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  • il y a 13 heures
Ce jeudi 28 mai, le creusement de quatre milliards d'euros du déficit de la Sécurité sociale révélé par Les Échos, l'appel de la Cour des comptes à une réforme systémique, ainsi que l'arbitrage crucial entre baisse des prestations et hausse des cotisations pour renflouer les caisses, ont été abordés par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On a ces chiffres que nous donne les échos ce matin avec une révision de 4 milliards d'euros pour
00:05le trou de la sécurité sociale.
00:07Et on a également la Cour des comptes qui exhorte le gouvernement à agir de manière systémique,
00:12c'est-à-dire équilibrer les retraites, tailler dans certaines niches, tout ce qu'on sait en gros, Emmanuel Lechypre.
00:17La question ce matin face à Jean-Marie Daniel, est-ce qu'il faut choisir moins de prestations ou plus
00:23de cotisations pour essayer de renflouer le trou de la sécu ?
00:26Alors, est-ce qu'il faut choisir plus de cotisations ? Pourquoi pas ?
00:30Il faut en finir avec cette idée misérabiliste du dérembouissement des machins pour un euro.
00:37Les Français, ça y est, peuvent plus soigner. Il faut arrêter de dire n'importe quoi.
00:40Les Français sont ceux qui payent le moins aujourd'hui pour leur santé.
00:43Si vous prenez les chiffres que donne l'OCDE, les ménages, ils financent directement 7 à 9 % des dépenses
00:50de santé.
00:51En Allemagne, c'est 12 à 13 %. En Espagne, en Italie, c'est encore plus.
00:54En Suisse, c'est considérable. Et aux États-Unis, évidemment, c'est là aussi.
00:58Beaucoup plus élevé. Donc, le patient français est quand même financièrement, aujourd'hui, extraordinairement protégé.
01:06Donc, il peut sans doute, évidemment, payer plus.
01:10Mais après, payer plus, pourquoi ?
01:12Ce serait bien qu'il paye plus pour sortir de la logique socialiste actuelle,
01:16qui est quand même la logique, que ce qui n'est pas régulé par les prix l'est forcément par
01:22les quantités.
01:23Et quand une prestation ne coûte rien, c'est par les files d'attente que ça se gère.
01:28Et aujourd'hui, le problème, finalement, de l'accès aux soins, ce n'est pas un problème financier, c'est
01:32un problème de non-dispolibilité.
01:34Mais donc, vous êtes pour augmenter les cotisations. Mais lesquelles ? Vous augmentez quoi ?
01:38Les salariés, uniquement. Surtout pas les entreprises.
01:41Ils vont rigoler.
01:41Mais surtout pas les entreprises, malheureuse. Surtout pas les entreprises.
01:45Vous avez un lien direct entre le niveau d'entreprise.
01:47Mais encore faire baisser le net encore un peu par rapport au brut.
01:50Mais, attendez, vous avez un pays dans lequel, comme dans tous les pays, on voit que plus vous payez de
01:58cotisations sociales, plus le taux d'emploi est bas.
02:00Donc, la réalité, c'est qu'il faut remettre tout le monde au boulot. Le travail, c'est la santé.
02:05Mais travailler plus, c'est pas la même chose.
02:07Ah si, travailler plus.
02:08Vous, augmenter les cotisations salariales, c'est pas pareil.
02:11Et on vous donne les moyens de mieux vous soigner. Parce qu'encore une fois, la réalité, c'est qu
02:16'aujourd'hui, c'est l'accès aux soins qui pose problème.
02:18Vous n'avez pas de médecin, vous n'avez pas de généraliste.
02:20Dans quel pays vous avez des villes de plusieurs milliers d'habitants qui n'ont plus un seul généraliste ?
02:25Mais ça n'existe pas.
02:26Donc, moi, je suis pour faire pour.
02:27Après, la question, c'est, on peut faire par ailleurs beaucoup de propositions pour améliorer le parcours de soins, etc.
02:35Alors, attendez.
02:36Aujourd'hui, on rembourse quand même extrêmement bien une inefficacité honteuse de notre système de santé.
02:42Jean-Marc.
02:42Oui, ce que je trouve intéressant dans le débat qui est en train de s'initier, c'est votre indignation.
02:47Indignée.
02:47Oui, oui, absolument.
02:48C'est-à-dire, ce que je retiens de tout ça, et ce qui me paraît assez évident, c'est
02:52que le système est dans une impasse,
02:53et en réalité, il est dans une impasse depuis 30 ans, depuis le plan Juppé, c'est-à-dire depuis
02:58l'étatisation de la sécurité sociale.
03:01Parce que, là où on voit bien le problème, c'est que vous avez des événements en Iran qui modifient
03:06la conjoncture,
03:07et on nous dit, mais on va modifier vos droits à vous soigner.
03:10Quel est le rapport qui est entre nos droits à nous soigner avec ce qui se passe en Iran ?
03:14À ces baisses de la croissance, il y a moins d'argent qui rentre dans les caisses.
03:18Est-ce que votre assureur vous a dit, écoutez, sur votre assurance auto, à cause de ce qui se passe
03:23en Iran, vous avez intérêt à avoir moins d'accidents.
03:25D'ailleurs, de toute façon, quand vous prendrez moins votre auto, vous avez le prix de l'essence, ça se
03:29fera assez spontanément.
03:30Donc, on va augmenter votre prime, et puis comme ça...
03:33Sauf que Jean-Marc, l'assureur, il met en avant des raisons structurelles.
03:35Pour les assurances habitation, pour les assurances auto, il met les voitures électriques, ça coûte plus cher à réparer.
03:40Oui, j'entends bien.
03:40Il y a de plus en plus de catastrophes naturelles.
03:42Oui, ce que je veux dire par là, c'est qu'une assurance, effectivement, ça se gère de façon structurelle.
03:47Et pour absorber les aléas conjoncturels, la compagnie d'assurance, elle joue ce rôle-là.
03:53L'État, en tant que gestionnaire de la sécurité sociale, qui est un mécanisme essentiellement assurantiel,
03:57je mets de côté les aspects plus solidarités, mais la dimension assurantielle,
04:02cette dimension assurantielle, l'État n'est pas capable de l'assurer.
04:05Et donc, il gère au jour le jour, avec des à-coups dans un sens puis dans l'autre,
04:10parce qu'il a introduit dans le système un déficit, qui est un déficit qu'il ne contrôle plus.
04:14Le deuxième enjeu, c'est qu'effectivement, la bonne réponse quand vous avez quelque chose qui n'est pas rentable,
04:19c'est soit de baisser la prestation, mais les gens réclament plutôt, soit d'augmenter le prix,
04:24soit c'est-à-dire d'augmenter les cotisations.
04:26Et votre réaction, qui est celle de la plupart des commentateurs, c'est de dire
04:30« Non ! »
04:31« Non, la différence entre le brut et le net est beaucoup trop importante ! »
04:34Mais on pourrait payer plus le médicament en soi, c'est-à-dire qu'à la pharmacie,
04:38il pourrait y avoir un restageur que vous élevez !
04:39Il pourrait y avoir une répartition différente, effectivement,
04:41mais à la fin, le consommateur paiera toujours, l'assuré paiera toujours,
04:45et les cotisations...
04:46Mais pas sur le travail !
04:47– Ah ben si, parce que c'est toujours son revenu qui est ponctionné !
04:51– Ah oui, à la fin !
04:52– Moi, je trouve que c'est mieux si vous payez à la fin que si on vous le prenne
04:55au début !
04:56– Et donc, effectivement, vous avez ce discours qui consiste à dire
04:59« La différence entre le brut et le net est trop importante »
05:02et en réalité, Emmanuel a raison, elle n'est pas assez importante,
05:05on ne paye pas assez puisque le système est en déficit.
05:07La seule façon d'améliorer, c'est de faire en sorte que le système
05:10soit confronté à ses propres contradictions par le fait qu'il soit en concurrence.
05:14Et donc, la façon de le mettre en concurrence...
05:15– Vous voulez privatiser la sécurité sociale ?
05:17– De la privatiser.
05:18Et donc, les gens qui veulent vraiment réformer la sécurité sociale,
05:21ce n'est pas de faire de la démagogie en disant
05:22« Il y a trop de différences entre le brut et le net »,
05:24c'est de dire « On va véritablement repenser, refonder le système ».
05:27Et la troisième réflexion que je mettrai en avant, c'est qu'en ce moment,
05:30il y a le premier ministre norvégien qui est en visite en France.
05:33– Ah oui ?
05:34– Et ce qui est important, c'est qu'il faut lui parler poliment,
05:37au premier ministre norvégien, parce que nous ne vivons que grâce à lui.
05:40– D'abord, on va lui acheter son gaz et son pétrole.
05:42– On lui achète son gaz et son pétrole, et il finance dans son aide publique.
05:45Tous ces gens qui parlent de souveraineté, qui disent « Oui, voilà ! »
05:48– Mais par les achats obligataires.
05:50– Oui, on n'est pas souverains, parce que le Fonds souverain norvégien,
05:53c'est lui qui nous finance.
05:55Et donc, en ce moment, j'espère que le président de la République a été...
05:58– Mais il a combien de la dette française, le Fonds souverain norvégien ?
06:00– Ah, c'est le principal détenteur de la dette souveraine.
06:03– Et puis quand même, il ne faut pas s'épargner toutes les réflexions
06:07sur l'efficacité du système.
06:09Ce qu'on dit sur l'énergie est valable pour tous les secteurs de la vie française.
06:13Vous savez, on dit qu'on pourrait en fait consommer 20% d'énergie en moins
06:16sans véritablement changer nos modes de vie.
06:18C'est valable sur tous les sujets.
06:20C'est valable sur la dépense publique, c'est valable sur la santé.
06:23On pourrait aujourd'hui, avec plus de rationalité et d'efficacité,
06:27dans la gestion d'un système qui est absolument absurde,
06:31dépenser 20% en moins pour notre santé
06:34en étant tout aussi bien, voire mieux soigné.
06:36Donc c'est à ça aussi qu'il faut s'attaquer.
06:38– Bon, en attendant de faire ça, si vous croisez un Norvégien, soyez poli.
06:41– Il ne faut que ce soit pas poli avec lui.
06:43– Ou quelqu'un d'un faux souverain, soyez poli avec les Norvégiens.
06:46– Arrêtez de parler de souveraineté, réalisez que vous dépendez de ce monsieur.
06:49– Merci, monsieur.
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