- il y a 7 semaines
Le groupe Face est un acteur de la rénovation énergétique des bâtiments professionnels. Aujourd’hui, l’entreprise installe aussi des panneaux photovoltaïques. Nicolas Petit, président de la société, nous explique quels sont les défis techniques auxquels il faut faire face pour massifier le solaire dans le parc immobilier professionnel.
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00:00Générique
00:00Prêt pour l'impact ? C'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie.
00:10Je reçois aujourd'hui Nicolas Petit, bonjour.
00:12Bonjour Thomas.
00:13Bienvenue, vous êtes le président du groupe FAS, entreprise qui a été fondée en 79 par la famille Torres,
00:19qui compte plus de 800 collaborateurs, un chiffre d'affaires annoncé de 380 millions d'euros,
00:24plus de 2000 chantiers par an, voilà les derniers chiffres qu'on a trouvés.
00:27Et je veux bien que vous nous présentiez un peu les différents métiers et pôles d'activité de FAS aujourd'hui.
00:34Alors très volontiers, FAS est le leader en France des travaux sur les bâtiments professionnels,
00:41c'est-à-dire l'industrie, la logistique, le commerce et les bâtiments d'activité.
00:45Et FAS a toute une dynamique pour devenir leader de la transition environnementale de ce parc immobilier.
00:51Ça veut dire concrètement qu'on a une activité sur l'isolation de l'enveloppe des bâtiments,
00:56à travers les métiers de l'étanchéité, de la couverture et du bardage,
01:00des activités dans le monde de l'énergie pour ces bâtiments,
01:02et notamment la solarisation, le photovoltaïque de ces bâtiments,
01:06et également les systèmes énergétiques.
01:08Et enfin, on intervient sur l'entretien-maintenance des bâtiments professionnels en France.
01:13Tout ça est forcément lié dans un projet ou pas forcément ?
01:17Alors, pas forcément.
01:19Par contre, il y a une dynamique du secteur, c'est que, comme dans beaucoup de secteurs de l'immobilier,
01:23on passe de la construction neuve à la rénovation,
01:26et on a une très forte dynamique sur la rénovation et la rénovation énergétique des bâtiments.
01:32Et rénover énergétiquement un bâtiment, c'est faire en sorte qu'il consomme moins,
01:36donc c'est l'isolation de son enveloppe,
01:38mais c'est aussi se préoccuper de la production énergétique avec le photovoltaïque,
01:42ou encore de l'efficacité de ces systèmes énergétiques.
01:45Donc, de plus en plus, et c'est bien notre ambition,
01:48on veut être en capacité d'apporter à nos clients des solutions qui soient complètes sur le bâtiment.
01:52On va beaucoup parler de photovoltaïque dans notre entretien,
01:55mais je vous pose cette question parce qu'en vous entendant,
01:57je pensais à ma prime Rénov' et au débat qu'il y a toujours sur les monogestes ou le projet global.
02:04Est-ce que c'est un peu, même si j'ai bien compris que vous êtes dans le secteur des bâtiments industriels,
02:10des bâtiments publics, etc.,
02:11mais est-ce que c'est quand même une partie de la réflexion, ça ?
02:14C'est-à-dire, chez vos clients notamment,
02:16est-ce que j'ai les moyens de tout faire tout de suite ?
02:18Vous voyez ce que je veux dire ?
02:19Alors, tout à fait.
02:20Nous, on est totalement indépendants de toute subvention publique
02:24puisqu'elles sont concentrées principalement sur le monde du logement
02:27et on a la chance d'être sur des secteurs d'activité qui vont extrêmement bien
02:31et avec une croissance continue.
02:33Il est vrai que de plus en plus, on voit que la rénovation de ces bâtiments
02:37appréhende l'ensemble des problématiques qui les concernent
02:40et ça n'a pas de sens, en effet, de se préoccuper de travailler sur l'enveloppe
02:44sans se préoccuper des systèmes énergétiques
02:45et c'est bien pour ça que nous, on essaye de développer des solutions globales pour nos clients.
02:50Est-ce qu'il y a des défis techniques, technologiques que vous devez relever en permanence
02:57ou est-ce que finalement vous mettez en place des solutions qui sont testées depuis longtemps ?
03:04Vous voyez ce que je veux dire ?
03:04Ou est-ce que chaque nouveau projet est un défi technologique ?
03:08Alors, en rénovation, il y a une nécessité de prendre en compte le bâtiment tel qu'il est
03:13et d'essayer d'adapter les solutions.
03:15Il y a un enjeu important qui se pose à notre secteur sur les bâtiments professionnels,
03:19c'est de faire en sorte qu'on aille de plus en plus vers des matériaux
03:24qui aient une empreinte environnementale réduite
03:26et donc il y a un travail à faire parce que c'est encore des bâtiments
03:29sur lesquels on intervient avec de l'acier, des isolants à base de laine de roche, etc.
03:34Et donc il y a des réflexions importantes de R&D pour développer des solutions plus environnementales
03:40et puis dans le cas du photovoltaïque en particulier
03:43puisque nous, notre enjeu, c'est de solariser les toitures de ces bâtiments
03:47et vous savez que si on solarise en France l'ensemble des toitures des bâtiments professionnels
03:51qui peuvent l'être, ça représente 8 centrales nucléaires de production d'électricité.
03:57Donc on a vraiment cet enjeu.
03:58Par contre, il y a une question de poids.
04:00Quand on vient installer une centrale photovoltaïque sur un bâtiment,
04:03la question du poids se pose et c'est pour ça que nous, on développe des technologies
04:06pour être en capacité de le faire sur la très grande majorité des toitures en France.
04:11Depuis quand le photovoltaïque, c'est vraiment devenu un pilier de l'activité du groupe FAS ?
04:15Alors, le groupe FAS a commencé dans le photovoltaïque en 2010
04:20avec une accélération importante depuis l'année 2022
04:23avec le développement de capacités d'installation sur l'ensemble du territoire français.
04:28Avec une entreprise qui s'appelle EPC Solaire, c'est ça que vous avez intégré ?
04:33Voilà, à l'origine.
04:33Une entreprise EPC Solaire qui fabrique des solutions pour installer les centrales photovoltaïques
04:38et de là, on a développé une activité FAS Énergie Solaire
04:42et puis on se développe de façon importante dans ces métiers-là
04:44puisque cet été, on a fait l'acquisition d'une entreprise bretonne
04:48qui s'appelle LBGE Énergie, qui fait de l'installation de centrales photovoltaïques
04:52et qui est également une activité à travers LBGE dans l'électricité des bâtiments
04:56et on veut bien élargir notre champ d'intervention sur tous ces métiers énergétiques.
05:02Ça prend quelle place dans votre chiffre d'affaires, tous les projets liés au solaire aujourd'hui ?
05:08Alors, à l'heure à laquelle on parle, ça représente à peu près 10% du chiffre d'affaires du groupe
05:12mais par contre, ça représente d'ores et déjà un tiers du résultat du groupe
05:17et on a une dynamique de croissance extrêmement importante
05:20parce qu'on sent bien qu'il y a une pertinence évidente, si vous voulez
05:26et dans les débats actuels qu'on a sur la politique énergétique française, etc.
05:30Nous, 90% des projets qu'on réalise ont une dynamique d'autoconsommation.
05:36Ça, on va y venir.
05:37On va y venir à l'autoconsommation parce que c'est un élément important
05:39mais je voudrais qu'on se...
05:41Alors, vous les avez cités, mais les grands secteurs,
05:44qui sont vos clients et qu'est-ce qu'ils cherchent prioritairement ?
05:49Alors, nous, on intervient pour les gens qui sont dans la chaîne de valeur des bâtiments professionnels
05:54donc à nouveau industrie, logistique, commerce et bâtiments d'activité
05:58et donc nos clients, ça va être soit la chaîne qui participe à la construction de ces bâtiments
06:02soit de plus en plus les utilisateurs de ces bâtiments
06:05parce que la rénovation et la rénovation énergétique d'un bâtiment
06:09en priorité, elle doit répondre à un usage
06:12et c'est parce que l'utilisateur a une évolution de son process, a besoin de s'agrandir,
06:17qui va du coup se préoccuper de la rénovation énergétique
06:20et donc d'améliorer sa consommation énergétique.
06:22Alors, justement, vous dites, je vais vous citer, le photovoltaïque va muter
06:26de la revente à l'autoconsommation, transformation profonde
06:29qui demande de repenser les modèles économiques.
06:32Qu'est-ce qui change là, profondément ?
06:34Ce qui change profondément, c'est qu'on était sur un modèle
06:37et on le voit, il y a encore eu des prises de position d'RTE récemment
06:41pour s'interroger sur le fait que ces électrons
06:43qui étaient balancés massivement dans le réseau
06:47de façon intermittente pouvaient interroger sur le schéma dans lequel on s'inscrivait.
06:53Nous, on croit profondément chez FAS que la meilleure électricité,
06:57c'est celle qui est produite localement pour les besoins locaux.
07:02C'est l'autoconsommation.
07:03Et c'est pour ça qu'on développe l'installation des centrales
07:05parce que chez nos clients, vous avez des process industriels,
07:10vous avez de la réfrigération parce que c'est du commerce,
07:13vous avez des équipements à l'intérieur et ce sont des bâtiments qui consomment.
07:18Et personne ne peut sérieusement s'opposer au fait
07:23que le meilleur modèle, c'est de produire localement
07:26l'énergie qui est utilisée localement.
07:29Mais alors, qu'est-ce que ça suppose ?
07:30Ça suppose, il ne s'agit pas seulement d'installer des panneaux photovoltaïques,
07:34c'est ce que je suis en train de comprendre.
07:36On crée sa propre centrale en quelque sorte ?
07:39Alors, exactement.
07:40On installe une centrale photovoltaïque.
07:41En effet, il ne s'agit pas uniquement, parce que techniquement,
07:46il y a quand même quelques enjeux.
07:48J'évoquais tout à l'heure qu'il faut se préoccuper de savoir
07:51si le bâtiment est en capacité.
07:53Une centrale photovoltaïque, ça ne pèse que 17 kg du mètre carré,
07:57mais c'est suffisant pour qu'on ait besoin de se préoccuper
08:00et de vérifier que le bâtiment est en capacité de la supporter.
08:04Donc, il y a des enjeux techniques à cet endroit-là.
08:06Et puis, en plus, il faut faire ensuite attention à ce que la production soit en adéquation avec la consommation
08:13et avec, naturellement, une production photovoltaïque, c'est une production qui a de l'intermittence
08:18en fonction de la météo, des périodes de l'année, etc.
08:21Donc, il faut des moyens de stockage.
08:22Donc, voilà, le moyen de stockage s'impose de plus en plus sur le marché.
08:26Et puis, il faut être en capacité de le piloter dans la durée
08:29pour adapter en permanence cette consommation énergétique aux besoins de l'utilisateur.
08:34Est-ce que vous êtes inquiet ?
08:35C'est vrai que c'est une filière qui traverse quand même une zone de turbulence.
08:38Est-ce que ça vous inquiète ?
08:39Alors, mais pas du tout.
08:40Pas du tout.
08:41C'est-à-dire que le réglementaire ou le fait d'attendre une loi de programmation
08:47plus réactuelle de l'énergie, depuis, bon, alors rien ne décrit qui tombe, mais depuis des années,
08:51tout ça, vous restez serein.
08:53Alors, oui, parce qu'en l'occurrence, la mécanique d'autoconsommation,
08:57elle est totalement indépendante de toutes ces influences qu'il peut y avoir à l'extérieur.
09:03Et une centrale photovoltaïque installée sur un bâtiment s'amortit en 7 ans.
09:09Sachant que la centrale photovoltaïque, elle dure 25 ans, à peu près la même durée que la toiture du bâtiment.
09:15Vous voyez, c'est pour ça qu'il faut faire les deux gestes ensemble.
09:18Ça dure 25 ans, ce qui veut dire que pendant 18 ans, vous avez de l'électricité gratuite.
09:22Donc, si vous voulez, indépendamment de toutes les politiques énergétiques,
09:26le premier levier, le levier financier pour l'utilisateur est évident.
09:30Alors, avec quand même une question de souveraineté, de dépendance aux importations.
09:35Parce qu'aujourd'hui, alors que la France était leader et pionnière dans la production de panneaux photovoltaïques,
09:41aujourd'hui, ils sont chinois.
09:42Ou à 90, 95, 98 % chinois.
09:46Je pense que c'est supérieur à 90 % sur le territoire français.
09:49C'est ça, c'est ça.
09:50Donc, c'est trop tard ou on peut reconstituer une filière de production ?
09:55Alors, ce qui est vrai, il y a des filières qui sont en émergence.
09:58Il y a des initiatives tout à fait positives, nous conçues avec grand intérêt.
10:03On a beaucoup de proximité avec toutes ces entreprises françaises qui essayent de recréer une filière de photovoltaïques.
10:09Aujourd'hui, il faut reconnaître qu'il y a un écart de prix qui reste extrêmement important
10:14entre ce qui est produit sur le territoire français et ces panneaux qui sont importés.
10:19Par contre, on suit ça avec très grand intérêt et on sera ravis, dès qu'on aura des capacités de production qui vont le permettre en France,
10:27nous, on sera ravis de pouvoir proposer à nos clients une alternative française qui soit produite localement.
10:33Pour l'instant, ce n'est pas possible.
10:35C'est vraiment trop cher.
10:36Pour l'instant, on peut encore, dans des projets qui sont particulièrement complexes
10:40et où il y a une volonté globale de l'utilisateur d'investir pour soutenir une filière française,
10:47on a la capacité à proposer des panneaux français.
10:50Par contre, il faut les anticiper parce que c'est vrai que les quantités de production sur le territoire français
10:55nécessitent d'avoir un petit peu d'anticipation, etc.
10:58Mais avec de la préparation sur des projets particuliers, on peut l'envisager.
11:02C'est une réponse française ou européenne qu'on attend là-dessus ?
11:05Les deux ?
11:06Forcément les deux.
11:08Forcément les deux.
11:09Et la question des barrières commerciales aux portes de l'Europe sera probablement un élément de réponse important à cette question-là.
11:17Alors, il y a un principe dans cette émission, c'est que l'invité du Grand Entretien pose une question à un invité de la semaine suivante.
11:23À votre place, il y avait Alexandre Rambaud qui est maître de conférence, co-directeur de la chaire comptabilité écologique chez AgroParisTech.
11:31Et forcément, il est allé sur ce terrain, on l'écoute.
11:34Bonjour Nicolas.
11:36Dans le contexte du développement des énergies renouvelables, la question c'est pour assurer un meilleur financement
11:45et une meilleure intégration des énergies renouvelables, dans quelle mesure la comptabilité
11:50et les principes par exemple de double matérialité peuvent apparaître comme facilitants, voire étant nécessaires,
11:58être nécessaires pour une meilleure prise en compte justement du développement de ce champ.
12:06J'imagine que vous êtes un militant de la double matérialité ou de l'extension de ce bilan extra-financier
12:13qui est en train de s'imposer même s'il y a un coup de frein européen ?
12:16Totalement, totalement. Et voyez, face comme on n'a pas mis le salarié, la loi Omnibus fait qu'on est sorti des obligations
12:24et pourtant on continue notre dîme dynamique et on a bien pour objectif de produire nos indicateurs
12:30selon la CSRD qui nous était imposée précédemment.
12:35Et parce que, et Alexandre Rambaud quand vous l'avez rencontré le disait,
12:40contrairement à ce qu'on imagine, les entreprises et les entreprises françaises sont favorables
12:45et souhaitent avoir une dynamique avec cette comptabilité écologique
12:50qui fasse qu'on ait un regard sur leurs activités, qui aille au-delà des simples résultats financiers.
12:56Vous avez évoqué ensemble par exemple l'engagement des entreprises dans la Convention des entreprises pour le climat.
13:02J'étais moi-même la semaine dernière à la première session du parcours bâtiment immobilier de cette année
13:08et voyez, les entreprises et face en particulier, nous on est convaincus que c'est en regardant au-delà des seuls bénéfices financiers
13:15qu'on sera en capacité de soutenir des filières.
13:18Et les énergies renouvelables, pour les questions qu'on a évoquées ensemble, sont évidemment absolument prioritaires.
13:23Alors, il y a plein de, ça ouvre plein de chapitres.
13:26On reviendra sur la Convention des entreprises pour le climat parce qu'on les a reçues à de nombreuses reprises dans cette émission
13:31et c'est un levier de transformation que je trouve assez passionnant.
13:35Mais alors certes, la loi Omnibus, donc la modification de la directive, enfin de la loi européenne CSRD,
13:41fait qu'une entreprise une ETI comme la vôtre, elle sort du champ.
13:44Sauf que les donneurs d'ordre, les grandes entreprises, elles continuent.
13:48Donc vous, j'imagine certains de vos clients qui sont toujours soumis au bilan extra-financier.
13:55Alors oui, on a certains de nos clients qui le sont, mais vous voyez, c'est pour ça que nous, on a décidé de rester.
14:00Mais oui, parce que par capillarité, on va continuer de vous demander des métriques sur ce que vous faites.
14:06C'est ce que vous évoquiez ensemble il y a quelques jours.
14:10C'est qu'effectivement, il est tout à fait légitime, si on veut se préoccuper largement des impacts qu'on a,
14:16des différents impacts qu'on a, qu'on se préoccupe de ses fournisseurs et de ses sous-traitants.
14:19On ne peut pas l'enlever.
14:22Donc nous, pour nos clients, c'est important qu'on soit en capacité également de le produire.
14:27Et de la même façon qu'on va embarquer nos sous-traitants dans la mesure où ça sera possible.
14:32Mais est-ce qu'il y a quand même un potentiel effet négatif ?
14:35C'est-à-dire que le marché, j'ai bien compris qu'il y avait un marché potentiel assez gigantesque en France,
14:41notamment d'équipements photovoltaïques sur le toit des équipements industriels.
14:49Mais si une entreprise se dit, finalement, je ne suis pas concerné par le bilan extra-financier,
14:55peut-être que je vais retarder mes investissements en matière de photovoltaïque, par exemple, ou pas du tout ?
15:00Alors nous, aujourd'hui, on ne le ressent pas du tout.
15:03En fait, si vous voulez, le monde des bâtiments professionnels est un monde qui est un grand type oublié,
15:10ou en tout cas qu'on regarde peu dans le monde du bâtiment.
15:14Tout le monde est très attentif et on parle beaucoup des remous qu'il peut y avoir dans le logement,
15:18mais le bâtiment professionnel, on l'évoque peu.
15:21Le bâtiment professionnel a ça d'extraordinaire, c'est qu'il y a une intelligence financière,
15:29une intelligence des capex qu'on va mettre sur le bâtiment, dans la vue de ce qu'il doit produire, etc.,
15:34qui fait qu'il y a une pertinence systématique à tout ce qui est fait en matière de travaux,
15:39d'investissements, de services, etc.
15:41Donc ça ne dépend pas d'une directive européenne, c'est ce que vous nous dites ?
15:45Oui, exactement.
15:46C'est-à-dire que le monde de nos clients, c'est un monde qui, indépendamment d'une directive,
15:54s'il considère que c'est un bénéfice pour son activité, pour ses propres clients,
15:58de toute façon, il avancera.
15:59Alors cette Convention des entreprises pour le climat, vous avez décidé de vous lancer dans le processus ?
16:04Absolument, oui.
16:05Alors, j'ai reçu beaucoup de chefs d'entreprise qui l'ont fait.
16:09D'abord, il y a le choc initial, est-ce que vous l'avez ressenti ?
16:13Est-ce que ça commence toujours par la fresque du climat ou par une acculturation des participants ?
16:21Et qu'est-ce que ça a provoqué chez vous ?
16:22Alors, en effet, les deux premières journées, on passe par un certain nombre de constats dans les différents domaines,
16:29de l'eau, la biodiversité, le carbone, etc.
16:34Je vous avoue que moi, j'avais déjà une certaine connaissance de ces sujets-là pour m'y intéresser depuis de longues années.
16:40Moi, j'en suis un convaincu pour le monde du bâtiment depuis le Grenelle de l'environnement.
16:45De 2008 ?
16:46Voilà, exactement.
16:47J'ai participé aux lois Grenelle, à la loi pour la transition énergétique et la croissance verte, etc.
16:52Donc, j'avais déjà une acculturation importante à ces sujets-là.
16:56Par contre, moi, j'ai été frappé par deux choses.
17:01Premièrement, c'était très beau de voir plus de 100 entreprises qui étaient réunies et les chefs d'entreprise qui prenaient ce temps pour se rendre disponibles
17:10et pour travailler ensemble, conscients, en particulier dans le monde du BTP et de l'immobilier,
17:16qu'on sent que c'est par le travail d'une honneur d'or, des fournisseurs, des entreprises, etc., collectif, qu'on va réussir à faire changer les choses.
17:25Et de la même façon, le deuxième point que j'ai trouvé très intéressant à revoir dans cette séquence, c'est le fait que tout est lié.
17:34C'est qu'on ne peut pas se préoccuper des sols sans se préoccuper du carbone, sans se préoccuper de biodiversité, d'énergie, etc.
17:43Tout est lié et donc ça nécessite des réponses systémiques.
17:47Et pour que ces réponses puissent être systémiques, il faut rassembler les filières pour travailler ensemble.
17:51Le principe de cette Convention des entreprises pour le climat, c'est qu'il y ait une feuille de route des chefs d'entreprise.
17:58Ça peut aller, ce n'est pas systématique, mais ça peut aller jusqu'à une remise en cours,
18:02même un changement du modèle économique de l'entreprise.
18:05Comment vous imaginez, vous, cette feuille de route et qu'est-ce qu'elle doit vous apporter ?
18:10Alors, je ne vais pas faire la conclusion avant les neuf mois.
18:13C'est trop tôt.
18:14Et je serais ravi d'avoir l'occasion de venir vous partager ma feuille de route dans quelques mois.
18:19Par contre, on l'accueille de façon tout à fait favorable.
18:22Vous êtes prêts à pousser la réflexion ?
18:24Jusqu'à réinterroger nos business models, absolument.
18:27Je vous évoquais tout à l'heure le fait que nous, avec notre position de leader sur les travaux sur le bâtiment professionnel,
18:35on connaît extrêmement bien les écosystèmes de ce monde-là.
18:40Et en particulier, moi, je regrette beaucoup que ces bâtiments professionnels,
18:45vous voyez, qui sont ces bâtiments en acier qu'on a sur le territoire français,
18:49aujourd'hui, on manque d'innovation et de R&D pour transformer les matériaux,
18:54pour transformer les montres constructifs, etc.
18:57Et donc, moi, je souhaite, à travers cet engagement,
19:01que ce soit une façon pour notre entreprise de réinterroger sa façon d'opérer.
19:06Ça veut dire que vous consacrez une part de votre budget en recherche et développement
19:11à trouver ces matériaux alternatifs ?
19:13C'est une démarche collective ?
19:15Vous parliez d'écosystèmes, de chaînes de valeur.
19:17Il faut que tout le monde le fasse en même temps,
19:20mettre de l'investissement en même temps pour y arriver ?
19:22Alors, sur les produits sur lesquels nous, on a la main,
19:26vous voyez, par exemple, je vous évoquais tout à l'heure
19:27qu'on développe des éléments pour l'installation de centrales photovoltaïques.
19:32On est très attentifs aux matériaux qu'on utilise
19:35et on a des produits qui sont les meilleurs en matière d'empreintes carbone
19:38pour l'installation sur les bâtiments.
19:41Sur ce, où on est un des éléments de la chaîne de valeur,
19:44on discute avec nos fournisseurs.
19:46Et moi, j'ai eu la joie de retrouver certains de mes clients
19:49dans ce groupe de la Convention des entreprises pour le climat.
19:52Et on s'est d'ores et déjà dit qu'on allait fonder des groupes de travail ensemble
19:56avec nos équipes pour développer des solutions nouvelles pour le marché.
20:00Avec un investissement qui représente quoi ?
20:04C'est-à-dire qu'inventer l'avenir, c'est le boulot d'un chef d'entreprise d'une certaine façon.
20:08Mais là, quand il s'agit d'inventer des matériaux alternatifs,
20:11ça peut prendre beaucoup de temps, ça peut coûter beaucoup d'argent.
20:14Vous voyez, comment vous dites que c'est un secteur qui est focus
20:18et qui voit où est son retour d'investissement ?
20:22Voilà, vous êtes prêt à mettre combien ?
20:24La question, elle est un peu triviale, mais...
20:25Et je ne saurais pas vous répondre, c'est trop tôt pour vous faire une réponse extrêmement précise.
20:30Ce qui est sûr, c'est qu'on commence à y dédier de vrais moyens
20:34avec un métier d'innovation et de R&D qui a hébergé chez nous
20:38et un directeur qui y est dédié.
20:40On recrute des collaborateurs sur l'ingénierie énergétique
20:43pour être en capacité de réaliser le bilan de carbone des projets sur lesquels on intervient.
20:48Et de travailler sur nos propres émissions de carbone.
20:51Et petit à petit, avec nos parties prenantes, on va monter en puissance sur ces sujets.
20:56Donc, on a parlé d'autoconsommation.
20:59Comment vous accompagnez vos clients vers cette transition ?
21:03Est-ce qu'il faut déjà les convaincre
21:05ou est-ce que simplement les chiffres de retour sur investissement suffisent à les convaincre ?
21:11Comment vous présentez finalement cette bascule vers l'autoconsommation ?
21:15Alors, nous, notre force, c'est cette place qu'on a sur le marché
21:21dans les travaux d'enveloppe des bâtiments
21:23qui fait qu'on a un contact avec beaucoup d'acteurs dans ce monde-là.
21:28Aujourd'hui, on a une dynamique commerciale
21:31où on présente à nos clients les bénéfices
21:34qu'ils peuvent avoir à solariser leurs bâtiments.
21:37Et ce qui est vrai, c'est qu'à chaque fois qu'on regarde
21:40le cas précis d'un utilisateur, d'un industriel,
21:43qu'on regarde ses consommations, etc.,
21:44et qu'on le modélise,
21:47allez, 9 fois sur 10,
21:49on emporte la décision parce que le bilan économique est évident.
21:53Si on ne peut pas,
21:55si un industriel ne peut pas,
21:57parce que son toit n'est pas adapté,
21:59mettre des panneaux photovoltaïques sur le toit,
22:00il y a des alternatives ?
22:02Alors, il y a de plus en plus,
22:03vous savez qu'en parallèle,
22:05il y a la dynamique sur les ombrières,
22:07sur les parkings,
22:07sur les parkings, oui,
22:08qui est une bonne façon d'apporter une réponse également.
22:11Par contre, c'est vrai que ça représente
22:12des investissements un peu plus importants
22:14de réaliser des ombrières.
22:16et puis après,
22:18il y a des questions de pilotage
22:20des systèmes énergétiques du bâtiment
22:22qui peuvent être de nature
22:23à générer des économies d'énergie.
22:26Par contre, c'est vrai
22:27que la toiture du bâtiment
22:29s'y prête de façon particulière.
22:34C'est extrêmement simple
22:35de solariser les bâtiments,
22:37donc à chaque fois qu'on le peut,
22:38il faut l'envisager.
22:40Et on considère que sur le territoire français,
22:41dans la statistique que je vous donnais tout à l'heure
22:43de ces fameuses 8 centrales nucléaires,
22:46on considère que, grosso modo,
22:50il y a un peu plus d'un tiers des bâtiments
22:52qui peuvent être solarisés.
22:54Parce qu'il y en a certains
22:55ou pour des raisons d'activité,
22:56parce que c'est des activités industrielles dangereuses,
22:58etc., ils s'y prêtent pas.
23:00Mais il y a au moins un tiers des bâtiments
23:02qui le peuvent.
23:03Est-ce que c'est vraiment le photovoltaïque
23:06qui va servir de base
23:07ou est-ce qu'on peut associer d'autres leviers ?
23:10Je ne sais pas, c'est peut-être de l'éolien,
23:12c'est une question peut-être totalement
23:14à côté de la plaque, mais j'assume.
23:15Ou alors, par exemple, la récupération de chaleurs fatales.
23:17Est-ce que tout ça peut rentrer dans un schéma
23:19que vous proposez à vos clients ?
23:21Alors, on peut effectivement aller au-delà du photovoltaïque.
23:24Comme je vous le disais,
23:24le photovoltaïque est le plus évident
23:26et le plus facile à installer.
23:27Ce qu'on voit de plus en plus se développer,
23:29et c'est une très bonne nouvelle,
23:31c'est ce qu'on appelle l'autoconsommation collective.
23:33C'est-à-dire qu'à l'échelle d'un quartier,
23:35d'une ville, d'une zone,
23:37on fasse en sorte qu'il y ait un partage des consommations.
23:39Et du coup,
23:41ça permet vraiment de lisser,
23:44en fonction de la charge des bâtiments,
23:45les différents usages.
23:48Merci beaucoup Nicolas Petit.
23:49A bientôt sur Bsmart4Change.
23:51C'est l'heure de notre rubrique
23:53Startup et Innovation.
23:54Tout de suite.
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