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Le chiffre d’affaires moyen des start-up cleantech françaises devrait atteindre 1,97 million d’euros en 2026, contre 1,04 million en 2024, selon le baromètre Cleantech Open France 2026. Une dynamique positive qui reste à relativiser, car les financements restent compliqués. SAO Textile, produit du textile made in France à partir de filets de pêche. Elle est un exemple de cleantech qui a créé une filière.
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00:05C'est le débat de ce Smart Impact, on dévoile les résultats du baromètre Clean Tech Open France avec Thomas
00:11Bruneau, bonjour.
00:12Bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes le délégué général de Clean Tech Open France et Marine Olacia, bonjour.
00:17Bonjour.
00:17Bienvenue, vous êtes la fondatrice de SAO Textile, publié fin mai ce baromètre.
00:24Déjà, de quoi on parle ? C'est quoi une Clean Tech française ?
00:28Oui, ça va dépendre des définitions qu'on peut trouver. Globalement, on va rester sur les Clean Tech, Green Tech,
00:34Eco, Solutions, on va dire que c'est la même chose.
00:36Ce sont des entrepreneurs qui développent des solutions pour l'environnement, autant au niveau carbone que biodiversité.
00:42Donc c'est de la technologie propre, si je parle en bon français. C'est quoi le profil type justement
00:49d'une startup de ce secteur ?
00:51Alors le baromètre, on l'a fait justement sur notre écosystème Clean Tech Open France, juste peut-être en un
00:55point, on existe depuis 2010.
00:56On va avoir vraiment tout type de maturité d'entreprise dans notre écosystème, des plus jeunes à mettre notre concours
01:02annuel, jusqu'à du Blablacar, par exemple, qui est passé par chez nous en 2010.
01:06Elle touche vraiment toutes les filières industrielles et économiques, que ce soit sur la préservation de l'environnement, que ce
01:12soit sur la biodiversité, en passant par le bâtiment, la construction, les énergies renouvelables, la chimie ou autre.
01:19Tous mes invités sur Smart Impact.
01:22Exactement. On pourrait faire de nombreuses choses.
01:25C'est pas un hasard si vous êtes là. Et donc, SAO Textile, ravi de vous rencontrer. Vous avez créé
01:29en 2023. C'est quoi SAO Textile ?
01:32SAO, c'est une entreprise en mission qui collecte et transforme des filets de pêche en fin de vie en
01:36fibres de polyamide recyclé pour l'industrie de la mode et du textile.
01:39Ok. Donc, l'idée de départ, comment elle vous vient ? Moi, je suis toujours fascinée par ça.
01:43L'idée de départ, c'est que moi, j'ai travaillé pendant 15 ans dans la mode. C'était mon
01:46rêve d'enfant. Et lors de mon premier voyage au Bangladesh, je me suis dit que je ne pouvais plus
01:49fermer les yeux sur cette façon de créer, de produire la mode.
01:52Donc, je me suis engagée pour une association environnementale pour la préservation des mers et des océans. Et c'est
01:57comme ça que j'ai voulu créer du lien entre l'impact environnemental et mon métier de cœur.
02:01Alors, si on regarde un peu ce baromètre, j'ai juste regardé le chiffre d'affaires moyen qui est en
02:07train de progresser année après année.
02:092024, on a un chiffre d'affaires moyen autour du million d'euros, 1,440 000 euros. 2025, 1,120
02:18000 euros. Et prévision pour cette année, presque 2 millions.
02:21Donc, on est quoi ? On est dans une accélération un peu constante, une accélération de l'accélération ? Qu
02:26'est-ce qu'on peut en dire ?
02:27Oui, alors, on va dire que le secteur de la cleantech reste quand même, se porte bien, malgré le contexte
02:31qu'on peut connaître au niveau géopolitique, économique,
02:33et avec quand même beaucoup de défis sur le financement. Pour dire un petit peu plus sur le chiffre d
02:39'affaires, donc oui, il est en augmentation par rapport aux années précédentes,
02:42mais avec un point d'intention, puisque l'année dernière, il n'y avait que 6% des entreprises qui
02:48voulaient dépasser ce chiffre d'affaires,
02:50et aujourd'hui, il y en a quand même 18% qui n'ont pas encore de chiffre d'affaires
02:53cette année.
02:54Et à voir aussi qu'il y a à peu près 50% des cleantech qui ont un chiffre d
02:59'affaires inférieur à 250 000 euros,
03:01et que 3% qui ont un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros.
03:04Donc, ça reste quand même à relativiser.
03:08Avec des levées de fonds qui sont plus difficiles en ce moment ?
03:10Alors oui, les levées de fonds chez les startups, c'est vraiment une partie inhérente de leur activité,
03:14mais c'est vrai que le contexte se resserre de plus en plus,
03:17et donc elles ont vraiment un besoin de financement, que ce soit dilutif ou non dilutif, auprès de l'ensemble
03:21des acteurs financiers.
03:23Et il y a beaucoup d'entreprises l'année dernière qui, justement, sont parties en cessation, en liquidation,
03:29parce qu'elles n'ont pas trouvé leur marché, elles n'ont pas réussi à trouver des financements.
03:33Donc, un peu plus que les années précédentes, mais le secteur de la cleantech reste en stagnation
03:38par rapport à d'autres filières plus anciennes, là où c'est un peu plus compliqué.
03:43Et alors, où en êtes-vous, Marie-Nalacia, pour Sao Textile ?
03:46Donc, on est 3 ans à peu près après la création de l'entreprise.
03:49Vous avez votre marché, vous avez vos clients, vous en êtes où ?
03:51Alors, nous, on a mis 3 ans de R&D. Aujourd'hui, il n'existe aucune filière en France de
03:55collecte et de valorisation de ce déchet.
03:56Donc, il a fallu un peu structurer ça.
03:593 ans de R&D, donc on a validé notre POC industriel à la fin de l'année 2025.
04:03Et là, justement, on est en train de chercher notre marché.
04:06On est en relation tous les jours avec des clients, qu'ils soient industriels ou modes ou sports.
04:11Et cette année, le but, c'est de transformer l'essai, donc de passer, on va dire, de l'essai
04:15technique à l'entrée au marché.
04:17Donc, la preuve de conseil a été faite. Est-ce que quand vous lancez Sao Textile, vous nous disiez tout
04:23à l'heure, vous connaissez ce secteur, vous y avez travaillé,
04:26vous savez qu'il y a une demande de la part de l'industrie de la mode, du vêtement, pour
04:31justement des fibres liées à l'économie circulaire, en toute sorte ?
04:36Tout à fait, parce qu'en fait, aujourd'hui, avec la loi AGEC, on nous impose d'avoir une traçabilité
04:40sur toute notre chaîne de valeur et d'avoir des matières recyclées dans le développement de nos collections.
04:45Donc, il y a une demande du marché, il y a une demande aussi des réglementations.
04:48Donc, la place est à prendre, mais il faut rentrer dans le marché parce que ce qui nous différencie de
04:53nos concurrents, c'est que toute notre chaîne de valeur et toute notre production est faite en France.
04:57Vraiment, chez Sao, on prend de la souveraineté et on prend de la relocalisation.
05:01Avec, oui, et avec une difficulté, ce que vous disiez, c'est que vous avez créé la filière en quelque
05:06sorte, c'est-à-dire que qu'est-ce qui devenait les filets de pêche usagés ?
05:09Malheureusement, aujourd'hui, les filets, ils sont envoyés en déchetterie ou en incinération. Il n'y a pas de valorisation
05:13concrète ou circulaire.
05:15Donc, le but, c'était d'aller discuter avec les pêcheurs, les ports et essayer de trouver une solution ensemble.
05:20C'est souvent le cas des créateurs d'entreprises technologie propre de CleanTech, c'est-à-dire qu'ils doivent
05:26quasiment, il y a le côté Shiva qu'on voit chez beaucoup d'entrepreneurs,
05:30mais ils doivent aussi créer des filières, souvent, parce qu'ils sont à ce point innovants ?
05:34Oui, alors, ça peut être le cas. Et justement, cette innovation est disruptive, notamment dans les CleanTech.
05:40On le voit beaucoup, pour prendre une expression d'une de nos start-up avec qui j'ai échangé dernièrement,
05:45quand on parle de réglementation ou de dossier administratif, ils doivent cocher des cases carrées avec des ronds.
05:52Et donc, il faut vraiment accompagner les entrepreneurs, les dirigeants et les dirigeantes à impact.
05:59Ils ne rentrent pas dans les cases de l'administration, on va dire ça comme ça.
06:02Exactement, et encore plus dans ces innovations disruptives.
06:05Effectivement. Est-ce que le marché français, ou, allez, on va aller dire, européen,
06:10est quand même plus mature pour accueillir ces start-up de la CleanTech que d'autres ?
06:14Ou alors, au contraire, il est moins mature ?
06:16Par rapport à l'international ?
06:17Oui.
06:17Alors, c'est vrai qu'il y a vraiment des enjeux de souveraineté en France et à l'Europe,
06:21face à la Chine ou aux États-Unis, qui mettent des moyens colossaux dans ces innovations.
06:27Je pense qu'on a quand même, en France et à l'Europe en termes général,
06:32beaucoup d'innovations et beaucoup d'acteurs qui peuvent accompagner ces start-up.
06:36Aujourd'hui, il faut, et par rapport au contexte qu'on peut voir,
06:40je pense essayer de simplifier cet aspect réglementation
06:43pour justement ne pas mettre sous l'eau les entrepreneurs
06:47et puis avoir un peu plus de financement comparé aux États-Unis ou en Chine
06:51où là, il y a un peu moins de problèmes,
06:53pour éviter justement que ces solutions partent à l'international
06:56et les garder sur le territoire.
06:58Vous avez un peu de mal à faire rentrer des carrés dans des ronds aussi ?
07:00Oui, surtout que nous, on fait de l'économie circulaire,
07:03mais on est en boucle ouverte.
07:04C'est-à-dire qu'on va dans un déchet marin et on va vers l'industrie textile.
07:07Donc, c'est vrai que nous, on est plutôt ronds, carrés.
07:11Avec quel défi à relever ?
07:12Qu'est-ce qu'ils vous demandent ?
07:14Même si on a bien compris que vous êtes dans la phase de finalisation avec les clients,
07:20mais qu'est-ce qu'ils vous demandent ?
07:21Ils vous demandent quels critères il faut remplir, en fait ?
07:25Alors, ils sont hyper sensibles à l'engagement de Sao,
07:29donc à l'impact marin, etc.
07:30Oui, ils vont améliorer leur propre bilan environnemental, très bien.
07:33Il y a ça, la souveraineté, donc créer de l'emploi sur le territoire, etc.
07:36L'enjeu majeur, c'est le prix.
07:37Ça reste le prix parce qu'en gros, on veut du recycler,
07:40mais on veut être aligné au prix du marché asiatique.
07:43Ce qu'aujourd'hui n'est pas trop possible puisqu'on crée une filière de A à Z
07:46et on a les coûts qui sont complètement différents.
07:48Donc, on pourra optimiser.
07:49Le but, c'est d'être vraiment compétitif,
07:52mais ce n'est pas de fermer la porte au marché français.
07:54Oui, effectivement.
07:55On parlait de levée de fonds tout à l'heure.
07:57Vous en avez déjà réalisé ?
07:58Vous en préparez une nouvelle ?
08:00Vous en êtes où ?
08:00Oui, on a eu la chance d'avoir un business angel
08:02qui nous a accompagnés dès le départ de la création.
08:04Et aujourd'hui, on est en pleine levée justement pour lancer notre modèle,
08:08notre industrie et la production.
08:10Donc, on est en pleine levée, oui.
08:11C'est difficile ?
08:12Ce n'est pas simple.
08:14C'est challengeant, on va dire.
08:15Oui, mais ça, c'est pas...
08:16Bon, voilà, c'est vrai que la période est particulière.
08:19Est-ce que ce bâclage dont on parle souvent ici,
08:23qui est vrai aux Etats-Unis, qui est vrai en Europe aussi,
08:25il y a une remise en cause par certains politiques,
08:28mais certaines entreprises aussi des enjeux environnementaux,
08:30vous, vous le ressentez ?
08:31Oui, alors, on le voit, c'est un chiffre justement
08:33qu'on a mis en exergue dans le baromètre,
08:35où 71% des startups se disent impactées par ce contexte politique.
08:42Donc, c'est vraiment une inquiétude.
08:44Nous, on reste quand même optimistes
08:45et les entrepreneurs à impact le sont également,
08:48mais c'est vrai que c'est un frein.
08:49Pour revenir sur les financements,
08:5180% des startups ont besoin de financements
08:53et 71% ont besoin de lever d'ici la fin d'année.
08:56Donc, il y a vraiment un enjeu aujourd'hui
08:57et je pense qu'on pourra le voir aussi sur 2027
09:00par rapport aux présidentielles.
09:02Je pense que l'écosystème d'innovation sera attentif
09:04aux propositions qu'il pourrait y avoir.
09:06Il y a beaucoup de fonds européens à aller chercher
09:08pour les entreprises.
09:10Oui, et ça justement, aujourd'hui encore,
09:14je pense que de par ces complexités réglementaires
09:17et puis de beaucoup de projets qui existent,
09:20les startups peuvent encore aller chercher
09:23de ces fonds au niveau européen.
09:25Si je me rappelle bien,
09:27dans la structure de capital des CleanTech,
09:28il n'y a que 4% des startups
09:30qui bénéficient de ces fonds européens.
09:33Quand vous créez l'entreprise,
09:34vous imaginez cette masse de défis,
09:39de difficultés, d'enjeux réglementaires
09:43ou pas forcément ?
09:44Non, quand je me lance,
09:46j'ai une conviction de faire autrement,
09:47de montrer qu'il y a un autre modèle qui est possible,
09:49que techniquement, on peut le faire en France,
09:51mais je ne m'attendais pas à autant d'enjeux, on va dire.
09:55Ces enjeux européens, c'est-à-dire, par exemple,
09:57on vous a informé, vous avez les sources d'informations
10:00pour savoir qu'il y a peut-être de l'argent
10:02à aller chercher auprès de tel organisme en France
10:05ou auprès de tel organisme européen ?
10:07Oui, oui.
10:07Ça peut manquer à un créateur.
10:09On est très bien accompagnés, justement,
10:11en faisant partie des écosystèmes comme avec CleanTech.
10:13Ça nous permet d'avancer un peu plus en sécurité,
10:16d'aller chercher les bons fonds au bon moment.
10:18Et ça, ça peut être le manque d'informations.
10:20On va terminer là-dessus.
10:21Ça peut être un frein exprimé par les créateurs de ces entreprises ?
10:25Oui, et c'est pour ça, justement, qu'on fait le lien avec les startups.
10:28Nous, notre but, c'est vraiment de faire une veille
10:30sur l'ensemble de l'écosystème pour les accélérer.
10:32On travaille avec le ministère, avec les points de contact nationaux
10:34pour les programmes Life Horizon Europe
10:36et leur pousser les solutions.
10:38On travaille aussi avec d'autres acteurs
10:39qui aident aux aides et financements régionaux, nationaux, européens.
10:43Et c'est pour ça que les écosystèmes comme CleanTech Open France,
10:46mais aussi comme tous les autres écosystèmes avec qui on travaille,
10:48à la French Tech, BPI France, les coques verts,
10:50parce que je crois que, Marine, tu fais partie aussi des coques verts,
10:52il y a vraiment ce besoin d'accompagnement auprès des startups.
10:55Merci beaucoup à tous les deux.
10:58Merci.
10:58Et bon vent à Sao Textile.
11:00Merci beaucoup.
11:00On vous souhaite le meilleur.
11:01On passe au grand entretien de ce Smart Impact
11:04avec Alain Di Crescenzo, le président de CCI France.
11:07C'est awesome.
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