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Avec Josiane Balasko, actrice, scénariste, réalisatrice, pour son livre Le dernier sanctuaire (éd Calmann Lévy). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-01-juin-2026-9522531
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00:00France Inter
00:03La grande matinale
00:07Sonia de Villers
00:08Josiane Balasco, 50 ans de carrière au compteur, début fracassant dans la troupe du Splendide.
00:14Les comédies cultes qui s'enchaînent, Père Noël et autres bronzés.
00:18Trois Césars comme actrices mais aussi scénaristes pour Gazon Meudi.
00:21Un premier Molière décroché cette année après le succès d'une pièce sur la violence conjugale jouée avec sa fille.
00:28Ça la fait marrer à 76 balais.
00:31Là, elle publie un roman, le genre qu'on va dévorer cet été.
00:34Il y a question de patrouilles surarmées, de protecteurs de la nature entrés en clandestinité,
00:39d'une louve génétiquement modifiée, d'une jeune fille qui devra choisir entre son père et sa mère,
00:45et d'une vieille sorcière indienne.
00:47On lit cette histoire et on se dit que Josiane Balasco cache un imaginaire qu'on ne soupçonnait pas.
00:53Portrait numéro 149.
00:57Bonjour Josiane Balasco.
00:59Bonjour.
01:00Alors, le dernier sanctuaire paraît chez Calman Lévy.
01:03Il y a des loups sur la couverture.
01:06Vous, vous êtes venu avec des ours accrochés autour du cou.
01:09Des ours, oui, un collier indien.
01:10Un collier indien, voilà.
01:11Je précise que demain soir, pour ceux qui sont à Paris,
01:14vous allez faire une lecture musicale de votre roman,
01:17en tout cas d'extrait de votre roman, au Théâtre du Splendide.
01:21Avec Nicolas Repac qui va m'accompagner.
01:24Voilà, joli clin d'œil à vos débuts.
01:27On va ouvrir ce livre et on va le feuilleter dans l'ordre.
01:29Qui est Yolanda Aguilar ?
01:32Yolanda Aguilar, c'est la sœur de mon mari.
01:35C'est une native américaine, enfin c'était puisqu'elle est décédée récemment,
01:40une native américaine, Yaki et Apache.
01:44Et quand je dis dans la préface qu'elle s'est battue toute sa vie,
01:47elle s'est battue toute sa vie comme beaucoup de mères le font.
01:49Une de ses filles a disparu, lui laissant deux enfants en bas âge sur les bras,
01:53qu'elle a élevés, donc c'est quelqu'un qui...
01:55Elle, elle vivait en France ?
01:56Non, elle vivait aux Etats-Unis, donc elle s'est occupée de ses petits-enfants,
02:00elle les a élevés comme sa mère, elle s'occupait de sa mère qui était atteinte d'Alzheimer.
02:04C'est quelqu'un qui s'est battue avec très peu de moyens,
02:07donc j'ai voulu lui rendre hommage.
02:08George Aguilar, votre mari, acteur américain d'origine amérindienne,
02:13c'est ce lien-là qui vous a fait implanter le dernier des sanctuaires
02:17dans une sorte de Louisiane fantasmée ?
02:21C'est-à-dire que moi j'ai eu l'idée de ce roman
02:23pendant le premier mandat de Trump,
02:26quand il a fait son premier décret autorisant les chasseurs
02:29à tuer les ours en hibernation
02:32pendant la période d'hibernation dans leur tanière.
02:34J'ai trouvé ça, déjà c'était l'origine du mal de Trump.
02:38Et je me suis dit, qu'est-ce qui se passerait dans un État
02:41où toute protection de l'environnement, de la nature, serait totalement réprimée ?
02:49Et effectivement, quand je me suis dit, où ça se passe ?
02:51J'ai pensé aux États-Unis,
02:53mais à la fois je n'avais pas envie de faire parler français
02:55des gens qui s'en sont parlés anglais.
02:58Et je me suis rendu compte que Napoléon a vendu la Louisiane
03:02pour faire la guerre aux Anglais,
03:06et que la Louisiane, liée à la Nouvelle-France, c'est-à-dire le Québec,
03:10faisait 12 millions de kilomètres carrés.
03:12Donc c'était un territoire beaucoup plus grand que les États-Unis actuels.
03:16Donc ça se passe.
03:16Donc vous inventez une réserve naturelle, des ours, une vieille indienne.
03:20Une république de Louisiane.
03:21Voilà.
03:21Un peuple qui se bat pour préserver ce que les technologies
03:25et la pas du profit pourraient faire disparaître complètement.
03:28En fait, c'est vraiment un roman sur le rapport au vivant.
03:30Et la vieille indienne apporte la magie et la sagesse.
04:10Et puis il y a une seconde dédicace,
04:12Josiane Balasco, à votre frère, Pierre.
04:16Pourquoi ?
04:18Pierre qui est aussi disparu.
04:19C'était mon frère, 17 ans, mon aîné.
04:21Donc on n'a pas vraiment été élevés ensemble.
04:23Mais il m'a donné ses livres quand j'étais petite.
04:26Donc j'ai eu toute la bibliothèque verte.
04:28Et c'est aussi grâce à lui, dans un sens,
04:31que j'ai pu assez vite me plonger dans un univers
04:35qui était plutôt un univers de garçons,
04:36qui était l'univers des romans d'aventure,
04:39de Jack London, de James Olivier Curwoon.
04:42Et il y avait aussi les Jules Verne.
04:45Les plus difficiles à lire.
04:46Parce que là, de la Terre à la Lune,
04:47c'était vraiment un peu compliqué pour une fille de 9-10 ans.
04:50Mais c'est vrai que c'était des lectures de garçons.
04:52Pour votre génération,
04:54les bibliothèques roses et les livres qu'on donnait aux petites filles,
04:57elles n'ouvraient pas l'imaginaire aussi loin.
04:59Elle s'était priée de rester à la maison.
05:01C'était plutôt les comtesses de Ségur.
05:04Donc moi, j'avais la bibliothèque rose aussi.
05:06J'avais le club des seins et les trucs comme ça.
05:08Donc c'est là que s'est venu l'envie d'aventure,
05:11le grand froid, le grand nord.
05:13Et puis aussi l'amour des animaux.
05:15Parce que dans ces bouquins, on parle beaucoup d'animaux.
05:18On parle beaucoup d'animaux libres
05:19ou au contraire emprisonnés.
05:21Mais on en parle beaucoup.
05:22Et alors, ce grand frère de 17 ans, votre aîné, Pierre,
05:26à qui vous dédiez aussi ce livre,
05:30lui, il est né en France ou il est né en Yougoslavie ?
05:32Non, non, il est né en France.
05:35Et il était astrophysicien.
05:37Donc moi, j'étais nulle en mathématiques.
05:38Et lui était vraiment quelqu'un d'extrêmement doué.
05:42Et je sais qu'il ne m'a pas pu me donner des conseils pour ce bouquin.
05:48Mais il m'en aurait donné certainement.
05:49Pourquoi ? Parce que c'était ça, son rôle ?
05:52Parce qu'il connaissait tout.
05:53Il avait un savoir encyclopédique.
05:55Donc voilà.
05:56Alors, écoutez un peu de Jack London.
05:58Ça va vous rappeler des souvenirs.
06:02En bas, la rivière du Yukon.
06:05Prisonnière de la glace.
06:07Et sur cette glace, de la neige.
06:11On entend un retour de costume sur le remet
06:14qu'il faisait rire à l'enfant.
06:18À ses côtés, un chien trottiné.
06:22Un gros chien de traîneau.
06:24Alors, grise.
06:27Le chien ignorait tout des thermomètres.
06:29Mais il savait que ce n'était pas un temps pour voyager.
06:33L'animal sentait le danger.
06:37Donc, c'est ce qu'on retrouve dans le dernier sanctuaire.
06:40Il y a les chercheurs d'or.
06:41Mais il y a aussi des villes comme ça, de chercheurs d'or.
06:45Mais moi, je recycle un peu tout.
06:47Donc, la ville de chercheurs d'or que je me situe dans mon film.
06:51J'y suis allé tourner un film au Venezuela.
06:54C'était une ville d'anciens chercheurs d'or.
06:56Il n'y avait même pas de nom.
06:58C'était 1,88 km.
07:00Et le paysage avait été dévasté par le mercure.
07:04Et c'était un endroit où, du temps, il n'y avait plus d'or.
07:08Mais quand il y avait de l'or, il y avait 50 000 personnes, dont 10 000 prostituées.
07:12Donc, tout ça, ça m'a servi.
07:13Tout ça, moi, tout me sert.
07:16Tout vous sert, y compris une enfance ancrée en Ile-de-France,
07:20dans le bistrot de vos parents.
07:22Parce que là, on en est vraiment très, très loin.
07:24Eh bien, non, pas tant que ça.
07:26Parce qu'à un moment donné, il y a un des personnages qui...
07:28J'ai un copain qui m'a dit, on dirait que t'as fait l'armée.
07:30Mais pas du tout.
07:31Il y a un des personnages qui parle,
07:33la vie de château, c'est pourvu que ça dure.
07:35Et moi, je me souviens très bien que dans le bistrot de mes parents,
07:37t'avais un ancien légionnaire qui expliquait que la punition,
07:40une des punitions, c'était de faire des pompes sous le soleil
07:44en disant, la vie de château, pourvu que ça dure,
07:46la vie de château, pourvu que c'est beau.
07:48Voilà.
07:48Pour mon Dieu, que c'est beau.
07:51Et l'enjeu du dernier sanctuaire que vous racontez, Josiane Balasco,
07:55c'est replanter la terre de semences non génétiquement modifiées.
07:59Pourquoi ?
08:00Parce que maintenant, surtout aux Etats-Unis,
08:02où là, les mecs n'ont plus le droit.
08:04Ce que les gens ne savent pas, c'est que quand ils achètent leurs semences
08:06à la big agronomie, industrie agronomique et industrie,
08:11ils achètent des semences stériles.
08:13C'est-à-dire qu'elles font une floraison,
08:16ils s'en servent pour les revendre, pour nourrir les bêtes et tout,
08:20mais ils ne peuvent pas les replanter, elles sont stériles.
08:22Et ils n'ont pas le droit, ils n'ont aucun droit d'acheter d'autres semences.
08:27Donc, je me suis renseigné là-dessus.
08:29Il y a des semences qui s'appellent des semences terminators,
08:31c'est-à-dire celles qui sont les plus stériles des stériles.
08:33Tu les plantes, elles arrivent à stériliser tout ce qui est autour d'elles.
08:36Donc, je me suis dit, si l'intelligence humaine, dans toute sa connerie,
08:40arrive à créer des terminators,
08:42elle doit pouvoir créer des fertilators.
08:43Donc, des semences qui vont, au contraire, rendre fertiles même les terminators.
08:50Ça, comment dire, c'est une scène inouïe d'un film que j'avais adoré,
08:55qui s'appelait « Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes »
08:59dans lequel vous jouiez, mais alors c'était merveilleux.
09:01« Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes »
09:30Voilà, la scène avec les cœurs de l'armée rouge, c'est un très bon souvenir.
09:33Oui, c'est un très bon souvenir.
09:35On avait tourné une partie du film en Hongrie,
09:38et c'était dans des beaux décors avec des acteurs russes.
09:42Et par contre, les soldats de l'armée rouge étaient hongrois.
09:46Moi, je voudrais que vous me racontiez cette enfance,
09:50parce que vous êtes fille d'immigrés yougoslaves,
09:52c'était votre père.
09:54C'était votre père, c'était avant le bistrot de vos parents,
09:57il y a cette histoire, cette histoire d'immigration.
10:00Oui, de toute façon, on est tous plus ou moins des immigrants.
10:04Mon père, c'est vrai, est venu en France assez tôt,
10:07après avoir passé par l'Italie et tout ça,
10:09il parlait très bien le français, il parlait plusieurs langues,
10:11et puis il est devenu serveur dans un hôtel-restaurant-bistrot,
10:17plutôt tenu par un de mes parents de ma mère,
10:19et il est tombé amoureux.
10:21Ils sont tombés amoureux,
10:22mon grand-père n'était pas du tout d'accord pour qu'elle épouse un métèque,
10:25mais finalement, ça s'est fait.
10:27L'amour a triomphé.
10:28Un croate.
10:31Un croate, un goslav, ce n'était pas forcément en blanc-bleu.
10:34Voilà, donc ça s'est fait quand même.
10:36Donc l'amour a triomphé.
10:37Moi, c'est ça que je trouve très joli dans cette histoire,
10:40et vraiment intéressant,
10:41c'est-à-dire qu'une fille de bistrottier
10:43qui arrête assez vite l'école
10:45et qui devient actrice, pourquoi pas,
10:47mais une fille de bistrottier
10:48qui arrête assez vite l'école
10:49et qui se lance en littérature,
10:51en fait, ce n'est pas si courant que ça.
10:53Comment on fait pour franchir les cercles ?
10:55C'est naturel.
10:58Avant de vouloir écrire,
11:00d'abord je dessinais pour raconter des petites histoires,
11:02ensuite j'ai voulu faire...
11:04Vous dessinez ?
11:04Oui, je dessinais.
11:06J'ai voulu même être peintre.
11:09Dieu merci, je me suis rendu compte
11:11que je n'étais pas doué pour la couleur.
11:13Mais ensuite, j'ai voulu faire du théâtre
11:14et je suis arrivé dans les années 70,
11:17l'éclosion des cafés-théâtres,
11:18la contre-culture,
11:19tout le monde écrivait des sketchs,
11:20donc j'ai commencé à écrire des sketchs
11:22pour pouvoir jouer,
11:23pour pouvoir vivre de ce que j'avais envie de faire.
11:25Donc l'école de l'écriture,
11:26ça a été le café-théâtre ?
11:27Bien sûr, le café-théâtre
11:28et après les pièces...
11:29C'est-à-dire l'école de la lecture,
11:31c'est votre grand frère
11:31quand vous étiez petite.
11:32Donc c'est l'évasion du bistrot familial.
11:34Et vraiment l'écriture,
11:35c'est le café-théâtre,
11:37c'est-à-dire...
11:37C'est toujours pour des raisons pratiques,
11:40on va écrire,
11:41parce qu'on n'en a rien à jouer.
11:42Et le splendide aussi,
11:43on a écrit parce qu'il n'y avait pas de...
11:46disons, rien pour nous
11:47dans les pièces,
11:50dans tout ça,
11:50il fallait qu'on se crée des rôles.
11:51Et donc c'est une école de rôles,
11:53c'est une école de personnages,
11:55c'est une école de rythme,
11:56le café-théâtre,
11:57en termes d'écriture.
11:58En termes d'écriture,
12:00nous, on avait réussi
12:01à avoir notre propre salle
12:03en empruntant nos copains et tout,
12:04avec des sièges extrêmement...
12:05Très très mauvais,
12:06très très durs.
12:07C'était du béton,
12:07c'était épouvantable.
12:09Donc on avait intérêt,
12:10l'ermite se faisait serrer les gens
12:11à tout prix,
12:12sur ces bancs.
12:14Il y avait des trucs durs
12:15pour les fesses.
12:16Et on avait intérêt à être bancs
12:17parce que les gens,
12:18sinon, ils partaient
12:19tellement ils étaient mal assis.
12:20Donc ça aide
12:21d'avoir des sièges durs.
12:22Donc il fallait les tenir.
12:23Il fallait les tenir.
12:24Oui, c'est ça.
12:25Il fallait les tenir.
12:28Et ces personnages
12:29de votre enfance,
12:30vus...
12:31Parce que, par exemple,
12:33à ce micro,
12:34l'autre jour,
12:34il y avait Valérie Lemercier,
12:35qui, dans les personnages
12:37qu'elle recrée aujourd'hui
12:38dans ses spectacles,
12:39recrée des personnages
12:40de l'enfance
12:40et surtout a passé son enfance
12:42à observer ces adultes.
12:44Du point de vue,
12:46et François Damien
12:46se le racontait aussi,
12:47du point de vue de l'enfant,
12:49avec tout ce qu'ils ont
12:49de difformes,
12:51de drôles,
12:51de rigolos,
12:52sans jamais les juger.
12:52Vous, vous avez appris
12:54aussi ça au bistrot ?
12:55Ah oui, c'est vraiment
12:55au bistrot.
12:56C'était un défilé.
12:57Maintenant, il y en a moins
12:59des bistrots comme ça.
13:00Mais c'était vraiment
13:00un défilé de caractères,
13:02de personnages
13:02qui arrivaient.
13:03Et le patron,
13:04derrière, c'est comme
13:05le patron était comme
13:06sur la scène.
13:08Il accueillait les acteurs.
13:12Donc il y en avait...
13:12Moi, je me souviens très bien
13:13de Tourniquet,
13:14qui était un monsieur
13:15qu'on appelait Tourniquet
13:16parce qu'il avait
13:16une jambe de bois
13:17et quand il était bourré,
13:18il faisait des tours
13:18sur sa jambe de bois.
13:21Je me souviens d'un monsieur
13:22qui s'appelait Bébert aussi,
13:23qui était pilleur de tronc.
13:24Mais ça, on l'a su plus tard.
13:26Écoutez la voix
13:27de Tania Balassova.
13:29L'expérience m'a prouvé
13:32que les plus doués,
13:34en apparence,
13:36sont ceux qui ne restent pas
13:37dans ce métier.
13:38Ils n'en ont pas besoin.
13:40Ils ont une espèce
13:41de facilité dans la vie
13:43qui fait que le théâtre,
13:45eh bien, ça ne marche pas
13:46tout de suite.
13:46Ils vont faire autre chose.
13:48Alors que ne font du théâtre
13:51que ceux qui ne peuvent
13:52pas s'en passer.
13:54parce que c'est
13:55leur moyen de communication
13:57avec les autres.
14:00Tania, magnifique.
14:01Tania était un magnifique professeur.
14:03C'est mon professeur,
14:04pas qu'à moi d'ailleurs.
14:05Elle était professeur
14:06de beaucoup, beaucoup
14:06d'acteurs,
14:08comme Delphine Serig
14:09ou Laurent Terzièv.
14:10Donc, c'est elle
14:11qui avait créé à Paris
14:13Huit Clos de Sartre.
14:15C'était un excellent...
14:17J'ai eu la chance
14:17d'avoir ce professeur.
14:19Quand est-ce que Balascovitch
14:20est devenu Balasco ?
14:21Assez rapidement.
14:23Je crois assez rapidement
14:25parce que c'était...
14:26D'abord, ça s'écrit
14:27Balascovitch.
14:28C'est que ça ressemble
14:29à un nom de joueur
14:30de football.
14:31À l'époque,
14:32les joueurs de foot
14:33avec Urkovic,
14:34c'était plutôt des croates.
14:35C'est ça,
14:35c'est ce que j'allais dire.
14:36Et c'était des très grands
14:37joueurs de football.
14:37Très grands joueurs.
14:38Et vous n'aviez pas envie
14:40d'avoir un nom de joueur de foot ?
14:41Non, j'avais envie
14:41que mon nom s'en rappelle.
14:42Et surtout, maintenant,
14:43moi, quand j'utilise
14:44toujours mon nom
14:45pour commander un taxi
14:46ou tout ça,
14:46et les gens ne voudraient pas
14:47savoir que dès qu'ils entendent
14:48ce nom-là,
14:48c'est Blakowski.
14:49Ils n'arrivent pas.
14:50Il y a une syllabe
14:51qui n'arrivent pas.
14:52C'était trop compliqué.
14:54Et quitte à prendre
14:55un nom de scène,
14:56pourquoi pas changer Josiane
14:58puisque toutes les jeunes filles
14:59ont rêvé d'avoir,
15:00je ne sais pas,
15:01un prénom américain ?
15:02Ah, mais non,
15:02je détestais Josiane.
15:05Si, si,
15:06je me suis appelée
15:07pendant six mois,
15:08trois mois,
15:09même pas trois mois,
15:10Clémentine,
15:10qui est un nom ridicule
15:11pour moi.
15:12Clémentine Balascovitch.
15:13Clémentine, pour moi,
15:13ça ne m'allait pas du tout.
15:15Donc, je me rappelle,
15:16j'ai encore une carte
15:17où je marquais Clémentine.
15:19Et puis, bon,
15:20je me suis dit,
15:21Josiane, Josie,
15:22voilà,
15:22on m'appelle Josie.
15:23J'ai accepté,
15:24mais je me suis dit,
15:24maintenant,
15:25il faut que le nom
15:25soit plus connu
15:26que le prénom.
15:27C'est fait, non ?
15:28Ça se fait.
15:30Vous venez d'avoir
15:31un Molière,
15:32Josiane Balascovitch,
15:33ça vous a bien fait rire.
15:34Vous avez fait rire
15:34tout le monde
15:34sur la scène des Molières
15:35en disant à 76 ans.
15:37Vous avez beaucoup de patience.
15:40Après l'énorme succès
15:41de la pièce
15:42que vous avez jouée
15:43pendant trois mois,
15:45ça c'est l'amour.
15:45avec Marie Loubéry,
15:47votre fille,
15:48que vous allez reprendre
15:50au Bouffe Parisienne
15:52pendant quatre mois
15:53parce que la salle
15:54était con.
15:54En janvier 27, oui.
15:56Pièce sur les violences
15:58conjugales.
15:59Très belle pièce.
16:00Très belle pièce.
16:01Une espèce de mélange
16:03très surprenant
16:04de comédie
16:06et de drame.
16:07Parce que ça glisse
16:07lentement vers le drame.
16:08Bien sûr,
16:09c'était une rencontre
16:11avec Jean-Robert Charrier
16:12entre nous trois.
16:15On a eu envie
16:16de travailler avec lui.
16:17On lui a dit
16:17on a envie
16:17que tu nous trouves
16:18une pièce
16:19ma fille et moi
16:20mais qui ne soit pas
16:21une de la comédie.
16:22On a envie.
16:23Parce que vous aviez
16:24envie de travailler
16:24toutes les deux.
16:25Voilà.
16:25Et lui n'a pas trouvé
16:26mais par contre
16:27de nous,
16:27il nous aime.
16:28On a la chance
16:29d'avoir un directeur
16:31de théâtre
16:31qui nous aime
16:32et ça lui a donné
16:33envie d'écrire
16:33quelque chose pour nous
16:35et il a écrit
16:35ce qu'il n'avait jamais écrit
16:36c'est-à-dire
16:37ses souvenirs d'enfance
16:38puisque la pièce
16:40est en partie inspirée
16:41de ce qu'il a vécu enfant.
16:42Du couple de ses parents ?
16:44Voilà.
16:44Vu de ?
16:45Vu du point de vue
16:46d'un petit garçon.
16:47D'un petit garçon.
16:48Vous aviez envie
16:48de rendre hommage
16:49à deux autres livres
16:50qui ne sont pas le vôtre.
16:51Oui.
16:51Le dernier sanctuaire
16:52qui paraît chez Calmal Nevy
16:53et sur lequel tout le monde
16:54va se ruer cet été.
16:56Lesquels ?
16:56Eh bien écoutez
16:57j'ai un livre
16:58qui s'appelle
16:58Le cas Prévert
16:59d'Ariel Buteau
17:00qui est un très joli livre.
17:02Si vous connaissez Prévert
17:03vous allez vous régaler
17:04si vous ne le connaissez pas
17:05vous allez le découvrir.
17:06Et un autre
17:07qui est aux éditions
17:08La Meute
17:08qui est des toutes petites éditions
17:10féministes
17:11de Anna Marguerita
17:12qui s'appelle
17:14Il faut que la honte
17:15change de camp.
17:17Et c'est la relation
17:19du procès
17:20de Pellicot.
17:22Et c'est aussi
17:23extrêmement intéressant.
17:24Merci Josiane Balasco.
17:26Merci à vous.
17:26Le dernier sanctuaire
17:27paraît donc
17:28chez Calmal Nevy.
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