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  • il y a 6 heures
Avec Yaël Braun-Pivet, Présidente de l'Assemblée nationale française

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-06-07##
Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:18l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Mon invitée aujourd'hui est la présidente de l'Assemblée nationale,
00:26première femme élue à la tête de l'institution qui incarne le cœur de notre démocratie.
00:31Yaël Braun-Pivé porte depuis plusieurs années un engagement constant
00:34en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes,
00:36de la mixité dans les lieux de pouvoir et d'une société
00:39où chacun peut trouver sa place et se sentir utile.
00:43Mais avant de vous donner la parole, chère Yaël,
00:45je vous propose de nous engager pour l'intérêt commun.
00:48Nous vivons dans une époque étrange.
00:50Jamais nous n'avons autant parlé de société,
00:52jamais nous n'avons autant invoqué le collectif,
00:54jamais nous n'avons autant demandé aux institutions
00:57de répondre à tout, vite, fort, immédiatement.
01:00Et pourtant, jamais la question de ce qui nous relie
01:03n'a semblé aussi fragile.
01:04La défiance envers les responsables politiques demeure massive,
01:07la confiance dans les institutions s'érode,
01:11le débat public se durcit.
01:13Les réseaux sociaux transforment la confrontation des idées
01:16en affrontement des individus.
01:18Chacun parle depuis sa place, son inquiétude, son territoire,
01:20son identité, son indignation.
01:22Tout cela, bien sûr, est légitime.
01:24Une démocratie vivante doit permettre l'expression des colères,
01:28des désaccords, des blessures, des revendications.
01:30Mais une démocratie ne peut pas se réduire
01:33à l'addition de colères concurrentes.
01:35Elle ne peut pas devenir un espace
01:37où chaque groupe défend uniquement sa cause,
01:39son intérêt, sa peur ou sa vérité.
01:42Une société ne tient pas seulement
01:43parce qu'elle organise des droits individuels,
01:45elle tient aussi parce qu'elle parvient à fabriquer du commun.
01:48L'intérêt commun n'est ni un mot abstrait,
01:50ni une formule administrative,
01:52ni un décor républicain que l'on convoque dans les discours officiels.
01:56L'intérêt commun, c'est ce qui permet à une société de ne pas se disloquer.
01:59C'est accepter que l'on puisse être en désaccord sans devenir ennemi.
02:03C'est admettre que la liberté individuelle ne peut survivre durablement
02:06sans responsabilité collective.
02:08C'est comprendre qu'une démocratie ne se protège pas seulement dans les urnes,
02:12mais dans la manière dont chacun accepte encore de prendre sa part.
02:15Or, nous voyons bien ce qui se joue.
02:17Quand le compromis est perçu comme une trahison,
02:20quand l'adversaire politique devient un ennemi moral,
02:22quand l'émotion remplace la délibération,
02:25quand l'immédiateté écrase le temps long,
02:27alors l'intérêt commun recule.
02:29Une démocratie, ce n'est pas seulement le droit de dire non,
02:31c'est aussi la capacité de construire un oui.
02:34Un oui à quelque chose qui nous dépasse,
02:36à un projet partagé,
02:37un oui à la possibilité de faire société.
02:40Nous avons une responsabilité commune,
02:41en plus c'est que le pays ne devienne juste à position d'intérêt particulier,
02:45incapable de se parler.
02:47S'engager pour l'intérêt commun,
02:48c'est demander à chacun de regarder plus loin,
02:51c'est préférer la construction,
02:52c'est accepter que l'engagement ne commence pas toujours par une grande cause,
02:56mais parfois par une question simple.
02:58À quoi puis-je être utile ?
02:59Dans une association, dans une commune, dans une entreprise,
03:02dans une famille, dans une institution.
03:04Être utile là où l'on est.
03:06Alors, aujourd'hui, engageons-nous pour l'intérêt commun,
03:09pour ce qui nous rassemble,
03:10parce qu'au fond, s'engager, c'est peut-être cela,
03:13refuser d'être simplement spectateur de la société dans laquelle on vit.
03:17Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
03:21Alors, aujourd'hui, dans la force de l'engagement,
03:23mon invitée est Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale.
03:27Bonjour, madame la présidente.
03:28Bonjour.
03:29Alors, vous êtes aujourd'hui la première femme de l'histoire,
03:32de la République, à présider l'Assemblée nationale.
03:35Lorsque vous regardez ce parcours, qui est le vôtre,
03:38qu'est-ce qui vous surprend le plus ?
03:39Ce chemin qu'il a fallu faire pour attendre 2022,
03:43pour qu'enfin une femme accède à cette fonction ?
03:46Est-ce que c'est ça qui, aujourd'hui, vous revient à l'esprit ?
03:50Mais c'est assez symptomatique, en fait, de notre pays.
03:54On est souvent un peu en retard sur ce type d'avancée.
03:58L'autre jour, j'étais en Allemagne,
03:59j'ai visité le Bundestag, donc le Parlement allemand.
04:02Et figurez-vous que la première femme présidente du Bundestag
04:05a été élue en 1972,
04:08donc 50 ans avant nous.
04:10Et donc, on voit que la France,
04:12et il y a d'autres exemples de ce type,
04:15a été en retard.
04:16Nancy Pelosi, aux Etats-Unis,
04:17a été élue speaker du Congrès américain
04:20bien avant nous, en France.
04:22Et donc, la France est toujours un peu à la traîne
04:24sur ses avancées et ses dommages.
04:26Et donc, effectivement, bien souvent,
04:28les jeunes, quand ils visitent l'Assemblée,
04:29me disent
04:29« Mais c'est dingue qu'on ait dû attendre 2022
04:32pour avoir une femme présidente de l'Assemblée nationale. »
04:35Alors maintenant, c'est fait.
04:37Ce que j'aimerais, c'est que je ne sois pas la dernière
04:39avant les 20 prochaines années.
04:41Et le rêve, ce serait qu'une autre femme me succède
04:43pour installer vraiment les femmes
04:45dans ce type de fonction.
04:47Alors, vous, vous observez,
04:49chaque jour, ce que les Français ne voient pas toujours,
04:51cette tension entre les groupes politiques,
04:52les difficultés de ce débat démocratique aujourd'hui.
04:55Parfois, les possibilités de dialogue,
04:57que je vous vois vous-même essayer d'instaurer régulièrement.
05:00Qu'est-ce que ça révèle, cette place de l'État,
05:03de notre démocratie,
05:04à cette place privilégiée qui est la vôtre ?
05:07En fait, on voit à l'Assemblée nationale,
05:09les fractures de notre pays,
05:11les tensions qui existent entre les différents Français.
05:15Vous savez, moi, quand je suis sur le perchoir,
05:17je vois la France,
05:19puisque chaque élu est élu de la République
05:22et a été élu par nos concitoyens.
05:25Et c'est ça qu'il faut respecter,
05:28finalement, au plus haut point,
05:29c'est que la volonté populaire,
05:31la volonté des Français s'est exprimée
05:33en élisant cette Assemblée nationale.
05:35Maintenant, mon travail, c'est de faire en sorte
05:36que justement, cette élection et que ces légitimités
05:40ne s'affrontent pas, ne s'opposent pas,
05:42mais réussissent à travailler ensemble,
05:45parce que c'est ça que les Français nous demandent.
05:48Et c'est l'objectif d'un mandat.
05:49Quand on exerce un mandat politique,
05:51c'est pour faire,
05:52et pour faire pour les autres.
05:54Et donc, moi, j'essaye, à la place qui est la mienne,
05:57que nous puissions faire ensemble.
05:58On y arrive parfois.
05:59Il ne faut pas s'arrêter aux images très conflictuelles
06:02de l'Assemblée nationale.
06:03Elle existe, il ne faut pas les nier.
06:04Mais l'Assemblée nationale, ce n'est pas que ça.
06:07C'est aussi des moments de concorde,
06:09des moments où on se retrouve pour avancer ensemble
06:11sur des sujets qui sont très importants pour les Français.
06:14Je pense notamment à tout ce qui est
06:16violence faite aux femmes,
06:18violence faite aux enfants.
06:19Sur beaucoup de sujets comme ceux-là,
06:21nos agriculteurs, nous arrivons à nous mettre d'accord
06:24pour avancer.
06:25Et je pense que ça, c'est utile et c'est précieux.
06:27Et c'est ça, mon job, finalement.
06:29Alors, à l'instar de vous-même,
06:30on considère et on voit que les femmes
06:31ont progressivement conquis l'enreplace
06:33dans les institutions.
06:35Mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui,
06:36l'enjeu, ce n'est pas simplement
06:37d'accéder aux responsabilités,
06:39c'est aussi de savoir dans quelles conditions
06:41les femmes peuvent exercer ces responsabilités.
06:44Est-ce que vous avez le sentiment
06:45qu'aujourd'hui, les femmes sont pleinement à la table
06:47ou se prennent les décisions
06:48ou demeurent encore trop souvent
06:50en périphérie de ces cercles d'influence ?
06:52Alors, non, clairement,
06:54elles ne sont pas suffisamment nombreuses
06:56parce que vous parlez de cercles d'influence.
06:59Il y a l'élection.
06:59Et c'est vrai que lorsqu'on regarde
07:01un petit peu un panorama dans notre pays,
07:03il n'y a pas suffisamment de femmes.
07:05Nous n'avons que 22-23% de femmes mères
07:08dans notre pays.
07:09Donc, un quart des mères sont des femmes.
07:11Il n'y a qu'à peu près 35% des femmes
07:14présidentes de région.
07:16Ça n'est pas suffisant.
07:1735% de femmes sénatrices, députées, etc.
07:19Donc, on n'est pas encore dans le bon nombre.
07:23Mais surtout, les entourages ne sont pas féminisés.
07:26Quand vous regardez les directions de cabinet,
07:28les chefferies de cabinet, les conseillers, etc.,
07:30ça reste extrêmement masculin.
07:32Et on sait tous qu'une décision se construit
07:35avec des équipes.
07:36Et donc, c'est aussi la féminisation
07:38de ces équipes qu'il faut réaliser.
07:41Et on a encore pas mal de boulot à faire.
07:43L'idée, c'est de mettre des femmes autour de la table.
07:46C'est un sujet d'égalité.
07:48Mais c'est surtout un sujet
07:50pour prendre des décisions
07:52qui vont s'appliquer de façon juste
07:55à toute une population.
07:56Et on voit bien que, évidemment,
07:59des cercles masculins ne décident pas
08:01des mêmes choses que des cercles
08:02dans lesquels les femmes et les hommes
08:03sont représentés.
08:04Mais il faut aussi des jeunes à la table.
08:07Il faut aussi des plus âgés,
08:08des expériences différentes.
08:10Plus vous mettrez de mixité à la table
08:12des décisions, et pas seulement de genre,
08:14plus vous aurez des décisions
08:16qui correspondent à notre pays
08:18et à sa diversité.
08:19D'ailleurs, j'ai le sentiment
08:20que vous êtes très attachée
08:22à cette diversité, vous,
08:23et à cette mixité.
08:23Dans vos équipes, il y a beaucoup de femmes.
08:25Alors moi, dans mes équipes,
08:26elles sont parfaitement mixtes.
08:28Mon cabinet est paritaire.
08:29J'ai mis des femmes
08:30aux plus hautes responsabilités.
08:32Pour la première fois,
08:33à l'Assemblée nationale,
08:34la direction de cabinet
08:35est occupée par une femme.
08:36La chefferie de cabinet
08:37est occupée par une femme.
08:39Et je veille aussi
08:40à ce que mes équipes
08:41soient le plus représentatives.
08:43Donc j'ai des jeunes de 25 ans.
08:45Je crois que mon plus jeune
08:45dans mon équipe a 24 ans.
08:47Et mon plus âgé
08:48a pratiquement 60 ans.
08:49Donc je pense que c'est ça
08:49qu'il faut avoir de la diversité
08:51autour d'une table de décision.
08:53Alors, la commission
08:54Stéréotypes et Rôles Sociaux
09:11Vous écoutez la force de l'engagement
09:13sur Sud Radio
09:13et mon invité aujourd'hui
09:15est Yael Brunpivet,
09:16présidente de l'Assemblée nationale.
09:19Alors, depuis plusieurs années,
09:20on en parlait il y a quelques instants,
09:21les questions d'égalité
09:22suscitent parfois
09:23des réactions de plus en plus vives.
09:25Certains hommes ont le sentiment
09:27d'être mis en accusation,
09:28de perdre leur place
09:29dans une société en transformation.
09:31Comment, d'après vous,
09:32pouvons-nous faire transformer,
09:34progresser l'égalité
09:35sans que celle-ci soit perçue
09:36comme un jeu à somme nulle ?
09:38C'est un combat d'égalité,
09:40c'est un combat de justice.
09:41Et c'est cela qu'il faut rappeler,
09:44marteler.
09:45Et pour ce faire,
09:46il faut déjà bien éduquer nos enfants,
09:49bien éduquer nos filles,
09:51mais bien éduquer nos garçons
09:53et à cette égalité
09:56dans tous les aspects de la vie,
09:58que ce soit la vie quotidienne,
09:59la vie personnelle
10:00ou la vie professionnelle.
10:02Moi, je regarde,
10:02quand je vois mes enfants,
10:03j'ai cinq enfants,
10:04trois garçons, deux filles,
10:06je les ai élevés
10:07avec effectivement cette idée
10:09que chacun devait avoir une place,
10:12qu'il n'y avait pas
10:12de tâches réservées aux garçons
10:14et de tâches réservées aux filles,
10:16mais aussi qu'ils pouvaient embrasser
10:18les carrières professionnelles
10:20et la vie telle qu'ils le souhaitaient.
10:22C'est ça.
10:22En fait, il faut vraiment remettre
10:24du libre arbitre
10:26dans tout cela
10:27et remettre aussi
10:29de la responsabilité.
10:30On parle de l'engagement
10:32et vous l'avez très bien dit
10:33dans le fait que chacun
10:35doit être responsable
10:36de ces politiques-là.
10:37Et l'égalité,
10:39elle doit se vivre partout.
10:41Et l'égalité de genre
10:42doit se vivre partout.
10:43Et chacun en est responsable.
10:45Et chacun doit la faire vivre.
10:46Et là aussi,
10:47il faut en appeler
10:48au chef d'entreprise, etc.
10:50Parce que chacun a un rôle à jouer.
10:52Mais moi, je ne trouve pas
10:53que ce soit ni ringard
10:55ni dépassé.
10:57Au contraire.
10:58Et je pense que nos jeunes
10:59qui aspirent tant
11:00à vivre dans une société juste
11:03sont, mais dans une immense majorité,
11:05des fervents défenseurs
11:07de cette égalité-là.
11:08Donc moi, je ne suis pas très inquiète.
11:09Mais il faut continuer le combat
11:11parce que nous n'y sommes pas.
11:12Le plus grand risque,
11:13c'est de se dire,
11:14finalement, par exemple,
11:15elle est arrivée présidente
11:16de l'Assemblée nationale.
11:17Donc c'est fini.
11:18Il n'y a plus rien à faire
11:19dans les postes à responsabilité.
11:22Ça y est.
11:22Ce n'est pas vrai.
11:23Ça n'y est pas.
11:24Le compte n'y est pas.
11:25C'est comme si on se disait
11:27à chaque fois qu'une femme
11:28devient un chef d'entreprise
11:29d'une entreprise du CAC 40.
11:31C'est bon.
11:31On a coché la case.
11:33Non.
11:34Tant qu'il n'y aura pas
11:34au moins 20 entreprises du CAC 40
11:37qui auront eu à leur tête une femme,
11:39le compte n'y sera pas.
11:41Et donc, il faut continuer le combat
11:44parce que ça irrigue notre vie.
11:46L'autre jour, j'étais à Santé Expo.
11:49Eh bien, des femmes qui travaillent,
11:51qui font des entreprises de technologie
11:53sur la santé des femmes
11:55lèvent moins de fonds
11:57que les entreprises de technologie autres.
12:00Ça n'est pas normal.
12:01Parce que c'est pour nous,
12:03quand on parle de santé,
12:04une question de vie ou de mort.
12:05Ce n'est pas un combat simplement d'égalité.
12:07On voit bien que ça a des répercussions
12:08dans la société toute entière.
12:10C'est pour ça qu'il faut
12:10qu'on en fasse un combat commun.
12:12Alors, ce combat,
12:13ce sont les femmes qui l'ont porté
12:15pour l'essentiel.
12:17Est-ce qu'on est arrivé à un moment
12:18où les hommes doivent désormais
12:20s'engager davantage ?
12:21Les hommes politiques, bien sûr,
12:22mais pas que.
12:23Les hommes vraiment dans la société.
12:25Pas par solidarité,
12:27mais parce que cette question
12:28les concerne directement.
12:29D'après vous,
12:30quel rôle les hommes peuvent jouer
12:31dans cette transformation ?
12:32Alors, les hommes,
12:34historiquement,
12:34ont joué un grand rôle.
12:36On peut voir que, par exemple,
12:38sur le droit de vote des femmes,
12:39qui est accordé par De Gaulle en 1944.
12:41En fait, les premières propositions de loi
12:43sont déposées à l'Assemblée nationale
12:45en 1906 par des hommes.
12:47Donc, puisqu'il n'y a pas de femmes
12:48à l'Assemblée nationale à cette époque-là,
12:50nous n'avons pas le droit de vote.
12:51Donc, certainement pas le droit d'être élus.
12:53Et ce sont des hommes qui,
12:55à six reprises,
12:56vont voter le droit de vote des femmes
12:58à l'Assemblée nationale.
12:59Et la loi sera à chaque fois bloquée au Sénat.
13:01On peut penser que, par exemple,
13:03pour la contraception,
13:04on pense à la loi Neuwirth.
13:05C'est un homme qui porte ces sujets-là.
13:08Et Simone Veil,
13:09quand elle mène son combat
13:10pour la légalisation
13:12de l'interruption volontaire de grossesse,
13:14elle peut s'appuyer sur des hommes
13:15puisque, à l'Assemblée nationale,
13:16il y a moins de dix femmes députées.
13:18Donc, moi, je serais plus nuancée
13:20sur le fait que les hommes
13:21n'ont pas porté ces combats-là.
13:23Ils les portent.
13:24Et j'ai à l'Assemblée nationale,
13:25aujourd'hui,
13:26des hommes très engagés
13:27sur les sujets des droits des femmes.
13:29Je pense à Guillaume Gouffier-Valente.
13:31Je pense à Erwann Balanant
13:33qui sont des députés
13:35très moteurs sur ces sujets.
13:37Parce qu'à nouveau,
13:38ça n'est pas un combat de femmes.
13:40C'est un combat d'égalité.
13:41C'est un combat de justice républicaine.
13:44Et donc, on a besoin des hommes
13:46pour le mener.
13:47Mais on a besoin des hommes aussi
13:49à la tête d'entreprises
13:50puisque ce sont majoritairement eux
13:52qui le sont pour promouvoir
13:54au sein des entreprises
13:55des politiques d'égalité,
13:56égalité salariale,
13:58égalité parentale,
13:59égalité de carrière
14:00entre les femmes et les hommes
14:02quand il y a des projets
14:03de grossesse, etc.
14:05On a besoin que tout le monde s'engage.
14:06Si on le voit
14:08comme un combat de femmes
14:09contre les hommes,
14:10on a perdu d'avance.
14:11On a perdu d'avance.
14:12Donc, il faut embarquer tout le monde
14:13dans ce combat
14:15parce que c'est un combat
14:17qui est utile à notre pays.
14:19C'est des points de croissance en plus,
14:21les politiques d'égalité.
14:23Ce n'est pas juste quelque chose
14:24pour se faire plaisir.
14:25C'est quelque chose
14:27qui bénéficiera
14:28à la société dans son ensemble.
14:30Et puis, c'est gagnant-gagnant
14:31pour les deux.
14:31Exactement.
14:32C'est gagnant-gagnant.
14:55Que les débats à l'Assemblée nationale
14:56puissent se dérouler
14:57le plus sereinement possible
14:59et qu'on ne juge pas
15:00les convictions des uns et des autres.
15:03Et on avait besoin
15:04qu'elles puissent s'exprimer
15:05dans l'hémicycle.
15:06Et ça a été le cas.
15:09Maintenant, je crois aussi
15:10qu'il faut que ceux
15:12qui sont contre cette loi
15:14et c'est leur droit
15:15entendent la souffrance
15:18de certains de nos compatriotes
15:20et le besoin
15:22que certains peuvent avoir
15:25d'accéder
15:26à cette aide à mourir.
15:28Et il ne faut pas justement
15:30que les convictions des uns
15:31s'opposent aux convictions des autres.
15:33Et c'est pour ça
15:34que moi, je me bats pour cette loi
15:35parce que ça n'est pas
15:36le cas de cette loi.
15:37Cette loi est une loi de liberté
15:38qui n'impose rien à personne
15:40mais qui laisse le choix.
15:41Et pour moi,
15:44notre société doit pouvoir
15:45justement laisser ce choix
15:47et accepter de considérer
15:50la douleur
15:51que peuvent vivre
15:53certains de nos compatriotes
15:54et de respecter cette douleur
15:56et de respecter le chemin
15:58qu'ils font.
16:00Et je ne vois pas au nom de quoi
16:02certains imposeraient
16:04justement leur conviction,
16:07parfois même leur croyance religieuse.
16:09Ils ont le droit de croire
16:11et on ne leur demandera jamais
16:15de se prononcer
16:17ou d'agir contre leur croyance
16:19ou leur conviction.
16:20Mais qu'ils ne demandent pas
16:22l'inverse aux autres.
16:23Alors vous défendez l'idée
16:25d'une société de l'engagement.
16:26Je vous ai souvent entendu dire cela.
16:29Qu'est-ce que vous entendez
16:30précisément par cette expression ?
16:31C'est une société qui est composée
16:36de personnes qui se disent
16:38qu'ils ont quelque chose à apporter.
16:41à la société dans laquelle
16:42ils s'inscrivent.
16:43Que vivre,
16:45ce n'est pas juste avoir
16:46un parcours individuel
16:48ou un parcours
16:49qui s'arrête au mur
16:51de la maison et de sa famille.
16:53Il faut se projeter
16:55vers les autres
16:55et se dire qu'on a
16:57quelque chose à apporter
16:58dans cette société,
17:00sur cette terre,
17:01qu'on a quelque chose
17:02à apporter au collectif.
17:03Et c'est aussi
17:04se dire que
17:06tout ne dépend pas des autres.
17:08C'est trop facile
17:09de se dire
17:10les pouvoirs publics,
17:12le président de la République,
17:13il ne fait pas ci,
17:14il ne fait pas ça,
17:15on devrait faire autrement.
17:17Et puis de se dire ça
17:18du fond de son canapé.
17:20Moi, j'ai envie de dire aux gens
17:21bougez-vous,
17:22levez-vous,
17:23vous avez une place à prendre
17:25mais un rôle à jouer.
17:26Et c'est pour ça,
17:27par exemple,
17:27que quand je parle
17:28des politiques d'égalité,
17:30qu'on parle
17:31de promouvoir
17:33les femmes,
17:34etc.,
17:35les entreprises
17:36ont quelque chose
17:37à voir là-dedans.
17:38On pourra voter
17:39beaucoup de lois
17:40et on en a voté beaucoup.
17:41Mais ça ne peut pas
17:42venir d'en haut.
17:42Et puis l'État
17:43ne peut pas tout faire.
17:43L'État ne peut pas tout faire.
17:45Et donc chacun doit se dire
17:46mais qu'est-ce que moi
17:47je peux apporter
17:47à cette société
17:48en tant que chef d'entreprise ?
17:50On parle du chômage
17:51des seniors.
17:53Mais c'est quoi
17:53toutes ces entreprises
17:54qui, à partir de 55 ans,
17:56virent leur cadre supérieur
17:59qui, soi-disant,
18:00seraient trop vieux ?
18:01Certains ont consacré
18:02leur vie à cette entreprise
18:03et pour autant, à 55 ans,
18:05ils ne sont plus bons
18:05pour le service.
18:06C'est inadmissible.
18:08On ne va pas faire des lois
18:09pour l'empêcher
18:09mais les chefs d'entreprise
18:12devraient se regarder
18:13dans la glace
18:14et se dire
18:14mais en fait,
18:15quel est le parcours
18:16que je réalise
18:18pour les personnes
18:19seniors de 55 ans
18:20à 65 ans ?
18:21On parle de reculer
18:22l'âge de la retraite
18:23mais on pourra le reculer
18:24autant qu'on veut
18:25si les entreprises
18:26ne jouent pas le jeu
18:27et ne procurent pas
18:30une place
18:31dans leurs entreprises,
18:32en leur sein
18:34aux seniors.
18:35Puis à 55 ans,
18:35on n'est pas seniors.
18:36Moi, j'ai 55 ans,
18:38je ne me considère pas
18:39comme seniors.
18:39Moi, j'en ai plus.
18:41Donc, vous voyez,
18:42en fait,
18:42et c'est là
18:42où il faut vraiment
18:44que chacun s'engage
18:45parce qu'autrement,
18:46on n'y arrivera pas
18:47et tout ne peut pas
18:48venir d'en haut.
18:49Alors, on va rentrer
18:50dans la présidentielle
18:53dans un peu de temps.
18:54Tout ça se prépare.
18:55Les meetings ont déjà
18:56commencé d'ailleurs.
18:57Vous avez vous-même
18:58déclaré que l'heure
18:59n'était pas aux candidatures
19:00individuelles
19:01mais qu'il fallait d'abord
19:02se mettre autour
19:03de la table
19:03pour construire
19:04un projet commun.
19:05Alors moi,
19:05j'ai envie de vous demander
19:06avec qui vous avez
19:08le désir et la conviction
19:09de bâtir ce projet commun ?
19:11Alors en ce moment,
19:12moi, j'échange
19:12avec tous les responsables
19:14politiques de ma famille,
19:16politique évidemment
19:17et plus largement
19:20les modérés
19:21qui pensent
19:22qu'il faut être nuancés
19:25dans les propositions
19:26que l'on fait
19:26pour notre pays
19:27et qui ont envie
19:28de se parler.
19:29Et moi, en fait,
19:31pourquoi je dis
19:32il faut se mettre
19:32autour de la table
19:33pour essayer
19:33de construire
19:34un projet commun ?
19:35C'est que je ne crois pas
19:36en la figure
19:38du président de la République
19:40qui résoudrait tout
19:41à lui tout seul.
19:42Quand je parle
19:43de la société
19:43de l'engagement
19:44en disant
19:45chacun a quelque chose
19:46à apporter,
19:47eh bien c'est la même chose
19:48pour construire
19:49un projet politique
19:50et après le mettre
19:50en œuvre.
19:51Si vous avez
19:52un président
19:53de la République
19:55qui a les meilleures
19:57idées du monde
19:58mais s'il n'est pas
19:59suivi par un collectif
20:00d'hommes et de femmes
20:01politiques
20:01qui veulent porter
20:02ce projet
20:03mais s'il n'est pas
20:04suivi par une société
20:06qui veut porter ce projet
20:07on n'y arrivera pas.
20:08Et c'est la raison
20:09pour laquelle moi
20:09je dis d'abord
20:10plaçons le collectif
20:12soyons formant
20:13une équipe
20:14qui veut transformer
20:16la France
20:16qui veut avancer
20:18et après
20:19on choisira
20:20le leader
20:21mais ne nous disons pas
20:23que c'est
20:24rangez-vous derrière
20:25mon panache blanc
20:26parce que ça ne marchera pas
20:27tout simplement
20:28ce n'est pas une question
20:28de personne
20:29ça ne marchera pas
20:30et les Français
20:31qu'est-ce qu'il se passe
20:32à chaque fois ?
20:33Ils sont déçus
20:34parce que ça ne marche pas
20:35ils ne veulent plus de ça
20:37ils ne pensent plus
20:38au sauveur suprême
20:39donc il faut qu'on leur apporte
20:40quelque chose d'autre
20:41c'est ce que j'essaye de faire
20:42aussi à l'Assemblée nationale
20:43en disant
20:44construisons du collectif
20:46faisons des ponts
20:47les uns
20:48envers les autres
20:49essayons de travailler ensemble
20:51au-delà de nos partis politiques
20:53parce que je crois
20:54que c'est ça
20:54la bonne méthode
20:55les Français
20:56n'en supportent plus aussi
20:57l'autre jour
20:58je faisais un café citoyen
20:59ce qu'ils ne supportent plus
21:01c'est
21:02oh là là
21:02c'est mon opposant
21:03donc tout ce qu'il fait
21:04c'est mal
21:06cette alternance
21:07dire
21:07on va arriver
21:08donc on va défaire
21:09tout ce qu'a fait l'autre
21:10et nous
21:11on va faire mieux
21:12mais ça
21:13c'est du rêve
21:15ça ne marche pas
21:17et puis vous savez
21:18quand on fait cette alternance là
21:20en fait on tourne en rond
21:21parce que les changements de cap
21:22tous les 5 ans
21:23ça ne mène nulle part
21:25et donc je pense
21:25qu'il faut qu'on réussisse
21:26à avancer ensemble
21:27pour éviter justement
21:28ces changements de cap
21:29intempestifs
21:30et construisons du collectif
21:32c'est ce qui se passe
21:33partout dans notre pays
21:34dans nos familles
21:35on construit du collectif
21:36dans les entreprises
21:37on construit du collectif
21:38j'ai été bénévole
21:39pendant des années
21:40au reste du coeur
21:41on construit du collectif
21:42dans une association
21:43parce qu'on a un horizon commun
21:45et bien construisons enfin
21:46du collectif en politique
21:47c'est ça en tout cas
21:48la vision que j'ai aujourd'hui
21:50pour notre pays
21:51et bien merci beaucoup
21:52Yann Brond-Pizier
21:53cette conversation va se terminer
21:54pour ma part
21:55en tout cas
21:56j'espère que
21:57j'ose espérer
21:58que contrairement aux 18%
21:59d'hommes qui pensent
22:00qu'une femme ne peut pas
22:01gouverner notre pays
22:01nous aurons enfin
22:02un jour
22:03une femme présidente
22:05de la France
22:06la force de l'engagement
22:07c'est chaque dimanche
22:08à 15h sur Sud Radio
22:09vous pouvez retrouver
22:10l'intégralité de l'émission
22:12sur sudradio.fr
22:13et sur toutes les plateformes
22:14de podcast
22:14je vous donne rendez-vous
22:16dimanche prochain
22:17même heure
22:18même énergie
22:18et je vous souhaite
22:19un excellent
22:20fin
22:20enfin une excellente
22:21fin de week-end
22:22c'était la force
22:23de l'engagement
22:24avec AJP
22:26épargne
22:27retraite
22:27assurance emprunteur
22:29prévoyance
22:29santé
22:30AJP
22:31Sous-titres par Jérémy Diaz
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