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  • il y a 7 heures
Cette semaine, des ossements ont été retrouvés lors de fouilles à une quinzaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, sur indications de Cédric Jubillar. Après avoir formulé devant un juge des aveux, il coopère dorénavant avec les enquêteurs avant un potentiel procès en appel en septembre 2026. Dans le cadre de l'affaire Jubillar, Cédric Jubillar a été condamné à 30 ans de prison en 2025 pour le meurtre de son épouse Delphine, en première instance.

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Transcription
00:00:00Bienvenue à tous dans Affaires suivantes, il est 13h06.
00:00:03Merci Dominique de m'accompagner pour ce dernier numéro de la saison.
00:00:05C'est un bonheur, Pauline.
00:00:06Un bonheur.
00:00:07Alors je vous présente mes invités.
00:00:08Karine Dabadi, médecin légiste, co-autrice de Corcorcor,
00:00:11carnet du médecin légiste aux éditions Globe.
00:00:14Merci d'être avec nous.
00:00:15Jacques-Charles Fonbonne, général de gendarmerie.
00:00:18On le présente plus.
00:00:19Ancien commandant de la section de recherche d'Orléans.
00:00:21Et vous avez aussi été un peu du côté de l'IRCGN.
00:00:24Vous nous expliquerez cela.
00:00:26Joana Rosenblum, psychologue, clinicienne, consultante pour BFM TV.
00:00:30Merci d'être tous les trois avec nous ici pour nous éclairer sur ce dossier jubilard
00:00:34qui s'est accéléré effectivement ces trois derniers jours.
00:00:38Des ossements en cours d'analyse à l'IRCGN à Pontoise.
00:00:41L'identification est en cours.
00:00:42On n'a pas encore de résultats.
00:00:44On va en parler avec François Daouz qui est avec nous.
00:00:46Merci d'être là, François, aussi.
00:00:49Pourquoi est-ce que c'est aussi long ?
00:00:50Pourquoi est-ce qu'il faut attendre plusieurs jours ?
00:00:52Et y aura-t-il des résultats ?
00:00:56Toute la question est là.
00:00:58Alors il faut comprendre que les os ont été retrouvés
00:01:00après que le corps ait stagné pendant plusieurs années
00:01:05dans un tas de fumiers, c'est-à-dire de compost,
00:01:08de matières organiques en décomposition.
00:01:10Et la décomposition de ces matières
00:01:14accélère le processus de décomposition de tout ce qui est rajouté.
00:01:18À partir de cet instant,
00:01:21les os ont été retrouvés dans un état eux-mêmes
00:01:24où ils étaient rongés par la décomposition.
00:01:26Ce qui fait qu'il y a un grand risque
00:01:29à ce que la moelle osseuse à l'intérieur de l'os,
00:01:32le fémur qui est pourtant le plus solide
00:01:34et le plus hermétique,
00:01:35ait pu être elle aussi en décomposition.
00:01:39Et à ce moment-là,
00:01:40les bactéries anaérobiques
00:01:42qui font cette décomposition massive des fumiers,
00:01:44s'attaquent à l'ADN
00:01:46et il pourrait ne pas y avoir d'ADN
00:01:48qui permettrait de confirmer.
00:01:50Donc ce sont des traitements très longs,
00:01:52complexes,
00:01:53pour essayer d'avoir au moins
00:01:56un petit noyau d'une cellule
00:01:59qui permettrait de dupliquer cet ADN
00:02:03et surtout d'en sortir un profil.
00:02:04Donc en général,
00:02:07il est possible qu'on ne sache jamais
00:02:10si ce sont bien les restes du corps de Delphine ?
00:02:13Il est tout à fait possible
00:02:15au regard de la décomposition
00:02:18et de l'état des eaux
00:02:19qu'on ne puisse pas confirmer
00:02:22à 100% que ce soit le corps de Delphine ou Saguel.
00:02:26Alors on a une autre question
00:02:28concernant ce milieu acide.
00:02:31Vous en avez parlé,
00:02:31une décomposition qui s'accélère
00:02:33mais aussi cet environnement fait que
00:02:36ces eaux, vous pouvez nous le confirmer,
00:02:38sont extrêmement dégradées
00:02:39donc difficiles à lire d'une certaine manière.
00:02:41Tout à fait.
00:02:42Ça, c'est le cas de tous ces composts,
00:02:48terreaux, lisiers ou autres
00:02:50qui, par les bactéries anaérobie
00:02:53qui sont à l'intérieur
00:02:54et qui font cette décomposition naturelle
00:02:57et qui montent en azote
00:02:59cet ensemble de masses et de matériaux
00:03:03qui servira d'engrais
00:03:05parce que c'est l'azote
00:03:06qui est le meilleur engrais pour tout.
00:03:08Et ça accélère, ça acidifie
00:03:10toute décomposition
00:03:12y compris les eaux
00:03:13qui risquent de devenir poreux
00:03:17et dès lors
00:03:18avec le risque de détérioration complète
00:03:22de la moelle osseuse.
00:03:23Alors Général Daouz,
00:03:25vous restez bien sûr avec nous,
00:03:26vous intervenez à tout moment.
00:03:27Karine Dabadi,
00:03:28j'ai une question pour vous.
00:03:30Qu'est-ce qu'on cherche encore ?
00:03:33Et vous avez des confrères,
00:03:34des collègues
00:03:35qui ont été sur place
00:03:36et qui ont aidé justement
00:03:38à l'extraction de ces ossements
00:03:40et qui ont déjà commencé
00:03:41ce travail extrêmement minutieux,
00:03:43ce travail de fourmi
00:03:44sur place dans les derniers jours.
00:03:46Oui, on cherche.
00:03:48Le problème,
00:03:49c'est qu'on a retrouvé
00:03:49que deux fémurs à ce jour
00:03:51et peut-être quelques autres ossements
00:03:52et ce n'est pas encore en entier.
00:03:55Donc c'est vrai que là,
00:03:56le travail qui est fait
00:03:57sur les deux fémurs
00:03:58qui sont effectivement
00:04:00des os qui sont longs, solides
00:04:02et dans lesquels théoriquement
00:04:03on a le plus de chances
00:04:04de trouver de l'ADN
00:04:05mais là,
00:04:06on a très bien compris les limites
00:04:07du fait effectivement
00:04:08de la détérioration
00:04:10par le milieu extérieur
00:04:11qui est extrêmement importante.
00:04:13Donc là,
00:04:14la seule réponse
00:04:15qu'on pourra essayer d'avoir aujourd'hui
00:04:17c'est est-ce que c'est bien
00:04:18Delphine Jubilard
00:04:18ou pas Delphine Jubilard ?
00:04:20C'est effectivement
00:04:21une question importante.
00:04:22Par contre,
00:04:22sur toutes les questions
00:04:23que l'on peut se poser
00:04:24sur les causes du décès,
00:04:26on comprend bien
00:04:27que ce que l'on a retrouvé
00:04:29ne pourra pas nous permettre
00:04:31de répondre à cette question
00:04:32et d'autant plus
00:04:32qu'on n'a pas l'ensemble du squelette
00:04:34puisque pour pouvoir répondre
00:04:35à ce type de questions,
00:04:37il aurait fallu
00:04:37qu'on ait l'ensemble du squelette
00:04:38tout en sachant
00:04:39que sur des os,
00:04:40on peut répondre
00:04:41à certaines questions
00:04:41mais pas aux autres questions.
00:04:43Il nous aurait fallu
00:04:43un corps avec effectivement
00:04:44des tissus mûts,
00:04:45des muscles
00:04:46pour savoir pouvoir répondre
00:04:47à toutes les questions
00:04:47sur les causes du décès.
00:04:48Ce que l'on n'a pas.
00:04:49On ne peut pas partir
00:04:50de ces ossements,
00:04:51ces deux fémurs
00:04:53autrement qu'avec l'ADN,
00:04:56dire cette aile,
00:04:57je ne sais pas
00:04:57si elle avait eu
00:04:58une fracture à une jambe,
00:04:59est-ce qu'on pourrait,
00:05:01ou même en mesurant,
00:05:02enfin je ne sais pas,
00:05:04mais voilà,
00:05:05on a tous des tailles différentes,
00:05:07on connaît sa taille,
00:05:07est-ce qu'à partir du fémur
00:05:08on peut dire
00:05:09avoir une orientation
00:05:10sans que ce soit forcément l'ADN ?
00:05:12Je ne sais pas si je suis très clair.
00:05:13Si, si, mais le fémur
00:05:14va permettre effectivement
00:05:15de donner une idée
00:05:16de la taille de la personne
00:05:17mais plusieurs personnes
00:05:19peuvent avoir la même taille
00:05:20donc ça ne permet pas
00:05:20de l'identifier.
00:05:21Pour l'identification,
00:05:22on a différentes choses.
00:05:23Effectivement,
00:05:24théoriquement,
00:05:24si on a l'ensemble
00:05:25de la mâchoire avec les dents,
00:05:26on peut comparer
00:05:27un panoramique dentaire.
00:05:29Si on avait eu les dents,
00:05:30on aurait pu aussi rechercher
00:05:31de l'ADN dans les dents
00:05:31parce que c'est très bien
00:05:32aussi de rechercher de l'ADN.
00:05:34Avec le bassin,
00:05:35si on avait le bassin,
00:05:36on pourrait dire
00:05:36si c'est un homme ou une femme
00:05:37mais tout ça,
00:05:38ce n'est pas Delphine Jbillard.
00:05:40Nous, ce qu'on veut,
00:05:41c'est la preuve
00:05:41que ce soit bien elle.
00:05:43Donc, la seule façon,
00:05:44effectivement,
00:05:45on ne peut plus faire
00:05:45d'empreintes digitales non plus.
00:05:46Il y a différentes façons
00:05:47d'identifier la personne.
00:05:49Effectivement,
00:05:50tout est important
00:05:50quand on veut identifier un corps.
00:05:52On regarde les tatouages,
00:05:53on regarde la couleur de la peau,
00:05:54les cheveux,
00:05:55le moindre petit détail,
00:05:56le moindre antécédence chirurgicale.
00:05:58Si elle avait eu, par exemple,
00:05:59une prothèse dans les hanches
00:06:00avec un numéro de série,
00:06:02on pourrait aussi aller rechercher
00:06:03mais on n'a pas ça a priori.
00:06:05Donc, il y a énormément
00:06:06de façons d'identifier.
00:06:08Là, les choses sont compliquées
00:06:09parce qu'effectivement,
00:06:10la seule chose
00:06:10que l'on a retrouvée à ce jour,
00:06:12ce sont deux fémurs
00:06:13et en plus,
00:06:14en très mauvais état.
00:06:15Mais François Daou,
00:06:16c'est-ce que du coup,
00:06:16on n'est pas face à un cas d'école
00:06:17pour lire ces gènes
00:06:19et ces analyses en cours
00:06:20parce que je sais
00:06:21qu'ils ont réalisé
00:06:21des tas d'analyses
00:06:22et des tas de choses compliquées
00:06:23mais là,
00:06:24en se parlant tous
00:06:25autour de la table,
00:06:26on se dit que d'abord,
00:06:27on a eu infiniment de chances,
00:06:28si je puis dire,
00:06:29de trouver d'abord
00:06:30ces deux fémurs
00:06:30mais ensuite,
00:06:31le plus dur commence maintenant.
00:06:33Le plus dur commence maintenant,
00:06:35effectivement, Pauline,
00:06:36parce qu'on a quelque chose
00:06:38qui nous permet de dire
00:06:39qu'il y a un corps
00:06:41et on est face
00:06:42à presque une aporie,
00:06:44c'est-à-dire une impossibilité
00:06:46si jamais on n'arrive pas
00:06:47à extraire de l'ADN.
00:06:49C'est-à-dire qu'on a
00:06:50toutes les statistiques
00:06:51et les probabilités
00:06:52qui nous laissent supposer
00:06:54que c'est bien le corps
00:06:55de Delphine Ossaguel
00:06:56mais on ne pourra pas l'affirmer
00:06:59avec derrière
00:07:00plein de points d'interrogation
00:07:02qui disent
00:07:02mais bon,
00:07:03on s'en doute bien
00:07:04mais on a besoin maintenant
00:07:05de ces preuves formelles
00:07:07alors qu'il y a 50 ans,
00:07:08le fait de simplement dire
00:07:10c'est là
00:07:10aurait pu suffire.
00:07:12On n'en est plus là,
00:07:13on a besoin toujours
00:07:13de ces preuves scientifiques
00:07:15et effectivement,
00:07:17le cas école,
00:07:18c'est surtout un cas scientifique
00:07:20à trouver les bons éléments
00:07:24et la bonne parcelle d'os
00:07:26qui permettra d'extraire l'ADN.
00:07:29Donc là,
00:07:29je pense que des fourrages,
00:07:31des carottages
00:07:32dans les deux fémurs,
00:07:34il y a dû y en avoir
00:07:35au moins une bonne cinquantaine,
00:07:37voire si ce n'est pas le double
00:07:38pour essayer de la trouver,
00:07:41de la mettre en culture
00:07:42et après en PCR.
00:07:45Oui, c'est ça.
00:07:45On en est à quel stade,
00:07:47là, vous dites,
00:07:48de le mettre en culture ?
00:07:49C'est-à-dire qu'on a carotté
00:07:50donc dans l'os,
00:07:51on a cherché de la matière,
00:07:52cette matière,
00:07:53on la met dans un appareil spécial,
00:07:55qu'est-ce qui se passe
00:07:56et on en a à quel stade, là ?
00:07:58Alors, on met dans des appareils,
00:07:59on met dans...
00:08:00Alors, selon l'endroit de l'os
00:08:02qui a été foré,
00:08:03on va faire des broyats,
00:08:05c'est-à-dire qu'on va écraser
00:08:06toutes les cellules osseuses
00:08:08qui sont avec du calcium,
00:08:11du potassium, etc., etc.,
00:08:12avec un petit peu de matière,
00:08:14on espère, à l'intérieur
00:08:15et en plus du résidu de moelle osseuse
00:08:18qui est peut-être au centre du fémur.
00:08:21Mais chaque carottage
00:08:23va être pris individuellement
00:08:25et on va être mis...
00:08:27Alors, la culture,
00:08:28ce sont des éléments
00:08:30qui permettent des enzymes
00:08:32pour dupliquer l'ADN
00:08:34s'il existe,
00:08:35c'est voir si c'est noyé de bactéries,
00:08:37si c'est noyé de bactéries,
00:08:39c'est mort.
00:08:39Ça veut dire que les bactéries
00:08:41comme les champignons
00:08:42ou les moisissures
00:08:43dévorent l'ADN
00:08:44et il ne reste plus rien.
00:08:45Donc, chacun va être traité
00:08:48de façon à pourvoir
00:08:49s'il y a une chance
00:08:50d'extraire de l'ADN.
00:08:52Mais si on n'arrivait pas
00:08:53à l'identifier,
00:08:54François Daoud,
00:08:54vous avez cette option en tête.
00:08:56Il y a une obligation de moyens,
00:08:57il y a une obligation
00:08:59presque morale du résultat,
00:09:00mais si la science
00:09:01n'y arrivait pas ?
00:09:02Alors, si la science
00:09:04n'arrivait pas,
00:09:04ce sera la justice
00:09:06de se prononcer.
00:09:07Il faut savoir qu'il y a
00:09:09en France
00:09:10énormément de corps
00:09:12qui sont découverts
00:09:13sous X
00:09:14et enterrés sous X,
00:09:15mais parfois,
00:09:17il y a des accidents
00:09:18où on suppose
00:09:19que la personne,
00:09:20ça ne pouvait pas être
00:09:21une autre personne
00:09:22que celle-là
00:09:22et c'est la justice
00:09:24qui va déclarer
00:09:25que cette personne décédée
00:09:27est bien la personne
00:09:28auquel on pense.
00:09:29Donc là-dessus,
00:09:29c'est encore une autre procédure,
00:09:32c'est une procédure civile
00:09:33avec le parquet civil
00:09:35qui va se greffer
00:09:36à côté du parquet pénal
00:09:37pour arriver à dire
00:09:39oui,
00:09:40on donne cette identité
00:09:41à ces ossements.
00:09:43Alors,
00:09:44c'est très intéressant
00:09:44parce que François Daoud,
00:09:45vous restez avec nous,
00:09:46les recherches phase 1,
00:09:48si l'on peut dire,
00:09:49Dominique,
00:09:49se sont achevées vendredi.
00:09:51Donc,
00:09:51il faut juste expliquer
00:09:52à nos téléspectateurs,
00:09:53jeudi matin,
00:09:54on a une alerte,
00:09:55des fouilles sont entreprises
00:09:56dans un champ,
00:09:57sur indication
00:09:58de Cédric Jubilard,
00:09:59on va retrouver
00:09:59ses ossements.
00:10:00Ce champ va être exploré,
00:10:02on va comprendre
00:10:03que selon ses dires,
00:10:05il a enfoui le corps
00:10:06de Delphine
00:10:06dans ce compost,
00:10:08ce terreau,
00:10:09mais vendredi à 16h,
00:10:11c'est un peu
00:10:11la superaction pour nous,
00:10:12on apprend que les recherches
00:10:14sont terminées.
00:10:14Oui,
00:10:15en fait,
00:10:15ça a été assez rapide
00:10:16et on a appris aussi jeudi
00:10:19qu'en fait,
00:10:21on avait que
00:10:21les enquêteurs
00:10:22n'avaient découvert
00:10:23qu'une partie basse
00:10:24du corps de Delphine.
00:10:26Donc,
00:10:26évidemment,
00:10:27on s'est posé
00:10:27toutes les questions,
00:10:28comment c'est possible,
00:10:28comment se fait-il
00:10:29qu'on ait retrouvé
00:10:30une partie basse
00:10:31et pas le haut du corps ?
00:10:32On imagine
00:10:33que cet homme-là
00:10:34n'a pas découpé sa femme.
00:10:35Donc,
00:10:36on a ces éléments
00:10:37et puis on va comprendre
00:10:39assez rapidement
00:10:40que ce corps
00:10:41a été déposé
00:10:42dans
00:10:43du
00:10:45du terreau,
00:10:45du lisier,
00:10:47du fumier,
00:10:49mais c'est difficile
00:10:49de le dire
00:10:50et qu'effectivement,
00:10:53ce tas de terreau
00:10:55a été épandé,
00:10:58dispersé
00:10:58dans le champ
00:10:59par l'agriculteur
00:11:00et pas forcément
00:11:01uniquement dans ce champ-là
00:11:02puisque cet agriculteur,
00:11:03il a 200 hectares.
00:11:04Donc,
00:11:05il peut même
00:11:06en avoir
00:11:07donné
00:11:08à d'autres agriculteurs.
00:11:09Donc,
00:11:10il a fallu
00:11:10que les gendarmes
00:11:11en 48 heures
00:11:12et ça a quand même été rapide
00:11:14posent des questions
00:11:15à cet agriculteur.
00:11:16C'est intéressant
00:11:17ce qu'on voit là.
00:11:17Regardez,
00:11:18janvier 2021,
00:11:20c'est le champ
00:11:21dans lequel
00:11:21on a retrouvé
00:11:22le corps de Delphine
00:11:23et on voit
00:11:24ce tas de terreau-là.
00:11:26On est trois semaines
00:11:28après la disparition
00:11:29de Delphine
00:11:29dans la nuit
00:11:30du 15 au 16 décembre 2020.
00:11:32Ce qui veut dire
00:11:33et on peut supposer
00:11:34que le corps de Delphine
00:11:35se trouve
00:11:36à cet endroit-là
00:11:37en janvier 2021.
00:11:38En mars 2023,
00:11:40donc on est
00:11:40deux ans plus tard,
00:11:41il reste juste
00:11:42la partie droite
00:11:43de ce tas
00:11:44de terreau
00:11:45parce qu'il a été
00:11:46épandé,
00:11:47il a été dispersé.
00:11:47Donc comprenons
00:11:48que la partie gauche
00:11:49a été épandée,
00:11:50utilisée par l'agriculteur
00:11:51qui a été entendu
00:11:52d'ailleurs depuis
00:11:52et qui a expliqué
00:11:53qu'il n'avait pas conscience
00:11:55qu'il y avait probablement
00:11:55un corps sous ce tas
00:11:57de terreau.
00:11:57Voilà.
00:11:58Ensuite,
00:11:59mars 2026,
00:12:00c'est maintenant,
00:12:00il n'y a plus rien
00:12:01dans le champ.
00:12:01C'est important
00:12:02parce que les enquêteurs
00:12:03vous dites vendredi
00:12:04à 16h sont partis
00:12:06parce qu'ils ont compris
00:12:07qu'il n'y avait plus rien
00:12:08à espérer,
00:12:09plus rien à trouver.
00:12:10Déjà,
00:12:10ces deux fémures,
00:12:11c'est miraculeux.
00:12:12C'est miraculeux
00:12:13que ces ossements
00:12:14aient été retrouvés.
00:12:16Alors,
00:12:16Johanna Rosenblum,
00:12:17ce qui est intéressant aussi
00:12:18au-delà de ces investigations,
00:12:20c'est qu'on a le sentiment
00:12:21quand même
00:12:21que Cédric Juillard
00:12:22reste un peu
00:12:22le maître du jeu
00:12:23parce que c'est lui
00:12:25qui donne les indications,
00:12:26c'est lui qui,
00:12:28et vous le voyez
00:12:28sur la photo
00:12:29de mars 2026,
00:12:31il ne reste plus rien.
00:12:31Donc sans lui,
00:12:32on n'a pas l'emplacement.
00:12:33Sans lui,
00:12:33on n'a pas les deux fémures
00:12:34et sans lui,
00:12:35on ne serait pas là
00:12:35tous autour de la table
00:12:36et en discuter aujourd'hui.
00:12:37Donc la question,
00:12:38c'est est-ce que c'est toujours
00:12:39lui qui a la clé ?
00:12:41Dans quelle position
00:12:41nous met-il
00:12:43inconsciemment,
00:12:44consciemment,
00:12:44je ne sais pas ?
00:12:45Toujours la même,
00:12:46Pauline,
00:12:46depuis le début.
00:12:47C'est lui le chef,
00:12:48c'est lui le patron
00:12:49et le maître des horloges.
00:12:50Au début,
00:12:51il nous disait
00:12:51qu'il ne savait pas,
00:12:53il gardait le silence,
00:12:54il pleurait.
00:12:55Et aujourd'hui,
00:12:55il va nous expliquer
00:12:56comment penser
00:12:57et comment comprendre
00:12:58ce qui s'est passé
00:13:00le soir du drame,
00:13:03que la dispute a mal tourné,
00:13:04qu'il a dégoupillé.
00:13:08Il a dégoupillé,
00:13:08c'est son terme exact.
00:13:09Et c'est très intriguant,
00:13:11ce terme,
00:13:11parce qu'il va dire
00:13:13j'ai dégoupillé,
00:13:13mais il ne va pas expliquer.
00:13:14Il y a toute l'ellipse
00:13:17de la scène de crime.
00:13:18Inversion de la culpabilité,
00:13:20minimisation des faits,
00:13:21ce sont les propos
00:13:22qui sont aussi rapportés
00:13:23par son avocat.
00:13:25Il aurait,
00:13:26par empathie pour ses enfants,
00:13:27déplacer le corps
00:13:28de sa femme
00:13:28pour leur éviter
00:13:30de voir le corps
00:13:31de leur mère gisant
00:13:32sur le sol.
00:13:33Donc oui,
00:13:33ça dit tout
00:13:34de sa personnalité
00:13:35depuis le départ.
00:13:37C'est-à-dire
00:13:38un homme manipulateur,
00:13:40pervers,
00:13:41avec un défaut
00:13:41d'empathie majeur,
00:13:43capable des pires atrocités
00:13:45et qui n'exprime
00:13:46aucun remords,
00:13:47aucun regret,
00:13:48uniquement de la manipulation,
00:13:49encore et encore,
00:13:50jusqu'à aujourd'hui.
00:13:51Donc le chapitre
00:13:52qu'on nous sert
00:13:53via sa défense
00:13:54que c'était
00:13:55un moyen
00:13:57de satisfaire
00:13:58une demande pressante
00:13:59de ses enfants
00:14:00qu'il le faisait
00:14:01au nom de ses enfants.
00:14:03Dominique,
00:14:04crédible,
00:14:04pas crédible ?
00:14:05Alors,
00:14:05stratégie ?
00:14:06Moi,
00:14:07je n'ai pas envie
00:14:07d'y croire
00:14:07parce qu'on connaît
00:14:08tellement bien
00:14:09maintenant
00:14:10Cédric Jubilard
00:14:11qui s'est invité
00:14:12dans l'actualité
00:14:12il y a 5 ans et demi
00:14:13et on a tellement
00:14:14commenté
00:14:16sa vie,
00:14:17ses gestes,
00:14:18ses comportements.
00:14:19Je n'ai pas envie
00:14:20d'y croire.
00:14:20Je n'ai pas envie
00:14:21de croire
00:14:21qu'il a rendu service
00:14:22à qui que ce soit
00:14:23à commencer
00:14:24par ses enfants.
00:14:27Il y a des choses
00:14:29qui sont dérangeantes.
00:14:30Ces avocats,
00:14:32Guy et Pierre de Buisson
00:14:33sont des pénalistes
00:14:35qui ont fait le job,
00:14:36qui ont réussi
00:14:36à le faire parler.
00:14:37Ça, c'est déjà énorme.
00:14:40Mais ensuite,
00:14:40dans le système de défense,
00:14:41il y a quelque chose.
00:14:42On a l'impression
00:14:43qu'il y a une deuxième victime
00:14:44dans l'affaire Jubilard.
00:14:45Il y avait Delphine
00:14:46et maintenant,
00:14:47il y a Cédric Jubilard.
00:14:49C'est la version
00:14:50des avocats
00:14:50qui disent quand même
00:14:51les enquêteurs
00:14:52se sont très mal
00:14:53général Fonbonne
00:14:54comportés avec lui,
00:14:56ils lui ont mis la pression.
00:14:57En prison,
00:14:58c'est une victime,
00:14:59il est à l'isolement,
00:15:01il ne vit plus.
00:15:02On le bourre de médicaments,
00:15:04donc il est arrivé
00:15:05à l'audience,
00:15:05il ne sait même plus
00:15:06comment il s'appelait.
00:15:07On a l'impression
00:15:07que lui aussi
00:15:08est une victime
00:15:09maintenant dans ce dossier.
00:15:10Victime de la justice,
00:15:11victime des enquêteurs.
00:15:12C'est classique.
00:15:13Elle est insupportable,
00:15:15cette tendance
00:15:15à humaniser
00:15:17le diable en personne.
00:15:18Moi, je vais vous dire
00:15:19ce que disaient
00:15:20les comportementalistes
00:15:21experts de la gendarmerie
00:15:23et ce que nous,
00:15:23on sait en travaillant
00:15:25avec des victimes
00:15:26d'hommes aussi violents,
00:15:28c'est que très souvent,
00:15:29et ce que disait
00:15:29la gendarmerie,
00:15:30et c'est le cas
00:15:32pour Cédric Jubilard,
00:15:33il n'y a pas de psychose,
00:15:34il n'y a même pas
00:15:35de trouble
00:15:35de la personnalité.
00:15:36On est dans la violence pure.
00:15:39Ils ont parlé
00:15:39d'un homme arrogant,
00:15:40ils ont parlé
00:15:41d'un homme complètement éteint,
00:15:43anesthésié émotionnellement.
00:15:44Ce qu'il faut savoir,
00:15:45c'est que la violence,
00:15:46ce n'est pas une maladie,
00:15:47c'est un choix.
00:15:48Il a le choix
00:15:50de tuer ou pas sa femme,
00:15:51de violer ou pas sa femme,
00:15:52de protéger ou pas ses enfants.
00:15:54À chaque fois,
00:15:54il a pris la décision.
00:15:55Vous le répétez à chaque fois,
00:15:57Joana,
00:15:57c'est important de le dire.
00:15:58Donc quand on parle
00:15:59d'un homme
00:16:00qui pourrait être
00:16:01un dommage,
00:16:02une victime collatérale,
00:16:03d'un conflit amoureux,
00:16:04quand on parle d'un homme
00:16:05à qui on peut attribuer
00:16:07une remise de peine
00:16:08pour bonne conduite,
00:16:09c'est ne pas comprendre
00:16:10du tout, du tout
00:16:11la personnalité
00:16:12et le mindset
00:16:13de ces personnalités criminelles.
00:16:15Ce ne sont pas des personnes
00:16:16qui se remettent en question,
00:16:18douées d'empathie,
00:16:20d'autocritique,
00:16:21pas du tout, du tout, du tout.
00:16:23Ce sont des manipulateurs
00:16:24et il faut arrêter
00:16:25de parler d'aveu.
00:16:26Il n'a pas de conscience
00:16:27à laver ces trucs jubilards.
00:16:28C'est une stratégie
00:16:29qui ne va lui servir
00:16:31qu'à lui,
00:16:32soit pour transformer
00:16:33ce crime
00:16:34en homicide involontaire,
00:16:35soit pour espérer
00:16:36sortir un petit peu plus tôt,
00:16:37soit pour se faire passer
00:16:38pour une co-victime.
00:16:38François Daouz,
00:16:39vous voulez intervenir ?
00:16:41Oui.
00:16:42Je rejoins tout à fait
00:16:44Joana là-dessus.
00:16:45Il ne faut pas oublier
00:16:46que dans les faits
00:16:47et dans son histoire,
00:16:48il a été violent
00:16:49avec ses enfants.
00:16:50Il peut être violent
00:16:51avec d'autres personnes
00:16:52à l'extérieur
00:16:53et moi,
00:16:54je trouve qu'il y a
00:16:55une violence
00:16:56dans le geste
00:16:58au-delà du crime.
00:17:00C'est mettre son épouse
00:17:02dans un tas de fumier.
00:17:05Je sais que Dominique
00:17:06a hésité à le dire
00:17:07par précaution,
00:17:09etc.
00:17:09Mais le geste
00:17:10est violent là aussi.
00:17:11C'est très symbolique déjà.
00:17:13C'est très symbolique.
00:17:14Exactement.
00:17:15Jacques Fonbonne,
00:17:16vous l'aviez évoqué
00:17:17sur ce plateau hier déjà.
00:17:19Oui, alors,
00:17:20j'aurais complété
00:17:20parce qu'il me vient
00:17:21l'idée sur la personnalité
00:17:23de Cédric Jubilard
00:17:24et sur son besoin
00:17:25d'être le maître du jeu.
00:17:26J'en arrive à me demander,
00:17:27mais c'est vraiment
00:17:29une réflexion
00:17:30qui ne repose pas
00:17:31sur grand chose
00:17:32si ce n'est sur l'instinct.
00:17:34J'en arrive à me demander
00:17:35dans l'hypothèse
00:17:36où il aurait été acquitté
00:17:37en première instance.
00:17:38Vous savez que l'autorité absolue
00:17:39de la chose jugée
00:17:40fait que,
00:17:41quels que soient les éléments
00:17:42qui surviennent ensuite,
00:17:44on ne revient pas.
00:17:45J'en arrive à me demander
00:17:46si après quelques semaines,
00:17:47quelques mois,
00:17:47il n'aurait pas avoué,
00:17:49sous le prétexte
00:17:50d'apaiser sa conscience,
00:17:51sous le prétexte
00:17:52de donner une sépulture
00:17:53à sa femme,
00:17:55simplement parce que
00:17:56je suis le maître du jeu
00:17:57jusqu'au bout,
00:17:59je suis arrivé
00:17:59à vous tromper
00:18:00jusqu'au bout
00:18:00et j'en apporte la preuve.
00:18:02Donc stratégie toujours ?
00:18:03Donc stratégie,
00:18:04mais une stratégie
00:18:04qui n'est pas là,
00:18:06une stratégie,
00:18:07ce n'est pas facile
00:18:08à dire, judiciaire,
00:18:09mais en fait,
00:18:10une stratégie psychologique.
00:18:12Je vous ai eu
00:18:13jusqu'au bout,
00:18:14j'ai commis
00:18:14non seulement le crime parfait,
00:18:15mais en plus,
00:18:16je n'ai pas été
00:18:18condamné.
00:18:19Général,
00:18:19on se posait la question
00:18:20tout à l'heure
00:18:20avec Pauline
00:18:21en préparant l'émission,
00:18:23on se disait
00:18:24comment vous,
00:18:25gendarme,
00:18:25vous avez été patron
00:18:26d'une ESR à Orléans,
00:18:28c'est la ESR de Toulouse
00:18:29qui travaille sur le dossier,
00:18:30on se demandait
00:18:31comment vous vivez
00:18:32les attaques
00:18:33de ces avocats,
00:18:34parce que ce sont
00:18:34des attaques frontales
00:18:36qui remettent en cause
00:18:37le boulot des gendarmes,
00:18:38qu'est-ce que le job
00:18:39n'a pas été fait,
00:18:39qu'en 48 heures,
00:18:40on aurait dû découvrir
00:18:41toute l'affaire,
00:18:42comment vous vivez ça ?
00:18:43Quand on est enquêteur,
00:18:44comment on vit ça ?
00:18:44D'ailleurs,
00:18:45vous ne pouvez même pas répondre,
00:18:46les enquêteurs,
00:18:46enfin,
00:18:47eux ne peuvent pas se défendre.
00:18:48Oui, moi je peux répondre.
00:18:50Je dirais qu'on le vit
00:18:51plutôt bien
00:18:51parce que c'est assez habituel.
00:18:53Maître Dubuis
00:18:54fait son travail d'avocat,
00:18:56vous savez,
00:18:57ce n'est même pas son droit,
00:18:59c'est son devoir d'avocat
00:19:00de mettre en avant
00:19:02tous les éléments
00:19:03qui peuvent sauver son client,
00:19:04qui peuvent...
00:19:05Non, mais d'ailleurs,
00:19:05il le fait,
00:19:06c'est son droit le plus strict
00:19:07et on ne va pas critiquer...
00:19:09Non, non,
00:19:10mais les gens n'ont pas
00:19:10fait leur boulot.
00:19:11L'argument majeur,
00:19:12et je pense en fait,
00:19:14mais j'en parlerai peut-être
00:19:14tout à l'heure,
00:19:15qu'il se retourne
00:19:15contre son client,
00:19:17c'est de dire
00:19:18le corps a été déposé
00:19:19entre 10 et 15 kilomètres
00:19:21du domicile
00:19:23de Cédric Jubilard.
00:19:25Pourquoi les gendarmes
00:19:26sur 15 kilomètres,
00:19:27alors qu'ils ont cherché
00:19:28pendant des semaines,
00:19:29n'ont pas trouvé le corps ?
00:19:31Sauf que
00:19:31ce n'est pas les Champs-Élysées,
00:19:33c'est-à-dire qu'on ne cherche pas
00:19:34dans le caniveau
00:19:35ou contre le trottoir
00:19:36un corps à droite ou à gauche.
00:19:38Si on fait rapidement le calcul,
00:19:4015 kilomètres,
00:19:40ça définit un cercle
00:19:42de 700 kilomètres carrés.
00:19:43C'est 7 fois la région parisienne,
00:19:45avec des bois,
00:19:46avec des lacs,
00:19:47avec des champs,
00:19:48des maisons abandonnées,
00:19:49avec des mines.
00:19:50Cagnac, les mines,
00:19:51c'est là d'où venait Jaurès,
00:19:53il y a des mines partout,
00:19:55ça veut dire que
00:19:56ce sont des zones à explorer
00:19:57qui sont extrêmement difficiles.
00:19:59Et puis,
00:19:59il prend son risque,
00:20:00pardon Dominique,
00:20:01il prend son risque
00:20:01parce que,
00:20:02souvenons-nous,
00:20:03la nuit du drame,
00:20:04on est en plein confinement,
00:20:05on n'a pas le droit
00:20:06de sortir de chez soi,
00:20:08à l'écouter,
00:20:09il charge Delphine Jubilaire
00:20:10d'une voiture,
00:20:11il roule tout feu éteint
00:20:12et il va rouler pendant 10,
00:20:1315 minutes,
00:20:14il laisse ses deux enfants
00:20:15tout seuls,
00:20:15à la maison,
00:20:16il va l'enfuir sous ce tas de terreau,
00:20:19il aurait pu se faire arrêter
00:20:20n'importe quoi.
00:20:20Mais, après, ça dépend,
00:20:22c'est-à-dire qu'on peut,
00:20:24alors évidemment c'est dangereux,
00:20:25mais, encore une fois,
00:20:26il y a une dimension de jeu,
00:20:29il y a une dimension de risque,
00:20:31je dis des choses extrêmement triviales,
00:20:32mais, si le corps est dans le coffre,
00:20:35c'est-à-dire une situation
00:20:37qui est complètement anormale,
00:20:38évidemment,
00:20:38s'il y a un contrôle,
00:20:40il risque d'avoir des ennuis,
00:20:42mais, admettons,
00:20:44qu'elle soit simplement allongée
00:20:46sur la banquette arrière,
00:20:48avec une couverture,
00:20:49il se fait arrêter par les gendarmes,
00:20:51ma femme est mourante,
00:20:53elle est tombée,
00:20:54je vais à l'hôpital,
00:20:55je n'ai pas le papier,
00:20:56l'autorisation de circuler,
00:20:58je n'ai prévenu personne
00:20:58parce que je suis parti dans la panique,
00:21:00il y a un risque,
00:21:02mais il est jouable,
00:21:03donc, oui, pourquoi pas ?
00:21:06Donc, à se mettre dans son esprit à lui,
00:21:09tout est jeu,
00:21:10tout est calcul ?
00:21:11Oui, oui, moi je pense qu'il y a
00:21:12quelque chose de très intéressant
00:21:13dans cette affaire,
00:21:14c'est que,
00:21:16on a vu dans un premier temps
00:21:18qu'il donnait des éléments
00:21:20qui finalement allaient
00:21:22en faveur de sa culpabilité,
00:21:23je l'ai enterré,
00:21:24j'ai commis le crime parfait,
00:21:26mais ce ne sont que des expressions,
00:21:27il n'y a pas de détail matériel
00:21:29qui mettent les enquêteurs
00:21:31sur la piste.
00:21:32Il y a une autre question pour vous,
00:21:34à la cote dès 1667 du dossier,
00:21:38on parle de la voiture,
00:21:40à l'intérieur de l'habitacle
00:21:41et de la malle arrière,
00:21:42le constat est identique,
00:21:44le pavé de commande
00:21:45de la portière conducteur
00:21:46arraché,
00:21:46l'intérieur du véhicule
00:21:47est particulièrement sale.
00:21:49On ne va pas le dire in extenso,
00:21:51mais globalement,
00:21:52qu'est-ce qu'on y dit ?
00:21:52Dans cette voiture,
00:21:53il y a sur le tapis de sol
00:21:55de la terre,
00:21:56il y a de la terre.
00:21:57Donc, question qu'on se pose
00:21:58et qu'on vous pose,
00:22:01si cette terre est analysée
00:22:02à l'IRCGN,
00:22:03on va trouver
00:22:05de la matière fécale animale,
00:22:07s'il est là-bas
00:22:07qu'il a posé ses pieds,
00:22:08on va retrouver
00:22:10des particules de paille,
00:22:11en général,
00:22:12on va retrouver
00:22:13de la terre végétale
00:22:14et on va se dire
00:22:17quand même,
00:22:18c'est de ce côté-là
00:22:19qu'il faut aller chercher.
00:22:20Donc,
00:22:20si le job est bien fait au départ,
00:22:22on ne va pas aller chercher
00:22:23dans les rivières,
00:22:23dans les lacs,
00:22:24dans les mines
00:22:26et dans les bâtiments désaffectés
00:22:27parce que ce n'est pas là
00:22:28qu'on va trouver du fumier.
00:22:31Oui,
00:22:31mais...
00:22:32Est-ce que les gens
00:22:32sont passés à côté ?
00:22:33C'est des argiles rouges,
00:22:34c'est un terrain de grès
00:22:36et puis du charbon
00:22:38qui est quasiment le même
00:22:39sur le département
00:22:40et sur la zone.
00:22:42Je pense
00:22:44qu'il y a des éléments
00:22:45dans cette démarche
00:22:46que suit Cédric Jubilard
00:22:47qui consiste évidemment
00:22:48et c'est normal
00:22:49à essayer de minimiser les faits.
00:22:51Il y a une démarche
00:22:52qui finalement
00:22:52se retourne contre lui.
00:22:54Il nie
00:22:54avec un dossier
00:22:55qui est accablant
00:22:56même s'il n'y a pas de corps.
00:22:56Mais vous ne répondez pas.
00:22:58Si, parce que je vais y répondre
00:22:58mais parce qu'elle est
00:22:59dans la logique du raisonnement.
00:23:00Il est condamné,
00:23:02il se rend compte
00:23:02forcément
00:23:03que ce n'est pas
00:23:03la bonne méthode.
00:23:04donc l'idée étant
00:23:06de changer
00:23:06de qualification pénale
00:23:07et de reconnaître
00:23:09des faits
00:23:10qui sont moins punis
00:23:11pour lesquels il risque
00:23:12que 20 ans.
00:23:13Il donne des éléments.
00:23:14Il donne des éléments
00:23:14qui d'abord
00:23:15en font un collaborateur
00:23:16de la justice
00:23:16ce qui est toujours bien
00:23:17et il l'emmène
00:23:18sur les lieux.
00:23:19Qu'est-ce qu'on constate ?
00:23:20Sur les lieux
00:23:21on est à 10-15 kilomètres
00:23:22comme je l'évoquais.
00:23:23C'est-à-dire qu'on est
00:23:24suffisamment prêt
00:23:25pour qu'il puisse faire le retour
00:23:27l'aller et le retour
00:23:28et poser le corps
00:23:29sans l'enterrer
00:23:30dans un délai logique.
00:23:32Ensuite
00:23:32il place le corps
00:23:34sous un tas de fumier.
00:23:36Effectivement
00:23:36outre l'aspect psychologique
00:23:38ça sent très fort.
00:23:40Ça veut dire
00:23:40qu'à part les chiens
00:23:41qui seraient spécialisés
00:23:42dans la recherche de cadavres
00:23:43ça va être extrêmement difficile
00:23:45et avec la dégradation du corps
00:23:47ça va même
00:23:47rendre la tâche des chiens
00:23:48impossible
00:23:49et puis surtout
00:23:50et j'en arrive là
00:23:50après cette hyperbole
00:23:52à votre question
00:23:52Dominique
00:23:53c'est du fumier
00:23:56ça sent très fort
00:23:57il y a de la paille
00:23:58il y a de la matière fécale animale
00:23:59vous vous doutez bien
00:24:01que les gendarmes
00:24:02ont fait l'exploitation
00:24:03on se rappelle
00:24:04de l'affaire Lelandais
00:24:05où Lelandais avait
00:24:06lavé la voiture au Karcher
00:24:08et l'IRCG
00:24:08a retrouvé une goutte de sang.
00:24:09Pourquoi ne retrouve-t-on pas
00:24:12de fumier de paille ?
00:24:13Mon raisonnement d'enquêteur
00:24:15mais je le prends
00:24:15avec des pincettes
00:24:16et au conditionnel
00:24:17c'est qu'a priori
00:24:18avant de remonter
00:24:19dans la voiture
00:24:19il s'est changé
00:24:20et s'il s'est changé
00:24:21ça pose vraiment
00:24:23la question de la préméditation.
00:24:25Alors on va avancer
00:24:27c'est très intéressant
00:24:28on va avancer
00:24:29on va revenir
00:24:30dans la foulée
00:24:32sur le récit du meurtre
00:24:33et toutes les questions
00:24:33qu'on se pose avec nous
00:24:34en direct
00:24:35on est avec
00:24:36Maître Batik
00:24:37l'avocat d'une partie
00:24:39de la famille
00:24:40de Delphine Jubilard
00:24:41on va le retrouver
00:24:42dans quelques instants
00:24:44la préméditation
00:24:45l'espace de jeu
00:24:47en fait
00:24:48c'est quoi ?
00:24:49c'est que
00:24:49il y a quelque chose
00:24:50à jouer sur le plan pénal
00:24:51on a compris
00:24:52pour aller très précisément
00:24:53et de manière pédagogique
00:24:55il va plaider
00:24:56coups et blessures
00:24:57sans intention de la donnée
00:24:58ayant retrait la mort
00:25:00sans intention
00:25:00sur le plan pénal
00:25:02ça vaut 15 ans
00:25:03mais 20 ans
00:25:04et 20 ans
00:25:04parce que c'est son conjoint
00:25:05alors que si c'est
00:25:06un homicide volontaire
00:25:07c'est 30
00:25:08un meurtre
00:25:09si c'est un assassinat
00:25:10c'est perpétuité
00:25:12très bien
00:25:12alors pourquoi
00:25:14ce dossier
00:25:15nous fascine autant
00:25:16on va prendre
00:25:16je vous propose de prendre
00:25:17la direction des Etats-Unis
00:25:18on va poser la question
00:25:19à Henri Arnaud
00:25:20notre correspondant
00:25:21parce que sur la côte ouest
00:25:22figurez-vous que les Américains
00:25:23se passionnent pour l'affaire Jubilard
00:25:24elle éclaire d'autres dossiers
00:25:26chez eux
00:25:26des meurtres longtemps
00:25:28non élucides
00:25:29écoutez
00:25:30oui aux USA
00:25:31aussi l'affaire Jubilard
00:25:32passionne
00:25:33les grandes chaînes de télévision
00:25:34comme CBS
00:25:35suivent ce dossier de près
00:25:37et pour cause
00:25:38une affaire presque miroir
00:25:40se joue ici
00:25:41en Californie
00:25:42l'individu s'appelle
00:25:43Larry Millett
00:25:44il est accusé
00:25:45d'avoir tué son épouse
00:25:47Maya
00:25:47disparue
00:25:48depuis 5 ans
00:25:50là aussi
00:25:50aucun corps n'a été retrouvé
00:25:52malgré des fouilles
00:25:53acharnées
00:25:54dans de nombreux
00:25:55canyons de Californie
00:25:56comme celui qui se trouve
00:25:57juste derrière moi
00:25:58le FBI
00:25:59et même le NCIS
00:26:01la police judiciaire
00:26:02de la marine américaine
00:26:03ont mené
00:26:04des fouilles
00:26:05désespérément
00:26:05pour retrouver
00:26:07le corps
00:26:08de cette femme
00:26:08sans aveu
00:26:09ni preuve directe
00:26:10la justice
00:26:11est appuyée
00:26:11sur un faisceau
00:26:12d'indices glaçants
00:26:14du poison
00:26:14retrouvé à leur domicile
00:26:16mais aussi
00:26:17l'individu
00:26:17qui a parcouru
00:26:18des centaines de kilomètres
00:26:19dans sa voiture
00:26:20au lendemain
00:26:21de la disparition
00:26:22aujourd'hui
00:26:23comme en France
00:26:24un espoir subsiste
00:26:25que Larry Millett
00:26:27à son tour
00:26:28finisse par craquer
00:26:29et révèle enfin
00:26:30où se trouve
00:26:31le corps de son épouse
00:26:32Alors de France
00:26:34aux Etats-Unis
00:26:34rapidement Johanna
00:26:35pourquoi ça nous fascine
00:26:36autant cette histoire ?
00:26:37On a une fascination
00:26:38naturelle
00:26:39pour le mal
00:26:40pour ce qui est interdit
00:26:40pour ce qu'on ne comprend pas
00:26:42et ça a été entretenu aussi
00:26:44par la littérature
00:26:45par les médias
00:26:46regardez
00:26:47on a longtemps parlé
00:26:48de la femme de Jubilard
00:26:50de Delphine Jubilard
00:26:51sans connaître vraiment
00:26:52son nom de famille
00:26:52on commence à la nommer
00:26:53maintenant Delphine Osagal
00:26:55comme si elle avait
00:26:55une identité
00:26:56seulement maintenant
00:26:57parce qu'on retrouve
00:26:58des éléments de son corps
00:26:59c'est quelque chose
00:27:00qui existe depuis toujours
00:27:02quand vous regardez
00:27:02des séries à la télé
00:27:04c'est sur les auteurs
00:27:06de féminicides
00:27:07les auteurs de crimes
00:27:08très rarement
00:27:08sur le profil des victimes
00:27:10cette tendance comme ça
00:27:11à ce qui touche
00:27:14à l'interdit en fait
00:27:15qui nous fascine
00:27:15parce qu'on n'a pas
00:27:16de réponse
00:27:17on n'a pas d'explication
00:27:18Alors Dominique
00:27:19Je vais vous poser
00:27:20une question à Johanna
00:27:21quand il va arriver
00:27:22devant la cour d'assises
00:27:23ça va plus être
00:27:24le même Cédric Jubilard
00:27:26c'est un homme neuf
00:27:27qui est passé aux aveux
00:27:29qui a rendu service
00:27:30à la justice
00:27:32qui a coopéré
00:27:34est-ce qu'on va
00:27:36le regarder différemment ?
00:27:37Mais pourquoi
00:27:38c'est plus le même ?
00:27:39Pourquoi c'est un homme
00:27:40qui est passé aux aveux
00:27:40Je vous pose la question
00:27:41Mais c'est le même
00:27:42il est dans la continuée
00:27:43de sa stratégie
00:27:44il a juste changé
00:27:45de stratégie
00:27:46comme au poker en fait
00:27:47il avait une façon
00:27:48de jouer jusqu'avant
00:27:51le féminicide de sa femme
00:27:52une façon de jouer
00:27:53pendant 5 ans derrière
00:27:55le mari qui pleure
00:27:56qui cherche sa femme
00:27:57qui n'a rien fait
00:27:58et là il change de stratégie
00:27:59c'est tout
00:27:59c'est toujours le même
00:28:00il n'y a pas de transformation
00:28:02de ce côté-là
00:28:02on est sur un continuum
00:28:03d'une personnalité
00:28:04perverse et manipulatrice
00:28:06l'information change
00:28:08le temps évolue
00:28:09il s'adapte
00:28:09mais lui ne change pas
00:28:10absolument pas
00:28:11alors avec nous en direct
00:28:11on va retrouver
00:28:12Maître Mourad Batik
00:28:13l'avocat d'une partie
00:28:14de la famille
00:28:14de Delphine Ossaguerre
00:28:15justement on en parlait
00:28:16bonjour merci d'être avec nous
00:28:18vous entendez les échanges
00:28:20sur le plateau
00:28:20et notamment les propos
00:28:21de Johanna qui explique
00:28:23qu'il est le même
00:28:24il n'a pas changé
00:28:25simplement il change
00:28:26de stratégie
00:28:26vous partagez cette lecture ?
00:28:29Oui oui parfaitement
00:28:30je partage complètement
00:28:31la lecture
00:28:33qu'a fait Johanna
00:28:35c'est simplement
00:28:36une évolution
00:28:39de la stratégie
00:28:40et rien autre
00:28:41qu'une évolution
00:28:42de la stratégie
00:28:43en réalité
00:28:44ce que Cédric
00:28:45Jubilard fait
00:28:46depuis le départ
00:28:46c'est qu'il adapte
00:28:48sa stratégie
00:28:48à ce qui lui
00:28:49sied le mieux
00:28:50à ce qui est le mieux
00:28:52pour lui
00:28:52et uniquement
00:28:53pour lui
00:28:54c'est une énième
00:28:55mise en scène
00:28:56de sa propre personne
00:28:57qui n'a qu'une volonté
00:28:59qui n'a qu'une vocation
00:29:00c'est servir
00:29:01ses propres intérêts
00:29:02dès lors que
00:29:03Cédric Jubilard
00:29:04sert ses intérêts
00:29:05il fait évoluer
00:29:06sa stratégie
00:29:06et ça n'est
00:29:07que pour lui
00:29:08par lui
00:29:09et uniquement
00:29:10dans un objectif
00:29:12qui est le sien
00:29:12Dominique Rizet
00:29:13en a parlé
00:29:14il veut évoluer
00:29:16et venir
00:29:16comme une espèce
00:29:17de Jubilard nouveau
00:29:18devant la cour d'assises
00:29:19en réalité
00:29:20il ne viendra
00:29:21devant la cour d'assises
00:29:22pas comme un Jubilard nouveau
00:29:23mais comme un Jubilard
00:29:24qui a évolué
00:29:25et dont personne
00:29:26n'est dupe
00:29:27les listes
00:29:27sont extrêmement grossières
00:29:29sur la façon
00:29:30dont il présente
00:29:31sa stratégie nouvelle
00:29:33qui n'a qu'une vocation
00:29:34c'est de diminuer la peine
00:29:35et ça
00:29:35personne n'en est dupe
00:29:36alors maître
00:29:37est-ce que
00:29:38vous pouvez imaginer
00:29:39vous
00:29:39il a été condamné
00:29:40à 30 ans
00:29:40est-ce que vous pouvez
00:29:41imaginer vous
00:29:42qu'il puisse
00:29:42
00:29:43lors d'un prochain
00:29:44procès aux assises
00:29:45être condamné à 25
00:29:49alors c'est
00:29:50évidemment
00:29:51l'objectif
00:29:52de la défense
00:29:53en expliquant
00:29:54que le procès
00:29:56a été dur
00:29:56que le procès
00:29:57l'a fait évoluer
00:29:58et que finalement
00:29:58s'il n'a pas pu dire
00:30:00une chose là avant
00:30:01pendant un an
00:30:02deux ans
00:30:02trois ans
00:30:03quatre ans
00:30:03cinq ans
00:30:04c'est simplement
00:30:04parce qu'il était
00:30:05écrasé
00:30:06sous le poids des médias
00:30:07sous le poids
00:30:08des enquêteurs
00:30:09qui ne lui ont pas
00:30:10permis
00:30:11d'expliquer
00:30:12et d'exprimer
00:30:13sa vérité
00:30:14je rappelle
00:30:15une chose
00:30:16c'est que Cédric Jubilard
00:30:17pendant les six premiers mois
00:30:19et ça doit vous rappeler
00:30:20un procès
00:30:20ça doit vous rappeler
00:30:21une affaire
00:30:22ça vous rappelle
00:30:22le dossier d'Aval
00:30:23il est parti civil
00:30:25Cédric Jubilard
00:30:25pendant six mois
00:30:26est victime
00:30:27Cédric Jubilard
00:30:28pendant six mois
00:30:28n'a aucune pression
00:30:30on l'amène
00:30:31on le pousse
00:30:32à effectivement dire
00:30:33ce qu'il sait
00:30:34et pendant six mois
00:30:35il va pleurer
00:30:36il va participer
00:30:37du bout des doigts
00:30:38aux recherches
00:30:39il va expliquer
00:30:40que c'est un amant
00:30:41c'est probablement l'amant
00:30:42c'est probablement un départ en Syrie
00:30:44c'est probablement une conversion
00:30:45aux témoins de Jéhovah
00:30:47et donc pendant six mois
00:30:48il n'a aucune pression
00:30:49et il va quand même
00:30:50décider de s'enfermer
00:30:52de s'enfermer
00:30:52dans des mensonges indignes
00:30:54dans des mensonges ignobles
00:30:56dans des mensonges odieux
00:30:57pourquoi est-ce que je parle
00:30:58de mensonges indignes
00:31:00ignobles et odieux ?
00:31:01parce qu'aujourd'hui
00:31:02cinq ans et demi plus tard
00:31:03quasiment six ans plus tard
00:31:04qu'est-ce qu'on retrouve
00:31:04de Delphine
00:31:06de Fémur
00:31:07planquée
00:31:08dans un tas
00:31:09de fumier
00:31:10dans un tas de terreau
00:31:11et donc
00:31:12l'impossibilité définitive
00:31:14pour la famille
00:31:15aujourd'hui
00:31:16de pouvoir se recueillir
00:31:17sur une tombe
00:31:18digne de ce nom
00:31:19qu'est-ce qui manque
00:31:20selon vous
00:31:21dans ce dossier
00:31:23en forme de puzzle
00:31:24si je puis dire
00:31:25parce que
00:31:25à vous écouter
00:31:26tout a été calculé
00:31:28alors j'imagine
00:31:28que la douleur est immense
00:31:29pour les proches
00:31:31de Delphine Jubilard
00:31:32parce que de sépultures
00:31:33ils en ont besoin
00:31:34et on l'a souvent répété ici
00:31:35et il faut avoir
00:31:36une pensée pour eux
00:31:37mais qu'est-ce qui manque
00:31:37maintenant selon vous ?
00:31:40Il ne manque plus rien
00:31:41on n'a que des regrets
00:31:43des remords
00:31:44on ne peut que regarder
00:31:45dans le rétroviseur
00:31:46en se disant
00:31:47si les choses
00:31:48avaient été faites
00:31:49autrement
00:31:50et bien évidemment
00:31:51nous ne serions pas
00:31:52dans cette situation
00:31:54aujourd'hui
00:31:54et donc
00:31:55cette situation
00:31:56on a parlé
00:31:58de regrets
00:31:59et de remords
00:31:59nous ne sommes pas
00:32:00face à des regrets
00:32:01et des remords
00:32:02nous sommes face
00:32:03à une colère
00:32:04à une vraie colère
00:32:05de la famille
00:32:05à une vraie colère
00:32:06des partis civils
00:32:07que je représente
00:32:09pardon
00:32:10désolé
00:32:10les aléas du direct
00:32:11s'il te plaît
00:32:12merci
00:32:14et les intérêts
00:32:15de la famille
00:32:16que vous représentez
00:32:17effectivement
00:32:17de la douleur
00:32:18de la colère
00:32:19on l'a entendu
00:32:21maître Batik
00:32:21Dominique
00:32:22vous avez une question ?
00:32:23Non
00:32:24non
00:32:24je n'ai pas
00:32:26je n'ai pas
00:32:27de question
00:32:28moi j'imagine
00:32:29juste
00:32:30cette surprise
00:32:31si la condamnation
00:32:33passe de 30 à 25
00:32:34ou à moins
00:32:35même
00:32:36comment ça va réagir
00:32:37en fait
00:32:38nous ne souhaitons pas
00:32:39qu'il y ait
00:32:41une réduction
00:32:42parce que
00:32:42ça voudrait dire
00:32:44que depuis le début
00:32:45Cédric Jubilard
00:32:45impose son tempo
00:32:46depuis le début
00:32:47Cédric Jubilard
00:32:48est le maître des horloges
00:32:49j'ai d'ores et déjà
00:32:51utilisé cette expression
00:32:52et donc ça voudrait dire
00:32:53qu'à partir du moment
00:32:54où monsieur Jubilard
00:32:55décide de nous donner
00:32:57ce qu'il reste du corps
00:32:58de Delphine
00:32:59et bien il y aurait
00:32:59une forme de crédit
00:33:00à lui accorder
00:33:01non je suis désolé
00:33:02aujourd'hui
00:33:03trop c'est trop
00:33:03je vais vous choquer
00:33:06mais est-ce que
00:33:07la justice
00:33:07peut pas
00:33:09considérer
00:33:09qu'il a quelque part
00:33:12rendu
00:33:13je mets des guillemets
00:33:14partout
00:33:15rendu un service
00:33:17et que la justice
00:33:18doit dire
00:33:18voilà
00:33:19nous aussi
00:33:20on doit
00:33:21montrer l'exemple
00:33:23quelqu'un
00:33:23qui est capable
00:33:24de faire des aveux
00:33:26ça va peut-être aussi
00:33:27donner des idées
00:33:28à d'autres
00:33:28on va réduire sa peine
00:33:29parce qu'on considère
00:33:30qu'il a fait un pas en avant
00:33:33est-ce que la justice
00:33:33peut pas aussi fonctionner
00:33:34comme ça
00:33:36non mais j'aurais
00:33:37probablement
00:33:37vous savez
00:33:39cher Dominique
00:33:39la position
00:33:40qui est la mienne
00:33:41j'essaie d'être toujours
00:33:42dans une forme
00:33:43de justesse
00:33:44et dans une forme
00:33:44de mesure
00:33:45quand je prends
00:33:46la parole
00:33:47et j'aurais
00:33:48évidemment
00:33:49presque plaidé
00:33:50pour le cas
00:33:50de Cédric Jubilard
00:33:51s'il nous avait rendu
00:33:52le corps
00:33:53au bout de 6 mois
00:33:53au bout d'un an
00:33:54au bout d'un an et demi
00:33:54on connaît ces systèmes
00:33:56où on s'enfer
00:33:56où on se bloque
00:33:57dans un système
00:33:58de mensonge
00:33:59mais là
00:34:00vous voyez bien
00:34:01qu'il avait
00:34:01des possibilités
00:34:02multiples et infinies
00:34:04et qu'il ne les a pas saisies
00:34:05et que donc
00:34:06ne pas avoir saisi
00:34:07ces opportunités
00:34:08c'est quoi au final
00:34:09pour nous ?
00:34:10et bien c'est avoir
00:34:10deux fémurs
00:34:11qu'ils sont aujourd'hui
00:34:13déterrés
00:34:14d'un tas de fumiers
00:34:15et ça
00:34:15ça ne peut pas être
00:34:16porté à son crédit
00:34:17on ne peut pas porter
00:34:18à son crédit
00:34:19ce que l'on a trouvé
00:34:20aujourd'hui
00:34:20en disant
00:34:21bon bah
00:34:22on a trouvé
00:34:23deux fémurs
00:34:24pardon de parler
00:34:24aussi trivialement
00:34:25mais c'est ça
00:34:26la réalité de ce dossier
00:34:27c'est qu'on a trouvé
00:34:27deux tas de fémurs
00:34:28et pour ces deux fémurs
00:34:29deux fémurs
00:34:30dans un tas de fumiers
00:34:31et que donc
00:34:31pour cela
00:34:32on doit lui accorder
00:34:32un crédit
00:34:33des réductions de peine
00:34:34non je crois
00:34:35que ça n'est pas audible
00:34:35et que ça n'est pas convenable
00:34:37alors j'entends
00:34:37du côté de la défense
00:34:39on se gargarise
00:34:39en parlant de moments historiques
00:34:40en parlant de réconciliation
00:34:42en parlant de jubilards nouveaux
00:34:43nous ne nous inscrivons pas
00:34:45dans cette lecture
00:34:47face à cette lecture
00:34:48et évidemment
00:34:48c'est une lecture
00:34:49que nous repoussons
00:34:51très fortement
00:34:52et très formement
00:34:53j'ai parlé de colère
00:34:54du côté des parties civiles
00:34:55c'est évidemment une colère
00:34:56qui ne se dissipera
00:34:58pas de si tôt
00:35:00j'ai entendu
00:35:01votre indignation
00:35:01maître
00:35:03maître
00:35:03maître
00:35:03Mourad Batik
00:35:04mais j'ai entendu aussi
00:35:06une autre expression
00:35:06que vous avez utilisée
00:35:08et qui m'interpelle moi
00:35:09si les choses
00:35:09avaient été
00:35:10mieux faites
00:35:11est-ce que vous pouvez
00:35:12préciser votre pensée
00:35:13et vers qui
00:35:15à qui pensez-vous
00:35:16précisément ?
00:35:17pas forcément
00:35:18cathédrale jubilard
00:35:21non mais les choses
00:35:22du côté des parties civiles
00:35:24on n'aurait rien pu faire
00:35:25de plus
00:35:26du côté du procureur
00:35:27des magistrats instructeurs
00:35:28pour le coup
00:35:29il faut le dire
00:35:29ils ont été traînés dans la boue
00:35:31tout le long
00:35:31du dossier
00:35:32en expliquant que
00:35:33c'était à cause d'eux
00:35:34et que
00:35:35ils participaient
00:35:36et que je participais
00:35:37que nous participions
00:35:37à une énorme erreur judiciaire
00:35:39que le dossier était vide
00:35:41que c'est drôle jubilard
00:35:41pour rien
00:35:42et on nous a dit
00:35:44pendant 3, 4, 5 ans
00:35:45alors que je venais
00:35:46notamment sur votre plateau
00:35:47expliquer que le dossier
00:35:48n'était pas vide
00:35:49que je me trompais
00:35:49donc effectivement
00:35:50de ce côté-là
00:35:51nous ne pouvions
00:35:52rien faire de mieux
00:35:53rien faire de plus
00:35:54nous avons strictement
00:35:55rien fait d'autre
00:35:56que lire le dossier
00:35:57de dire ce qu'il y avait
00:35:58du dossier
00:35:59et d'essayer
00:35:59de faire en sorte
00:36:00que Cédric Jubilard
00:36:01évolue
00:36:02et jusqu'au procès
00:36:03de première instance
00:36:04il a décidé
00:36:05de rester bloqué
00:36:07dans ses dénégations
00:36:08et donc aujourd'hui
00:36:09il devra en assumer
00:36:11la responsabilité
00:36:12et malheureusement
00:36:13malheureusement
00:36:14nous assumerons
00:36:15avec lui
00:36:16la responsabilité
00:36:17de ses choix
00:36:18puisqu'aujourd'hui
00:36:18je dois dire
00:36:19à mes clients
00:36:20qu'ils seront
00:36:21dans l'impossibilité définitive
00:36:23de se recueillir
00:36:24de pleurer
00:36:24et de parler à Delphine
00:36:25alors vous restez avec nous
00:36:27maître Batic-Jacques Fombone
00:36:28une remarque
00:36:29sur le risque aux assises
00:36:31c'est un jury populaire
00:36:32on n'est pas
00:36:33on n'est pas en droit
00:36:35on est davantage sur les faits
00:36:36on a tous autour
00:36:36de cette table
00:36:37des dizaines d'exemples
00:36:38où des gens ont été
00:36:39condamnés à perpétuité
00:36:40en première instance
00:36:41et où la cour d'assises
00:36:42d'appel
00:36:43les a acquittés
00:36:44sur les mêmes faits
00:36:45avec les mêmes témoins
00:36:46avec les mêmes éléments
00:36:47l'acquittement
00:36:48je pense quand même
00:36:49on peut l'éloigner
00:36:50non mais pour situer l'enjeu
00:36:52en termes de différence
00:36:53là qu'est-ce qui se passe
00:36:55il se réhumanise
00:36:57en quelque sorte
00:36:57c'est-à-dire
00:36:58qu'il quitte
00:36:59l'habit
00:37:00du monstre
00:37:01qui a tué
00:37:02la mère de ses enfants
00:37:04avec les enfants
00:37:05dans la pièce à côté
00:37:08et il devient un homme
00:37:10bafoué
00:37:10trompé par sa femme
00:37:11qui pourrait avoir
00:37:13une réaction
00:37:13alors ça reste un féminicide
00:37:15je le dis
00:37:15non
00:37:16Johanna Rosenblum
00:37:17fait non de la tête
00:37:18la réaction c'est
00:37:18voilà
00:37:19oui bien sûr
00:37:19mais ce que je veux dire
00:37:20c'est que du point de vue
00:37:21des jurés
00:37:22c'est-à-dire du point de vue
00:37:23des gens qui seront
00:37:24dans cette cour d'assises
00:37:25ça peut appeler quelque chose
00:37:29qui est un sentiment
00:37:30certes
00:37:31complètement inacceptable
00:37:32mais qui est un sentiment
00:37:33humain
00:37:34c'est-à-dire quelque chose
00:37:35que le commun des mortels
00:37:36et je prends toutes les précautions
00:37:37pour le dire évidemment
00:37:38que le commun des mortels
00:37:40pourrait ne pas accepter
00:37:42mais comprendre
00:37:43alors que personne ne comprend
00:37:45qu'on puisse tuer
00:37:46la mère de ses enfants
00:37:47avec ses enfants à côté
00:37:48c'est ça que je veux dire
00:37:49et à partir de là
00:37:50on peut plaider
00:37:51effectivement
00:37:52l'accident
00:37:53l'accident mortel
00:37:56ayant suivi
00:37:56des violences volontaires
00:37:57même si chacun sait
00:37:58que c'est le système
00:37:59de défense
00:38:00qui est toujours le même
00:38:01de la part des féminicides
00:38:03Joana
00:38:04oui je comprends
00:38:05ce que dit Jacques
00:38:06et j'imagine
00:38:08assez facilement
00:38:08en fait que certaines personnes
00:38:09pourront avoir
00:38:10cette lecture de l'histoire
00:38:11parce que c'est ce qu'on a
00:38:12toujours dans les violences
00:38:13c'est ce qu'on a toujours
00:38:13dans les violences
00:38:14faites aux femmes
00:38:14aux enfants
00:38:15ah il a commis un inceste
00:38:16mais lui-même
00:38:17avait été victime
00:38:18de violences sexuelles
00:38:19dans l'enfance
00:38:19ah mais il est violent
00:38:20à l'égard de sa femme
00:38:21et ses enfants
00:38:21mais bon il a été placé
00:38:22dans un foyer
00:38:22quand il était petit
00:38:23donc on a tout le temps
00:38:24cette capacité
00:38:25à rationaliser
00:38:26minimiser
00:38:26mais là franchement
00:38:27là franchement
00:38:28ça dit juste
00:38:29quelque chose
00:38:30de l'horreur
00:38:31de la violence
00:38:32et de la prédation
00:38:33de cet homme-là
00:38:33en fait pour moi
00:38:34il n'y a rien
00:38:35de réhumanisant
00:38:37c'est encore plus humiliant
00:38:38encore plus atroce
00:38:40et macabre
00:38:40que ce qu'on aurait pu
00:38:41même imaginer au départ
00:38:42je trouve
00:38:43oui moi je me permets
00:38:45juste d'intervenir
00:38:45on prend en charge
00:38:46effectivement
00:38:47notre grosse activité
00:38:47aussi en tant que médecin légiste
00:38:49c'est aussi
00:38:49les vivants en fait
00:38:50et entre autres
00:38:51les femmes victimes
00:38:53de violences conjugales
00:38:54et les violences
00:38:55sur les enfants
00:38:57les enfants
00:38:57moi la lecture que j'ai
00:38:58effectivement
00:38:59de ce dossier
00:39:00c'est qu'on n'a
00:39:01que la démonstration
00:39:03de la violence
00:39:04qu'a pu subir
00:39:05cette femme
00:39:06tout au long
00:39:07de sa vie
00:39:08avec cet homme
00:39:08en fait
00:39:09et ce petit garçon
00:39:12avec cette position
00:39:14extrêmement courageuse
00:39:15parce que ces enfants
00:39:16on dit toujours
00:39:17quand on les prend en charge
00:39:18souvent les femmes
00:39:19nous disent
00:39:19non mais les enfants
00:39:20ils n'ont pas vu
00:39:20ou pas entendu
00:39:21les enfants
00:39:21ils entendent toujours
00:39:22et ils voient toujours
00:39:23ce qui se passe dans la maison
00:39:25et quand on voit
00:39:26les images même
00:39:26de la maison
00:39:27c'est un peu chaotique
00:39:28en fait
00:39:28ce qui se passait dedans
00:39:29mais en fait
00:39:30c'était la traduction
00:39:31du quotidien
00:39:32de ces enfants
00:39:33et de cette femme
00:39:34et le fait
00:39:35d'aller mettre
00:39:35ce corps
00:39:36pour moi
00:39:36en fait
00:39:37ce nid de fumier
00:39:38en quelque sorte
00:39:39ce n'est que pour moi
00:39:41un facteur aggravant
00:39:43parce qu'en fait
00:39:43c'est vraiment
00:39:44montrer
00:39:45jusqu'au dernier moment
00:39:47il lui a pris sa vie
00:39:48il lui a pris son corps
00:39:49il lui a pris sa façon
00:39:50de penser
00:39:51et là
00:39:52il va lui prendre
00:39:52même en fait
00:39:53le droit
00:39:54de partir
00:39:56en fait
00:39:56dignement
00:39:57elle n'est plus
00:39:57à la surface de la terre
00:39:59il a supprimé
00:40:00la surface de la terre
00:40:00mais vous savez
00:40:01pour moi
00:40:01la vraie info
00:40:02c'est pas qu'on arrive
00:40:03à découvrir
00:40:04chez cet homme
00:40:04une once d'humanité
00:40:05vous savez en France
00:40:06on est très fort
00:40:07pour compter les mortes
00:40:08ah les mortes de féminicides
00:40:10on les compte
00:40:10il suffit d'aller
00:40:11sur les sites d'association
00:40:12mais repérer
00:40:13les hommes dangereux
00:40:14les prédateurs
00:40:15on sait pas faire
00:40:16vous prenez l'exemple
00:40:17dans l'IANA
00:40:18il faut arriver
00:40:19jusqu'au bout
00:40:19du bout du bout
00:40:20pour se dire
00:40:20ah mais oui lui
00:40:21il y avait des signaux
00:40:22mais bon sang
00:40:23on est sur un continuum
00:40:24quand il s'agit de violence
00:40:26on part des petits délits
00:40:28de la manipulation
00:40:29des violences psychologiques
00:40:31au coup
00:40:32et au coup
00:40:33on commence à
00:40:34à créer un climat
00:40:36anxiogène
00:40:36les violents dans la maison
00:40:37et on brutalise les enfants
00:40:39et on menace
00:40:40et on tue
00:40:40on est sur un continuum
00:40:42pour des années
00:40:42justement
00:40:42on voudrait vous en parler
00:40:43des enfants
00:40:44on voudrait vous en parler
00:40:45hier
00:40:46c'est dans l'air
00:40:47l'émission d'Auralie Cass
00:40:49sur France 5
00:40:50il y avait une consoeur journaliste
00:40:51Nathalie Perez
00:40:52qui travaille à France Télé
00:40:53et qui a raconté une anecdote
00:40:55et je voudrais que vous nous disiez
00:40:57on voudrait que vous nous disiez
00:40:58ce que vous en pensez
00:40:58il nous a raconté
00:40:59que le petit garçon
00:41:00Louis
00:41:00qui a aujourd'hui 11 ans
00:41:02et bien au mois de juin
00:41:03c'est elle
00:41:04qui raconte ça
00:41:05parce qu'elle est en contact
00:41:06avec la famille
00:41:07qui élève maintenant
00:41:08les deux enfants
00:41:09et bien au mois de juin
00:41:10il a fugué
00:41:12il a fugué
00:41:13Louis a fugué de l'école
00:41:14avec une copine
00:41:15de son âge
00:41:17laquelle copine lui a raconté
00:41:18que son papa était violent
00:41:19qu'il la battait
00:41:21et Louis a emmené
00:41:22cette petite fille
00:41:23lui-même qui était victime
00:41:25de violences
00:41:25a emmené cette petite fille
00:41:26il a fugué avec elle
00:41:28pour les retrouver
00:41:28qu'est-ce que vous pensez de ça ?
00:41:30Oui il a reçu le récit
00:41:32de cette camarade d'école
00:41:33et il a fugué avec elle
00:41:34pour la protéger
00:41:35de son père violent
00:41:36ça dit deux choses
00:41:37c'est-à-dire qu'on est
00:41:39non seulement
00:41:40dans une prise en charge
00:41:43d'enfants endeuillés
00:41:44qui vont commencer
00:41:44un vrai deuil
00:41:45parce que jusqu'à présent
00:41:46on était dans ce qu'on appelle
00:41:47en psychologie
00:41:48un deuil ambigu
00:41:49on va te dire
00:41:50oui ta maman est morte
00:41:51mais bon en vérité
00:41:52il n'y a pas de corps
00:41:52il n'y a pas de sépulture
00:41:53donc est-ce que maman
00:41:54elle n'a pas préféré partir
00:41:55pour s'occuper d'autres enfants
00:41:56est-ce que maman finalement
00:41:57elle ne préfère pas
00:41:58une autre famille
00:41:59est-ce qu'elle n'est pas cachée
00:42:00quelque part
00:42:00est-ce qu'elle ne va pas
00:42:00décider de revenir
00:42:01donc c'est des deuils impossibles
00:42:02donc il y a un travail psychologique
00:42:03à faire sur le deuil
00:42:04mais il y a un travail à faire
00:42:06sur le psychotrauma
00:42:07et l'anecdote
00:42:07le récit que fait Dominique
00:42:09illustre vraiment ça
00:42:10c'est des enfants
00:42:11qui sont polytraumatisés
00:42:12il ne faut pas croire
00:42:13qu'ils n'ont rien vu
00:42:14comme le dit Karine
00:42:15ils ont tout vu
00:42:16tout perçu
00:42:17tout senti
00:42:18de la souffrance
00:42:19de leur mère
00:42:19et de la violence
00:42:20de leur père
00:42:21donc c'est une prise en charge
00:42:22qui est extrêmement complexe
00:42:24qui va continuer
00:42:25à croître
00:42:25parce qu'eux
00:42:26ils grandissent
00:42:27ils lisent
00:42:28ils ont accès aux réseaux sociaux
00:42:29à la presse
00:42:30c'est facile
00:42:30d'aller sur internet
00:42:32et de faire des recherches
00:42:32donc c'est une prise en charge
00:42:34extrêmement complexe
00:42:35et très sérieuse
00:42:36comme des centaines
00:42:38de milliers d'enfants
00:42:39en France
00:42:40qu'on n'entend pas
00:42:41qui parlent
00:42:42et qu'on n'entend pas
00:42:43Mourad Batik
00:42:43vous voulez intervenir
00:42:44vous partagez cette lecture
00:42:45sur le plateau
00:42:51vous m'entendez ?
00:42:52Mourad Batik
00:42:54oui
00:42:56oui je vous entends
00:42:57je ne sais pas si vous me recevez
00:42:58si si
00:42:59je partage
00:43:00je partage complètement
00:43:01cette lecture
00:43:02Johanna a parfaitement raison
00:43:03de le dire
00:43:04peut-être qu'au bout
00:43:06de l'imaginaire
00:43:08de certains de mes clients
00:43:09ils imaginaient peut-être
00:43:10qu'un jour
00:43:11on la retrouverait
00:43:12puisqu'il n'y avait pas de corps
00:43:12donc peut-être
00:43:14que ces thèses
00:43:15de départ en Syrie
00:43:16de témoins de Jéhovah
00:43:17de départ volontaire
00:43:18d'un amant
00:43:19qui aurait eu raison d'elle
00:43:21et bien peut-être
00:43:22que tout ça conduisait
00:43:23dans certains rêves
00:43:25à ce qu'on puisse
00:43:25la retrouver un jour
00:43:26aujourd'hui
00:43:27c'est très dur
00:43:29parce qu'on sait
00:43:29de manière définitive
00:43:31qu'on ne la retrouvera pas
00:43:32et on ne retrouvera
00:43:33même pas son corps
00:43:34je le dis depuis plusieurs jours
00:43:36en droit de la guerre
00:43:37quand vous faites la guerre
00:43:38à un ennemi
00:43:39c'est régi par le droit
00:43:40de la guerre
00:43:41vous devez rendre
00:43:41le corps
00:43:42de l'ennemi
00:43:44décédé
00:43:44et Cédric
00:43:46a été plus loin
00:43:47qu'une guerre
00:43:48il a confisqué
00:43:49définitivement
00:43:50le corps de Delphine
00:43:50qu'on ne retrouvera
00:43:51vraisemblablement
00:43:52jamais
00:43:53et c'est terrible
00:43:54pour l'annihiler
00:43:55en fait
00:43:55c'est ce qu'on ne comprend
00:43:56pour l'effacer
00:43:58est-ce que c'est ça
00:43:58cette stratégie
00:44:00il l'a dit
00:44:01à plusieurs reprises
00:44:02si Delphine
00:44:03ne m'appartient pas
00:44:04elle n'appartiendra
00:44:05à personne
00:44:06et force est de constater
00:44:07qu'elle n'appartiendra
00:44:08à personne
00:44:09ni de son vivant
00:44:10ni même de sa mort
00:44:12écoutez
00:44:13à quel point
00:44:14c'est grave
00:44:14à quel point
00:44:15c'est dur
00:44:15elle n'appartiendra
00:44:17à personne d'autre
00:44:18qu'à lui
00:44:18ni de son vivant
00:44:20ni de sa mort
00:44:21il l'a tué deux fois
00:44:23il l'a tué deux fois
00:44:25il l'a tué deux fois
00:44:27une fois de la vie
00:44:28à la mort
00:44:29et une deuxième fois
00:44:30de la mort
00:44:31au néant
00:44:32à l'inexistence
00:44:33est-ce que vous pensez
00:44:33dans ces conditions
00:44:34maître Batik
00:44:35qu'une reconstitution
00:44:37est certes nécessaire
00:44:38mais à tout ce qu'on se dit
00:44:40sur le plateau
00:44:40est-ce que
00:44:42Cédric Jubilard
00:44:43il sera en capacité
00:44:44d'expliquer
00:44:46de refaire les gestes
00:44:47depuis cette maison
00:44:49qu'on voit
00:44:50d'ailleurs
00:44:51sur notre écran
00:44:52la scène de crime
00:44:53cette maison
00:44:55emmurée
00:44:55en chantier
00:44:56où il n'y a rien
00:44:57qui est droit
00:44:58si je puis dire
00:44:58jusqu'à
00:45:00ce champ
00:45:01et ce monticule
00:45:02qui aujourd'hui
00:45:03n'existe plus
00:45:03est-ce qu'il
00:45:04peut être en capacité
00:45:06de le faire
00:45:06et surtout
00:45:07qu'est-ce qu'on peut attendre
00:45:08de cet acte d'enquête
00:45:10moi je n'attends rien
00:45:11de Cédric Jubilard
00:45:12je pars du principe
00:45:13et du postulat
00:45:14que tout ce qu'il va dire
00:45:14sera faux
00:45:15ou ne sera dit
00:45:18que pour servir
00:45:18ses propres intérêts
00:45:19donc ce que va nous dire
00:45:21Cédric Jubilard
00:45:21maintenant que l'on n'a pas
00:45:22de corps
00:45:23maintenant que l'on n'a pas
00:45:23de scène de crime
00:45:24maintenant que l'on n'a rien
00:45:26qui nous permettra
00:45:27de corroborer
00:45:32ces faits
00:45:32et sa version
00:45:35merci
00:45:36ok on a un petit problème
00:45:38de liaison avec
00:45:38maître Bati
00:45:39qu'on vous retrouve
00:45:39dans quelques instants
00:45:41je complète
00:45:42alors deux choses
00:45:42tant que du procédural
00:45:45nul n'a l'obligation
00:45:47de s'auto-incriminer
00:45:48ce qui veut dire
00:45:49qu'il peut être
00:45:49extrait de sa prison
00:45:50arriver dans le camion
00:45:52de la gendarmerie
00:45:53et dire finalement
00:45:54je ne descends pas
00:45:54parce que je vais
00:45:55reproduire des actes
00:45:56qui m'accusent
00:45:58et je ne veux pas le faire
00:45:58et puis ensuite
00:45:59l'intérêt d'une reconstitution
00:46:01c'est toujours une reconstitution
00:46:03de détails
00:46:03c'est à dire qu'on sait
00:46:05ce qui s'est passé
00:46:05mais on va vérifier
00:46:07un exemple trivial
00:46:09que l'auteur dit
00:46:10qu'il a tiré
00:46:11sur cette victime
00:46:12et en fait
00:46:12on s'aperçoit
00:46:12qu'il y a un meuble
00:46:13qu'il y a un objet
00:46:14qui fait qu'il ne nous dit
00:46:14pas la vérité
00:46:15là on ne sait
00:46:16absolument rien
00:46:17donc un
00:46:18il est tout à fait
00:46:19en droit
00:46:20de ne pas y participer
00:46:21et ensuite
00:46:22il pourra
00:46:23sur les faits
00:46:24sur la scène de crime
00:46:24et jusqu'au moment
00:46:25du dépôt du corps
00:46:27raconter
00:46:27comme le dit maître Bati
00:46:28c'est pour ça
00:46:29que je voulais compléter
00:46:29ce qu'il veut
00:46:30et ça sera de toute façon
00:46:32invérifiable
00:46:33et ce qu'on dit
00:46:33depuis une heure
00:46:34c'est qu'effectivement
00:46:35il ne va pas y aller
00:46:36sans y avoir réfléchi
00:46:37il va y aller
00:46:38en proposant aux enquêteurs
00:46:39il lirait en proposant
00:46:41aux enquêteurs
00:46:43la version minimum
00:46:45des faits
00:46:45qui sera encore une fois
00:46:46la plus avantageuse
00:46:47effectivement
00:46:47docteur
00:46:48quand on a un corps
00:46:50une expertise
00:46:51réalisée par le légiste
00:46:52et bien
00:46:53on peut
00:46:54la confronter
00:46:55on peut l'opposer
00:46:56à la version
00:46:57de celui qui participe
00:46:58à la reconstitution
00:46:58et là on n'a pas de corps
00:46:59c'est le principe
00:47:00de la reconstitution
00:47:01d'ailleurs
00:47:01puisqu'on participe
00:47:02nous aussi
00:47:03en tant que médecins légistes
00:47:04aux opérations
00:47:05de reconstitution
00:47:07et donc on va pouvoir
00:47:09confronter notre version
00:47:10c'est-à-dire nous
00:47:11ce qu'on a pu trouver
00:47:12sur le corps
00:47:13en fait
00:47:13parce que nous
00:47:15tout ce qu'on dit
00:47:16en fait
00:47:16c'est ce qu'on constate
00:47:17en fait
00:47:17c'est ce qu'on voit
00:47:19et ce que je veux dire
00:47:20c'est qu'il ne peut pas
00:47:20avoir de choses
00:47:22imaginées
00:47:22d'interprétation
00:47:23des choses
00:47:24en fait
00:47:24on a telle lésion
00:47:25on a telle cause
00:47:26du décès
00:47:27on a telle personne
00:47:29on a telle arme
00:47:30a priori
00:47:30qui a été utilisée
00:47:31voilà
00:47:31on va pouvoir dire
00:47:32mais c'est concret
00:47:33et on va pouvoir
00:47:34confronter
00:47:34lors de la reconstitution
00:47:35effectivement
00:47:36à ce que dit
00:47:38l'auteur des faits
00:47:39ou le supposé
00:47:39auteur des faits
00:47:40puisqu'à ce stade
00:47:41il est supposé auteur
00:47:42cependant
00:47:42là on n'a pas de corps
00:47:44parce que
00:47:45de fémur
00:47:46comme on dit
00:47:46ça ne nous permettra
00:47:48de répondre
00:47:49à aucune question
00:47:50sur les causes
00:47:52du décès
00:47:52ça c'est certain
00:47:53donc effectivement
00:47:55il n'y aura que sa version
00:47:56confrontée
00:47:57aux données de l'enquête
00:47:58mais les données de l'enquête
00:47:59après
00:48:00sur ce point là
00:48:01il n'y en a pas
00:48:01voilà
00:48:02exactement
00:48:02sur le point du transport
00:48:03entre le lieu
00:48:05où se passeraient les faits
00:48:06et le lieu de découverte
00:48:08de ces deux fémurs
00:48:08parce qu'après
00:48:09on ne trouve que deux fémurs
00:48:11on a compris
00:48:12pourquoi effectivement
00:48:13on peut se dire
00:48:14il y a l'épandage
00:48:15il y a le fumier
00:48:16il y a cette décomposition
00:48:17et tout ça
00:48:18il y a aussi
00:48:19a priori
00:48:19d'autres petits ossements
00:48:20on ne sait pas
00:48:21ce qu'ils ont
00:48:21qui auraient été retrouvés
00:48:22avec le fémur
00:48:23mais on peut se poser
00:48:24aussi beaucoup de questions
00:48:25est-ce que c'est la totalité
00:48:26du corps aussi
00:48:27qui a été déposée
00:48:28sous ce tas de fumier
00:48:29parce qu'on n'a fait
00:48:30que des parties
00:48:30qui sont non identifiantes
00:48:32par rapport à des effets
00:48:33criminels
00:48:33on avait une autre question
00:48:35aussi là-dessus
00:48:35est-ce que
00:48:36la reconstitution
00:48:37elle pourrait permettre
00:48:39s'il y faisait une gaffe
00:48:42de prouver
00:48:43qu'il a prémédité son geste
00:48:44une gaffe vous dites
00:48:45une gaffe
00:48:46s'il faisait une gaffe
00:48:47au moment de la reconstitution
00:48:49tout est toujours possible
00:48:50mais je me fais
00:48:51j'allais dire l'avocat du diable
00:48:52mais l'avocat de Jubilard
00:48:54en disant
00:48:55attendez
00:48:55il a eu une confusion de paroles
00:48:57il a tourné à gauche
00:48:58au lieu de tourner à droite
00:48:59il a dit que la voiture
00:49:01était dans l'autre sens
00:49:02il a expliqué des éléments
00:49:04qui militeraient
00:49:05en faveur de son innocence
00:49:07mais
00:49:08monsieur Rizet
00:49:09on est dans une situation
00:49:10extrêmement anxiogène
00:49:11il y a un juge d'instruction
00:49:12il y a un médecin légiste
00:49:13il y a le procureur de la république
00:49:15il a un gilet pare-balle
00:49:16il a les gendarmes
00:49:17de chaque côté
00:49:18c'est une situation
00:49:19extrêmement
00:49:21extrêmement anxiogène
00:49:21monsieur Rizet
00:49:22vous êtes accusé
00:49:23d'un meurtre
00:49:24vous êtes accusé
00:49:24d'une infraction
00:49:26qui va bouleverser
00:49:27le reste de votre vie
00:49:28est-ce que dans cette situation
00:49:29vous n'auriez pas
00:49:30vous aussi
00:49:31commis cette erreur bénigne
00:49:33que l'on va maintenant
00:49:34reprocher à mon client ?
00:49:36évidemment
00:49:36qu'on aura encore une fois
00:49:38le doute
00:49:39mais c'est ce que disait François
00:49:40tout à l'heure
00:49:40on arrive devant la cour d'assises
00:49:42c'est ce que je voulais dire
00:49:43avec la perception
00:49:45qu'il veut donner
00:49:45de sa psychologie
00:49:46au moment des faits
00:49:47on arrive devant une cour d'assises
00:49:49devant des citoyens
00:49:50et c'est ça
00:49:50je dirais la réalité
00:49:51de la justice
00:49:53de la république
00:49:54de la justice du peuple
00:49:55c'est-à-dire que c'est
00:49:56vous savez
00:49:57c'est l'article 253
00:49:58du code de procédure
00:49:59l'impression qu'on fait
00:50:01sur les jurés
00:50:01les éléments de l'accusation
00:50:03et les moyens
00:50:04qu'il a rapportés
00:50:04pour sa défense
00:50:05et ça n'est que ça
00:50:12le procès le 21 septembre
00:50:14il paraît intenable
00:50:15Dominique à cette date-là
00:50:16vu au regard
00:50:17de tout ce qu'il faut faire
00:50:19notamment cette reconstitution
00:50:20en temps réel
00:50:22enfin dans les mêmes conditions
00:50:23en décembre peut-être
00:50:25c'est ce qu'on peut imaginer
00:50:26ça ce serait l'idéal
00:50:28la reconstitution
00:50:29de l'affaire
00:50:29dans la nuit
00:50:30du 15 au 16 décembre
00:50:32dans les mêmes conditions
00:50:33à la même heure
00:50:34la ville sera vide
00:50:36à 23h
00:50:37je crois que c'est 23h
00:50:38que les voisines entendent
00:50:3923h au 17h
00:50:40entendent des cris
00:50:42dans la reconstitution
00:50:43on fera aussi
00:50:44les voisines seront là
00:50:46et quelqu'un
00:50:48va mimer
00:50:50va mimer
00:50:51enfin
00:50:52va prendre la place
00:50:53de Delphine Jubilard
00:50:54ce sera sans doute
00:50:54une femme gendarme
00:50:55et donc si elle crie
00:50:57on verra
00:50:57on entendra
00:50:58mais là il y a une scène
00:50:59qui est susceptible
00:51:00d'être dynamique
00:51:00dans la maison
00:51:02donc ça sera forcément
00:51:03quelqu'un
00:51:03alors ça c'est la scène
00:51:04de crime
00:51:04donc reconstitution
00:51:05sur place
00:51:06mais alors ça
00:51:07ce qui est intéressant aussi
00:51:08c'est après
00:51:09le trajet en voiture
00:51:11qu'il a parcouru
00:51:12c'est 10-15 km
00:51:13lumière éteinte
00:51:14puisque la voiture
00:51:15de sa femme
00:51:15est un vieux modèle
00:51:16on peut rouler
00:51:17sans l'éveilleuse
00:51:18et sans rien
00:51:19donc aller jusque là-bas
00:51:20et puis
00:51:21est-ce qu'on peut imaginer
00:51:22donc ça
00:51:23et que sur place
00:51:24on lui dise
00:51:24voilà monsieur
00:51:25maintenant
00:51:26gratter
00:51:28dans le terreau
00:51:29et montrez-nous
00:51:30comment vous avez
00:51:30attendez bougez pas
00:51:31parce qu'il y a un maître
00:51:32pas maître
00:51:33François Daoust
00:51:34personne ne bouge
00:51:34non François Daoust
00:51:35qui est à distance
00:51:36et qui veut intervenir
00:51:37parce que comme il nous entend
00:51:38évidemment il veut participer
00:51:41merci Pauline
00:51:41il y a un peu là pour ça
00:51:44exactement
00:51:45il y a
00:51:46vous parliez tout à l'heure
00:51:47d'éléments d'enquête
00:51:48par rapport aux gestes
00:51:49qu'il avait pu faire
00:51:50ou ne pas faire
00:51:51et qu'il n'y avait pas grand chose
00:51:52il n'empêche que
00:51:53il y a
00:51:55deux témoignages
00:51:56dont notamment
00:51:57sa compagne
00:51:58pendant qu'il était en détention
00:51:59qui donne énormément
00:52:01qui a donné
00:52:02tous les éléments
00:52:03où était le corps
00:52:04comment il était
00:52:05et surtout
00:52:05comment il l'avait tué
00:52:07alors attendez
00:52:08attendez c'est moi qui vais vous couper
00:52:10on va l'écouter
00:52:10parce qu'on parle de Jennifer
00:52:12l'ex-compagne
00:52:13effectivement
00:52:14de Cédric Jubilard
00:52:15qui avait accordé
00:52:16une interview
00:52:17il y a quelques mois
00:52:18à Maxime Branchetter
00:52:19et qui effectivement
00:52:20revient sur ce point précis
00:52:21on l'écoute
00:52:22et on en parle avec vous après
00:52:24il m'explique
00:52:25qu'il passe à l'acte
00:52:26en me disant
00:52:27qu'il a étranglé
00:52:29parce que le lendemain
00:52:30c'est un jour
00:52:30de reconfinement
00:52:31et en fait
00:52:34il me dit
00:52:34que c'est le soir parfait
00:52:36et moi il m'a dit
00:52:38qu'ils ne se sont pas disputés
00:52:40qu'en fait
00:52:41elle allait vers le canapé
00:52:43et qu'il l'a étranglé
00:52:44et qu'elle n'a pas pu
00:52:46pousser de cris
00:52:48en fait
00:52:49je ne sais pas
00:52:50comment ça se fait
00:52:51mais en fait
00:52:51du coup
00:52:52elle avait
00:52:53la couette
00:52:54la housse de couette
00:52:57sous elle
00:52:58après
00:52:58et qu'il ne savait pas
00:53:00mais en l'étranglant
00:53:01elle a fait ses besoins
00:53:02sur la couette
00:53:03et la housse de couette
00:53:04François Daoust
00:53:05oui
00:53:06donc
00:53:07on a
00:53:08une description
00:53:09d'un geste
00:53:10d'un geste
00:53:11d'étranglement
00:53:12un geste d'étranglement
00:53:13et Mme Dabadi
00:53:14me le dira
00:53:15certainement mieux que moi
00:53:17que ce soit
00:53:18par étouffement
00:53:19ou par strangulation
00:53:20c'est entre
00:53:22deux et quatre minutes
00:53:23avant que
00:53:24l'on décède
00:53:25à partir de
00:53:27de ce moment là
00:53:27on a tout le temps
00:53:29de réfléchir à son geste
00:53:30donc
00:53:30ça c'est pour
00:53:32l'histoire
00:53:33il a dégoupillé
00:53:34non
00:53:36au fur et à mesure
00:53:37il a bien réfléchi
00:53:37mais cette version
00:53:39j'ai peur
00:53:41ou je pense
00:53:42qu'il va la contester
00:53:43en disant
00:53:44mais non
00:53:44je vais raconter ça
00:53:45comme ça
00:53:45ce n'est pas le cas
00:53:47c'est un coup
00:53:48violent
00:53:49et elle est tombée
00:53:51et
00:53:52elle était morte
00:53:53donc pour accréditer
00:53:55le fait que ça a été
00:53:57une réaction
00:53:57et non pas
00:53:58une action
00:53:59et de l'or
00:54:02à partir de là
00:54:03on voit très bien
00:54:04toute la stratégie
00:54:05de la défense
00:54:06et elle est d'autant
00:54:07plus facilitée
00:54:08comme disait
00:54:08tout à l'heure
00:54:10notre docteur
00:54:11sur le plateau
00:54:12c'est qu'il n'y a pas
00:54:14les parties essentielles
00:54:15du corps
00:54:16qui permettraient
00:54:17de confirmer
00:54:18ou un étouffement
00:54:19ou une strangulation
00:54:20etc
00:54:21et on n'aura
00:54:22que sa version
00:54:23à lui
00:54:23qui va
00:54:24s'adapter
00:54:25au fur et à mesure
00:54:26des expertises
00:54:27présentes
00:54:28des éléments indiciels
00:54:30qui existent
00:54:30ou qui n'existent pas
00:54:31comme avait fait
00:54:32Nordal Lelandé
00:54:34qui n'a parlé
00:54:35et n'a dit
00:54:37que quelques éléments
00:54:38chaque fois
00:54:39qu'il était confronté
00:54:41à un élément indiciel
00:54:43qu'il ne pouvait pas contester
00:54:44donc on voit bien
00:54:45que ça reste
00:54:47dans sa stratégie
00:54:47dans sa façon d'être
00:54:49et je ne serais pas étonné
00:54:51si les fameuses lunettes
00:54:53que tous les avocats
00:54:55nous ont dit
00:54:56mais c'est n'importe quoi
00:54:57rencontre des experts
00:54:59c'est pas un coup
00:55:00elles sont tombées
00:55:01etc
00:55:02ne reviennent pas
00:55:03sur le devant
00:55:04de la scène
00:55:05en disant
00:55:05vous voyez bien
00:55:06qu'il y a eu un coup
00:55:07vous voyez bien
00:55:08qu'elle a dû
00:55:09à cause de ça
00:55:10tomber
00:55:11chuter
00:55:12et c'est
00:55:14en se cognant par terre
00:55:14qu'elle est morte
00:55:15on sent bien
00:55:17qu'il y a là
00:55:17tous les ingrédients
00:55:18pour avoir
00:55:19une nouvelle version
00:55:20et que cette version
00:55:22et bien
00:55:23elle est là
00:55:23pour être
00:55:24cousée blessure volontaire
00:55:26et entraîner la mort
00:55:27sans intention
00:55:27de la donner
00:55:29Merci François Daoust
00:55:30Karine Lavalli
00:55:31cette fameuse notion
00:55:33d'étranglement
00:55:33et Jennifer
00:55:35l'ancienne compagne
00:55:36de Cédric Jubilard
00:55:37a même expliqué
00:55:38que lors d'un parloir
00:55:39il lui avait mimé
00:55:40le geste
00:55:41qu'est-ce que ça donne
00:55:42sur le plan légiste
00:55:44si je puis dire
00:55:44il n'y a pas de sang
00:55:46il n'y a pas de trace
00:55:47et on ne peut le détecter
00:55:49qu'à l'aune
00:55:51de petits ossements
00:55:52dont on a suffisamment parlé
00:55:53mais dont on n'est pas
00:55:54en possession aujourd'hui
00:55:55Alors si on avait
00:55:56eu le corps tout de suite
00:55:58il y a effectivement
00:55:59cette fracture de l'osioïde
00:56:01qu'on peut rechercher
00:56:01dans le cadre
00:56:02d'étranglement
00:56:03pas d'étouffement
00:56:04mais il y a d'autres choses
00:56:05effectivement
00:56:06il y a ce qu'on appelle
00:56:07un syndrome asphyxique
00:56:09que l'on retrouve
00:56:09une cyanose
00:56:11au niveau de la face
00:56:12des extrémités
00:56:13des lèvres
00:56:13une congestion
00:56:14de l'ensemble
00:56:15des organes
00:56:15c'est-à-dire que
00:56:16tous les organes
00:56:16vont gonfler
00:56:18vont devenir
00:56:18remplir
00:56:19ces syndromes asphyxiques
00:56:20ce qu'on appelle
00:56:20la congestion polyviscérale
00:56:22il y a aussi
00:56:23des infiltrations
00:56:24hémorragiques
00:56:24qu'on peut retrouver
00:56:25au niveau par exemple
00:56:26quand il y a des manœuvres
00:56:27d'étouffement
00:56:28autour de la bouche
00:56:29ça ne se voit pas
00:56:30comme ça le nu
00:56:30mais si on récline
00:56:31les plans
00:56:32on peut le retrouver
00:56:32donc il y a différents éléments
00:56:34si on avait eu le corps
00:56:36tout de suite
00:56:36on aurait pu répondre
00:56:37à cette question
00:56:38ça c'est certain
00:56:39et il faut savoir
00:56:40qu'effectivement
00:56:41dans ce type de manœuvre
00:56:42la perte de connaissance
00:56:43quand il y a une strangulation
00:56:44ou une manœuvre d'étouffement
00:56:46elle se vient
00:56:46dans les 20 à 30 secondes
00:56:47et effectivement
00:56:48dans les 2 à 4-5 minutes
00:56:51le décès survient
00:56:52donc il a le temps
00:56:53de réagir
00:56:54c'est-à-dire qu'elle va
00:56:55perdre connaissance
00:56:55là elle ne bouge plus
00:56:57et il continue
00:56:58voilà jusqu'au décès
00:56:59donc
00:56:59mais en tout cas
00:57:00si on avait eu le corps
00:57:01tout de suite
00:57:02on aurait pu répondre
00:57:03à cette question
00:57:03ce qui n'est pas le cas
00:57:04ce qui n'est pas le cas
00:57:05sur la déclaration
00:57:06de Jennifer
00:57:06il y a quelque chose
00:57:07qui peut être intéressant
00:57:09du point de vue
00:57:10de sa défense
00:57:12Jennifer l'excompagnement
00:57:14à qui il a dit
00:57:15finalement énormément
00:57:16et on le relie maintenant
00:57:18à l'aune de toutes
00:57:19ces déclarations
00:57:19mais est-ce qu'on ne peut pas
00:57:20le relire d'une façon
00:57:21différente
00:57:22c'est-à-dire
00:57:23je suis accusé
00:57:24et notamment
00:57:25on m'accuse
00:57:26d'avoir menti
00:57:27pendant 5 ans
00:57:28là je dis quelque chose
00:57:30et comme par hasard
00:57:31il faudrait que ce soit
00:57:32la vérité
00:57:32alors qu'on m'accuse
00:57:33d'être un menteur permanent
00:57:34et bien non
00:57:35quand j'ai parlé à Jennifer
00:57:36j'ai menti aussi
00:57:38puisque j'ai menti
00:57:38donc ce que vous voulez dire
00:57:39c'est qu'il peut encore
00:57:41faire des zigzags
00:57:41et bien oui
00:57:42et il peut jouer encore une fois
00:57:43de la vérité
00:57:44aux mensonges
00:57:45et de les réalités
00:57:46à l'hypothétique
00:57:47visiblement il est tenu
00:57:48par ses avocats
00:57:49c'est-à-dire que
00:57:50les avocats lui ont mis
00:57:52un couloir droit
00:57:53un couloir gauche
00:57:55et il ne faut pas bouger
00:57:57et voilà la question
00:57:58je me pose
00:57:59mais on se l'est posé
00:57:59ensemble là aussi
00:58:00c'est est-ce que
00:58:01ces avocats ont une stratégie
00:58:03une nouvelle stratégie
00:58:04on a tous compris
00:58:05ce qui est en train
00:58:06de se mettre en place
00:58:08mais lui
00:58:08il va falloir qu'il joue aussi
00:58:10il va falloir qu'il joue
00:58:11son rôle
00:58:12c'est-à-dire que
00:58:12ce qu'il a fait jusqu'à maintenant
00:58:14c'est se taire
00:58:14ne rien dire
00:58:16baisser la tête
00:58:17et ne pas répondre aux questions
00:58:19est-ce que
00:58:21la préparation
00:58:22elle est possible
00:58:22est-ce qu'on va avoir
00:58:23une nouvelle personne
00:58:25dans le box
00:58:25qui va faire entendre
00:58:27sa voix
00:58:27qui va se lever
00:58:28qui va parler
00:58:29qui va dire
00:58:30je suis d'accord avec ça
00:58:31ça je l'ai fait
00:58:32ça je l'ai pas fait
00:58:33est-ce qu'on peut
00:58:34se transformer comme ça
00:58:35non encore une fois
00:58:36c'est toujours la même personne
00:58:37et il n'y a pas d'inquiétude
00:58:38à avoir sur lui
00:58:39est-ce qu'il peut apprendre
00:58:39est-ce qu'il peut apprendre
00:58:40est-ce qu'il peut
00:58:41c'est même pas qu'il va apprendre
00:58:42c'est en lui
00:58:43mais il sait exactement
00:58:45comment il doit se comporter
00:58:46ce qu'il doit dire
00:58:47il est beaucoup plus malin
00:58:48et beaucoup plus stratège
00:58:49qu'on peut l'imaginer
00:58:51non non je vous assure
00:58:53c'est toujours la même personne
00:58:54et vous serez surpris
00:58:54de voir la posture
00:58:55qu'il adopte
00:58:56sans aucune difficulté
00:58:57remords ni regrets
00:58:58ça fait partie de sa personnalité
00:58:59c'est ce qu'on a l'habitude
00:59:00de voir chez les prédateurs
00:59:01moi je voudrais simplement
00:59:02qu'on referme cette émission
00:59:04avec une pensée
00:59:05pour les enfants
00:59:06et la famille
00:59:07de Delphine Osager
00:59:09on l'a dit
00:59:10Johanna
00:59:11viendra le temps du deuil
00:59:12à écouter Mourad Batik
00:59:13ça va être compliqué
00:59:14mais ces enfants
00:59:15ils ont besoin d'une sépulture
00:59:16ils ont besoin d'un endroit
00:59:17pour se recueillir
00:59:17pour penser à leur maman
00:59:18et je voudrais qu'on referme
00:59:19cette émission
00:59:20justement en ayant un mot pour eux
00:59:21oui évidemment
00:59:22une énorme pensée
00:59:23pour les enfants de Delphine
00:59:25qui sont finalement
00:59:26doublement orphelins
00:59:28et à tous les enfants
00:59:29en France
00:59:30qu'on peine à entendre
00:59:31qu'on peine à accompagner
00:59:32et qui sont toujours
00:59:33en train de cohabiter
00:59:34avec leurs agresseurs
00:59:35si vous êtes témoin
00:59:37de violence
00:59:37si vous avez même
00:59:38une once de suspicion
00:59:39que vous entendez décrit
00:59:41les voisins
00:59:42même à l'école
00:59:43des enfants
00:59:43qui se renferment
00:59:44qui vont moins bien
00:59:45je vous en supplie
00:59:46il vaut mieux se tromper
00:59:47dans ce sens là
00:59:47appelez la police
00:59:49appelez le gendarme
00:59:50appelez le 119
00:59:51le 119
00:59:53c'est même pour les enfants
00:59:54ça ne figure pas
00:59:55sur les relevés téléphoniques
00:59:56c'est gratuit
00:59:57je vous en supplie
00:59:58quand il s'agit d'enfants
00:59:59et de femmes
01:00:00ne prenez aucune précaution
01:00:02merci beaucoup Joana
01:00:03merci à tous
01:00:03de vos lumières
01:00:04de vos remarques
01:00:05de votre expertise
01:00:06je vous en supplie
01:00:06je vous en supplie
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