00:00On a ces chiffres que nous donne les échos ce matin avec une révision de 4 milliards d'euros pour
00:05le trou de la sécurité sociale.
00:07Et on a également la Cour des comptes qui exhorte le gouvernement à agir de manière systémique,
00:12c'est-à-dire équilibrer les retraites, tailler dans certaines niches, tout ce qu'on sait en gros, Emmanuel Lechypre.
00:17La question ce matin face à Jean-Marie Daniel, est-ce qu'il faut choisir moins de prestations ou plus
00:23de cotisations pour essayer de renflouer le trou de la sécu ?
00:26Alors, est-ce qu'il faut choisir plus de cotisations ? Pourquoi pas ?
00:30Il faut en finir avec cette idée misérabiliste du dérembouissement des machins pour un euro.
00:37Les Français, ça y est, peuvent plus soigner. Il faut arrêter de dire n'importe quoi.
00:40Les Français sont ceux qui payent le moins aujourd'hui pour leur santé.
00:43Si vous prenez les chiffres que donne l'OCDE, les ménages, ils financent directement 7 à 9 % des dépenses
00:50de santé.
00:51En Allemagne, c'est 12 à 13 %. En Espagne, en Italie, c'est encore plus.
00:54En Suisse, c'est considérable. Et aux États-Unis, évidemment, c'est là aussi.
00:58Beaucoup plus élevé. Donc, le patient français est quand même financièrement, aujourd'hui, extraordinairement protégé.
01:06Donc, il peut sans doute, évidemment, payer plus.
01:10Mais après, payer plus, pourquoi ?
01:12Ce serait bien qu'il paye plus pour sortir de la logique socialiste actuelle,
01:16qui est quand même la logique, que ce qui n'est pas régulé par les prix l'est forcément par
01:22les quantités.
01:23Et quand une prestation ne coûte rien, c'est par les files d'attente que ça se gère.
01:28Et aujourd'hui, le problème, finalement, de l'accès aux soins, ce n'est pas un problème financier, c'est
01:32un problème de non-dispolibilité.
01:34Mais donc, vous êtes pour augmenter les cotisations. Mais lesquelles ? Vous augmentez quoi ?
01:38Les salariés, uniquement. Surtout pas les entreprises.
01:41Ils vont rigoler.
01:41Mais surtout pas les entreprises, malheureuse. Surtout pas les entreprises.
01:45Vous avez un lien direct entre le niveau d'entreprise.
01:47Mais encore faire baisser le net encore un peu par rapport au brut.
01:50Mais, attendez, vous avez un pays dans lequel, comme dans tous les pays, on voit que plus vous payez de
01:58cotisations sociales, plus le taux d'emploi est bas.
02:00Donc, la réalité, c'est qu'il faut remettre tout le monde au boulot. Le travail, c'est la santé.
02:05Mais travailler plus, c'est pas la même chose.
02:07Ah si, travailler plus.
02:08Vous, augmenter les cotisations salariales, c'est pas pareil.
02:11Et on vous donne les moyens de mieux vous soigner. Parce qu'encore une fois, la réalité, c'est qu
02:16'aujourd'hui, c'est l'accès aux soins qui pose problème.
02:18Vous n'avez pas de médecin, vous n'avez pas de généraliste.
02:20Dans quel pays vous avez des villes de plusieurs milliers d'habitants qui n'ont plus un seul généraliste ?
02:25Mais ça n'existe pas.
02:26Donc, moi, je suis pour faire pour.
02:27Après, la question, c'est, on peut faire par ailleurs beaucoup de propositions pour améliorer le parcours de soins, etc.
02:35Alors, attendez.
02:36Aujourd'hui, on rembourse quand même extrêmement bien une inefficacité honteuse de notre système de santé.
02:42Jean-Marc.
02:42Oui, ce que je trouve intéressant dans le débat qui est en train de s'initier, c'est votre indignation.
02:47Indignée.
02:47Oui, oui, absolument.
02:48C'est-à-dire, ce que je retiens de tout ça, et ce qui me paraît assez évident, c'est
02:52que le système est dans une impasse,
02:53et en réalité, il est dans une impasse depuis 30 ans, depuis le plan Juppé, c'est-à-dire depuis
02:58l'étatisation de la sécurité sociale.
03:01Parce que, là où on voit bien le problème, c'est que vous avez des événements en Iran qui modifient
03:06la conjoncture,
03:07et on nous dit, mais on va modifier vos droits à vous soigner.
03:10Quel est le rapport qui est entre nos droits à nous soigner avec ce qui se passe en Iran ?
03:14À ces baisses de la croissance, il y a moins d'argent qui rentre dans les caisses.
03:18Est-ce que votre assureur vous a dit, écoutez, sur votre assurance auto, à cause de ce qui se passe
03:23en Iran, vous avez intérêt à avoir moins d'accidents.
03:25D'ailleurs, de toute façon, quand vous prendrez moins votre auto, vous avez le prix de l'essence, ça se
03:29fera assez spontanément.
03:30Donc, on va augmenter votre prime, et puis comme ça...
03:33Sauf que Jean-Marc, l'assureur, il met en avant des raisons structurelles.
03:35Pour les assurances habitation, pour les assurances auto, il met les voitures électriques, ça coûte plus cher à réparer.
03:40Oui, j'entends bien.
03:40Il y a de plus en plus de catastrophes naturelles.
03:42Oui, ce que je veux dire par là, c'est qu'une assurance, effectivement, ça se gère de façon structurelle.
03:47Et pour absorber les aléas conjoncturels, la compagnie d'assurance, elle joue ce rôle-là.
03:53L'État, en tant que gestionnaire de la sécurité sociale, qui est un mécanisme essentiellement assurantiel,
03:57je mets de côté les aspects plus solidarités, mais la dimension assurantielle,
04:02cette dimension assurantielle, l'État n'est pas capable de l'assurer.
04:05Et donc, il gère au jour le jour, avec des à-coups dans un sens puis dans l'autre,
04:10parce qu'il a introduit dans le système un déficit, qui est un déficit qu'il ne contrôle plus.
04:14Le deuxième enjeu, c'est qu'effectivement, la bonne réponse quand vous avez quelque chose qui n'est pas rentable,
04:19c'est soit de baisser la prestation, mais les gens réclament plutôt, soit d'augmenter le prix,
04:24soit c'est-à-dire d'augmenter les cotisations.
04:26Et votre réaction, qui est celle de la plupart des commentateurs, c'est de dire
04:30« Non ! »
04:31« Non, la différence entre le brut et le net est beaucoup trop importante ! »
04:34Mais on pourrait payer plus le médicament en soi, c'est-à-dire qu'à la pharmacie,
04:38il pourrait y avoir un restageur que vous élevez !
04:39Il pourrait y avoir une répartition différente, effectivement,
04:41mais à la fin, le consommateur paiera toujours, l'assuré paiera toujours,
04:45et les cotisations...
04:46Mais pas sur le travail !
04:47– Ah ben si, parce que c'est toujours son revenu qui est ponctionné !
04:51– Ah oui, à la fin !
04:52– Moi, je trouve que c'est mieux si vous payez à la fin que si on vous le prenne
04:55au début !
04:56– Et donc, effectivement, vous avez ce discours qui consiste à dire
04:59« La différence entre le brut et le net est trop importante »
05:02et en réalité, Emmanuel a raison, elle n'est pas assez importante,
05:05on ne paye pas assez puisque le système est en déficit.
05:07La seule façon d'améliorer, c'est de faire en sorte que le système
05:10soit confronté à ses propres contradictions par le fait qu'il soit en concurrence.
05:14Et donc, la façon de le mettre en concurrence...
05:15– Vous voulez privatiser la sécurité sociale ?
05:17– De la privatiser.
05:18Et donc, les gens qui veulent vraiment réformer la sécurité sociale,
05:21ce n'est pas de faire de la démagogie en disant
05:22« Il y a trop de différences entre le brut et le net »,
05:24c'est de dire « On va véritablement repenser, refonder le système ».
05:27Et la troisième réflexion que je mettrai en avant, c'est qu'en ce moment,
05:30il y a le premier ministre norvégien qui est en visite en France.
05:33– Ah oui ?
05:34– Et ce qui est important, c'est qu'il faut lui parler poliment,
05:37au premier ministre norvégien, parce que nous ne vivons que grâce à lui.
05:40– D'abord, on va lui acheter son gaz et son pétrole.
05:42– On lui achète son gaz et son pétrole, et il finance dans son aide publique.
05:45Tous ces gens qui parlent de souveraineté, qui disent « Oui, voilà ! »
05:48– Mais par les achats obligataires.
05:50– Oui, on n'est pas souverains, parce que le Fonds souverain norvégien,
05:53c'est lui qui nous finance.
05:55Et donc, en ce moment, j'espère que le président de la République a été...
05:58– Mais il a combien de la dette française, le Fonds souverain norvégien ?
06:00– Ah, c'est le principal détenteur de la dette souveraine.
06:03– Et puis quand même, il ne faut pas s'épargner toutes les réflexions
06:07sur l'efficacité du système.
06:09Ce qu'on dit sur l'énergie est valable pour tous les secteurs de la vie française.
06:13Vous savez, on dit qu'on pourrait en fait consommer 20% d'énergie en moins
06:16sans véritablement changer nos modes de vie.
06:18C'est valable sur tous les sujets.
06:20C'est valable sur la dépense publique, c'est valable sur la santé.
06:23On pourrait aujourd'hui, avec plus de rationalité et d'efficacité,
06:27dans la gestion d'un système qui est absolument absurde,
06:31dépenser 20% en moins pour notre santé
06:34en étant tout aussi bien, voire mieux soigné.
06:36Donc c'est à ça aussi qu'il faut s'attaquer.
06:38– Bon, en attendant de faire ça, si vous croisez un Norvégien, soyez poli.
06:41– Il ne faut que ce soit pas poli avec lui.
06:43– Ou quelqu'un d'un faux souverain, soyez poli avec les Norvégiens.
06:46– Arrêtez de parler de souveraineté, réalisez que vous dépendez de ce monsieur.
06:49– Merci, monsieur.
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