45:53se posent la question
45:53de leur devenir
45:55demain
45:55et c'est pas un an
45:56qui les rassure
45:57loin s'en faut
45:58est-ce que dans l'accord
45:59il n'y a pas de
46:01il n'y a pas de
46:02Mathieu Pesuberti
46:02il n'y a pas de
46:04de terme pour dire
46:05il faut que SFR
46:06garde un certain niveau
46:07de rentabilité
46:08parce que
46:09comme dit Olivier Lelon
46:10on le rappelle
46:11que vous êtes délégué
46:11syndical pour la CFDT
46:13peut-être retrouver
46:15une SFR en charpie
46:16parce que les talents
46:17seront partis
46:18parce que ceci cela
46:19il y a un risque quand même
46:21c'était l'un des
46:22quelques sujets
46:24de discussion
46:25très féroce
46:25de ces dernières semaines
46:27les trois acheteurs
46:28encore une fois
46:29Bouygues, Orange et Free
46:30disant à SFR
46:32que pour ce
46:32se prémunir
46:33de l'effondrement
46:34de SFR
46:35et pour l'éviter
46:36il demandait
46:36à ce que SFR
46:37continue d'investir
46:38et il y a un mécanisme
46:40je ne vais pas rentrer
46:40dans la technique
46:40mais de complément de prix
46:42donc aujourd'hui
46:42c'est 20 milliards d'euros
46:43ça pourrait monter
46:44à 21
46:44je schématise un petit peu
46:46si en gros
46:47SFR est toujours
46:48dans une santé
46:50satisfaisante
46:51d'ici un an
46:53donc effectivement
46:54pour le coup
46:54c'est une grosse inquiétude
46:55des trois acteurs
46:56de ne pas récupérer
46:57un opérateur
46:58dans un an et demi
46:58ou deux ans
46:59qui aura perdu
47:0020% d'abonnés
47:01et il y a aussi un enjeu
47:02du coup pour Patrick Drahi
47:03de continuer
47:04à
47:05d'éviter
47:06de perdre
47:07des abonnés
47:07pendant cette période
47:08de transition
47:08parce que sinon
47:09lui-même
47:09perdra de l'argent
47:12merci Olivier Lelon
47:13d'avoir été avec nous
47:14délégué syndicat
47:15CFDT de SFR
47:17on comprend vos inquiétudes
47:18en tous les cas
47:19tenez-nous au courant
47:20on en saura un peu plus
47:21parce que là
47:22le deal vient de se faire
47:23donc il faut qu'on rentre
47:24dans les détails
47:25vous-même vous disiez
47:26que vous étiez en train
47:26de lire des communiqués
47:27de presse
47:28enfin j'imagine
47:29que vous en sachiez
47:29quand même un petit peu
47:30plus que nous
47:30merci Mathieu
47:31merci qui suit ça
47:33pour BFM Business
47:34voilà c'est la fin
47:35du 18-19
47:36on se retrouve bien sûr
47:37demain
47:37tout de suite
47:38Stéphanie Collot
47:39pour son journal de l'écho
47:40bonne soirée
47:42le 18-19
47:44d'Edwish Chevrillon
47:45sur BFM Business
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