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  • il y a 3 mois
Lundi 1 juin 2026, retrouvez Marion Enzer (directrice générale, Fermes d'avenir), Stéphane Junique (président, groupe VYV) et Alexandre Cleret (cofondateur, Decade Energy) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:12Et voici le sommaire du jour, c'est Stéphane Junic, le président du groupe Vive,
00:16qui sera l'invité du grand entretien, tout à l'heure, 26 minutes,
00:19pour découvrir ce premier acteur mutualiste de santé et de protection sociale.
00:24On verra pourquoi la santé est au cœur de la transition écologique
00:27et comment les entreprises peuvent s'engager pour relever les défis du siècle.
00:31Mais d'abord, je reçois Mario Enzer, qui est la directrice générale de Ferme d'Avenir,
00:36association qui accélère la transition vers l'agroécologie.
00:39On parlera notamment du financement et de la rémunération des agriculteurs.
00:43Notre débat, il portera sur l'investissement responsable avec un nouveau produit d'épargne
00:48créé par Goodvest et Team for the Planet.
00:51Et puis dans notre rubrique Startup et Innovation,
00:53je vous présenterai des cas d'énergie et ses solutions de recharge électrique pour les poids lourds.
00:59Voilà pour les titres, c'est l'heure de Smart Impact.
01:08L'invité de ce Smart Impact, c'est Mario Enzer. Bonjour.
01:12Bonjour Thomas.
01:12Bienvenue, vous êtes la directrice générale de Ferme d'Avenir.
01:15C'est une association qui accélère la transition vers l'agroécologie.
01:19Quand a-t-elle été créée ? De quoi il s'agit ?
01:21Alors, Ferme d'Avenir, c'est une association qui a été créée en 2013
01:25avec l'objectif d'accélérer la transition agricole
01:27en fournissant des programmes de formation, d'accompagnement et de financement
01:31aux agriculteurs et aux aspirants agriculteurs
01:33pour les aider à faire transiter leurs fermes
01:35ou à s'installer tout simplement en agroécologie.
01:37Avec quel type de programme, quelle formation vous proposez
01:41à celles et ceux qui viennent vous voir ?
01:42Alors, on a deux grands types de formations.
01:44On a des formations plutôt théoriques et courtes
01:47où en fait des personnes qui sont au début de parcours de formation
01:49viennent tester leur véritable intérêt.
01:52On leur fait visiter des fermes, on les fait mettre face à la réalité
01:55de ce que c'est d'être agriculteur en agroécologie,
01:57les modèles économiques, pour vraiment qu'ils valident leur intérêt
02:01dans une reconversion professionnelle, puisque souvent on a des gens
02:03qui sont en reconversion professionnelle.
02:05Et suite à ça, on a un autre programme de formation plus long et plus pratique
02:09qui s'appelle le programme compagnonnage.
02:11Donc en fait, on s'est tout simplement inspiré des compagnons du devoir
02:14en fait qui se formaient à l'artisanat en faisant le Tour de France.
02:17Nous, on propose un Tour de France des fermes agroécologiques
02:20où des candidats à l'installation peuvent apprendre le métier
02:23en tournant sur les fermes les plus vertueuses de nos territoires
02:25et ensuite s'installer durablement sur leurs propres fermes.
02:28Alors c'est une association, ces formations elles sont payantes ?
02:31C'est quoi le modèle en quelque sorte de fermes d'avenir ?
02:34Alors on est une association, mais on a le droit aussi d'avoir un petit peu
02:37de revenus qui viennent de ces formations.
02:40Justement, on a certaines formations qui sont financées
02:43par des centres de formation agricole comme Vivea ou par Pôle emploi
02:47pour les gens qui sont en reconversion professionnelle.
02:49Et le programme compagnonnage, c'est un vrai programme d'intérêt général
02:52qu'on fait co-financer par du mécénat pour pouvoir justement
02:55le rendre disponible à un maximum de personnes
02:58qui n'auraient pas forcément les moyens de payer une formation
03:00qui dure presque un an.
03:02L'association fait partie de ce groupe SOS
03:04qui est un géant de l'économie sociale et solidaire.
03:07Qu'est-ce que ça vous apporte ?
03:08Nous, ça nous apporte énormément de choses
03:10parce qu'en fait, quand on est au groupe SOS,
03:12on peut mutualiser les fonctions support avec d'autres associations.
03:16Donc les fonctions support, ça va être les RH, les conseils juridiques,
03:20tout ce qui est finances, compta, contrôle de gestion.
03:23Donc nous, ça nous permet de pouvoir nous concentrer
03:26sur notre cœur de métier qui est l'agriculture.
03:28Et en parallèle, le groupe SOS, il a un système vraiment
03:31de solidarité entre associations.
03:32C'est que les associations qui sont en meilleure santé financière
03:35peuvent aider les associations qui, elles, ont plus de difficultés.
03:38Et dans une période comme en ce moment, c'est vraiment très utile.
03:41Vous le sentez, la baisse de financement des associations ?
03:44Je posais à peu près la question à tous les représentants du monde associatif
03:47et je n'en ai pas trouvé un qui m'a répondu non.
03:49J'aimerais bien pouvoir vous dire « Ah non, nous, ça va ».
03:51Mais non, c'est très très dur.
03:53Pour vous donner un exemple, l'année dernière,
03:55quand on déposait, on répond à des appels à projets de fondation
03:58ou de grandes entreprises.
04:00L'année dernière, entre 2025 et 2026,
04:03notre taux de réussite à ces dossiers a été divisé par trois.
04:06On a trois personnes à temps plein qui vont aujourd'hui chercher des fonds
04:09pour pouvoir financer nos programmes d'intérêt général.
04:11Donc, c'est très difficile.
04:13En 2025, je crois qu'il y a 10 000 postes
04:15qui ont été supprimés dans le milieu de l'impact.
04:17Le milieu, il souffre.
04:18Donc, on appelle plus que jamais les entreprises
04:21qui ont les moyens de pouvoir se lancer dans le mécénat
04:24pour financer des causes d'intérêt général
04:25et le grand public aussi à pouvoir faire des dons.
04:28L'agroécologie, je veux bien, on aurait pu commencer par là.
04:30Ah tiens, c'est pas seulement le bio, c'est quoi l'agroécologie ?
04:34L'agroécologie, c'est une agriculture qui va s'inspirer de la nature
04:38pour répondre aux grands enjeux alimentaires et agricoles
04:40de notre temps et de demain.
04:43Donc, en fait, il y a une agriculture qui va répondre
04:46à la fois aux enjeux environnementaux, économiques et sociétaux.
04:50Et dans l'agroécologie, il y a plusieurs grands courants.
04:52Donc oui, il y a l'agriculture bio dont vous avez parlé,
04:54qui est une agriculture qui se passe d'intrants,
04:55de pesticides, d'engrais de synthèse.
04:57Mais il y a aussi d'autres courants qui sont tout aussi intéressants.
05:00L'agriculture de conservation des sols, par exemple,
05:02qui va être une agriculture qui limite le labour,
05:05qui limite le travail du sol
05:06et qui va mettre des couverts permanents
05:07pour que le sol soit couvert en permanence.
05:09Il va y avoir l'agroforesterie, par exemple,
05:11qui va replanter des arbres et des haies sur les fermes.
05:14Donc, il y a différents courants.
05:15Et nous, les fermes de notre réseau,
05:16elles vont utiliser un petit peu toutes ces pratiques
05:19pour arriver sur des modèles qui arrivent
05:21à la fois à préserver les capitaux naturels et humains,
05:24tout en étant viables économiquement.
05:25Oui, alors c'est une vraie question, parce qu'on a vu,
05:28malheureusement, qu'il y avait des déconversions d'agriculteurs
05:31qui étaient passées au bio.
05:33Pourquoi ? Parce que nous, consommateurs, on en a moins acheté.
05:36Peut-être aussi parce que ces produits-là
05:38sont parfois plus chers dans la grande distribution.
05:41Bref, je ne vais pas ouvrir ce débat, mais il est important.
05:44Est-ce que vous l'avez ressenti, ça ?
05:46C'est-à-dire, est-ce que vous, vous avez malgré tout
05:48l'impression qu'il y a un mouvement de fonds ?
05:50Ou alors, oui, il y a des gens qui se sont dit,
05:51mais attendez, je ne vais pas venir voir les fermes d'avenir,
05:53puisqu'il y a des gens qui reviennent en arrière.
05:56Alors, on a senti une énorme poussée de candidats
05:59suite au Covid, parce que les gens avaient été enfermés,
06:03ils étaient en crise de sens, ils avaient envie
06:04d'aller faire des métiers à l'extérieur.
06:06Et effectivement, nous, notre rôle chez Ferme d'avenir,
06:08c'est de pousser cet élan, mais avec lucidité.
06:12Donc, les gens vont vraiment les confronter
06:14à ce que c'est la réalité du milieu agricole.
06:16Et surtout, qu'est-ce que ça veut dire d'équilibrer une ferme
06:19entre engagement écologique et viabilité économique ?
06:21Donc, oui, c'est très bien de faire les choses engagées,
06:24de faire du bio, de la conservation des sols,
06:26mais il ne faut pas oublier, effectivement,
06:28la viabilité économique.
06:30Ça existe, nous, on a plein des fermes d'avenir,
06:32c'est notre cœur de métier, en fait,
06:34d'identifier ces fermes qui arrivent à concilier ça
06:36et d'aller détailler leurs bonnes pratiques
06:39pour pouvoir les excuser.
06:40Pourquoi est-ce que cette ferme,
06:42elle arrive à vivre de son métier et pas telle autre ?
06:44Qu'est-ce qu'elle fait différemment ?
06:46Comment est-ce qu'elle commercialise ?
06:47Est-ce qu'elle fait de la transformation ?
06:48Dans quelles filières elle valorise ses produits ?
06:50Pour ensuite donner ses bonnes pratiques
06:52lors de nos programmes de formation et d'accompagnement.
06:54Donc, c'est possible, mais clairement,
06:56il faut arriver parfois à faire des compromis
06:58entre un idéalisme qu'on peut avoir vu
07:00dans des documentaires ou lu dans des livres
07:02et la réalité, vraiment, du métier d'agriculteur.
07:05Vous expérimentez le modèle CARE.
07:07Alors, c'est une logique de comptabilité écologique.
07:09C'est un peu ça, ça permet de chiffrer précisément
07:11le montant de la dette écologique des fermes.
07:14Comment ça marche déjà ?
07:16Exactement.
07:16Donc, en fait, la comptabilité, tout court déjà,
07:19finalement, c'est des lunettes qu'on va mettre
07:21sur les comptes d'une entreprise
07:22pour comprendre sa performance,
07:24prendre des décisions.
07:25La comptabilité écologique, c'est la même chose,
07:27mais en réintégrant les capitaux naturels et humains
07:30dans le bilan de l'entreprise.
07:31Et nous, on expérimente l'une de ces méthodes
07:33qu'on appelle CARE
07:34sur le bilan des entreprises agricoles
07:37que sont des fermes.
07:38Et c'est très intéressant
07:39parce que ça permet, en fait,
07:40de chiffrer la dette écologique de ces fermes,
07:43qui va être assez importante
07:45sur des fermes conventionnelles
07:46et évidemment plus résiduelles
07:47sur les modèles que nous, on porte.
07:48Mais c'est utile parce que ça permet
07:50de mettre à plat sur un territoire,
07:52sur une filière ou à l'échelle d'une ferme,
07:55de mettre des coûts sur cette dette écologique
07:57et ensuite de mettre des acteurs
07:59autour de la table en disant,
08:00maintenant, comment on finance
08:01cette transition, finalement ?
08:02Cette comptabilité écologique,
08:04elle n'est pas uniquement réservée aux fermes,
08:08au monde agricole.
08:09Ça peut marcher pour toutes celles et ceux
08:10qui nous regardent en ce moment.
08:12N'importe quelle entreprise peut faire
08:13un bilan en triple capital.
08:16Nous, c'est juste que,
08:17comme c'est notre secteur d'activité
08:18et que l'agriculture a un rôle majeur
08:20dans la transition,
08:21ça représente 50% du territoire français.
08:23Donc, s'il y a un secteur
08:24sur lequel il faut investir aujourd'hui
08:26pour pouvoir régénérer la biodiversité,
08:28stocker du carbone,
08:29c'est l'agriculture.
08:30Donc, c'est pour ça que nous,
08:31on fait ça pour ensuite pouvoir aussi
08:33appliquer ces méthodes
08:34de comptabilité écologique
08:35à l'échelle d'une filière
08:36ou à l'échelle d'un territoire
08:38pour, encore une fois,
08:39ensuite aller voir les acteurs
08:40qui ont, entre guillemets,
08:42l'argent pour pouvoir...
08:43Le levier de la finance.
08:44Exactement.
08:45Et alors, qu'est-ce qui les freine aujourd'hui ?
08:48De quels moyens,
08:51de quels acteurs vous avez besoin
08:52pour grandir encore
08:55et faire en sorte
08:55qu'il y ait de plus en plus
08:56de fermes d'avenir ?
08:56En fait, aujourd'hui,
08:57le principal frein
08:58à la transition agricole,
08:59c'est l'argent,
09:00la rémunération des agriculteurs.
09:02En fait, on ramène
09:03toujours tout à ça
09:04parce que finalement,
09:05si les agriculteurs
09:06avaient les moyens
09:06de faire leur transition,
09:07ils le feraient.
09:08Il y a le Shift Project
09:09qui a fait une étude
09:10l'année dernière,
09:11une grande consultation
09:11des agriculteurs
09:12qui dit que 85%
09:14des agriculteurs
09:14voudraient transiter
09:15vers ces nouveaux modèles
09:16mais ils n'ont pas forcément
09:17les moyens.
09:18Et l'un des messages
09:19qu'on porte chez Ferme d'Avenir,
09:20c'est de dire que finalement,
09:22aujourd'hui,
09:23les agriculteurs,
09:23ils ont deux métiers.
09:24Ils ont un premier métier
09:25qui est celui
09:26de nous nourrir,
09:27de produire,
09:28pour lequel ils sont reconnus
09:29par la société
09:29et ils sont rémunérés
09:30pour cela.
09:31Mais ils ont un deuxième métier
09:32qui est de préserver
09:35nos biens communs.
09:35Donc, notre eau,
09:37notre climat,
09:37notre biodiversité
09:38qui est un peu
09:39un angle mort
09:39parce que finalement,
09:40on n'y pense pas
09:41et pour lequel
09:41ils ne sont pas rémunérés.
09:42Et pourtant,
09:43c'est un rôle dans la société
09:44qu'ils font tous
09:45un petit peu déjà finalement.
09:46Même les agriculteurs
09:47conventionnels,
09:48ils ont un rôle
09:49sur leur territoire,
09:50un rôle d'entretien
09:50des paysages.
09:51Quand ils entretiennent
09:52une haie
09:52pour leur collectivité,
09:54quand ils curent un fossé,
09:55c'est déjà un rôle
09:56un petit peu d'acteur territorial
09:57et d'acteur avec un rôle écologique.
10:00Et donc,
10:00si on veut demain
10:01qu'il n'y ait plus d'arbitrage
10:02entre production
10:04et pratique égroécologique,
10:06il faut pouvoir
10:07les rémunérer
10:07pour ce rôle-là.
10:08Donc, il va falloir
10:09qu'on se mette collectivement
10:10autour de la table
10:10et que tous les acteurs,
10:12publics comme privés,
10:13acceptent de les rémunérer
10:14pour ce métier.
10:14Mais je suis d'accord avec vous,
10:15mais il y a un modèle
10:16qui fonctionne,
10:17c'est le modèle
10:17de C'est qui le patron ?
10:18Complètement.
10:19Avec le consommateur
10:20qui est finalement
10:22et le patron
10:22est au cœur des négociations
10:25du modèle
10:26et qui permet
10:27à des agriculteurs
10:28d'être mieux rémunérés.
10:29Moi, je me pose,
10:29ça fait des mois
10:30que je me pose des années
10:31la question de
10:32pourquoi ce modèle
10:33il n'est pas appliqué partout ?
10:36C'est une bonne question.
10:38En fait, je pense que
10:38si demain
10:39tous les consommateurs français
10:40achetaient C'est qui le patron ?
10:41Eh bien, ça se multiplierait.
10:43Et C'est qui le patron ?
10:44C'est très intéressant
10:44parce qu'en fait,
10:45ça cible le cœur du problème
10:47qui est la rémunération
10:48des agriculteurs
10:49et la répartition de la valeur
10:50au sein des filières.
10:52Après, tous les produits
10:53c'est qui le patron
10:53ne sont pas en bio.
10:54Il y a un axe majeur
10:55sur le social et l'économique
10:57mais ce n'est pas encore
10:59abouti au niveau environnemental.
11:01Il commence à faire
11:02des produits bio
11:02ce qui est génial.
11:03Nous, on les aime beaucoup
11:05mais ça ne joue pas
11:06sur tous les enjeux
11:07environnementaux
11:08de la transition agricole.
11:09Il nous reste une minute.
11:10Il y a une dernière question
11:10qui est très importante.
11:11C'est la transmission
11:13des fermes.
11:13Il y a un agriculteur
11:15sur deux
11:15qui part bientôt
11:17à la retraite.
11:17Je ne sais plus.
11:18Jusqu'à 2030.
11:19Voilà, c'est ça.
11:19Jusqu'à 2030.
11:20C'est vraiment une échéance
11:21très courte.
11:24Vous, vous êtes un moyen
11:25de répondre à cette question
11:26puisque c'est des Français
11:28en reconversion
11:29souvent qui viennent vous voir.
11:30Oui, nous, on a beaucoup
11:31de gens en reconversion.
11:32Les gens en reconversion,
11:33ça représente 30 à 40%
11:34des installations aujourd'hui
11:35et la moitié d'entre eux
11:36s'installe en bio.
11:37Donc, c'est très prometteur.
11:38C'est vraiment un vivier
11:40très important
11:41pour pouvoir prendre
11:42la relève agricole.
11:43Il y a des gens
11:43qui ont envie de faire ce métier.
11:44Mais aujourd'hui,
11:45pour le rendre encore plus attractif,
11:47il va falloir encore une fois
11:48jouer sur cette rémunération
11:49des agriculteurs
11:50parce que qui aurait envie
11:51de se lancer
11:52dans un métier à risque
11:53où on travaille beaucoup
11:54et on n'est peu rémunéré ?
11:55Donc, pour pouvoir
11:57continuer à avoir des gens
11:58qui ont envie de faire ce métier,
11:59il va falloir agir là-dessus.
12:01Merci beaucoup,
12:02Marion Hensher.
12:02Et à bientôt
12:03sur Bsmart Fortune.
12:05C'est l'heure du débat
12:05de ce Smart Impact,
12:06une assurance vie garantie,
12:08100% engagée et responsable.
12:14Prêt pour l'impact,
12:16c'est la question que je pose
12:16chaque jour à une personnalité
12:18qui compte dans notre économie.
12:20Et aujourd'hui,
12:20je reçois Stéphane Junic,
12:22le président du groupe VIV.
12:22Bonjour.
12:23Bonjour, toi.
12:23Heureux de vous accueillir.
12:25Je demande,
12:26alors j'ouvre souvent
12:26cette rubrique
12:27par la question du mot impact.
12:30Quel sens vous lui donnez ?
12:31C'est un mot un peu valise,
12:32on peut le mettre
12:33à toutes les sauces.
12:34Quel sens vous lui donnez ?
12:35Pour moi, il a de la valeur
12:35parce que c'est au fond
12:36une entreprise
12:37ou un secteur d'activité
12:38qui est en capacité
12:38de générer de l'impact positif
12:40que ce soit sur le plan social
12:42ou le plan environnemental
12:43sans renoncer
12:44à de la rentabilité
12:45et à de la performance économique.
12:47Et donc l'objectif,
12:48c'est comment une entreprise
12:49ou un secteur d'activité
12:50permet d'intégrer,
12:51bien sûr,
12:52son développement,
12:54la nécessité
12:55d'aller en permanence
12:56chercher de nouveaux services,
12:57de nouveaux marchés,
12:59mais tout en respectant
13:01trois principes.
13:02Le premier,
13:02c'est de faire en sorte
13:03que les enjeux de la société
13:04et de la transformation
13:05de la société
13:06soient pleinement au cœur
13:07de la manière
13:08dont l'entreprise
13:09voit son action
13:10ou sa mission.
13:11Le deuxième élément,
13:12c'est d'intégrer
13:13d'une manière
13:13beaucoup plus forte
13:14les limites écologiques
13:15et environnementales.
13:16Et puis un dernier élément
13:17qui me tient à cœur,
13:18c'est de faire en sorte
13:19que la question
13:20de la redistribution
13:21soit au cœur
13:22de la stratégie de l'entreprise.
13:23Et elle peut s'incarner
13:24d'une manière différente,
13:25c'est-à-dire que la valeur
13:26qui est créée
13:27par l'entreprise
13:28soit redistribuée
13:29vers les salariés
13:30ou soit de pouvoir
13:31intégrer pleinement
13:32une redistribution sociale
13:34ou territoriale
13:35à travers les actions
13:36que l'on peut mener
13:37dans notre pays.
13:38Ce que vous êtes
13:39en train de décrire,
13:40ce n'est pas seulement,
13:40mais c'est en partie
13:41le modèle mutualiste.
13:42Oui, exactement.
13:43Et vous avez parfaitement raison.
13:44D'ailleurs,
13:45le modèle mutualiste
13:46est un modèle totalement atypique
13:47parce que tout repose
13:48sur la redistribution.
13:49Vous imaginez,
13:50on est sur un modèle
13:51où on fait notre chiffre
13:52d'appare en début d'année,
13:53pas en fait d'année,
13:54à la différence
13:54des autres acteurs économiques.
13:56Et donc tout notre sujet,
13:57c'est après avoir récolté
13:59les cotisations
14:00de nos adhérents,
14:00comment on est en capacité
14:01de pouvoir les redistribuer ?
14:03Et donc la redistribution,
14:04elle se fait bien sûr
14:05à travers le remboursement
14:06des soins
14:07auprès de nos adhérents,
14:08ce que la sécurité sociale
14:09ne prend pas en charge.
14:10Mais elle se fait également
14:11dans les mutuelles
14:12du groupe V en particulier,
14:13à travers une redistribution
14:15auprès des actions
14:18à impact social et territorial
14:19et puis à travers
14:20de l'investissement,
14:21de la redistribution
14:22dans les territoires
14:23pour faire en sorte
14:24notamment que l'accès
14:24à la santé soit amélioré.
14:26Et est-ce que le fait
14:27de ne pas rémunérer,
14:28de ne pas par des dividendes
14:30des actionnaires,
14:31ça vous permet
14:33d'être plus vertueux ?
14:34Je ne sais pas
14:35si c'est plus vertueux,
14:36en tout cas ça nous amène
14:36un confort dans le pilotage
14:37de la stratégie.
14:38C'est-à-dire,
14:39on est avec des pressions
14:42que des actionnaires
14:43peuvent faire
14:44qui sont beaucoup moins présentes
14:45et donc ça nous amène
14:47à être dans une tranquillité
14:48d'esprit sur le pilotage
14:49de la stratégie,
14:50notamment sur le long terme.
14:51La particularité
14:52et la singularité
14:53du modèle mutualiste
14:54c'est vraiment
14:55de s'inscrire
14:55non pas à court terme
14:57parce qu'on rechercherait
14:58de la rentabilité
14:59à tout prix
14:59mais de s'inscrire
15:00sur l'engagement,
15:03une stratégie de long terme
15:04qui nous permet
15:05véritablement
15:05d'avoir des effets
15:06d'impact
15:07beaucoup plus forts.
15:08Alors,
15:08quelques mots
15:09sur le maillage territorial
15:10du groupe VIV,
15:12plus de 36 000 collaborateurs
15:13mobilisés dans les activités
15:14de soins et de services,
15:16il y a environ 1700
15:16d'établissements
15:17et services répartis
15:18dans plus de 80 départements
15:19en France,
15:20trois grands pôles d'activités,
15:21soins,
15:22accompagnement,
15:23produits et services.
15:24Ça c'est le groupe VIV
15:25ou c'est une partie
15:26du groupe VIV ?
15:26Ça c'est une partie
15:27du groupe VIV.
15:28En fait,
15:29le groupe VIV,
15:30c'est trois pôles d'activités,
15:32vous les avez mentionnés
15:32sur l'offre de soins
15:33et d'accompagnement
15:34mais notre principal métier
15:35c'est l'assurance santé,
15:36c'est-à-dire les activités
15:37portées par nos mutuelles
15:38qui protègent 11 millions
15:40de Français
15:40et vous les connaissez,
15:41Harmonie Mutuelle,
15:42MGEN,
15:43la Mutuelle Nationale
15:44de la Territoriale,
15:45donc très ancrée
15:47dans une relation affinitaire
15:48avec leurs adhérents.
15:49Le deuxième pôle,
15:50l'offre de soins
15:51et d'accompagnement,
15:51on est quand même
15:52un acteur de la santé
15:53et de la protection sociale
15:54atypique,
15:54c'est-à-dire qu'on ne fait
15:55pas simplement
15:56que le remboursement,
15:57on est un acteur
15:58de santé,
15:59de proximité.
16:00Là, vous l'avez souligné,
16:01c'est des collaborateurs
16:02importants,
16:03c'est 2000 établissements
16:04d'offre de soins
16:05et d'accompagnement
16:06sur 17 métiers
16:07et c'est 6 millions
16:08de Français
16:09qui sont accompagnés
16:10ou soignés
16:11dans nos établissements.
16:12Et puis,
16:12on oublie toujours
16:12le dernier élément,
16:14c'est qu'on a un troisième pôle,
16:15c'est le fait d'avoir
16:16une activité logement
16:17dont on est très très fiers,
16:19on est le quatrième opérateur
16:19de logement social
16:21et parce qu'on est,
16:23en tout cas je l'espère,
16:23cohérent,
16:24c'est notre objectif
16:26de réhabiliter
16:27le logement
16:28comme déterminant de santé.
16:29Alors ça,
16:30on y reviendra
16:30parce que c'est la question
16:31qu'Isabelle Suégelle
16:32qui était à votre place
16:33la semaine dernière
16:34a choisi de vous poser,
16:35on parlera logement
16:35tout à l'heure.
16:36Je reviens sur cette notion
16:38de maillage territorial
16:39par rapport aux objectifs
16:41dont vous nous parliez
16:42tout à l'heure.
16:43La bonne échelle,
16:44c'est toujours
16:45une question intéressante.
16:46Est-ce que la bonne échelle,
16:47c'est l'échelle du pays,
16:48c'est l'échelle de l'Europe
16:49pour pouvoir mettre
16:50plus de moyens
16:50ou est-ce qu'au contraire
16:51il faut aller
16:52de plus en plus
16:53vers les territoires ?
16:54En fait,
16:55sur les sujets de santé,
16:56on doit jouer
16:56sur les trois niveaux
16:57et vous en oubliez un,
16:59vous parlez de l'échelon européen
17:00mais la question de la santé,
17:01c'est aussi un enjeu
17:02de santé mondiale.
17:03Bien sûr,
17:03One Health.
17:04Exactement.
17:04N'oublions jamais ça.
17:05Exactement.
17:06On l'a vécu là
17:08avec les craintes
17:10autour de l'antavirus des Andes
17:12par exemple.
17:12C'est bien la démonstration
17:13que c'est une santé mondiale
17:15dont on parle.
17:15Exactement.
17:16Et donc le premier point,
17:17c'est comment un opérateur
17:18comme nous s'inscrit
17:19sur les trois échelons.
17:20Dit autrement,
17:21on doit être un acteur
17:22qui contribue
17:23à faire en sorte,
17:24notamment à travers
17:25les positions,
17:26les coopérations
17:27qui sont les nôtres,
17:28à être un acteur
17:29qui contribue
17:29à cette coopération
17:30internationale ou européenne.
17:31On a besoin davantage
17:32d'Europe de santé,
17:33notamment sur les enjeux
17:34de santé environnementale.
17:35Le deuxième élément,
17:36c'est qu'on a besoin
17:37d'avoir un pays
17:37qui ait une boussole
17:39en matière de santé.
17:40Depuis 2023,
17:42on n'a pas de stratégie
17:43nationale de santé.
17:44Je vous le dis,
17:44pour les différents acteurs
17:45et pas simplement
17:46pour les politiques publiques,
17:47c'est un vrai manque.
17:48Donc on a besoin
17:48d'avoir nationalement
17:49des politiques publiques
17:51et notamment
17:51sur les enjeux de prévention
17:52qui soient extrêmement fortes.
17:55Mais ma conviction,
17:56c'est que
17:58si on doit avoir
17:59des priorités nationales
18:00de santé
18:00et notamment
18:01sur les enjeux
18:01de santé environnement,
18:03c'est bien
18:03la déclinaison territoriale
18:04qui nous permettra
18:05d'être beaucoup plus efficaces
18:06et d'adapter les choses.
18:07Ça vous permet
18:08de rendre la santé
18:09accessible à tous
18:10parce que ça,
18:10c'est évidemment
18:11l'une des missions
18:12du groupe Vive.
18:13Oui,
18:14et ce dont on essaie
18:17de construire,
18:18ce sont vraiment
18:19des territoires
18:19de pleine santé
18:20dans notre pays.
18:20Ça veut dire quoi,
18:21un territoire de pleine santé ?
18:22Parce que moi,
18:23je passe mon temps
18:24à faire des débats
18:24sur les déserts médicaux
18:26et à entendre des maires
18:27qui nous disent
18:28qu'on ne trouve pas,
18:29on ne trouve plus de médecins.
18:30Oui, Thomas,
18:30sauf que le territoire
18:31de pleine santé,
18:32ce n'est pas simplement
18:33le sujet
18:34de l'accès aux soins
18:34à travers des professions
18:35de santé.
18:36C'est un territoire
18:37qui intègre bien sûr
18:38la dimension
18:38d'accès aux soins
18:40et donc l'objectif
18:41pour nous,
18:41c'est de contribuer
18:42à travers des investissements,
18:44à travers les différents métiers
18:46qui sont les nôtres,
18:47de faire en sorte
18:47que les territoires
18:48nous permettent
18:49d'avoir un accès aux soins
18:50et à la santé
18:50à travers des services
18:52et des établissements
18:52beaucoup plus forts.
18:53On a investi
18:54ces trois dernières années
18:54500 millions d'euros
18:55sur cette dimension.
18:56Mais c'est de ne pas négliger
18:58deux choses,
18:59la prévention,
19:00l'action sur les déterminants
19:01de santé.
19:03On ne peut pas parler
19:04de la santé de demain
19:04si on n'évoque pas
19:06le sujet de l'alimentation,
19:07des circuits courts,
19:08des territoires
19:09qui investissent
19:10dans une agriculture.
19:10J'ai entendu Marion
19:11qui était sur notre plateau
19:12avant notre échange
19:14qui démontre pleinement
19:16que pour avoir
19:17de l'alimentation
19:18qui soit de qualité
19:20pour la santé,
19:21il est important
19:21d'agir avec les agriculteurs
19:23à travers des circuits
19:24qui nous permettent
19:25de pouvoir aller
19:26vers les populations
19:27qui en ont le plus besoin.
19:28Donc la prévention,
19:29l'action sur les déterminants
19:30c'est important
19:30et il y a un troisième levier
19:32pour faire en sorte
19:32que les territoires
19:33soient de pleine santé.
19:34c'est de faire en sorte
19:35de repositionner
19:36la question de santé
19:37comme étant un sujet
19:37de citoyenneté.
19:38On nous enferme trop
19:40sur les dimensions de santé
19:41à travers des approches
19:43soit techniques
19:43ou soit financières.
19:45Les questions de santé
19:46sont soit des sujets
19:48de combat
19:48parce qu'il y a
19:49des nouveaux terrains
19:50qui nécessitent
19:51de créer du nouveau droit
19:52mais surtout
19:54parce que quand on parle
19:55de santé,
19:55on parle de l'aménagement
19:57de nos villes.
19:58On parle de faire en sorte
19:59de végétaliser davantage
20:01pour éviter d'avoir
20:01des effets sur
20:03notamment en cas
20:03de forte chaleur
20:04sur la santé humaine.
20:06On parle de mobilité
20:07de bourse
20:07qui nous permettent
20:08d'avoir moins de sédentarité
20:09et davantage d'activité
20:10physique et sportive.
20:11Dit autrement,
20:12la santé c'est au cœur
20:13des transformations
20:13de notre société.
20:14Ça rejoint ce livre
20:16que vous aviez publié
20:17il y a un an
20:17La santé est un combat
20:19pour transformer la société
20:20aux éditions
20:22Cherche Midi
20:23et ce que vous venez
20:24de nous dire,
20:24on avait choisi cette citation,
20:25la santé est avant tout
20:26une question de citoyenneté.
20:29On va voir à la fois
20:30le livre et la citation
20:32s'afficher.
20:34La santé c'est presque
20:35un projet de société,
20:36si je comprends bien.
20:37Ah oui, pleinement.
20:38Pleinement un projet de société.
20:39Et on le voit
20:40parce que la santé
20:41est au carrefour
20:42de beaucoup de sujets
20:44qui concernent ici
20:45le mieux vivre,
20:46qui concernent bien sûr
20:47les enjeux de bien-être.
20:48Et vous le voyez,
20:50on est confronté
20:51à une société
20:51où la question
20:53de la santé mentale
20:54est un sujet
20:54de préoccupation.
20:55L'accès, je le répète,
20:57à de l'alimentation.
20:58On a quand même
20:5911 millions de Français
21:00qui sont en situation
21:01d'obésité dans notre pays.
21:03On a un coût social,
21:06économique,
21:07sur le système de santé
21:08lié à une mauvaise alimentation,
21:09à une précarité alimentaire
21:10d'une manière
21:11beaucoup plus forte,
21:11à la sédentarité,
21:12qui doit nous amener
21:13à bouger
21:14d'une manière
21:14beaucoup plus forte.
21:16Dans le livre
21:16que vous citiez,
21:17il y a quelque chose
21:18qui me tient à cœur,
21:19c'est qu'on a oublié
21:20que la santé,
21:21c'était le premier
21:22des droits de l'homme
21:23et que tout était conditionné
21:25à la manière
21:26dont les libertés publiques
21:28d'une société
21:29pouvaient avoir
21:29des effets
21:30sur la manière
21:32dont la santé
21:33d'une population
21:34pouvait se produire,
21:35d'une manière concrète.
21:37Les pays
21:38où vous avez
21:39des discriminations
21:39qui sont portées
21:40vers certains publics,
21:41et on en a connu
21:42dans notre pays
21:43à travers des marginalisations
21:45de certains patients,
21:46ici les toxicomanes,
21:47où là,
21:48dans les années 80,
21:50j'ai été infirmier
21:51dans un service
21:52qui prenait en charge
21:53des patients atteints
21:53du sida.
21:54La société avait
21:56énormément de craintes
21:57par rapport à cette maladie.
21:59Et quand on met
22:00de la distance
22:00par rapport
22:01à un problème de santé,
22:02par rapport
22:02à des populations,
22:04en fait,
22:04on crée toutes les conditions
22:05pour que l'amélioration
22:08de leur état de santé
22:09ne se fasse pas
22:10au bon niveau.
22:11Ça se vérifie
22:12dans notre pays
22:13et ça se vérifie
22:14dans d'autres pays
22:15où les libertés publiques
22:16peuvent être menacées.
22:17Bref,
22:17c'est un vrai sujet
22:18qui est un sujet de société.
22:20Est-ce que c'est vrai aussi
22:22quand on parle
22:23d'aide médicale d'État,
22:24par exemple,
22:24c'est-à-dire le fait
22:25de prendre en charge
22:29des migrants,
22:30des nouveaux arrivants
22:31qui sont malades,
22:32qui travaillent
22:33pour beaucoup d'entre eux
22:34et qui font tourner
22:35l'économie française ?
22:37Il y a tout un courant
22:38de pensée politique
22:40pour réduire
22:41ou supprimer
22:41l'aide médicale d'État.
22:42En fait,
22:43on détourne
22:44un dispositif
22:45qui est un dispositif
22:46de santé publique
22:47pour en faire
22:48un dispositif
22:49de politique
22:49d'immigration.
22:51L'aide médicale d'État
22:52est avant tout
22:53un outil de santé publique
22:54qui permet
22:55pas simplement
22:56d'accueillir
22:57les personnes,
22:58de les prendre en charge
22:59si elles ont des problèmes
23:00de santé pour éviter
23:00ici des risques épidémiques,
23:02des aggravations
23:03de leur état de santé,
23:04mais pour insister
23:05sur un point
23:06qui est qu'il n'y a
23:07qu'une seule humanité.
23:08C'est ce que Simone Veil
23:09mentionnait
23:10à travers tous ces combats.
23:11C'est-à-dire
23:12qu'on ne peut pas
23:14faire de différence
23:14entre les populations
23:15quand la question
23:17de la santé
23:18ou de la vie humaine
23:19est mise sur la terre.
23:20Mais si je suis cynique,
23:21ça coûte plus cher
23:22de ne pas dépenser d'argent
23:24avec l'aide médicale d'État
23:26que d'en dépenser.
23:27C'est-à-dire que
23:28ces nouveaux arrivants
23:29qu'on ne va pas soigner,
23:30ils vont peut-être
23:31être encore plus malades,
23:33contaminer d'autres personnes
23:34et donc ça coûtera
23:34plus cher à l'État.
23:36Votre raisonnement,
23:36il vaut pour l'aide médicale d'État,
23:38mais il vaut d'une manière
23:39beaucoup plus générale
23:39pour notre système de santé.
23:40En fait,
23:41on est dans une culture du soin
23:42et pas dans une culture
23:44de prévention.
23:45Et ça vaut pour la santé
23:46comme ça vaut
23:47sur un certain nombre
23:48d'autres modèles,
23:50l'éducation,
23:51la question du logement
23:51à nouveau, etc.
23:52C'est-à-dire,
23:53on est dans le système
23:54qui vise à dire
23:55on va dépenser
23:56toujours plus
23:57pour réparer.
23:58Il faut passer
23:59dans une logique
24:00de modèle nouveau
24:01où l'objectif,
24:02c'est d'orienter
24:03des investissements sociaux
24:05vers la prévention,
24:07l'anticipation des risques.
24:08Bref, Thomas,
24:09c'est d'être
24:09dans une démarche
24:10où on remet
24:11dans notre pays
24:12comme en Europe
24:13les enjeux
24:14de la société
24:15de la prévoyance
24:15au cœur
24:16des stratégies
24:17et des politiques publiques.
24:18Fin avril,
24:19vous avez signé
24:19avec d'autres dirigeants
24:20d'entreprises
24:21une tribune
24:21pour relever
24:23les défis du siècle
24:24malgré les blocages
24:25du monde politique.
24:26Daniel Ball
24:26pour Crédit Mutuel,
24:27Véronique Bédag
24:28pour Mexity,
24:29Stéphane Palaise
24:29de la Française des Jeux,
24:31FDJ United
24:31ou encore Jean-François Rial
24:32pour Voyageurs du Monde.
24:34Je ne suis pas sûr
24:35d'avoir cité tout le monde
24:35mais en tout cas,
24:37voilà,
24:38quelques-unes
24:38des signatures.
24:41L'objectif,
24:42c'est quoi ?
24:43C'est de peser
24:43sur la campagne présidentielle
24:45qui est déjà engagée ?
24:46C'est de faire en sorte
24:47que la voix
24:49des chefs d'entreprise
24:50et de ses chefs
24:51d'entreprise pèsent ?
24:52C'est quoi votre idée ?
24:53L'idée,
24:54c'est tout simplement
24:54que
24:57quand la crise
24:58baisse
24:59ou quand la fièvre
25:00diminue,
25:01on oublie
25:02qu'il y a
25:03des enjeux
25:04de transformation,
25:06des enjeux
25:07d'investissement
25:07qui sont majeurs.
25:09Vous voyez,
25:10on a depuis
25:11ces dernières années
25:12totalement oublié
25:12les enjeux
25:13environnementaux.
25:13On n'en parle plus.
25:14On n'en parle plus
25:15médiatiquement,
25:16on n'en parle plus
25:16dans le cadre
25:17de débats publics.
25:18Je ne porte pas
25:19de jugement,
25:19je constate simplement
25:20avec les acteurs
25:21qui sont...
25:21Je ne me sens pas concerné,
25:22j'en parle tous les jours
25:22dans l'émission.
25:23C'est la raison pour laquelle
25:24je ne porte pas de jugement.
25:26Mais on le voit,
25:27les questions de santé,
25:29les questions d'environnement
25:30sont des sujets
25:31qui sont devant nous,
25:32pas derrière nous.
25:34Et donc,
25:35ce qui importe pour nous,
25:36c'est que
25:37cette campagne présidentielle
25:38dont on le voit,
25:39elle va s'orienter davantage
25:41sur des sujets de personnes,
25:43sur des sujets de camps.
25:45En gros,
25:46est-ce que le deuxième tour,
25:47ça va être LFI ou le RN ?
25:49Notre crainte,
25:50en fait,
25:50c'est de ne pas être...
25:51Ou les deux.
25:52Et notre crainte,
25:53donc,
25:53c'est que,
25:54en fait,
25:55ce débat public,
25:55il soit privé
25:57au regard des grandes questions
25:58qui se posent
25:59pour notre société.
26:00Et la question environnementale,
26:01elle a besoin d'être
26:03davantage mise
26:04sur la table.
26:04Donc,
26:05l'objectif de la tribune,
26:06c'est de remettre
26:07ces enjeux
26:07dont vous parliez,
26:09environnement,
26:09santé,
26:10en haut de la pile
26:11des préoccupations
26:12des Français
26:13et donc des candidats
26:16parce que c'est aussi
26:16nous qui allons inciter
26:18les candidats
26:19à traiter ces questions.
26:21Oui,
26:21et le fait que ce soit
26:22des entreprises,
26:22des dirigeants d'entreprises
26:23qui portent ce discours,
26:25c'est tout simplement
26:26de venir corriger
26:27ce que l'on entend
26:28comme petite musique
26:29qui est,
26:29au fond,
26:30les questions environnementales
26:31ne seraient plus au cœur
26:32des comex,
26:33des entreprises,
26:34notamment parce que
26:35la politique américaine,
26:36notamment de l'administration
26:37Bush,
26:39de l'administration Trump
26:40a amené à ce que
26:42les questions environnementales
26:44soient passées
26:44au second rang
26:45et donc avec la crainte
26:47qui est distillée
26:48dans certaines entreprises
26:49sur le fait
26:49de n'en faisant plus
26:50une priorité
26:50pour soit ne pas nous fâcher
26:52avec certains marchés
26:52américains
26:53ou soit parce qu'en effet
26:55ça nécessite
26:56d'avoir des investissements
26:57donc ça nous permet
26:58de faire des économies.
26:59Ce n'est pas du tout
26:59l'enjeu qui est le nôtre.
27:02Pour ce qui concerne
27:03le groupe Vive,
27:03on est dans une stratégie
27:05où la stratégie climat
27:06est encore pilotée
27:08d'une manière très très forte.
27:09On a 5 millions de tonnes,
27:10notre bilan carbone
27:11c'est 5 millions de tonnes
27:12de CO2,
27:13objectif 2030
27:14de les diminuer de 50%.
27:15L'investissement responsable
27:17n'a jamais été aussi important
27:18dans notre groupe.
27:20C'est 20% des actifs financiers
27:21qui sont orientés
27:22vers des enjeux
27:23de santé et environnement.
27:24Ça représente 5 milliards 3.
27:26Et on continue
27:27à faire de la mobilisation
27:28auprès de nos collaborateurs
27:29et des adhérents
27:30qui sont les nôtres.
27:31On est la première entreprise,
27:33le premier groupe
27:33à avoir organisé en interne
27:34sur le modèle
27:35des conventions citoyennes
27:37une convention
27:38autour des enjeux
27:38de la santé environnementale
27:39pour intégrer davantage
27:40les risques socio-écologiques.
27:41Bref, l'environnement
27:42continue à être
27:44un élément de pilotage
27:44de nos stratégies
27:45et surtout du développement
27:46économique de demain.
27:47Si on rentre dans le détail,
27:48tient justement
27:49ce bilan carbone,
27:50c'est 5 millions de tonnes
27:51de CO2.
27:52Qu'est-ce qui pèse le plus haut ?
27:53Aujourd'hui,
27:53c'est les investissements
27:55qui sont portés
27:55par le groupe
27:57qui viennent dégrader
27:59le bilan carbone.
28:00D'où l'importance
28:00que l'on puisse réorienter
28:01les investissements
28:02vers des secteurs
28:03qui soient des secteurs
28:04de la transition.
28:06Cet objectif,
28:07il est facile à atteindre.
28:09Vous l'avez défini
28:12pour qu'il soit atteigné.
28:13Vous voyez ce que je veux dire ?
28:14Oui.
28:14On peut se donner
28:14un objectif très simple
28:17et se dire
28:18« Ouais, génial,
28:18on a été très bon »
28:19alors qu'on aurait pu
28:20aller beaucoup plus loin.
28:20Le modèle mutualiste,
28:21il repose sur des enjeux
28:23de gouvernance,
28:23de participation
28:24et d'implication
28:25des adhérents de nos mutuelles
28:27au cœur de la gouvernance
28:28de nos mutuelles,
28:29mais également
28:30l'importance
28:31de pouvoir,
28:32sur les sujets de société,
28:33en faire des vrais débats
28:34d'orientation
28:34dans le cadre
28:35de nos conseils d'administration
28:36ou de nos comités exécutifs.
28:38Donc,
28:38les enjeux sociétaux,
28:39ils sont pris
28:40vraiment à bras-le-corps
28:41et parfois
28:41avec des vrais dilemmes.
28:43Vous voyez,
28:43sur nos politiques d'achat,
28:44je partage quelque chose
28:45avec vous.
28:46Oui, allez-y.
28:47Ça, c'est un levier
28:47hyper important.
28:49Extrêmement important.
28:50On a un dilemme,
28:51on a eu
28:52deux débats d'orientation
28:53au sein de nos conseils
28:53d'administration,
28:54notamment sur notre filière
28:55d'offre de soins.
28:56On a une filière dentaire
28:57qui est,
28:58depuis quatre ans,
28:59structurellement déficitaire.
29:01Sept à neuf millions
29:01de déficits
29:02chaque année.
29:03Et en fait,
29:03le dilemme,
29:04c'était quoi ?
29:04C'était de dire,
29:06est-ce qu'on est
29:06en capacité
29:07de redresser
29:08et donc de jouer
29:09sur des leviers
29:10de retour à l'équilibre
29:12qui viennent un peu
29:13percuter notre politique
29:14d'investissement,
29:16de politique d'achat.
29:17Et notamment,
29:17je vous le dis,
29:18on était sur 90%
29:19des prothèses dentaires
29:20qui étaient produites
29:22en France.
29:22L'idée,
29:23c'était de pouvoir
29:25être sur des achats
29:26de prothèses dentaires
29:27à l'extérieur
29:28du territoire national
29:30pour tendre vers
29:31non plus 90%,
29:32mais 70%.
29:34C'est un débat,
29:35vous ne pouvez pas imaginer,
29:36qui a cristallisé
29:37d'une manière
29:38très très forte
29:38les échanges
29:40avec le débat
29:40d'orientation
29:41avec le conseil
29:42d'administration
29:43et le comité exécutif
29:43tout simplement
29:44parce qu'on avait
29:45mis en place
29:46notre stratégie RSE
29:47et les enjeux
29:49de politique
29:49d'achat responsable.
29:51Mais en fait,
29:52pourquoi je parle
29:52de dilemme ?
29:53C'est qu'on est
29:54une entreprise
29:55comme les autres.
29:55Si on est sur des secteurs
29:56qui sont des secteurs
29:57structurellement déficitaires,
29:59l'objectif à terme,
30:00c'est de fermer,
30:01de ne plus pouvoir
30:02pérenniser les choses.
30:03Et donc,
30:03vous ne pourrez plus
30:04activer les leviers
30:05de transformation
30:06dont vous nous parliez.
30:07Exactement,
30:07et surtout,
30:08alors qu'il y a
30:08des besoins
30:09en matière de santé dentaire,
30:11d'accès à des soins
30:13et à des professionnels
30:14de santé dans les territoires,
30:15c'était de ne pas renoncer
30:16à ce que des centres
30:18qui sont portés
30:18aujourd'hui par le groupe
30:20puissent contribuer
30:21à ces déserts sanitaires.
30:24Donc, vous faites venir
30:25un peu plus de prothèses
30:26à l'étranger.
30:27Donc, on fait venir
30:27un peu plus de prothèses,
30:29mais c'est un élément
30:29qui nous permet
30:30d'avoir un pilotage économique
30:31qui nous permet
30:32de maintenir durablement
30:33notre filière dentaire.
30:36Je voulais partager ça
30:37avec vous parce que
30:38souvent, on pense que,
30:39comme vous le dites,
30:40au fond,
30:41on se donne des objectifs
30:42comme ça,
30:42qui seraient parfois
30:43des objectifs utopistes,
30:47alors que dans le pilotage
30:48d'une entreprise,
30:50d'une gouvernance,
30:51en fait,
30:51on joue sur des leviers,
30:53sur des paramètres
30:53qui nous amènent
30:54à jouer en permanence
30:55sur l'intérêt de l'entreprise,
30:56la dimension économique
30:59de l'entreprise,
31:00sans oublier notre sujet
31:01d'impact et d'utilité
31:02pour la société.
31:03Alors, on va parler
31:04de logement,
31:04comme promis,
31:05puisque c'est la question
31:06que la directrice environnement
31:08de Vinci,
31:08Isabelle Spiégel,
31:09a choisi de vous poser.
31:11On l'écoute tout de suite.
31:13Eh bien,
31:14bonjour,
31:14c'est Stéphane.
31:15Je voulais parler adaptation.
31:17Comment le groupe Vive
31:18s'attaque à ce sujet
31:19des risques physiques,
31:20climatiques,
31:21et en particulier,
31:22peut-être en parlant
31:23de logements résilients ?
31:25Alors, c'est quoi
31:26un logement résilient
31:27pour vous, déjà ?
31:29C'est un logement
31:30qui intègre
31:31dans toutes ses dimensions
31:32de construction,
31:33de service,
31:34mais également
31:35d'utilité
31:36dans la cité,
31:38dans un quartier,
31:38dans une ville,
31:40de faire en sorte
31:41d'intégrer d'une manière
31:41beaucoup plus forte
31:42les enjeux de santé.
31:43On est face
31:44à une révolution de l'âge
31:45qui va intervenir
31:46avec des effets
31:47dont notre société
31:48n'est pas encore
31:49suffisamment prête
31:50à horizon 2030-2035.
31:52On va basculer
31:53sur une société
31:54beaucoup plus âgée
31:56qui va nécessiter
31:57d'adapter nos logements
31:58d'une manière
31:58beaucoup plus forte.
31:59Vous le voyez
32:00à travers le mois de mai
32:01incroyable
32:02qui a été notre
32:03à travers l'effort de chaleur.
32:04On a besoin
32:04d'avoir des logements
32:05qui soient en capacité
32:06d'être dans un confort technique,
32:08thermique, pardon,
32:09et donc avec des matériaux
32:12qui nous permettent
32:12techniquement
32:13de pouvoir préserver
32:14des risques de chaleur
32:14ou de...
32:15Mais des logements sociaux,
32:16vous en administrez
32:18ou construisez,
32:18je ne sais pas,
32:19depuis des décennies.
32:20Donc certains sont forcément
32:21des passoires thermiques.
32:22Oui, bien sûr.
32:23Et donc on a mis en place
32:24un label Logement Santé
32:25qui permet de la construction
32:26des logements
32:26jusqu'au service apporté
32:27aux habitants
32:28à faire en sorte
32:28que la santé soit un fil rouge.
32:30Concrètement,
32:30ça veut dire quoi ?
32:31Ça veut dire que
32:32pour la construction
32:33de nos nouveaux logements
32:34ou pour la réhabilitation
32:36des logements existants,
32:37on utilise des critères
32:39qui sont des critères
32:40d'utilisation
32:41pour la construction
32:41de matériaux
32:42qui, dans le temps,
32:44ne dégraderont pas
32:45notamment la pollution intérieure,
32:47la santé intérieure.
32:50On propose systématiquement
32:52à nos locataires
32:54un service qui est un service
32:56d'écoute santé,
32:57l'accès à un professionnel de santé,
32:59l'accès à l'écoute
33:00d'un psychologue.
33:01Donc on met ça
33:02comme étant un service
33:05à l'ensemble
33:06de nos locataires.
33:08Et puis le dernier élément,
33:11c'est d'inscrire les logements
33:13dans un territoire
33:14et dans un quartier,
33:15c'est-à-dire à faire en sorte
33:17que des services associatifs,
33:20des paniers alimentaires
33:21puissent être apportés
33:23aux habitants
33:23pour permettre
33:25à ce que le lien social
33:26et la santé soient améliorés.
33:27Bref, on croit beaucoup
33:28à cette idée
33:29que le label
33:30que l'on a mis en place
33:31il y a maintenant six ans
33:33soit un label
33:34qui demain
33:35devienne une norme de marché.
33:36Il vous reste
33:37combien de logements
33:38à rénover
33:39et combien ça vous coûte ?
33:40On parlait d'arbitrage
33:42tout à l'heure,
33:43j'imagine que le chantier
33:43est important.
33:44Je vous l'ai dit,
33:45on a lancé en 2020
33:47le label
33:48« Pleine crise Covid ».
33:50Donc, on lance le label
33:52et quelques semaines après,
33:53c'est l'interruption
33:54et les confinements.
33:56On a eu donc
33:57trois ans ensuite
33:58de sortie
33:59de la crise Covid.
34:00Et donc,
34:01on est aujourd'hui
34:02sur 7000 logements
34:03qui sont labellisés
34:04et l'objectif,
34:06c'est d'avoir
34:06désormais une construction
34:08des logements
34:09à 50%
34:10à la base
34:10de ce label.
34:11et il nous reste
34:12encore
34:12des dizaines
34:13de milliers
34:14de logements
34:15à réhabiliter
34:16pour faire en sorte
34:17que les 300 000 personnes
34:18qui sont aujourd'hui
34:19hébergées
34:19dans des logements,
34:21dans de l'habitation
34:21du groupe,
34:23puissent bénéficier
34:23de ces éléments
34:24de confort.
34:24Vous parliez
34:25de la difficulté
34:26du manque
34:27de pilotage politique,
34:28notamment sur la stratégie
34:29nationale de santé.
34:30Est-ce que c'est vrai aussi
34:31en matière de logement ?
34:32C'est-à-dire,
34:32est-ce que vous avez manqué
34:35depuis deux,
34:36trois ans
34:36dans ce climat
34:37de chaos politique
34:38de visibilité ?
34:39Oui, je pense
34:40pouvoir dire les choses
34:41pour l'ensemble
34:42des acteurs
34:42du logement social
34:43qui est, je trouve,
34:45un des marqueurs républicains
34:46dans notre pays.
34:48on a aujourd'hui
34:50des acteurs
34:52qui souffrent.
34:52On a ponctionné
34:54une partie
34:54des moyens financiers
34:57dont disposait
34:58le mouvement HLM
35:00pour permettre
35:01de rééquilibrer
35:02les finances publiques
35:03dans notre pays
35:04alors même que cet argent
35:05était important
35:06pour pouvoir,
35:08pour l'ensemble
35:08du secteur
35:09du logement social
35:10dans notre pays,
35:10investir sur les enjeux
35:11de transition
35:12et puis surtout
35:13construire davantage,
35:14davantage.
35:15On en a besoin.
35:16On en a besoin.
35:16Quand on parle
35:17de logement social,
35:18il y a souvent
35:18la question
35:20ou la polémique
35:21sur le turnover,
35:22sur le fait
35:23qu'il y ait des familles
35:24qui restent
35:25alors que leur situation
35:28financière s'est améliorée.
35:29Comment vous,
35:31un,
35:32vous évaluez ça ?
35:33Est-ce que c'est
35:33une élucubration médiatique ?
35:35Est-ce que c'est
35:36un grossissement,
35:37un effet lutte médiatique ?
35:39Ou est-ce que c'est réel ?
35:39Et ensuite,
35:40comment vous luttez
35:40contre ça ?
35:41J'aime bien votre question
35:42mais pour moi,
35:43ce n'est pas
35:44la plus prioritaire.
35:45C'est-à-dire
35:46qu'on a eu
35:46une transformation
35:47depuis une cinquantaine
35:48d'années.
35:49On est passé
35:49d'une logique
35:50où on avait
35:51plusieurs habitants
35:52dans un logement
35:52alors qu'aujourd'hui,
35:53les familles monoparentales
35:55occupent un logement
35:56de plusieurs mètres carrés
35:58parfois qui vont
35:59au-delà de leurs besoins
36:00et dont notre pays
36:01et notre société
36:02doit prendre en considération
36:03au regard
36:05des réalités sociales
36:06aujourd'hui.
36:07Il y a bien sûr
36:08la question
36:08que vous évoquez
36:09c'est-à-dire
36:10des personnes
36:11qui restent
36:11le plus longtemps
36:12possible
36:13mais pour moi,
36:14ma principale préoccupation
36:15c'est comment on fasse
36:16à cette réalité
36:17des familles monoparentales
36:18et avec le vieillissement
36:20des personnes
36:20qui resteront
36:21le plus longtemps possible
36:22comment est-ce qu'on est
36:23en capacité
36:24de proposer les choses ?
36:24Alors concrètement,
36:26tout l'enjeu
36:27c'est de faire en sorte
36:27de créer
36:28des parcours
36:29de mobilité.
36:30Dit autrement,
36:32en fonction des âges,
36:33on a besoin
36:34d'avoir un logement
36:35qui soit beaucoup plus grand
36:37parce que la famille
36:38elle s'installe,
36:38on a des enfants,
36:39on a besoin d'avoir un confort
36:40et puis ensuite
36:41les enfants y partent
36:42et donc on a besoin
36:44d'avoir des logements
36:45certes qui sont plus réduits
36:46mais beaucoup plus fonctionnels
36:47et puis quand on arrive
36:48dans des âges
36:50beaucoup plus avancés
36:50on a besoin
36:51d'avoir des logements
36:52qui soient davantage adaptés
36:54aux risques liés
36:55notamment au vieillissement
36:56pour éviter
36:57ici les chutes
36:58d'une manière
36:58beaucoup plus fréquente.
36:59La question de l'isolement
37:01bref,
37:01c'est tout l'enjeu
37:02du label Logement Santé
37:03c'est de faire en sorte
37:04d'intégrer vraiment
37:04ces approches servicielles
37:06et ces approches
37:07de santé
37:08d'une manière
37:09beaucoup plus forte.
37:10Donc je crois beaucoup
37:10à l'idée en fait
37:11de créer des parcours
37:12de mobilité résidentielle.
37:15C'est très utopique
37:16ce que je vous dis
37:16mais par contre
37:17ça aurait un effet
37:19à mon sens
37:19beaucoup plus impactant.
37:21Tiens,
37:21il nous reste un peu
37:22moins d'une minute
37:23je reviens à la politique
37:25à la campagne présidentielle
37:25est-ce que vous direz
37:26pour qui voter ?
37:27Est-ce que c'est le rôle
37:28des patrons
37:28ou d'un patron
37:29de dire ça ?
37:30Non.
37:32Non ?
37:32Vous n'irez pas jusque là ?
37:33Non.
37:34Mais par contre
37:35je pense que
37:36les entreprises
37:38qui sont des acteurs
37:41de la citoyenneté
37:41et de la société
37:42ne doivent pas avoir peur
37:44de prendre position
37:46sur des sujets
37:47qui seraient mis
37:48sur la table
37:49du débat public
37:49et qui pourraient être
37:51soit dangereux
37:52au regard du pacte républicain
37:54au regard des enjeux
37:55d'équilibre économique
37:57ou des enjeux
37:59d'impact sociaux.
38:00C'est notre rôle aussi.
38:01On n'est pas simplement
38:02des acteurs froids
38:04des acteurs
38:06qui au fond
38:07ne seront préoccupés
38:08que par le sujet
38:09de la rentabilité.
38:10En tout cas
38:11le groupe Vive
38:11son sujet
38:12c'est comment être
38:12davantage utile
38:13sur les transformations
38:14de notre société.
38:15Merci beaucoup
38:15Stéphane Junic
38:16et à bientôt
38:17sur Be Smart for Change.
38:18On passe tout de suite
38:18à notre rubrique
38:20Startup.
38:28Smart Ideas
38:28c'est notre rubrique
38:29consacrée aux start-up
38:30et co-responsables.
38:31J'accueille Alexandre Cléret.
38:32Bonjour.
38:33Bonjour.
38:33Bienvenue.
38:34Vous êtes le co-fondateur
38:35d'Ecad
38:36ou d'Ecad Energy
38:37créé en 2024
38:38avec trois autres associés.
38:41C'est quoi l'idée de départ ?
38:42D'où elle est née ?
38:43En fait l'idée
38:43c'était de dire
38:44qu'aujourd'hui
38:45dans la mobilité électrique
38:47et en tout cas
38:47dans le transport lourd électrique
38:48on voit que tous les constructeurs
38:50en France
38:51mais aussi européens
38:52sont quasiment prêts
38:53pour proposer des modèles
38:54de camions électriques
38:55qui tiennent la route
38:55en termes d'autonomie
38:56et quasiment maintenant
38:57en termes de prix
38:58même s'il faut encore
38:59qu'il y ait pas mal de baisse.
39:00Et donc le problème
39:01en fait de l'accès
39:03à des camions disponibles
39:04avec une bonne autonomie
39:05et le prix
39:06commence quasiment à être résolu
39:07et donc nous
39:08notre angle c'était de dire
39:09on sait que
39:10la plupart des camions électriques
39:11doivent se recharger
39:12dans des dépôts logistiques
39:13ils ont 80% de la recharge
39:14doit être faite dans les dépôts
39:15et donc nous
39:17il a fallu qu'on s'est dit
39:18qu'on allait s'attaquer
39:18à ce problème là
39:19qui est d'équiper
39:20les dépôts logistiques
39:21dans des infrastructures
39:22électriques nécessaires
39:23pour pouvoir accueillir
39:25les flottes de camions électriques
39:26et donc nous ce qu'on fait
39:27c'est qu'on développe
39:28Finance Construits
39:28Opair
39:29toutes ces infrastructures
39:30électriques nécessaires
39:31pour ça
39:32et on les couple
39:33avec un logiciel
39:34qui permet d'optimiser
39:35le coût de l'électricité
39:36et de baisser la facture
39:37pour le client.
39:39On en est où ?
39:40C'est à dire que
39:40ça c'est l'objectif
39:42mais ce taux d'équipement
39:44il est très très bas
39:45aujourd'hui
39:45on en est où ?
39:46Déjà en fait
39:48on est à peu près
39:49au même taux de pénétration
39:50des ventes de camions électriques
39:51donc actuellement
39:52il y a environ 2%
39:53des camions
39:53qui sont vendus
39:54qui sont électriques
39:55mais en fait
39:55ce qu'il faut regarder
39:56c'est un peu plus à l'est
39:57il faut regarder en Chine
39:57et en Chine
39:58l'année dernière
39:59on était à une moyenne
40:00d'environ 30%
40:01donc un camion sur 3
40:03vendu est électrique
40:04une voiture sur 2
40:05et cette année
40:06on commence assez fort
40:07puisqu'ils sont déjà
40:07à 50%
40:08et donc en fait
40:09on voit que
40:09la dynamique
40:10de l'électrification
40:11là-bas
40:12s'est accélérée
40:13de par le fait
40:15que le prix des batteries
40:15a été divisé par 2
40:16en l'espace de 2 ans
40:17donc les véhicules électriques
40:19voitures et camions
40:20sont maintenant compétitifs
40:21en termes de prix
40:21et donc c'est ce qui se vend
40:22le plus
40:22ou quasiment le plus
40:23et donc nous
40:24on voit ça aussi
40:25arriver en Europe
40:26à partir de cette année
40:27on commence à sentir
40:28nous de la part de nos clients
40:29commence à y avoir
40:30de la demande
40:31et on voit une accélération
40:32en 2027-2028
40:33et donc on pense
40:34qu'on est exactement
40:34au bon moment
40:35pour s'attaquer
40:36au problème de l'infrastructure
40:37Alors moi
40:37je dois être sur une vieille
40:40représentation
40:41du poids lourd électrique
40:42parce que j'étais sur l'idée
40:43que l'équation
40:44elle ne tenait pas
40:45trop lourde
40:46que ça donnait
40:47des poids lourds
40:47encore plus lourds
40:48et que donc c'était
40:49absurde de partir
40:50dans cette direction-là
40:51on en est où aujourd'hui ?
40:52Le monde a bien changé
40:53parce que
40:54en Chine
40:57et en Asie en général
40:58il y a des investissements
40:59phénoménaux
41:00dans les batteries
41:01dans la R&D
41:02et donc maintenant
41:03on a des batteries
41:03qui sont beaucoup plus denses
41:05qui permettent
41:06d'accueillir
41:06beaucoup plus d'énergie
41:07pour le même poids
41:08qui sont aussi
41:09beaucoup moins chères
41:10et donc
41:11maintenant on arrive
41:12à des équations physiques
41:14qui tiennent la route
41:16sans mauvais jeu de mots
41:16et donc effectivement
41:20on parlait beaucoup
41:21de l'hydrogène avant
41:21etc
41:22on voit que la filière
41:22de l'hydrogène
41:23maintenant dans le transport
41:24est devenue compliquée
41:25l'électrique a gagné
41:26a gagné dans la mobilité légère
41:27mais maintenant
41:28est en train de gagner
41:28aussi dans la mobilité lourde
41:30il faut vraiment
41:30s'attendre à une accélération
41:31et les camions chinois
41:33ils sont beaucoup moins chers
41:34que les autres
41:35c'est la même logique
41:37que pour les voitures
41:37alors pour vous donner
41:38quelques références
41:39non mais effectivement
41:40en Europe
41:41on vend les camions électriques
41:42on vend un camion diesel
41:43à peu près 100-120 000 euros
41:44on vend un camion électrique
41:46à peu près 250 000 euros
41:47entre 200 et 250 000 euros
41:48en Chine
41:49ils vendent les camions électriques
41:5180 000 euros
41:54si on veut les mettre
41:55au même niveau
41:55de normes
41:56qu'en Europe
41:57ça leur coûte
41:57ils coûteraient à peu près
41:58120 000 euros
41:59donc quasiment le prix
41:59d'un camion diesel
42:00effectivement en Europe
42:02on veut préserver
42:03notre industrie
42:03donc on a des taxes
42:05à l'import
42:05qui sont assez importantes
42:07et on veut faire en sorte
42:08que nos constructeurs européens
42:10accélèrent sur le sujet
42:10donc on va plutôt
42:12se tourner vers eux
42:12pour pouvoir faire en sorte
42:14de passer à l'échelle
42:15et de réussir à
42:16oui mais le prix
42:16c'est un frais en développement
42:17bah complètement
42:18c'est pour ça qu'il faut
42:19c'est pour ça que
42:20je ne peux pas payer
42:20deux fois plus cher
42:21mon camion à l'achat
42:22bien sûr
42:22alors déjà
42:23dans le coût de possession
42:24effectivement il n'y a pas
42:25que le coût d'achat du camion
42:26il y a aussi l'électricité
42:27etc mais néanmoins
42:28il est vrai qu'actuellement
42:29l'électrique est toujours
42:30un peu plus cher que le diesel
42:32seulement le gouvernement français
42:33par exemple a bien compris
42:34en France on est
42:35surproducteur d'électricité
42:37et on est surimportateur
42:38de pétrole et de gaz
42:40et de diesel
42:41donc on a un gros avantage
42:45à promouvoir
42:45l'électrification du transport
42:47lourd
42:48notamment parce que
42:49c'est un enjeu de souveraineté
42:50aujourd'hui par exemple
42:51on voit qu'avec Hormuz
42:53on a une baisse
42:54de l'approvisionnement possible
42:55pour l'instant
42:56on tape dans les stocks
42:57mais baisse de l'approvisionnement possible
42:59de pétrole et de gaz
43:01de 20%
43:02ce qui aurait un impact
43:03assez énorme
43:04sur l'économie
43:04si ça se matérialise vraiment
43:06et donc
43:08tout ce qu'on voit
43:09sur ce plateau
43:10tout ce qu'on porte nous
43:10a été un jour
43:11transporté dans un camion
43:12donc un camion
43:13qui vit à 98%
43:14grâce à du diesel
43:15c'est vital
43:16qu'on soit
43:18qu'on se sécurise
43:19sur cet approvisionnement là
43:20et donc le long terme
43:21c'est plutôt
43:21de jouer sur
43:23ce sur quoi on est surcapacitaire
43:25c'est-à-dire la production
43:26d'électricité
43:26en France on surproduit
43:28100 TWh
43:29Enedis considère que
43:30pour 2050
43:30c'est exactement ce dont on a besoin
43:32pour électrifier tout le parc
43:33de voitures et de camions
43:34donc allons-y quoi
43:35allons-y
43:35et donc subvention
43:36ou aide
43:37donc voilà
43:37j'allais plus
43:38les subventions massives publiques
43:39annoncées par le gouvernement
43:40100 000 euros
43:40il y a trois semaines
43:42et donc ça
43:43ça va baisser considérablement
43:44le coût du camion électrique
43:44merci beaucoup Alexandre Cléret
43:46bon vent à des cas d'énergie
43:48voilà c'est la fin de ce Smart Impact
43:49à demain
43:50Sous-titrage Société Radio-Canada
43:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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