- il y a 9 heures
Le Grand Portrait de Mathilde Serell est Thomas Ngijol, humoriste, acteur et réalisateur. Il prête sa voix au film d’animation “Allah n’est pas obligé” de Zaven Najjar (en salles le 4 mars) Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-23-fevrier-2026-7709321
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00France Inter, la grande matinale, Mathilde Serrel.
00:06On l'a connu, sarcastique, avec le Jamel Comedy Club et les sketchs sur Canal+.
00:11Les années 2000 découvrent ce type de maison Alfort, à la voix un peu rentrée,
00:16qui pratique un cynisme aussi hilarant que décontracté.
00:20Les années 2010 valident, c'est deux futures comédies cultes,
00:24Casse Départ et Le Crocodile du Botsanga, avec l'ami Fabrice Eboué.
00:28Et après avoir fait rire la France endeuillée par les attentats de 2015,
00:32dans son second one-man show, c'est comme si les années 2020 avaient ouvert une boîte
00:37où l'attendait des réserves inexploitées de son talent.
00:40Réaliser un vrai polar au Cameroun, pays du père et des ancêtres,
00:44incarner la douceur et les fêlures d'un aide-soignant,
00:47dans l'excellente série Empathie de Florence Lompré,
00:50donner sa voix à un bonimenteur affectueux dans un long métrage d'animation sur les enfants soldats.
00:56Sans oublier d'écrire un film de flic, totalement, années 80.
01:00Alors comment s'est-il redécouvert Thomas N. Gijol et notre grand portrait numéro 94 ?
01:18Thomas N. Gijol, bonjour !
01:20Bonjour Mathilde !
01:21La première fois que vous avez vu un clip du rappeur Snoop Dogg à la télé,
01:24vous vous êtes dit que tout était possible.
01:26C'est vrai cette légende ?
01:27Un petit peu, parce qu'il a un physique qui me rappelle un peu le mien.
01:31Et c'est vrai que voir ce mec en plein milieu de son quartier envahir le monde entier à travers
01:37ce morceau,
01:38ça donne confiance, c'est une sorte de modèle qui donne de l'espoir.
01:42Alors vous aviez confiance, vous avez cru que tout était possible,
01:45et ce possible pour vous c'était comédien.
01:47Et alors là en revanche ça a été moins bien reçu.
01:50Quand vous en avez parlé, on vous a demandé si vous ne préfériez pas faire la manche directement ?
01:55Ça n'a pas été jusque-là, mais c'est vrai que d'un point de vue culturel,
01:59d'un point de vue d'éducation, ce n'est pas la chose qu'on raconte comme ça à ses
02:02parents,
02:03surtout à une figure comme mon père.
02:05Donc c'était un peu délicat avant de lui montrer qu'il y avait une essuie dans cette matière-là.
02:11Vous n'avez pas de PowerPoint à l'époque, mais vous avez dû présenter quand même un plan de carrière
02:15?
02:15Un petit peu, non mais c'est vrai en plus.
02:17En fait, c'est surtout que ça m'a motivé à aborder tout ça de façon ultra professionnelle.
02:22C'est-à-dire que je n'y allais pas pour l'amusement ou pour la légèreté et fuir un
02:26peu mes études.
02:27Non, j'y allais et il y avait quelque chose de carré dans ma tête.
02:29Est-ce que vous avez une petite pensée pour votre grand-mère ce matin qui vous a dit
02:33« Vas-y, fais ce que tu as à faire, ton père je m'en occupe ».
02:37J'ai presque envie de dire ce matin et quasiment tout le temps,
02:40parce que ma dernière fille a le nom de ma grand-mère, donc forcément elle est toujours avec nous.
02:45Vous êtes à l'affiche « Dalla n'est pas obligé », un film d'animation qui sort la semaine
02:50prochaine,
02:50adapté du roman de l'écrivain ivoirien Amadou Kouroumaï qui avait reçu le prix Renaudot,
02:55le prix Goncourt des lycéens entre autres en 2000.
02:58C'est l'histoire de Biryama, un jeune garçon guinéen qui se retrouve enrôlé comme enfant soldat
03:02dans les guerres civiles du Libéria et de la Sierra Leone.
03:05On est à la fin des années 90, lui aussi, sa grand-mère avait de grands espoirs pour lui
03:10lorsqu'elle le confie à Yacouba, marabout autoproclamé le plus grand d'Afrique,
03:15affabulateur charmeur, l'arron vénal que vous incarnez.
03:18Le réalisateur Zaven Neijar dit que vous lui avez donné beaucoup de pistes pour ce personnage.
03:22Qu'est-ce qui résonnait en vous chez ce Yacouba ?
03:26En fait, il est ambigu, on ne sait pas s'il est vraiment gentil ou il travaille pour sa poire.
03:31Et j'aime bien toujours ce petit côté ou pas trop manichéen,
03:35quand on ne sait pas trop sur quel pied jongler.
03:38C'est un peu ce qu'on m'a dit toute ma vie, de toute façon.
03:39Dès que je disais quelque chose de sérieux, on me disait « tu rigoles ? »
03:42Et quand j'étais pas sérieux, enfin quand j'étais justement sérieux ou pas,
03:47il y a toujours du lard ou du cochon, c'est l'expression qui résume un peu ma vie.
03:51D'accord. Il y a toujours du lard ou du cochon, ce sera sur votre pire tombale ?
03:55Bah ouais, pourquoi pas ?
03:57À la fin, à la fin, en toute fin, vraiment, en paro.
03:59D'accord. Alors c'est un film d'animation, il faut le dire,
04:02qui est extrêmement lumineux, extrêmement tendre, malgré l'horreur.
04:07On est plongé dans les mécaniques de la guerre civile
04:09et les trajectoires brisées des enfants soldats.
04:11Ils sont encore 300 000 aujourd'hui dans le monde, sur l'UNICEF.
04:15Qu'est-ce qui vous a amené à porter aussi ces sujets, Thomas Njigar ?
04:18Bah écoute, c'est simplement le fait de pouvoir jongler.
04:22En fait, c'est le plaisir de ce métier, c'est de jongler.
04:25De faire que des projets de ce genre-là, ça sera un peu anxiogène pour moi.
04:30Et de l'autre côté, de passer d'empathie à ce genre de sujet,
04:35je trouve que c'est aussi utile dans le sens où j'ai cette chance
04:40de pouvoir faire du divertissement, de la scène et tout.
04:43Et je trouve que de temps en temps, c'est bien, à travers notre art,
04:46de faire humblement passer des messages ou des informations.
04:48On écoute la voix du petit Biryama.
04:52D'abord, je m'appelle Biryama.
04:55J'ai 12 ans.
04:56J'ai peur de rien du tout.
04:58Je suis insolent comme la batte d'un bouc et parle comme un vrai salopard.
05:03Moi, je suis un enfant des rouges.
05:06J'allais plus à l'école parce qu'on disait qu'elle ne valait pas le paix d'une vieille
05:09grand-mère.
05:10Je suis qu'un gamin.
05:11Et normalement, un gamin poli, ça écoute.
05:14Le blabla, c'est pour les vieux.
05:16Je ne vais pas m'expliquer de vous parler comme ça parce que je suis maudit.
05:27Maintenant que je me suis présentée, je veux vraiment, vraiment vous raconter ma vie de merde de maudit.
05:33Écrivez tout et tout sur ma fucking life.
05:38Thomas Njijol, comment vous l'avez ressenti, vous, cette langue d'Amadou Kuroma qui a écrit
05:43« Allah n'est pas obligé en 2000 ».
05:45Elle est brutalement vraie.
05:49Elle est ancrée dans quelque chose de puissant parce que c'est effectivement, ça part quand même d'un constat
05:54assez alarmant.
05:56Ces guerres dont on n'entend pas, c'est tout d'en parler d'ailleurs chez nous.
06:00C'est là qu'on voit qu'on est quand même très préservé de plein de choses.
06:02Et en même temps, à travers la narration du petit Birayma, justement, il y a un côté beau.
06:09Et en même temps, c'est dramatique.
06:11Là, on a souri, mais il raconte un truc complètement fou.
06:13Et on est sous les balles.
06:15Et on a un gamin d'à peine 10 ans qui doit se défendre avec une kalachnikov et en tuer
06:20aussi.
06:21Sur son passage.
06:22Birayma, il cherche les mots justes dans le dictionnaire pour trouver sa vérité, pour raconter sa fucking life.
06:28Dans un tout autre contexte, quand vous, vous êtes mis à écrire votre premier spectacle, vers quoi vous êtes tourné
06:34pour trouver les mots justes ?
06:36C'était quoi vos rêves ?
06:37Mes rêves, moi, je faisais du théâtre et de l'impro à l'époque, assez classique.
06:43Et je m'ennuyais, en fait, surtout au théâtre, de raconter des histoires qui ne me touchaient pas, qui ne
06:47connectaient pas à ma vie,
06:49qui ne connectaient pas à mon entourage social et compagnie.
06:54Donc, du coup...
06:56Il vous faisait marrer, d'ailleurs, les mecs qui récitaient les grands textes ou des héros ?
07:00Je me sentais surtout seul.
07:02Donc, à un moment donné, j'ai choisi d'observer, de prendre la hauteur sur tout ce qui m'entourait.
07:06Et je trouvais qu'il y avait quelque chose de drôle.
07:09C'est là où j'ai commencé à rire un peu de mes douleurs, d'ailleurs, au final.
07:13Vous vouliez être instituteur au départ, c'était le plan ?
07:15C'est ça. Je faisais des études pour être institute.
07:17Je travaillais, j'étais éducateur dans une école et j'allais être institute parce que j'adorais ça.
07:22Et parce que les enfants m'ont aussi beaucoup donné, je ne sais pas, j'avais une impression de rendre
07:28quelque chose avec ce métier.
07:30Qu'est-ce qui dévie alors la trajectoire à ce moment-là ?
07:32C'est le timing.
07:33C'est que je me suis fait vraiment, comme je vous le disais avant, j'avais un truc très pro
07:37dans ma tête.
07:38Je me suis dit, écoute, au pire des cas, ça ne marche pas.
07:41Tu peux être encore institute, tu as l'âge, tu as l'énergie pour te, on va dire, réorienter.
07:45Mais dans dix ans, genre, t'arrêtes tout ça pour être comédien, ça ne marchera pas ou tu n'auras
07:49pas l'énergie.
07:50Donc, je faisais les deux en parallèle et jusqu'à mes premiers pas sur Canal+, j'étais encore entre
07:56les deux.
07:57Et puis, quand ça a commencé à payer, j'ai arrêté.
07:59Vous dites que votre père, quand vous l'avez annoncé, vous aviez déjà un frère qui faisait du rap.
08:03Vous avez descendu en dessous encore.
08:04Oui, j'étais en dessous le frère rappeur.
08:07Pour lui, c'était le déclassement absolu.
08:09Oui, j'ai un frère qui est maître de conférence.
08:12Donc, moi, je n'étais pas loin derrière lui à un moment.
08:15Et puis, à un moment, puis les années allaient, puis je dégradais.
08:18Et puis, voilà, là, j'étais dans le caniveau à ce moment-là quand je lui annonçais ça.
08:21Alors, vous êtes le quatrième garçon de la fratrie, le premier à naître en France.
08:25Après que vos parents aient quitté le Cameroun à la fin des années 70,
08:28vous y êtes beaucoup allé pendant les vacances scolaires grâce à votre père qui travaille pour Cameroun Airlines.
08:32Et pour la première fois, vous y avez tourné un film indomptable
08:37qui a été sélectionné à la dernière quinzaine des cinéastes
08:39pour lequel vous venez de recevoir le prix Claude Chabrol.
08:42Pas mal quand même, c'est un polar.
08:44Vous campez vous-même un flic autoritaire
08:47qui tente de faire régner l'ordre dans sa famille et dans la ville
08:49après le meurtre d'un officier de police.
08:52On est très loin des comédies et des one-man-shows qui vous ont fait connaître.
08:56Et pourtant, vous ne pouviez pas faire autrement que de faire ce film, si j'ai bien compris.
08:59C'est ça.
09:00C'est parce que dans la vie, c'est comme ça.
09:02Il y a des choses qui ne s'expliquent pas et qui ne se choisissent pas.
09:06Mais pour moi, c'était viscéral de faire ce film à ce moment-là.
09:09Après mon spectacle, mon dernier spectacle.
09:12N.J. Jol 2 ?
09:13Non, le dernier « L'œil du tigre ».
09:15L'œil du tigre.
09:17J'avais brisé un plafond dans les émotions avec mes enfants.
09:22J'avais envie de continuer d'être dans la transmission,
09:24de raconter des choses qui étaient en moi, de les sortir surtout.
09:28Et à un moment donné, c'était écrit.
09:31Ça vous a rattrapé ?
09:32Oui, ça m'a rattrapé.
09:34J'ai refusé quelques comédies.
09:36Je n'avais pas d'intérêt à en faire.
09:37Je m'en foutais.
09:38J'avais envie d'être…
09:39Enfin, la chance qu'on a dans ce métier,
09:41la chance qu'en tout cas que moi je m'autorise à avoir dans ce métier,
09:44c'est d'avoir le choix de choisir.
09:45Et donc là, c'était comme ça.
09:47Ce n'était pas autre chose.
09:48On parlait du père.
09:49Vous avez puisé dans votre ressenti avec votre père.
09:52Il s'est reconnu.
09:53Et il a reconnu aussi la ville de Yaoundé.
09:55Ça, ça a été un soulagement pour vous ?
09:57Oui.
09:58Au-delà de mon père, de toute la communauté,
10:00même du Cameroun.
10:01Parce qu'aller tourner un film là-bas.
10:02Moi, je suis né à Paris dans le 12e.
10:04Aller là-bas, ce n'est pas non plus comme si je rentrais à la maison.
10:07Je suis plus français que camerounais au final,
10:09de par mon vécu.
10:10Mais c'est vrai que d'aller là-bas,
10:13de voir ce qu'on a fait,
10:14deux projections à Yaoundé,
10:15et d'être adoubé par la population,
10:18c'était magnifique.
10:20C'est un aboutissement dans ma vie incroyable.
10:22Et le regard du père qui vous dit, c'est bien ?
10:24Oui.
10:25Ça fait quoi ?
10:26Ça fait du bien.
10:27Ça fait du bien.
10:28Même à mon âge,
10:29même s'il est grand-père,
10:30même s'il y a toujours des...
10:32On reste toujours l'enfant de ses parents au final.
10:34Donc quand ton père, tu es fier de toi.
10:36Tu es toujours très fier.
10:37Vous avez dormi chez Yannick Noah pendant le tournage.
10:40Ouais.
10:41Enfin, chez...
10:41Ça fait bizarre.
10:43J'avais pas de lit.
10:45J'avais pas beaucoup de budget.
10:46Bon, bah...
10:47Non, non, mais...
10:47Du coup, c'était Airbnb.
10:49J'étais dans son village.
10:50Son village,
10:51c'est une sorte de village-hôtel.
10:53C'était trop bien.
10:53C'est trop bien.
10:54Il s'est trop occupé de nous,
10:56de l'équipe.
10:57Le staff était...
10:58Et puis ça m'a permis d'être vraiment en immersion, quoi.
11:00J'étais en...
11:01Parce que c'est même pas comme si c'était un hôtel.
11:03C'est une sorte de village.
11:04Ça nous faisait vivre localement.
11:06Ça nous faisait...
11:06Dans les difficultés, dans les galères,
11:09tout était mélangé.
11:10C'était...
11:11Non, il fait...
11:11Encore une fois, je le salue
11:13parce que vraiment, son aide a été...
11:15Vous lui mettez plusieurs étoiles ?
11:16C'est bon.
11:16Ah bah oui.
11:16Ah bah oui.
11:17Enfin, j'ai jamais rien compris à ce système-là
11:19parce que je n'utilise pas ça.
11:20Mais je lui mets plein d'étoiles, ouais.
11:22Mon père et mon grand-père
11:24ont connu le maquillage,
11:25votre personnage,
11:26au début du film,
11:26donc dans Indomptable.
11:28Il y a une terrible guerre d'indépendance
11:29au Cameroun
11:30à la fin des années 50
11:31qui est quasi absente
11:32des manuels scolaires.
11:33Ouais.
11:34C'est cette violence engloutie
11:35qui a continué à marquer
11:36la société camerounaise.
11:37Mais est-ce que c'est une histoire
11:38que vous, on vous transmettait ?
11:40Bien sûr.
11:41Mais on ne me la transmettait pas
11:42sans les mots.
11:43Il n'y avait pas de mots, en fait.
11:45C'est juste qu'on ne comprenait pas
11:46pourquoi nos parents étaient comme ça,
11:48pourquoi il y avait une espèce de tension
11:52et voire de paranoïa
11:53parce que justement,
11:54eux, ils ont grandi dans ça.
11:56Ils ont grandi dans une espèce de peur,
11:58dans une espèce de danger.
11:59C'est vrai que comme ce n'est pas reconnu
12:01et mon père m'a avoué
12:03il n'y a pas longtemps
12:03qu'il ne voulait pas nous en parler,
12:04en fait,
12:05pour nous donner de l'espoir.
12:07Pour ne pas que vous partiez
12:10endeuillé ou aigri ou noir.
12:12Exactement.
12:13Parce qu'on évolue en France
12:14et qu'à un moment donné,
12:16comme la France avait une implication
12:18dans tout ça
12:19et de ne pas qu'on soit aigri,
12:21pas qu'on soit revanchard
12:22ou quoi que ce soit.
12:22Donc, je trouvais ça plutôt noble
12:24de sa part, en fait.
12:25Parce que ça les avait un peu attaqués.
12:27Vous les appelez
12:27la Ligue des Pères Tendus.
12:30Les papas du quartier
12:32à Maison-Alfort.
12:33Il y en a beaucoup.
12:34Parce que voilà,
12:35moi j'ai plein d'amis,
12:36frères d'origine arabe,
12:39algérienne et tout,
12:40qui ont des rapports similaires
12:42avec leurs parents que moi.
12:44Donc, non, non,
12:44on est plein,
12:45on est plein comme ça.
12:46À vos débuts,
12:47après vous êtes lancé dans l'écriture,
12:48vous avez fait des scènes ouvertes,
12:49vous avez assumé votre histoire
12:51et vous avez rencontré
12:52Fabrice Eboué,
12:53qui a été intégré
12:54le Jamel Comedy Club.
12:55On l'écoute,
12:56Fabrice Eboué.
12:57Mon père,
12:58c'était important de l'incarner,
12:59mais c'est vrai que c'est un hasard
13:00s'il y a plus mon père
13:01et pas ma mère.
13:02Je veux dire,
13:03aujourd'hui,
13:03il y a une inflation des comiques.
13:05Avoir un sujet original
13:06dans un spectacle,
13:07c'est une tannée,
13:08tout simplement.
13:09Tout est traité quasiment.
13:11Donc,
13:12je me suis toujours dit
13:12que la meilleure façon
13:13et la façon d'être
13:14le plus original possible,
13:16en tout cas,
13:16c'est de parler de soi,
13:17parce que ça,
13:18on ne nous l'enlève pas.
13:20Attention,
13:20il y a une inflation
13:21des comiques.
13:22Une inflation,
13:22je le reconnais bien.
13:25Vous avez eu le sentiment,
13:26avec Fabrice Eboué,
13:27d'avoir mis le pied
13:28dans la porte
13:29avec cette mise en récit
13:30de soi
13:31et toute cette génération
13:31du Jamel Comedy Club,
13:34en ouvrant du coup
13:35le passage aux autres moments.
13:36C'est sûr,
13:36c'est sûr,
13:37c'est sûr.
13:37On a été des tirailleurs
13:39vu qu'on est un peu
13:40dans ce lexique-là.
13:42On était un peu
13:43au front.
13:44Et puis,
13:44c'est vrai que Fabrice,
13:45comme moi et d'autres,
13:46il y en a plein d'autres,
13:46avant même le Comedy Club,
13:48on a beaucoup galéré à Paris.
13:50On faisait plein de scènes ouvertes.
13:51Et Fabrice,
13:52même avant moi,
13:53on faisait énormément de scènes.
13:55Ça n'existait pas
13:56les Comedy Club,
13:56tout ça.
13:57Donc,
13:58effectivement,
13:58on a un peu démocratisé
14:01ce genre-là
14:02auprès d'une certaine population,
14:04en tout cas.
14:05Et donc,
14:06ça fait qu'aujourd'hui,
14:07on est assez fiers
14:08parce qu'on atteint
14:09tous des âges
14:10où on peut commencer
14:11légèrement
14:12à regarder derrière.
14:13Alors,
14:14justement,
14:14vous regardez bien derrière.
14:15dans Police Flash 80.
14:18Allez,
14:18on se met même aussi
14:19dans une petite ambiance 80
14:21dans le studio.
14:22On y va.
14:23Ah oui.
14:25C'est quoi ça ?
14:26C'est Axel F.
14:27C'est la bande originale
14:29du flic de Beverly Hills.
14:30Bien sûr.
14:31Avec Eddie Murphy.
14:32Et on se régalera également
14:33avec les démons de minuit
14:35dans Police Flash 80.
14:37Entre autres.
14:37Entre autres,
14:38avec François Damienz,
14:40Audrey Lamy,
14:41Xavier Lacaille.
14:42Vous avez co-écrit
14:43cette comédie
14:44avec Julia Calégari.
14:45C'est entre
14:46Nicky Larson,
14:47Scooby-Doo
14:47et les experts à Miami.
14:50Nostalgie,
14:50années 80.
14:52Yvan Castendosh,
14:53qui est incarné
14:54par François Damienz.
14:55C'est un flic
14:55vieille école,
14:56fan d'Andouillette
14:57de Michel Sardou.
14:58Confronté
14:58une nouvelle génération
14:59aux méthodes scientifiques
15:01différentes.
15:02Vous dites,
15:03regardez un peu en arrière.
15:04Je crois que ce qui vous plaisait
15:05dans cette nostalgie,
15:06c'est ce moment
15:07où tout le monde
15:08vivait aussi ensemble.
15:09C'est ça.
15:09Il y avait un côté
15:10un peu village
15:11dans les quartiers.
15:12En tout cas,
15:12dans le mien,
15:13Maison Alfort,
15:14c'est vrai que les années 80,
15:15alors peut-être que je l'associe
15:17beaucoup à la jeunesse,
15:18mais il y avait quelque chose
15:19d'assez solidaire,
15:21d'assez peace,
15:23en fait,
15:23assez fraternel.
15:24Et j'aimais bien,
15:25en fait,
15:25j'avais envie de rendre hommage
15:26un peu à cette époque
15:28de façon comique.
15:29Pas premier degré,
15:31mais quelque chose
15:31un peu de l'ordre
15:32de la comédie.
15:33Qu'est-ce qui s'est passé,
15:34selon vous ?
15:34Comment ça s'est fissuré,
15:37ce mélange ?
15:38En tout cas,
15:38comment elle a cessé
15:39de prendre plus ou moins
15:40cette sauce ?
15:41Est-ce que c'est aussi
15:42les bulles des réseaux ?
15:43Est-ce que c'est parce que
15:44c'est super de se plonger
15:45dans un film totalement
15:47analogique ?
15:48Oui, oui, oui.
15:49Non, mais je pense que
15:50c'est la politique du pays
15:53qui n'a pas été au niveau
15:54dans certains endroits.
15:55Donc forcément,
15:56ça crée encore plus
15:58de frustration,
15:59ça crée plus de souffrance
16:00et du coup,
16:01plus de violence.
16:02Donc, je n'ai pas
16:03tous les mots là,
16:04mais c'est un mélange
16:05de plein de choses.
16:05Et effectivement,
16:06les réseaux,
16:07la multiplication des médias,
16:09parce que justement,
16:09j'étais très étonné
16:10la dernière fois,
16:11je regardais le 20h
16:13d'une chaîne
16:13et je me suis dit
16:14tiens, en vrai,
16:15à l'époque,
16:16aux 20h,
16:16ils mettaient des sujets.
16:18Aujourd'hui,
16:18il y a plein de faits divers.
16:19Ah, attention,
16:21c'est Léa Salamé
16:21qui nous écoute,
16:22elle va peut-être
16:22revoir son sommaire de ce soir.
16:24Peut-être,
16:25mais en tout cas,
16:25je me disais qu'il y a
16:26une multitude de faits divers
16:27où je me disais
16:28mais dans l'absolu,
16:29je m'en branle en fait
16:29de ce que je viens de voir.
16:31Il n'y a pas de sujet en fait.
16:32Les sujets,
16:32en fait,
16:33quand j'étais petit,
16:33je voyais des sujets
16:34qui avaient du poids.
16:36Et là,
16:36à chaque fois,
16:36je vois plein de faits divers
16:37où je me dis
16:38le 20h,
16:39c'est plus tant le 20h
16:40comme mon père le regardait.
16:42Et est-ce qu'on ne s'informe pas
16:43aussi tellement autrement maintenant
16:44qu'évidemment,
16:46se reconnecter à Police Flash 80,
16:48c'est vivre à un monde
16:49où on avait des rêves
16:50en commun.
16:51C'est ça qu'on voit
16:52dans votre film.
16:53Exactement.
16:53Je voudrais qu'on parle
16:55absolument de ce personnage
16:56de Mortimer
16:56qui est extraordinaire
16:58dans la série Empathie
16:59de Florence Lompré,
17:00série québécoise.
17:02Vous avez débarqué là-dedans.
17:03D'ailleurs,
17:04c'était comment ?
17:05Avec vous de saut ?
17:07Ça va de bien ?
17:08Non,
17:09ce n'est pas encore maîtrisé.
17:11Ce n'est pas bien.
17:11Non, ce n'est pas maîtrisé.
17:12Ne pas faire l'accent
17:13quand on ne vient pas de l'endroit.
17:14C'est une règle assez stable.
17:15C'est mieux.
17:16Là,
17:16tu ne vas pas te faire taper
17:17sur les doigts
17:17et ils sont trop longs.
17:18Non,
17:19mais c'était comment
17:20de débarquer la Dante
17:21au Manjigel ?
17:22C'est tout pour ce personnage
17:23en effet
17:24qui est dans l'empathie,
17:25qui est tout plein de fêlures,
17:27qui est un personnage
17:27très doux
17:29et brisé en même temps.
17:30Vous n'avez peut-être
17:30pas incarné avant ?
17:31C'était génial
17:32dans le sens où...
17:34Écoute,
17:35moi,
17:35je l'ai fait après
17:35le tournage d'un domptable
17:37sur cette série.
17:39J'avais beaucoup donné
17:40d'un domptable
17:41et je me suis dit
17:42là,
17:42je suis un peu confort
17:43dans le sens où
17:44d'une,
17:45je suis loin.
17:45Je ne suis pas dans mes marques,
17:46une fois de plus
17:47d'un pays étranger.
17:49J'ai juste un rôle,
17:51j'ai incarné au mieux
17:52tout un tas de choses
17:53et il y a tout
17:54le côté émotionnel.
17:56Je me suis dit,
17:56vu que j'étais loin,
17:57je n'étais pas regardé,
17:58personne ne me connaît vraiment.
18:00J'ai tout lâché
18:00et c'était ultra plaisant.
18:02Est-ce que vous diriez
18:04aujourd'hui,
18:04Thomas N. Gijol,
18:05à 9h26
18:06sur France Inter,
18:07qu'il s'en est fini
18:08du cynisme pour vous ?
18:10Ça fait longtemps
18:11que le cynisme,
18:11j'ai un petit souci avec ça
18:13parce que ça cache
18:14des...
18:15C'est vraiment
18:15une armure au sentiment
18:17et ça me gonfle un peu.
18:19Il sera toujours un peu là
18:20mais je n'aime pas trop ça
18:21en fait.
18:21Je n'aime pas trop ça
18:22parce que ça nous prive
18:24de moments simples,
18:25de vie émotionnelle
18:27et je n'aime pas tellement
18:27le cynisme.
18:28C'est un peu lâche en fait.
18:29Tous les mecs
18:30qui sont un peu...
18:30Mecs ou meufs d'ailleurs,
18:32cachés derrière le cynisme
18:33sont un peu lâches
18:34des émotions.
18:35Merci Thomas N. Gijol.
18:37Merci à toi.
18:37Alan n'est pas obligé
18:39le 4 mars en salle
18:40de Zaven Neidjar,
18:41Police Flash 80
18:42de Jean-Baptiste Sorel
18:44avec entre autres
18:45François Damien,
18:46Saudry Lamy
18:46et Xavier Lacaille.
18:48Ça sortira deux semaines
18:49ensuite.
18:50Ouais, le 18.
18:51Le 18 mars.
18:52Et puis tout de suite
18:54ça va vous faire plaisir.
18:55C'est d'une petite ambiance
18:56années 80
18:56qu'on vous a préparé.
18:57C'est Prince
18:58qui prend le relais
18:59avec son beret framboise.
19:02Au reste, beret,
19:03je ne sais plus quoi.
19:04Voilà.
19:05Asperry Beret.
19:06Exactement.
Commentaires