- il y a 6 heures
À l’issue d’une séquence budgétaire marquée par de fortes tensions et des arbitrages décisifs, cette session décryptera les dispositions clés de la Loi de Finance 2026 et leurs impacts directs sur la performance financière des entreprises. En plateau, nos invités analysent les implications concrètes pour les directions financières et mettent en perspective la nécessité d’un dialogue renforcé entre décideurs publics et entreprises afin de sécuriser la visibilité, soutenir la compétitivité et préserver la création de valeur.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:07Bonjour à tous, on vous retrouve toujours en direct de Convergence, l'événement CEO, CFO,
00:11800 participants aujourd'hui au pavillon d'Armenonville pour parler des CFO qui bâtissent,
00:15des CFO qui transforment, qui se transforment et qui accompagnent évidemment les mutations
00:19de leurs entreprises. On a parlé géopolitique, on a parlé IA, là on fait un petit pas de côté
00:24pour parler de la loi de finances. Retour au dialogue ou en tout cas effectivement on l'a
00:28beaucoup attendu, celle de 2026, comment ça a été vécu par les CFO, qu'est-ce qu'ils
00:33attendent à l'avenir de ce dialogue public-privé pour une loi de finances équilibrée et peut-être
00:38qui sortirait plus vite. On en parle avec à ma droite Florence Birault. Bonjour Florence.
00:44Bonjour, bonjour à tous. Merci d'être avec nous. Vous êtes directrice administrative
00:48et financière France pour Sodexo. On est ravis de vous accueillir, c'est la première fois
00:52je crois que vous venez à cet événement. Première participation. Voilà, et donc on est ravis
00:56d'avoir des nouveaux chaque année. Merci Florence. À ma gauche, un habitué, Emmanuel Millard.
01:00Bonjour. Bonjour à tous. Vous êtes président de CFO Alliance, c'est l'alliance de toutes
01:05les associations des CFO dans le monde. Vous étiez précédemment le président de la
01:09DFCG, donc c'est l'alliance des alliances, enfin l'alliance des assos. Ça fait combien
01:14de DAF au niveau mondial, CFO Alliance ? Oui, alors c'est trois continents, c'est une trentaine
01:19de pays et c'est à peu près 40, 45 000 membres. Ok, donc 45 000 financiers avec vous. Et
01:26vous êtes
01:27également secrétaire général d'Hendrix. Hendrix, c'est une boîte d'advisory qui fait
01:31moultes choses aujourd'hui, qui grandit en organique et en externe. Ça avance très vite
01:35chez vous. Oui, le secteur est en pleine évolution, révolution, beaucoup de concentration.
01:40C'est un peu l'industrie, c'est un peu la banque qui a une quinzaine, vingtaine d'années
01:44et il y a beaucoup d'opérations de rapprochement, de restructuration et Hendrix effectivement
01:48est un acteur plutôt actif de ce point de vue-là. Alors sur la loi de finances, vous
01:53allez intervenir dans un instant. Je vous ai pris un peu juste avant votre conférence.
01:57Qu'est-ce que vous avez, enfin, qu'est-ce que vous êtes venu dire sur ce sujet ? Peut
02:00-être
02:00Florence pour commencer. Qu'est-ce qu'un directeur financier, une directrice financière
02:04a à attendre de ce, peut-être déjà de l'infrastructure de la construction de la loi de
02:08finances, de comment ça se passe, de la façon dont vous avez vécu l'incertitude pendant
02:12des mois en attendant celle qui arrive. Alors on a évidemment une crise, en tout cas
02:16un sujet politique par ailleurs. Mais comment est-ce qu'on arrive en tant que DAF à continuer
02:20à garder le cap et comment vous anticipez la fin d'année avec les présidentielles qui
02:24arrivent et une prochaine loi de finances qui ne devrait pas être plus facile à trouver ?
02:27Absolument. Alors merci pour la question Mathieu. Comment est-ce qu'on a vécu les dernières
02:32lois de finances ? Assez mal avec une absence de visibilité totale, une multiplicité des
02:40canaux d'information aussi, là où traditionnellement on avait plutôt des contacts avec, via les
02:46organisations professionnelles et via les branches, avec les services de Bercy, là
02:50maintenant c'est vraiment multicanal, beaucoup de zones d'influence, peu de visibilité
02:55même dans les cabinets ministériels eux-mêmes parce qu'en fait il y a des jeux de pouvoir
03:02qui se jouent en coulisses, qui se jouent au Parlement et tout ce qui est canaux de communication
03:07traditionnelles ne fonctionnent plus ou en tout cas sont plus suffisants.
03:11Donc on s'adapte alors parce que vous êtes déjà directrice financière, vous avez un
03:15job assez prenant et vous devez être dans l'influence, vous devez reconstituer des canaux,
03:21arriver à avancer là-dedans, c'est un sacré challenge.
03:23Oui c'est un super challenge, après je pense que c'est vraiment le quotidien des DAF de gérer
03:27l'incertitude en ce moment. Donc on gère aussi l'incertitude réglementaire et budgétaire.
03:35Comment est-ce qu'on le fait ? En fait on bâtit des scénarii et puis on essaye surtout
03:40d'appuyer sur les bons sujets, de choisir nos chevaux de bataille. Donc nous Sodexo on emploie
03:4528 000 personnes en France, on est présent dans énormément de métiers de service, pas
03:51uniquement la restauration. Donc nous tout ce qui touche au coût du travail nous importe énormément.
03:58Donc on choisit nos chevaux de bataille et on porte vraiment nos sujets, la défense bien
04:03évidemment de la maîtrise du coût du travail qui est absolument nécessaire et aussi conserver
04:09une certaine forme de flexibilité sur tout ce qui est coût du travail pour éviter de rajouter des couches
04:18à des systèmes qui sont déjà complexes. Merci Florence, une question pour Emmanuel. Emmanuel, évidemment on va parler de ce
04:24que vous êtes venu dire aujourd'hui, mais j'ai peut-être une première question.
04:28quand vous faites vos réunions avec toutes les associations dans le monde entier, on se fiche de nous à l
04:32'international, on est pire que les autres, c'est un peu pareil partout.
04:37Avec en plus le New World Order dont on entend parler tous les jours, évidemment ça rabat les cartes de
04:43tous les côtés, tous les gouvernements se posent des questions, il y a du protectionnisme,
04:46il y a de la souveraineté, donc il y a des sujets de financement, de marge de manœuvre à trouver
04:50pour les États parce qu'au final tout est une question de marge de manœuvre.
04:53Alors si le salarié ne peut pas payer, le citoyen ne peut plus payer, que l'État ne peut plus
04:58payer, que les entreprises ne peuvent plus payer,
05:00on arrive quand même rapidement à le sujet de la marge de manœuvre dans un monde de besoin de souveraineté.
05:05Alors comment on s'en sort par rapport à l'international, Emmanuel ?
05:07C'est une excellente question, je ne m'attendais pas à cette question, mais je vais quand même y répondre.
05:10Merci.
05:12Alors je pense qu'en France, on est quand même dans le haut du panier en matière de fiscalité, il
05:17faut dire les choses,
05:18et avec ce que disait Florence sur l'absence de visibilité depuis deux ans de nos lois fiscales.
05:24A l'international, il y a deux grands piliers aujourd'hui sur lesquels on travaille.
05:30Il y a le pilier 2 justement, qui est un système d'imposition pour les grandes entreprises,
05:37dont le chiffre d'affaires dépasse 700 millions d'euros.
05:39Donc ça concerne beaucoup d'entreprises en réalité en France.
05:42Et puis on a aussi le BFIT, qui est une espèce de déclinaison européenne de ce pilier 2,
05:47avec des interférences, avec des ensembles communs, avec des difficultés d'application.
05:53Et en réalité, c'est un sujet qui nous passionne beaucoup, qui nous anime,
05:57qui nous inquiète aussi, parce qu'en réalité, on a assez peu de visibilité.
06:00Et puis, on est quand même assez largement impacté, influencé par ce qui se passe outre-Atlantique.
06:06Il faut dire les choses avec toute cette discussion autour des droits de douane
06:13et puis aussi des questions de retenue à la source.
06:16Parce qu'aujourd'hui, vous avez des grandes entreprises, par exemple,
06:19pour des raisons de protection de leur liquidité,
06:22qui ne font pas remonter un certain nombre de liquidités et qui restent aux États-Unis, par exemple,
06:26parce qu'on a une incertitude sur le taux de retenue à la source.
06:29Et donc, cette liquidité, plutôt que d'être distribuée, elle reste finalement dans ce pays.
06:34Donc, aujourd'hui, on avance doucement.
06:40On voit qu'il y a de grosses difficultés d'application dans les pays.
06:44On voit que la France essaie de tirer un petit peu, de porter le sujet, parfois difficilement.
06:49Mais en tout cas, oui, c'est des sujets qui nous intéressent,
06:52sur lesquels on essaie de répondre à un certain nombre de consultations.
06:55On répond à des consultations, on répond à des consultations de l'ONU, par exemple, sur ces sujets-là.
06:59Mais en réalité, on voit que la fiscalité à l'international, ça reste un sujet compliqué.
07:04Ça reste souvent un sujet d'État à État et non pas de...
07:08Je dirais...
07:10Donc, on reste en tout cas dans une démarche à la fois prudente, proactive et quand même teintée d'inquiétude.
07:17Si on devait retenir chacun un point qui est un...
07:22Enfin, votre appel à l'aide ou en tout cas votre sujet, votre demande, votre recommandation pour simplifier les choses,
07:28ce serait quoi ?
07:29C'est quoi ?
07:32On monte encore un couche, on donne encore plus de pouvoir à Bruxelles en disant que la fiscalité européenne
07:37est peut-être un sujet à regarder de plus près, enfin ?
07:40Ou alors c'est illusoire au vu de la crise politique dans laquelle la technocratie bruxelloise est embourbée ?
07:46Moi, je pense qu'il faut rééquilibrer les zones de pouvoir et mettre ensemble tous les acteurs.
07:51En entreprise, on fait ça tous les jours.
07:53Moi, tous les jours, mon job, c'est de m'assurer que mon équipe, la DAF, elle est très connectée
07:58au marketing, aux ventes, aux achats
08:01et on travaille toujours en pluridisciplinarité.
08:04En fait, sur un processus budgétaire, ça devrait fonctionner de la même façon.
08:08On devra avoir à la même table les branches professionnelles, évidemment les partenaires sociaux.
08:13Le PDEF, la CPME, ce n'est pas le cas, ils n'y sont jamais ?
08:16Si, de plus en plus, c'est de plus en plus le cas.
08:19Mais là, à l'heure actuelle, ce qui nous manque, c'est vraiment des représentants, des décideurs politiques
08:24qui soient stables, qui déjà aient une certaine visibilité, une certaine pérennité dans leurs fonctions
08:29et qui participent activement. Parce que là, oui, bien sûr, le patronat s'organise et se fédère
08:36et on parle d'eux plus en plus d'une seule voix. Il y a des points d'amélioration, certes,
08:40mais on avance bien.
08:41On avance bien aussi dans le dialogue avec les partenaires sociaux, ça progresse.
08:45Mais travaillons beaucoup plus en multidisciplinarité en prenant des sujets.
08:50Voilà, moi, je vous parle du coup du travail. Je pense qu'il y a d'autres domaines dans mes
08:53collègues et dans l'industrie.
08:54Mes collègues qui travaillent plus dans l'innovation technologique, ils vont avoir des chevaux de bataille sur le crédit d
08:58'impôt recherche
08:58et ses dispositifs d'aide. En fait, chaque sujet doit être pris d'une façon vraiment multicanale, multimodale
09:06et toujours dans un dialogue, dans un esprit dialogue.
09:09Avec l'année qu'on va vivre politique, je nous souhaite d'avoir à la fin une gagnante, un gagnant
09:15qui permettra ce dialogue
09:16et cette stabilité qu'on appelle de nos voeux. Le mot de la fin, 30 secondes, Emmanuel Mir.
09:20Alors, si les entreprises, notamment le MEDEF, sont impliquées, puisqu'il y a le B7, qui est le pendant du
09:26G7,
09:26le B7 regroupe les 7 pays les plus industrialisés et se revoit, se voit régulièrement actuellement sur des types de
09:33problématiques,
09:34dont la fiscalité. Il faudrait que la fiscalité cesse d'être une variable d'ajustement, aussi bien en France qu
09:40'en Europe.
09:41Dès lors qu'on a besoin de boucler le budget, on va ajuster à la fois les assiettes, les taux,
09:46etc.
09:46C'est une mauvaise idée. Ça tue nos entreprises.
09:52Je pense qu'il faut effectivement, probablement, revenir sur l'ensemble de ces aides qui sont données aux entreprises
09:57et travailler plutôt sur un taux qui soit accepté, qui soit acceptable et qui puisse être quelque part un peu
10:02décliné dans notre univers.
10:05C'est ce sujet de la taxe.
10:07Absolument.
10:08Merci infiniment à tous les deux. On me fait signe comme quoi vous êtes attendu en conférence,
10:12donc je ne veux pas vous mettre en retard.
10:15Merci Emmanuel Myard, président CFO Alliance et secrétaire général d'Hendrix.
10:19Merci Florence Birault pour votre première venue sur Convergence, directrice administrative et financière de Sodexo pour la France.
10:26Merci infiniment à tous les deux.
10:27La suite de nos programmes, évidemment, dans un instant sur Be Smart for Change.
Commentaires