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  • il y a 2 heures
Ce mercredi 3 juin, la pertinence de maintenir la règle historique des 3 % de déficit public du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Menel Le Chiffre c'est Jean-Marc Daniel. Qu'est-ce qu'on fait avec le pacte de
00:02stabilité largement amendé ces dernières années ?
00:06Alors au moment du Covid on l'a carrément fait sauter, les règles n'avaient plus de sens, on a
00:10enlevé les dépenses d'armement
00:12et là il y a l'Italie qui demande carrément à enlever les dépenses d'énergie. Pourquoi on garde les
00:153% Emmanuel ?
00:17Ah bah ça n'a plus aucun sens, ça n'en avait déjà pas beaucoup. Parce qu'objectivement quand vous
00:22faites le bilan de ce pacte de stabilité,
00:26des critères etc, je veux dire il a produit des effets systématiquement contre-productifs par rapport à ce qui était
00:33anticipé.
00:34Je vous rappelle que le but du jeu c'était 3% de déficit et pas plus de 60%
00:38de dette, il n'y a quasiment plus aucun pays en Europe aujourd'hui
00:41qui n'est pas très au-delà des 60% de dette, donc ça n'a pas marché. Ça devait
00:45favoriser la convergence des économies européennes,
00:48ça a accru plutôt leur divergence, ça a favorisé des politiques pro-cycliques, ça a aggravé les cycles économiques,
00:55ça a aggravé les récessions. C'est une politique qui a contribué finalement à la stagnation européenne,
01:04notamment dans les années 90 et après la crise de 2008, parce que c'est en partie une politique qui,
01:11à cause des objectifs qu'il fallait tenir,
01:12a complètement sacrifié l'investissement public au moment où les Etats-Unis ou la Chine investissaient rapidement.
01:19C'est trop contraint.
01:20Donc c'est beaucoup trop contraint, c'est pas distinctif, donc heureusement on commence à aller dans le bon sens.
01:28Avec des dérogations.
01:29Il faut être honnête, oui mais il faut que tout ça devienne la norme, c'est-à-dire que 1,
01:32il faut faire la différence entre les dépenses d'investissement,
01:35sans limite, les dépenses de fonctionnement. Il faut continuer à sortir, effectivement, et on voit bien que c'est la
01:40logique,
01:40des catégories de budget. Il faut par exemple que la défense soit exclue de ces critères de Maastricht.
01:50Donc je dirais honnêtement que le pic de connerie est dépassé, sans doute, mais qu'il reste encore beaucoup à
01:57faire pour arrêter
01:59que ces critères, finalement, soient un poison pour l'économie européenne,
02:05sachant que si les marchés financiers faisaient vraiment leur boulot, c'est-à-dire sanctionnent les États qui gèrent mal
02:11leurs finances publiques,
02:12on n'aurait pas besoin de tous ces...
02:13On aurait un taux à 10 ans très élevé, beaucoup plus.
02:15Oui, mais au moins, ce serait une épée dans le dos pour tous les pays qui ne tiennent pas à
02:19leur budget,
02:20et ce serait une façon beaucoup plus efficace de contraindre à la bonne gestion budgétaire.
02:25Jean-Marc, vous voulez garder le cadre ?
02:26Oui, je voudrais garder le cadre parce que je pense que vous faites une description du cadre qui n'est
02:31pas ce qu'il est.
02:31C'est-à-dire que le cadre, d'abord, ce n'est pas Maastricht, Maastricht, ce qui est prévu dans
02:35le traité,
02:36c'est les conditions pour rentrer dans l'union économique et monétaire.
02:39Ensuite, il y a, une fois qu'on est dedans, comment ça fonctionne ?
02:42Et donc là, il y a deux textes, donc le pacte de stabilité et de croissance qui a été adopté
02:45il y a 30 ans,
02:46au sommet de Dublin, confirmé au sommet d'Amsterdam.
02:49Il n'est ni un pacte qui n'a abouti ni à la stabilité ni à la croissance, on est
02:52d'accord ?
02:52Enfin, c'est son nom, et il devait s'appeler aussi de l'emploi, et puis...
02:56Ça faisait beaucoup.
02:56Oui, ça faisait beaucoup.
02:57Il y avait des limites à l'indécence.
02:59Oui, oui, il y avait une limite, il y a eu un sommet à Amsterdam,
03:02si j'ai un peu de temps, je rappellerai cette anecdote,
03:04c'est-à-dire que Jospin voulait absolument, pour signer ce traité,
03:06il venait d'être élu, qu'on rajoute un pacte de stabilité et de croissance et de l'emploi.
03:10Et Tony Blair a dit, oui, oui, mais il faut aller encore plus loin,
03:12moi je voudrais rajouter de la joie de vivre.
03:14Et donc, avec cet humour british totalement paradoxal,
03:18les destructeurs passent !
03:20La démarche de Jospin a explosé en vol.
03:22Bon, une fois qu'on a eu adopté ce pacte de stabilité et de croissance,
03:25on l'a amendé au travers du TSCG, le traité sur la stabilité,
03:29la coordination et la gouvernance.
03:30Qui prévoit quoi ?
03:31Il prévoit d'abord que le déficit sur la durée du cycle doit être égal à zéro,
03:35donc un déficit structurel égal à zéro.
03:37Un déficit que l'on sait calculer, malgré les critiques que l'on peut faire à cette notion.
03:41Il y a tout un tas de travaux d'économistes,
03:43ce qu'on appelle les filtres HP,
03:44qui permettent d'avoir la réalité du déficit structurel.
03:47Ensuite, un déficit conjoncturel qui est accepté en fonction de la position dans un cycle.
03:51Et puis, en cas de circonstance exceptionnelle,
03:54la possibilité d'avoir un déficit plus important que les 3%,
03:57ce qui s'est passé au moment de la Covid.
03:59Ce qui s'est passé au moment de la Covid a été organisé par l'Union Européenne
04:03et qui a défini une période pendant laquelle on pouvait dépasser le déficit de 3%.
04:08Et il en va de même sur la défense.
04:10On peut définir effectivement des conditions d'après le traité
04:13qui permettent d'aller au-delà des 3%.
04:15Je pense que le véritable enjeu, c'est...
04:17Alors, les trois éléments d'enjeux traditionnels...
04:19Il reste 40 secondes ?
04:20Voilà, le premier enjeu, c'est que je pense qu'effectivement,
04:23il n'est pas assez contraigné en ce sens que ne pas le respecter,
04:26il n'y a pas de sanctions, c'est la formule de Chirac.
04:28Ils ne vont pas nous envoyer les chars, ils n'en ont pas.
04:31Effectivement.
04:31Et donc, il y a deux pays qui sont au-delà de 5% de déficit,
04:34la France et la Belgique,
04:35et il y a quatre pays qui sont à des accidents budgétaires en 2025.
04:39Et donc, il y a une espèce de distorsion colossale
04:41qui s'est faite au sein de la zone.
04:42Le deuxième moment du pacte de stabilité et de croissance
04:45avait été signé, la stratégie de Lisbonne,
04:47c'est-à-dire l'accompagnement par une stratégie de croissance économique
04:51et d'un certain nombre de mesures,
04:52notamment des mesures de libéralisation sur le marché du travail,
04:56pour faire en sorte qu'effectivement,
04:58la contrainte budgétaire ne soit pas pénalisante
05:02dans la mesure où l'activité privée, la dynamique du marché...
05:04Ça, on ne l'a pas fait.
05:05Et ça, on ne l'a pas fait.
05:06Donc, il faut revenir à l'esprit de la stratégie de Lisbonne.
05:08Et le troisième élément,
05:10c'est effectivement se poser la question des rapports avec la Banque centrale.
05:13Les rapports avec la Banque centrale n'ont jamais véritablement été codifiés.
05:17Normalement, ils sont dans le traité de Maastricht,
05:19mais le quantitative easing a démoli ce qu'il y avait dans le traité de Maastricht.
05:23Et donc, je pense qu'il faut faire un pacte de stabilité et de croissance,
05:26renouvelé avec le maintien des critères,
05:29la stratégie de Lisbonne redéfinie,
05:31et des relations avec la Banque centrale clarifiées.
05:34Et avec l'emploi, finalement ?
05:35Avec l'emploi, voilà.
05:36Et donc, finalement, c'est Jospin qui avait raison.
05:38Et le sarcasme de Tony Blair a été déplacé.
05:41Ouf ! Pour une fois, on dit du mal des Anglais ?
05:43Mais non, mais ça paraît redit.
05:44En réalité, c'est Tony Blair qui a raison.
05:46Et tout ça irait beaucoup mieux si les marchés financiers faisaient leur boulot, encore une fois.
05:49Ah, je serais prêt à souscrire à cette idée.
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