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  • il y a 3 mois
Mardi 26 mai 2026, retrouvez Patrick Thaunay (cofondateur, Plastic Vortex) et Alexandre Hervaud (Responsable éditorial, 100 Transitions) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:07Transitions urbaines, c'est notre rubrique mensuelle consacrée à l'attractivité de nos villes, à leur écosystème.
00:13Et je suis, comme chaque mois, avec Alexandre Herveau.
00:16Salut Alexandre, tout va bien ?
00:17Je suis responsable éditorial de Sans Transition.
00:19Et vous choisissez chaque mois une ville, une entreprise emblématique.
00:23Alors on part à Toulouse aujourd'hui.
00:24Oui, il était temps.
00:25Pourquoi vous êtes Toulousain ?
00:26Non, pas du tout, c'est juste qu'il ne fallait pas l'oublier.
00:29Évidemment, belle ville, très belle ville.
00:31Et on y retrouve Patrick Tonnet, qui est le cofondateur de Plastique Vortex.
00:36Bienvenue, vous êtes avec nous en duplex.
00:38Alors on va parler de récupération des plastiques, de barrages flottants.
00:43Je veux bien que vous nous présentiez votre entreprise.
00:45C'est quoi en une phrase, Plastique Vortex ?
00:48Bonjour à vous.
00:50Plastique Vortex, oui, nous nous spécialisons, nous sommes une société à mission.
00:55Et nous sommes spécialisés dans la dépollution des fleuves et rivières
00:58à l'aide de barrages très innovants, barrages flottants qui permettent de capter les déchets anthropiques.
01:04Donc les déchets issus de l'activité humaine et des déchets bois, des algues, etc.
01:09Donc avec toute une logistique à réaliser pour capter ces déchets.
01:15Alors c'est une entreprise que vous avez rejointe quelques temps après finalement que l'idée ait germé chez les
01:23premiers inventeurs du dispositif.
01:25Qu'est-ce qui vous a convaincu de les rejoindre dans cette aventure ?
01:29Alors voilà, la société n'existait pas à ce moment-là.
01:32C'était une association montée par deux personnes, Alexis Eskenazi et Anthony Coulon.
01:40Anthony étant le cerveau technique de la bande.
01:43Et en fait, moi je connaissais Alexis déjà depuis les années 2017.
01:47Et donc je lui donnais parfois des conseils sur la manière de monter le projet, etc.
01:51Et puis on se croisait de temps en temps sur Poulos.
01:54Et puis il y a quatre ans, j'ai rencontré Anthony.
01:57Et là, j'ai compris qu'il y avait un vrai sujet, qu'il y avait un vrai savoir-faire.
02:03Ils avaient déjà déposé un brevet.
02:05Et en fait, moi je suis arrivé en tant qu'entrepreneur, chef d'entreprise, habitué à créer plusieurs sociétés.
02:11Et ensemble, on a monté une société à mission.
02:13Et je suis allé chercher une autre société qui est très complémentaire à Plastic Vortex,
02:17qui est le groupe Indigo.
02:19Indigo avec 2D comme développement durable.
02:21Donc société de conseil et d'ingénierie en développement durable.
02:25Qui accompagne les collectivités sur tout ce qui est gestion et collecte de déchets, déchets ménagers et autres.
02:31Et donc on est très complémentaires.
02:32Et donc du coup, moi, ma mission, ça a été d'arriver à convaincre le tissu local.
02:38Que ce soit l'agence de loi à Dur-Garonne, Toulouse Métropole et les partenaires financiers.
02:43Pour monter le projet de société à mission.
02:46Trouver les capitaux.
02:47Avoir des subventions pour mener cette première expérimentation de barrage à Toulouse.
02:52Où les enjeux environnementaux sont très importants.
02:56Alors justement, ces enjeux environnementaux, quand on s'intéresse vraiment un petit peu à votre cœur d'activité,
03:02on réalise que 99% des déchets flottants sont invisibles depuis les berges.
03:06Littéralement, les gens ne voient pas la pollution.
03:09Comment est-ce qu'on fait pour convaincre les collectivités d'investir dans un problème qui finalement ne se voit
03:13pas forcément ?
03:15C'est une très bonne question.
03:18Pour l'anecdote, j'avais 20 minutes pour convaincre le vice-président à l'écologie de Toulouse Métropole,
03:25François Cholet.
03:26Et donc, il a fallu que j'explique un petit peu pourquoi c'était indispensable de pouvoir collecter ces déchets.
03:32Parce qu'en fait, il faut savoir qu'on dit qu'on a à peu près 2,5 millions de
03:37déchets qui se déversent chaque année dans le monde,
03:40dans les mers et les océans.
03:42Mais ce qu'il faut savoir, c'est que 80% de ces déchets proviennent de fleuves et rivières, des
03:47cours d'eau.
03:47Donc nous, avec un seul barrage en aval de l'agglomération toulousaine,
03:53on est capable de capter 80% des déchets flottants avant qu'ils aillent se déverser dans l'océan Atlantique
03:59du côté de Bordeaux.
04:00Donc, je pense que l'élu, François Cholet, quand je lui ai expliqué un petit peu cette dimension écologique,
04:08il a été vite convaincu par le sujet, en sachant que malheureusement, il y a un flou juridique sur les
04:14déchets flottants.
04:14Si on n'y touche pas, ça coûte zéro.
04:16Si on n'y touche, on est responsable.
04:18Donc voilà, il y a ces astuces-là à maintenant.
04:22Je vais reprendre votre chiffre.
04:2380% des déchets plastiques en mer proviennent des fleuves et rivières.
04:28Un coût estimé de la pollution plastique pour les océans de 8 milliards de dollars par an.
04:32300 000 euros, c'est le coût d'installation du premier barrage sur la Garonne.
04:35Vos ambitions ?
04:3631 barrages visés à terme qui pourraient couvrir 90% du territoire français
04:43et 175 tonnes de plastique visés par an.
04:48C'est l'équivalent de 9 millions de bouteilles.
04:51Je veux bien qu'on s'arrête sur ce qui s'est passé là au mois de janvier.
04:56Il y a quelques semaines, une partie du barrage que vous avez installé sur la Garonne
05:01qui s'est usée à peu près maturément sous l'effet des courants.
05:05Alors, est-ce que ça vous a surpris ? Comment vous avez géré cette aléa ?
05:10C'est une bonne question, effectivement.
05:13Il faut bien savoir qu'on évolue dans un milieu vivant qui est le fleuve de la Garonne,
05:18qui a ses caprices, qui présente des contraintes.
05:22Et effectivement, on s'est rendu compte qu'il y a une pièce qui a lâché lors de la crue
05:28de janvier.
05:29On avait un peu sous-estimé la force en présence qui s'appuyait sur cette pièce.
05:33Et donc, ça fait partie du jeu.
05:37On parle d'une expérimentation.
05:38C'est un premier barrage, c'est une première mondiale.
05:41Et donc, ce n'est pas une science exacte.
05:43On évolue dans un milieu vivant, comme je le disais.
05:45Donc, on a rectifié, on a complètement modifié la pièce pour pouvoir justement amortir les charges qui jouent sur cette
05:54pièce.
05:55Et on a fait quelques améliorations aussi sur le barrage, sur le comportement,
06:00pour pouvoir réarmer le barrage et avoir des meilleures conditions d'exploitation.
06:06Voilà, donc ça fait partie du jeu.
06:08Et vous avez donné un chiffre de 300 000 euros d'investissement.
06:12En fait, c'est beaucoup plus pour cette première expérimentation, parce qu'on a pris du retard.
06:17On a une trentaine de sous-traitants au niveau de la fabrication du barrage.
06:21Donc, il y a quand même beaucoup d'aléas techniques, etc.
06:24On a beaucoup appris, on apprend beaucoup avec cette première expérience.
06:28Et effectivement, on vise même plus que 31 barrages, en fait, pour tout le dire.
06:34On envisage même de faire des barrages spécialisés par type de déchets,
06:37notamment avec les embâcles, par exemple, qui étaient chez Bois,
06:41qui posent d'énormes problèmes dans les collectivités.
06:44Et là, on s'est rendu compte qu'on pouvait avoir une approche un peu systémique
06:47et régler plusieurs problèmes qui sont, je dirais, à gérer par les collectivités.
06:55Et vous venez de parler du coût, justement, de tout ça.
07:01C'est quoi le modèle économique par rapport aux collectivités,
07:04le modèle économique de Plastique Vortex que vous avez en tête ?
07:06Oui.
07:07Alors, on travaille avec le secteur public, ce qui n'est pas une mince affaire.
07:14Je veux dire, c'est beaucoup d'interlocuteurs différents.
07:17Il y a beaucoup de structures qui sont concernées par, à la fois,
07:20la gestion de l'eau, la gestion des déchets, la gestion des crus.
07:23Il y a les agences de l'eau.
07:25Il y a six agences de l'eau en France.
07:27Et ensuite, on a les collectivités, les communautés communes ou les métropoles.
07:30Donc, il y a des subventions qui peuvent être proposées aux collectivités
07:35si elles font l'équipement d'achat de barrages.
07:38Et en fait, c'est un petit peu tôt pour que j'en parle encore plus précisément,
07:42mais on va développer un modèle économique avec une fondation
07:47pour pouvoir avoir une approche globale.
07:50C'est-à-dire, pas uniquement de mettre en place des systèmes curatifs que sont les barrages,
07:54mais aussi avoir, comme on fait la caractérisation des déchets flottants,
07:58on a des données scientifiques qui peuvent intéresser les centres de recherche et les collectivités.
08:03Et comme on a une méconnaissance de la pollution plastique des fleuves et rivières,
08:08ce travail qu'on va faire avec cette fondation permettra d'avoir des centres de recherche
08:13qui vont travailler avec nous.
08:14Puis, on va aussi faire des actions de sensibilisation avec des associations, des ONG.
08:18Donc, tout ça, ça va permettre d'aller embarquer avec nous
08:21des entreprises qui veulent être mécènes de nos projets.
08:27Donc, si par exemple, on a un barrage à installer à Rouen ou à Bayonne,
08:32on peut imaginer que des acteurs professionnels, des entreprises,
08:36aient envie de participer à cette aventure qui est indispensable.
08:42On va revenir à Toulouse quand même avec quelques chiffres, Alexandre, sur la ville de Toulouse.
08:47C'est le moment de parler de la ville rose.
08:48C'est la première métropole la plus attractive de France pour la troisième année consécutive, là, en 2025.
08:54Toulouse métropole, grosso modo, c'est 842 000 habitants.
08:57Si on se concentre sur Toulouse même, c'est 516 000.
09:00C'est une ville étudiante, presque 150 000 étudiants.
09:04Et elle a reçu récemment la quatrième étoile du label de l'ADEME en tant que territoire engagé pour la
09:10transition écologique.
09:11Et c'est sûrement ce qui nous concerne aussi aujourd'hui, vu le sujet,
09:14c'est que 90% de l'eau brute utilisée par la métropole toulousaine provient de la Garonne.
09:19Est-ce que, Patrick Tonnet, est-ce que cet écosystème favorable à l'innovation durable vous a concrètement aidé ?
09:26Et de quelle manière ?
09:30Oui, il y a quand même une histoire de recherche importante et d'innovation importante sur le territoire toulousain.
09:38Mais on a un petit peu quand même défriché un nouveau modèle qui existe déjà depuis pas mal de temps
09:44sur ce qu'on appelle l'achat public innovant.
09:48En fait, il nous a fallu démontrer auprès de la métropole que comme on est labellisé Green Tech Innovation,
09:54donc on est soutenu par le ministère de la Transition écologique,
09:56on a proposé un montage qui permet à la métropole de passer une commande de l'exploitation du barrage
10:04sur les 12 prochains mois sans passer par un appel d'offres classique,
10:08parce que nous sommes innovants et que donc dans ce cadre-là,
10:11on pouvait se permettre d'avoir cette possibilité de commande en fait qui va arriver prochainement.
10:20Et c'est vrai que tous les métropoles, je ne connais pas les chiffres,
10:26mais c'était un peu une première pour la métropole de partir sur un achat public innovant.
10:32Donc il a fallu convaincre les services juridiques, les services marqués, etc.
10:36Et on a été bien entendu en fait par la métropole.
10:40Et ça, je tiens à le souligner.
10:42C'est vrai qu'il y a beaucoup d'interlocuteurs à convaincre,
10:46mais j'avoue, moi j'aimerais dire que les techniciens,
10:53les opérateurs de tous les métropoles,
10:56les interlocuteurs au quotidien,
10:59ils sont très motivés par ce projet,
11:02parce que ça a du sens, parce qu'on va dépolluer la Garonne,
11:05donc on va dépolluer l'Atlantique quelque part.
11:08Et il y a un formidable état d'esprit qui y aide beaucoup.
11:14Et du coup, ce sont mes relais aussi pour convaincre les élus.
11:17On a un changement, enfin un changement d'élus, justement,
11:20depuis les élections municipales.
11:22Donc voilà, il y a beaucoup de gens qui sont concernés par le sujet,
11:26beaucoup de services à la métropole.
11:28Mais franchement, je trouve qu'il y a un très bon état d'esprit.
11:31Une toute dernière question, Patrick Tonnet.
11:33Mais justement, sur cet écosystème dont on parle,
11:35notamment l'écosystème étudiant qu'évoquait Alexandre à l'instant,
11:41quand il y a eu, par exemple, les crues importantes,
11:44les difficultés sur le barrage,
11:45ou d'une manière générale pour les recrutements que vous envisagez,
11:49à quel point ces talents-là, ça vous profite, ça vous booste, en quelque sorte ?
11:57Alors, vous avez parlé tout à l'heure de la rupture technique d'une pièce en janvier.
12:04On a un comité technique qui nous suit avec la métropole,
12:08avec l'agence de loi d'Urgaronne, avec la région occitanie,
12:11qui a été un soutien financier, et donc avec d'autres structures.
12:16Et donc, on a géré la communication d'urgence.
12:21C'est-à-dire que moi, c'est arrivé un dimanche,
12:23et dès le dimanche, j'ai communiqué au Cotec en disant,
12:25voilà, on a une rupture de pièce, j'ai expliqué pourquoi, etc.
12:29Et avec des photos à l'appui,
12:31puisqu'on avait récupéré des photos de la pièce qui avait cassé.
12:35Et franchement, quand je vois comment les gens ont été très compréhensifs de la situation,
12:42et en fait, nous ont encouragés et nous ont fait confiance.
12:45Et là, moi, je dis, c'est toujours dans les moments difficiles
12:48qu'on découvre nos alliés, nos soutiens.
12:52Franchement, ça a été très positif, cette histoire-là,
12:56et j'en suis très reconnaissant, parce qu'on est une start-up,
12:59on est quand même frais de l'île,
13:01et donc, c'est des périodes qui permettent aussi de créer du lien
13:06avec les différents interlocuteurs que nous avons.
13:08Merci beaucoup, Patrick Tonnet, bon moment à Plastic Vortex.
13:12Merci, Alexandre.
13:13On se retrouve dans un mois, une nouvelle ville,
13:16une nouvelle entreprise à découvrir grâce à vous.
13:18On passe tout de suite au grand entretien de ce Smart Impact
13:21avec le cofondateur du groupe immobilier, Renman.
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