- il y a 6 heures
Dimanche 7 juin 2026, retrouvez Léo Vannier (2nde Génération et Vice Président, La Mère Poulard) dans GÉNÉRATION IMPACT, une émission présentée par Julien Lescs.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:08Bonjour et bienvenue sur Génération Impact, l'émission qui met en lumière les familles entrepreneuriales
00:13pour décrypter avec elles leur organisation au prisme de trois cercles.
00:17Celui de l'entreprise bien sûr, mais également celui des actionnaires et celui de la famille.
00:22Elles nous partagent leurs enjeux de transition et de transmission
00:24et en quoi l'urgence environnementale est une formidable opportunité
00:28de continuer l'aventure en famille avec la nouvelle génération à bord.
00:33Je reçois aujourd'hui Léo Vannier du groupe La Mère Poulard.
00:36Bonjour Léo !
00:37Bonjour !
00:38Léo, merci de venir à nous dans cette émission.
00:42On a une tradition, c'est de te demander de te présenter en une minute, de te présenter ta famille.
00:50Moi, c'est Léo Vannier, j'ai 34 ans et je suis vice-président du groupe La Mère Poulard
00:55qui est le premier acteur économique du tourisme au Mont-Saint-Michel.
01:00Je suis le seul enfant de la deuxième génération à travailler dans l'entreprise.
01:06C'est une entreprise jeune.
01:08On est sur une hiérarchie familiale très courte puisque je suis le seul du coup avec mon père au sein
01:12du groupe.
01:14Éric Vannier qui a fondé cette entreprise dans les années 70.
01:19Génial !
01:20Eh bien, on va découvrir le Mont-Saint-Michel à travers cette histoire.
01:24Et on rentre dans cette première partie qui s'appelle une histoire de famille.
01:28Est-ce que tu peux nous partager la genèse de la création de ce groupe créé par ton père ?
01:34Oui.
01:35Alors, Éric Vannier, lui, il est né en région parisienne à Issy-les-Moulineaux.
01:40Et il était très proche quand il était jeune de ses grands-parents qui, eux, habitaient en Normandie.
01:46Il a été, on peut dire, presque élevé par sa grand-mère qui possédait une petite maison au Mont-Saint
01:53-Michel.
01:54Il y passait toutes ses vacances.
01:56Ok.
01:58Et à la mort de sa grand-mère, il a pu hériter, en fait, de cette petite maison qui va
02:06débuter l'histoire du groupe.
02:08Alors, il hérite de cette maison assez jeune et il va se mettre à travailler assez jeune.
02:13Notamment parce que mon grand-père, donc son père à lui, est décédé assez subitement.
02:19Et donc, il a dû subvenir aux besoins de la famille.
02:23Et il en a profité, du coup, de cet héritage au Mont-Saint-Michel pour développer sa première activité commerciale.
02:30Il faut savoir qu'au Mont-Saint-Michel, c'est une tradition de village commerçant.
02:34Donc, quand il hérite de la petite maison, en fait, il hérite aussi du magasin qui est hors et de
02:38chaussée de cette maison,
02:39qui était en fait un musée, un petit musée sur l'histoire du Mont-Saint-Michel.
02:44Donc, il va développer cette activité touristique à une époque où le Mont-Saint-Michel n'accueillait pas 2 millions
02:51et 1 000 visiteurs par an.
02:53Et il va la faire grossir, puis il va commencer à se développer sur d'autres types d'activités au
02:59Mont-Saint-Michel.
02:59Donc, petit à petit, il va racheter des restaurants, des hôtels, des boutiques souvenirs.
03:06Chaque commerce qui était en vente, il était preneur.
03:11À l'époque, c'était des achats par endettement.
03:15C'était la belle époque où, effectivement, tous les entrepreneurs avaient des accès assez faciles à la dette.
03:22Et il en a profité, notamment en s'impliquant beaucoup dans la vie politique locale,
03:28puisque début des années 80, à partir de 83, il est élu maire du Mont-Saint-Michel.
03:34Il fera quatre mandats au total dans sa vie.
03:37Donc, cette implication forte va lui permettre de nouer des liens avec la population locale,
03:43avec le département de façon plus générale, et de pouvoir consolider ce groupe,
03:47de pouvoir construire ce groupe au fil des années.
03:51Alors, il y a une année qui est importante.
03:53C'est l'année 1986, puisque c'est l'année où il va faire l'acquisition de l'auberge, la
03:59mère Poulard.
04:00Donc, la fameuse.
04:01La fameuse auberge fondée par Annette et Victor Poulard au 19e siècle, en 1888.
04:07Alors, là aussi, c'est une autre histoire de famille,
04:10mais concrètement, Annette et Victor Poulard avaient des enfants.
04:14Ils ont passé l'auberge à leurs enfants, mais leurs enfants ont très vite revendu l'affaire.
04:19Donc, en fait, il y a eu plusieurs propriétaires au fil du 20e siècle sur l'auberge.
04:23Et en 1986, l'auberge était un petit peu au bord de la faillite.
04:28Ça allait assez mal.
04:29Donc, mon père en a profité pour acheter l'affaire,
04:33ce qui a donné le nom au groupe de façon plus générale.
04:37Et son objectif, c'était effectivement de relancer l'activité économique de cette affaire,
04:42et plus généralement l'activité économique du mont.
04:44Il faut savoir qu'à l'époque, le Mont-Saint-Michel était ouvert seulement sur la saison.
04:49C'est-à-dire que tous les commerces étaient fermés sur l'automne et l'hiver.
04:53Donc, Éric Vanier, quand il était maire sur son premier mandat et qu'il a fait l'acquisition de l
04:57'auberge,
04:57il s'est dit, bon, là, pour pouvoir relancer toutes ces affaires pour qu'elles soient vraiment profitables,
05:03il faut qu'elles soient ouvertes à l'année, donc il faut que j'aille trouver des touristes
05:06qui veulent bien venir visiter le Mont-Saint-Michel l'automne et l'hiver.
05:09Et pourquoi il décide de donner le nom du groupe, d'utiliser le nom de La Mère Poulard pour le
05:16nom de son groupe ?
05:17Alors ça, ça se fera plus tard.
05:20Ça se fera plus tard parce qu'en fait, le nom, la marque La Mère Poulard, il va la développer
05:27sur les années 80, les années 90,
05:30de telle sorte que c'est une marque qui va commencer à gagner en notoriété à l'étranger.
05:36Et pour des raisons commerciales, sur la partie B2B, dont je pourrais parler tout à l'heure,
05:43on a préféré effectivement conserver le nom La Mère Poulard pour décrire notre groupe,
05:47parce que c'était la marque emblématique, parce qu'on a pu développer cette marque à l'étranger,
05:51parce que c'était plus facile de parler à de la clientèle B2B quand on utilisait ce nom-là.
05:56Pour la petite histoire, le groupe s'appelait comment avant ?
05:59Alors c'était que des noms. À l'époque, ils n'étaient pas très bons en marketing.
06:04Chaque activité avait son nom ?
06:05Oui, en fait, c'était des rachats de sociétés différentes.
06:09Il y a eu plusieurs restructurations juridiques.
06:12Donc généralement, c'était le nom des dénominations juridiques qui étaient retenues.
06:16Par exemple, là je vous dis que je suis vice-président du groupe La Mère Poulard.
06:20Techniquement, il faudrait que je dise vice-président du groupe MSM 1888.
06:26C'est moins vendeur.
06:27C'est moins vendeur.
06:28Ça marche moins bien.
06:29Donc effectivement, le nom La Mère Poulard va s'imposer au fil du temps
06:33et au fil de l'export de cette marque à l'étranger.
06:37Elle s'exporte comment ?
06:39Il reprend cette auberge qui est au bord de la faillite et qui a été revendue 3-4 fois
06:43ou on ne sait pas combien de fois, mais plusieurs fois à d'autres familles.
06:47Comment il décide quand on est sur ce petit caillou ?
06:50Je ne sais pas d'ailleurs comment vous l'appelez.
06:52Le rocher.
06:54Comment on décide de s'internationaliser à cette époque-là
06:57où il n'y a pas tous les touristes qu'il y a aujourd'hui ?
06:59Alors, dans les années 80, les maires avaient plus de pouvoir qu'aujourd'hui.
07:06Et donc, Éric Vanier, dans ses années 80, dans son premier mandat de maire, il décide de prendre ses valises.
07:13Il passe quelques coups de fil au département, à la région, pour essayer d'avoir un peu de soutien.
07:18Et il va exporter l'image du Mont-Saint-Michel, c'est-à-dire qu'il va tout simplement prendre
07:22l'avion et aller en Asie.
07:24Parce qu'il se dit que l'Asie, c'est la clientèle de contre-saison parfaite pour attirer du visiteur
07:30sur l'hiver au Mont-Saint-Michel.
07:32Donc, il va beaucoup développer la notoriété du Mont-Saint-Michel et de la marque La Mer Poulard en Asie
07:36à cette période-là.
07:38Tout au long des années 90, il va notamment commencer à démarcher des tours opérateurs.
07:46Et le premier pays qui est mort à l'hameçon, et où ça marche vraiment bien, c'est le Japon.
07:51On a un lien très fort, notre groupe a un lien très fort avec le Japon.
07:55Ça a été notre première clientèle pendant très longtemps au Mont-Saint-Michel, dépassé aujourd'hui par les Américains.
08:00Mais ça a été pendant très longtemps notre première clientèle au Mont-Saint-Michel.
08:03C'est notre première clientèle en B2B, parce qu'on a beaucoup de contrats avec des tours opérateurs, avec des
08:08agences de voyage.
08:09Et on accueille à l'année maintenant beaucoup aussi de visiteurs individuels japonais.
08:12La notoriété là-bas du Mont est très forte. Je ne vais pas dire aussi forte que celle de la
08:16tour Eiffel, mais on est quand même sur une très belle notoriété.
08:22Et en fait, il va développer cette image-là sur le tourisme pour que les gens viennent visiter le Mont
08:28-Saint-Michel.
08:29Et aussi sur une autre activité qui va fonder le début des années 90, qui est une activité agroalimentaire.
08:34Et qui va grandement participer à l'export de cette image de marque.
08:40Donc au début des années 90, Eric Vanier décide de faire fabriquer des biscuits au sous-sol de la cuisine
08:48de la mère Poulard.
08:49Voilà. Dans un petit local de production.
08:52On commence à fabriquer des biscuits. Pourquoi à l'époque ?
08:55Alors c'était un petit peu pour correspondre à l'histoire d'Anette Poulard qui elle aussi fabriquait des biscuits
09:01à l'auberge.
09:01Donc il voulait retrouver un petit peu ce lien historique là.
09:05Et il voulait tout simplement les distribuer aux clients de l'hôtel, aux clients du restaurant.
09:09Voilà. Et les vendre aussi en paquet dans nos boutiques du Mont-Saint-Michel.
09:12Donc c'était vraiment pour avoir une nouvelle offre de produits sur Mont-Saint-Michel.
09:18Et la clientèle, les visiteurs du Mont-Saint-Michel ont très bien répondu à cette nouvelle offre.
09:23Si bien qu'Eric Vanier a décidé lorsque le laboratoire de production au sous-sol était un peu trop petit.
09:31d'aller construire une usine à quelques kilomètres du Mont-Saint-Michel pour faire fabriquer ces gâteaux et pour avoir
09:39des ambitions industrielles un peu plus larges.
09:41Et pour pouvoir les distribuer auprès de la grande distribution.
09:44Donc ça, c'est les années 90.
09:47Cette marque de biscuits, ça va s'appeler Biscuiterie la mère Poulard.
09:51Et elle va être développée tout au long des années 90 et des années 2000 avec des premiers contrats auprès
09:57de la grande distribution à la fin des années 90.
09:59Donc c'est plutôt distribution GMS ou vous aviez aussi des magasins en propre ?
10:03Alors, il y a eu les deux.
10:05Aujourd'hui, la stratégie, c'est purement de la GMS.
10:09Pendant longtemps, ça a été purement de la GMS.
10:11Mais il y a une période, début des années 2010, où effectivement, ils ont tenté d'ouvrir des magasins en
10:19propre.
10:20Donc il y a eu quelques boutiques flagship en Normandie, en Bretagne et une à Paris.
10:26Finalement, il y a eu un revirement stratégique autour de 2018-2019, où l'ensemble du groupe a décidé d
10:34'abandonner sa stratégie et de se concentrer sur la GMS et sur l'export.
10:38Il y a quand même un type d'activité, finalement, dans ce groupe, la mère Poulard, parce que vous décrivez
10:42beaucoup de choses.
10:45Alors, sur notre branche tourisme au Mont-Saint-Michel, aujourd'hui, le groupe exploite 25 unités.
10:53C'est la plus grosse part de marché du Mont-Saint-Michel.
10:56C'est surtout de l'hôtel et restauration, la majorité.
10:59On a aussi des boutiques souvenirs, plusieurs boutiques souvenirs.
11:01On a désormais plusieurs musées privés, puisqu'on exploite 3 des 4 musées qui existent au Mont-Saint-Michel.
11:07Et on a aussi beaucoup développé notre segment vente à emporter,
11:12qui cartonne encore plus depuis le Covid et encore plus auprès de la clientèle française,
11:16mais qui a un vrai segment de croissance pour nous.
11:18Donc, en fait, on a ces 5 sous-métiers du tourisme
11:21qui nous permettent d'être l'acteur le plus polyvalent sur les métiers touristiques au Mont-Saint-Michel.
11:28Et ensuite, il y a cette branche agro-industrielle dont je vous ai parlé,
11:32qu'on a fait grossir au fil des années et qu'on a décidé de céder il y a quelques
11:38mois.
11:38On a fait un désinvestissement parce que c'était le bon moment,
11:41parce qu'on l'avait beaucoup développé ces dernières années.
11:45Et parce que, du coup, on a décidé de se recentrer sur nos activités du tourisme et de l'hôtel
11:50-restauration pour l'avenir.
11:52Voilà, mais c'était deux belles activités très capitalistiques, l'hôtel-restauration et l'industrie.
11:57Forcément, ça nécessite beaucoup de capitaux, donc on a réussi à faire évoluer les deux.
12:02Eric Vannier a réussi à constituer ce premier groupe, ce premier acteur économique du Mont-Saint-Michel
12:06et a réussi à développer une belle biscuiterie, une belle PME industrielle française.
12:12Donc ça, c'est officiel ? La biscuiterie a changé ?
12:14C'est officiel, oui, ça fait quelques mois effectivement que la session a eu lieu.
12:19Quel type d'entreprise achète une biscuiterie ?
12:22Alors, on a eu plusieurs discussions. Il y avait bien évidemment des fonds d'investissement divers et variés,
12:30certains orientés plutôt agro-industrie. On avait des grands groupes étrangers, agroalimentaires étrangers, avec qui ça aurait pu se faire.
12:43Mais finalement, on a choisi un entrepreneur français qui avait déjà eu son expérience dans l'agroalimentaire.
12:50Donc, ce sont à chaque fois plutôt des gens qui sont à l'aise avec l'agroalimentaire de façon générale,
12:54à part un ou deux fonds d'investissement un peu généralistes. On n'a parlé qu'avec des gens du
12:58métier quand même.
12:59Le fait de choisir un entrepreneur plutôt que le private equity ou des entreprises internationales, ça vient titiller quelle valeur
13:09de la famille ?
13:11Oui, vous l'avez bien compris, c'est une entreprise jeune.
13:15Éric Vanier est le premier entrepreneur de la famille avec ses créations.
13:20Donc, c'est normal. On sent un lien très fort à ce niveau-là avec les nouveaux acquéreurs dans le
13:26profil.
13:27Je pense que dans le groupe, on a une fibre entrepreneuriale qui est très forte, une fibre opérationnelle qui est
13:31encore très forte.
13:32On est encore très attaché au terrain. On a beaucoup de projets de développement.
13:40On pilote beaucoup les choses à proximité.
13:43Donc, oui, cette fibre entrepreneuriale, je pense qu'on la sent encore au quotidien.
13:47On a fait un petit bond dans le futur, en tout cas dans le présent.
13:51Oui.
13:51Est-ce que tu peux nous décrire les années 2000 ?
13:55Comment le groupe se développe ?
13:57Peut-être ton arrivée ensuite, toi, dans le groupe ?
14:00Oui.
14:01La décennie 90 et la décennie 2000 sont de belles décennies pour le tourisme en France et pour le développement
14:08du Mont-Saint-Michel.
14:09Encore une fois, la stratégie d'Éric Vannier d'essayer de ramener de plus en plus de touristes étrangers d
14:15'hiver fonctionne.
14:17Donc, il y a une belle phase de développement sur ces deux décennies.
14:20La décennie 2010 est plus compliquée. Elle est plus compliquée parce qu'au début des années 2010, on est déjà
14:27sur la dernière phase des travaux du grand projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel,
14:35qui est un projet qui a souvent fait l'actualité jusque dans les années 2010 parce que ce sont des
14:41travaux qui ont duré très longtemps et qui ont permis au Mont-Saint-Michel de retrouver son caractère insulaire, de
14:47redevenir une île comme c'était à l'époque.
14:49Donc, peut-être que vous vous souvenez quand vous alliez au Mont-Saint-Michel il y a 20 ans, il
14:54y avait beaucoup de parking en bas du Mont-Saint-Michel et on pouvait se garer au pied du Mont
14:57-Saint-Michel.
14:58L'objet de ces grands travaux, c'était de supprimer tout ça et de créer un pont qui relie le
15:03continent au Mont-Saint-Michel pour que la marée puisse recouvrir l'ensemble du Mont-Saint-Michel.
15:08Oui, et puis on avait toujours au journal télévisé, ceux qui allaient à pied, qui se faisaient rattraper par la
15:12marée, c'était un peu ça le...
15:14Alors, il y en a encore aujourd'hui quand la marée est basse, les pompiers passent leur temps à aller
15:19chercher des touristes un peu imprudeurs.
15:21Donc, il y en a encore, faites attention si vous allez dans la baie du Mont.
15:24Ok, donc il y a tous ces travaux.
15:27Voilà, on est sur cette dernière phase de travaux et la dernière phase de travaux a été très pénible.
15:32Donc, entre 2012 et 2014-2015, il y a eu des soucis de fréquentation au Mont-Saint-Michel
15:38parce que les travaux, cette dernière phase de travaux était un peu problématique vis-à-vis des accès.
15:44Il y a eu beaucoup de publicité négative à l'époque de la part de la presse en disant
15:47« n'allez pas au Mont-Saint-Michel en ce moment, c'est pas une belle expérience ».
15:52Donc, il y a eu cette première crise un petit peu de l'activité économique au Mont-Saint-Michel liée
15:55à ces travaux-là.
15:56Et ensuite, quelques semaines après l'inauguration par François Hollande de la fin de ces grands travaux-là, en 2015,
16:09on a les attentats de Paris.
16:12On a les attentats de Paris, ceux ensuite qui vont suivre en 2016 à Nice.
16:17Donc, on a ces crises des attentats en France qui vont évidemment beaucoup toucher le tourisme,
16:23et particulièrement le tourisme au Mont-Saint-Michel qui est très fortement concentré en touristes étrangers.
16:32Donc, le groupe ne va pas très bien sur cette période-là.
16:36Moi, j'ai fait mes études en école de commerce à Lille jusqu'en 2017.
16:43Je ne me destinais pas à rejoindre la société familiale.
16:47J'avais plutôt fait mes stages sur des thématiques plus financières.
16:54Et au moment où j'allais chercher mon stage de fin d'étude ou mon premier job,
16:59il y a mon père, Eric Vénier, qui m'a invité à boire un verre très sympathiquement,
17:05et qui m'a demandé un coup de main.
17:07Il m'a demandé un coup de main pour essayer de contrer ce petit temps faible sur l'activité du
17:16groupe.
17:17Il faut savoir, parce que là, je parle du tourisme, je parle des crises du tourisme,
17:20mais à cette époque-là, il y avait aussi une petite crise sur notre idéal agroalimentaire, sur la biscuiterie.
17:28Donc, elle était dans une petite période pendant quelques années où elle perdait de l'argent.
17:34Donc, ça plus ça, évidemment, le groupe n'arrivait pas à surmonter la pente.
17:42Le groupe était un peu surendetté parce que, notamment, la crise liée à la biscuiterie,
17:48au résultat de la biscuiterie, c'était lié aussi à des gros investissements, des grosses dépenses passées.
17:52Donc, il y a une petite crise de surendettement qui est survenue à ce moment-là.
17:57Et en plus de ça, pour ajouter la cerise un peu, mon père, pour des raisons personnelles à l'époque,
18:03n'allait pas bien.
18:06Donc, il n'avait pas la tête aux affaires, il avait connu des tragédies, malheureusement, familiales de son côté.
18:14Donc, il m'a demandé un coup de main de deux semaines, à la base, ce qui ne me gênait
18:19pas du tout, évidemment.
18:20Bon, on me demande un coup de main, je viens.
18:24Ces deux semaines se sont bien passées, on a discuté, et bon, ben voilà, j'ai prolongé, je suis là
18:29devant vous.
18:32Alors, je suis resté, je suis resté aussi parce que je trouvais le challenge intéressant, la gestion de crise.
18:39Ça, quand vous êtes en école de commerce, on ne vous apprend pas vraiment d'aller dans le Dieu en
18:45gestion de crise.
18:46C'est quelque chose qu'il faut vivre, je pense.
18:49Donc, j'ai pu vivre cette période de gestion de crise.
18:53À l'époque, j'ai beaucoup été sur un troisième métier qu'on avait, car Yvani avait commencé à développer
18:59juste avant, qui était la franchise de restauration en Asie.
19:04Donc, on avait ouvert des premières unités en Asie pour la restauration traditionnelle à table.
19:12Et il m'avait demandé de développer un petit peu cette activité.
19:14Donc, quand je suis arrivé au sein du groupe...
19:16Sous l'ancienne de la mer Poulard ?
19:17Sous l'ancienne de la mer Poulard.
19:20Donc, quand je suis arrivé au sein du groupe, en fait, j'ai été d'un côté sur les dossiers
19:25un petit peu back-office,
19:27liés à la crise financière que traversait le groupe.
19:29Et de l'autre, je me rendais en Asie pour ouvrir de nouvelles unités, pour déjà piloter les unités existantes
19:35et pour ouvrir de nouvelles unités sur cette petite activité.
19:40Parce que la franchise, vous gagnez de l'argent que quand vous faites du volume.
19:43Donc là, on était sur les balbutiements d'un métier.
19:46Mais c'était très intéressant.
19:48Ça m'a donné beaucoup de liberté et on avait réussi de jolies choses à l'époque.
19:52Alors, voilà, je casse le suspense tout de suite.
19:54Le Covid a détruit complètement cette activité.
19:58Contrairement à la France, les pays asiatiques où nous étions implantés n'ont pas reçu d'aide de l'État.
20:07Le métier de la franchise, surtout sur la restauration et la vente à emporter là-bas, a beaucoup subi.
20:14Beaucoup de restaurants ont fermé à cette époque.
20:17Donc, on a tout simplement arrêté cette activité pendant le Covid.
20:20En tout cas, quand je suis arrivé, donc 2017-2018, c'était un petit peu ça.
20:23J'étais sur ces deux thématiques-là.
20:25Et après, j'ai basculé un peu plus sur la biscuiterie dans notre plan de retournement stratégique
20:31pour retrouver du résultat et développer l'activité.
20:34Ce qui a bien marché.
20:36Puisqu'en cinq ans, on a plus que doublé le chiffre d'affaires de la biscuiterie.
20:40On a largement dépassé le point mort.
20:42On avait retrouvé une productivité bien plus importante.
20:47Et c'est ce qui nous a conduit en 2025 à prendre la décision de céder.
20:52Parce que, encore une fois, c'était le bon moment.
20:54On avait fait le boulot et il fallait que quelqu'un d'autre prenne les rênes pour la suite.
20:58Je fais juste un petit retour en arrière.
21:02Tu nous disais tout à l'heure que tu n'avais pas prévu d'aller dans le groupe familial.
21:07Et toi, quand tu as une dizaine d'années, une quinzaine d'années,
21:12c'est quoi pour toi le travail ou le groupe de ton père ?
21:17Comment tu vois ça en tant qu'enfant ?
21:20Alors, quand j'étais enfant, que mes parents étaient ensemble, j'y vais ensemble,
21:26je passais beaucoup de mes vacances au Mont-Saint-Michel.
21:29C'était une maison de vacances, une petite maison héritée de...
21:35Toujours la même.
21:36Voilà.
21:37Donc, on y allait beaucoup et ça marchait bien.
21:40Ma mère, à l'époque, aidait mon père et l'aidait opérationnellement au Mont-Saint-Michel.
21:46Donc, ça se passait bien.
21:49Et ensuite, quand mes parents se sont séparés, là, j'ai arrêté d'aller au Mont-Saint-Michel.
21:53Donc, j'avais un peu moins cette vision.
21:54J'étais moins proche au fil des années.
21:56À partir de mon adolescence, j'étais moins proche du Mont-Saint-Michel.
22:01Et je m'étais détaché au fil des années parce qu'après, j'ai fait des études
22:04et j'avais d'autres ambitions, d'autres visions.
22:07J'avais mes propres centres d'intérêt.
22:10Donc, effectivement, je me suis détaché jusqu'en 2017.
22:12Je me suis pas mal détaché, effectivement, de l'entreprise familiale.
22:15Et donc après, quand tu fais ce passage de deux semaines, qu'est-ce qui se passe en toi
22:24qui fait que ça bascule et que le challenge, vraiment, devient excitant pour toi ?
22:29C'est les responsabilités que j'ai pu avoir assez vite sur cette gestion de crise que traversait le groupe
22:36à l'époque,
22:38sur comment la résoudre et sur comment développer le groupe sur d'autres activités qui m'intéressaient.
22:44La franchise de restauration en Asie, je trouve que c'est une problématique passionnante.
22:50Donc, c'était en fait cette responsabilisation que j'ai pu avoir assez vite.
22:57Là où, quand je voyais mes copains d'école de commerce commencer leur stage de fin d'étude ou leur
23:02premier job,
23:04faire des fichiers Excel et des PowerPoint toute la journée, c'est moins attirant.
23:08Il faut le faire pendant quelques années. Là, c'est vrai que j'avais une porte de sortie.
23:12Alors, je devais faire mes propres Excel et PowerPoint.
23:14Mais disons que j'avais une vision un peu plus large de l'activité.
23:18J'avais plus de marge de manœuvre et je pouvais être écouté sur certaines choses.
23:22Et donc ça, ça me faisait plaisir.
23:24Et encore une fois, l'objectif, c'était vraiment de redonner à ce groupe
23:31ces lettres de noblesse sur l'activité touristique, sur l'agroalimentaire,
23:34parce qu'on est sur des très beaux fondamentaux.
23:38Donc, il fallait juste un petit peu retravailler ces fondamentaux d'un point de vue financier
23:43et d'un point de vue opérationnel aussi, moderniser un petit peu ces métiers.
23:47Ce qu'on a réussi à faire et ce qui a bien marché.
23:51C'est quoi la relation avec ton père à ce moment-là ?
23:53Et puis, peut-être la vision ou comment tu te sens vis-à-vis des collaborateurs ?
24:00Comment ils te voient arriver ? Tu étais le fils du fondateur.
24:04Ce n'est pas toujours une place facile à prendre.
24:07Tu peux nous en dire quelques mots ?
24:09Alors, oui.
24:12Alors, ma relation avec mon père à l'époque, elle était bonne.
24:16Alors, je ne le voyais pas beaucoup.
24:17J'ai été élevé par ma mère quand ils se sont séparés.
24:20Ils se sont séparés quand j'avais 11-12 ans.
24:23Donc, j'ai été élevé par ma mère.
24:25Je voyais mon père de temps en temps, mais je n'ai pas vécu avec lui.
24:30Mais la relation était normale.
24:33Quand j'ai rejoint le groupe, évidemment, je me suis rapproché.
24:36Surtout qu'encore une fois, mon père n'était pas bien à l'époque.
24:39Donc, j'essayais quand même d'être là pour lui au maximum de ce que je pouvais.
24:44Et alors, quand j'ai rejoint le groupe et quand j'ai commencé à travailler effectivement avec le staff du
24:51groupe,
24:52il y a des gens qui m'ont très bien accueilli, avec qui ça s'est très bien passé.
24:56Il y en a d'autres où effectivement, il y avait cette image du fils du patron qui est trop
25:01jeune.
25:01Pourquoi est-ce qu'il vient nous embêter ?
25:05Il y a eu les deux.
25:06De façon générale, ça s'est bien passé.
25:09Je pense que j'ai su m'adapter et j'ai su être à l'écoute des équipes.
25:13Je n'ai pas joué au petit cow-boy arriviste qui sait tout.
25:18Surtout que c'était des métiers où je n'étais vraiment pas à l'aise.
25:21L'hôtel et la restauration, l'industrie agroalimentaire.
25:24Enfin, c'est des métiers où j'étais très, très loin de tout ça.
25:26Moi, j'étais plus branché banque d'investissement et technologie.
25:31Donc, rien à voir.
25:34J'ai essayé de me faire ma place.
25:36Ceux qui m'ont un peu moins bien accueilli, ce n'était pas très grave.
25:40Au final, on a réussi à travailler, on a réussi à aller de l'avant.
25:44De façon générale, j'ai gardé un bon contact avec toutes ces équipes-là.
25:49Particulièrement sur la partie franchise et sur la partie agroindustrie.
25:54Le pôle tourisme, je l'ai découvert un peu plus tard, en 2021.
26:00Quand la biscuiterie commençait à se redresser et que le plan stratégique était en route.
26:07En 2021, après le dernier confinement lié au Covid.
26:10Parce que tout à l'heure, je parlais de la crise des attentats.
26:12Mais évidemment, le Covid, je passe dessus.
26:15Tout le monde sait.
26:15Mais pour le tourisme, ça a été évidemment terrible.
26:18Donc, après le dernier confinement, où le Mont-Saint-Michel était complètement fermé au public.
26:22L'été 2021, j'ai pris le poste de directeur général du pôle tourisme au Mont-Saint-Michel.
26:28Que j'ai gardé jusqu'à fin 2024.
26:30J'ai fait un cycle de trois ans.
26:33Et c'est là où j'ai vraiment commencé à prendre contact avec les équipes du tourisme.
26:39Ça a été une très belle aventure.
26:42C'était en fait un cycle de management sous le signe de la reconstruction, tout simplement.
26:47Parce qu'après le Covid en 2021, il n'y a plus beaucoup d'équipes.
26:50La plupart sont partis.
26:52Il n'y a plus de touristes étrangers.
26:54Ils mettent du temps à revenir.
26:56Tous les process sont perdus.
26:58Parce qu'il y a eu tellement de gens qui sont partis que personne ne sait plus quoi faire, comment
27:01faire.
27:02Tous les projets sont en stand-by, sont à zéro dans les cartons.
27:05Enfin, il n'y a plus rien.
27:06Beaucoup de contrats fournisseurs sont cassés.
27:09Enfin voilà, on repart de zéro.
27:12Donc ça a été un cycle de trois ans sur la reconstruction de ce métier-là.
27:16Pour retrouver une autre activité et une meilleure profitabilité.
27:20Parce que quand il y a une crise qui est aussi dévastatrice que le Covid,
27:23autant en profiter effectivement pour moderniser un petit peu tous les process,
27:27pour recréer des choses un peu plus efficaces,
27:30pour se débarrasser peut-être des mauvaises habitudes qui se sont accumulées au fil des années.
27:34Donc voilà, on est reparti sur quelque chose de sain avec des équipes exceptionnelles et très fidèles au groupe.
27:42J'en parlerai tout à l'heure, mais le groupe a une importance sociale assez capitale dans le Sud Manche.
27:50Mais en tout cas, c'était une aventure magnifique avec ses équipes pendant trois ans.
27:55Et fin 2024, j'ai passé la main à un nouveau directeur général sur le pôle tourisme, qui est extérieur
28:00à la famille.
28:01Je lui ai passé la main parce que je souhaitais un calibre un peu plus important, un peu plus expérimenté
28:07sur ces métiers-là,
28:08pour entamer un nouveau cycle plus lié au développement.
28:11Parce que là, bon, je touche du bois.
28:15Je touche du bois, mais on n'a pas connu de crise depuis le Covid, pour l'instant, sur le
28:19tourisme.
28:20Donc la gestion de crise est enfin finie.
28:22J'ai fait toutes mes premières années professionnelles en gestion de crise.
28:25Ça y est, c'est fait.
28:26Donc là, on n'est plus sur un cycle de développement.
28:28Donc je souhaitais être accompagné effectivement par des gens qui ont eu l'expérience sur certains projets
28:32qu'on a en tête pour le développement et sur la vision qu'on a pour l'avenir du Mont
28:36-Saint-Michel.
28:37Bon, génial.
28:38On va rentrer dans la deuxième partie de cette émission, Léo, qu'on appelle traditionnellement les trois cercles.
28:44Et là, ce qui nous intéresse, ça fait lien avec ce DG non familial que tu as décrit.
28:49Et je crois qu'il n'y a que des entreprises familiales pour appeler un DG pas de la famille
28:53ou non familial.
28:56Donc ça dit beaucoup de choses.
28:57Est-ce que tu peux nous dire comment vous êtes organisé sur les trois cercles,
29:00donc à la fois sur la partie actionnariale, peut-être nous décrire un peu ta famille,
29:04et puis ensuite sur la gouvernance plus globale de votre groupe ?
29:09Oui.
29:10Alors sur la famille, déjà avant d'en venir à l'organisation juridique,
29:15la famille, il faut savoir qu'on est en fait trois fratries sur la deuxième génération.
29:21Donc mon père, le fondateur, il a eu trois familles.
29:25La première famille avec trois enfants dont malheureusement deux sont décédés aujourd'hui.
29:32Je suis la deuxième fratrie, je suis fils unique.
29:35Et ensuite une troisième fratrie, donc trois enfants aussi qui sont plus jeunes.
29:39Donc nous sommes cinq enfants aujourd'hui dans la deuxième génération.
29:43Quand on analyse les familles, on regarde aussi la systémie familiale.
29:49Et c'est assez intéressant aussi d'observer finalement quel numéro tu es dans le cycle.
29:55Oui.
29:56Et en psychogénéalogie, ce qu'on dit, c'est que ça marche par trois.
29:59Donc toi tu es l'aîné de ta maman.
30:01Oui.
30:01Tu es le quatrième de ton papa.
30:03Oui.
30:04C'est ça.
30:05Comme ça marche par trois, en fait un quatrième, c'est une dynamique de premier.
30:08Donc en fait, tu serais deux fois premier dans une dynamique familiale.
30:13C'est assez fort pour incarner la suite du groupe familial.
30:18Petit aparté.
30:19Je prends.
30:20Tu peux.
30:21Merci.
30:22Bon.
30:23En tout cas, on a ces trois fratries.
30:26J'ai du coup ma grande sœur de la première fratrie qui est tout à fait déconnectée de ce monde
30:35-là, qui a sa propre vie dans le sud de la France et sa propre activité.
30:40Donc elle n'est pas dans l'entreprise familiale.
30:43Les trois jeunes de la troisième fratrie sont encore trop jeunes.
30:48Ils sont encore étudiants.
30:49Ils sont encore au lycée.
30:53Et la plus petite, elle est toute petite.
30:56Ils ne sont pas à l'abri de venir donner un coup de main pour 15 jours ?
30:59Oui, bien sûr.
31:00Non, bien sûr.
31:01Mais bon, pour l'instant, phase étude d'abord et voilà.
31:04Mais voilà.
31:05Donc effectivement, je suis le seul à être dans l'entreprise familiale aujourd'hui.
31:10Donc c'est ce que je disais au début.
31:11C'est une courte hiérarchie familiale.
31:13Sur la holding familiale, la holding de tête, on est en commandite.
31:19Donc c'est la holding aujourd'hui, on va dire, personnelle encore d'Eric Vanier, parce qu'il est actionnaire
31:26à 99,99999%.
31:31Et chacun des enfants majeurs a une action qui lui permet d'être commanditaire.
31:41Mon père, lui, est le gérant commandité.
31:44Alors, on a choisi à l'époque.
31:46Enfin, je n'étais pas là.
31:47Mais ils ont choisi, ils ont bien choisi la forme juridique de la commandite pour la facilité sur la succession.
31:55Et pour la gestion opérationnelle versus l'actionnariat.
32:02En fait, une commandite, ça vous permet de séparer la répartition du capital et le pouvoir décisionnel sur les opérations
32:12et sur les participations.
32:13Qui est la vocation de la holding, c'est de gérer les participations.
32:18Donc en fait, on protège un peu une continuité.
32:20Il y a beaucoup de groupes familiaux industriels qui fonctionnent comme ça.
32:23Justement, c'est protéger l'activité opérationnelle et la prise de décision opérationnelle versus la répartition du capital.
32:29Donc là, on se prépare à une succession où nous serons cinq enfants au capital.
32:37Il faut effectivement que la gestion opérationnelle puisse poursuivre une continuité.
32:42Même s'il y a des actionnariats qui sont un peu moins à l'aise avec les activités.
32:48Et surtout, pour pouvoir faire rentrer à l'avenir, ce n'est pas le cas aujourd'hui, mais éventuellement faire
32:53rentrer à l'avenir des financiers, des financements en fonds propres, sur la holding, sans avoir à toucher à la
33:00continuité opérationnelle du groupe.
33:04Donc, est-ce qu'il y a des contraintes dans la structuration de la commandite, qu'elles soient fiscales ou
33:10organisationnelles ?
33:12Alors, c'est une forme juridique qui est plus lourde que pour les sociétés anonymes, mais qui se pilote plutôt
33:22bien.
33:23Moi, je suis président du conseil de surveillance commanditaire.
33:27Donc, il y a un conseil de surveillance, il y a un gérant commandité qui a une responsabilité illimitée.
33:33Alors, c'est peut-être ça, du coup, le point noir et le risque, c'est quand vous êtes le
33:37gérant commandité.
33:39Vous avez un plus grand pouvoir de décision que dans une autre forme juridique, mais par contre, vous êtes bien
33:44plus responsable,
33:45alors que les commanditaires, eux, ne sont responsables qu'à hauteur de leurs apports.
33:51Donc, il y a ce premier point-là.
33:53Et ensuite, alors, moi, de ce que je vois, les contraintes, elles sont plutôt liées, non pas à la forme
33:59juridique,
33:59mais au pacte d'Utreil, qu'on a signé comme beaucoup d'entreprises familiales,
34:03en prévision de la succession, parce que nous sommes une entreprise fondamentalement opérationnelle, très liée au terrain.
34:13Et donc, nous sommes éliginés au pacte d'Utreil, mais le pacte d'Utreil, c'est encore une législation qui
34:18est jeune,
34:19où l'administration fiscale, bon, au fil des années, voit des petites choses, corrige des petites choses.
34:26Donc, c'est encore un petit peu brouillon sur pas mal d'aspects, mais en tout cas, ça nous pose
34:31pas mal de limites dans la gestion de la holding, oui.
34:35Comment vous projetez la vision familiale ou la vision du groupe familial d'un point de vue actionnarial ?
34:41Votre père a passé ou est en train de passer la main, d'une certaine manière ?
34:46Alors, mon père est toujours le gérant commandité.
34:49Toutefois, effectivement, j'ai pris de plus en plus de place au fil des années dans la gestion du groupe,
34:55ce qui est normal.
34:56Alors, mon père est impliqué dans l'animation du groupe, encore une fois, lié au pacte d'Utreil.
35:01Donc, on a cette mission d'animation et mon père est le premier garant de cette mission d'animation, de
35:08la holding, vis-à-vis de ses participations.
35:11Moi, de mon côté, j'ai effectivement pris plus de place. C'est moi qui suis sur le terrain.
35:16J'ai beaucoup de dialogue avec les équipes opérationnelles, avec la direction générale, le codire opérationnel.
35:24Surtout que c'est moi qui ai formé le gros de ce codire entre 2021 et 2024.
35:29Donc, effectivement, je suis plus sur le terrain. J'ai mon petit appartement à côté du Mont-Saint-Michel.
35:34Je viens en toutes les semaines. Donc, voilà, je suis peut-être plus proche du terrain.
35:39Eric Vany, au fil des années, l'est un peu moins, mais par contre, il est pleinement impliqué dans la
35:43mission d'animation, tout comme moi.
35:44C'est aujourd'hui l'objectif premier de la holding.
35:50Est-ce que vous avez structuré des outils comme, quand je dis vous, c'est vous la famille, charte familiale,
35:57familier-office, retraite familiale, préparation de la nouvelle génération ?
36:02Comment vous êtes organisé sur cette partie plus famille, d'une certaine manière, affectio societatis, affectio familiale ?
36:08Tous ces mots qu'on utilise beaucoup dans ce métier.
36:11Oui. Alors, comme on est une hiérarchie familiale assez courte et que jusque très récemment,
36:18en fait, la holding familiale, je parle de la holding familiale, mais qui est en fait la holding personnelle d
36:23'Eric Vanyer,
36:24qu'il a créée au fil de ses acquisitions pour créer un véhicule d'investissement qui regroupe un peu toutes
36:28les participations.
36:30Aujourd'hui, c'est quelque chose qui est encore très nouveau.
36:33Mon objectif à moi dans les années à venir, ça va être de professionnaliser cette holding.
36:37Justement, de faire cette transition de holding personnel d'Eric Vanyer à holding familiale
36:42avec ses cinq actionnaires qui vont se partager le capital,
36:47et de transformer en fait, du coup, cette holding en family office pour notre famille.
36:53C'est la mission que je me suis imposée dans les années à venir,
36:57afin de pouvoir contenter l'actionnariat, de le sécuriser aussi,
37:01parce que qui dit holding personnel d'un entrepreneur dit, du coup, encore actif très à risque, participation à risque.
37:11Aujourd'hui, on met tous nos œufs dans le même panier.
37:13On est sur l'activité touristique au Mont-Saint-Michel.
37:17On a pu céder cette activité très capitalistique, qui était l'agroalimentaire,
37:21pour se recentrer et sur le développement du Mont-Saint-Michel,
37:24et sur une diversification géographique slash sectorielle,
37:28mais toujours liée un petit peu au métier du tourisme.
37:31Donc, dans les années à venir, ça va être diversifié pour sécuriser
37:34et professionnaliser la holding pour créer ce family office.
37:41Ce qu'on dit souvent, c'est qu'à ce moment de bascule dans les familles,
37:46où on commence à avoir plus d'actionnaires familiaux non exécutifs
37:51que d'actionnaires familiaux travaillant dans l'entreprise,
37:54c'est qu'on voit que l'entreprise, d'une certaine manière, porte une triple charge.
37:59Elle a la première charge d'innover pour rester en vie, de développer ses investissements,
38:07pour répondre aux enjeux de son marché.
38:09La deuxième charge qu'elle a, c'est qu'elle doit réfléchir et prendre en charge,
38:13d'une certaine manière, les enjeux de fiscalité,
38:14parce que plus elle grossit, plus les enjeux de fiscalité de sa transmission sont élevés,
38:18et si la famille n'a pas les moyens de payer cette fiscalité,
38:22on est à risque, et en France plus que dans d'autres pays.
38:26Avec un taux de transmission assez faible, 20% qu'on arrive à transmettre d'une génération à l'autre,
38:31notamment pour ces sujets-là.
38:32Et puis, il y a une troisième charge, c'est de protéger la famille.
38:34Et donc, tout ce que tu viens de décrire, en fait,
38:37ça amène à cette idée de rendre le patrimoine familial indépendant de l'entreprise,
38:42pour finalement diminuer cette charge à l'entreprise,
38:47pour qu'elle puisse se concentrer aussi sur son développement,
38:49mais aussi sur ses équipes, son impact sociétal de son côté et son développement.
38:55Peut-être que tu peux nous dire, pour terminer sur cette partie,
39:00les axes de développement, tu l'as évoqué, mais tu n'es pas trop rentré dans le détail.
39:05On sort du Mont-Saint-Michel quand on a un groupe comme le tien,
39:10ou on reste focalisé sur le Mont-Saint-Michel ?
39:12Ou on ressort, parce que vous vous êtes sorti ?
39:15Oui, oui. Le cœur du groupe aujourd'hui, c'est bien évidemment le Mont-Saint-Michel.
39:21On a un plan stratégique aujourd'hui qu'on suit, qui court jusqu'en 2031,
39:27avec pas mal d'investissements, pas mal de développement d'activités,
39:32pas mal de démarchages de nouveaux marchés, de prises de nouveaux marchés.
39:36Donc, je suis aujourd'hui concentré sur la mise en place de ce plan stratégique.
39:42Là, je suis sur des missions de financement de nos prochaines phases d'investissement.
39:48Maintenant, effectivement, c'est mon métier aussi aujourd'hui de penser en dehors du Mont-Saint-Michel.
39:56Donc oui, on peut sortir du Mont-Saint-Michel, ce n'est pas le seul site touristique,
40:01malgré tout l'amour qu'on peut lui porter à ce Mont-Saint-Michel.
40:04Et oui, on peut développer de l'activité ailleurs.
40:07On l'a réussi dans le passé, la première génération, le fondateur l'a réussi.
40:13Aujourd'hui, effectivement, on travaille sur pas mal de pistes de développement
40:16qui permettrait de s'éloigner un petit peu du Mont-Saint-Michel et de sécuriser.
40:22Parce qu'encore une fois, diversification, c'est aussi la clé de la sécurité.
40:26Donc de sécuriser le prochain groupe familial.
40:30On rentre dans la troisième partie.
40:32Cette partie, elle s'appelle Génération Impact, qui est le nom de l'émission.
40:35Et ce qui nous intéresse, c'est que tu puisses évoquer avec nous tous les enjeux sociétaux
40:42auxquels ton entreprise fait face.
40:44Généralement, les entreprises basées dans les régions connaissent bien les rouages,
40:53les difficultés de leur région et sont souvent assez impliquées avec un impact social ou environnemental assez important.
41:01Quand on est sur le Rocher, c'est quoi ton quotidien sur ces sujets-là ?
41:06Et comment ça affecte le développement du groupe ?
41:09Alors effectivement, nous, on est une petite PME de province sans prétention.
41:14Mais en même temps, on est le premier acteur économique d'un site touristique emblématique,
41:19qui n'est pas le premier site touristique de France.
41:222,5 millions de visiteurs par an à peu près.
41:25Pour avoir des points de comparaison, le musée du Louvre, c'est 9 millions par an.
41:29Donc c'est des ordres de grandeur.
41:32C'est un petit site touristique qui peut être encore développé, le Mont-Saint-Michel.
41:36Mais effectivement, comme on est une petite PME et en même temps le premier acteur de la zone,
41:41on est quand même écouté et on a une certaine responsabilité vis-à-vis du tissu local.
41:47Surtout sur le plan social.
41:49Donc tu me parles de responsabilité sociale et environnementale.
41:52C'est vrai que nous, sur le social, c'est très visible.
41:57On est le premier employeur du Sud-Manche.
42:01Le Mont-Saint-Michel est la locomotive économique du Sud-Manche.
42:06Donc on a un certain point.
42:07Et c'est aussi un site, aussi petit soit-il, en taille, qui est très politisé.
42:17Donc c'est-à-dire qu'on doit parler avec beaucoup de gens.
42:20Et qu'on doit discuter avec beaucoup de gens pour l'avenir du Mont-Saint-Michel.
42:26Mais aussi de tout le périmètre de la baie du Mont-Saint-Michel.
42:30Toute la communauté d'agglomération, en fait.
42:33C'est la centaine de communes qui est aidée un petit peu au Mont-Saint-Michel, à travers la communauté
42:38d'agglomération.
42:40Donc effectivement, on a ce poids-là, on a cette responsabilité-là.
42:44Il faut savoir que moi, mes salariés au Mont-Saint-Michel, ils se connaissent tous.
42:51Ils ne sont pas que collègues, ils peuvent être aussi voisins.
42:53Ils peuvent être de la même famille.
42:56Le Mont-Saint-Michel, c'est leur quotidien, c'est leur vie pour certains.
43:00Certains sont dans le groupe depuis plusieurs décennies.
43:02Donc, on a une attache territoriale qui est très forte.
43:08Et on doit beaucoup dialoguer avec les collectivités locales et le tissu associatif, auquel je participe aussi, et l'État.
43:16Donc, les sujets, c'est quoi, en fait ?
43:18Parce que, vu de l'extérieur, pour nous, le Mont-Saint-Michel, le site naturel est absolument incroyable.
43:26Donc, on imagine plus, pour le coup, des sujets environnementaux, des sujets de sur-tourisme, tous ces sujets-là.
43:32Est-ce que tu peux nous éclairer un peu plus sur ton quotidien et les sujets que tu dois amener
43:36?
43:36Alors, le sur-tourisme, c'est un très bon exemple.
43:40Il faut savoir que moi, à titre personnel, je suis administrateur au conseil d'administration de l'établissement public du
43:49Mont-Saint-Michel.
43:50Donc, un établissement public, c'est un organisme d'État.
43:54Celui du Mont-Saint-Michel a été créé en 2020.
43:56C'est un organisme d'État qui vise à unifier un petit peu la gestion, ou en tout cas à
44:02prendre la main sur la gestion du Mont-Saint-Michel.
44:06Donc, je suis au conseil d'administration.
44:08Je suis également président de l'association des commerçants du Mont-Saint-Michel.
44:14Et quand on a eu la vague médiatique sur le sur-tourisme, il y a deux ans à peu près,
44:20effectivement, c'est un sujet qu'on a traité et au niveau associatif et en dialogue avec l'État
44:27pour essayer de trouver des solutions qui ne soient pas la solution bête et méchante, à mon sens, des quotas.
44:34Je le disais tout à l'heure, le Mont-Saint-Michel, c'est encore...
44:37C'est pas péjoratif quand je le dis, mais c'est encore un nain touristique.
44:40On a de la place au Mont-Saint-Michel.
44:43On sait qu'il y a une dizaine de dates par an où c'est désagréable
44:46et effectivement, on peut parler de sur-tourisme sans problème.
44:49On sait que sur les week-ends de Pont de Mai, sur le week-end de Pâques,
44:53sur le week-end du 14 juillet et du 15 août,
44:55vous avez toujours une dizaine de dates par an comme ça,
44:57où effectivement, c'est assez désagréable et je déconseille d'y aller.
45:02Notre objectif, c'était de trouver des solutions sur ces dates-là, qui sont le vrai problème,
45:07et pas de céder un peu à la panique ambiante sur le sur-tourisme qui consistait à dire que non,
45:15il faut du 1er avril jusqu'à fin octobre un quota, x visiteurs par jour au Mont-Saint-Michel.
45:22Ça, c'est une solution à laquelle je ne crois pas pour le Mont-Saint-Michel.
45:26Pour le Mont-Saint-Michel.
45:27Après, je sais qu'il y a des sites naturels qui sont un peu plus en zone sensible,
45:31où effectivement, la question peut se poser.
45:34Le site du Mont-Saint-Michel lui-même ne connaît pas ses problèmes en dehors
45:38de la dizaine de dates par an dont on a parlé.
45:40Donc effectivement, à l'époque, il y a deux ans,
45:42c'était beaucoup de va et bien, beaucoup de dialogue avec beaucoup de gens,
45:45parce que la préfecture pense quelque chose, la sous-préfecture a aussi son avis sur la question.
45:51L'établissement public essaye d'écouter les avis de tout le monde.
45:56Le ministère de la Culture a aussi son avis sur la question.
45:59Les collectivités locales, c'est aussi, mais avec des intérêts qui sont parfois un petit peu divergents.
46:05Donc il y a certaines communes aux alentours qui vont avoir leur avis.
46:08La commune de Mont-Saint-Michel va avoir un avis inverse.
46:12Donc voilà, en fait, encore une fois, il y a beaucoup d'acteurs au Mont-Saint-Michel.
46:14Comment on navigue ?
46:16Tu décris très bien tous ces cercles et en même temps, toi, tu es un entrepreneur,
46:20donc en fait, on doit être en permanence en conflit d'intérêts sur tous les sujets.
46:23Comment on navigue dans cette dynamique ?
46:26Non, il ne faut pas le voir sous la forme d'un conflit d'intérêts.
46:29On vise tous, je pense sincèrement, on vise tous un développement soutenable, durable du Mont-Saint-Michel.
46:38Quand je dis durable, ce n'est pas forcément dans le sens écologique,
46:43même si ça participe, ça fait partie des sous-thématiques,
46:47mais quelque chose qui perdure dans le temps où globalement,
46:53on ne risque pas de perdre cette activité, cette réactivité-là du Mont-Saint-Michel.
46:58Aujourd'hui, le tourisme dans le produit intérieur but français, c'est à peu près 7-8%.
47:04Le Mont-Saint-Michel est une symbolique majeure de l'image de la France à l'étranger.
47:11Donc, il faut qu'on puisse la développer intelligemment,
47:14que tous les acteurs puissent se mettre autour de la table et voient les enjeux stratégiques du Mont-Saint-Michel
47:19à long terme.
47:20Donc non, je pense qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts.
47:22Par contre, il y a divergence effectivement sur les solutions à trouver.
47:27Mais par exemple, sur le tourisme, on a trouvé une solution et aujourd'hui, sur la dizaine de dates par
47:31an où c'est compliqué,
47:33on a un plan d'action très concret qui permet effectivement de ralentir les flux,
47:40d'avoir des navettes un peu plus lentes, de vider le Mont-Saint-Michel assez progressivement,
47:45de le remplir du coup tout aussi progressivement.
47:47Donc voilà, on a trouvé quelques solutions qui permettent d'avoir une expérience plus agréable sur ces dates-là.
47:54Aujourd'hui, c'est un succès pour tout le monde et même la préfecture,
47:58dont le rôle est d'assurer la sécurité opérationnelle sur ce genre de site,
48:04même la préfecture est plutôt satisfaite de ces solutions-là.
48:08Donc non, on peut trouver des solutions ensemble.
48:10Après, effectivement, plus vous avez de voix autour d'une table, forcément,
48:13plus la discussion est longue et compliquée.
48:16Donc dans ton rôle de multi-casquette, tu l'as très bien décrit,
48:21c'est quelle casquette qui permet de faire avancer ces sujets sociétaux ?
48:24On a préparé l'émission ensemble et tu me disais que finalement,
48:28la démarche associative a parfois plus de poids que finalement être le premier acteur économique.
48:33On pourrait croire que c'est ça qui te donne plus de poids, mais a priori, tu me disais pas
48:38toujours.
48:38Il y a un peu de tout. Donc je pense qu'il faut savoir jongler un petit peu.
48:42Déjà, le poids familial, parce que c'est une thématique chère à l'émission, le poids familial est important.
48:48Aujourd'hui, les acteurs locaux, les acteurs politiques préfèrent me parler à moi qu'à, par exemple,
48:57ma direction générale non familiale parce que je représente un peu la continuité de notre activité touristique au Mont-Saint
49:06-Michel.
49:07Ils savent que mon père était impliqué là-dedans.
49:09Ils savent que je suis impliqué là-dedans et ils se disent que de toute façon, ça va encore perdurer.
49:13Donc autant traiter les sujets avec moi parce que, quitte à voir long terme, autant voir long terme avec l
49:17'actionnariat familial.
49:20Donc ça, c'est déjà une première casquette, c'est en tant que représentant de la famille là-bas.
49:26Ensuite, effectivement, tu l'as dit, la casquette associative, elle est importante.
49:31Il y a aujourd'hui au Mont-Saint-Michel et autour du Mont-Saint-Michel plusieurs associations
49:35qui essayent de porter leurs projets, leurs sujets auprès des collectivités locales et de l'État.
49:43Et quand on est impliqué dans ce tissu associatif là, on est plus facilement écouté, ce qui est normal, pas
49:49seulement par les politiques, par la presse aussi également.
49:53Ça permet de crédibiliser et de donner une forme juridique tout simplement à une union d'intérêts autour d'un
50:00sujet qui nous concerne.
50:01Donc effectivement, cette casquette de président de l'association des commerçants est importante et tout comme j'essaye de participer
50:09autant que je le peux à l'activité ou aux problématiques des autres associations locales.
50:16Comment tu te projettes toi personnellement dans ce groupe là et on va arriver à la fin de cette émission
50:23ensuite ?
50:26Si on devait te souhaiter bonne chance pour la suite, comment tu aimerais te visualiser dans une dizaine d'années
50:33?
50:34Alors dans une dizaine d'années, j'espère qu'on aura avancé sur la fameuse diversification dont je parle.
50:41Effectivement, le développement déjà du Mont-Saint-Michel parce que si la locomotive s'écroule, après les autres projets de
50:47développement deviennent des sujets bien plus mineurs.
50:50Donc j'espère qu'on va réussir notre projet de développement au Mont-Saint-Michel.
50:54J'espère qu'on va entamer avec succès des premières diversifications.
51:00J'espère que notre dialogue avec l'administration fiscale pour le pacte d'Utreil va continuer à être fructueux et
51:10que le jour de la succession, on ne va pas me dire que le pacte d'Utreil est nul et
51:16non avenu.
51:18Parce que là, tu le disais tout à l'heure, effectivement, parfois on ne peut juste pas payer tout simplement,
51:23les droits de succession sont trop lourds.
51:25Là, la problématique se posera tout simplement.
51:29Et j'espère tout simplement que je vais réussir à professionnaliser ce que je disais, cette holding, pour la transformer
51:38un petit peu plus en véhicule de famille et office, en véhicule d'investissement intéressant et rassurant pour l'ensemble
51:45de la famille.
51:47Génial. On arrive à la fin de cette émission, Léo, et on a une tradition. C'est de demander à
51:56notre invité d'imaginer son entreprise familiale comme un membre de la famille, un membre fictif.
52:03Et donc, si ce groupe était un membre de ta famille, quelle serait-il ou quelle serait-elle ?
52:15Alors, la première idée qui me vient sur cette question, question tordue quand même, mais la première idée qui me
52:22vient, ce serait certainement un demi-frère.
52:29Je te l'ai dit, on est trois fratries.
52:33Vis-à-vis de mon père, ce qui est normal, c'est un peu le syndrome de l'entrepreneur, mais
52:36je pense qu'il considère son entreprise aussi comme son enfant, l'un de ses enfants.
52:42Et je pense qu'en fait, le vrai grand frère dans ce cercle familial là, le vrai grand frère de
52:50la deuxième génération, c'est en fait cette entreprise.
52:53Donc, je pense que ce serait un demi-frère, un grand frère qui nous apprend à nous responsabiliser.
53:01Enfin, en tout cas, moi qui m'a appris à me responsabiliser quand j'ai rejoint le groupe en 2017,
53:06c'est ce que j'appréciais, c'était ce sens des responsabilités.
53:08C'est une entreprise qui est encore jeune, qui est assez petite, c'est une petite PME provinciale, mais qui
53:13a beaucoup d'ambition, qui a de très beaux fondamentaux, qui a beaucoup d'idées de projets de développement,
53:19qui a encore cet ADN entrepreneurial que peut-être dans certains groupes où là, les générations passées, on est plutôt
53:25plus sur la gestion que sur la fibre entrepreneuriale de départ.
53:29L'idée de vouloir partir de zéro et de créer quelque chose à partir de rien.
53:33Là, je pense qu'on y est encore. Donc, ce sens des responsabilités pour essayer de créer quelque chose qui
53:42puisse devenir un joli véhicule et une jolie entreprise familiale à l'avenir pour accueillir les prochains actionnaires.
53:51Donc, ce serait d'abord un demi-frère. Et après, alors moi, j'ai une valeur cardinale qui me définit,
53:57qui est fondamentale. Généralement, les gens se trouvent toujours plusieurs valeurs.
54:02Moi, j'en ai qu'une, c'est très simple. C'est la liberté. C'est vraiment quelque chose auquel
54:07je suis attaché profondément.
54:09Et la liberté, pour moi, elle est incarnée plutôt, c'est plutôt une valeur féminine. Donc, c'est plutôt quelque
54:15chose, je vais la décrire aussi comme une, peut-être comme une fille, comme une fille de la troisième génération,
54:20justement.
54:22Parce qu'il faut que cette entreprise garde cet élan de liberté là et devienne aussi, permette aux autres actionnaires
54:30et permette à la famille de pouvoir se libérer un peu.
54:34Tu disais tout à l'heure, il faut pouvoir se rassurer. C'est aussi l'un des objectifs dans les
54:37entreprises familiales, c'est d'essayer de créer des points de réassurance pour les différents actionnaires, même s'ils ne
54:43sont pas tout à fait impliqués dans le groupe.
54:46Donc ça, je pense que ça passe par la liberté et par la construction de points de réassurance.
54:54Encore une fois, toujours limité un petit peu, parce que c'est toujours, c'est toujours le débat entre holding
55:01patrimonial versus holding animatrice, holding opérationnel, etc.
55:06Le pacte du trail nous empêche un peu de faire du patrimonial. Donc, il faut, il faut essayer de rassurer
55:11différemment et intelligemment la famille, tout en essayant de respecter les obligations fiscales du pacte du trail.
55:19Génial. Donc, finalement, une androgyne, un demi-frère, mais probablement aussi une fille qui incarne la future génération, l'avenir
55:28et la liberté.
55:30Oui, androgyne. Androgyne, pas mal.
55:34Génial. Léo, merci d'avoir accepté de venir dans cette émission.
55:39Et j'en profite pour remercier toutes les équipes techniques pour avoir goupillé cette émission.
55:44Et je vous dis à très bientôt sur un futur épisode, un prochain épisode de Génération Impact.
55:48Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires