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  • il y a 11 heures
La société de gestion de la banque Triodos, Triodos IM et Fondaction lancent un fonds d’investissement pour faire du capital naturel une nouvelle classe d’actif. Le but est de financer les projets de régénération et de protection de la biodiversité sur les terres agricoles et les terrains forestiers. Cela doit permettre de passer ces initiatives à l’échelle.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Éric Simonnet, bonjour, bienvenue.
00:10Bonjour, merci.
00:11Vous êtes responsable des relations investisseurs chez Triodos IM,
00:14un pionnier de la finance durable en Europe.
00:17Je veux bien que vous nous présentiez Triodos IM.
00:19Alors Triodos IM, c'est la société de gestion de la banque Triodos.
00:22Triodos, c'est la toute première banque éthique qui a été créée en Europe en 1980
00:25et qui a vraiment fait de sa mission de financer le changement,
00:33de changer la finance en intervenant uniquement sur des sujets d'impact.
00:38Donc déjà, à partir de 1980, avant même que ce soit question d'impact ou d'ESG.
00:44Et donc Triodos IM est la société de gestion où on va gérer des véhicules d'investissement
00:49pour des clients qui vont, des clients retail jusqu'à des clients institutionnels,
00:53mais vraiment axés sur des sujets de transition, des grands thèmes de transition
00:58comme les énergies renouvelables, la gestion des ressources, l'alimentation, l'agriculture, etc.
01:03Qui sont aujourd'hui vos principaux clients ?
01:06Et alors pourquoi ils sont devers vous ? Parce que vous êtes pionnier ?
01:09Ils se disent autant aller chez ceux qui font de la finance durable depuis des décennies ?
01:14Alors ça joue en termes de crédibilité, mais je pense que c'est surtout au niveau de la crédibilité.
01:19Donc les clients, on a des conseillers en gestion de patrimoine, des banques privées avec des réseaux de distribution,
01:26et puis aussi des clients institutionnels, des fondations, des organisations religieuses.
01:32Et ils se tournent vers nous effectivement pour la crédibilité et pour la garantie finalement de passer à travers tout
01:38risque de greenwashing
01:40qui a suffisamment pénalisé l'industrie ces dernières années.
01:43Et donc voilà, ils savent exactement dans quoi ils investissent et surtout également pour la transparence.
01:48Parce que nous, on donne l'intégralité de nos portefeuilles à nos clients afin qu'ils sachent exactement dans quoi
01:53ils sont investis.
01:54Et cette question justement de la capacité à mesurer l'impact, comment vous l'intégrez au produit que vous proposez
02:05?
02:06Et est-ce que vous vous différenciez là-dessus par rapport à d'autres ?
02:09Il y a plusieurs niveaux. La mesure d'impact, déjà on est également un pionnier de la mesure de l
02:17'impact et de la donnée ESG
02:19puisque à la fin des années 90, il y avait une société au Canada qui s'appelle Yancy Research qui
02:23était spécialisée en données ESG.
02:26Et il y a eu une jeune venture avec Triodos à l'époque qui a donné naissance à Sustainalytics,
02:30qui maintenant est un des leaders de l'ESG.
02:32Et donc Triodos s'est retiré il y a quelques années.
02:35Mais la capacité à analyser les données ESG, les données d'impact sont déjà intégrées depuis, j'ai envie de
02:41dire, la naissance de Triodos.
02:43Et puis on collabore aussi avec d'autres sociétés comme ISS ESG pour également avoir de la donnée,
02:49mais aussi confronter nos vues.
02:53Et donc la donnée d'impact, elle ne vaut que par ce qu'on veut analyser.
02:57Donc l'impact dans un secteur ou dans un autre n'est pas le même et donc les KPI vont
03:03être différents.
03:04Donc c'est vraiment là-dessus aussi qu'on va se focaliser, d'identifier les impacts attendus, les impacts négatifs,
03:10mais aussi les impacts positifs qui sont les plus importants.
03:12Vous lancez un fonds qui est dédié aux solutions fondées sur la nature.
03:17Donc ça veut dire que vous parlez du capital naturel, c'est ça, comme d'une nouvelle classe d'actifs.
03:22Je veux bien que vous nous expliquiez de quoi il s'agit.
03:24Alors on entend beaucoup parler de biodiversité, de perte de biodiversité.
03:28Et de notre point de vue, il est fondamental de travailler sur le financement de la régénération,
03:38principalement des terres agricoles et des forêts.
03:41Aujourd'hui, il faut se dire qu'il y a un manque de capital qui est dirigé vers ces secteurs.
03:48Et il y avait un rapport du programme des Nations Unies pour l'environnement
03:53qui disait que pour un dollar affecté à la protection de la biodiversité,
03:58il y avait à peu près 30 dollars qui étaient affectés à la détruire.
04:02Donc il y a vraiment, il y a un vrai problème, il y a un vrai problème de financement.
04:06Et plus de 50% du PIB mondial, c'est lié à la nature.
04:11Donc notre croissance économique, notre bien-être en tant que société et économie
04:17dépend et intrinsèquement lié à la nature.
04:21Et donc on a décidé avec Fondaction, qui est un institutionnel canadien
04:28avec qui on a monté une joint venture,
04:30de monter un fonds d'investissement privé, donc en non-coté,
04:35qui va avoir pour vocation de financer la transition et la régénération
04:42des terres agricoles en Europe et aux Etats-Unis,
04:44mais également des domaines forestiers.
04:47Donc ça va être à peu près 70% sur les terres agricoles et 30% sur le forestier.
04:51Sur les terres agricoles, il y a un vrai besoin de régénération,
04:57d'amélioration des sols, de travail sur la protection de la biodiversité.
05:03Parce que protéger la biodiversité, ça passe par protéger l'environnement
05:06dans lequel évolue la biodiversité.
05:08Donc ça va passer par de l'acquisition de terres agricoles,
05:12en travaillant avec des acteurs locaux,
05:14qui sont déjà des acteurs dans l'agriculture régénérative et bio,
05:19et de leur permettre d'acquérir des nouvelles terres
05:23pour les transformer et développer ce mode de production,
05:27qui est le meilleur rempart contre la perte de biodiversité.
05:31Et puis, de l'autre côté, sur tout ce qui est forêt,
05:35il y a jusqu'à présent, il y a des grands problèmes qu'on voit aujourd'hui
05:38avec le changement climatique dans les forêts,
05:40c'est que c'était généralement des forêts mono-espèces,
05:45ce qui les rend extrêmement fragiles aux maladies,
05:49mais également aux changements climatiques, aux intempéries.
05:53et donc un besoin finalement de mieux gérer ces forêts
05:57avec une diversification des espèces,
06:00mais également dans son exploitation arrêtée avec les coupes races
06:03qui ont un impact extrêmement négatif sur la biodiversité,
06:07et de passer sur une gestion raisonnée de ces domaines forestiers.
06:11Mais c'était déjà des secteurs qui étaient financés.
06:14Qu'est-ce que vous apportez de nouveau ?
06:16Trop peu.
06:17D'accord, un passage à une montée en puissance.
06:19Trop peu financé, une montée en puissance.
06:21Là, le fonds vise une levée de 300 millions d'euros,
06:26et vraiment dédié à ces deux segments.
06:31Avec une difficulté, quand on parle biodiversité,
06:34on sait que c'est beaucoup plus compliqué de mesurer.
06:39C'est plus facile quand on parle d'impact carbone, tout simplement.
06:43Est-ce que, on en revient à ce que vous disiez tout à l'heure,
06:46c'est-à-dire l'impact mesurable.
06:47Est-ce que c'est plus difficile de prouver son impact en matière de biodiversité ?
06:52En fait, l'idée, et c'est ça souvent qui est un frein,
06:56c'est qu'effectivement, mesurer l'impact sur la biodiversité,
07:01c'est extrêmement compliqué.
07:02Les modèles sont en train d'être créés,
07:04la donnée est en train d'être aussi assemblée.
07:10Mais on en revient à...
07:12C'est quoi l'habitat de la biodiversité ?
07:14Et la biodiversité, son habitat, c'est les champs, les forêts, la nature.
07:20Et donc, le meilleur moyen de protéger cette biodiversité
07:23et d'y permettre de se régénérer,
07:25c'est de travailler sur une meilleure exploitation,
07:29plus raisonnée, de ces terres et de ces forêts.
07:32Parce que c'est là qu'on va véritablement protéger la biodiversité.
07:35Et après, en termes de calcul, on va avoir...
07:37Enfin, en termes de données, on va avoir sur, effectivement,
07:40les émissions carbone, sur la qualité des sols.
07:43Il faut voir quand même qu'on a aujourd'hui
07:4640 à 50 % des sols qui sont dégradés.
07:49Et si on ne fait rien, dans 25 ans,
07:51c'est 95 % des sols qui vont être dégradés.
07:54Donc, lutter contre cette dégradation...
07:55Mais ça risque d'être... Pardon de vous interrompre.
07:56En fait, moi, ce que je comprends,
07:57c'est que ça va être quasi impossible
07:59d'avoir un référentiel biodiversité globale, planétaire, etc.
08:06et que c'est projet par projet qu'il faudra prouver son efficacité.
08:09Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire.
08:11C'est peut-être que ça complique la diffusion d'actifs
08:17ou d'investissements comme les vôtres.
08:19C'est le calcul de l'impact sur la biodiversité,
08:21si on veut mesurer, alors je vais être très caricatural,
08:23mais le nombre de libellules le long d'une forêt
08:26ou le nombre de coccinelles dans un champ,
08:29c'est pas possible, c'est sans fin.
08:32Mais savoir que ces espèces s'épanouissent
08:37et se redéveloppent dans un environnement sain
08:40où il n'y a pas d'utilisation d'intrants externes chimiques,
08:45où il y a une meilleure exploitation de la culture
08:50et donc de lutte contre la sécheresse
08:54qui va éviter les utilisations en eau pour l'irrigation.
08:58Donc c'est tout ce travail en amont qu'il faut faire
09:00et c'est là où on voit qu'il y a un véritable manque de financement
09:04et donc on va intervenir avec Fondaction
09:07pour acquérir des terres, les faire pivoter dans des pratiques régénératives,
09:16acquérir des forêts pour optimiser et améliorer sur le long terme leur exploitation
09:22et c'est ça qui va définir finalement le biocosme de la biodiversité.
09:29Avec une performance financière ?
09:31Alors si vous êtes là, si Triodos existe depuis plusieurs décennies,
09:35c'est que la performance financière est possible.
09:37Ça doit être une question qu'on vous pose à chaque fois.
09:39Bien sûr.
09:39Donc on a évalué la performance attendue.
09:46C'est un fonds qui va être un fonds fermé sur 12 ans
09:49avec capacité à faire deux fois un an supplémentaire
09:53et on vise une performance de 8 à 10% net de frais annualisés
09:59parce qu'il y a une augmentation de 7 à 8% par an
10:04sur toute la production bio.
10:07Donc ça, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe,
10:09c'est des productions qui sont demandées, qui sont amenées à se développer
10:13et donc là on a une véritable rentabilité.
10:15Il y a de plus en plus de demandes pour du bois certifié
10:19ou pour des bois techniques
10:21puisque aujourd'hui on a une explosion de la construction à partir de bois
10:25et donc les bois certifiés sont beaucoup plus attendus.
10:30Donc là aussi on a une rentabilité attendue sur l'exploitation forestière
10:34La diminution des intrants chimiques va également avoir un impact
10:40sur la performance globale de ces exploitations
10:43et donc sur le retour sur investissement.
10:46Donc effectivement, on a évalué que la performance estimée
10:52de 8 à 10% annualisée à la clôture du fonds, bien entendu.
10:57Merci beaucoup Eric Simonnet et à bientôt sur Bismarck.
11:01On passe tout de suite à notre débat
11:03la reconversion professionnelle au service de l'environnement.
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