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  • il y a 2 heures
Ils n'en sont pas à leur première voix, ni l'un ni l'autre. On l'a entendue elle dans Les Indestructibles 2 et L'Attaque des Titans, lui dans Toy Story 4 et Monstres Academy. Louane et Jamel Debbouze, tous deux parents, ont le goût du cinéma d'animation et de la liberté que permet l'incarnation d'un personnage d'un autre âge que le sien, voire d'un monstre excentrique... Pour Louane, la vraie liberté est celle de se libérer de son apparence, qu'on nous renvoie toujours au visage quand on est acteur, pour n'être plus qu'une voix, une personnalité, une histoire.

La sortie du film d'animation "La Fille dans les nuages" de Philippe Riche, en salle le 22 juillet, marque la première collaboration des deux artistes. Louane incarne Providence, une jeune fille de 11 ans, et Jamel, Airbag, son cochon d'Inde. Une plume magique qui a le pouvoir de transformer tout ce que l'on écrit en réalité marque le début d'une grande aventure, récit initiatique qui leur apportera nombre de rencontres.

La poésie n'est jamais loin dans ce film qui embrasse le pouvoir de l'imaginaire. Les clins d'œil aux classiques sont nombreux, Providence qui rétrécit comme Alice chez Lewis Carroll, et les spectateurs auront droit en prime à une chanson inédite de Louane pour le film, avec la voix de Jamel Debbouze qui fait peut-être irruption...

"La Fille dans les nuages", un film de Philippe Riche en salle le 22 juillet.

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Transcription
00:00Bonjour Louane, bonjour Jamel Debouze, on est très heureux de vous recevoir sur France Inter
00:05pour le film d'animation La fille dans les nuages de Philippe Riche qui sort mercredi prochain en salle
00:10et dans lequel vous incarnez les deux héros.
00:13Donc Louane, vous êtes Providence, une petite parisienne de 11 ans qui part avec son cochon d'Inde, Airbag,
00:20vous Jamel Debouze, pour un grand voyage où ils tenteront de sauver le monde armé d'une plume magique
00:29qui rend réel tout ce qu'elle écrit.
00:32Alors peut-être, première question, qu'est-ce qui vous a plu et envie de participer à cette aventure ?
00:39Alors moi, quand j'ai reçu le dossier, ce qui m'a vraiment frappée, c'est le fait que ce
00:45soit un film
00:45sur lequel il y a énormément de valeurs communes avec ce que moi je ressens.
00:51Et ce qui est assez dingue, c'est que c'est assez large.
00:53C'est-à-dire qu'il y a cette idée que le rêve et l'imagination, c'est quelque chose
00:58à gratifier et à pousser vers le haut,
01:00ce qui est un peu en marge de la société actuelle dans laquelle on vit.
01:04Il y a aussi ce truc de l'écoute des enfants qui est hyper importante.
01:08Face à ça, il y a aussi le fait qu'avoir du pouvoir, c'est extraordinaire, mais qu'il faut
01:12faire hyper attention
01:13avec ce pouvoir-là et que chaque acte a ses conséquences et que c'est hyper important.
01:18Et à côté de ça, il y a aussi tout l'aspect de protection du monde et de la Terre
01:26qui est hyper importante dans le film.
01:27Donc c'est beaucoup de valeurs différentes, mais qui à l'écran sont à la fois et évidentes et légères
01:33et hyper marquantes.
01:35Ça réunit à peu près tout ce qui vous intéresse.
01:38Comment ça s'est passé ? Vous avez reçu un scénario, vous avez vu des images, un dossier.
01:43Qu'est-ce qu'il y avait dans ce dossier, Jamel ?
01:45J'ai pas reçu le même dossier que toi.
01:47Ah ouais ?
01:48J'ai reçu un dossier de... ça n'a rien à voir.
01:51De la préfecture.
01:52Ah, merde !
01:55Non mais, ce qui m'a vraiment touché...
01:59Je sais pas si... parce qu'on l'entraie pas.
02:01Je fais pleurer de rire.
02:02On n'a pas le même... on n'est pas sur le même projet.
02:04On parle de quoi alors ?
02:05La deuxième fois que t'as été cochon d'orne dans ton pays.
02:07Ah putain, merci, excuse-moi, non, parce que j'étais dans un autre...
02:10J'ai eu un cochon d'orne si tu veux quand j'étais petite.
02:12Moi aussi.
02:13Il s'appelait comment ?
02:14Camembert.
02:14Il s'appelait Alfred.
02:16Incroyable.
02:16Alfred et Camembert, c'est pas mal.
02:18Un point commun.
02:19Moi, j'ai beaucoup aimé l'animation.
02:21J'ai trouvé que c'était beau, que c'était joli, que c'était assez ambitieux pour un studio français.
02:27Je me suis un peu renseigné sur le studio derrière et je me suis rendu compte qu'ils faisaient des
02:30très belles choses,
02:31mais que c'était la chose la plus ambitieuse qu'ils s'apprêtaient à faire, qu'ils ont faite.
02:35Et les valeurs, effectivement, j'ai rejoint Alouan Amor là-dessus.
02:38J'aime beaucoup l'idée qu'on pousse un enfant à rêver, qu'il doit continuer à le faire, que
02:43c'est sa fonction première.
02:45J'aime beaucoup l'idée de l'amitié sans faille entre cette petite fille et ce cochon dinde.
02:51Ce truc où tu vois ton copain ou ta copine faire n'importe quoi, tu la sues quand même parce
02:55qu'elle fait n'importe quoi.
02:56Et puis finalement, vous finissez par faire tous les deux n'importe quoi.
02:59Et ce qui est génial, c'est quand on s'en sort à la fin et qu'on en sort
03:02grandi.
03:04Il faut voir ce film parce que je pense qu'aujourd'hui, on nous sert à la télévision toutes sortes
03:12de choses assez anxiogènes.
03:13Et là, c'est le pendant de ce qu'on nous sert matin, midi et soir.
03:18C'est vraiment une ode à la rêverie.
03:22Vous formez en effet un duo extrêmement attachant tous les deux.
03:26Donc vous en petite parisienne et vous en cochon dinde, Jamel.
03:31Ça me va bien.
03:33Quand il a fallu leur donner de la voix à ces personnages, qu'est-ce que vous aviez envie de
03:39leur insuffler comme énergie et comme couleur ?
03:44C'est-à-dire que moi, ce n'était pas simple. Il fallait qu'elle ait une voix d'enfant.
03:48Je n'ai pas particulièrement une voix d'enfant.
03:49Tu ne t'entends pas souvent.
03:51Tu as une voix d'enfant, sa race.
03:53Laisse tomber.
03:55Je n'ai pas une voix d'enfant.
03:58En plus, je t'en veux de ouf parce que j'ai tellement taffé.
04:01J'ai taffé tellement fort que quand mon mari a vu le film avec ma fille, il me dit que
04:07c'est toi-là.
04:08Il ne t'a pas reconnu ?
04:09Mais oui !
04:10Parce que j'ai bossé pour avoir une autre petite fille.
04:12Évidemment, ce n'est pas ta voix, c'est sûr.
04:14Mais dans la vie, tu as quelque chose d'assez enfantin.
04:16Tu vois, qu'elle soit dans le visage, dans la voix.
04:18D'ailleurs, c'est ce qu'on adore chez toi.
04:20Je n'ai pas une voix d'enfant.
04:20Non, moi, je ne me prononce pas.
04:22Ce n'est pas une voix d'enfant.
04:26Tu as un truc doux, cristallin.
04:29Un peu à la Michael Jackson.
04:31Qui ?
04:32Non, mais il y a une fraîcheur en effet.
04:36C'est grave drôle.
04:38Vous laissez tout ce que j'ai dit.
04:40Je le pense.
04:41Voilà, je le pense.
04:44Alors, donc, l'héroïne, Providence, Voulouane, elle est fan de...
04:50Voilà, tu as déstabilisé complètement un journaliste.
04:52Là, tu l'as déstabilisé, ça se voit.
04:54Ça se voit, elle commence à dire n'importe quoi.
04:56Tu m'entends ?
04:58Mais non, mon interview est très construite.
05:00Ne vous inquiétez pas, je le sais parfaitement où on va.
05:02Le film est génial.
05:04Allez le voir, il est vraiment trop cool.
05:05Et on rigole bien.
05:07Vraiment.
05:08Est-ce que c'est la première fois que vous faites quelque chose tous les deux ?
05:10Oui, mais on s'est déjà vus plusieurs fois.
05:13Et je crois que je peux dire qu'on s'est toujours bien aimés.
05:16Donc vous étiez un peu copains et enchantés à l'idée de travailler ensemble.
05:19Ah bah, trop contente.
05:20Ouais, moi, admiratif depuis toujours avec ma famille.
05:24Et me retrouver avec elle là, c'est un vrai kiff.
05:27Alors, vous le disiez tous les deux, c'est une ode à l'imaginaire, c'est une ode à la
05:31lecture aussi.
05:32C'est un film qui, quelque part, donne raison aux enfants.
05:37L'héroïne, Providence, elle ne se sent pas assez écoutée.
05:40Est-ce que vous avez le sentiment, l'un et l'autre, qu'on écoute assez les enfants aujourd'hui
05:45?
05:46Vous êtes parents tous les deux.
05:47Qu'est-ce que vous ressentez par rapport à ce qu'elle ressent cette petite fille ?
05:51Et vous, ce que vous essayez d'inculquer à vos enfants ?
05:56Je pense que ça fait partie des raisons de ce pourquoi j'ai accepté le film aussi.
06:01J'ai la sensation, en tout cas, dans ma génération, entre que...
06:03Berlin ?
06:04Bah oui, et je ne sais pas toi ce que tu en penses, mais c'est compliqué.
06:09Moi, ça me fait hyper peur.
06:10J'ai hyper peur qu'elle ait envie de faire la même chose que moi.
06:13Mais en même temps, si elle en a envie, je serais qui pour l'en empêcher ?
06:17Personne ne m'en a empêché.
06:18En revanche, il y aura deux, trois petites règles, quoi.
06:20Elle attendra d'être majeure, d'être sûre de ce qu'elle veut, tu vois ?
06:24On va mettre des petites bases.
06:26Mais si elle a envie de...
06:27Enfin, en plus, c'est horrible.
06:29Hier, ma fille, elle a vu le film hier, ok ?
06:32Elle a kiffé.
06:33Ouais, elle a trop kiffé.
06:33Elle a quel âge, votre fille ?
06:34Elle a six ans.
06:35Et à la fin du film, elle me regarde et me fait, maman, j'adore Providence, je veux être Providence.
06:39C'est trop cool.
06:40Et moi, j'étais trop contente.
06:41Et après, on discute un peu plus tard.
06:42Et elle me regarde et elle me fait, mais tu vois, je veux être comme toi.
06:46Je veux être actrice et chanteuse.
06:47Et c'est la première fois, première fois qu'elle me dit ça.
06:50Qu'elle formule, ouais.
06:51Qu'elle formule, ouais.
06:51Qu'elle formule, ouais.
06:53C'est ce que je lui ai répondu.
06:55C'est ce que je lui ai répondu.
06:56Je lui ai dit, t'es sûre, maîtresse, c'était bien comme choix.
07:00Non.
07:01Alors, non, mais je comprends complètement.
07:02Et en plus, il faut juste les accompagner.
07:04Moi, ça me fait trop peur.
07:05Comment vous faites, vous, avec ça ?
07:08Alors, moi, avec ma femme, on a cette chance incroyable, c'est de communiquer beaucoup
07:13et de se poser souvent cette question.
07:17de leur bien-être.
07:18Et on a trouvé un super compromis qui est extraordinaire.
07:21Alors, ils n'ont pas choisi de faire le même métier que moi, mais malgré tout,
07:25c'est des métiers assez compliqués à aller chercher.
07:28Ma fille, elle veut être Louane dans la vie.
07:30Ça me va, je peux lui donner des types.
07:32Je te jure, elle veut être Louane, elle veut être comédie musicaleuse.
07:35Elle veut chanter et danser.
07:37Elle a quel âge ?
07:37Je ne t'ai pas.
07:38Elle a 13 ans, si tu danses.
07:3913 ans.
07:39Je n'ai jamais dansé de ma vie.
07:40Si, je t'ai vu quand tu fais des trucs comme ça, comme un peu, tu danses.
07:43Je ne t'ai pas.
07:43Bon, en tout cas, tu chantes.
07:44Beaucoup.
07:47D'ailleurs, tu danses, tu ne sais pas que tu danses.
07:48En tout cas, ce que j'ai trouvé cool comme compromis, c'est de leur offrir la possibilité
07:53d'aller dans une école d'artistes.
07:56Ils sont à l'école Rognoni.
07:57Ah, moi aussi, j'y étais quand j'étais petite.
07:59Ah, voilà, tu vois.
08:01Alors, ça vous a fait du bien ?
08:02C'est une chance extraordinaire, je pense.
08:05C'est quoi ?
08:06C'est une école à mi-temps, publique, dans la rue du Cardinal Lemoyle, un tout
08:14petit collège où les enfants vont soit à l'école le matin, soit à l'école l'après-midi.
08:19Et ce qui est très intéressant, c'est que c'est très mixe socialement parce que c'est
08:23des enfants qui viennent de partout et qui ont chacun une passion.
08:27Oui, une passion.
08:28Une passion.
08:28Qui devient un talent.
08:29Qui peut être de la musique, de la danse, du théâtre, plein de choses différentes,
08:34du sport.
08:34C'est génial.
08:35Oui.
08:35Mon fils, il a décidé de faire du foot et ma fille a décidé de chanter et de danser.
08:40Et on les accompagne là.
08:41Et pour autant, il y a une espèce de cadre scolaire quand même.
08:44Elle vient de passer son brevet hier.
08:46Aujourd'hui, c'est son dernier jour.
08:49Léon, c'était avant-hier, le bac.
08:51Donc, il y a cette espèce de cadre scolaire auquel on n'a pas envie de déroger.
08:55Mais surtout, cette liberté.
08:58Ça a été mort.
08:59Oui, donc vous accueillez.
09:00Rognoni.
09:01Et c'est une école, merci d'en parler, parce que c'est une école qui souffre un petit
09:04peu.
09:04C'est un des rares modèles comme ça en France, public, gratuit.
09:08Et il faut encourager cet établissement parce que bon nombre d'enfants sortent de là
09:13extrêmement épanouis.
09:15Parce qu'on leur permet de rêver.
09:17Oui, et qu'ils choisissent d'embrasser des carrières artistiques ou pas d'ailleurs.
09:20Parce qu'il y a la question de la formation artistique comme développement personnel
09:26d'un enfant.
09:27Au-delà d'une professionnalisation ou d'une ambition.
09:30Et à aucun moment, ce n'est pas le sujet du film.
09:32Au contraire.
09:33Bien sûr.
09:33Merci Loan.
09:34D'autant que ce que vont chercher, en plus de l'épanouissement, les enfants dans cette
09:39école, ce qu'ils trouvent, c'est la confiance en eux.
09:42Ce qu'on finit par trouver.
09:42Ce qu'on finit par trouver.
09:44Confidence, absolument.
09:45Confidence, à la fin, elle est complètement elle.
09:47Elle a fait le tour d'elle-même.
09:49Elle est centrée.
09:51Elle s'aime et elle va foncer.
09:53Et les enfants, c'est ça qu'il faut leur permettre d'acquérir.
09:56C'est une espèce de confiance en eux et de leur permettre de s'aimer.
10:00Pour ça, il faut qu'ils rêvent.
10:02Tu as compris le système ?
10:03J'ai compris le système.
10:04C'est pour aller vers soi-même.
10:06D'autant que vous voulez tout ce système.
10:06Moi-même, vous prêtez souvent votre voix, tous les deux, à des films d'élimination.
10:15Qu'est-ce qui vous plaît dans le fait de créer, d'inventer des personnages ?
10:18C'est cette liberté absolue ?
10:20Oui.
10:21Moi, en tout cas, c'est ça.
10:22C'est ce truc de...
10:26Il n'y a pas de caméra.
10:28Aujourd'hui, on est dans...
10:29C'est con.
10:30C'est con.
10:31Vraiment, c'est con.
10:31Et c'est hyper auto-centré.
10:33Mais aujourd'hui, on est dans une société qui nous a tellement appris à être auto-centré
10:39et centré sur nos corps et sur le regard de l'autre et sur notre image.
10:43Et sûr, qu'aujourd'hui, moi, je sais, malheureusement, et c'est horrible de dire ça comme ça,
10:47que quand je vais jouer dans un film ou dans une série ou quand je vais tourner un clip
10:50ou quand il y a une image de moi, malheureusement, je ne vais pas être complètement à l'aise avec
10:56mon corps
10:56avec comment est-ce que ça va être retranscrit, avec chaque petit détail de ma peau, de mes bras,
11:04de comment je me sens.
11:05Et en fait, ça n'existe pas dans le doublage.
11:07Donc, moi, c'est une de mes grandes passions, le doublage.
11:09Depuis le premier que j'ai fait, je m'en rappellerai toute ma vie, c'est devenu tout de suite
11:14une grande passion
11:14parce qu'il y a là-bas une liberté de jeu que je trouve nulle part ailleurs.
11:19Nulle part ailleurs.
11:20Parce qu'effectivement, il n'y a pas de caméra, mais parce qu'aussi, on est sur de l'image.
11:26Parfois terminé, parfois pas.
11:29Particulièrement quand on est sur des studios français.
11:30C'est ça qui est aussi absolument génial dans la possibilité de créer bien au départ d'un projet
11:38dans un studio français.
11:41C'est qu'en fait...
11:42On espère, oui.
11:44C'est les auditeurs de France Inter.
11:46Nice to meet you.
11:47...
11:47...
11:48...
11:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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