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  • il y a 6 heures
Ce jeudi 21 mai, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé la dégradation des indicateurs PMI en mai dans la zone euro, et l'arrivée mouvementé de Kevin Warsh à la tête de la Fed avec les tensions sur les taux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Ici en Europe, c'est gar brillant.
00:06La Commission européenne abaisse sa prévision de croissance pour cette année en France
00:09et on a des indicateurs PMI qui font vraiment la tête.
00:12Grise mine au mois de mai, Gilles Mouin qui est avec nous, chef économiste du groupe AXA.
00:15Bonjour Gilles.
00:16Les PMI du mois de mai en zone euro continuent de se dégrader.
00:20Les PMI des services tombent à 46,4.
00:23On est vraiment en profond contraction sur les services désormais.
00:27On est vraiment très loin, très bas.
00:29En France en tout cas, on est sur des niveaux qui sont en fait inférieurs à 43
00:34et qui sont malheureusement des niveaux que l'on commence à voir
00:38dans les situations très récessives ou de récession.
00:41Et c'est ça vraiment la mauvaise nouvelle.
00:43C'est-à-dire qu'on a eu un chiffre, une estimation du PIB au premier trimestre
00:48qui est déjà un peu inquiétante avec une stagnation qui n'était pas attendue.
00:52À la fois l'INSEE et la Banque de France attendaient à une légère croissance.
00:56On s'attendait à ce que le deuxième trimestre soit difficile.
01:00Mais là, avec le PMI qui est sorti,
01:04on a vraiment l'image d'une économie qui ralentit.
01:06Et c'est le côté extrêmement brusque en fait de la contraction du mois de mai
01:11qui pose problème parce qu'elle est plus accusée que dans la moyenne de la zone euro.
01:17Alors que normalement, la France est plutôt mieux protégée que d'autres pays
01:21dans le cas de brusques externes parce qu'elle est davantage dépendante de la demande intérieure.
01:27Donc c'est effectivement un signal assez inquiétant.
01:29Et quand on regarde le détail de ce qui se passe, à la fois en France et dans la zone
01:34euro,
01:34on s'aperçoit qu'une des entreprises qui ont maintenant,
01:37qui révèlent des vraies difficultés du côté de leur marge
01:41avec une augmentation forte du coût des inputs.
01:44Ça, c'est un effet habituel de l'augmentation des coûts d'énergie
01:48et du coût de beaucoup de produits industriels maintenant
01:51qu'on s'installe un peu dans le choc inflationniste.
01:54Donc oui, il n'y a pas grand-chose à sauver dans cette livraison du PMI.
01:57Et pourquoi le PMI service souffre-t-il aussi bien en France qu'en zone euro au global ?
02:03Souffre-t-il davantage que le PMI manufacturier ?
02:04Parce que là, les blocages, les difficultés d'approvisionnement liées à Hormuz,
02:07c'est des biens physiques, c'est de l'énergie.
02:09Pourquoi les services se dégradent-ils plus vite que l'industrie ?
02:13On peut avoir potentiellement un effet d'anticipation de la part de beaucoup d'entreprises
02:22parce qu'on va aller vers des marges plus comprimées du fait du choc sur les coûts énergétiques.
02:30Et comme souvent lorsqu'il y a compression des marges
02:33ou lorsqu'on s'attend à une compression des marges,
02:35vous avez tout un tas d'activités qui vont être immédiatement impactées
02:39quand les grandes entreprises ou même les petites entreprises vont revoir leur budget,
02:43vont revoir leur décision de dépense pour l'année 2026,
02:47il y a beaucoup d'activités de services qui vont souffrir dans ces cas-là.
02:51Donc je pense qu'il y a cet effet-là.
02:52Et puis il y a le deuxième effet qui est que le secteur des services
02:55est souvent plutôt dépendant de la consommation des ménages.
02:58On a des ménages qui aujourd'hui sont confrontés à un choc de pouvoir d'achat
03:03qui est maintenant de plus en plus avéré et qui en plus fait face à une dégradation du marché de
03:09l'emploi.
03:09Parce que c'était ça aussi la mauvaise nouvelle de ces dernières semaines concernant la France.
03:13C'est ce taux de chômage qui est repassé au-dessus d'un niveau de 8%.
03:17Donc si vous êtes tapé des deux côtés entre guillemets dans la demande inter-entreprise
03:23par l'anticipation de la compression des marges
03:25et sur la demande finale des ménages, une compression du pouvoir d'achat
03:29et un effet d'aptitude autour du marché de l'emploi,
03:32vous pouvez avoir cette dégradation quand même très forte, très brusque encore une fois
03:35de la confiance du secteur des services.
03:38On a un nouveau capitaine à la barre, à la Fed, c'est Kevin Warch
03:42qui va prendre donc officiellement ses fonctions sous peu.
03:45On voit qu'on est dans un contexte de taux très très tendu.
03:49Il arrive avec un cadeau pas forcément très très agréable.
03:54Cela dit, est-ce que lui-même, est-ce que Kevin Warch
03:56et le mal qu'on a à se faire de l'idée du bonhomme
04:00n'est pas un facteur aggravant pour la tendance sur les taux en ce moment, Gilles ?
04:05C'est peut-être le cas parce que ce qui distingue vraiment Kevin Warch
04:11de ses compétiteurs dans la course à la Fed,
04:15c'était cette focalisation absolue sur le bilan de la Fed,
04:20la taille du bilan de la Fed.
04:21Il a redit lors de ses entretiens de confirmation au Sénat,
04:25il s'est déclaré favorable par exemple à ce que la Fed
04:29remplace le portefeuille qu'elle détient sur la partie longue de la courbe
04:34vers la partie la plus courte.
04:36Et ça, le signal que ça donne simplement au marché,
04:39c'est de ne pas s'attendre du tout à le moindre support de la Fed
04:45sur les taux intérêts à long terme, sur les taux intérêts à 10 ans,
04:48sur les taux intérêts à 30 ans.
04:49Donc cette focalisation sur le bilan de la Fed
04:52vient vraiment à un très mauvais moment.
04:54Moi j'ai toujours pensé que c'était quand même une des limites fortes
04:57du programme de Kevin Warch,
04:59qui en gros, si on résume très vite,
05:02était prêt à dire, je suis davantage favorable
05:06à des baisses de taux directeurs.
05:08En revanche, en même temps, je suis prêt à réduire de manière très forte
05:13la taille du bilan de la Fed.
05:14C'est plutôt l'inverse dont on a besoin aujourd'hui.
05:16Je pense que le marché vivrait mieux, entre parenthèses,
05:19avec une Fed qui dit, oui, écoutez,
05:23une augmentation de taux directeurs est tout à fait possible,
05:25tout à fait plausible, compte tenu du retour de l'inflation.
05:27Mais observant ce qui se passe sur les taux longs,
05:32on s'attendrait à leur part à une très grande prudence
05:34sur la politique du bilan.
05:36Et c'est l'inverse que Kevin Warch nous dit.
05:39Alors, il est très possible qu'une grande partie
05:41des propositions de Warch pendant sa campagne électorale,
05:44entre guillemets, n'était que cela,
05:46c'était un des propos de campagne,
05:47et qu'on verra comment il mettra effectivement en œuvre
05:50sa politique une fois qu'il est installé à la Fed.
05:54Et c'est vrai qu'il y a quand même ce point d'interrogation
05:56qui me paraît majeur sur le programme de Warch.
05:58Merci beaucoup, Gilles, de nous avoir accompagnés.
06:00Gilles Moec, le chef économiste du groupe AXA.
06:02Bonne fin de journée, Gilles, à Londres,
06:03d'où vous nous accompagnez régulièrement.
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