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  • il y a 3 heures
Ce jeudi 4 juin, le repli de la croissance française au premier trimestre et la baisse de la consommation, s'interrogeant sur les risques d'une entrée en récession face aux tensions au Moyen-Orient, a été abordé par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à MNL Le Chiffre, aujourd'hui c'est Jean-Marc Daniel.
00:02La croissance française s'est finalement repliée de 0,1 au premier trimestre.
00:05L'évolution du conflit au Moyen-Orient pèse et va continuer de peser.
00:09On a la baisse de la croissance, la chute de l'investissement et de la consommation.
00:12Est-ce que la France va entrer en récession ?
00:15Eh bien voilà, vous avez tout dit. On y est.
00:18Donc vous dites oui.
00:18Oui, effectivement. Je ne vois pas comment on pourrait éviter effectivement la récession.
00:24Vous l'avez dit, on part déjà d'une base négative sur le premier trimestre.
00:28Alors la récession, techniquement, c'est deux trimestres de baisse du PIB consécutive.
00:33Et je ne vois pas comment le deuxième trimestre pourrait être positif.
00:38On a tous les indicateurs qui, objectivement, tous les indicateurs avancés qui sont en train de piquer d'îner.
00:45Si vous regardez la confiance des ménages, par exemple, on est sur les deux derniers mois à un rythme de
00:50chute
00:50qui est similaire à celui qu'on a connu au début du Covid ou au moment de la guerre en
00:55Ukraine.
00:56C'est quand même pas rien.
00:58Si vous regardez la situation financière des entreprises, on a eu hier, par exemple,
01:03une note de l'observatoire d'Axonautes qui nous dit que les impayés pour les TPE et PME ont bondi
01:09de 17% en mai.
01:11Et je vous dis 17%, ce n'est pas mai par rapport à un an plus tôt.
01:15C'est mai par rapport au mois d'avril, plus 17%.
01:18Et l'environnement international, il est aussi assez préoccupant,
01:22puisqu'on a eu les prévisions de l'OCDE hier qui nous dit que si le conflit se prolonge, la
01:29croissance mondiale,
01:29ce ne sera pas 2,9% cette année, mais ce sera 2,1%.
01:33Donc je ne vois pas quels sont les moteurs qui peuvent tourner.
01:37En plus, on peut vous dire, la politique économique, manque de bol, il va falloir trouver plutôt 10 à 15
01:44milliards d'euros d'économie supplémentaire
01:46et donc pas relancée par la dépense publique.
01:49Et puis, l'argent moins cher, très bien, sauf que l'ABCE aujourd'hui nous dit plutôt qu'elle va
01:55augmenter ses taux d'intérêt que les baisser.
01:57Donc tout ça fabrique sans doute une récession.
02:00Alors entendons-nous bien, il ne s'agit pas de dire qu'on va avoir une baisse spectaculaire du PIB,
02:05mais en réalité, entre une conjoncture où vous baissez de moins 0,1% et une conjoncture où vous augmentez
02:12de plus 0,1%,
02:13il n'y a pas beaucoup de différence économique, sauf que ça fait une énorme différence psychologique.
02:17C'est-à-dire que quand vous prononcez le mot récession, quand vous dites la France est en récession,
02:22même si c'est de peu, ça a quand même des effets dévastateurs psychologiques sur le comportement des ménages,
02:28sur le comportement des entreprises.
02:29Jean-Marc, vous dites non, pas de récession.
02:31Non, je ne pense pas qu'il y aura de récession.
02:33D'abord, encore une fois, le comportement des ménages, depuis le temps que je dis aux gens qu'il faut
02:37relire le chapitre 22 de la théorie générale de Keynes.
02:40Et qu'ils ne le font pas.
02:41Et qu'ils ne le font toujours pas et qu'on continue à nous bassiner avec la consommation, la consommation.
02:45Dans un pays qui a un déficit commercial de l'ampleur que nous avons,
02:49la consommation ne joue aucun rôle sur la réalité de la croissance économique.
02:52Déjà, dans le chapitre 22, Keynes explique pourquoi ce n'est pas un moteur de la croissance.
02:56Et en plus, dans un pays qui a un tel déficit de sa balance des paiements courants et de sa
02:59balance commerciale,
03:00elle est un élément qui n'est pas à prendre en compte.
03:02Alors, en réalité...
03:03Développer, Jean-Marc, comme phénomène, c'est intéressant.
03:06Ah ben, il faut lire le chapitre 22.
03:08Je ne vais pas reprendre tout le chapitre.
03:10Ce qui explique assez bien Keynes, c'est que...
03:12On gagne en conso, on le perd en commerce.
03:14Et puis là, exactement.
03:16Parce que la consommation, elle est d'abord très inerte,
03:19avec une propension à consommer qui est stable dans le temps.
03:22Et quand elle se met à bouger, la propension à consommer,
03:25en général, ça se traduit par une modification des importations.
03:28Et donc, ça ne s'entendit pas pendant la croissance.
03:30Donc, vous pouvez hurler récession, ça ne change rien.
03:31Alors, ce n'est pas cet aspect-là qui est en jeu.
03:33Par rapport à ce que vient de décrire Emmanuel,
03:36effectivement, la croissance économique, c'est une tendance.
03:38La tendance, la croissance potentielle, elle est faible,
03:40mais elle n'a pas été modifiée par les événements récents.
03:43Il y a la position dans le cycle, à laquelle je tiens beaucoup.
03:45Et donc, il y a un indicateur qui est le taux d'utilisation
03:48des capacités de production.
03:49On est, par rapport à cet indicateur,
03:51on voit bien qu'il a pris deux ans de retard avec la Covid
03:54par rapport à la dynamique cyclique antérieure.
03:56Les bonnes années antérieures, c'était le début 2008, le début 2017.
04:00C'est-à-dire que tous les neuf ans à peu près,
04:02donc c'est cette année qui devrait être la bonne année,
04:05avec deux ans de retard.
04:06Donc, on est dans la phase vers une amélioration cyclique de la situation.
04:10Ce qui est la déception, effectivement,
04:12c'est que cette amélioration, elle est effectivement constatée sur l'année 2025.
04:16Vous regardez cet indicateur, il est monté régulièrement
04:18depuis le début 2025, la fin 2024.
04:21Et puis, au premier trimestre, là, je reconnais,
04:23effectivement, cet indicateur marque le pas
04:26avec associé l'estimation revue à la baisse de l'INSEE sur la croissance.
04:30Mais fondamentalement, l'INSEE anticipe une remontée de cet indicateur
04:35vers les 82 qui est son point d'équilibre.
04:37Et dans les considérations mises en avant par le FMI
04:40sur la correction de la croissance économique de 0,9 à 0,7% pour la France,
04:45correction qui a été faite à la fin du mois de mai,
04:47ils mettent en avant le fait qu'il y a une dynamique de réutilisation
04:50des capacités de production qui n'a pas de raison d'être bloquée.
04:54C'est-à-dire qu'il y a eu un plafond,
04:56mais la dynamique est quand même, normalement, vers l'amélioration.
04:59Reste, effectivement, les aléas.
05:01Alors là, sur les aléas, la formule célèbre, c'est
05:04« je ne suis pas madame Irma ».
05:05Donc, moins 4 ou plus 4, vous n'en savez rien.
05:07Voilà, moins 4 ou plus 4, j'en sais rien.
05:09Je rappelle que c'est Bruno Le Maire-Ministre de l'Économie
05:12que je plagie en disant ça, puisque sur ce plateau, ici même,
05:15il avait dit « écoutez, je ne suis pas madame Irma ».
05:17Et je rappelle également que le gouverneur de la Banque de France
05:20François Villeroy de Gallo, qui a dit « nous allons être obligés
05:22de revoir à la baisse nos prévisions »,
05:24avait dit deux choses au début de la récession,
05:27au début de la crise, pas de la récession, mais de la crise.
05:29Il avait dit « écoutez, il y a deux choses sur lesquelles
05:31je ne peux pas prendre position.
05:32Je ne suis pas psychiatre, donc je ne sais pas
05:34ce que va faire la politique américaine.
05:36Je ne suis pas militaire, je ne sais pas
05:38au bout de combien de temps le conflit va s'arrêter. »
05:41Donc, on est toujours dans cette phase d'incertitude.
05:44Sauf que remarque, il y a un autre cycle
05:45qui a des effets aussi à peu près aussi réguliers
05:48que le cycle économique.
05:48C'est quand même le cycle électoral et le cycle présidentiel.
05:51Or, on voit très bien qu'à chaque cycle présidentiel…
05:54Il y a de l'attentisme.
05:56Voilà, et on le voit déjà aujourd'hui.
05:58Regardez les derniers chiffres sur l'immobilier, par exemple.
06:01Secteur, l'immobilier neuf.
06:03On se disait « ça y est, c'est en train de… »
06:04Horrible.
06:05Oui, mais on se disait 2025, ça y est,
06:07il y a une convalescence, c'est en train de redémarrer.
06:09Là, paf, premier trimestre sur les ventes.
06:11Vous êtes à un plancher historique.
06:13Et là, vous avez l'observatoire BPCE
06:15qui nous dit sur les ventes dans l'ancien,
06:16on va faire moins 6% cette année.
06:19Donc, on va aussi, là, avoir un moteur
06:22qui ne tourne pas et tant qu'on n'aura pas…
06:25Mais ça ne veut pas dire récession.
06:26Non, ça ne veut pas dire récession.
06:27Là où je pourrais rejoindre Emmanuel,
06:29c'est sur le fait qu'il y a des menaces
06:30qui seraient des décisions absurdes
06:32ou des événements politiques qui contreront…
06:35Genre, alors, effectivement, les élections,
06:37une angoisse autour du résultat des élections
06:39et décision économique absurde,
06:40ce serait un redressement, un relèvement
06:42des taux d'intérêt de la BCE.
06:44Ce serait totalement inopportunité
06:46et totalement contre-productif.
06:47Si vous écoutez toutes les déclarations
06:48d'Isabelle Schnabel ces dix derniers jours,
06:50on y va quand même tout droit.
06:51Oui, c'est ça qui m'inquiète.
06:52On n'est pas à l'abri d'une bêtise.
06:54Vous comprenez Paris ?
06:54Moi, je peux vous parier
06:55que le prochain mouvement de la BCE,
06:57le prochain mouvement de la BCE,
06:59ce sera une baisse des taux d'intérêt.
07:00La semaine prochaine ?
07:01Non, quand je vous dis le prochain mouvement…
07:03Vous parlez la semaine prochaine.
07:04Non, quand il y aura le prochain mouvement de taux,
07:08sera une baisse plus tôt.
07:09Donc, vous dites statu quo jeudi
07:11et ensuite une baisse après ?
07:13Plus tôt.
07:13Très bien.
07:13Vous êtes assez seul sur ce plan,
07:15mais je prends le jeu.
07:16En tout cas, il faut espérer qu'il a raison.
07:18Oui, pour lui.
07:207h19 sur l'économie.
07:20Pour l'économie, pas uniquement pour lui.
07:22Oui, c'est vrai.
07:22L'économie plus en général.
07:24C'est un souhait plus qu'une prédiction.
07:25Oui, c'est ça.
07:26Parfois, c'est autoréalisateur.
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