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  • il y a 3 heures
Ce mercredi 8 avril, la question des fermetures de classes liées à la baisse attendue du nombre d’écoliers selon les prévisions démographiques, a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à mes chiffres, c'est Jean-Marc Daniel pour parler de la mère de toutes les disciplines, la démographie
00:04et ses chiffres donnés par le ministère de l'éducation sur les prévisions avec un effondrement du nombre d'écoliers.
00:111,7 million d'élèves prévus en moins d'ici 2035. Est-ce qu'il faut fermer des classes ?
00:16Ah bah c'est certainement pas la priorité. Je pense que s'il y a bien un domaine sur lequel
00:20on ne peut pas raisonner de façon comptable, c'est quand même l'éducation nationale.
00:25C'est quand même le plus gros échec du service public à la française des 50 dernières années.
00:30Si vous regardez l'explosion des coûts, on dépense à peu près 10 milliards de plus que les Allemands pour
00:35un nombre d'élèves à peu près identique.
00:37Si on regarde l'effondrement de la qualité de cette éducation, je ne vous refais pas le classement PISA, les
00:43chiffres les plus dingues,
00:43c'est quand même ceux qui nous disent que par rapport à la génération 1987, il n'y a que
00:491% des élèves d'aujourd'hui qui feraient partie des 10% les meilleurs de l'époque.
00:52Et si vous prenez les 10% les plus nuls de 1987, ça correspond presque à 60% des élèves
01:00d'aujourd'hui.
01:01Donc c'est notre chance là ?
01:03Donc voilà absolument, ça c'est le constat. Rappelons que l'éducation, c'est le plus gros moteur de la
01:10productivité et donc de la prospérité à long terme.
01:13Et que s'il ne devait rester qu'un seul euro d'argent public, c'est dans l'éducation qu
01:17'il faudrait le dépenser.
01:18Donc profitons, comme on l'a fait chaque fois par le passé, des grandes transitions démographiques pour renouveler complètement notre
01:26offre scolaire.
01:26Si vous prenez les grandes expansions scolaires, la Troisième République, les Trente Glorieuses, tout ça, ça a accompagné des transitions
01:32démographiques.
01:33Donc ne prenons pas comme priorité de fermer des classes, de virer des profs.
01:39On peut alléger la pression sur les coûts un peu, mais surtout, il faut songer à l'amélioration de l
01:45'offre.
01:45Et donc il faudra qu'il y ait peut-être des fermetures de classes, mais dans une proportion bien moindre
01:49que ce que nous dit l'évolution du nombre d'élèves.
01:52Est-ce que la qualité de l'éducation est due au nombre de gens dans les classes ?
01:57Non, il n'y a pas de grandes études.
01:58Il y a des études qui vous montrent que dans beaucoup de pays émergents, vous avez 30-35 élèves par
02:02classe et que ça se passe très bien.
02:04Donc ce n'est pas l'alpha et l'oméga de la réussite en matière d'éducation, le nombre d
02:09'élèves par classe.
02:09Jean-Marc ?
02:10Non, je pense qu'il faut avoir le sens des réalités.
02:12Le pays est en train de vieillir.
02:16Donc le troisième âge ou quatrième âge va coûter de plus en plus cher.
02:19Et donc un endroit où on peut faire des économies, c'est de constater effectivement qu'il y a de
02:23moins en moins d'enfants.
02:24Avec le discours que vient de nous tenir Emmanuel, on va finir à l'Éducation nationale comme ministère de l
02:28'Agriculture.
02:29Il y aura plus de fonctionnaires à l'agriculture que d'agriculteurs.
02:32Il y aura plus de professeurs que d'étudiants et d'élèves dans le système scolaire.
02:36Donc effectivement, vous avez une baisse spectaculaire du nombre d'élèves.
02:40Le fait que ce soit le nombre d'élèves qui détermine le niveau est plutôt infirmé par l'histoire.
02:46Il a parlé d'étranges glorieuses en tant qu'élèves pendant l'étranges glorieuses et fils et petits-fils d
02:54'instituteurs.
02:55Je peux vous dire que les classes étaient à 40 et qu'on enseignait quelque chose.
02:59Absolument.
02:59Et que maintenant...
03:01Vous n'avez parlé d'autorité, de tout ça, non ?
03:04Il y a le contenu et surtout, il y a la motivation qu'on donne aux enseignants.
03:07Et donc là aussi, il y a un deuxième problème qui est le vrai problème.
03:10C'est le fait que l'année dernière, au concours pour les professeurs des écoles,
03:13ce qu'on appelait le montant à l'époque des instituteurs,
03:17il y avait 8100 places et il y a eu 7100 recrutements.
03:21Et donc il faut...
03:22Donc on prend tout le monde en gros.
03:23On prend tout le monde.
03:24Donc il faut effectivement améliorer la condition des professeurs que l'on recrute.
03:29mais il faut en recruter beaucoup moins.
03:31Il faut être beaucoup plus attentif à la qualité de l'enseignement qu'à sa quantité.
03:35Et il faut se dire qu'effectivement, à la fin des fins,
03:38ça doit être un endroit où on fait des économies dans une situation
03:40où les finances publiques sont les finances publiques qui sont tendues.
03:43Oui, mais c'est là où on n'est pas d'accord avec Jean-Marc.
03:46C'est que l'équation comptable, c'est que le dernier terme,
03:51ça n'est que la dernière des priorités.
03:53C'est effectivement ce qui résultera sans doute de la démographie.
03:57Mais la priorité, Jean-Marc l'a dit.
03:59Comment, si votre seule obsession, c'est de réduire le nombre de classes
04:03sans améliorer et de dépenser moins, sans améliorer la situation des enseignants,
04:08comment vous voulez attirer davantage vers le métier de l'enseignement ?
04:12Je veux dire, il y aura des meilleurs profs.
04:15Leur expérience, leur métier sera revalorisé.
04:18Donc là, vous allez vraiment gagner en qualité.
04:20Je crois que le vrai défi qui se pose devant nous, il est simple.
04:24Soit on va vers la montée en gamme de notre système éducatif,
04:28soit on va vers l'abaissement de son coût.
04:31Mais je pense qu'il ne faut pas se tromper.
04:32À long terme, c'est un très mauvais calcul.
04:34C'est le moment ou jamais, mais on peut investir.
04:37Comment on fait pour améliorer, par exemple, le salaire des profs
04:39si on ne ferme pas des classes ?
04:41Bien évidemment, il ne s'agit pas de dire qu'il ne faut pas...
04:44Il ne faut pas moins nombreux, mieux payés ?
04:46C'est moins nombreux, mais pas proportionnellement à la démographie.
04:49C'est ça que je veux vous dire.
04:49La priorité, ce n'est pas d'aligner le nombre de classes
04:53sur la trajectoire de la démographie à la centaine de téléspréhé.
04:57Le ministre dit que si on fait ça, on doit virer 100 000 profs.
04:59Il n'y a pas encore eu 100 000.
05:00Mais il y a des tas de profs qui vont partir à la retraite.
05:06Gardons-en pour effectivement aller vers cette amélioration de la qualité.
05:10Donc encore une fois, je pense qu'on va pouvoir dépenser moins.
05:12C'est une bonne nouvelle.
05:13Mais c'est surtout que la priorité absolue, ça doit être d'enseigner mieux
05:17et de former beaucoup mieux dans un pays qui est en danger aujourd'hui,
05:22globalement, à cause de la dégradation de son éducation nationale.
05:26Donc on verra si on ferme des classes.
05:27Mais ce n'est pas la priorité absolue.
05:29Trois remarques très rapides.
05:30La première, c'est que la sollicitation du monde enseignant
05:32est beaucoup moindre qu'elle n'était il y a une cinquantaine d'années.
05:35Je rappelle que la semaine scolaire, telle qu'on parle de Jules Ferry,
05:38c'était cinq jours par semaine.
05:40C'est-à-dire qu'on travaillait lundi, mardi, mercredi.
05:42On ne travaillait pas le jeudi, d'où la semaine des quatre jeudis,
05:44qui était le symbole d'une certaine forme d'oisiveté.
05:47Et puis on travaillait le vendredi et le samedi,
05:50y compris le samedi après-midi.
05:52La deuxième remarque que je ferais, c'est qu'effectivement,
05:54le ministère de l'Éducation s'est aperçu que
05:56parler de façon incantatoire de formation, formation, formation,
05:59ça n'avait pas de sens si on ne prenait pas des mesures concrètes.
06:01Et il a revu les exigences en termes d'exigences universitaires
06:05vis-à-vis des enseignants pour avoir des exigences davantage pédagogiques.
06:08Et le troisième élément dans tout ça, c'est que je crois qu'effectivement,
06:12il faut que, pour motiver l'ensemble du monde enseignant,
06:15il faut avoir l'idée qu'il y ait une sanction au fonctionnement de l'enseignement.
06:19Une sanction du côté des élèves.
06:21Si tout le monde a le baccalauréat, plus personne n'a le baccalauréat.
06:23Et si tout le monde a le baccalauréat, plus personne n'a envie d'apprendre.
06:26Si apprendre est vécu comme étant quelque chose qui est totalement inutile,
06:30puisque de toute façon, il n'y aura pas de sanction à l'absence de maîtrise,
06:33des savoirs et des connaissances,
06:35à ce moment-là, effectivement, on a un système qui va se dégrader.
06:38Il faut arrêter avec l'égalité et par le nivellement vers le bas.
06:40Exactement, exactement.
06:42Il faut travailler et arrêter avec l'égalitarisme niveleur.
06:45Dernier mot, mais vraiment dernier dernier.
06:46Non, mais c'est aussi un moyen de réduire, finalement, les illégalités sociales
06:50et de refaire un peu que l'école corrige un peu ces inégalités sociales,
06:54puisque rappelons que la France est le pays dans lequel l'école corrige le moins
06:57ces inégalités sociales.
06:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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