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  • il y a 5 heures
Mercredi 10 juin 2026, retrouvez Camille Beudin (Chief Diversification Officer, Member of the Executive Committee, Euronext) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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Transcription
00:04Et nous enchaînons à présent avec Enjeu Patrimoine, un enjeu patrimoine où nous allons revenir sur les performances d'Euronext
00:10en 2025,
00:11mais aussi sur les possibilités de diversification pour les investisseurs via notamment l'opérateur Euronext.
00:17Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau de Smart Patrimoine Camille Bedin. Bonjour Camille.
00:22Bonjour Nicolas.
00:23Merci d'être avec nous. Je vous propose de commencer tout de suite par ces résultats très positifs d'Euronext
00:28au premier trimestre 2026,
00:30avec notamment une progression des activités de trading portées par la volatilité.
00:36Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire que les inquiétudes sur les marchés
00:39n'ont finalement pas empêché les opérateurs de réaliser des opérations ?
00:44Oui absolument, vous avez raison de le souligner. Nos résultats du premier trimestre qui ont été publiés il y a
00:48quelques semaines sont en forte hausse.
00:50Notre chiffre d'affaires progresse de plus de 15%. C'est par ailleurs le huitième trimestre consécutif de croissance à
00:56deux chiffres pour le groupe.
00:58Et donc effectivement, ce trimestre a été porté à la fois par la volatilité qu'on a vue sur les
01:03marchés financiers,
01:04et notamment qui ont entraîné des augmentations significatives des volumes sur les marchés actions,
01:09mais aussi par la stratégie de diversification du groupe qu'on a menée maintenant depuis une dizaine d'années.
01:15On a livré des projets industriels majeurs pendant le trimestre, notamment on s'est lancé sur le marché des dérivés
01:22d'électricité,
01:22on pourrait y revenir. Et puis par ailleurs, c'est un trimestre dans lequel on a intégré de nouvelles sociétés
01:27au sein du groupe Euronex,
01:29puisqu'on a racheté en fin d'année dernière la bourse d'Athènes, qui est une bourse qui est très
01:33dynamique et qui a porté les résultats sur le trimestre.
01:36Donc on voit effectivement cette progression des opérations, si on va sur les dérivés d'électricité,
01:42alors c'est un sujet quand même qui est commenté souvent d'un côté, d'un point de vue européen,
01:47ce besoin d'électrification,
01:50de l'autre des investissements massifs dans les infrastructures.
01:52Quand on lance des produits dérivés d'électricité, ça consiste en quoi concrètement et pour quel type d'investisseurs ?
01:59Alors ça consiste en quoi ? Ça consiste à offrir la possibilité aux énergéticiens de couvrir leur vente d'électricité
02:07sur les prochaines années,
02:08et aux industriels de fixer le prix de l'électricité pour les prochaines années.
02:12Donc c'est un instrument important dans un monde où il y a de la volatilité très importante sur les
02:17prix de l'énergie,
02:18puisque ça permet aux industriels et aux sociétés qui produisent de l'électricité d'en fixer le prix plusieurs années
02:25à l'avance.
02:25Qui investit concrètement sur ces produits dérivés aujourd'hui ?
02:29Qui les achète pour permettre à ces industriels de fixer ces prix à l'avance ?
02:34Alors ce sont à la fois les énergéticiens qui ont de la production d'électricité à vendre
02:38et qui ont une visibilité sur leur production dans les années à venir,
02:42et puis à la fois des sociétés industrielles qui ont des besoins d'électricité pour faire fonctionner leurs usines,
02:47pour faire fonctionner leurs industries, et donc qui utilisent ces marchés pour couvrir leurs besoins à terme.
02:54Est-ce qu'un investisseur particulier, même accompagné par des professionnels,
02:58peut s'intéresser à ce marché-là, ou ça reste vraiment un marché de secteur de l'énergie ?
03:03Non, ça reste un marché de secteur de l'énergie, et on va avoir des besoins, vous l'avez rappelé,
03:08qui sont croissants avec l'électrification des usages dans les prochaines années.
03:12On voit également que l'intelligence artificielle repose essentiellement sur la production d'énergie,
03:17et donc c'est pour ça qu'on a souhaité chez Euronext offrir cette possibilité aux industriels et aux énergéticiens
03:24de pouvoir couvrir leur production à terme sur les marchés de l'électricité,
03:27qui est un enjeu de souveraineté majeure pour les Européens,
03:31et qui est un enjeu de compétitivité aussi pour l'Europe,
03:34vis-à-vis des États-Unis notamment, ou de la Chine,
03:37où les coûts de l'électricité, les coûts de l'énergie sont plus faibles que ceux qui sont actuellement en
03:42Europe.
03:42Et il leur manquait cet outil pour justement avoir un peu plus de prévisibilité sur les prix de l'énergie
03:47et de pouvoir mieux piloter une stratégie ?
03:49Oui, en tout cas, si vous voulez, ce qu'on propose, c'est un marché qui est liquide,
03:53avec à la fois des acteurs industriels, comme je le rappelais,
03:55et puis à la fois des acteurs financiers qui viennent apporter de la liquidité
03:59à ces acteurs industriels et à ces énergéticiens dans la durée.
04:02Si on regarde d'un point de vue diversification des investissements,
04:06on le sait peut-être un petit peu moins, mais sur Euronext,
04:08il est possible d'échanger des devises ou des métaux précieux également,
04:11qui sont quand même deux sujets assez majeurs en matière d'investissement aujourd'hui.
04:15Oui, absolument.
04:17Donc, vous l'avez rappelé, on peut échanger à la fois des devises
04:20et des métaux précieux sur les marchés du groupe.
04:23C'est un secteur sur lequel on s'est développé depuis presque une dizaine d'années maintenant,
04:27en rachetant un acteur mondial qui est présent à la fois aux États-Unis, en Europe et en Asie,
04:33et qui permet à des acteurs institutionnels de pouvoir échanger des devises,
04:38de l'euro contre du yén, du dollar. On a près de 130 paires de devises qui sont proposées sur
04:45nos plateformes,
04:45et environ 30 milliards de dollars s'échangent par jour sur les marchés Euronext pour la partie devise.
04:51D'accord. Et on a vu cette activité progresser au premier trimestre 2026 également ?
04:57Oui, effectivement. Le marché d'échange, il a été aussi porté par la volatilité,
05:01parce qu'il y a beaucoup de nouvelles à arbitrer pour les investisseurs institutionnels.
05:05Il y a de l'activité à la fois au niveau des banques centrales.
05:08On voit qu'il y a une tendance au changement et à une montée progressive des taux d'intérêt.
05:15Et donc ça, c'est de nature à créer de la volatilité sur les marchés d'échange.
05:21Et donc effectivement, ça se reflète dans les volumes qu'on voit sur nos marchés.
05:25Métaux précieux également ?
05:26Oui, sur les métaux précieux, on a vu effectivement des mouvements de volatilité importants,
05:31notamment sur l'or.
05:33Alors ça, c'était un peu plus tôt dans l'année ?
05:35C'était un peu plus tôt dans l'année, effectivement, janvier-février.
05:37Mais aujourd'hui, c'est un secteur sur lequel on investit beaucoup, les métaux précieux.
05:43C'est un secteur sur lequel on conquiert de nouveaux clients.
05:47Et donc, on va continuer à poursuivre cette stratégie de diversification,
05:51à la fois sur les marchés d'électricité, on en a parlé,
05:55sur le marché d'échange, sur le marché des métaux précieux.
05:58Et puis, par ailleurs, sur d'autres pans de la chaîne de valeur,
06:02puisque un des enjeux pour nous, c'est de contrôler l'ensemble de la chaîne de valeur,
06:06de la cotation à la négociation, à la compensation, à la conservation des titres.
06:10Et donc, ces dernières années, on a développé une offre complète
06:14qui nous permet maintenant de proposer aussi des services de conservation de titres
06:19dans de nombreux pays européens,
06:20et de poursuivre aussi l'expansion géographique du groupe,
06:23qui est un des enjeux majeurs pour nous.
06:25Euronex, c'est maintenant un groupe intégré.
06:27On gère des bourses dans huit pays en Europe.
06:30Donc, c'est les bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin, Oslo, Milan,
06:35et puis depuis peu, Athènes.
06:37Et on gère aussi les dépositaires centraux maintenant dans cinq pays européens,
06:41le Portugal, la Norvège, le Danemark, l'Italie et la Grèce.
06:47Et alors, du coup, l'ambition, c'est de progresser toujours sur le sol européen
06:50dans cette même stratégie sur les prochaines années, si je comprends bien ?
06:54Oui, absolument. On pense qu'il y a encore beaucoup de choses à faire pour nous en Europe,
06:57à la fois via cette stratégie de diversification géographique.
07:01J'en parlais avec des acquisitions de bourses majeures ces dix dernières années.
07:05Et donc, peut-être d'autres à venir dans les prochaines années ?
07:08Ou c'est encore trop tôt pour en parler ?
07:09Non, Euronex, c'est un projet qui est ouvert.
07:12Et donc, nous, on est prêts à avoir des discussions avec tous les acteurs
07:15qui sont aujourd'hui des bourses indépendantes.
07:17On pense que l'avenir de l'Europe, c'est probablement d'avoir moins de bourses
07:22et des bourses qui ont une taille critique au niveau mondial.
07:26Et donc, ça, c'est un enjeu important dans les prochaines années
07:30pour continuer à défragmenter les marchés,
07:32puisque vous avez aux États-Unis des marchés de capitaux qui sont plus liquides.
07:37Pourquoi ils sont plus liquides ?
07:38Parce qu'il y a moins d'acteurs et parce qu'il y a une plus forte concentration.
07:41Et ça, c'est un élément essentiel de la compétitivité de l'Europe.
07:45Et donc, c'est ce à quoi on s'emploie chaque jour chez Euronex,
07:49de pouvoir défragmenter les marchés européens.
07:52C'est une barrière importante pour la libre circulation des capitaux en Europe.
07:57Et c'est un sujet majeur pour la souveraineté européenne.
08:00Alors, pour ça, il faut aussi une volonté politique.
08:01On parlait avant de l'union des marchés de capitaux.
08:03Maintenant, on parle de l'union de l'épargne et de l'investissement.
08:06Est-ce que ça peut être une opportunité pour Euronex ?
08:09Mais est-ce que ça peut voir le jour, surtout,
08:10peut se demander un certain nombre d'acteurs financiers en France aujourd'hui ?
08:13Oui, bien sûr, c'est une opportunité pour un groupe comme Euronex.
08:16Pourquoi ? Parce que quel est le constat ?
08:17Le constat, c'est qu'on a en Europe un continent
08:21où on a un volume d'épargne qui est exceptionnel.
08:24On a, en fait, le continent qui génère et produit le plus d'épargne au monde,
08:31rapporté au nombre d'habitants et à la richesse.
08:33Mais très morcelé, du coup.
08:34Alors, il est morcelé, c'est vrai,
08:36mais c'est un outil important pour pouvoir financer l'innovation dans le continent.
08:43Et donc, tout ce qu'il y a devant nous,
08:47ça consiste à essayer de rediriger cette épargne collective importante,
08:51qui est aujourd'hui principalement investie,
08:54soit en produits à taux fixes pour financer la dette des États,
08:57soit en actions américaines,
08:58vers le financement de la croissance et de l'innovation en Europe.
09:02Et donc, c'est ça l'enjeu de l'union de l'épargne et de l'investissement.
09:06Et ça, c'est un enjeu majeur pour Euronext,
09:09pour pouvoir attirer des capitaux sur les sociétés qui en ont besoin
09:12et les financer à chaque étape de développement de ces sociétés.
09:16Est-ce que ça pourrait venir apporter une solution ou une réponse
09:20à un nombre d'IPO, j'ai envie de dire, presque proche de zéro,
09:26sur les derniers mois,
09:27en comparaison de ce qu'on peut voir aux États-Unis ?
09:29Ou est-ce que ça pourrait redonner envie aux entreprises
09:33d'aller s'introduire en bourse pour aller lever des capitaux ?
09:35Alors, je vais vous challenger un peu.
09:36Le nombre d'IPO n'est pas proche de zéro.
09:38On a eu plus d'une vingtaine d'opérations en Europe sur les marchés Euronext.
09:42Euronext est un groupe qui maintenant attire des introductions en bourse
09:45de sociétés qui viennent au-delà de nos frontières.
09:48On a accueilli sur les marchés du groupe,
09:51récemment, une très belle société dans la défense,
09:53CSG pour plusieurs dizaines de milliards d'euros de capitalisation boursière.
09:57On a quand même beaucoup moins qu'avant des IPO sur les marchés financiers aujourd'hui.
10:01Alors, tout dépend de à quelle période vous comparez,
10:04mais la réalité, c'est qu'il y a des IPO en Europe.
10:07OK.
10:08En France, on est confiant dans le pipeline d'IPO, comme on dit,
10:12puisqu'on a de belles sociétés qui ont annoncé des opérations d'introduction en bourse.
10:16Je pense notamment dans le secteur de la défense à KNDS,
10:19qui va s'introduire en bourse dans les prochaines semaines,
10:22ou à l'acteur du quantum computing, Pascal.
10:26Donc, on a de belles sociétés en France qui vont venir se coter sur les marchés Euronext.
10:30Donc, finalement, ça reste une activité qui continue à fonctionner ?
10:36Les marchés européens sont liquides.
10:39On s'y emploie chaque jour à les rendre de plus en plus liquides
10:42et d'avoir ce bassin de liquidité, ce bassin d'investisseurs,
10:46cette taille critique au niveau européen
10:48qui nous permet de rivaliser avec la Chine et les États-Unis.
10:52Est-ce que tout est parfait ? Non.
10:54Je pense qu'il y a un certain nombre de choses qui peuvent continuer à être faites
10:56pour, justement, créer cette dynamique
10:59et favoriser l'orientation de l'épargne vers des investissements plus productifs.
11:03D'accord.
11:04Ça passe par des outils fiscaux.
11:05Européens, du coup ?
11:06Européens, ça passe par des outils fiscaux.
11:09Votre invité précédent discutait de l'avenir du PER.
11:14C'est vrai que c'est un enjeu majeur pour les Français de souveraineté
11:19et d'investissement dans les entreprises françaises
11:23pour financer leur croissance et l'innovation.
11:25Aujourd'hui, cet outil, il n'est pas spécifiquement dirigé vers les actions européennes.
11:31Et donc, nous, on appelle de nos vœux une forme de préférence européenne
11:36sur des sujets fiscaux, par exemple.
11:38Et puis après, il faut créer un cadre qui est plus favorable
11:41pour les entreprises pour l'accès à la cotation.
11:43Il y a des mesures qui ont été prises.
11:45Le listing act a été mis en œuvre la semaine dernière.
11:48Et c'est un élément essentiel pour favoriser l'émergence plus rapide
11:53de sociétés cotées en bourse en Europe.
11:55Pourquoi ? Parce qu'on simplifie un certain nombre de dispositifs
11:58qui étaient trop complexes, trop coûteux pour les entreprises.
12:02Je pense par exemple à des critères de taille de flottant minimum
12:05ou à des critères de prospectus.
12:09Et donc, on a la volonté chez Euronext d'accompagner ces évolutions réglementaires.
12:16On a une voie qui a inspiré largement des réglementations européennes
12:21qui ont vu le jour ces dernières années.
12:23On va continuer à le faire.
12:24Et puis par ailleurs, il faut qu'on continue à accompagner les entrepreneurs
12:28vers la cotation en bourse.
12:30Pourquoi ? Parce que c'est un enjeu majeur de transformation pour ces entreprises.
12:34Il faut qu'ils aient plus le réflexe d'aller se coter en bourse
12:37après par exemple être passé par des fonds de private equity ?
12:39Oui, il faut qu'ils aient le réflexe.
12:40Et notre job, nous, c'est de les accompagner pour leur faciliter la vie.
12:43Parce qu'effectivement, la cotation en bourse, c'est une étape importante
12:48dans la vie d'une société.
12:50Ça nécessite de refonder sa gouvernance.
12:52Ça nécessite d'avoir ce qu'on appelle ça une equity story,
12:56de pouvoir parler aux investisseurs pour leur vendre une histoire.
12:59Ça nécessite d'avoir, je dirais, des conseils
13:04pour nous accompagner sur cette phase d'introduction en bourse.
13:07Et donc, nous, notre job, avec nos programmes pour les entrepreneurs
13:11qu'on appelle IPO Ready, de pouvoir les accompagner dans la cotation en bourse.
13:16Merci beaucoup Camille Bedin de nous avoir accompagné
13:18sur le plateau Smart Patrimoine.
13:20Je rappelle que vous êtes membre du comité exécutif d'Euronext
13:22en charge notamment de la diversification.
13:24Merci beaucoup.
13:24Merci Nicolas.
13:25Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans L'œil de l'expert.
13:27Merci à tous.
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