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  • il y a 2 heures
Lundi 8 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Marc Ferracci, député EPR et ancien ministre de l'Industrie, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:11Vous êtes bien dans le 18-19 c'est vraiment un deal historique en tous les cas dans les
00:16télécoms et puis avec dans la concurrence et concurrence européenne celui du rachat
00:20des CFR par ses trois autres concurrents on en parle avec Marc Ferracci député ancien ministre
00:26sur l'industrie bonsoir Marc Ferracci merci d'être là c'est ce deal évidemment ça a duré tellement
00:31longtemps que vous l'avez supervisé lorsque vous étiez en charge de l'industrie et notamment
00:36des télécoms forcément est-ce que c'est une bonne chose ou pas ? Je pense que c'est une
00:43bonne chose
00:44je pense que c'est une bonne chose parce qu'au fond il y a plusieurs enjeux autour de ce
00:48deal il y a un
00:48enjeu qui est important qui est celui de la concurrence et du pouvoir d'achat des français
00:52parce que évidemment le nombre d'opérateurs ça peut avoir un effet sur la facture de votre abonnement
00:57de téléphone et donc on verra ça ça va être le rôle des autorités de la concurrence l'autorité de
01:03la
01:03concurrence en France ou la commission de Bruxelles de regarder les conséquences en matière justement
01:07d'impact sur les prix donc c'est un enjeu qu'il faudra regarder mais moi je vois un enjeu
01:11plus
01:12important de mon point de vue parce que le monde change c'est l'enjeu des investissements dans notre
01:17modèle de télécom on a besoin d'investir pour renforcer la qualité du réseau on a besoin d'investir pour
01:24finaliser la fibre vous savez que à certains endroits la fibre n'arrive pas encore et on a besoin de
01:29l'amener
01:30jusqu'au dernier kilomètre on a besoin d'investir pour la cybersécurité de nos réseaux dans un monde où on
01:36le voit
01:36les attaques sont de plus en plus nombreuses pour ça nos opérateurs ont besoin d'avoir des moyens et d
01:43'ailleurs
01:43le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité européenne il y a déjà deux ans déjà enterré depuis deux ans
01:49oui mais justement il n'est pas si enterré que ça si vous regardez puisqu'il défendait le principe d
01:54'une
01:54consolidation dans le secteur des télécoms justement pour favoriser ces investissements qui sont
01:58nécessaires à notre compétitivité les télécoms c'est une infrastructure critique et donc je pense
02:04qu'il faut arriver à trouver un équilibre entre cet objectif de préserver la concurrence et l'objectif
02:10de compétitivité des opérateurs c'est à dire leur donner des capacités d'investissement
02:15en mettant c'est une entreprise qui va disparaître on en parlera tout à l'heure avec le délégué
02:19syndical c'est d'été de SFR parce qu'elle est amenée à être découpée c'est est ce que
02:24c'est un aveu
02:25d'échec non c'est pas un aveu d'échec c'est une dynamique assez normal dans un système d
02:30'économie de marché
02:31d'économie capitaliste il y a des phénomènes de consolidation il y a des phénomènes d'entrée de nouveaux acteurs
02:36sur un
02:37marché c'est ce qui a été le cas il y a quelques années avec free et puis il y
02:40a des phénomènes qui obligent à
02:42restructurer l'organisation vous parlez effectivement de la disparition de SFR moi je pense aux salariés de SFR je pense
02:49que votre
02:49interlocuteur évidemment va beaucoup vous en parler ce qu'il faut savoir c'est que dans ce deal eh bien
02:54les choses ne vont pas
02:55se faire de manière brutale jusqu'en 2029 il y a une garantie d'emploi ou de proposition d'emploi
03:00pour les salariés de SFR
03:02c'est un élément très important et d'ailleurs les opérateurs qui vont reprendre SFR ont intérêt à ce que
03:08les équipes
03:08les cadres mais aussi
03:10les salariés qui sont dans les boutiques eh bien ne quittent pas SFR trop rapidement parce que ça fait aussi
03:16partie des actifs d'une entreprise
03:18que de conserver ses salariés
03:20donc je pense qu'on a besoin d'accompagner
03:22d'accompagner cette transition sociale de la meilleure des manières
03:24vous avez été ministre de l'industrie vous avez vu passer pas mal de dossiers
03:28nous aussi ici d'un point de vue différent évidemment
03:32vous avez ça j'ai envie de dire c'est une garantie jusqu'à 2029 c'est rien du tout
03:36enfin vous voyez c'est dans deux ans quoi
03:38donc
03:39c'est dans un peu plus que deux ans
03:41on est quasiment en 2027 si j'ose dire
03:45en septembre 2026
03:46bien sûr et ça c'est le rôle de la négociation sociale la négociation sociale va commencer avec les organisations
03:52représentatives des salariés
03:54et elle a besoin d'être évidemment exigeante
03:56exigeante
03:57à la fois sur les conditions de départ pour ceux qui voudraient partir mais aussi sur les conditions de formation
04:02de reconversion
04:03vous l'avez dit moi j'ai eu à traiter en tant que ministre beaucoup de dossiers de restructuration industrielle
04:07parfois des sites qui fermaient parfois des entreprises qui menaient des plans sociaux
04:11et bien le principe quand il y a une restructuration de cette
04:15de cette ampleur c'est d'accompagner chaque salarié d'accompagner chaque salarié dans son projet professionnel
04:22parfois le projet se retrouve dans les entreprises qui vont reprendre les actifs d'SFR
04:26c'est-à-dire dans les trois autres opérateurs
04:28et puis pour d'autres salariés et bien ce seront des perspectives différentes
04:31mais là l'engagement doit être évidemment d'accompagner cette transition et de ne laisser personne sur le bord du
04:36chemin
04:37Marc Ferracci vous avez parlé de la question de la concurrence
04:40parce que c'est intéressant de voir à quel niveau ça doit se passer
04:43est-ce que je recevais c'est un peu donné le top départ
04:46parce qu'il avait un peu quelque part donné son feu vert à cette consolidation
04:51Benoît Curé, le président de l'autorité de la concurrence
04:54mais c'était déjà il y a quelques mois
04:56mais est-ce que ça va être au niveau français ou au niveau européen, au niveau de Bruxelles ?
05:01Et bien ça fait partie encore des choses qui doivent se décider
05:03d'abord il y aura probablement un examen de chaque dossier
05:06c'est-à-dire du dossier de chaque opérateur
05:07frit, orange et bouillé
05:12donc sur ce sujet les opérateurs en fonction de leur taille
05:15en fonction de la part de leur chiffre d'affaires qui se fait en France
05:19auront une alternative qui est soit de se soumettre à l'autorité de la concurrence française
05:24soit de se soumettre à la direction de la concurrence de la commission de Bruxelles
05:27Mais c'est eux qui choisissent ou pas ?
05:28Non parce que la concurrence européenne, la direction de la concurrence elle peut se saisir
05:33Elle peut se saisir également
05:35mais en tout cas ça va dépendre au cas par cas de la situation de chaque opérateur
05:39et de l'impact que le rachat des actifs des CFR a sur son modèle économique
05:43Et donc d'abord un, est-ce qu'il faut mieux que ça soit l'autorité française ou l'autorité
05:48bruxelloise ?
05:50Alors on a coutume de dire, mais là je parle un petit peu de manière évasive
05:56que la commission de Bruxelles est plus stricte sur la capacité à faire des consolidations
06:01parce qu'elle défend les principes de la concurrence
06:03mais il faut bien dire que la commission de Bruxelles est en train d'évoluer
06:07Elle a publié, vous le savez, vous en avez parlé probablement sur votre plateau
06:12Elle a publié il y a quelques mois une nouvelle doctrine qui est en cours d'examen
06:16qui vise, comme je le disais tout à l'heure, à trouver un meilleur équilibre
06:20entre les principes de la concurrence qui sont au fondement de la construction européenne
06:24et le principe de la compétitivité des entreprises
06:28On a besoin, il faut le dire très directement, de construire des champions européens
06:33Et pour construire des champions européens, on a besoin de leur permettre d'acquérir une taille critique
06:38C'est ça aussi l'enjeu de cette consolidation, c'est de pouvoir se battre contre des acteurs américains
06:43contre des acteurs chinois, contre des acteurs japonais
06:45qui se déploient un petit peu partout dans le monde
06:48Ça c'est très important
06:50C'était le 31 avril qu'elle avait dit désormais qu'elle voulait aider les entreprises
06:54je cite, à atteindre une taille critique indispensable pour être compétitif dans certains secteurs
07:00alors qu'avant c'était la défense du consommateur à tout prix
07:02Tout à fait
07:03On a assisté à cette guerre tarifaire, l'arrivée de Free
07:07Tout à fait
07:07Est-ce que c'était une erreur l'arrivée de Free, quand vous regardez un petit peu avec du recul
07:11?
07:11Non, je ne pense pas parce qu'au moment où Free est arrivé
07:14ça a créé un effet sur les prix qui était véritablement très significatif
07:19Il y a un ancien vice-président de l'autorité de la concurrence
07:23un ancien collègue économiste qui est Emmanuel Combes
07:26qui m'a dit un jour
07:28vous savez, l'arrivée du quatrième opérateur de téléphonie mobile
07:32c'est une mesure de pouvoir d'achat sans précédent pour les français
07:36Alors, ça ne veut pas dire qu'en supprimant un opérateur
07:40évidemment le prix des abonnements va s'envoler
07:43Si c'est le cas, les autorités de la concurrence interviendront
07:46Mais il faut quand même se dire que la concurrence par principe
07:48elle permet effectivement d'avoir des effets sur les prix
07:52mais il faut arriver à trouver cet équilibre
07:54parce que notre monde a changé
07:55Notre monde a changé
07:57mais il faut bien voir que dans d'autres pays
07:59il y a très rarement 4 opérateurs
08:02On était un des rares pays à avoir 4 opérateurs
08:05On a toujours 4 opérateurs pour quelques années encore
08:07le temps que la consolidation se fasse
08:09mais c'est assez inédit
08:12la plupart du temps, y compris dans des pays extrêmement vastes
08:15comme les Etats-Unis
08:15il y a un nombre relativement réduit d'opérateurs
08:18parce qu'on considère que plus vous êtes gros
08:20plus vous avez la capacité à consentir des investissements
08:22pour sécuriser ces infrastructures critiques
08:25que sont les infrastructures télécoms
08:26donc il faut trouver cet équilibre
08:28et moi je suis satisfait
08:29je me réjouis que la Commission européenne
08:32mette un peu d'eau dans son vin
08:33et fasse évoluer un petit peu sa doctrine au regard de la concurrence
08:37parce qu'on a besoin aussi de protéger nos champions nationaux
08:39mais c'est une sacrée évolution en fait
08:42et intéressant de voir qu'aujourd'hui il y a une annonce aussi
08:45de consolidation hostile
08:47cette fois-ci dans les banques en Italie
08:51là c'est... vous vous étiez au courant forcément de ces négociations
08:55lorsque vous étiez ministre de l'Industrie
08:56alors pas forcément sur le système bancaire
08:59en revanche... ah oui sur les télécoms
09:00je reviens sur les CFA
09:02s'agissant des télécoms dont j'avais la tutelle
09:04j'étais chargé des infrastructures numériques
09:06pas de tout ce qui est réglementation numérique
09:08mais des infrastructures
09:08donc les opérateurs télécoms
09:10donc effectivement je discutais avec les acteurs
09:11et déjà à ce moment-là
09:15c'est-à-dire il y a à peu près un an
09:16les enjeux étaient bien posés sur la table
09:18les opérateurs souhaitaient avoir des capacités d'investissement
09:22et ils avaient des arguments pour cela
09:25mais évidemment à l'échelle de Bercy
09:26qui se préoccupe d'industrie
09:27mais qui se préoccupe aussi de concurrence
09:29de pouvoir d'achat, de consommation
09:31et bien le message que nous portions collectivement
09:34c'était de trouver un équilibre
09:35Mais là on pourrait très bien voir un étranger débarquer non ?
09:39Ah bah là en l'occurrence...
09:40Un opérateur, je ne sais pas un opérateur...
09:43Non le deal tel qu'il a été conclu
09:45et qui doit désormais se concrétiser par la consolidation
09:48et bien va partager les actifs de SFR
09:50entre les trois autres opérateurs
09:52Ok, mais qu'est-ce que désormais
09:54ça veut dire que le marché français est fermé
09:57on ne pourra pas avoir un quatrième opérateur étranger qui débarque ?
10:00Un autre opérateur peut intervenir
10:02mais il faut bien voir
10:02il faut bien voir que les coûts d'investissement
10:05et bien pour mailler tout le territoire
10:07avec vos infrastructures
10:08Très moche
10:09comme ça se fait
10:10Tout est possible
10:10mais ici nous avons un garde-fou très important
10:13qui est le contrôle des investissements étrangers
10:15vous le savez
10:15quand on a des enjeux de souveraineté
10:17et ici on a un enjeu de souveraineté avec le numérique
10:19parce que c'est une infrastructure critique
10:20il y a des enjeux de cybersécurité
10:22il y a des enjeux de résilience de nos réseaux
10:23et bien on a une approche très rigoureuse
10:26consistant à regarder les investisseurs
10:28qui rachètent le cas échéant
10:29des opérateurs ou des entreprises françaises
10:31on le fait de manière systématique
10:34on le fait de plus en plus
10:35s'agissant de l'industrie
10:37il y avait 100 contrôles des investissements étrangers par an
10:39en 2014
10:40il y en a 4 fois plus aujourd'hui
10:43et à chaque fois
10:44on regarde les impacts
10:47ce n'est pas toujours efficace
10:48si on en croit Arnaud Montebourg
10:49qui était votre prédécesseur
10:52moi je constate que
10:53un contrôle des investissements étrangers sur deux
10:56aboutit soit à une interdiction
10:58soit à des mesures de sauvegarde
11:00c'est-à-dire à des restrictions sur l'opération menée
11:02donc il y a quand même un impact
11:03on va parler parce que là
11:04il y a quand même un enjeu
11:06moi j'ai beaucoup de témoignages là-dessus
11:07comment les chinois
11:09grignotent un peu
11:10des PME un peu
11:11ou des start-up un peu clés
11:12que ce soit dans les nouvelles technologies
11:14et qu'il n'a pas feutré
11:16et puis évidemment
11:17il y a Ceylantis
11:18qui a ouvert grand les portes
11:20de son usine de Rennes
11:21à Dongfeng
11:23avant de parler de ce sujet
11:25qui est très important
11:26on a appris
11:28juste avant l'ouverture
11:29de ce 18-19
11:30que le projet SCAF
11:31vous savez cet avion européen
11:33j'en avais parlé
11:33avec Eric Trappier
11:34sur ce même plateau
11:36il est officiellement enterré
11:38Frédéric Mertz
11:39et Emmanuel Macron
11:40ont reconnu
11:41que Airbus
11:41et Dassault
11:43Aviation
11:43ne pouvaient pas s'entendre
11:46c'est dommage
11:47c'est dommage
11:48parce que
11:48nous sommes à un moment
11:49où la coopération européenne
11:51et particulièrement
11:51la coopération franco-allemande
11:53est importante
11:53à la fois pour avoir
11:55des capacités d'investissement
11:56à la fois pour
11:57partager une vision stratégique
11:59sur ce que sont
11:59les besoins de la défense européenne
12:00mais sur ce genre d'opération
12:03moi j'ai toujours considéré
12:04et compris quand j'étais ministre
12:05que c'est aux industriels
12:07de faire la preuve
12:09qu'ils savent
12:10mener à bien
12:11une opération
12:11aussi complexe que celle-là
12:14en l'occurrence
12:15la discussion
12:17vous le dites
12:18a eu lieu
12:19pendant des mois
12:19et des mois
12:20et il se trouve
12:21qu'il n'y a pas d'accord
12:22qui a été trouvé
12:22ça ne veut pas dire
12:23que sur d'autres sujets
12:24y compris en matière de défense
12:25il n'y a pas de coopération
12:26franco-allemande
12:26il y a quelques jours
12:29sur un autre segment
12:30de notre industrie de défense
12:31que sont les blindés
12:32et bien
12:33il y a un rapprochement
12:34qui a été fait
12:35entre KNDS
12:36et des actionnaires allemands
12:38donc on voit
12:39que sur d'autres sujets
12:40ça peut fonctionner
12:41sur le SCAF
12:42ça n'a pas fonctionné
12:43et c'est dommage
12:44c'est une question d'égo ?
12:45non je ne pense pas
12:46je pense que c'est vraiment
12:47des problématiques industrielles
12:49et la difficulté
12:50à faire vivre un projet
12:51de cette complexité
12:52de cette ampleur
12:53Marc Ferrati
12:54donc je le disais
12:54il y a quand même
12:55beaucoup d'inquiétude
12:56sur l'offensive chinoise
12:58notamment dans l'automobile
12:59et évidemment
12:59au niveau européen
13:00au niveau
13:01les allemands
13:01qui sont en train
13:02il y a une sorte
13:02de prise de conscience
13:04eux qui étaient
13:04qui défendaient
13:05l'arrivée des chinois
13:06parce qu'ils sont clients
13:07ils ont des partenariats
13:08avec les chinois
13:09ils sont en train
13:10de se rendre compte
13:11que dans la machine outil
13:11dans tous les secteurs
13:12qui ont fait la force
13:13de l'économie
13:14et de l'industrie allemande
13:15ils sont en train
13:16de perdre pied
13:17c'est aussi un peu
13:19en train d'arriver
13:20en France
13:21le fait que Stellantis
13:24décide d'ouvrir
13:24ses portes
13:25de son usine
13:26à Rennes
13:28à Dongfeng
13:30est-ce que pour vous
13:32c'est une bonne nouvelle
13:34ça veut dire
13:34que le monde avance
13:35ou au contraire
13:36ça signifie un peu
13:38la mort des constructeurs
13:40automobiles français
13:42européens ?
13:42non ça signifie pas
13:43la mort des constructeurs
13:45automobiles français
13:45c'est d'abord une démarche
13:47assez pragmatique
13:48on avait à Rennes
13:49une usine
13:50qui était en sous-capacité
13:52de production
13:52l'accord va permettre
13:54d'augmenter
13:55très significativement
13:56peut-être jusqu'à doubler
13:57la capacité de production
13:59et ça
13:59je vous le dis
14:01c'est la meilleure garantie
14:02de pérenniser l'usine
14:03de pérenniser l'outil industriel
14:05et de pérenniser les emplois
14:06c'est absolument nécessaire
14:07d'augmenter la capacité
14:09de production
14:09et les syndicats sur place
14:12le savent bien
14:13j'ai été confronté
14:14à beaucoup de dossiers
14:15d'équipementier automobile
14:16à beaucoup de dossiers
14:17automobiles
14:18dans lesquels
14:18les usines
14:19tournaient à 60
14:2165% de leur capacité
14:22de production
14:23et là
14:24ça pose un problème
14:25sur la pérennité du site
14:26donc le premier point
14:27c'est cela
14:28ensuite
14:28ça c'est une vision
14:29court terme
14:30bien sûr c'est une vision
14:31court terme
14:31et c'est pour ça
14:32qu'il faut aussi avoir
14:32une vision long terme
14:33la vision long terme
14:34c'est que quand un acteur chinois
14:35vient en France
14:36soit pour participer
14:37à une co-entreprise
14:38avec Stellantis
14:39comme c'est le cas
14:40de Dongfeng
14:40soit pour racheter
14:41des actifs
14:43et des entreprises françaises
14:44ça doit se faire
14:45à nos conditions
14:46et là j'insiste
14:47quand on produit
14:49je vous réponds
14:50quand on produit en France
14:51on ne doit pas simplement
14:52avoir des usines
14:53d'assemblage
14:54un maximum de composants
14:57doivent être produits
14:58en France et en Europe
14:59et ça c'est le principe
15:00de la préférence européenne
15:01que je défends
15:01que je défendais
15:02et que je défends toujours
15:03ça veut dire quoi ?
15:04ça veut dire qu'une part
15:05de la valeur ajoutée
15:06qui est ouverte au Brésil
15:07c'est pour ça
15:08je vais aller vous dire
15:09ce que je pense
15:10de ce qui est en train
15:11de se nouer
15:12mais le principe
15:12de la préférence européenne
15:13c'est de dire que
15:14il y a une certaine proportion
15:16de la valeur ajoutée
15:17qui doit être produite en Europe
15:18et donc même si
15:19on faisait venir
15:20tous les composants
15:21et qu'on les assemblait
15:22à Rennes ou ailleurs
15:23et bien on ne bénéficierait pas
15:24de la préférence européenne
15:2570% de la valeur ajoutée
15:27d'une voiture
15:28doit être du contenu local
15:29ça c'est le premier point
15:30et effectivement
15:31je vous rejoins
15:32ce qui est en train
15:33d'être discuté
15:33au niveau européen
15:34c'est une définition
15:35de la préférence européenne
15:36qui ne me satisfait pas
15:37qui ne me satisfait pas
15:38qui ne devrait satisfaire
15:40personne
15:41parce qu'on ouvre
15:42la préférence européenne
15:43qui permet de bénéficier
15:44de la commande publique
15:45des aides publiques
15:46à des acteurs
15:48qui ne sont pas
15:48dans l'Union européenne
15:49en l'état actuel
15:50de la négociation du texte
15:52donc moi je demande
15:53qu'on ait une approche
15:55restrictive
15:55de la préférence européenne
15:57et de bon sens
15:57c'est à dire
15:58qui consiste à
15:59réserver la préférence européenne
16:01aux acteurs
16:02strictement européens
16:03vous expliquez que ça ne soit
16:04pas du tout le cas
16:04alors parce qu'il y a
16:06aujourd'hui
16:07un texte qui est en discussion
16:09et ça n'est pas encore
16:10terminé
16:11et donc
16:11il y a des rapports
16:13de force
16:14d'influence
16:14entre la commission européenne
16:16entre certains acteurs
16:17entre certains pays
16:18vous connaissez bien tout ça
16:19des pays
16:19des pays
16:21dont les chaînes de valeur
16:22sont déjà très délocalisées
16:23oui les allemands
16:24par exemple
16:25par exemple
16:26ont un intérêt
16:27ont un intérêt
16:28à ce que
16:29la préférence européenne
16:30s'applique de manière
16:31très large
16:31s'ils ont des usines
16:33ailleurs qu'en Europe
16:34et bien ils veulent
16:35pouvoir faire bénéficier
16:36leurs usines
16:37de la préférence européenne
16:38voilà au fond
16:39la divergence
16:40qui a pu exister
16:41en France
16:42et mon successeur
16:43Sébastien Martin
16:44a évidemment
16:45repris ce flambeau
16:46et il défend
16:47la préférence européenne
16:48dans une approche
16:49stricte
16:49en France
16:50on a besoin
16:52véritablement
16:53d'une démarche
16:55extrêmement rigoureuse
16:56qui consiste à limiter
16:57la préférence européenne
16:59mais nous verrons
17:00si vous le voulez bien
17:01nous verrons
17:01à la fin
17:02à l'arrivée
17:04quand le texte
17:04sera adopté
17:05quel en sera le contenu
17:06je pense qu'il faut toujours
17:07se battre jusqu'au dernier moment
17:08et jusqu'au dernier kilombre
17:09vous avez raison
17:10et peut-être que justement
17:11ça peut faire
17:12tout ce qui se passe
17:13en ce moment
17:13peut faire évoluer
17:15les allemands
17:16parce que
17:17leur industrie
17:18est quand même
17:18très touchée
17:18par l'arrivée des chinois
17:19et je pense
17:20si je puis terminer
17:21il y a un autre enjeu
17:22c'est qu'on doit avoir
17:23des contreparties
17:24quand les chinois
17:25viennent investir chez nous
17:26des transferts de technologie
17:27des transferts de compétences
17:28quand j'ai visité
17:29l'usine de batterie
17:29de Envision
17:30avec le président
17:31de la république
17:32à Douai
17:32il y avait
17:33des salariés chinois
17:34dans l'usine
17:35qui formaient
17:35les salariés français
17:36je pense que ça
17:37il ne faut pas laisser ça de côté
17:38il faut imposer aux chinois
17:40ce que les chinois
17:41ont fait il y a 30 ans
17:42avec nous
17:42c'est-à-dire des transferts
17:43de technologie
17:43absolument
17:4420 ans même il y a 20 ans
17:45c'était nous
17:46qui faisions du transfert
17:46de technologie
17:47aujourd'hui c'est des chinois
17:48qui font
17:49on est en train de les supplier
17:50qui fassent du transfert
17:50de technologie avec nous
17:56c'est une vraie arme
17:57merci beaucoup
17:58merci à vous
17:59d'avoir été avec nous
18:00à dire comment vous avez
18:01vous décryptez
18:02analyser ce grand deal
18:03de SFR
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