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Lundi 8 juin 2026, retrouvez Abel Quentin (écrivain) et Matthieu Girardon (directeur, BLOOMUP) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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00:07Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech.
00:10Aujourd'hui à la une des comorbidités, l'affaiblissement du cerveau, le pillage des oeuvres culturelles,
00:16l'intelligence artificielle générative serait-elle le stéroïde ultime de l'humanité qui court à sa perte accro au shoot
00:24de dopamine ?
00:26Voilà la question que je vais poser à Abel Quentin qui est auteure de cet ouvrage « Sanctuaire des sanctuaires
00:32sans IA ».
00:32Cela va sans dire, c'est ce qu'il propose, paru aux éditions de l'Observatoire, donc à la une
00:37de Smartech, la grande interview aujourd'hui.
00:39Mais d'abord, je vous propose qu'on s'intéresse à trois questions sur le financement des start-up en
00:45France.
00:46C'est tout de suite l'interview.
00:52Bonjour à tous, nous sommes en compagnie de Mathieu Gérardon.
00:55Bonjour, vous êtes directeur de BloomUp, la banque de l'innovation du crédit agricole Ile-de-France,
01:00qui va donc fêter ses un an à Vivatec, si j'ai bien suivi, toute jeune nouvelle banque, une néo
01:07-banque, on pourrait l'appeler comme ça.
01:10Ma question, la première, puisqu'on va parler du financement des start-up en France, en particulier en Ile-de
01:15-France, puisque c'est là où vous officiez,
01:17quels sont ces mécanismes qui sont en train de changer ?
01:20Quels sont les besoins en financement de nos start-up ?
01:24Quelles sont les tendances que vous voyez émerger ?
01:27Merci Delphine pour votre invitation.
01:29Ce que j'aimerais rappeler, et c'est l'occasion avec Vivatec qui arrive prochainement,
01:34c'est de remettre quelques chiffres, justement quelques éléments de décor pour savoir ensuite de quoi on parle.
01:39Déjà, on a énormément de start-up en France, il faut le rappeler.
01:42On en a peut-être aujourd'hui quasiment 18 000.
01:44Et puis on va s'intéresser maintenant au marché francilien, en fait le territoire auquel je m'intéresse à travers
01:51BloomUp,
01:52puisque nous avons une start-up sur trois qui est domicilée en Ile-de-France, ça c'est le premier
01:56point.
01:56Le deuxième point, c'est que nous avons 70% des levées de fonds qui ont lieu sur le territoire
02:02francilien,
02:03donc c'est très très concentré.
02:04Oui, ça reste très concentré.
02:06Et le troisième point quand même qu'il faut dire, c'est que le contexte actuel, il est vrai plus
02:11compliqué.
02:12Les levées de fonds, c'est assez tendu, donc c'est lié à notre contexte économique aussi,
02:18parce que les investisseurs aussi sont beaucoup plus sélectifs par rapport au dossier.
02:23Alors permettez-moi justement de rebondir sur ce sujet investisseur,
02:27puisque c'est là que nous intervenons, puisqu'il y a la partie investissement,
02:30et puis il y a la partie banque.
02:31Et voilà, ce que je voudrais vous dire, c'est que Bloom-Up, Crédit et École Ile-de-France,
02:35on a des spécificités.
02:37On estime que pour être utile au territoire, en fait, on est engagé auprès des porteurs de projets
02:42sur des sujets de transition, donc transition énergétique, santé et bien vieillir,
02:46et puis plus récemment sur la souveraineté numérique.
02:49Mais la banque ne vient pas se substituer aux recherches de financement et aux levées de fonds, on est bien
02:53d'accord ?
02:54On est bien d'accord, et donc on a chacun notre rôle à jouer.
02:57Clairement pas l'un contre l'autre, mais bien l'un avec l'autre.
03:00Et à ce titre, voilà, signe de notre engagement.
03:03Qu'est-ce que vous leur apportez ?
03:05Alors, justement, on y vient, évidemment, du financement.
03:09À ce titre, on a, en tout cas, on mobilise une enveloppe de 75 millions d'euros sur les cinq
03:13prochaines années
03:14au service de ces porteurs de projets.
03:16D'accord.
03:17Donc ça, c'est la partie financement, mais pas que.
03:20Voilà.
03:20Et quelles sont les conditions ?
03:22C'est pour quel type de start-up que vous réservez ces financements ?
03:25Alors, j'ai envie de dire, tout profil de start-up.
03:28Donc ça va de la start-up qui est en phase de démarrage, amorçage, qui a besoin de ses premiers
03:33financements.
03:34Elles peuvent faire appel à nous.
03:36Ça peut être aussi en phase d'accélération.
03:38Là aussi, vous pouvez nous solliciter.
03:40Et puis après, il y a des phases d'internationalisation pour aller chercher des nouveaux marchés.
03:44Donc on s'adresse vraiment à tous les profils de start-up.
03:47Ce qui est un peu compliqué avec les start-up, c'est qu'elles font peut-être du chiffre d
03:51'affaires, mais pas de bénéfices.
03:52Elles ont des problèmes d'hypercroissance, mais ça veut dire qu'il faut vraiment parier sur le fait qu'elles
03:56ont raison de se positionner sur ce marché.
03:58Ces grosses prises de risques pour une banque, c'est quand même pas très simple, non ?
04:03Tout à fait.
04:03En tout cas, ce n'est pas nativement ce pour quoi elle fait une banque.
04:06Mais nous pensons en tout cas que, justement, il y a nécessité d'avoir une porte d'entrée unique pour
04:11les start-up qui sollicitent leur banque, avec des interlocuteurs qui parlent leur langue.
04:15D'accord.
04:16Voilà, donc évidemment, on a, je pense, 90% des dossiers qui nous parviennent, sur lesquels il n'y a
04:21pas de rentabilité, il n'y a pas encore parfois de chiffre d'affaires.
04:24Et on pense qu'on a quand même notre rôle à jouer pour être utile au territoire.
04:28Et alors, comment vous jugez un dossier qui passe ou qui passe pas ? Qu'est-ce qu'une start
04:32-up et qu'est-ce qu'une entreprise classique, par exemple, déjà ?
04:35Certains diront, par exemple, une start-up, c'est une entreprise qui cherche son marché.
04:40Et ce n'est pas faux.
04:42Ça peut être des innovations qui sont en laboratoire et qui ne se sont pas encore frottées, en fait, à
04:47la réalité du marché.
04:48Et je voudrais juste préciser une chose, justement, entre investisseurs et banquiers qui travaillent en complémentarité.
04:53Le rôle d'une banque, c'est d'accompagner une trajectoire financière crédible versus un investisseur qui, lui, prend le
05:01risque technologique.
05:02Donc, en fait, on est très complémentaires.
05:04Moi, je ne suis pas là pour vérifier si la solution va marcher.
05:06Je dois déjà en être convaincu.
05:08La question d'après, c'est comment je vais sécuriser l'entreprise dans sa pérennité.
05:12Donc, c'est plutôt après une levée de fonds, finalement ?
05:14Oui, souvent, on arrive après.
05:16Il y a des cas où, effectivement, il n'y a pas besoin de levée de fonds.
05:19Parce que le schéma qu'on a connu pendant plusieurs années, c'était d'aller voir son investisseur, puis son
05:25investisseur, et ainsi de suite.
05:26Maintenant, il faut une bonne combinaison entre les subventions, les investisseurs et les banques.
05:32Voilà.
05:32Et donc, c'est cette combinaison des trois qui me semble, en tout cas, la meilleure aujourd'hui pour avancer
05:36en 2026.
05:37Alors, il y a déjà sur le marché les banques.
05:39Il y a déjà plein de néobanques.
05:40Est-ce que le marché commence pas à être un peu saturé de ce côté-là ?
05:44Alors, je ne me prononcerai pas sur le sujet de la néobanque, de la FinTech, puisque ce ne sont pas
05:50mes sujets.
05:50Mes sujets sont les porteurs d'innovation sur les questions des transitions énergétiques, santé, bien vieillir, et, je disais, souveraineté
05:58numérique.
05:59Et, en fait, force est de constater, c'est que malgré les crises qu'on connaît depuis 10-15 ans
06:03maintenant, en fait, les projets, ça ne désemplit pas.
06:07C'est-à-dire que vous avez 1000 nouveaux projets par an, donc il y a de quoi faire.
06:11Et on pense qu'on a notre rôle à jouer, justement, pour accompagner ces porteurs de projets.
06:15Alors, dans les secteurs que vous avez cités, c'est peut-être celui de la souveraineté qui m'interroge le
06:20plus,
06:20parce que, potentiellement, en fait, toute start-up française, c'est un positionnement souverain.
06:27Alors, oui, mais en fait, ce qu'on va regarder, nous, en tant que banquier, et ça, c'est pour
06:31la défense des actifs stratégiques de cette start-up.
06:34D'accord.
06:34Moi, j'identifie quand même trois choses dans notre étude, en tout cas, de ces porteurs de projets.
06:39Il y a la sécurisation de vos données, parce qu'il y a souvent de l'exploitation de données via
06:42la tech.
06:43Donc, on va regarder quand même si c'est bien leurs données.
06:46Savoir s'ils ont les infrastructures stratégiques qui leur permettent de se développer avec des data centers et autres.
06:54Et donc, ça, on peut aussi les accompagner pour leur développement, notamment quand ça devient critique.
06:58Et puis, vous avez quand même un sujet de réversibilité. Est-ce que c'est en France, voire en Europe,
07:06si c'est sur d'autres continents,
07:09est-ce qu'il y a quand même un plan B dans le cas où ça tournait mal pour elles
07:12?
07:12Donc, ça, c'est un sujet assez prégnant.
07:13Alors là, parce que là, vous parlez du sujet de la souveraineté pour la start-up.
07:17Oui, tout à fait.
07:18Moi, ce que j'avais compris, c'est que vous investissiez dans des secteurs, par exemple, bien vieillir, etc.
07:22Et la question de la souveraineté de la France, des technologies qui portent ce sujet de souveraineté.
07:27Oui, alors je pense qu'il faut choisir nos combats.
07:29Et je ne veux pas perdre de vue, en fait, la thèse d'accompagnement qu'on a,
07:34parce que c'est d'abord des sujets en tant que face au nord des territoires.
07:37Pour nous, Crédit Agricole de France, c'est nos porteurs de projets.
07:39C'est déjà de nous assurer que sur ces transitions environnementales et santé, déjà, on fasse un travail propre.
07:45Et ça en passe par, justement, les questions de souveraineté qui s'invitent forcément dans les dossiers qu'on étudie.
07:51Merci beaucoup, Mathieu Gérardon, directeur de Blumeup,
07:54donc la banque de l'innovation du Crédit Agricole Ile-de-France,
07:58de nous avoir éclairé sur ces sujets de financement des start-up en France.
08:02Merci pour votre invitation.
08:03Je vous en prie, c'est l'heure de la grande interview, maintenant.
08:11Dans la grande interview, accrochez-vous, procès anti-IA au menu.
08:17Je reçois Abel Quentin, auteure de Sanctuaire, paru aux éditions de l'Observatoire.
08:23On peut parler d'un procès, je ne sais pas, on peut parler, c'est écrit, c'est un procès
08:27impartial
08:28et animé de colère contre l'intelligence artificielle.
08:32Mais alors, oh là là, qu'est-ce que c'est bien argumenté, qu'est-ce que c'est bien
08:35raconté.
08:36Abel Quentin, merci beaucoup pour cette lecture que vous m'offrez.
08:39D'abord, ma première question, c'est, il y a eu une urgence pour vous d'écrire sur ce sujet
08:43?
08:44Vous n'êtes pas un auteur connu en particulier, pour vous intéresser au sujet de l'intelligence artificielle en particulier,
08:50ni même du numérique globalement.
08:52À vrai dire, le numérique et les périls numériques étaient présents dans tous mes romans
08:57depuis le premier soir, puisque c'était l'histoire d'une radicalisation djihadiste
09:01qui se faisait sur les réseaux, que mon deuxième livre était l'histoire d'une chasse aux sorcières numériques
09:09et mon dernier parlait d'un passe de la croissance.
09:11C'est vrai. En fait, ça y est, mais ce n'était pas le sujet central,
09:15alors que là, on est vraiment à 100% sur une technologie.
09:18Et vous précisez, ce n'est pas juste l'IA, vous parlez bien de l'IA générative.
09:22Ça, j'ai apprécié que ce soit aussi précis.
09:24Oui, parce que, bien sûr qu'il y a une intelligence artificielle qui peut être au service de l'homme,
09:31mais je ne crois pas que ce soit le cas de l'IA générative bâtie sur les grands modèles de
09:34langage,
09:35c'est-à-dire l'IA grand public.
09:37Mon propos est de dire qu'elle a évidemment des avantages à très court terme,
09:43elle propose un confort à ses usagers.
09:46La question de savoir et de ce que ça va détruire,
09:49et ce que ça va détruire plus que ça va construire,
09:52ça, c'est ma conviction, et c'est ce que j'explique au lecteur.
09:56Oui, d'ailleurs, vous dites, à propos de ce que ça va détruire,
09:59vous parlez de pertes qui sont non négociables.
10:01Oui, en réalité, le problème, c'est que ce que ça apporte, on peut le quantifier,
10:06ce que ça détruit, c'est parfois plus difficile à quantifier.
10:09Quand on parle d'appauvrissement de l'art, quand on parle de dette cognitive,
10:14quand il est question aussi d'une perte de la convivialité,
10:21d'un péril sur la relation humaine, c'est moins quantifiable.
10:25Et donc, c'est moins visible, et donc on en parle moins,
10:27et on a le sentiment que c'est un compagnon à notre service
10:31qui est bénin, inoffensif, et c'est tout le contraire.
10:33Première victime, vous dites le cerveau humain.
10:36Le cerveau humain, pour le coup, ça s'est quand même déjà un petit peu sourcé.
10:40Je m'appuie sur des études scientifiques, celles du MIT Lab,
10:43notamment aux Etats-Unis, qui ont quelques mois,
10:47et ce laboratoire a produit notamment deux études que je cite,
10:51et une qui parle d'atrophie cognitive, de baisse de la connectivité cérébrale,
10:56qui est le résultat de recherche.
10:59Ils ont équipé de capteurs des étudiants,
11:02leur demandant de travailler pour un groupe avec l'IA générative
11:04et pour un groupe sans l'IA générative,
11:06et les conclusions sont absolument alarmantes.
11:10Oui.
11:11Alors, je disais que c'est un procès,
11:13c'est comme ça que vous présentez le cœur de l'ouvrage.
11:16C'est un procès, donc il y a quand même la parole à la Défense,
11:21qui est incarnée par un Michel Super.
11:24J'ai failli dire Didier.
11:25C'est un hommage à Didier Super ou pas ?
11:26Disons que Didier Super était déjà pris,
11:28donc j'avais eu l'idée de...
11:30Vous êtes fat de Didier Super ?
11:32J'aime bien le ton, évidemment, satirique, drôle, absurde.
11:36Voilà, on est d'accord.
11:37Donc j'ai apprécié, mais alors le pauvre, disons,
11:39il n'est pas gâté quand même dans votre livre,
11:40le Michel Super,
11:41parce qu'en fait, vous vous en prenez pas seulement
11:45à l'IA générative,
11:47vous en prenez à tous ceux qui portent la voix de cette technologie.
11:51Donc ça passe par les big tech,
11:53par les milliardaires derrière ces grands modèles de langage,
11:56ça passe aussi par tous les experts de l'IA.
12:00Oui, il est technobéat, évidemment, mais pas seulement.
12:03Enfin vraiment, vous ne donnez sa chance à aucune défense.
12:07Oui, c'est un réquisitoire, à vrai dire.
12:09C'est impartial, c'est assumé.
12:10Non, je le dis dès le début,
12:12ça va peut-être un procès avec beaucoup de contradictoires,
12:14comme on dit chez les avocats.
12:16J'assume ce ton-là.
12:17Et précisément, je reproche à la parole expertale
12:19de ne pas assumer, de parler d'un endroit
12:23qui est subjectif, qui est idéologisé.
12:25Vous entendez, on entend à longueur de temps sur les plateaux télé,
12:29sur les ondes des gens qui se présentent comme des experts.
12:33Seulement, très vite, il passe de la description à la prescription.
12:36Et donc, il y a une parole qui est embarquée.
12:37Et moi, en tout cas, je suis honnête vis-à-vis de mon lecteur.
12:40Il lit un pamphlet,
12:43le pamphlet d'un auteur en colère.
12:45Alors, moi, ça m'a un petit peu contrarié,
12:48simplement parce que vous attaquez Yann Lequin
12:50en disant que c'est un des paires de l'IA générative,
12:52c'est un des paires du machine learning, du deep learning.
12:55En revanche, sur l'IA générative, il est très critique, Yann Lequin.
12:59Il considère que c'est une technologie qui n'a pas d'issue
13:02et qu'il faut aller chercher, justement,
13:03d'autres branches de l'intelligence artificielle pour progresser.
13:05Alors, en ce sens-là, il est critique.
13:06C'est-à-dire qu'il propose de passer dans une nouvelle révolution de l'IA,
13:10plus ambitieuse de l'IA en modèle monde.
13:12Mais il n'est pas critique
13:14sur les conséquences civilisationnelles
13:17de l'IA générative.
13:18Je cite, par exemple,
13:20une matinale de France Inter
13:21où Yann Lequin s'exprime.
13:23Et ce que je décris,
13:26c'est précisément une pensée
13:28qui ne s'intéresse pas aux conséquences
13:30ultimes de ces technologies
13:32sur l'homme.
13:34Alors, j'étais
13:36la semaine dernière sur un événement
13:38Les Assises du numérique, où il y avait plein d'experts,
13:40mais pas que. Il y avait aussi
13:41M. Raffarin, ancien Premier ministre,
13:44qui est passé par là.
13:45Et alors, il disait, attention,
13:47il ne faut pas faire de l'intelligence artificielle
13:50l'ennemi public numéro un,
13:51parce que c'est un peu trop facile.
13:53Ça va être la faute à l'IA
13:54si on a un problème de chômage,
13:57d'emploi.
13:58La faute à l'IA si ceci, cela.
14:00Or, les politiques ont un mot à dire.
14:02Je pense que les politiques
14:04ont précisément un mot à dire,
14:06et ils ne le font pas,
14:07parce que c'est quand même
14:08plutôt un impensé.
14:09alors même qu'il y a
14:11une très, très grande défiance
14:13qui est masquée par une adoption massive.
14:15Il y a une adoption massive,
14:16mais c'est une adoption répulsion.
14:17Et ça, c'est, je dirais,
14:19sans équivalent, en tout cas,
14:20à cette échelle-là
14:21dans l'histoire des technologies,
14:24et que cette défiance-là,
14:26de gens qui l'utilisent
14:27en considérant qu'ils sont
14:28contraints de l'utiliser,
14:29mais qui disent eux-mêmes,
14:31je cite des enquêtes d'opinion
14:32sur la jeunesse américaine,
14:33sur la jeunesse française,
14:35des gens qui disent
14:36nous sommes conscients
14:37que ça va détériorer
14:39nos conditions de vie
14:40à long terme.
14:41Et ça, ça doit trouver
14:43une réponse politique
14:45si on estime
14:46que le peuple a le droit
14:49de s'inquiéter légitimement,
14:53sans être caricaturé
14:54comme étant des réfractaires
14:56ou des points idiots.
14:57Il faut que le politique
14:58s'empare de ce sujet,
14:59ça, tout à fait.
15:00Ce qui est intéressant,
15:01c'est aussi ce procès
15:03en responsabilité.
15:05Ça, c'est quelque chose
15:06d'ailleurs qu'on aborde souvent
15:07nous dans Smartech,
15:08mais c'est cette absence
15:10complète de responsabilité
15:11en fait des personnes
15:12qui ont mis entre les mains
15:13de tout le monde
15:14ces outils dits à générative.
15:17Et c'est drôle
15:18parce que vous peignez
15:19Sam Altman comme un homme enfant
15:21quand il a cette façon
15:22de répondre un peu naïvement
15:24aux questions qu'on lui pose
15:25sur l'impact de ces outils.
15:26Ce que je dis dans le texte
15:27n'est pas Openheimer qui veut.
15:29C'est-à-dire qu'il y a eu
15:32et il y a encore aujourd'hui
15:33des scientifiques,
15:34des ingénieurs,
15:35des chefs d'entreprise
15:36qui estiment que ce qu'ils font
15:38les engage
15:38et qu'ils ne peuvent pas,
15:40si vous voulez,
15:41se laver les mains
15:42des conséquences
15:43de ce qu'ils font.
15:44Or, lorsque vous écoutez,
15:47je cite un certain nombre
15:48de verbatim de Sam Altman,
15:50c'est le vide intersidéral.
15:52Quand une intervieweuse,
15:53par exemple,
15:54lui demande ce qu'il pense
15:55des millions d'emplois
15:56dans le tertiaire
15:57qui sont menacés,
15:58eh bien, il a cette phrase
15:59je suis curieux
16:00de voir ce que ça va donner.
16:02Comme un enfant
16:03qui regarderait
16:04des fourmis
16:05en train de se débattre.
16:05Alors, un peu tardivement,
16:07il y a trois semaines,
16:07j'ai vu qu'il avait expliqué
16:09qu'il fallait faire
16:10un programme politique
16:11pour préparer
16:12une société sans travail.
16:14Mais ça n'est pas,
16:15si vous voulez,
16:16ça n'est pas la conséquence
16:18d'un souci
16:18de l'intérêt général.
16:19C'est simplement une industrie
16:20qui sait qu'elle peut être menacée.
16:22Ça, c'est intéressant.
16:23Moi, j'ai entendu Alex Carpe,
16:26le PDG,
16:26l'actuel PDG de Palantir
16:27il y a deux semaines,
16:29dire qu'il craignait
16:30une nationalisation,
16:31il craignait que les gens
16:32sortent les fourches.
16:32C'est ces mots-là.
16:34Et donc, c'est la seule raison
16:35pour laquelle,
16:36bien tardivement,
16:37ces industries-là
16:39se penchent un peu
16:40sur notre pauvre sort
16:42de nous, humains.
16:43Oui, vous parlez
16:44de la peur
16:46de la décélération
16:47de toutes ces entreprises.
16:48Ça les effraie complètement.
16:51C'est ça, le moteur, en fait ?
16:52Selon vous,
16:53le moteur, c'est le business ?
16:54Alors, là,
16:56vous faites référence
16:57aux réflexions
16:58de Peter Thiel,
17:00en effet,
17:01qui, lorsqu'on creuse un peu,
17:02on s'aperçoit
17:03que ce qui est
17:05le moteur profond
17:06de sa pensée,
17:07c'est une espèce
17:08de peur panique,
17:10de la stagnation.
17:11Et donc,
17:12c'est finalement
17:13une sorte de célébration
17:15de la vitesse
17:16sans but,
17:16ce que le philosophe
17:18Jacques Ellul
17:18appelait un chemin
17:18sans étoile.
17:19Il faut avancer
17:20parce qu'il faut avancer.
17:21Lorsqu'on lui explique
17:22que tout ça
17:24n'est pas forcément
17:25souhaitable
17:26pour l'humanité,
17:27eh bien,
17:27il botte en touche.
17:28Il faut avancer.
17:29On n'a pas le choix.
17:30Et ce « on n'a pas le choix »,
17:32moi, évidemment,
17:32ça ne me satisfait pas.
17:33Et je crois
17:33qu'on est à un moment
17:34de l'histoire
17:35où on ne pourra pas
17:36s'en tenir là
17:37à ce « on n'a pas le choix »
17:39qui est une forme
17:40de nihilisme, en réalité.
17:41Oui,
17:41« on n'a pas le choix »,
17:42c'est comme ça,
17:43tous ces termes,
17:44en fait,
17:44qui font qu'on se sent
17:45un peu pris au piège.
17:47Vous avez cité Jacques Ellul.
17:48C'est un hommage
17:49à Jacques Ellul,
17:49aussi, ce livre.
17:50Il est vraiment partout.
17:51Il n'a jamais été
17:52autant d'actualité,
17:53j'ai l'impression.
17:53On m'en parle
17:54de plus en plus.
17:55Ce n'est pas le seul.
17:55Il y a un certain nombre
17:56de penseurs
17:57qui, il y a 70 ans,
18:01ont mis le doigt
18:02sur ce nihilisme
18:04dont je parlais,
18:05sur ce chemin sans étoiles,
18:06sur cette aphrodisiaque
18:08de la croissance,
18:09en exprimant que,
18:11en montrant que c'était
18:12une forme d'autoritarisme,
18:13que ça dépossédait aussi
18:14les peuples
18:14de leur propre destin.
18:16Et ils étaient
18:16très marginalisés à l'époque.
18:18Ils ont été moqués.
18:19Et puis,
18:20Jacques Ellul,
18:20il est mort en 94,
18:23peu après Internet.
18:24Et des années
18:24après sa mort,
18:26sa pensée n'a jamais
18:27été aussi actuelle
18:28et pertinente,
18:29me semble-t-il.
18:32Sur ces patrons
18:33de la tech,
18:35on entend quand même
18:36des discours
18:38d'inquiétude.
18:39Je dirais même
18:40apocalyptiques.
18:41C'est-à-dire que certains,
18:42qui pourtant fabriquent
18:44ces grands modèles
18:46de langage,
18:47sont derrière
18:48une économie
18:50galopante
18:50pour que ces IA génératifs
18:52soient vraiment généralisés,
18:54nous disent en même temps
18:55attention,
18:55ça risque d'être
18:56la fin du monde.
18:57Alors oui,
18:58c'est vrai que je questionne
18:59la sincérité
18:59de ces propos.
19:00Peut-être que quand
19:01c'est le patron
19:02d'anthropique
19:03d'Alioua Modaïd...
19:04Ah, c'est bien,
19:04ça me fait plaisir.
19:05Ils ont conscience
19:06du danger ?
19:07Non, parce qu'en réalité,
19:09c'est peut-être aussi
19:10une stratégie
19:10de dissimulation
19:11et d'évitement.
19:11Parce que lorsque
19:12Sam Altman dit
19:13ou Elon Musk
19:14que ça risque
19:15de détruire l'humanité,
19:16ils ne parlent pas
19:17en réalité
19:17de l'IA générative.
19:18Ils parlent de la fameuse
19:19super-intelligence artificielle
19:20qui serait
19:22une sorte de dieu
19:24et qui est encore à venir.
19:26Et finalement,
19:27ces discours
19:28très sensationnalistes
19:29prennent beaucoup de place
19:30dans l'espace public
19:31et empêchent qu'on parle
19:32des dégâts
19:33qui sont à l'œuvre
19:34de cet IA moins spectaculaire
19:36qui est ce compagnon
19:38apparemment inoffensif
19:39qui est dans notre poche
19:41et qui, finalement,
19:43lui serait presque
19:45respectabilisé
19:47par le Terminator
19:49que serait l'IA générative...
19:53Enfin, l'IA générale.
19:54Et donc,
19:55je me pose la question
19:56de la sincérité
19:56de ces propos-là
19:57qui sont, en effet,
19:58complètement contradictoires.
20:00Dans le livre,
20:01vous faites plus
20:01que vous posez
20:02la question de la sincérité.
20:03Oui, je la remets en cause.
20:03Vous émettez trois hypothèses,
20:05ignominie,
20:07business...
20:07Non, le seul que je sauve,
20:08c'est le patron...
20:09Et l'évitement du débat, oui.
20:09Voilà, c'est le patron
20:10d'entropique
20:10parce que lui,
20:11à la fois,
20:12montre bien
20:13qu'il y a un risque
20:16de, peut-être,
20:17destruction de l'humanité
20:19qui serait liée
20:19à cette super-intelligence artificielle.
20:21Mais,
20:22tout en disant ça,
20:23il ajoute que
20:24celle qui est déjà là,
20:26c'est-à-dire
20:27ChatGPT et consorts,
20:28c'est déjà en soi...
20:29Et Claude, aussi.
20:30Et Claude...
20:31C'est la sienne.
20:31Et la sienne, Claude,
20:33sont, en soi,
20:36représentent un péril,
20:37un risque de régression
20:38civilisationnelle
20:38qui est peut-être
20:38moins spectaculaire.
20:39Il ne s'agit pas
20:40de destruction de l'humanité,
20:42il s'agit de l'avilissement
20:42de l'humanité.
20:43Et c'est tout aussi grave
20:44d'une certaine façon.
20:45Alors,
20:46vous parlez de l'école du futur,
20:47aussi.
20:48Ça, c'est intéressant
20:49parce que qu'est-ce qu'on fait,
20:50justement,
20:51de cette IA générative
20:53à l'école ?
20:54On l'utilise ?
20:55On ne l'utilise pas ?
20:56Qu'est-ce que ça...
20:57Si on dit à nos enfants,
20:58ne regardez pas ce truc,
21:00c'est mal,
21:00parce que vous placez aussi
21:01le débat sur ce registre
21:02de la morale,
21:03c'est bien, c'est mal,
21:05on les laisse
21:06au banc de la société.
21:07Et de toute façon,
21:08ils s'en emparent
21:09de ces outils.
21:10Donc,
21:10comment vous résolvez
21:12ce problème
21:12de l'école du futur
21:15qui ne doit pas
21:16se laisser embarquer
21:17dans l'IA générative
21:18mais qui doit quand même
21:18le prendre en compte ?
21:19Pour moi,
21:20l'école,
21:20elle doit être un sanctuaire
21:21mais être un sanctuaire,
21:22ça ne veut pas dire
21:23être en dehors de la société.
21:25C'est-à-dire,
21:25un sanctuaire,
21:26elle doit changer.
21:27Elle doit changer,
21:27par exemple,
21:29si on était à la hauteur
21:30des enjeux,
21:31assister peut-être
21:31à un âge d'or
21:32de la philosophie
21:33à l'école,
21:34c'est-à-dire en mettre plus.
21:36Pas seulement une année,
21:40peut-être faire de la philosophie
21:42dès le collège,
21:43parce que plus que jamais
21:43la pensée critique
21:44va être essentielle.
21:47Mais je ne crois pas
21:48qu'être une école
21:52en prise avec son temps,
21:53ça veut dire laisser ouvert
21:55grand les portes
21:56à l'IA générative.
21:57D'ailleurs,
21:58sur, par exemple,
21:59le numérique,
22:00il a été prouvé
22:01par un certain nombre
22:02d'enquêtes PISA
22:02que ce n'était pas
22:03les écoles
22:04qui apprenaient le numérique
22:05qui formaient le mieux
22:06les étudiants
22:07à utiliser le numérique.
22:08Donc ça,
22:09c'est une espèce de poncif
22:10qu'on nous explique
22:11pour mettre des tablettes
22:12de partout.
22:12On voit des pays
22:13comme le Danemark
22:14qui reviennent là-dessus.
22:15Je ne pense pas
22:16que ce soit
22:16des pays suicidaires,
22:18c'est des pays
22:18tout simplement
22:18qui tirent les conclusions
22:22d'une décélébration
22:24générale
22:25liées au tout numérique
22:26à l'école.
22:28Sur ce sujet,
22:30il y a quand même
22:30un point,
22:31je trouve,
22:31ça se termine un peu
22:32de manière un peu positive,
22:34j'ai envie de dire,
22:35puisque vous présentez
22:36l'Europe comme une solution.
22:38Vous dites que l'Europe,
22:39ça pourrait devenir
22:39le sanctuaire du monde.
22:41Si vous voulez,
22:42on a un moment
22:43où l'Europe a beaucoup
22:44honte d'elle-même.
22:44Il est question toujours
22:45de rattraper notre retard
22:48par rapport aux Américains
22:50et aux Chinois.
22:50Et moi,
22:51ce que j'essaye de dire
22:51dans ce livre,
22:52c'est que rattraper un retard,
22:53ça ne fait pas
22:53un projet de société.
22:54Et que l'Europe
22:56a tout intérêt
22:57à être fière
22:58d'être productrice
22:59de normes
22:59et ne pas rougir de ça.
23:01Parce que je crois
23:01que la modernité,
23:03dans ce moment historique
23:05que nous vivons,
23:05ça va être précisément
23:06de faire peut-être
23:07ce que notre civilisation
23:09n'a pas fait pour l'instant,
23:10c'est-à-dire reprendre
23:12le contrôle,
23:12c'est-à-dire choisir
23:15qu'est-ce que l'on veut
23:16de la technologie.
23:17Il y a une technologie,
23:18bien sûr,
23:19qui permet de guérir
23:20le cancer.
23:21Celle-ci,
23:21on décide d'investir dedans.
23:23Mais est-ce qu'on est obligé
23:25d'investir massivement
23:27dans une IA générative
23:29qui a des conséquences
23:30extrêmement néfastes,
23:31pas seulement sur le projet
23:33sur le cerveau humain,
23:34mais aussi sur nos milieux de vie.
23:35On est en train
23:36de dévisser complètement
23:36des trajectoires
23:37fixées par les accords
23:38de Paris en 2015.
23:40C'est extrêmement grave.
23:41Et ce dévissage,
23:43c'est aussi
23:43une démobilisation générale.
23:44C'est-à-dire que les entreprises
23:47investissent massivement
23:48dans l'IA générative
23:49et sont en train
23:50de se recarboner.
23:51Et ça crée évidemment
23:53des conflits d'usages
23:53parce que même en France,
23:54dans un pays
23:55où l'énergie est décarbonée,
23:57cette énergie décarbonée
23:58qui va être mobilisée
23:59pour l'IA générative,
24:00elle ne pourra pas être utilisée
24:02dans certains autres secteurs.
24:03Et donc ça,
24:04c'est gravissime.
24:05Et il faut,
24:06je crois,
24:06se ressaisir.
24:08Oui,
24:08sur l'environnement,
24:10vous acceptez
24:10qu'on vous oppose
24:12le fait qu'on peut trouver
24:13des solutions
24:13dans l'IA générative
24:14justement pour résoudre
24:15le problème climatique.
24:16Mais enfin,
24:16vous démonter tout ça,
24:17je ne vais pas raconter
24:17tout le livre,
24:18on n'a pas le temps.
24:19Vous abordez aussi
24:20la question des inégalités sociales
24:22face à cette technologie
24:24en disant que ça ne va pas
24:25permettre d'apporter
24:26le savoir à tout le monde,
24:27que ça c'est un leurre.
24:28L'IA,
24:29c'est un amplificateur
24:31de tendances
24:32et une des tendances
24:33lourdes de la modernité
24:34notamment depuis 15 ans,
24:35c'est une explosion
24:35des inégalités
24:36notamment en Europe.
24:38Et donc l'IA,
24:40la prolifération
24:42de l'IA
24:43va amplifier
24:44cette tendance.
24:44il y a parmi les nombreux
24:46poncifs que j'essaye
24:47d'attaquer,
24:49d'atomiser
24:49dans mon bouquin,
24:51il y a cette idée
24:51du grand égalisateur.
24:53Ça c'est une formule
24:54du PDG de NVIDIA
24:55qui dit
24:56« The Great Equalizer »
24:58et à mon avis
24:59c'est une vue de l'esprit
25:00complète.
25:00Je crois que notamment
25:02un monde professionnel
25:03dans lequel
25:03l'examen
25:06sera démonétisé,
25:07dans lequel le savoir
25:08sera démonétisé,
25:09va être un retour
25:10du capital culturel,
25:12de l'entre-soi,
25:13des privilégiés
25:14qui se reconnaissent
25:15entre eux
25:15parce qu'il n'y aura
25:16pas d'autres critères
25:17pour distinguer
25:19qu'elle sera
25:19un bon candidat.
25:21Et puis on désinvestit
25:22beaucoup
25:24des pans
25:24de la culture,
25:25de l'apprentissage
25:27aussi,
25:27c'est ce que vous expliquez.
25:30Je voulais qu'on termine
25:31avec une interview express,
25:32donc ça veut dire
25:33qu'en deux minutes,
25:33moi je vous pose
25:34des questions très binaires,
25:35mais vous avez le droit
25:35de répondre de manière
25:36un petit peu plus subtile,
25:38évidemment,
25:39mais assez rapidement
25:40si c'est possible.
25:41Abel Quentin,
25:42oui ou non,
25:43on peut dire non
25:43à l'IA générative,
25:44c'est-à-dire l'interdire ?
25:46Déjà on peut la boycotter,
25:47ce que je fais,
25:49on peut créer des digues
25:50et on peut décider,
25:52en effet,
25:54de l'interdire,
25:56en tout cas de la rationner,
25:57c'est-à-dire d'estimer
25:58qu'elle ne doit pas
25:59proliférer dans nos vies,
26:00la rationner,
26:01la rationner drastiquement.
26:02Vous êtes pour ou contre
26:04une Europe qui régule
26:05encore davantage
26:06ce numérique ?
26:07Je suis évidemment pour.
26:10Et vous pensez
26:11que c'est vrai ou faux
26:12que ça risque de pénaliser
26:13nos entreprises tech européennes ?
26:16Vous savez,
26:17sur la croissance,
26:18moi je trouve qu'il y a
26:19un truc très intéressant
26:20qui est sorti il y a un mois,
26:21c'est le meilleur
26:22jeune de la clinique de France
26:23qui s'appelle Adrien Bilal
26:25qui enseigne à Stanford
26:26et qui a expliqué
26:27que la crise climatique
26:28allait diviser
26:30le PIB mondial
26:31par deux en 2100.
26:32Donc,
26:32en réalité,
26:35être obsédé,
26:36je veux bien
26:36qu'on soit obsédé
26:37par la croissance,
26:37mais dans ce cas-là,
26:38il faut l'être réellement
26:39et regarder à long terme
26:40tout ce que ça va détruire.
26:41Moi, je pense qu'on va arriver
26:42dans une époque
26:43où il faudra des entreprises
26:44qui soient moins dans la performance
26:46à court terme
26:47que dans la robustesse.
26:48Et je ne suis pas sûr
26:49qu'une économie
26:49qui mette toutes ces billes
26:51dans cette technologie-là,
26:53qui aura vocation
26:55à un moment donné,
26:55qui va se confronter
26:56au mur du réel,
26:57au mur géophysique du réel,
26:59eh bien,
26:59je ne suis pas sûr
26:59que ces entreprises
27:01soient robustes.
27:02L'idée, c'était,
27:03si on fait ça juste en Europe,
27:05on va encore plus,
27:06puisqu'on l'est déjà quand même,
27:07être des vassaux numériques
27:08du reste du monde.
27:10Vous n'êtes pas d'accord
27:11avec ça ?
27:11Je ne suis pas d'accord
27:12avec ça.
27:13Aujourd'hui,
27:13la question sur la souveraineté,
27:15elle se présente
27:16de façon très caricaturale.
27:18Soit on a des champions européens,
27:19soit on est des clochards
27:21à l'échelle mondiale.
27:23Eh bien, moi,
27:23je crois qu'il y a
27:23une autre souveraineté
27:24qui est de ne pas dépendre
27:26entièrement d'une technologie,
27:28sachant que ce retard,
27:29de toute façon,
27:31ne pourra pas être rattrapé.
27:32C'est cette souveraineté-là,
27:33qui est une souveraineté
27:34de non-usage,
27:36de non-dépendance.
27:37Elle doit être mise
27:38dans le débat public.
27:39Merci beaucoup,
27:40Abel Quentin.
27:41Je n'ai pas eu le temps
27:41de vous poser
27:42toutes mes questions,
27:42mais en revanche,
27:43j'ai vraiment beaucoup apprécié
27:45la lecture de votre livre
27:46que j'encourage
27:47tous nos téléspectateurs
27:48à lire,
27:49Abel Quentin,
27:49auteur de Sanctuaire,
27:51paru aux éditions
27:51L'Observatoire.
27:52Merci à tous
27:53d'avoir suivi
27:54cette nouvelle édition
27:55de Smartech.
27:56On se retrouve dès demain
27:58pour de nouvelles discussions.
28:00Merci.
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