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  • il y a 11 heures
Dans un écosystème startup en pleine recomposition, entre raréfaction des levées de fonds, montée en puissance de l'IA et exigence croissante de rentabilité, les banques d'innovation jouent désormais un rôle clé pour financer les entreprises à impact et lisent, mieux que quiconque, les signaux faibles de leur santé réelle.

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Transcription
00:04Bonjour à tous, nous sommes en compagnie de Mathieu Gérardon, bonjour.
00:07Vous êtes directeur de Blumeup, la banque de l'innovation du crédit agricole Ile-de-France
00:12qui va donc fêter ses un an à Vivatech, si j'ai bien suivi.
00:16Donc toute jeune nouvelle banque, une néo-banque, on pourrait l'appeler comme ça.
00:22Ma question, la première, puisqu'on va parler du financement des start-up en France,
00:26en particulier en Ile-de-France puisque c'est là où vous officiez,
00:28quels sont ces mécanismes qui sont en train de changer,
00:32quels sont les besoins en financement de nos start-up,
00:36quelles sont les tendances que vous voyez émerger ?
00:39Merci Delphine pour votre invitation.
00:41Ce que j'aimerais rappeler, et c'est l'occasion avec Vivatech qui arrive prochainement,
00:46c'est de remettre quelques chiffres, quelques éléments de décor pour savoir ensuite de quoi on parle.
00:51Déjà, on a énormément de start-up en France, il faut le rappeler,
00:54on en a peut-être aujourd'hui quasiment 18 000.
00:56Et puis on va s'intéresser maintenant au marché francilien,
01:00en fait le territoire auquel je m'intéresse à travers BloomUp,
01:04puisque nous avons une start-up sur trois qui est domicilée en Ile-de-France,
01:07ça c'est le premier point.
01:09Le deuxième point, c'est que nous avons 70% des levées de fonds
01:13qui ont lieu sur le territoire francilien, donc c'est très très concentré.
01:16Oui, ça reste très concentré.
01:18Et troisième point quand même qu'il faut dire, c'est que le contexte actuel, il est vrai, plus compliqué.
01:24Les levées de fonds, c'est assez tendu, donc c'est lié à notre contexte économique aussi,
01:30parce que les investisseurs aussi sont beaucoup plus sélectifs par rapport au dossier.
01:35Alors permettez-moi justement de rebondir sur ce sujet investisseur,
01:39puisque c'est là que nous intervenons, puisqu'il y a la partie investissement,
01:42et puis il y a la partie banque, et voilà ce que je voudrais vous dire,
01:45c'est que BloomUp est Crédit et École Ile-de-France, on a des spécificités.
01:49On estime que pour être utile au territoire, en fait, on est engagé auprès des porteurs de projets
01:54sur des sujets de transition, donc transition énergétique, santé et bien vieillir,
01:58et puis plus récemment sur la souveraineté numérique.
02:01Mais la banque ne vient pas se substituer aux recherches de financement et aux levées de fonds, on est bien
02:05d'accord ?
02:06On est bien d'accord, et donc on a chacun notre rôle à jouer,
02:09clairement pas l'un contre l'autre, mais bien l'un avec l'autre.
02:13Et à ce titre, voilà, signe de notre engagement.
02:15Qu'est-ce que vous leur apportez ?
02:18Alors, justement, on y vient, évidemment, du financement.
02:21À ce titre, on a, en tout cas, on mobilise une enveloppe de 75 millions d'euros
02:25sur les cinq prochaines années, au service de ces porteurs de projets.
02:28D'accord.
02:28Donc ça, c'est la partie financement, mais pas que.
02:32Et quelles sont les conditions ?
02:34C'est pour quel type de start-up que vous réservez ces financements ?
02:37Alors, j'ai envie de dire, tout profil de start-up.
02:40Donc ça va de la start-up qui est en phase de démarrage, amorçage,
02:44qui a besoin de ses premiers financements.
02:46Elles peuvent faire appel à nous.
02:48Ça peut être aussi en phase d'accélération, là aussi, elles peuvent nous solliciter.
02:52Et puis après, il y a des phases d'internationalisation pour aller chercher des nouveaux marchés.
02:56Donc on s'adresse vraiment à tous les profils de start-up.
02:58Ce qui est un peu compliqué avec les start-up, c'est qu'elles font peut-être du chiffre d
03:03'affaires,
03:03mais pas de bénéfices.
03:04Elles ont des problèmes d'hypercroissance, mais ça veut dire qu'il faut vraiment parier
03:07sur le fait qu'elles ont raison de se positionner sur ce marché.
03:10C'est des grosses prises de risques pour une banque.
03:12C'est quand même pas très simple, non ?
03:15Tout à fait. En tout cas, ce n'est pas nativement ce pour quoi elle fait une banque.
03:18Mais nous pensons en tout cas que, justement, il y a nécessité d'avoir une porte d'entrée unique
03:23pour les start-up qui sollicitent leur banque, avec des interlocuteurs qui parlent leur langue.
03:27D'accord.
03:28Voilà, donc évidemment, on a, je pense, 90% des dossiers qui nous parviennent,
03:32sur lesquels il n'y a pas de rentabilité, il n'y a pas encore parfois de chiffre d'affaires.
03:36Et on pense qu'on a quand même notre rôle à jouer pour être utile au territoire.
03:39Je vous donne juste...
03:40Comment vous jugez un dossier qui passe ou qui passe pas ?
03:43Qu'est-ce qu'une start-up et qu'est-ce qu'une entreprise classique, par exemple, déjà ?
03:47Alors, certains diront, par exemple, une start-up, c'est une entreprise qui cherche son marché.
03:52Oui.
03:52Et ce n'est pas faux.
03:54Ça peut être des innovations qui sont en laboratoire et qui ne se sont pas encore frottées, en fait, à
03:59la réalité du marché.
04:00Oui.
04:00Et je voudrais juste préciser une chose, justement, entre investisseurs et banquiers qui travaillent en complémentarité.
04:05Le rôle d'une banque, c'est d'accompagner une trajectoire financière crédible,
04:11versus un investisseur qui, lui, prend le risque technologique.
04:14Donc, en fait, on est très complémentaires.
04:16Moi, je ne suis pas là pour vérifier si la solution va marcher.
04:18Je dois déjà en être convaincu.
04:20La question d'après, c'est comment je vais sécuriser l'entreprise dans sa pérennité.
04:24Donc, c'est plutôt après une levée de fonds, finalement ?
04:26Oui, souvent, on arrive après.
04:28Il y a des cas où, effectivement, il n'y a pas besoin de levée de fonds.
04:31Parce que le schéma qu'on a connu pendant plusieurs années, c'était d'aller voir son investisseur, puis son
04:37investisseur, et ainsi de suite.
04:38Maintenant, il faut une bonne combinaison entre les subventions, les investisseurs et les banques.
04:44Voilà.
04:44Et donc, c'est cette combinaison des trois qui me semble, en tout cas, la meilleure aujourd'hui pour avancer
04:48en 2026.
04:49Alors, il y a déjà sur le marché les banques, il y a déjà plein de néobanques.
04:53Est-ce que le marché, quand on se bat, est un peu saturé de ce côté-là ?
04:56Alors, je ne me prononcerai pas sur le sujet de la néobanque, de la FinTech, puisque ce ne sont pas
05:01mes sujets.
05:02Mes sujets sont les porteurs d'innovation sur les questions des transitions énergétiques, santé, bien vieillir, et, je disais, souveraineté
05:10numérique.
05:11Et, en fait, force est de constater, c'est que malgré les crises qu'on connaît depuis 10-15 ans
05:15maintenant,
05:15en fait, les projets, ça ne désemplit pas.
05:19C'est-à-dire que vous avez 1000 nouveaux projets par an, donc, il y a de quoi faire.
05:23Et on pense qu'on a notre rôle à jouer, justement, pour accompagner ces porteurs de projets.
05:27Alors, dans les secteurs que vous avez cités, c'est peut-être celui de la souveraineté qui m'interroge le
05:32plus,
05:32parce que, potentiellement, en fait, toute start-up française, c'est un positionnement souverain.
05:39Alors, oui, mais, en fait, ce qu'on va regarder, nous, en tant que manqués,
05:42et ça, c'est pour la défense des actifs stratégiques de cette start-up.
05:46D'accord.
05:46Moi, j'identifie quand même trois choses dans notre étude, en tout cas, de ces porteurs de projets.
05:51Il y a la sécurisation de vos données, parce qu'il y a souvent de l'exploitation de données via
05:54la tech.
05:55Donc, on va regarder quand même si c'est bien leurs données.
05:58Savoir s'ils ont les infrastructures stratégiques qui leur permettent de se développer avec des data centers et autres.
06:06Et donc, ça, on peut aussi les accompagner pour leur développement, notamment quand ça devient critique.
06:10Et puis, vous avez quand même un sujet de réversibilité.
06:14Est-ce que c'est en France, voire en Europe, si c'est sur d'autres continents,
06:21est-ce qu'il y a quand même un plan B dans le cas où ça tournait mal pour elles
06:24?
06:24Donc, ça, c'est un sujet assez prégnant.
06:25Alors là, parce que là, vous parlez du sujet de la souveraineté pour la start-up.
06:29Moi, ce que j'avais compris, c'est que vous investissiez dans des secteurs, par exemple, bien vieillir,
06:33et la question de la souveraineté de la France, des technologies qui portent ce sujet de souveraineté.
06:39Oui, alors je pense qu'il faut choisir nos combats.
06:41Et je ne veux pas perdre de vue, en fait, la thèse d'accompagnement qu'on a,
06:46parce que c'est d'abord des sujets en tant que face honneur des territoires.
06:49Pour nous, Crédit Agricole de France, c'est nos porteurs de projets.
06:51C'est déjà de nous assurer que sur ces transitions environnementales et santé,
06:55déjà, qu'on fasse un travail propre.
06:58D'accord.
06:58Et ça en passe par, justement, les questions de souveraineté
07:00qui s'invitent forcément dans les dossiers qu'on étudie.
07:03Merci beaucoup, Mathieu Gérardon, directeur de Blumeup,
07:06donc la banque de l'innovation du Crédit Agricole Île-de-France,
07:10de nous avoir éclairé sur ces sujets de financement des start-up en France.
07:14Merci pour votre invitation.
07:15Je vous en prie, c'est l'heure de la grande interview maintenant.
07:17Je vous en prie.
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