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  • il y a 3 heures
Samedi 30 mai 2026, retrouvez Maud Bailly (CEO Sofitel, MGallery & Emblems, Groupe ACCOR) et Florence Parly (Présidente du Conseil d’administration, Groupe Air France-KLM) dans SMART WOMEN, une émission présentée par Marie-Claire Capobianco.

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Transcription
00:04Bonjour, bienvenue dans Smart Woman, l'émission qui donne le pouvoir aux femmes.
00:09Alors, chaque mois, je reçois deux à trois invités, à la fois des responsables collectifs, associations,
00:16des grands témoins venus un petit peu de tous horizons, des dirigeantes d'entreprises,
00:21et essentiellement d'ailleurs des patronnes de PME et de TI.
00:24Donc, deux profils très différents, mais qui partagent la conviction que les femmes doivent prendre leur juste place
00:33dans toutes les sphères de pouvoir économique, politique, médiatique, scientifique,
00:37avec l'enjeu d'ailleurs actuel de l'intelligence artificielle, enfin bref.
00:42Et la question du pourquoi, si tant est qu'elle se pose, la réponse est simple,
00:47tout simplement pour plus de performance économique, pour plus d'équilibre et de rationalité dans les prises de décisions,
00:54et une meilleure représentation d'ailleurs sociale au niveau des dirigeants.
01:00Voilà, alors aujourd'hui pour en parler, je vais recevoir tout d'abord Florence Parly,
01:04qui est l'ex-ministre, actuelle présidente du groupe Air France KLM,
01:10ça sera mon grand témoin, et donc elle nous partagera sa vision de la situation des femmes dans la sphère
01:16de pouvoir
01:17et les leviers d'accélération possibles dans cette dynamique.
01:21Je ferai ensuite le portrait de Maude Bailly, qui est la directrice générale de trois marques tout à fait emblématiques
01:29du groupe Accor,
01:30Sophie Tell, M Galerie, Emblème, donc un parcours d'excellence, appuyé, voire nourri d'ailleurs,
01:39de remarquables qualités humaines, comme vous pourrez le constater.
01:43Donc tout de suite, Florence Parly.
01:50Bonjour Florence Parly.
01:51Bonjour Marie-Claire.
01:53Merci d'avoir accepté mon invitation, très heureuse de vous recevoir.
01:56Alors Florence, bon, inutile de vous présenter, vous êtes quand même très connue,
02:00ne serait-ce que pour avoir été pendant cinq ans ministre des Armées sous le premier gouvernement d'Emmanuel Macron.
02:09Mais pour faire court et simple, disons que vous avez démarré, bon, après l'ENA, vous avez démarré par en
02:16gros cabinet,
02:18puis engagement politique élargi pendant environ une vingtaine d'années, si je ne me trompe pas,
02:23qu'ensuite vous avez embrassé le monde de l'entreprise en rejoignant successivement Air France et la SNCF dans des
02:32fonctions exécutives,
02:36puis ministre des Armées, puis donc aujourd'hui présidente d'Air France et par ailleurs de nombreux mandats d'administration
02:44par ailleurs.
02:45Alors, vous avez une position tout à fait privilégiée, avec un spectre finalement d'observation sur la position des femmes
02:51dans les sphères de pouvoir,
02:52qui est assez significatif.
02:55Donc ma première question, très simplement, est inspirée un peu de l'actualité récente.
03:00Quand il y a eu la rencontre entre les dirigeants Trump et Xi Jinping, dans la délégation américaine, il y
03:05avait quand même quelques femmes.
03:07Et pourtant, et pourtant, quand il y a eu des discussions les plus importantes autour de la table, il n
03:11'y avait plus que des hommes.
03:12Qu'en pensez-vous ?
03:13C'était un formidable retour en arrière.
03:16Ça ressemble à la période où moi j'ai commencé ma vie professionnelle.
03:21Alors j'avais fait le choix de l'État, et lorsque j'ai démarré, c'était normal.
03:28Enfin, on ne se formalisait même pas du fait d'être dans des réunions où l'on était seule femme.
03:35Donc oui, c'est un retour en arrière, et c'est grave, parce que la place des femmes dans la
03:42société,
03:43qu'il s'agisse des entreprises ou qu'il s'agisse des administrations, elle a été conquise.
03:49Elle n'est pas tombée toute seule.
03:51Donc ce sont des décennies, si je puis dire, j'ose pas dire de combat, parce que c'est un
03:57vocabulaire un peu militaire.
03:59Mais enfin, ce sont quand même des décennies pendant lesquelles il a fallu conquérir petit à petit ses positions.
04:05Et je voudrais juste faire un deuxième rappel, c'est que lorsque j'ai commencé dans l'administration, il y
04:11a déjà un certain temps,
04:13il y avait quelques femmes qui exerçaient des responsabilités visibles, éminentes.
04:19Mais elles avaient en commun, à peu près toutes, d'avoir renoncé à avoir des enfants.
04:26Et donc, ce dilemme-là, c'est celui contre lequel, je crois, nous nous sommes toutes battues.
04:32Oui, alors justement, et vous faites finalement, en parlant de l'administration,
04:38justement, ça m'amène à la deuxième question qui est, finalement, comment vous comparez la situation des femmes,
04:45toujours dans la sphère du pouvoir, puisque c'est vraiment le sujet,
04:48entre le monde public-politique et le monde de l'entreprise ?
04:52Et si différentes il y a, qu'elles sont-elles finalement ?
04:55Alors, à l'époque, les différences étaient quand même réelles.
04:59La première tenait au fait que, quand même, dans la fonction publique, les rémunérations sont égales.
05:04C'est une grille qui s'applique.
05:06Bon, donc, l'écart de rémunération était beaucoup plus faible qu'il ne l'était sans doute dans les entreprises.
05:13La deuxième différence tenait, me semble-t-il, à la manière dont on traitait, dans l'administration,
05:19les absences pour maternité.
05:22Ces absences-là ne se traduisaient pas, en général, par une forme de rétrogradation dans l'évolution des carrières.
05:29Et puis, surtout, d'une façon beaucoup plus pratique,
05:33quand on revenait au bureau, on avait toujours un bureau.
05:36On n'avait pas un petit carton qui était...
05:38À l'époque, il y avait des bureaux, d'ailleurs.
05:39Voilà, il y avait des bureaux, on avait donc son bureau,
05:41et on n'avait pas son petit carton qui avait été placé dans un placard.
05:45Et donc, je pense que c'était quand même une différence considérable.
05:48Alors, ce qui s'est passé, c'est aussi le fait que, lorsque la question des quotas a émergé dans
05:54le débat public,
05:55donc réforme constitutionnelle en 1999,
05:59cette réforme, elle s'est d'abord appliquée à la sphère publique,
06:02puisqu'il s'agissait de l'égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives.
06:07Donc, on était vraiment sur des sujets publics.
06:09Et ça a été le début, si je puis dire, d'un processus par lequel, petit à petit,
06:15jusqu'au monde de l'entreprise,
06:17cette problématique de la place des femmes dans les sphères de pouvoir a été posée.
06:22Alors, au départ, il faut quand même se souvenir des polémiques qui avaient eu lieu,
06:27parce qu'il y avait celles qui considéraient que c'était une forme d'atteinte à l'universalisme
06:35qui était attentatoire, si je puis dire, à la dignité des femmes.
06:39Puisqu'on se singularisait par notre genre.
06:42Et puis celles qui pensaient que c'était le seul moyen de gagner du temps.
06:46Et je pense que ce sont les dernières qui avaient raison,
06:48parce qu'on n'aurait jamais fait ce chemin,
06:53finalement, en l'espace de 20 ans, il aurait fallu sans doute 100 ans.
06:56Et donc, ce qui a été très, très visible,
06:58c'est cette loi Copé-Zimmermann qui s'applique aux entreprises,
07:02pour les conseils d'administration,
07:04et puis maintenant, on l'espère, pour les fonctions exécutives avec la loi RICSA.
07:08Donc, quand je parlais de combats,
07:11en fait, ce sont des combats qui ont dû être menés,
07:14qui ont nécessité beaucoup d'énergie,
07:18pas seulement d'ailleurs de la part des femmes,
07:20mais aussi de la part des hommes.
07:22Je peux en témoigner,
07:23puisque cette réforme constitutionnelle de 1999,
07:26c'est Lionel Jospin qui l'a poussée,
07:29et c'était vraiment quelque chose qu'il portait depuis très longtemps.
07:34Donc, pour réussir, il faut les deux.
07:36Il faut des femmes qui se battent,
07:37et il faut aussi des hommes qui accompagnent ce mouvement.
07:41Mais alors, justement,
07:42quand même cette prise de conscience largement partagée
07:45remonte à quelques années, vous le disiez,
07:47il y a eu beaucoup d'initiatives depuis,
07:49il y a eu les lois, etc.
07:51Pourquoi, d'après vous,
07:52et après on parlera des leviers d'amélioration,
07:55mais pourquoi on en est toujours là ?
07:56Parce que malgré tout, ça a beaucoup progressé,
07:58mais on n'est pas encore du tout à la juste place en question.
08:02Alors, je pense que nous, les femmes,
08:04nous avons aussi un peu à balayer devant notre porte,
08:07au sens où nous avons parfois des comportements
08:10qui, peut-être fossiles sans féliciter.
08:12D'ailleurs, ne sont pas tout à fait ceux des hommes,
08:16et au fond, nous considérons que
08:19si nous n'avons pas la certitude d'être 100% compétentes
08:22pour occuper un poste,
08:24eh bien peut-être qu'il faut s'interroger
08:26sur la question de savoir
08:27s'il n'y aurait pas quelqu'un de mieux placé,
08:29par exemple, pour l'occuper.
08:32C'est quelque chose qui,
08:33sans vouloir faire des généralités
08:35qui seraient trompeuses,
08:37ne se rencontre pas dans les mêmes proportions
08:40chez les hommes.
08:40Les hommes sont toujours assez convaincus
08:42que, même s'ils n'ont pas forcément
08:44toujours démontré cette compétence,
08:46après tout, on peut bien prendre le risque,
08:48on verra bien, peut-être que ça va marcher.
08:50Et d'ailleurs, leurs employeurs réagissent
08:52de la même façon.
08:53C'est d'ailleurs ce qui m'avait frappé le plus
08:55lorsque j'ai participé pour la première fois
08:58à un comité exécutif.
08:59J'étais seule pendant quatre ans,
09:00seule femme au comité exécutif d'Air France.
09:03Et donc, les People Reviews
09:05étaient toujours un grand moment
09:06parce que lorsqu'il s'agissait d'un monsieur,
09:09on était capable de parler
09:11de prise de risque assumée.
09:13Et lorsqu'on parlait d'une dame,
09:15eh bien il fallait absolument
09:16qu'elle ait une compétence démontrée.
09:18Et donc, il y a ce biais, bien sûr,
09:23chez les hommes,
09:23mais il y a aussi le comportement
09:25que nous, nous avons,
09:27où peut-être une insuffisance,
09:30une insuffisante confiance en soi,
09:32comme on dit vulgairement,
09:33on fait un peu la fille,
09:35mais qui ne nous aide pas non plus.
09:37Donc, je crois que ces comportements-là
09:40changent, que les jeunes générations
09:42sont sans doute beaucoup plus affirmatives
09:45que nous n'avons pu l'être, nous.
09:47Et je pense que c'est une bonne chose.
09:48Parce que dans le monde
09:50dans lequel nous sommes,
09:51et compte tenu des reculs
09:53que vous mentionniez tout à l'heure,
09:55eh bien, il faut redoubler d'ardeur
09:58pour pouvoir défendre,
09:59ne serait-ce que défendre,
10:00les positions.
10:01Absolument.
10:02Mais alors justement,
10:04vous avez parlé de tout ce qui avait été fait,
10:07vous avez parlé des quotas,
10:08des polémiques, etc.
10:09Et on est bien d'accord pour dire
10:10que c'est ce qui a permis,
10:12finalement, d'accélérer.
10:14Qu'est-ce que vous voyez
10:15comme autre levier d'accélération ?
10:18Parce que là, c'est trop lent,
10:19de toute façon,
10:20même si c'est bien,
10:20c'est trop lent.
10:21Qu'est-ce qu'on peut avoir ?
10:22On termine là-dessus,
10:23sur les leviers d'accélération.
10:24Alors, moi, je suis convaincue,
10:25si vous voulez,
10:25que l'éducation que nous transmettons
10:29à nos enfants,
10:30d'une façon générale,
10:31est vraiment le premier des leviers.
10:33Et l'éducation,
10:34c'est aussi les représentations.
10:35Elles se nourrissent des représentations.
10:36Donc, je ne pense pas
10:39que ce soit un sujet
10:40uniquement lié à l'école.
10:42Ce n'est pas un sujet
10:43uniquement lié
10:44à la façon dont les choses
10:45se passent dans l'entreprise.
10:47Ça se passe d'abord à la maison.
10:48Ça se passe dans la façon
10:50dont nous éduquons
10:52nos filles et nos garçons.
10:53Et il n'y a pas de raison aujourd'hui,
10:56il ne devrait pas y avoir
10:57de raison aujourd'hui,
10:58d'avoir de jeunes hommes
11:00qui continuent à véhiculer
11:02les images extrêmement négatives
11:06et humiliantes
11:08qu'on peut trouver
11:09concernant les femmes.
11:11Donc, c'est bien
11:12qu'il y a eu quelque part
11:13un problème d'éducation.
11:15Donc, si nous voulons éviter
11:16cette reproduction de schémas,
11:20il faut vraiment
11:21que les pères et les mères
11:23veillent à ce que leurs filles
11:26soient en capacité de se défendre
11:29et que leurs garçons
11:30ne soient pas des...
11:32Comment dire ?
11:33Des ennemis de la cause des femmes.
11:35Ça me paraît très important.
11:36Et puis, bien sûr,
11:37le deuxième levier,
11:38c'est de ne pas considérer
11:41que les positions acquises
11:44le sont de façon éternelle
11:46et que donc,
11:47il faut poursuivre sans cesse
11:49ce combat.
11:50Ma grand-mère avait
11:51une très jolie expression.
11:52Elle me disait
11:52« Ma petite fille,
11:54dans ces domaines-là,
11:55quand on n'avance pas,
11:56on recule. »
11:57Eh oui.
11:58Le bon sens des grands-mères.
12:00En tout cas,
12:00c'est bien le mot de la fin
12:02et d'ailleurs,
12:02c'est le bandeau
12:03que l'on a affiché,
12:04c'est « ne rien lâcher ».
12:07Voilà,
12:07« ne rien lâcher ».
12:08On continue.
12:09Merci beaucoup,
12:10Florence Parly,
12:11pour ce témoignage
12:12et ce partage.
12:13Merci bien.
12:18Bonjour Maud Bailly.
12:19Bonjour Marie-Claire.
12:20Très heureuse de vous retrouver
12:21sur ce plateau de Smart Women.
12:23Alors,
12:23vous étiez venue déjà
12:24en octobre 2022.
12:26Le temps passe,
12:27quand même.
12:28Alors,
12:29à l'époque,
12:29vous étiez intervenue
12:30en tant que grand témoin.
12:31Vous aviez détaillé
12:32vos convictions
12:33par rapport justement
12:34à la place des femmes,
12:35à la juste place des femmes.
12:37L'interview est d'ailleurs
12:38toujours disponible,
12:39je le rappelle,
12:40à la fois sur la chaîne
12:41Bsmart en replay
12:42et sur les plateformes
12:43de streaming.
12:44Mais aujourd'hui,
12:45j'avais envie finalement
12:46de faire plutôt
12:47votre portrait,
12:48c'est-à-dire d'aller plus directement
12:50sur votre parcours personnel.
12:51Voilà.
12:52Donc,
12:52première question,
12:53assez classique au demeurant.
12:55Vous avez fait des études
12:56tout à fait brillantes,
12:57Léna,
12:58Normale Sud.
12:59Quelles ont été
13:00vos motivations
13:01à ce moment-là
13:02pour aller vers ces études-là ?
13:04Alors,
13:05j'ai la chance
13:05d'avoir une maman
13:06qui est prof de littérature,
13:08qui enseignait
13:10le goût des mots justes
13:12et la passion des livres.
13:13Et je pense que ça m'a
13:15naturellement
13:15pas mal influencée.
13:16Donc,
13:16je lui dois beaucoup
13:17en termes de culture,
13:19de l'effort aussi.
13:20Et donc,
13:20assez naturellement,
13:21je me suis orientée
13:22vers des études littéraires
13:24au tout début,
13:24ce qui n'est pas si simple
13:25d'ailleurs,
13:26puisqu'on m'avait dit
13:27à cette époque
13:27qu'une orientation littéraire
13:29était quand même
13:30une orientation
13:30qui pouvait fermer des portes,
13:32qui restreignait,
13:33qui contraignait.
13:34Et au final,
13:35je me suis rendue compte
13:35avec le temps,
13:36Marie-Claire,
13:37que ce bagage littéraire
13:38m'a aidée à conduire
13:39beaucoup de transformations.
13:42Parce qu'au fond,
13:42le choix du mot juste
13:43en termes de management,
13:44de leadership,
13:45le fait d'être capable
13:46d'articuler des narratifs
13:48clairs,
13:49différenciants,
13:50porteurs de fierté,
13:51notamment dans mon travail
13:52de marque aujourd'hui,
13:54eh bien,
13:54en fait,
13:54c'est essentiel.
13:55Donc,
13:55c'est un peu
13:56le grand paradoxe
13:57d'avoir ce bagage littéraire
13:59où on me disait
14:00que forcément,
14:01ça n'allait pas forcément
14:02m'aider.
14:02Et au fond,
14:03il m'est utile
14:03au quotidien
14:04dans mon travail de leader.
14:05Et après,
14:06je l'ai complétée
14:06avec des études
14:07en sciences politiques
14:08et en administration
14:10entre Sciences Po
14:10et l'ENA.
14:12Mais au fond,
14:12je suis très fière
14:14et très heureuse
14:15d'avoir à l'origine
14:15ce bagage littéraire.
14:17Ça,
14:17c'est intéressant
14:18parce que,
14:18c'est vrai qu'aujourd'hui,
14:19on parle beaucoup
14:20de la nécessité
14:21et du manque d'ailleurs
14:22de bagages mathématiques
14:23puisque c'est quand même
14:25essentiellement,
14:25enfin,
14:26généralement,
14:26c'est le cas.
14:27Et c'est très intéressant
14:28de voir que vous,
14:29c'est le choix littéraire,
14:31cette attention au mot,
14:33mais on va voir
14:33dans tout ce qu'on va se dire
14:34que c'est toujours
14:35le cas chez vous,
14:37qui vous a finalement
14:39permis
14:39d'acquérir
14:41votre personnalité
14:42de leader
14:42telle que vous l'êtes
14:43aujourd'hui.
14:43Pour ça,
14:44c'est intéressant.
14:45Si je peux me permettre
14:45de m'avoir éclair,
14:46on a tendance en France,
14:47on aime bien opposer,
14:48c'est la dictature.
14:49Non, non,
14:49mais bien sûr que non.
14:50Je sais que vous,
14:50ce n'est pas votre cas,
14:51mais par exemple,
14:52je me souviens qu'il y a
14:53quelques temps,
14:53les gens me disaient
14:54« Ah, vous êtes de formation
14:55littéraire,
14:55ça veut dire que vous êtes
14:56nul en maths. »
14:58En fait, non.
14:59Il se trouve que j'ai épousé
15:00au début des études littéraires,
15:01mais j'adorais les maths.
15:04Bon, là,
15:04j'ai le métri dans l'espace,
15:05pas trop,
15:05mais l'algèbre et les chiffres,
15:07oui.
15:07Et il se trouve qu'après
15:08NormalSup,
15:09à la sortie de l'ENA,
15:11j'ai fait une formation
15:12en finance,
15:13donc j'étais à l'inspection
15:14générale des finances.
15:15Mais on a,
15:16pas mal en France,
15:17je trouve,
15:17par rapport au monde
15:18anglo-saxon,
15:19tendance à vouloir un peu
15:21catégoriser et enfermer
15:21des parcours.
15:22Et donc,
15:23ce n'est pas parce qu'on est
15:24littéraire qu'on n'aime pas
15:25aussi les chiffres
15:26et les maths et la finance.
15:27Mais ça,
15:27je sais que vous savez.
15:28Non, mais c'est très important
15:29de le dire parce que c'est vrai
15:30que, de toute façon,
15:31on est dans un moment
15:32et dans un monde
15:32qui antagonise tout.
15:34Exactement.
15:34Donc,
15:35ça en est encore
15:35une démonstration
15:37et c'est bien de montrer
15:38que justement,
15:38on peut...
15:39Ce n'est pas l'un ou l'autre,
15:40on peut avoir les deux,
15:42ça marche aussi.
15:43Alors,
15:43effectivement,
15:44après ce diplôme,
15:45vous avez commencé
15:46par 4 ans,
15:475 ans d'audit
15:48au sein de l'inspection
15:49générale des finances.
15:50Et puis après,
15:51très vite,
15:51finalement,
15:52vous avez choisi
15:53d'aller vers l'entreprise
15:55puisque vous avez intégré
15:56à ce moment-là
15:56la SNCF,
15:57si je ne me trompe pas.
15:58Absolument.
15:59Donc,
15:59comment ça s'est passé ?
16:00Qu'est-ce qui a fait
16:01que vous avez fait
16:01ce choix dès le départ ?
16:03En fait,
16:03je me suis sentie
16:04très chanceuse
16:05à l'inspection des finances.
16:06À l'inspection des finances,
16:07on est dans une logique
16:07de brigade
16:08où tous les 3-4 mois,
16:09on bascule
16:10d'une mission à l'autre.
16:11Donc,
16:11d'abord en jeune auditrice
16:13et puis ensuite,
16:14on gravit les échelons
16:14mais on est toujours
16:15dans une logique d'équipe
16:17à faire des audits
16:18financiers,
16:20stratégiques,
16:21très opérationnels
16:22avec ensuite
16:23la remise de recommandations
16:24pour aider
16:25les structures
16:25managériales auditées.
16:26Ça peut être aussi bien
16:27un centre des douanes
16:28que les voies
16:29navigables de France,
16:31que la Bibliothèque nationale
16:32de France
16:32avec sa stratégie immobilière
16:34ou de numérisation
16:35de tout son patrimoine
16:37merveilleux
16:37en termes de littérature.
16:39Et puis,
16:40j'ai aussi fait des missions
16:41pour la Banque mondiale
16:42en Burkina Faso
16:44avec le FMI à Washington
16:45après le séisme en Haïti.
16:47Donc,
16:48tout ceci était
16:48à la fois
16:50formidablement
16:51formateur
16:52et j'ai toujours
16:53le sentiment
16:53d'avoir beaucoup de chance
16:54et en même temps,
16:55je me suis toujours dit
16:55c'est quand même fou
16:56d'être en position
16:58de donner des recommandations
17:00de management
17:01et de pilotage opérationnel
17:03sans jamais l'avoir fait.
17:04Et donc,
17:05j'aurais pu continuer
17:06au sein du ministère
17:07des Finances
17:07et ça aurait été sans doute
17:08très passionnant
17:09intellectuellement
17:09mais j'avais
17:11à 28 ans
17:12un besoin assez urgent
17:13de pouvoir éprouver
17:15le terrain
17:16que j'audit
17:16d'être depuis 4 ans.
17:17Oui, bien sûr.
17:17Donc,
17:18je suis allée taper
17:18à plusieurs portes
17:19d'entreprise publique
17:20parce que je voulais absolument
17:21garder ma casquette publique
17:22que ce soit la RATP,
17:24la Poste
17:25et en fait,
17:25la première entreprise
17:26qui a entendu
17:27ce besoin
17:28et respecté
17:29qui m'a proposé
17:30de m'accueillir
17:31c'est la SNCF.
17:33Alors,
17:33à la SNCF,
17:34je sais que vous avez eu
17:34finalement,
17:36alors non pas le premier
17:37job passion
17:37mais enfin un poste
17:38très passion quand même.
17:39Ah oui,
17:40et je me souviens surtout
17:41de ma première interview
17:43avec Guillaume Pépi
17:44qui m'a reçu
17:46et j'ai eu beaucoup de chance
17:47et qui m'a dit
17:48qu'est-ce que vous voulez faire
17:49si vous voulez être
17:49directrice de cabinet
17:50et j'ai dit
17:50ah non, non,
17:51là je ne peux plus
17:52faire des slides,
17:53je voudrais aller
17:54à l'épreuve du terrain
17:55pour vérifier aussi
17:56que je suis capable
17:56de gagner ces galons
17:58de managers
17:59moi-même ayant
18:00pendant 4 ans
18:01audité
18:01et essayer d'accompagner
18:02des managers
18:03sans jamais avoir été manager.
18:05Donc il y avait quand même
18:05une instance assez pragmatique
18:07et opérationnelle
18:07et puis le goût du terrain
18:09que j'ai gardé
18:09qui fait qu'aujourd'hui
18:10je suis sans doute aussi
18:11dans un monde très ancré
18:12avec l'hôtellerie.
18:13Et donc du coup
18:14là où j'ai eu beaucoup de chance
18:15c'est que quand Guillaume Pépi
18:17m'a dit
18:17qu'est-ce que vous voulez faire
18:18j'ai dit
18:18je voudrais être chef de gare
18:19et donc j'ai eu 6 mois
18:21de formation
18:22d'accroche
18:23de décroche
18:24des wagons
18:24de conduite
18:25j'ai passé ma certification
18:27sécurité ferroviaire
18:28j'ai appris les métiers
18:29de l'escale
18:30tous les métiers
18:31d'une entreprise
18:32quand même passionnante
18:33et de gens passionnés
18:34puis j'ai été
18:35directrice adjointe
18:36de la gare Montparnasse
18:37et après pendant 3 ans
18:38j'ai eu la chance
18:39de diriger la gare Montparnasse
18:40et ça a été de loin
18:42ma plus belle école
18:43de formation opérationnelle
18:45et de management.
18:46Oui ça
18:46vous en parlez toujours
18:48avec beaucoup de passion
18:49vous parlez avec passion
18:50de l'ensemble
18:51de ce que vous faites
18:51mais enfin là
18:52la gare on sentait
18:53que vraiment
18:53c'était quelque chose
18:54de particulier
18:55bon ça c'est vraiment
18:56très très bien.
18:57En fait ça a été fondateur
18:58parce que je pense
18:59que c'est venu compléter
19:00j'ai appris beaucoup de choses
19:01et j'ai eu
19:02toujours cette posture
19:03d'humilité
19:04d'apprentissage
19:05mais en gare
19:06on a appris
19:08les nuits très courtes
19:09avec la gestion de crise
19:10le dialogue social
19:12la transformation permanente
19:14la réinvention de lieux
19:16grâce à mes équipes
19:17on a mis
19:18des nouveaux espaces commerciaux
19:20une nouvelle offre
19:20de restauration
19:21se dire que les gare
19:22n'étaient pas juste
19:23des lieux
19:23où on venait prendre un train
19:24mais des lieux
19:25où on pouvait diversifier
19:26les expériences
19:27on a fait des partenariats
19:28avec le CNC
19:29à l'époque
19:29c'était Garando
19:30on a projeté
19:31sur les murs
19:32de béton
19:33classé
19:33de la gare
19:34des courts-métrages
19:35le jour du sauce
19:36l'hiver
19:36on a mis
19:37avec nos équipes
19:38de gare et connexion
19:39le piano
19:39l'idée c'était de se dire
19:41finalement les lieux
19:42n'appartiennent
19:43qu'à la vision
19:44qui les porte
19:44et on peut faire
19:46de tous lieux
19:46des espaces d'expérience
19:48et d'émotion
19:49et ça c'est très attachant
19:51et c'est vrai que je garde
19:52un lien très proche
19:53avec plusieurs collaborateurs
19:55que vous avez connus
19:56à cette époque-là
19:57mais d'ailleurs
19:58dans ce que vous dites
19:59il y a les germes
20:00de tout ce que vous allez
20:01nous dire après
20:01sur votre nouveau métier
20:03puisque en fait
20:05après cette expérience
20:06passionnante à la SNCF
20:07vous êtes reparti
20:08deux années en cabinet
20:09je crois que c'était
20:09du temps de Manuel Valls
20:11Premier ministre
20:12et puis en 2017
20:13vous êtes revenu
20:14je dis revenu
20:15parce que pour moi
20:15c'est un retour
20:16dans le monde de l'entreprise
20:17et là vous avez choisi
20:18une entreprise privée
20:19donc c'est accord
20:20comment ça s'est passé
20:21à ce moment-là
20:21puis après vous nous parlerez
20:22vraiment du métier
20:23mais comment ça s'est passé
20:24le choix d'accord ?
20:25En fait ça s'est passé
20:27comme souvent
20:28dans une carrière
20:29par une logique de rencontre
20:30donc j'avais été en effet
20:32chef du pôle économique
20:33et digital
20:33en charge des affaires budgétaires
20:35industrielles, fiscales, numériques
20:37auprès de Manuel Valls
20:38c'était passionnant
20:39et au terme de mes 10 ans
20:41de service public
20:41et je tenais vraiment
20:42à les faire
20:43je me suis retrouvée
20:44dans une forme d'aporie
20:45puisque je pense que l'État
20:46et sans aucune critique
20:48ne savait pas trop quoi faire
20:49d'une inspectrice
20:50chef de gare
20:50on a tendance quand même
20:52c'était assez atypique
20:53même si ça s'améliore
20:54on a tendance quand même
20:55à essayer d'être
20:56dans une logique
20:57de linéarité
20:58alors je dis souvent
20:59à mes équipes
21:00que l'alignement
21:00ne passe pas souvent
21:01par le linéaire
21:02et que parfois
21:03pour être aligné
21:04avec ses valeurs
21:04et ses choix
21:05il faut assumer
21:07l'inconfort
21:08de la non-linéarité
21:09et donc au terme
21:11de mes 10 ans
21:12de fonction publique
21:12j'avais plusieurs pistes
21:15et il se trouve
21:16que lors d'un dîner
21:17professionnel
21:17j'ai eu la chance
21:18de faire la rencontre
21:19avec Sébastien Bazin
21:21qui m'a parlé
21:22de sa vision
21:23de ses valeurs
21:24et puis
21:25d'entités opérationnelles
21:27ouvertes à l'expérience client
21:28où aucun jour
21:29ne se ressemble
21:30des hôtels
21:31qui ressemblaient
21:32furieusement
21:32à la gare
21:33et donc là je me suis dit
21:35voilà
21:36il y a un petit signe
21:37à suivre
21:37je dis souvent
21:38aux gens que j'accompagne
21:39qu'il faut suivre un métier
21:40ou choisir un métier
21:41en fonction de trois critères
21:42l'appétence pour le produit
21:44l'hôtellerie
21:45les hôtels
21:46le voyage
21:46le tourisme
21:47deux
21:48les valeurs de l'entreprise
21:49et j'avais l'impression
21:50d'avoir une vraie résonance
21:51un vrai alignement
21:52avec les valeurs
21:53que portait Sébastien Bazin
21:54chez Accor
21:55et puis
21:56il faut choisir son chef
21:57et donc
21:58les trois étant réunies
22:00je suis devenue
22:02patronne du digital
22:03alors d'abord
22:03oui parce que trois fonctions
22:04vous avez lu
22:05ça fait neuf ans
22:06que je suis au comex
22:06j'ai d'abord eu une fonction
22:07non pas opérationnelle
22:08j'ai pas été chef de gare
22:09tout de suite
22:10j'ai d'abord été
22:11dans une fonction
22:13très matricielle
22:14parce que j'étais en charge
22:15de tout ce qui était
22:16données
22:17système d'information
22:18programme de fidélité
22:19vente, distribution
22:20et donc en fait
22:21c'était un rôle matriciel
22:22avec un très gros budget
22:23un gros scope
22:24mais quand même
22:25un devoir d'acculturation
22:27d'embarquement
22:28c'était la transformation digitale
22:30qui se jouait
22:30c'était toute la transformation
22:32opérationnelle
22:32et c'est là que paradoxalement
22:34mon bagage numérique
22:35et digital
22:36m'a beaucoup servi
22:37mais mon bagage littéraire
22:39est venu également
22:40m'aider
22:40parce qu'il fallait
22:41embarquer
22:42influencer
22:44convaincre
22:45et en fait
22:46fédérer
22:47autour d'une transformation digitale
22:49où il y avait
22:50beaucoup de pédagogie
22:51et alors
22:52bon
22:52trois fonctions
22:53au sein du groupe
22:54jusqu'à celle
22:55enfin trois
22:55dont celles que vous occupez
22:56actuellement
22:57donc je le disais
22:57en introduction
22:58vous êtes directrice générale
22:59de trois marques
23:00tout à fait
23:01quatre
23:01quatre marques
23:02pardon
23:02j'en ai oublié une
23:03Sophie Tell Legend
23:04M Gallery
23:05et Emblems
23:06c'est vrai que je dis Sophie Tell
23:06pour moi il y a les deux
23:07mais bon bref
23:08donc quatre marques
23:09j'en suis désolée
23:09donc parlez-nous maintenant
23:11de votre métier actuel
23:13de ce que représente
23:14d'ailleurs votre direction
23:15au sein du groupe
23:16parlez-nous
23:17de tout ce qui fait
23:18votre métier
23:19à la fois les hommes
23:20les chiffres
23:21la dynamique
23:23après avoir été
23:23chief digital officer
23:24Sébastien Bazin
23:25m'a permis
23:26de retrouver
23:27le terrain
23:28de la gare
23:28donc j'ai retrouvé
23:30le terrain opérationnel
23:31en devenant
23:32patronne
23:33de l'Europe du Sud
23:33c'était 1900 hôtels
23:35dans sept pays
23:36dont la France
23:37toutes marques confondues
23:38j'avais aussi bien
23:39la charge d'Ibis
23:40Neuve Hôtel Mercure
23:41que de Raffles
23:42donc c'était
23:43intellectuellement passionnant
23:44c'est là que j'ai appris
23:45à connaître
23:45les propriétaires du groupe
23:46la réalité très opérationnelle
23:48du terrain
23:48et au fond
23:49dans l'hôtellerie
23:50il n'y a rien de plus
23:50merveilleux et passionnant
23:52que le terrain
23:52au bout de trois ans
23:54incluant la gestion du Covid
23:56Sébastien a décidé
23:57de diviser
23:58le groupe Accor
23:59en deux
23:59avec un rationnel
24:01que je soutiens
24:03à savoir
24:04que l'accompagnement
24:05de la division
24:05et des marques
24:06luxe et lifestyle
24:07requiert des compétences
24:09et un investissement
24:09distinct
24:10pas mieux ni moins bien
24:11mais distinct
24:12que le segment économique
24:13et moyen de gamme
24:14donc il a fait
24:15toute une division
24:15économique moyen de gamme
24:17encore organisée
24:18en géographie
24:18et puis il a créé
24:20une division luxe
24:21et lifestyle
24:21autour de maisons
24:23comme on peut en trouver
24:23dans des maisons de luxe
24:24et moi j'ai la chance
24:25depuis quatre ans maintenant
24:26de diriger
24:27la maison en charge
24:29des 250 hôtels
24:31sous enseigne
24:32Sofitel
24:32Sofitel Legend
24:33M Galerie et Emblèmes
24:34donc j'ai un peu
24:35une entité
24:36avec toutes les fonctions réunies
24:37RH, finance
24:39achat
24:40juridique
24:41développement
24:41marketing
24:42et donc nous sommes en charge
24:44à la fois d'être
24:45les gardiens du temple
24:46des marques
24:47il y a tellement de marques
24:48Marie-Claire
24:49qu'elles peuvent toutes mourir
24:50si elles ne sont pas
24:51différenciées et cohérentes
24:52donc on est un peu
24:53les gardiens du temple
24:54de la cohérence du produit
24:55et de la culture
24:56et de la formation
24:57et des valeurs associées
24:59et on est aussi en charge
25:00du développement
25:01de nos marques
25:02donc là
25:02je suis quand même
25:03très heureuse
25:03de vous annoncer
25:04qu'on va ouvrir
25:0537 Sofitel
25:064 Sofitel Legend
25:0757ème Galerie
25:0815 emblèmes
25:09dans les 3 ans
25:10qui arrivent
25:10bravo
25:11beau programme
25:12ça c'est parce qu'on a
25:14la chance d'avoir
25:15une entité mondiale
25:16où au fond
25:17on valide
25:18tout nouveau projet
25:19et on essaye
25:20de développer
25:21à l'échelle globale
25:23la vision
25:24de marques différenciantes
25:25avec une culture
25:26qui porte
25:28une promesse client
25:29différente
25:29et ça
25:30intellectuellement
25:31c'est assez magique
25:32mais alors justement
25:34ça repose beaucoup
25:35vous le disiez
25:35et puis j'en ai été témoin
25:37à certaines occasions
25:38sur la capacité
25:40à embarquer
25:40les équipes
25:41autour de ça
25:41finalement
25:42qu'est-ce que vous mettez
25:43en avant le plus
25:44pour embarquer
25:46véritablement
25:47derrière vous
25:48dans ces choix
25:49alors j'ai appris
25:50au cours de ces 9 ans
25:51de Comex d'accord
25:52qu'il y a quelques recettes
25:53qui quand même
25:54marchent avec le terrain
25:55et la première pour moi
25:56c'est la proximité
25:57en Europe du Sud
25:58quand on a été confronté
25:59à la crise de Covid
26:00on a dû réduire
26:01nos circuits de décision
26:02on a dû mettre en place
26:04des visios
26:05avec l'ensemble
26:06des 2000 directeurs d'hôtels
26:08qu'on ne pouvait plus voir
26:08physiquement
26:09et en fait
26:10quand j'ai eu la chance
26:11d'avoir la responsabilité
26:12de cette maison de luxe
26:14il a fallu créer
26:15une organisation
26:17en partant de rien
26:17et donc j'ai créé
26:19cette organisation
26:19non seulement en recrutant
26:21les collaborateurs
26:22un par un
26:22pour leur talent
26:23pour leurs compétences
26:24et pour leurs valeurs
26:25parce que l'état d'esprit
26:26dans lequel on porte une marque
26:27est un vrai levier de performance
26:29et puis on a mis en place
26:31des recettes
26:31qui m'avaient semblées
26:33porteuses de succès
26:34proximité
26:35pas beaucoup d'échelons
26:37entre moi et un directeur
26:38ou une directrice d'hôtel
26:39il n'y a que deux échelons
26:40j'appelle systématiquement
26:41tout nouveau
26:42toute nouvelle directeur
26:43ou directrice d'hôtel
26:44y compris à son départ
26:46et puis
26:47il y a un circuit
26:48très court
26:49de décision
26:50et encore hier
26:51j'étais
26:52en visioconférence
26:53avec l'ensemble
26:54de mes directeurs d'hôtel
26:55un le matin
26:57et un le soir
26:58pour respecter
26:59le décalage horaire
27:00et s'assurer finalement
27:01que la culture
27:03et la vision
27:04des marques
27:04telles qu'on les porte
27:05pour Sofitel
27:06Sofitel Legend
27:06M Gallery
27:07et Emblèmes
27:08infusent de manière
27:10cohérente
27:10et soient pleinement
27:11partagées et comprises
27:13à l'échelle de la planète
27:15mais pour ça
27:15il n'y a qu'une solution
27:16c'est donner vraiment
27:17beaucoup de pouvoir
27:18aux gens qui sont
27:19dans les hôtels
27:20parce que c'est eux
27:20qui font la promesse
27:21et l'expérience client
27:22tous les jours
27:22et avoir cette valeur
27:24de proximité
27:25pas avoir un management
27:26uniquement descendant
27:28on est là aussi
27:28beaucoup pour apprendre
27:30du terrain
27:30se remettre en cause
27:32nourrir notre stratégie
27:33du terrain
27:34moi quand j'ai pris
27:35cette fonction
27:35pendant six mois
27:36j'ai fait le tour du monde
27:37pour écouter
27:38oui bien sûr
27:39et vous continuez d'ailleurs
27:40bon écoutez
27:41on aurait envie
27:41de vous écouter
27:42encore bien longtemps
27:43mais malheureusement
27:44le temps est écoulé
27:45donc nous allons
27:46nous arrêter là
27:47mais ce qui est très marquant
27:48je l'ai dit aussi
27:49un petit peu en introduction
27:50c'est à quel point
27:51vous êtes aligné
27:52vous avez employé le terme
27:53entre à la fois
27:54vos convictions personnelles
27:55et votre métier
27:56donc ça c'est fabuleux
27:57bon je suis persuadée
27:58que merci pour cet échange
28:00je suis persuadée
28:01que ça va donner envie
28:02à des jeunes qui écoutent
28:04de rejoindre ce fabuleux métier
28:06qu'est l'hôtellerie
28:07parce que c'est la quintessence
28:08pour moi
28:09à la fois de l'art de vivre
28:10et du service
28:11voilà merci beaucoup
28:12merci Mara Clare
28:13et je vous confirme
28:14que c'est une industrie fabuleuse
28:15et de coeur
28:16merci encore
28:17absolument merci
28:18voilà notre émission
28:19est terminée
28:20donc merci de l'avoir suivie
28:21et je vous en rendez-vous
28:23le mois prochain
28:23une autre interview
28:25d'une autre présidente
28:27d'un de nos fleurons français
28:28et le portrait
28:29d'une patronne
28:30de PME industrielle
28:32dans le recyclage
28:33merci
28:33merci
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