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Ce vendredi 12 juin, la réaction des marchés face à la possibilité d'un accord au Moyen-Orient a été abordée par Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier Investment Managers, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Bonjour, Florian Lelpo, vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard au DIAIM.
00:05En quelque sorte, la séance du jour hier a été bousculée par Donald Trump, une nouvelle fois,
00:10puisqu'aux alentours de 19h30, il a annoncé qu'un accord avait été trouvé avec l'Iran.
00:16Les Iraniens, cette nuit, via des agences de presse, estiment qu'il y a encore des lignes rouges,
00:20que pour l'instant, rien n'est signé.
00:21Mais une nouvelle fois, le marché y croit.
00:23Le pétrole est ce matin sur les plus bas de deux mois, 88 dollars pour le baril de Brent.
00:28Et la réaction est très vive sur le marché obligataire.
00:30On voit une nouvelle fois que la boussole des marchés, ça reste encore et toujours ce fameux baril de pétrole.
00:35Absolument. Et cette fois-ci, en plus, c'est sûr qu'on est certain qu'on se dirige vers la
00:39paix.
00:39Évidemment, je plaisante. Il y a une énorme dose d'intertitude qui nous entoure.
00:44Bonjour, Gatienne. Bonjour à tous. Merci de me recevoir.
00:46Alors, la question, c'est est-ce que c'est encore un enjeu pour les marchés ?
00:49C'est ça, c'est la question à laquelle on doit répondre aujourd'hui.
00:53Et pourquoi cette question-là ? Parce que ça fait maintenant trois mois qu'on jongle
00:56avec le trio prix de l'énergie, inflation, taux d'intérêt.
01:01On était très en amont de cette chaîne, c'est-à-dire qu'on regardait beaucoup le pétrole
01:04sans trop regarder les taux.
01:05Et là, on est en train de se dire, et c'est le message de la BCE hier justement,
01:08on est en train de se dire que l'inflation énergétique, c'est une chose,
01:12elle peut reculer.
01:13Et pour autant, on peut quand même continuer d'avoir un petit peu d'inflation devant nous.
01:17Et du coup, on peut continuer d'avoir un petit peu de hausse de taux devant nous,
01:20en tout cas du côté de la BCE.
01:22C'est-à-dire que, oui, il y a un soulagement géopolitique.
01:25Oui, il est pressé violemment par les marchés.
01:27Mais est-ce qu'on doit voir un soulagement sur les primes de risque globales ?
01:31Ça, c'est moins sûr, parce que ce qui tient encore les primes de risque,
01:34c'est ce qu'on appelle les taux réels, c'est-à-dire la différence entre les taux et l
01:36'inflation,
01:37quelque part.
01:38Et ces taux réels sont encore en-dessus des 2% aux États-Unis.
01:41C'est très contraignant pour l'économie elle-même.
01:43Donc, une envolée de sentiments, c'est une chose.
01:46Maintenant, l'effet fondamental, il va falloir le penser,
01:49parce que cet effet-là, il va survenir dans les 3 prochains mois.
01:52Et il peut avoir des conséquences de marché peut-être fâcheuses.
01:54Vous faites référence notamment à l'inflation dans le secteur des services.
01:58C'est vrai qu'hier, Christine Lagarde a fait référence à cela.
02:01Le problème, c'est que cette inflation dans les services,
02:03elle est difficile à combattre pour la BCE.
02:06Et puis surtout, elle ne dépend pas forcément du baril du pétrole et de la guerre.
02:09Absolument.
02:10Et il n'y a pas que la BCE qui est confrontée, le rapport de l'inflation américain.
02:14De mercredi dernier, il contenait deux messages.
02:16Un très gros message et un plus petit message.
02:19Le gros message, c'était l'inflation énergétique.
02:21Le plus petit message, en filigrane, c'est justement qu'on avait encore
02:23de l'inflation des services, ce qu'on appelle la vraie inflation au cœur.
02:27On appelle ça l'inflation super-cœur.
02:29Et cette inflation-là, elle est très visqueuse.
02:32C'est-à-dire que c'est le rôle de la BCE de la combattre.
02:35Mais en plus, il est difficile de la combattre et ça prend du temps.
02:39Donc, quelque part, l'inflation énergétique est en train de la renforcer.
02:42Et encore une fois, trois mois d'inflation énergétique égale début de l'inflation.
02:46On y est, c'est bon, c'est trop tard.
02:48Maintenant, il y a un espoir qu'on arrive à combattre l'effet réel
02:51qui serait vraiment le vrai problème pour les marchés.
02:53L'inflation, les marchés s'en accommodent.
02:54Surtout une inflation à 3%.
02:56Est-ce que le narratif, pour vous, a changé ces dernières semaines ?
02:58Ou est-ce qu'il est susceptible de changer avec ce potentiel accord de paix ?
03:02Puisque c'est vrai que depuis le début de ce conflit, le scénario central, c'est
03:06la guerre, ça sera terminé à la fin du semestre, à la fin du mois de juin.
03:09C'est bon, cet été, on passe à autre chose.
03:11Aujourd'hui, vous le voyez bien, on est sur des réactions épidermiques.
03:13Mais l'Europe s'emballe, c'est le retour du secteur bancaire, des valeurs cycliques.
03:17Bref, une fois de plus, les marchés veulent croire à cet accord.
03:20Le narratif, c'est qu'on attend l'accord.
03:22Et en attendant, on peut s'amuser avec la technologie, parce que justement, les
03:25résultats sont fantastiques et ça nous permet de patienter jusqu'à ce qu'on ait
03:29justement une amélioration globale sur le front géopolitique.
03:32Donc oui, l'amélioration géopolitique, ça va soutenir l'extension du domaine du
03:40rallye, c'est-à-dire le fait d'avoir un rallye un peu plus ample, qui va toucher
03:43l'Europe, qui va retoucher à nouveau le Japon, qui était justement le monde action
03:48que tout le monde regardait en amont du conflit.
03:52La question maintenant, c'est est-ce que c'est durable ?
03:55Et pour répondre à cette question, il faut répondre à la question de la productivité.
03:58C'est-à-dire que les stocks américains aujourd'hui ont explosé à la hausse, je
04:02ne parle pas de ces derniers jours, mais on a une progression du S&P du plus bas au
04:06plus beau de 20% depuis mars.
04:07C'est énorme sur aussi peu de semaines.
04:10Pourquoi ? Parce qu'on achète le narratif de la productivité aux États-Unis, quelque
04:14part, implicitement.
04:15Est-ce que ce narratif, il peut contaminer l'Europe ? Est-ce que l'Europe, sans investir
04:18dans l'IA, peut profiter de gains de productivité équivalents ? La productivité d'aujourd'hui,
04:23c'est les earnings de demain et du coup, c'est les prix d'aujourd'hui dans les marchés
04:27financiers.
04:28Ça, c'est la question à laquelle on doit répondre.
04:30Pour l'instant, on est moins rassuré qu'on ne l'était il y a trois mois.
04:34Et ce n'est pas lié au choc géopolitique.
04:35C'est-à-dire que l'Europe, aujourd'hui, oui, devrait profiter de l'IA.
04:39On en profite tous, simplement.
04:40Est-ce que cette productivité va suffire à faire exploser les earnings comme on l'a
04:44vu, les bénéfices comme on l'a vu aux États-Unis ? Ce n'est pas sûr.
04:47Donc, du coup, pour l'instant, nos surpondérations actions, elles vont surtout se faire au travers
04:51des larges capes américaines pour le moment.
04:53Encore et toujours.
04:54Encore et toujours.
04:55Et ce narratif-là, en fait, il n'a pas été changé par la guerre en Iran.
04:59Il a été changé par la saison des résultats du premier trimestre.
05:02C'est-à-dire par la vague d'investissement dans les semi-conducteurs, par la vague d'investissement
05:06dans la technologie et l'IA globale et ses répercussions potentielles sur un nexus
05:10d'entreprise.
05:11Et SpaceX, ça ne vient pas changer la donne ?
05:13Là, typiquement, aujourd'hui, un groupe qui vient lever 75 milliards, voire potentiellement
05:17plus, puisque hier soir, ils ont annoncé qu'il y aurait une clause qui permettrait de
05:20lever jusqu'à 11 milliards de dollars sur les 30 prochains jours.
05:23Donc, ce n'est quand même pas neutre.
05:26OpenEI, Anthropik.
05:26Bref, on est quand même à un moment charnière du côté de Wall Street.
05:29Oui, et comme le disait Charles-Henri Monchot à l'instant, ces mises en bourse, ces
05:35introductions en bourse, elles surviennent généralement dans des moments où l'appétit
05:39pour le risque est au plus haut.
05:40Alors, il y a deux façons de traiter cette information.
05:43L'appétit pour le risque est au plus haut.
05:44Soit on se dit qu'on est au momentum, et si c'est au plus haut, il faut profiter,
05:47il faut monter dans le train.
05:48Il est encore largement temps d'en profiter.
05:50Rappelez-vous que Nvidia est moins cher aujourd'hui qu'au début de l'année, pour
05:53être très clair, lorsqu'on le rapporte à ses bénéfices.
05:56Ça, c'est la première possibilité.
05:58La deuxième, c'est de se dire qu'il y a des retours à la moyenne, on pourrait
06:02être challengé par le price action du marché, par des prises de bénéfices en veux-tu
06:06en voilà.
06:07Pour l'instant, on reste du côté plutôt positif, encore une fois.
06:10La valorisation était le problème de début d'année, ça n'est plus le problème
06:13aujourd'hui.
06:14Clairement, ça n'est plus le problème aujourd'hui.
06:16Et il y a un momentum qui est assez fort de ce côté-là.
06:19Et on n'a pas encore vu les effets de second tour, comme disent les banquiers centraux,
06:23non pas de l'inflation, mais les effets de second tour de l'IA,
06:25les effets de second tour de la productivité qui devraient continuer à se diffuser.
06:30La consommation discrétionnaire, par exemple, n'a pas du tout reflété l'amélioration
06:34des performances économiques du secteur.
06:36C'est la même chose pour les industriels, c'est la même chose pour les matériaux.
06:39Il y a plein de secteurs encore à la traîne aux États-Unis.
06:42Cette rotation sectorielle, c'est encore trop tôt pour l'instant ?
06:45Il y a eu des rebonds un petit peu, notamment vendredi dernier, en début de semaine,
06:48sur les valeurs liées à la consommation.
06:49Hier aussi, consommation discrétionnaire et les industriels tirent la côte derrière l'IA,
06:56bien sûr, mais tirent la côte avec elle.
06:59Oui, on peut avoir une amplification du rallye, c'est ce qu'on pense.
07:01Aujourd'hui, vous avez 55% des stocks américains qui sont en-dessus
07:04lors de leur moyenne mobile 200 jours.
07:06C'est un des signes que ce rallye a peu ou pas d'ampleur,
07:09mais il pourrait gagner en ampleur.
07:11Pour ça, il nous faut amélioration géopolitique
07:13et une petite décrue, s'il vous plaît, d'étau réel long terme.
07:16Et ça suffirait normalement à générer une embellie plus large, plus ample.
07:21Et nous allons continuer à parler de cette fameuse rotation sectorielle,
07:23mais plus d'un point de vue de l'analyse technique
07:25avec notre prochain invité, Daniel Cohen-Delara.
07:27Merci beaucoup, en tout cas, Florian,
07:28pour nous avoir accompagné ce matin en plateau,
07:30en charge de la macroéconomie chez Lombard-Odi-AIM.
07:33Merci beaucoup, en tout cas.
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