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  • il y a 1 heure
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Vendredi 29 mai 2026, le musicien Eric Lévi, fondateur d'Era. Son nouvel album, "Era VIII" sort aujourd'hui.

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Transcription
00:00Bonjour Eric Lévy, vous êtes le créateur d'Era, ce projet musical devenu culte dans le monde entier avec des
00:06titres notamment comme Ameno.
00:08Depuis 1997, Era a vendu plus de 15 millions d'albums et cumule aujourd'hui des milliards d'écoutes à
00:13travers le monde.
00:14Pourtant derrière ce succès colossal, il y a un homme que le grand public connaît finalement très peu, donc vous.
00:20Avant Era, il y a eu le rock, les années Shaking Street, des tournées américaines avec ACDC ou encore Black
00:26Sabbath,
00:27puis les musiques de films, notamment les visiteurs, avant cette intuition folle, créé une musique hors du temps, mystique, cinématographique,
00:34impossible à classer.
00:36Une musique à laquelle personne ne croyait au départ, on ne va pas se mentir.
00:39Toutes les maisons de disques vous ont fermé les portes avant que le public, lui, vous transforme en phénomène mondial.
00:45Aujourd'hui, vous revenez avec un nouvel album, Era 8, écrit en chiffres romains, évidemment.
00:51Première album studio depuis près de 10 ans et une grande tournée événement, The Amen Autour, qui passera notamment par
00:56l'Accor Arena le 4 mars 2028.
00:59Et c'est justement l'homme derrière Era que nous allons tenter de découvrir aujourd'hui.
01:04Eric, avant de parler du passé, j'ai envie de vous demander simplement dans quel état d'esprit êtes-vous
01:07aujourd'hui, au moment de revenir avec Era 8 et cette nouvelle tournée ?
01:12En fait, c'est marrant que vous posez. Je ne me pose jamais cette question, mais puisque vous me la
01:17posez, ça me fait réfléchir.
01:18Et je me dis qu'en fait, je suis dans le même état d'esprit qu'au premier album, je
01:22crois.
01:23Vous voyez, je n'ai pas de... Voilà. J'ai toujours le même... Enfin, je n'ai pas changé par
01:31rapport à ça.
01:32Je ne suis pas dans le confort. Je me remets souvent en question. J'écoute. Je ne suis pas du
01:38tout... Je ne pars pas gagnant. Je ne pars pas... Voilà. Je suis complètement... Pour moi, c'est une nouvelle
01:43aventure, en fait.
01:44C'est comme si vous redémariez à zéro.
01:47Oui, c'est exactement. Je me pose les mêmes questions. Voilà. Et puis, voilà. Pour moi, c'est tout neuf,
01:54en fait. C'est comme un nouveau départ.
01:57Ameno est sorti en 96.
01:59C'est 97, exactement.
02:01C'est 80... Ameno est sorti en 97. Ça fait 30 ans, presque.
02:06Oui, exactement.
02:07Le titre continue d'avoir une vie incroyable à travers le monde. Est-ce que vous réalisez parfois jusqu'où
02:11cette musique est allée ?
02:14Si je le réalise ? Oui, oui, j'en prends conscience. Oui, oui. En fait, c'est comme un... J
02:18'ai l'impression que cette musique... Enfin, Ameno, cette musique, c'est un peu...
02:22Au départ, je voulais faire une musique qui soit basée uniquement sur les émotions et pas sur le texte.
02:27Ni sur... Pour ça, je ne me suis pas montré du tout. Parce qu'à partir du moment où on
02:32identifie une musique à un artiste ou à des paroles qui ont un vrai sens, je crois que ça...
02:39Si vous voulez, pour moi, c'est comme une musique de film sans le film.
02:42C'est... Eras, voilà, c'est un truc qui... Pour moi, si la musique réussit à toucher, à ouvrir, disons,
02:49des émotions pour les gens, il y a un côté mystique, il y a la spiritualité aussi.
02:54Donc, si vous voulez, c'est un truc universel. Et je ne voulais pas que les mots viennent polluer un
02:58peu les émotions de la musique, pour un peu.
03:01Donc, d'où le langage inventé. Mais en même temps, je ne pouvais pas faire non plus que de la
03:06musique.
03:07Comme on faisait à l'époque de la musique classique, il fallait vraiment des voix.
03:10Et je trouve que c'est à travers les voix et la puissance des voix et le son des voix
03:14que les émotions ont pris forme.
03:18À quel moment est née Eras, alors ?
03:21Eras, dans ma tête, c'est né en 95.
03:26C'est quoi le point de départ ? C'est quoi le déclic ?
03:28Le point de départ, c'est de... Je m'étais déjà... Je n'avais pas eu la chance de rencontrer
03:34un Freddie Mercury ou un Robert Plant.
03:37Je me suis dit, bon, comment faire pour... Parce que j'ai vécu toutes ces années de groupes de hard
03:42rock en tournée, avec tout...
03:44Vous imaginez les différentes personnalités de chanteurs.
03:49Bon, donc j'ai décidé à un moment de faire un truc tout seul.
03:55N'étant ni acteur, ni chanteur, je me suis dit, bon, il ne faut pas que je me mette devant.
04:00Je vais me mettre derrière. Je vais créer un univers rattaché, un visuel qui était du medieval heroic fantasy.
04:08À l'époque, je ne l'ai pas inventé.
04:10Mais c'est vrai qu'à l'époque, il n'y avait ni... Bon, bien sûr, série télé, ça n
04:15'existe pas.
04:15Mais il n'y avait aucun film au cinéma, pas de littérature, pas de...
04:20Donc, en fait, d'où la difficulté d'avoir trouvé un label, parce que c'était totalement hors tendance, hors
04:27tendance.
04:28Presque hors du temps, d'ailleurs.
04:30Oui, hors du temps. Un peu intemporel.
04:32Et c'est vrai que 1997, le premier album, et en 2003, il y a eu Le Seigneur des Anneaux.
04:39Donc, toute cette période, si vous voulez, Le Seigneur des Anneaux, ça a lancé le medieval heroic fantasy, le mystique,
04:45la magie, tout le surnaturel.
04:47Et c'est vrai qu'après, c'est devenu jusqu'au Game of Thrones, comment on dit, le trône de
04:51fer ?
04:52Oui.
04:53Voilà, jusqu'au trône de fer, où là, ça a totalement explosé.
04:56Mais c'est vrai que cet univers-là, il était totalement absent de la culture, en général.
05:02Apparemment, votre père vous a transmis la musique, le goût de la musique, et votre mère, le goût de la
05:05danse.
05:06C'est-à-dire que tous les week-ends, il écoutait du Bach, du Beethoven, du Tchaikovsky,
05:11et tous les grands maîtres, un peu comme ça, de l'époque, de ces siècles anciens.
05:16Et c'est vrai que, je crois, ça m'a imprimé, malgré moi, oui.
05:20Par défaut, je me suis imprimé de plein de choses.
05:22Moi, j'étais fan de Led Zeppelin et Black Sabbath, tous ces groupes-là.
05:26Mais le mélange des deux, il y a une passerelle entre les deux, justement.
05:31C'est la beauté des mélodies, qu'on ne trouve pas dans le rock, mais dans le hard rock.
05:37Et les belles voix.
05:39Pour moi, il y a une vraie passerelle entre la musique classique et le métal symphonique,
05:42et tous ces univers, il y a cette même force, c'est le côté dramatique, comme ça.
05:46Un mot sur l'année 97, le Vatican vous a demandé de composer « I believe »
05:53pour l'avenue du pape Jean-Paul II à Paris.
05:56Le titre sera interprété par Andrea Bocelli et Didi Bocelli, quand même,
06:00devant près de 900 000 personnes.
06:03Quand on vous a fait cette demande, comment vous avez réagi ?
06:06En fait, la demande, elle est arrivée par Mium Chung, c'était un maestro coréen, vous savez.
06:10Le genre d'ici, ils sont bouqués cinq ans à l'avance.
06:14Et en fait, lui, il était responsable du programme musical du Vatican.
06:18Ils avaient lancé une espèce d'appel d'offres.
06:20Ils voulaient une musique originale pour les JMJ, les Journées Mondiales de la Jeunesse.
06:25Donc un événement en cas de tous les quatre ans, comme les Jeux Olympiques, vous voyez,
06:28et toutes les jeunesses catholiques du monde.
06:32Et je crois qu'il y avait un peu les habitués de ce genre d'appel d'offres.
06:38C'est vrai que Jean-Michel Jarre, Rastig, plein de gens anguillistes.
06:41Et je crois que ça n'allait pas trop lui plaire.
06:46Et c'est par hasard, ce qu'on m'a dit, c'était qu'il avait un de ses fils
06:51qui avait écouté Héra,
06:52dans sa chambre, et il a dit « c'est quoi cette musique ? »
06:55Et c'est comme ça qu'il m'a contacté, enfin via Universal.
06:59Et là, on m'a demandé.
07:00Et ça, c'est génial dans la musique, parce qu'on passe de Black Sabbath à...
07:05Et donc j'ai rencontré le cardinal Lustigé, surtout, c'est un personnage...
07:08Ça, je crois que ce qui m'a marqué le plus dans cet événement,
07:12c'est la rencontre avec le cardinal Lustigé.
07:14Je ne sais pas si vous voyez qui c'est, il est décédé aujourd'hui.
07:19Et c'était vraiment intéressant.
07:23Donc, parce qu'il voulait justement parler des paroles,
07:25il voulait vérifier que le texte...
07:28Et après, je peux vous raconter une anecdote, si j'ai le temps,
07:30une anecdote toute courte.
07:32Mais quand j'avais dit à mon père, tiens, je vais rencontrer le cardinal Lustigé,
07:35il m'a dit « enfin, absolument que tu me dises... »
07:37J'ai entendu parler dans...
07:38Vous savez, parce que le cardinal, il était prêtre catholique,
07:41et pendant la Deuxième Guerre mondiale, il était en fait un curé, un prêtre dans le 15e,
07:51et il avait sympathisé avec ma grand-mère.
07:53Ils voyaient très souvent une espèce de relation, comme ça, amicale, mais assez tenue.
07:59Et mon père m'a dit « il faut que tu lui parles de ta grand-mère, qui connaissait très
08:03bien. »
08:05Bien sûr, je vais là-bas, je n'en parle pas, évidemment.
08:08Et puis, au moment où...
08:10Le rendez-vous était plutôt sympathique,
08:14on l'a bien accroché, il était plutôt à l'aise, j'étais à l'aise avec lui.
08:17Il me ramène gentiment à l'entrée de son appartement,
08:24et là, dans l'entrée, je lui ai dit « je vais vous poser une question personnelle.
08:28Vous connaissez Madame Maurice ? »
08:30Et là, je le vois, il est complètement...
08:32Une espèce d'arrêt, comme ça.
08:34Il est presque pas blanc, mais il a eu un choc, vous voyez.
08:37Il a eu.
08:38Il dit « mais comment ce gars-là ? »
08:39Il dit « vous connaissez Madame Maurice ? »
08:41Et je lui ai dit « oui, oui, c'est ma grand-mère. »
08:42Et là, j'aime bien ce genre de petite histoire,
08:44parce que pour moi, c'est comme vous savez,
08:45quand il y a une espèce de truc qui boucle le cercle.
08:49La boucle est bouquée.
08:50Voilà, j'ai trouvé ça plutôt amusant.
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