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En 2018, le promoteur immobilier Redman s’est fixé une raison d’être. L’entreprise s’engage à prendre en compte l’ensemble des impacts environnementaux de la construction de ses projets. Nicolas Ponson, fondateur associé de l’entreprise, explique vouloir être une alternative à l’immobilier de volume. Ce qui permet de gagner en efficacité écologique et économique.
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00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:08économie.
00:09Je reçois aujourd'hui Nicolas Ponson, bonjour, bienvenue.
00:11Vous êtes le co-fondateur du groupe Redman.
00:15Alors on est dans le secteur de l'immobilier, c'est quoi votre cœur de métier, peut-être votre spécificité
00:21dans ce secteur ?
00:23Merci pour cet accueil.
00:25Oui, Redman c'est une société qu'on a créée en 2007, donc ça fait bientôt 19 ans avec Mathias,
00:30mon associé.
00:31On a commencé avec pas grand-chose, on avait 100 000 euros pour démarrer,
00:34ce qui n'est pas du tout assez pour faire une société de promotion immobilière qu'on est devenu.
00:38Et en fait on a commencé à travailler sur des actifs qui par définition,
00:41si on n'avait pas le cash pour acheter des terrains et les développer,
00:44on a commencé à travailler sur des actifs un peu complexes.
00:46Et cette complexité qu'on est allé chercher, c'est en fait ce besoin d'aller chercher des solutions alternatives
00:56qui a créé l'outil.
00:57Et cet outil-là est devenu un peu notre marque de fabrique, notre ADN.
01:01Donc depuis 2007, on développe des projets immobiliers,
01:04qui sont des projets somme toute assez complexes en général.
01:07On préférerait des dossiers simples, mais il s'avère qu'on est systématiquement orienté.
01:11On est devenu spécialisé des dossiers complexes.
01:14Et puis au fil du temps, la société s'est développée assez rapidement.
01:18On a été capitalisé par nos résultats qu'on a capitalisés.
01:22Puis on a accueilli un fonds qui s'appelle Omnes Capital dans la société en 2022.
01:28Mais au préalable, on avait fait, et c'est un petit peu notre spécificité,
01:32la complexité, mais un petit peu à 360.
01:34C'est-à-dire qu'en fait on est allé assez rapidement chercher ce qu'était le réel besoin de
01:39l'utilisateur final.
01:40Et ça nous a amené à nous positionner dès 2019 sur un positionnement particulier.
01:47De quoi a-t-on besoin ? Pourquoi est-ce qu'on construit ?
01:49Et en fait pour aller chercher dans chacune de nos actions une dimension sociale,
01:53une dimension environnementale pour écrire en fait cette histoire en 2019-2020.
01:58On avait créé en fait une société à mission sans le savoir.
02:00Et quand le statut de société à mission est arrivé, on l'a fait.
02:04Et c'est comme ça qu'on a obtenu la certification Bicorp.
02:06Et aujourd'hui, on est un promoteur qui travaille sur les objets complexes
02:09et qui a des engagements extrêmement forts.
02:11Alors on va détailler tout ça, on va reparler de l'engagement Bicorp,
02:15de la société à mission.
02:16Mais alors c'est quoi un projet complexe ?
02:18Un projet complexe, c'est un projet dans lequel,
02:23j'allais dire, je vais raisonner à l'inverse.
02:26Un projet, qu'est-ce qu'un projet pour Redman ?
02:28Un projet pour Redman, si on regarde un actif,
02:30la promotion immobilière, je pense qu'on y reviendra,
02:32c'est un métier de transformation.
02:33On prend un actif, que ce soit un terrain ou un actif existant,
02:36de plus en plus d'actifs existants,
02:38on va chercher à savoir s'il y a un réservoir de valeur.
02:41Et cette valeur, notre métier, c'est de la faire émerger.
02:44On n'a pas vocation à les garder, les actifs,
02:45une fois que la valeur est créée, on les revend.
02:47Mais l'idée, c'est de se dire,
02:49voilà, travaillons sur les actifs,
02:51allons voir où il y a des réservoirs de valeur.
02:52Un actif très bien loué, qui vient d'être transformé,
02:55on n'a pas grand-chose à y faire.
02:56En revanche, un actif sur lequel il y a une petite difficulté,
03:01qu'elle soit technique, commerciale, fiscale, financière, commerciale,
03:06là, il y a un sujet, et là, on va aller travailler dessus,
03:08et on va passer du temps pour trouver ce réservoir de valeur,
03:11le faire émerger, le revendre.
03:12La dimension environnementale,
03:16elle est dans l'ADN de tous les projets Redman aujourd'hui ?
03:21Elle est dans l'ADN.
03:22Elle est complètement dans l'ADN,
03:23et ça depuis le début, mais tout à fait formalisé.
03:26est structuré depuis un petit peu moins de dix ans.
03:30C'est-à-dire, quand on a fait ce virage,
03:31quand on a travaillé avec les collaborateurs,
03:33l'ensemble des collaborateurs,
03:342018, 2019, 2020,
03:37on a voulu structurer,
03:39et c'est ça qui est toujours difficile.
03:40Un ADN, ça peut être un petit peu un principe,
03:43mais comment traduire ce principe,
03:46cet engagement qui est assez général,
03:49en éléments extrêmement concrets ?
03:51C'est tout le travail qu'on a fait avec les équipes,
03:53avec les collaborateurs au développement,
03:55à l'opérationnel, au back-office,
03:58et on a travaillé avec eux en disant,
03:59qu'est-ce que ça change demain,
04:00si ta vocation, c'est d'avoir un impact positif ?
04:08Et ça, on a fait travailler...
04:09C'est la définition de la raison d'être de l'entreprise ?
04:11C'est la raison d'être, c'est la raison d'être.
04:13Et comment on traduit la raison d'être en actions concrètes tous les jours ?
04:16Et c'est tout ce travail-là qui a été fait.
04:18Mais alors, je veux bien qu'on rentre dans le détail,
04:19peut-être que vous pouvez citer des projets, je ne sais pas,
04:20mais qu'est-ce que ça change justement, concrètement,
04:24après, au quotidien, dans le travail,
04:25dans le travail de vos collaborateurs,
04:30et surtout, en quoi les actifs que vous transformez
04:33sont différents des autres ?
04:35Eh bien, en fait, ça, on l'a traduit dans une grille.
04:37Alors, c'est toute la difficulté de traduire un ADN dans une grille Excel.
04:40Bien sûr, bien sûr.
04:41Voilà. Donc, cette grille Excel, elle existe aujourd'hui.
04:43C'est une grille des critères qu'on a définie
04:45et qui fonctionne tout au long de l'opération.
04:47C'est-à-dire que les développeurs qui vont chercher des terrains,
04:50qui vont chercher des actifs à transformer,
04:52en fait, ils ne sélectionnent même plus ceux qui ne rentrent pas dans la grille.
04:54Donc, c'est une façon d'éliminer les projets sur lesquels, nous, on ne travaillera pas.
04:58Et une fois que c'est pré-qualifié,
04:59et on travaille, et on se dit, justement, dans ce métier de transformation,
05:02une fois qu'on a qualifié en amont le fait que le projet revêtait des valeurs
05:07qui nous semblaient être cohérentes avec nos engagements,
05:12eh bien, on travaille.
05:13Et là, à chacun des steps, il y a cette grille qui est un petit peu le guideline
05:18pour chacun des collaborateurs du développement à la livraison.
05:20Qu'est-ce qu'on trouve comme critères dans cette grille ?
05:22Les critères, ça peut être...
05:24Alors, évidemment, il y a les sujets qui sont assez classiques d'artificialisation,
05:29Lausanne, les sujets de ne pas construire des...
05:32Parce que construire bas carbone, c'est souvent ce qui ressort en premier.
05:34Le carbone, c'est l'impact le plus mesurable.
05:38Donc, c'est souvent celui qu'on met en premier.
05:40Mais si on construit le bâtiment le plus bas carbone possible,
05:43mais qu'on le construit à 3,5 km des premiers centres commerciaux,
05:48on dit, c'est très bien, vous avez un super bâtiment,
05:51mais prenez votre voiture pour aller faire vos courses.
05:52Donc, voilà, c'est un ensemble, et c'est ça la difficulté.
05:55On est vraiment dans un problème multifactoriel.
05:57Et tous les sujets, il faut les bouger les uns à côté des autres,
06:00en se disant, quel est le meilleur choix sur l'ensemble de ces sujets
06:04pour aller vers la meilleure solution possible sur cet endroit-là.
06:08Alors, peut-être que dans cette grille, j'imagine, de critères,
06:11il y a la question de l'économie circulaire, des matériaux recyclés ou non.
06:15C'est justement ce que Modardi, qui était à votre place il y a quelques jours,
06:18la directrice générale de Refashion, a choisi de vous poser.
06:21Et voici sa question.
06:23Bonjour Nicolas.
06:24La question que je voudrais vous poser, c'est quelles seraient les conditions
06:27qui feraient que demain, après-demain ou dans quelques années,
06:32vous alliez remplacer l'ensemble des matières premières que vous utilisez
06:36dans la rénovation ou dans la construction de vos bâtiments
06:39par des matières recyclées.
06:41Je vous donne un exemple très précis.
06:43Aujourd'hui, les vêtements et les chaussures usagées,
06:45qui sont collectées et triées par des opérateurs français,
06:48peuvent permettre de refabriquer un isolant thermique ou acoustique
06:52à destination du BTP.
06:55Donc, qu'est-ce qui ferait que demain, vous alliez pouvoir,
06:57vous allez acheter ces isolants pour les remplacer dans tous vos projets ?
07:03Merci.
07:03L'ensemble, elle est ambitieuse, l'ensemble des matières premières par du recyclé.
07:08L'ensemble.
07:08L'ensemble, alors, c'est le travail qu'on fait notamment avec la CEC
07:12sur la notion d'économie régénérative.
07:14La conversion des entreprises pour le climat.
07:16On a participé à la session nationale.
07:18En fait, c'est une ambition, c'est l'étoile qui nous guide.
07:25Mais pour ne pas se raconter de carbistouille,
07:27je pense que ce n'est pas possible d'aller sur l'ensemble.
07:29Aujourd'hui, vous en êtes où ?
07:30Aujourd'hui, on en est, justement, dans cette grille des critères.
07:34On pousse le réemploi sur chacune de nos opérations.
07:36Là où ça fonctionne très bien, notamment, c'est en immobilier d'entreprise,
07:40sur le faux plancher.
07:41Le faux plancher, vous déposez le faux plancher,
07:42en général, il est mis à la benne et on va en remettre à nouveau.
07:45Non, c'est dommage.
07:46Alors qu'il fonctionne très, très bien.
07:47Donc ça, ça marche très, très bien.
07:48En plus, c'est du bois, donc ça va dans le bon sens.
07:51Une autre façon, selon moi, de manière très, très macro,
07:54de faire du réemploi, c'est de faire de la rénovation et de la restructuration.
07:58On ne va pas démolir pour reconstruire.
07:59On ne va pas non plus aller construire un bâtiment neuf
08:02là où on pourrait en restructurer un autre.
08:04Et on retombe sur notre sujet de la complexité.
08:06C'est toujours beaucoup plus complexe d'aller restructurer un actif
08:09avec un immeuble qu'on ne connaît pas bien.
08:11Il faut qu'on s'engage très tôt sur le prix auquel on va sortir.
08:15Et quand on fait un bâtiment neuf, on est beaucoup plus sûr du prix.
08:18Donc cette notion-là, on l'initie systématiquement.
08:22On peut réemployer, par exemple, quand on a un actif sur lequel on va travailler,
08:26des éléments de plomberie, des éléments de...
08:29On peut récupérer certains éléments.
08:31Mais aujourd'hui, il y a un sujet autour duquel il ne faut pas tourner,
08:36c'est le prix du réemploi.
08:39En fait, ce n'est pas parce qu'on réemploie que c'est moins cher.
08:43Aujourd'hui, ça peut être même un surcoût.
08:45C'est la question que j'allais vous poser, parce que là, elle prend en Modardi l'exemple
08:48de cet isolant thermique fait à partir de vêtements récupérés.
08:52Est-ce que, j'imagine que vous avez regardé,
08:55mais est-ce que ces solutions qui sont innovantes,
08:58qui viennent de matières recyclées, elles sont forcément moins chères ?
09:01Vous êtes en train de nous dire que non, quoi.
09:02Pas forcément.
09:03Ça peut être moins cher, ça peut être une économie.
09:05Et je ne pense pas qu'il faille que ce soit le seul critère.
09:09Évidemment, si c'est moins cher, tout le monde en profitera.
09:11Mais justement, il faudrait que toute la chaîne soit concernée.
09:15On ne peut pas avoir raison tout seul.
09:17On ne peut pas se dire, moi, je vais m'occuper de ça.
09:18C'est-à-dire qu'en fait, on va porter les charges,
09:22parce que ce sont des charges de l'ensemble de cette organisation.
09:25On ne peut pas le faire.
09:26Ce qu'il faut, c'est vraiment que la chaîne entière s'y mette.
09:29Il y a des sujets sur lesquels c'est tout à fait faisable.
09:31On le fait dès que possible.
09:32Un autre exemple, le réemploi, ce n'est pas forcément des éléments d'apparence.
09:39Ça peut être aussi des éléments, pas de structure, mais de façade.
09:41On travaille sur une opération aujourd'hui à Marseille,
09:45où on avait imaginé utiliser les terres pour en faire du béton.
09:49On réemploi de faire un béton de terre, donc les terres d'excavation.
09:52Donc ça, c'est des sujets qu'on pousse aussi.
09:54Donc on n'est pas obligé, parce que les terres d'excavation,
09:56vous êtes obligé de les sortir, les emmener.
09:58Donc c'est du trajet, faire revenir d'autres matériaux.
10:00Donc c'est vraiment à 360 degrés qu'il faut voir ce sujet-là.
10:04Avec, le sujet n'est pas de se dire, ça va coûter moins cher, je le fais.
10:07Mais ça rentre dans mon budget, parce qu'on est quand même dans une économie
10:10qui est extrêmement serrée, surtout en ce moment.
10:12Donc il faut que ça respecte les conditions de l'équilibre économique du projet.
10:15Mais est-ce que cette question-là, de l'économie circulaire,
10:20vous êtes si nombreux à vous la poser ?
10:22C'est-à-dire là, je ne parle pas seulement de Redman,
10:24le secteur du bâtiment, de la construction.
10:27Alors moi, on en parle souvent ici,
10:29parce que c'est un émetteur important de gaz à effet de serre.
10:32Donc ça veut dire que le levier d'action, il est lui aussi potentiellement très important.
10:36Est-ce que vous voyez quand même votre secteur bouger ?
10:39On le voit un peu bouger.
10:41On le voit un peu bouger avec des acteurs, dont je pense qu'on fait partie,
10:45qui essayent de pousser un petit peu les curseurs sur ces sujets-là.
10:47Ce n'est pas une démarche globale.
10:49Ce n'est pas une démarche qui est engagée par l'ensemble des acteurs, je pense.
10:54Pour des raisons qui sont...
10:55Les géants du bâtiment, ils y vont ou pas ?
10:58Les géants du bâtiment, je pense qu'ils y vont,
11:00mais je ne pense pas qu'ils y aillent de manière massive.
11:03C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
11:04les conditions dans lesquelles le développement de la promotion immobilière se fait
11:08sont extrêmement contraintes.
11:10On est dans une phase sectoriellement très, très difficile.
11:13Donc je ne suis pas convaincu que ce soit le premier sujet qui pousse.
11:16Pour autant, si on était accompagné par l'ensemble de ces grands groupes,
11:21je pense qu'on pourrait mettre justement en place ce déroulement de cette chaîne
11:26dont on a besoin pour pouvoir le faire de manière plus massive.
11:29Alors, je veux bien qu'on parle de ce label Bicorp.
11:32C'est une démarche, parce que c'est un label exigeant,
11:36qui l'est d'ailleurs encore plus, on pourra en reparler,
11:37de la nouvelle mouture du label.
11:40Déjà, pourquoi vous avez fait ce choix ?
11:42En fait, on a fait ce choix, comme je vous le disais, 2020,
11:46en se disant, on a aujourd'hui, nous, des engagements.
11:49On les porte.
11:50À l'époque, il n'y avait pas grand monde qui se positionnait sur ces sujets-là.
11:53Et on s'est dit, on fait les choses différemment,
11:55mais on ne l'a jamais écrit, on ne l'a jamais posé.
11:57Donc on fait les choses parce qu'on le sent comme ça avec Mathias.
11:59Quand on a créé la boîte à 2 en 2007,
12:01on faisait les choses de manière un peu différente.
12:03Dix ans après, c'est à l'origine Mathias qui me dit,
12:06on ne pourrait pas se poser deux minutes pour regarder
12:09pourquoi, comment on fait les choses différemment.
12:10Et en fait, de toute cette démarche-là est arrivée
12:14ce principe d'avoir une dimension sociale et environnementale,
12:16de construire que des mètres carrés utiles.
12:18La meilleure économie, ce n'est pas de construire le mètre carré
12:20dont on n'a pas besoin, de ne pas faire un bâtiment
12:22en se disant, tiens, je vais mettre qui à l'intérieur,
12:23de travailler sur la commande.
12:25Et on revient beaucoup sur le sujet de la commande.
12:27Et en fait, quand on a travaillé sur ce sujet-là,
12:29on s'est dit, ok, mais est-ce qu'il n'y a pas
12:31une façon de justifier, de quantifier
12:34les efforts qu'on fait pour pouvoir se positionner ?
12:37Et le label Bicorpe est ressorti comme étant le plus exigeant,
12:40certes, mais celui qui était le plus marquant.
12:43Et on a engagé cette démarche-là
12:44et on a obtenu la certification Bicorpe.
12:46Et avec le recul...
12:49Ça vous a obligés à progresser ?
12:51Ça nous a obligés à progresser.
12:52Tout comme la CEC, d'ailleurs, nous a obligés à progresser.
12:55Parce que quand on est arrivé à la CEC...
12:56Donc la Convention des entreprises pour le climat.
12:58Pardon, oui, effectivement.
13:01J'y suis allé, très sincèrement,
13:03en me disant, on est société à mixtion,
13:04on est Bicorp, je vais y aller,
13:06mais bon, un petit peu...
13:08Nous, on a quand même fait pas mal le taf, quoi.
13:11Il faut réexpliquer ce qu'est la Convention des entreprises pour le climat.
13:13On a reçu beaucoup d'entreprises qui y participent,
13:16mais c'est quand même un engagement sur une année,
13:18un rendez-vous d'un jour et demi tous les mois.
13:22Ça commence par ce que tous mes interlocuteurs ont appelé
13:25la claque climatique,
13:26c'est-à-dire qu'on prend conscience de la situation.
13:29Et puis, il y a cette idée de définir une feuille de route pour progresser.
13:32Donc, en arrivant à la CEC, malgré ce que vous faisiez déjà,
13:35vous avez été surpris ?
13:35On trouvait qu'on avait fait le job,
13:38qu'on était Bicorp,
13:39on avait des engagements qui étaient mesurés,
13:40contrairement à d'autres labels.
13:42On est mesurés, audités.
13:44Et en fait, la claque, elle arrive,
13:46parce que le sujet n'est pas de savoir
13:48si on a fait pas mal les choses
13:49par rapport à ce qu'on avait l'habitude de faire,
13:51mais de changer complètement en se disant
13:53que la fameuse étoile, c'est l'économie régénérative.
13:55Et l'économie régénérative, on n'y est pas du tout.
13:57Donc, ça veut dire qu'il faut continuer à progresser.
13:59Et ce travail-là, de se remettre en question,
14:02de se dire que ce n'est pas fini,
14:03donc cette espèce d'amélioration perpétuelle,
14:06a fait qu'avec la certification Bicorp,
14:08qui a quand même son existence et son statut,
14:12fait qu'aujourd'hui, Redman,
14:13qui est une société,
14:14on va faire un peu plus de 100 millions cette année,
14:16ce qui n'est rien dans l'immobilier,
14:18on a le droit de jouer dans une cour qui n'est pas la nôtre.
14:22Nos concurrents, sur tous les concours...
14:23Ça vous identifie lors des appels d'offres,
14:26lors des concours ?
14:26Parce qu'on a peut-être moins de fonds propres que les autres,
14:28on a peut-être moins de je ne sais pas quoi,
14:30mais on n'a pas moins d'engagement mesuré.
14:33On en a au moins autant que les autres, voire plus.
14:35Et ça, ça nous permet de jouer dans une cour qui n'est pas la nôtre
14:36et de tomber en finale de tous les concours contre les grands du...
14:39Avec un label qui est de plus en plus exigeant,
14:43vous dites super ou ça vous inquiète un peu ?
14:46Non, non, non.
14:48Moi, je dis super.
14:49Alors, je dis super et pas super.
14:51Super parce qu'effectivement,
14:52cette démarche d'amélioration permanente,
14:55on en a besoin.
14:55On voit ce qui arrive avec l'IA.
14:58On est en train de travailler sur comment intégrer justement l'IA
15:01dans nos démarches,
15:02mais pas sur le core business,
15:03sur tout ce que sont les petites tâches
15:05à laquelle on peut gagner du temps.
15:08Donc, je dis super parce qu'effectivement,
15:09ça continue à nous tirer vers le haut.
15:11Ça nous pousse à progresser.
15:12Mais je dis attention parce qu'en fait,
15:14on est deux promoteurs à être certifiés,
15:17Bicorp en France aujourd'hui.
15:18Moi, j'aimerais bien qu'on le soit tous.
15:19Genre, on ne fait pas du tout un abordage concurrentiel.
15:22Si on a déjà éliminé pas mal de monde sur le sujet,
15:25moi, ce que j'aimerais,
15:26c'est qu'on soit tous Bicorp
15:27et qu'on ait tous les mêmes règles du jeu,
15:29qu'on se pousse tous un peu sur le sujet.
15:31Ce n'est pas du tout,
15:32je ne suis pas en train de dire
15:32on est Bicorp, c'est super, on fait la diff.
15:34Non, on est Bicorp,
15:35il faudrait que tout le monde le soit.
15:37Il y a un mot que vous employez,
15:39c'est le mot renoncement.
15:40On a trouvé cette citation dans un poste sur LinkedIn en février.
15:44En réalité, le renoncement est le véritable indicateur
15:46de l'engagement d'une entreprise.
15:48Une entreprise qui ne renonce à rien
15:49doit m'expliquer comment elle peut prétendre s'engager.
15:51Le renoncement est un marqueur essentiel.
15:54Alors, c'est un autre mot pour dire sobriété
15:57ou alors c'est quelque chose qui va encore un peu plus loin ?
16:00Renoncement.
16:01Alors, le renoncement va plus loin que la sobriété.
16:03La sobriété, elle est nécessaire,
16:04on le voit tous.
16:07Mais le renoncement, c'est l'étape d'après.
16:09C'est qu'est-ce que je fais dans mon modèle actuel
16:13qui est, si je le fais,
16:14c'est que c'est pourvoyeur de valeur,
16:16ça crée de la valeur pour mon entreprise.
16:18À quoi je renonce ?
16:19Donc, quelle est la valeur que j'accepte de limiter
16:22pour en créer une autre ?
16:23Mais on a dit, c'est une courbe en J.
16:25C'est-à-dire qu'en fait, je commence par perdre de la valeur
16:27pour en recréer.
16:28Les renoncements, pour moi,
16:29c'est effectivement un marqueur essentiel
16:31de l'engagement de l'entreprise.
16:33Ça veut dire, très simplement,
16:35il y a un sujet très important sur le logement.
16:37Le logement, nous, on ne fait plus de logement à la découpe.
16:40Donc, acheter un terrain en diffus,
16:42réaliser une opération et la vendre.
16:43On ne le fait plus.
16:45Alors que c'est, je crois qu'en volume,
16:48ça doit être 50% de la promotion en France
16:49et en chiffre d'affaires, c'est 75%.
16:52On se coupe donc entre 50 et 75% du marché.
16:56Pourquoi ? Parce qu'en fait,
16:57alors une fois de plus, je vais vous dire ça,
16:59je vais vous poser le problème,
16:59je n'ai pas la solution,
17:00sinon je serais plus malin que les autres.
17:02Ce n'est pas le cas.
17:03Aujourd'hui, la difficulté qu'on a,
17:05c'est que quand on veut acheter un terrain dans le diffus,
17:08et qu'on veut réaliser...
17:09Ça veut dire quoi dans le diffus ?
17:10Vous achetez n'importe une parcelle à monsieur et madame Michu,
17:12vous allez les voir, vous leur dire,
17:13je vais acheter votre terrain.
17:14D'accord.
17:14Bon, vous n'êtes pas le seul,
17:16donc il y a l'ensemble des promoteurs
17:17qui sont sur l'appel d'offres.
17:21Il y a un truc qui est sûr,
17:22c'est que celui qui va l'acheter,
17:22c'est celui qui l'aura payé le plus cher.
17:25Avec une contrainte qui est le fait
17:27de sortir du logement à un prix modéré.
17:29Donc là, on est complètement dans un conflit d'intérêts.
17:31C'est complètement antinomique.
17:33La machine, et c'est comme ça,
17:35c'est comme un métier de transformation.
17:36Vous fabriquez des boulons,
17:38vous faites venir tous les fournisseurs d'acier,
17:40je les mets en concurrence,
17:42et je prends le moins cher.
17:43Dans notre métier,
17:44qui est un métier de transformation,
17:46on prend le plus cher.
17:47Donc la matière première,
17:48on est sûr d'un truc,
17:50c'est que nous,
17:50on l'aura payé plus cher que les autres.
17:52Avec un prix de sortie qui est capé
17:54par la capacité d'emprunt des acquéreurs,
17:58entre les deux,
17:58il ne reste pas suffisamment, selon nous,
18:00pour faire quelque chose de qualité.
18:02Et c'est pour ça qu'en fait,
18:03on a renoncé à aller,
18:04et donc on se coupe entre 50 et 60 %
18:06du marché de la promotion en France,
18:10sur ce principe-là.
18:11Alors j'adorerais avoir trouvé la solution,
18:13je pense qu'il y en a,
18:14on est en train d'y travailler,
18:16mais on ne l'a pas aujourd'hui.
18:18Vous disiez tout à l'heure,
18:19le sujet de la commande.
18:21Alors qu'est-ce que ça veut dire,
18:23et pourquoi c'est important ?
18:26Actuellement,
18:26on est dans une phase
18:28où, sectoriellement,
18:29la promotion immobilière
18:30est en difficulté,
18:31notamment parce qu'effectivement
18:32le logement qui s'est quasi arrêté
18:35du jour au lendemain
18:36avec l'augmentation des taux,
18:37et cette logique un petit peu
18:41difficile de l'augmentation
18:43des prix du foncier
18:44qui fait qu'en fait,
18:45ça a tamponné,
18:46ça ne fonctionne plus.
18:47Dans la promotion immobilière,
18:49c'est un métier qui est aux confins
18:50de la finance,
18:51de la vente
18:52et de la construction.
18:54Nous, on a décidé
18:56il y a quelques années maintenant
18:57de passer sur la jambe construction,
19:00parce qu'en fait,
19:01la vente est très complexe,
19:01on n'arrive plus à commercialiser,
19:03on n'arrive plus à financer
19:03les projets,
19:04puisqu'ils ne se vendent pas.
19:05Donc on est passé
19:06sur la partie plus de construction
19:08de la promotion immobilière.
19:10Et donc,
19:10travailler pour un objet défini.
19:12Un chef d'entreprise
19:13qui a besoin de réaliser
19:14son siège social,
19:14ce n'est pas parce qu'il y a
19:15une crise dans le secteur immobilier
19:17qu'il ne va pas le faire.
19:18Donc le sujet,
19:19c'est d'aller travailler
19:20avec l'utilisateur final
19:21d'identifier son besoin.
19:23Et c'est un petit peu
19:24cet historique de Redman
19:25d'avoir fait beaucoup de conseils.
19:26On a fait beaucoup de conseils
19:27au début,
19:27puisqu'on n'avait pas
19:29les poches très profondes.
19:30Et bien,
19:31c'est de mettre au service
19:32des utilisateurs finaux
19:33cette partie de conseils
19:34pour bien comprendre
19:36leurs besoins,
19:36le traduire en besoins immobiliers
19:38et le réaliser en clair-main.
19:40Et donc,
19:40c'est aujourd'hui,
19:41il me semble,
19:42la façon la plus sûre
19:43de réaliser des projets
19:44en retravaillant
19:45à la commande.
19:46Donc,
19:46partir du besoin,
19:47que ce soit pour des bureaux,
19:48pour un hôtel,
19:49pour un bailleur social
19:50qui a besoin du logement en bloc,
19:52et l'identification du besoin.
19:53Et c'est aussi
19:54une forme de sobriété.
19:55Et c'est une capacité
19:56à ne construire
19:57que les mètres carrés
19:57dont on a besoin.
19:59Le Conseil constitutionnel,
20:00il y a quelques jours,
20:01a retoqué une partie
20:02de la loi qui,
20:03notamment,
20:05c'est la simplification,
20:06donc il y avait
20:07le volet ZF,
20:09les zones affaiblitaires,
20:10et puis,
20:10celui qui vous concerne directement,
20:12cet objectif
20:13de zéro artificialisation nette,
20:15finalement,
20:16la loi qui prévoyait
20:17d'être moins ambitieuse,
20:18elle a été retoquée
20:19par le Conseil constitutionnel.
20:20Comment vous vous positionnez
20:21par rapport à ça ?
20:22Est-ce qu'il faut effectivement
20:23garder une ambition
20:24très forte
20:25de zéro artificialisation nette ?
20:28J'ai plein de sons
20:29et de...
20:30Quand je discute
20:31avec des élus,
20:32certains me disent
20:32mais attendez,
20:33c'était une aberration,
20:34cette loi était trop...
20:36Ça nous bloque
20:37dans le développement
20:37de la ville.
20:38Enfin,
20:38j'ai tous les sons de cloche
20:39là-dessus.
20:40Je pense que c'est normal
20:40qu'il y ait tous les sons de cloche
20:41parce que c'est pas manichéen,
20:43c'est pas noir-blanc,
20:45c'est pas aussi simple
20:46que ça voulait être présenté.
20:47C'est zéro artificialisation nette,
20:49c'est zéro.
20:50Le zéro,
20:50il est quand même
20:51un peu trash
20:52et même si l'esprit
20:54de la loi est bon,
20:55et très bon,
20:55l'esprit est très bon,
20:56il faut arrêter
20:57d'artificialiser.
20:58OK, ça c'est un principe,
20:59c'est un peu comme
21:00ce que je disais tout à l'heure,
21:00l'ADN,
21:01comment est-ce qu'on le transfère
21:02en une grille ?
21:02Là, c'est pas une grille,
21:03c'est un zéro.
21:04Et c'est là où c'est difficile.
21:06Pour autant,
21:06nous,
21:07notre façon de raisonner
21:08par rapport à ces sujets-là,
21:09c'est de se dire,
21:10il faut pas aller construire
21:11là où on peut construire.
21:13Il faut construire,
21:13là on en a besoin.
21:14Une fois de plus,
21:15on en revient au besoin.
21:16Utile, le besoin.
21:18En fait,
21:18la promotion immobilière
21:19aujourd'hui,
21:19ça peut pousser à se dire,
21:21j'ai une parcelle,
21:22c'est super facile d'accès,
21:23je peux faire 8 000,
21:2410 000, 12 000,
21:25je vais construire 8 000, 12 000.
21:26Non.
21:27Est-ce que j'ai besoin de ça ?
21:28Est-ce que le territoire
21:29autour a besoin de ça ?
21:31Est-ce que la ville,
21:32le département,
21:32la région ?
21:34Construire un actif immobilier,
21:36c'est du marketing territorial.
21:37Ça doit être une façon
21:38de se positionner
21:39et de donner un message.
21:41Donc, construire pour construire,
21:43non.
21:44Artificialiser zéro,
21:45je ne suis pas non plus
21:46complètement d'accord.
21:47En revanche,
21:48dans certaines villes
21:49qui voient leur développement,
21:50si c'est un développement
21:51qui est concerté,
21:52qui est structuré,
21:53organisé,
21:54dans lequel on respecte
21:55effectivement la nature
21:57qui est autour,
21:58qu'on gère un peu
21:58les sujets de transport,
22:01les sujets d'eau,
22:02les sujets de biodiversité,
22:04pourquoi pas ?
22:05Mais il y a énormément
22:06de contraintes
22:06et c'est bien d'être passé
22:08par cette phase-là,
22:08je pense,
22:10du zéro artificialisation nette,
22:12il ne faudrait pas repartir
22:13comme avant,
22:13mais il faudrait repartir
22:14sur quelque chose
22:14de plus mesuré.
22:15Redman fait partie
22:16du mouvement Impact France,
22:17est-ce que c'est une façon
22:18de peser justement
22:19dans le débat public ?
22:20C'est une façon
22:21de peser,
22:23oui,
22:23de peser différemment,
22:24d'essayer d'avoir
22:26une voix qui porte
22:28de manière un peu différente.
22:28C'est quoi le point commun
22:29des entreprises
22:30qui font partie
22:31d'Impact France pour vous ?
22:33Elles sont de plus en plus
22:34nombreuses
22:35et donc leur point commun
22:36c'est de se dire
22:37c'est pas l'économie
22:40à tout prix,
22:41c'est là où on se rapproche
22:43un petit peu
22:43de la démarche Bicorp,
22:44c'est de se dire
22:45oui effectivement
22:45on est des entreprises
22:46et une fois de plus
22:47c'est une façon
22:48pour moi d'assumer
22:50et de ne pas,
22:51surtout pas opposer
22:52la performance environnementale,
22:54sociale d'une entreprise
22:55et sa performance économique.
22:56On le fait beaucoup trop.
22:57Au début,
22:58quand on a dit
22:58qu'on était certifié Bicorp,
23:00on nous a dit
23:00oulala,
23:01ils sont partis là,
23:02c'est comme si Redman
23:03était venu une ONG.
23:04Et pas du tout,
23:05on est une entreprise,
23:06on est là pour gagner de l'argent,
23:07on gagne de l'argent,
23:08mais pas n'importe comment
23:09et l'argent qu'on gagne
23:10n'en fait pas n'importe quoi.
23:11Donc c'est cette façon
23:12d'assumer le fait
23:14qu'on est,
23:14oui on est un opérateur économique,
23:15on est un opérateur
23:16des territoires,
23:17mais on assume aussi
23:19le fait que
23:20nos engagements
23:21sont compatibles
23:22avec une performance économique.
23:23Ça vous différencie du MEDEF,
23:25vous êtes complémentaire
23:26du MEDEF,
23:27comment vous...
23:28On est au MEDEF aussi,
23:30moi je suis à Aix,
23:31l'UPE 13,
23:33je fais partie du conseil exécutif,
23:34donc pour moi les deux
23:35sont compatibles.
23:36Pour autant,
23:37au MEDEF,
23:38le message est clair,
23:39c'est le même
23:39que celui qu'on porte
23:40à la France,
23:41c'est de se dire
23:41on ne fait pas n'importe quoi,
23:43mais on avance,
23:44on assume notre rôle
23:45d'acteur économique,
23:46mais avec des drivers
23:49qui peuvent être
23:50un petit peu différents
23:50des entreprises,
23:52j'allais dire classiques.
23:53On termine en se projetant
23:55qu'il nous reste une minute
23:56dans une dizaine d'années,
23:59imaginez-vous,
23:59dans 10 ans de quoi
24:00vous serez le plus fier ?
24:05Si au sein de l'immobilier
24:07ou de manière plus large,
24:10je ne vais pas tout faire tourner
24:11autour du Bicorp,
24:12mais qu'au moins ces engagements-là
24:13soient portés par d'autres.
24:16Qu'on soit plusieurs à pousser...
24:18Que vous ne soyez pas seulement...
24:19Qu'on ne soit pas que deux
24:19certifiés Bicorp dans l'immobilier,
24:21ce serait bien.
24:21Merci beaucoup Nicolas Ponson
24:23et à bientôt
24:24sur BeSmart4Chain.
24:26C'est l'heure de notre rubrique
24:28Smart Ideas.
24:29Comme tous les jours,
24:30une start-up à l'honneur.
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