- il y a 6 heures
Avec Guillaume Gouffier Valente, député du Val de Marne et vice-president de la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée Nationale
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-06-14##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:18l'émission qui la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Mon invité est Guillaume Gouffier-Valente, député du Val-de-Marne
00:25et vice-président de la délégation aux droits des femmes
00:28et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes,
00:30entre les femmes et les hommes plutôt à l'Assemblée Nationale.
00:33Ensemble, nous allons parler d'engagement masculin, d'égalité,
00:36mais aussi de ce moment particulier où les avancées en matière d'égalité
00:41coexistent désormais avec des résistances de plus en plus visibles.
00:44Mais avant de vous donner la parole, Guillaume,
00:46je vous propose de nous engager contre la peur de l'égalité.
00:50Depuis plusieurs années, les droits des femmes occupent enfin une place centrale dans le débat public.
00:55Les violences sexistes et sexuelles ne sont plus totalement invisibles.
01:01Les féminicides sont désormais nommés.
01:04Le contrôle coercitif commence à être compris.
01:06Les entreprises se saisissent davantage des violences intrafamiliales.
01:10Les institutions produisent des rapports.
01:12Les médias ouvrent des espaces de parole.
01:14Et MeToo a profondément déplacé les lignes du silence.
01:18Mais derrière cette apparente progression,
01:20quelque chose est néanmoins en train de se produire.
01:23Une forme de fatigue collective autour de l'égalité,
01:26comme si une partie de la société considérait désormais que le sujet serait allé trop loin.
01:30Comme si parler des droits des femmes devenait excessif
01:33dès lors que cela interroge réellement les rapports de pouvoir.
01:3760% des hommes estiment aujourd'hui que les féministes ont des demandes exagérées.
01:4139% considèrent que le féminisme menace la place et le rôle des hommes dans la société.
01:46Et 13% des hommes et 8% des femmes doutent qu'une femme puisse exercer la fonction de présidente
01:53de la République.
01:54Cette vision apparaît précisément au moment où l'égalité commence à produire des effets concrets
01:58dans le travail, dans la politique, dans la sexualité, dans la famille,
02:02dans les représentations du masculin,
02:04et surtout dans la remise en cause de certains privilèges,
02:07longtemps considérés comme naturels.
02:09Disons-le clairement, l'égalité n'est pas seulement une affaire de principe,
02:13c'est une transformation profonde de l'organisation sociale.
02:17Et c'est précisément pour cela que les résistances se durcissent.
02:21Avec la montée des discours masculinistes,
02:23dans les attaques contre l'éducation en la vie affective et relationnelle à l'école,
02:27dans les débats sur la natalité,
02:29dans le retour de visions politiques où les femmes redeviennent progressivement
02:33un enjeu économique, identitaire ou national.
02:36On l'observe aussi dans certains débats économiques.
02:40Le travailler plus pour gagner plus,
02:41la valorisation permanente de l'allongement du temps de travail,
02:44le travail du dimanche,
02:45la défiscalisation des heures supplémentaires.
02:48Notre société continue de penser les politiques publiques
02:50à partir d'un modèle implicite,
02:53celui d'un individu totalement disponible pour le travail,
02:55un modèle historiquement masculin
02:57qui repose encore sur une réalité invisible,
03:00un temps domestique,
03:02le soin, la charge familiale,
03:04majoritairement assumée par les femmes.
03:06Pendant ce temps-là, les féminines se tannent,
03:08les violences persistent,
03:09les inégalités économiques demeurent massives.
03:12Et une partie du débat public
03:13semble davantage préoccupée par la fatigue des hommes
03:16face au féminisme que par la fatigue des femmes
03:18face aux inégalités.
03:20Alors peut-être faudrait-il rappeler une chose essentielle,
03:23l'égalité n'est pas un confort idéologique,
03:26ce n'est pas une option culturelle,
03:28ce n'est certainement pas une menace,
03:30c'est une condition démocratique fondamentale.
03:33Sud Radio, la force de l'engagement,
03:35Muriel Réus.
03:37Aujourd'hui dans la force de l'engagement,
03:38je donne la parole à Guillaume Gouffier-Valente,
03:41député du Val-de-Marne,
03:42vice-président de la délégation aux droits des femmes
03:44et à l'égalité des chances
03:46entre les femmes et les hommes,
03:47à l'Assemblée nationale.
03:49Bonjour Guillaume.
03:50Bonjour Muriel.
03:51Je serais très heureuse de vous avoir à mes côtés aujourd'hui.
03:54Alors depuis plusieurs années,
03:56vous portez au Parlement les questions liées
03:58aux violences faites aux femmes,
03:59à l'égalité professionnelle,
04:00aux droits reproductifs,
04:02à la place des femmes dans les espaces de pouvoir.
04:06Votre engagement vient aussi de votre histoire personnelle,
04:08c'est ce qu'on a partagé en préparant cette conversation,
04:11une mère ouvrière, une famille monoparentale,
04:14les difficultés qu'elle a traversées.
04:16Alors finalement, est-ce qu'on peut se poser cette question,
04:18est-ce que l'engagement pour l'égalité
04:20n'est souvent moins d'une idéologie,
04:22mais plutôt d'une expérience intime
04:24de l'injustice que certaines femmes ont pu vivre ?
04:27Merci de me poser cette question personnelle.
04:30C'est rare que je l'évoque,
04:31et c'est au cœur bien entendu de cet engagement
04:33qui pour moi est fondamental
04:34dans les raisons qui un jour m'ont conduit
04:38à rentrer dans l'engagement associatif,
04:40puis politique,
04:40et puis dans l'exercice de mon mandat.
04:42Et c'est bien une expérience,
04:44plus qu'une idéologie qui m'a mené à ça,
04:46l'expérience transmise par ma mère,
04:49par notre mère, mon frère et moi,
04:51d'une famille monoparentale.
04:52C'est très bien avec mon père,
04:54mais c'est ma mère qui a pris toute la charge,
04:56tout de même, au quotidien.
04:58Et notre mère, en fait,
04:59elle va beaucoup nous parler.
05:01Elle va nous raconter ses journées,
05:02on va tout vivre avec elle.
05:04Les bons moments,
05:05et c'est important,
05:06les moments plus difficiles,
05:08le chômage, les pertes d'emploi,
05:09dans un milieu ouvrier en fait,
05:11c'est dans ce secteur-là qu'elle travaillait
05:12avant que l'imprimerie disparaisse,
05:14enfin dans les imprimeries,
05:15avant que les imprimeries rencontrent
05:17des grandes difficultés dans notre pays
05:18dans le cours des années 2000 et 2010.
05:22Les violences d'un ex-conjoint
05:24et menaces courtes,
05:26mais sur un moment qui,
05:27quoi qu'il arrive, marque.
05:29Et elle ne va cesser, en fait,
05:31de nous parler,
05:32de nous transmettre,
05:33de nous conscientiser.
05:36Et je pense que ce qu'elle a beaucoup fait
05:38sur les inégalités de cette société
05:41entre les femmes et les hommes.
05:42Et moi, je me suis toujours dit
05:44que ce n'était pas juste.
05:44Je me souviens de cet exemple
05:46qui est très parlant,
05:47d'elle nous racontant
05:48qu'elle s'était vue refuser un job.
05:52On était à ce moment-là dans le Nord.
05:53On était tout petit,
05:556-7 ans,
05:56et chacun nous racontait
05:57qu'elle n'a pas pu avoir ce job
05:58parce qu'on lui avait demandé
05:59de se justifier de son divorce
06:01lors de l'entretien.
06:02C'était il y a 30 ans,
06:04mais au fond, c'était hier.
06:06Et je pense que ça existe
06:07dans beaucoup de situations encore.
06:08Elle nous a conscientisés.
06:09Elle nous a conscientisés
06:10sur l'importance de se mobiliser
06:11pour construire une société plus juste
06:12et qu'au cœur de ça,
06:13il y avait l'importance de se battre
06:16pour l'égalité entre les femmes
06:17et les hommes.
06:18Puis elle nous a transmis
06:19quelque chose d'important aussi,
06:20l'espoir.
06:21Je l'ai toujours vue debout,
06:23battante,
06:23même dans les moments difficiles,
06:25être convaincue que demain
06:27serait mieux qu'aujourd'hui.
06:30Ça nous a transmis ça.
06:31Et puis quand même,
06:33vous dire que cette expérience,
06:35elle est prolongée largement
06:36par la femme
06:36avec qui je partage ma vie
06:38depuis près de 20 ans
06:41et où là aussi,
06:42à l'expérience qu'on vit,
06:43je peux mesurer les inégalités.
06:45Je pense à une inégalité
06:46profondément structure
06:47dans notre société,
06:48la charge mentale.
06:49On voit que même
06:50en étant engagé aujourd'hui,
06:51on voit qu'il y a
06:52une inégalité terrible
06:54entre les femmes et les hommes,
06:55même quand,
06:56comme moi,
06:56on veut être engagé,
06:57comme ma femme,
06:58on veut être engagé.
06:59Cette charge mentale
07:00qui est une injonction de société
07:01et qui repose exclusivement
07:03sur les femmes,
07:05tout particulièrement
07:06quand on commence
07:07à fonder une famille,
07:08par exemple.
07:09La force des femmes,
07:10on va dire ça.
07:12Alors vous dites aussi
07:13aujourd'hui
07:14que les hommes politiques
07:15sont de moins en moins nombreux
07:16à s'engager publiquement
07:18sur les questions d'égalité.
07:19D'abord,
07:20ont-ils été à un moment
07:21nombreux à le faire ?
07:22Pourquoi c'est si difficile
07:24dans le champ de politique
07:25pour des hommes
07:26de faire de l'égalité
07:27femmes-hommes
07:28un combat central et assumé ?
07:29Pourquoi c'est si difficile pour eux ?
07:32Déjà,
07:33oui,
07:33je trouve qu'ils sont
07:34de moins en moins nombreux
07:35à être engagés.
07:36On en a qui accompagnent,
07:37qui valident.
07:38Souvent,
07:38il faut se battre durement
07:40pendant des mois
07:41pour les convaincre
07:42d'aller sur un combat.
07:43Et ils accompagnent,
07:44mais ils ne rentrent pas
07:44entièrement dedans.
07:45Ils ne le portent pas au quotidien.
07:46Ils ne vont pas venir
07:46dans toutes les réunions.
07:48C'est ce qui me fait dire
07:49aujourd'hui que je vois
07:50trop peu d'hommes
07:51être engagés sur le sujet,
07:53c'est-à-dire mettre
07:53ce sujet de l'égalité
07:54entre les femmes et les hommes
07:55et les droits des femmes
07:56au cœur de leur engagement
07:58et être mobilisés
08:00sur toutes les réunions,
08:00sur tous les combats
08:01et qu'on est trop peu
08:03nombreux sur ces sujets.
08:05Alors pourquoi ?
08:06En prenant la question,
08:08déjà parce que je pense
08:09que les stéréotypes
08:09sont profondément ancrés
08:11dans nos sociétés,
08:12une société inégalitaire
08:13et une inégalité
08:14qui ne remonte pas
08:15à 10-15 ans.
08:17Elle est structurelle
08:18depuis toujours.
08:19Et je pense qu'elle nous habite
08:20toutes et tous,
08:22et tous particulièrement.
08:24Et donc je pense
08:25qu'on trouve
08:25une des raisons
08:26dans une première raison-là.
08:29Une deuxième raison,
08:30c'est que je pense
08:31que trop d'hommes
08:32ne comprennent pas,
08:33et la très grande majorité
08:34des hommes ne comprennent pas
08:35qu'il ne s'agit pas
08:36que d'un combat
08:37pour l'égalité
08:38ou pour l'exemplarité.
08:39Il s'agit d'un combat
08:40pour améliorer
08:41notre société.
08:42Et que si on réussit
08:43cette transformation
08:44d'aller vers une société égalitaire,
08:46on aura une société
08:47plus juste,
08:48plus efficace,
08:49plus apaisée.
08:50Regardons le modèle suédois
08:51par exemple.
08:52Ils sont plus productifs.
08:53Je pense que ça pourrait
08:54faire venir beaucoup d'hommes
08:55dans ces combats.
08:56en comprenant qu'une société
08:58dans laquelle il y a l'égalité,
09:00les décisions publiques
09:01et privées
09:01sont plus solides
09:02et se mettent
09:03de manière plus efficace
09:05en place.
09:05Pourtant,
09:06il y a eu MeToo,
09:06quand même.
09:07Il y a eu un phénomène mondial,
09:08une libération
09:09de la parole sans précédent.
09:10On a eu des lois,
09:11des dispositifs,
09:12des débats publics.
09:13Vous,
09:13vous avez intégré
09:14la délégation
09:15aux droits des femmes
09:15avant 2017,
09:16avant MeToo,
09:17avant même
09:18cette déflagration.
09:19Est-ce que vous pensez
09:20avec le recul
09:21que MeToo
09:21a quand même joué un rôle
09:23ou vous pensez
09:24qu'au fond,
09:25non ?
09:26Oui, quand même.
09:27Il y en a un après.
09:28C'est un moment majeur
09:32qui intervient
09:33dans un moment
09:33où,
09:34je pense que
09:35sur la lutte
09:35contre les violences
09:36sexuelles et sexistes,
09:37qui est un fléau
09:38absolu
09:39de nos sociétés
09:40et de notre société française
09:41depuis toujours,
09:43on est dans un moment
09:44où ce sujet
09:45passe
09:46de la sphère privée
09:48dans laquelle
09:48il était enfermé,
09:49de faits divers
09:50quand il était évoqué,
09:52à un sujet
09:53de société majeure.
09:55un sujet public.
09:56Et MeToo
09:57lui donne une résonance
09:58extraordinaire
09:59qui va nous permettre
10:00de travailler secteur
10:01par secteur
10:01parce qu'à l'époque,
10:03on voyait d'un seul coup
10:03le secteur du cinéma,
10:06puis le secteur économique,
10:07puis celui du sport.
10:09En fait,
10:09c'est tous les secteurs
10:10qui sont concernés.
10:11Tous,
10:12notre société entière
10:15est concernée
10:15par ce phénomène
10:17de violence
10:17envers les femmes
10:18et envers les enfants.
10:20D'ailleurs,
10:20MeToo a permis
10:21de mieux comprendre
10:23ces violences.
10:24Des violences
10:25qui ne sont pas
10:26réservées aux coûts physiques.
10:28Les violences,
10:28elles commencent
10:28dès les premiers maux,
10:29dès les premières brimades
10:31et elles sont insupportables.
10:33Donc,
10:34MeToo va nous permettre
10:35à ce moment-là
10:36d'avoir un moment
10:37déflagrateur,
10:37je pense,
10:38dans le monde entier,
10:39dans notre société.
10:40Ça va donner naissance
10:41à des lois importantes.
10:43Mais objectivement,
10:44nous ne sommes pas allés
10:45assez loin.
10:46On n'est pas allés
10:46assez loin
10:47quand on voit
10:47les chiffres
10:48aujourd'hui dramatiques
10:48et j'ai l'habitude
10:49de dire,
10:50huit ans après MeToo,
10:53on reste à un niveau
10:55astronomique
10:56de violence.
10:57Plusieurs centaines
10:58de milliers de victimes
10:59par an,
10:59plusieurs millions
11:00en tout dans notre société,
11:02plus d'une centaine
11:04de féminicides,
11:05des suicides forcés.
11:06C'est un sujet
11:06qu'on n'évoquait pas avant
11:07MeToo,
11:08mais des femmes
11:08qui se suicident
11:09sous la pression
11:10de leurs conjoints.
11:12Plusieurs centaines
11:14recensées par le collectif
11:15de l'autre.
11:16Oui, on arrive
11:16à 1038.
11:18Et qui sont insupportables.
11:19Et sur ça,
11:20comme tout le collectif,
11:21nous avons besoin
11:22d'une loi intégrale.
11:24Et avec les financements
11:25qui vont avec,
11:26et c'est un sujet majeur,
11:27je pense,
11:29des mois
11:29qui sont devant nous.
11:30Alors,
11:31quand on regarde aujourd'hui
11:32la montée des discours masculinistes,
11:34les tensions autour de l'Evards,
11:35l'éducation,
11:36la vie sexuelle et affective,
11:37les débats sur la natalité,
11:39est-ce que vous pensez
11:41qu'on est simplement
11:42face à des crispations passagères
11:44ou est-ce qu'on est en train
11:45d'entrer dans une véritable
11:46contre-offensive idéologique,
11:48on en parle juste après la pause.
11:50Retrouvez la force de l'engagement
11:52avec Agipi,
11:53épargne,
11:54retraite,
11:55assurance emprunteur,
11:56prévoyance,
11:57santé.
11:59Sud Radio,
12:00la force de l'engagement,
12:0215h,
12:0315h30,
12:04Muriel Rius.
12:04Donnez la parole à ceux
12:05et celles qui font bouger la société,
12:07c'est sur Sud Radio,
12:08c'est la force de l'engagement.
12:09Aujourd'hui,
12:09avec Guillaume Gouffier-Vallant,
12:11député du Val-de-Marne,
12:12vice-président de la délégation
12:13aux droits des femmes
12:14et à l'égalité des chances
12:16à l'Assemblée nationale,
12:17nous nous engageons
12:18contre peut-être
12:18ce qu'on appelle
12:19la fatigue de l'égalité,
12:20mais nous nous engageons
12:21vraiment contre.
12:22Alors,
12:22en la pause,
12:23je vous demandais,
12:24Guillaume,
12:24si on assistait,
12:25d'après vous,
12:26à une véritable
12:27contre-offensive idéologique.
12:28J'ai un peu la réponse,
12:30mais j'aimerais la vôtre.
12:31Oui,
12:32clairement,
12:33on est en train de vivre
12:34une contre-offensive idéologique
12:35qui est cyclique.
12:36Dans les travaux
12:37que j'ai pu mener
12:38dernièrement
12:39à l'Assemblée nationale
12:40avec ma collègue
12:41Marie-Noël Batistel,
12:43notamment,
12:44et Véronique Riotton
12:45et tant d'autres,
12:46on voit bien que
12:47c'est des contre-offensives
12:49qui reviennent
12:49de manière assez régulière.
12:50On le voit
12:51dans les travaux
12:51de Suzanne Faloudi
12:52qui écrivait
12:53Clash,
12:54pas il y a deux ou trois ans,
12:55mais en 1991.
12:56Ça revient de manière
12:57assez régulière.
12:58Par contre,
12:59on peut être frappé
13:00par l'intensité
13:01de la contre-offensive
13:02que nous connaissons
13:02aujourd'hui
13:03qui s'est profondément
13:06renforcée
13:07durant le Covid.
13:08C'est important de le dire
13:09puisque un certain nombre
13:10de mouvements,
13:11de financements,
13:12de leaders associatifs
13:13ou politiques
13:14ou de think tanks
13:15vont, on va dire,
13:16se fédérer
13:16durant cette période
13:17et vont assumer
13:18d'aller dans le champ politique
13:19pour combattre
13:20durement,
13:21âprement,
13:22les droits des femmes,
13:23l'égalité entre les femmes
13:24et les hommes
13:26au nom de la défense
13:27d'un modèle patriarcat
13:28qui pourrait répondre
13:29aux difficultés
13:30que connaissent
13:30nos sociétés
13:31aujourd'hui.
13:33Et puis,
13:33ils vont plus loin même
13:34dans cette contre-offensive
13:35parce que
13:35ce qu'ils visent
13:37à travers, au fond,
13:38les attaques
13:39envers les droits des femmes,
13:41les droits des filles,
13:42de l'égalité,
13:43c'est tout simplement
13:44le modèle démocratique.
13:45Et on voit aujourd'hui
13:46ces attaques-là,
13:47les mêmes personnes
13:48qui attaquent
13:48l'État de droit,
13:49par exemple,
13:49et qui remettent en question
13:50la séparation des pouvoirs,
13:52la hiérarchie des normes,
13:53le multilatéralisme.
13:54Et donc,
13:55c'est quelque chose
13:55qui doit nous préoccuper
13:57de manière importante,
14:00notamment avec une déclinaison
14:02aujourd'hui
14:02à travers des mouvements
14:03violents,
14:04des mouvements
14:04dits masculinistes
14:06qui disent clairement
14:08aux hommes
14:09de s'assumer
14:09tels qu'ils sont.
14:10Et là,
14:10on observe que
14:10les combats
14:11pour les droits des femmes,
14:12c'est des combats
14:12qui prennent souvent
14:13des décennies
14:13pour aboutir.
14:14Les combats des masculinistes,
14:16on a l'impression
14:16que c'est un retour au naturel
14:18en quelques semaines
14:19et de manière
14:21violente.
14:21Très violente.
14:23Et qui crée
14:24beaucoup d'inquiétudes
14:25avec des menaces d'attentat
14:26qui ont été déjouées
14:27par nos forces de l'ordre
14:28ces derniers temps.
14:30une menace
14:30à prendre en compte
14:31pour la sécurité,
14:32bien entendu,
14:33de nos concitoyens.
14:33En fait,
14:34des menaces
14:34à prendre en compte
14:35pour la sécurité
14:36de notre modèle démocratique.
14:38Alors on voit,
14:39on va rentrer
14:40dans une période
14:41de discussion
14:42programmatique,
14:43va-t-on dire,
14:43avec la prochaine présidentielle.
14:45Qu'est-ce que vous voyez
14:47revenir dans certaines
14:48logiques économiques ?
14:49Qu'est-ce que vous voyez
14:50revenir dans ces mesures
14:51qui parfois sont présentées
14:52comme universelles
14:53alors qu'en réalité,
14:54peut-être qu'on peut
14:55se poser la question
14:55du renforcement
14:56des inégalités
14:57entre les femmes
14:57et les hommes ?
14:58Est-ce que vous percevez
14:59des choses qui sont
15:00un peu inquiétantes
15:00dans ce qui se prépare ?
15:02Oui,
15:03dans ce qui se prépare.
15:04Alors,
15:05dans les premières,
15:06déjà,
15:07c'est toutes les mesures
15:08liées au débat
15:11sur la crise démographique
15:13à laquelle on serait confronté.
15:14La natalité,
15:17la natalité,
15:18du désarmement,
15:19des mots très militaires,
15:21très groyeurs,
15:22on va dire,
15:23des mots utilisés.
15:25Et en fait,
15:26qui renvoie à une chose,
15:27c'est que les difficultés
15:28de notre société,
15:30un certain nombre d'hommes,
15:31exclusivement des hommes,
15:32les solutions qu'ils voient
15:34pour apporter,
15:35les solutions qu'ils trouvent,
15:37c'est essentiellement
15:38dans la défense
15:38ou l'entour,
15:39au modèle patriarcal,
15:40et donc de faire reposer
15:41toutes les causes
15:42et les solutions
15:43sur les femmes
15:45et le corps des femmes,
15:46comme si les femmes
15:47étaient une industrie
15:49et qu'on pouvait
15:49les réquisitionner
15:50pour relancer ça.
15:51Là, je pense
15:52qu'il y a une erreur majeure.
15:53C'est souvent des mots
15:54évoqués d'ailleurs
15:55par des hommes
15:57qui n'ont pas d'enfants,
15:58qui donnent beaucoup
15:59de conseils
16:00et qui feraient mieux
16:01de se poser
16:02avant de parler
16:03du sujet.
16:05Moi, j'ai des convictions
16:06bien différentes.
16:07On voit l'excellent livre
16:08d'Anne-Cécile Melfort
16:09que vous receviez
16:10il y a quelques jours
16:11sur la panique démographique.
16:12Moi, je pense
16:13qu'il n'y a pas
16:13de problème démographique.
16:15Actuellement,
16:15on n'a jamais été
16:16aussi nombreux
16:16dans le monde
16:17et en France.
16:18Par contre,
16:19on a des sujets
16:19comme le vieillissement
16:20de la population,
16:21comme le financement
16:21de notre modèle.
16:22Il faut trouver
16:23les solutions adéquates
16:24par exemple
16:24sur le financement
16:25de notre modèle.
16:25Il ne faut pas
16:26que ça repose exclusivement
16:27sur les salariés,
16:29les travailleuses
16:29et les travailleurs.
16:30Il faut diversifier
16:31le financement
16:31par exemple
16:32en allant sur
16:33la consommation.
16:34Par contre,
16:35mettre toute la charge
16:36de la responsabilité
16:37sur les femmes
16:38de plaider
16:39d'une certaine manière
16:40le retour
16:41à un modèle patriarcat,
16:43ça je dis clairement
16:43non,
16:44parce que c'est
16:45nous enfermer
16:45dans une société
16:46inégalitaire,
16:47injuste
16:48et source de conflits.
16:49Je pense qu'il y a
16:50un autre chemin
16:51que nous pouvons
16:52et que nous devons trouver.
16:53Après,
16:54il y a le sujet
16:54de la natalité,
16:56de notre société,
16:57il y a un désir
16:58d'enfant qui diminue,
17:00on veut moins d'enfants,
17:01peut-être aussi
17:01parce qu'on veut
17:02passer plus de temps
17:03qu'en temps
17:03dans un acte,
17:04peut-être parce qu'on
17:05a le droit aussi
17:06de ne pas,
17:06bien entendu,
17:07en vouloir.
17:08Il faut vraiment regarder
17:09les causes
17:10qui font que
17:11ce désir baisse
17:12ou qu'on a des enfants,
17:14qu'on a moins d'enfants.
17:15On en a moins
17:16parce qu'on en a plus tard,
17:17on met plus d'années
17:18pour s'installer
17:19dans sa vie,
17:20pour se poser.
17:21Il y a des sujets
17:22de difficulté
17:23d'accès au logement,
17:24d'accès à l'emploi,
17:25d'accès aux crèches,
17:26c'est là où il y a
17:27le vrai sujet.
17:28Et puis,
17:28il y a des exigences
17:29d'égalité,
17:30bien entendu,
17:31et que quand on se lance
17:32dans cette belle aventure,
17:35eh bien,
17:35c'est à deux.
17:36Et puis,
17:36il y a la question
17:37du désir,
17:38de la liberté
17:40du corps des femmes.
17:41Levé un certain
17:42nombre d'inquiétudes
17:44sur l'avenir.
17:45Je pense qu'il faut sortir
17:47de l'esprit de panique
17:49dans lequel on nous enferme
17:51aujourd'hui.
17:51Des moments comme ceux-là,
17:52notre pays en a déjà connu
17:54par le passé.
17:54Au passage,
17:54c'était déjà
17:55avec des mêmes raisons
17:58de difficulté,
17:59de mêmes raisons.
18:00Voilà,
18:00mais trouver,
18:01en tout cas,
18:01sortir de cette...
18:02Ça pose quand même
18:02la question
18:03de l'accès des femmes politiques
18:04à des niveaux élevés
18:05de responsabilité.
18:06Parce qu'on regarde
18:07qui est autour de la table
18:08pour prendre des décisions
18:09et pour travailler
18:09sur les programmes.
18:10d'ailleurs,
18:11il y a beaucoup d'hommes.
18:12On a vraiment le sentiment
18:13que sur les niveaux élevés
18:15de responsabilité,
18:16sur les arbitrages stratégiques,
18:17sur les arbitrages
18:19programmatiques,
18:19ce sont plutôt des hommes
18:20qui sont à la manette.
18:21Est-ce qu'aujourd'hui,
18:23le véritable enjeu
18:23n'est pas seulement
18:24l'accès des femmes
18:25au pouvoir,
18:26mais leur accès réel
18:27au cercle de décision
18:28qui structure la vision politique,
18:30les priorités
18:31et l'avenir du pays ?
18:32Oui,
18:33totalement.
18:34En fait,
18:34ça c'est pareil,
18:35c'est dans tous les lieux
18:36de décision de notre société,
18:37que ce soit politique,
18:38dans les entreprises,
18:39dans les administrations.
18:40Le sujet,
18:41ce n'est pas qu'un sujet de parité,
18:42c'est le renforcement
18:43de la place des femmes
18:44dans tous les lieux de décision.
18:45Enjeu d'égalité,
18:47enjeu de qualité
18:48de la construction
18:49de la décision publique.
18:51Une décision qui est prise
18:51uniquement par des hommes
18:52n'est pas une bonne décision.
18:54Elle ne peut pas être
18:55une bonne décision.
18:56Et donc là,
18:57il y a une révolution
18:59que doivent effectuer
19:00les hommes dans notre pays
19:02parce que quand on rentre
19:04dans les cercles
19:04de décision majeurs,
19:06oui,
19:06il doit y avoir
19:07de la mixité
19:08autour
19:08de la table,
19:10c'est fondamental.
19:10Et on ne peut pas mettre
19:11la moitié de la population
19:12de côté.
19:13Je prends un exemple,
19:14mais dans le bloc central
19:15actuellement,
19:16quand il y a une réunion
19:17entre messieurs
19:18Gérard Larcher,
19:19Gabriel Attal,
19:20Édouard Philippe,
19:21il doit y avoir
19:22Marc Fénaud,
19:23Hervé Marseille,
19:24tous ces hommes
19:24du bloc central,
19:25et que la présidente
19:27de l'Assemblée nationale
19:28n'est pas conviée,
19:30ça paraît invraisemblable.
19:32Ça paraît invraisemblable.
19:33Je peux vous garantir
19:33que si la présidence
19:35de l'Assemblée nationale
19:35était occupée actuellement
19:36par un homme,
19:38la présidence aurait été
19:39invitée.
19:40Il serait convié
19:41à toutes les discussions.
19:42Il serait convié
19:42à toutes les décisions.
19:44C'est quelque chose
19:45de totalement anormal.
19:47On a vu les mêmes discussions
19:48pendant le premier mandat
19:48avec une place
19:50trop faible des femmes
19:51dans les réunions
19:52autour du président
19:53de la République.
19:54Et ça,
19:54on le retrouve
19:55dans beaucoup de lieux
19:56de décisions.
19:57C'est quelque chose
19:59sur lequel
20:00notre société,
20:01notre vie politique
20:03doit évoluer
20:04et je l'espère
20:05le plus rapidement possible.
20:07Alors,
20:07ça va être
20:08ma dernière question,
20:08Guillaume.
20:09Est-ce que vous êtes optimiste
20:10sur notre capacité
20:11à progresser réellement
20:13vers l'égalité
20:13ou est-ce que vous êtes
20:14un peu pessimiste ?
20:15Est-ce que vous avez
20:15cette jambeur fatigue aussi ?
20:18Moi,
20:19je suis optimiste.
20:19On vit un moment
20:20un peu difficile
20:21mais ça nous renforce
20:21dans nos convictions
20:22et dans la manière
20:23de mener nos combats.
20:25Et puis,
20:25je suis optimiste
20:26parce que même
20:27si les mouvements masculinistes
20:28visent tout particulièrement
20:29les jeunes hommes,
20:30moi,
20:30ce que je vois
20:30de la jeune génération,
20:31c'est que c'est une génération
20:32qui est tellement en avance
20:34par rapport à là
20:36où en était la mienne
20:37ou même à je veux dire
20:37les jeunes qui sont adolescents
20:40ou qui rentrent dans la vie
20:41de jeunes adultes.
20:42Ils sont tellement conscients
20:44de l'enjeu majeur
20:45que représente l'égalité
20:46entre les femmes et les hommes
20:47et l'attention
20:48qu'on doit porter à l'autre
20:49et que ça peut entraîner
20:50une société meilleure,
20:51une société de consensus
20:53et non de rapport de force,
20:55une société tournée
20:55vers l'avenir
20:56et non vers le passé.
20:58Ça,
20:58ça me donne
20:59beaucoup de raisons
21:01d'espérer
21:01et de rester confiants
21:02dans l'avenir.
21:03Bon,
21:03on va rester sur cette note
21:04optimiste.
21:05Je vous remercie beaucoup,
21:07Guillaume Goussier-Valente,
21:08d'avoir accepté
21:08mon invitation.
21:09Je rappelle quand même
21:10que ce combat politique,
21:12il est important
21:13et qu'il ne faut
21:14jamais considérer
21:15l'égalité
21:16comme acquise.
21:17C'est une difficulté profonde
21:19de notre démocratie
21:20d'accepter cela.
21:21La force de l'engagement,
21:22c'est chaque dimanche
21:23à 15h sur Sud Radio.
21:25Vous pouvez retrouver
21:25l'intégralité de l'émission
21:27et de toutes les émissions
21:28d'ailleurs sur sudradio.fr,
21:30sur toutes les plateformes
21:31de podcast.
21:32Je vous donne rendez-vous
21:33dimanche prochain,
21:34même heure,
21:34même énergie.
21:35Je vous souhaite
21:36un excellent dimanche.
21:37C'était la force
21:39de l'engagement
21:40avec AJP,
21:42épargne,
21:43retraite,
21:43assurance emprunteur,
21:44prévoyance,
21:45santé.
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