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Dans cette conférence inspirante organisée par la chaîne MUMONS de l’Université de Mons, le biologiste et directeur de recherche à l’INRAE au sein de l’École normale supérieure de Lyon Olivier Hamant explore la transition du culte de la performance vers une approche fondée sur la robustesse, la coopération et l’adaptation dans un monde de plus en plus fluctuant.
À partir de réflexions issues de la biologie végétale et des sciences du vivant, il met en lumière comment notre obsession pour l’efficacité et la compétition impacte les écosystèmes, notre rapport au temps et notre capacité à vivre dans l’incertitude.
Ce discours puissant invite à repenser nos modèles sociaux, économiques et environnementaux à travers les leçons du vivant.
#ecologie #cooperation #crise #science #avenir
Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
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Comment Olivier Hamant qualifie-t-il l’état actuel de la planète ?
➡ En burn out.
Par combien a été multipliée la fréquence des événements climatiques extrêmes depuis 2000 en France ?
➡ 4,5.
Combien d’heures de temps libre une personne de 18 ans aujourd’hui a-t-elle gagné par rapport au XIXe siècle ?
➡ 400 000 heures.
À partir de réflexions issues de la biologie végétale et des sciences du vivant, il met en lumière comment notre obsession pour l’efficacité et la compétition impacte les écosystèmes, notre rapport au temps et notre capacité à vivre dans l’incertitude.
Ce discours puissant invite à repenser nos modèles sociaux, économiques et environnementaux à travers les leçons du vivant.
#ecologie #cooperation #crise #science #avenir
Réponses au quiz de fin :
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Comment Olivier Hamant qualifie-t-il l’état actuel de la planète ?
➡ En burn out.
Par combien a été multipliée la fréquence des événements climatiques extrêmes depuis 2000 en France ?
➡ 4,5.
Combien d’heures de temps libre une personne de 18 ans aujourd’hui a-t-elle gagné par rapport au XIXe siècle ?
➡ 400 000 heures.
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NewsTranscription
00:00Quelqu'un qui a 18 ans aujourd'hui, ça a été calculé, par rapport à quelqu'un qui avait 18 ans au 19ème siècle,
00:06une personne aujourd'hui de 18 ans, elle a gagné 400 000 heures de temps libre.
00:12400 000 heures dans une vie, 400 000 heures de temps libre.
00:14Une fois qu'on a enlevé le sommeil, les repas, l'hygiène, les études, tout ça, il reste vraiment 400 000 heures de temps libre.
00:22Un jeune de 18 ans aujourd'hui va passer 330 000 heures de ces 400 000 heures devant un écran.
00:28Ça dit quelque chose, c'est-à-dire qu'en fait, tout le temps qu'on a gagné grâce aux machines, on le rend aux machines.
00:35Là, on n'est plus du tout dans la coopération, on est dans l'addiction.
00:38Là, c'est carrément autre chose, on n'est plus du tout dans la coopération.
00:47Ça, c'est le monde de la performance. On ne questionne plus la performance.
00:50Toute performance est bonne à prendre.
00:52Et puis, il y a une autre critique qu'on peut faire de la performance, c'est cette équation.
00:56Quand on met l'accent sur la performance, en fait, c'est toujours une performance relative.
01:02On est toujours plus ou moins performant qu'un autre.
01:04Donc, du coup, en fait, ce qu'on fait quand on met l'accent sur la performance,
01:07en fait, on met l'accent sur la compétition, finalement.
01:11Dans une compétition, qui gagne ?
01:15Alors, c'est très simple.
01:16Dans une compétition, ce sont toujours les plus violents qui gagnent.
01:20Et ça, c'est toujours vrai.
01:23C'est toujours vrai.
01:24Un sportif de compétition, il va être violent avec son corps.
01:28Alors, ça n'a pas forcément duré très longtemps, mais il va être violent avec son corps.
01:32Un pompier qui est au feu va être violent avec son corps pendant le temps où il est au feu.
01:37Donc, ce n'est pas pour dire que la violence, c'est inutile.
01:39Là, il y a des moments où c'est un prix à payer pour le moment de performance.
01:42Le problème, c'est que quand on est dans une culture de la performance,
01:47on est dans une culture de la violence.
01:50Parce que là, ça ne s'arrête plus.
01:52Et donc, on est dans une culture de la violence contre les femmes,
01:55contre les plus défavorisées et contre les écosystèmes.
01:58Et ça, c'est le produit de décennies de culte pour la performance.
02:03Et donc, c'est ça qui nous interroge.
02:05Alors, je vais uniquement me concentrer sur les écosystèmes,
02:09mais c'est quand même, ça a déjà été dit par Florence,
02:12le monde qui vient et qui est là, en fait,
02:15c'est un monde qui est très violent contre les écosystèmes.
02:18Les écosystèmes, je vais le dire différemment,
02:20les écosystèmes sont essorés par notre performance.
02:24On est en train de générer un burn-out planétaire.
02:27C'est ça qui se passe.
02:28Et du coup, il y a un mot à retenir de tous ces rapports scientifiques,
02:32c'est ce fameux monde fluctuant.
02:34Si je devais le dire vraiment en un mot,
02:37on quitte le monde de la moyenne pour entrer dans le monde de l'écart-type,
02:39c'est ça, on quitte la continuité, on va dans les ruptures.
02:43Alors, c'est la première chose à retenir.
02:45Donc du coup, une fois qu'on a compris ça,
02:47qu'on a tellement mis l'accent sur la performance
02:49que maintenant, ça devient très fluctuant,
02:52qu'est-ce qu'on fait ?
02:52Eh bien, il y a une première question à se poser,
02:55et à mon avis, c'est la première question à se poser au XXIe siècle,
02:59c'est comment habiter le monde fluctuant ?
03:03En fait, quand on réfléchit bien,
03:05toutes les autres questions sont secondaires.
03:07Parce que ça, on ne va pas y échapper,
03:09entre guillemets, on est déjà rentré dans le monde fluctuant.
03:12En France, par exemple, on a calculé
03:14que les événements extrêmes climatiques,
03:17leur fréquence a été multipliée par un facteur 4,5 depuis 2000.
03:21Donc on est vraiment rentré dans le monde fluctuant,
03:23et ça ne va pas s'arrêter.
03:25Donc comment habiter le monde fluctuant ?
03:26Ça, c'est vraiment la première question à se poser au XXIe siècle.
03:28Alors, c'est une très grande question,
03:29mais je mets un arbre là,
03:31parce qu'en fait, les êtres vivants,
03:33ça fait des millions d'années
03:34qui vivent dans un monde fluctuant.
03:37Donc, ça veut dire qu'ils ont des recettes,
03:40des lois, des principes
03:41qui leur permettent de vivre sur Terre,
03:45avec les fluctuations.
03:47Donc c'est quoi les secrets du vivant
03:49pour vivre sur Terre ?
03:51Alors, première chose,
03:54les êtres vivants,
03:55si vous leur donnez beaucoup de ressources,
03:58ils vont faire de la compétition.
04:00Le parasite, par exemple,
04:01il a un accès illimité aux ressources,
04:03il fait énormément de compétition.
04:05Il se spécialise, il optimise,
04:07il se canalise.
04:08Tous les autres écosystèmes sur Terre,
04:10eux, par contre,
04:11sont soumis à des fortes fluctuations,
04:13à des pénuries chroniques de ressources.
04:14Qu'est-ce qu'ils font ?
04:15Ils coopèrent.
04:17Et donc, sur Terre,
04:18ce qui domine dans le monde vivant,
04:20c'est la coopération.
04:22Parce que la plupart des écosystèmes
04:24sont soumis à des fortes fluctuations
04:26et à des pénuries chroniques de ressources.
04:28L'exemple le plus parlant,
04:30c'est l'océan.
04:31Vous voyez, c'est un énorme volume,
04:32quand même, sur Terre.
04:33L'océan, c'est un milieu très pauvre
04:35et on a pu mesurer les interactions
04:38entre un très grand nombre d'espèces
04:40dans l'océan
04:40et c'est les interactions coopératives
04:43qui dominent.
04:45C'est que quand on pense
04:46être vivant océan,
04:47en général, on pense dans de la mer.
04:49Enfin, je ne sais pas si vous avez...
04:50Le requin, la prédation...
04:51En fait, ça, c'est l'exception.
04:53Dans l'océan,
04:54c'est la coopération qui domine.
04:56Et donc là, je ne prends pas
04:57l'exemple de l'océan.
04:58Là, je prends l'exemple d'une symbiose,
04:59un exemple de coopération territoriale,
05:01si vous voulez.
05:02Donc, c'est les fameuses symbioses
05:03entre un champignon,
05:05enfin, des champignons
05:06et une racine,
05:07enfin, une plante.
05:08Donc là, vous connaissez ça.
05:10Les champignons absorbent l'eau,
05:12donnent des sels minéraux
05:12à la plante.
05:13La plante, elle,
05:13elle fait de la photosynthèse,
05:14elle nourrit les champignons.
05:16Et donc là, il y a un échange mutuel
05:17qui est bénéfique pour les deux parties.
05:19Ça, c'est très, très, très fréquent.
05:21En fait, on pense qu'il y a plus
05:23de 80% des plantes
05:24qui sont en symbiose
05:25de ce type-là sur Terre.
05:27Et en fait, quand on trouve
05:28des plantes qui n'ont pas de symbiose,
05:29en général, c'est qu'on n'a pas encore
05:31assez bien cherché.
05:32C'est souvent ça.
05:33Donc là, vous avez une carte
05:34qui montre une interaction,
05:36un réseau d'interaction
05:37dans un sol forestier japonais.
05:40Donc, vous voyez,
05:40les points rouges, c'est des plantes.
05:41Les points jaunes et bleus,
05:42c'est des espèces
05:43de champignons différents.
05:44Donc, vous voyez qu'une plante
05:45interagit avec des tas d'espèces
05:47de champignons différents.
05:48C'est ça vraiment, le vivant.
05:49C'est un énorme réseau d'interaction.
05:52Donc ça, c'est plutôt joyeux finalement.
05:54C'est-à-dire qu'en fait,
05:55le monde fluctuant
05:55va plutôt nous amener
05:56à aller vers la coopération
05:58si on suit les êtres vivants.
05:59Mais est-ce qu'on le fait vraiment ?
06:01En fait, oui, on le fait.
06:03Là, je vous ai mis
06:03quelques exemples d'organisations
06:05qui vont vers la coopération
06:08sous différentes formes.
06:09Alors, d'ailleurs,
06:09il y a les conventions citoyennes,
06:12les approches participatives,
06:13les sciences citoyennes.
06:14Il y a toute une galaxie
06:16d'approches coopératives
06:18chez les humains,
06:19dans les sociétés humaines.
06:20Ça, on peut presque considérer
06:21que c'est bio-inspiré,
06:23sans forcément faire un lien
06:25avec le vivant.
06:25Mais finalement, on converge
06:27vers le même genre de solution.
06:29Si je le dis différemment,
06:31de façon très anthropocentrée,
06:32on se serre les coudes
06:33dans les moments difficiles.
06:35C'est un peu ça, finalement.
06:36On fait de la coopération
06:37quand ça commence à tanguer.
06:39Et donc, en fait, on le voit.
06:40Et ce n'est pas une mode.
06:44C'est fait pour rester, ça.
06:45Ça va s'amplifier.
06:46Parce que le monde va devenir
06:47de plus en plus fluctuant.
06:48Il y aura de plus en plus
06:49de coopération.
06:50Parce que c'est la façon
06:51de résister aux fluctuations.
06:53Alors, là, on pourrait se dire
06:55super, voilà.
06:56On a déjà mis un pied
06:58dans la coopération.
06:59D'ailleurs, en Belgique,
06:59il y en a plein.
06:59J'étais à Liège.
07:00Il y a vraiment plein
07:01de projets coopératifs.
07:03Donc, c'est vraiment ça bien.
07:05Mais il y a un mais.
07:07Il y a un mais
07:07parce qu'en fait,
07:09parmi tous les types
07:11de coopération
07:11qu'on a inventées
07:13depuis la deuxième moitié
07:15du XXe siècle,
07:17il y a un mode
07:17de coopération
07:19qui est très performant.
07:23Et ce mode de coopération,
07:24c'est le mode
07:24de coopération numérique,
07:26digital.
07:28Là, on peut vraiment
07:29coopérer très vite
07:30avec beaucoup de monde,
07:31échanger énormément
07:32d'informations,
07:32efficace, efficient.
07:34Là, vous avez
07:34les câbles Internet
07:35au fond de l'océan.
07:36Au passage,
07:37d'ailleurs, vous voyez
07:37la fragilité de l'infrastructure.
07:39On peut compter les câbles.
07:40Donc, c'est encore une fois
07:41de l'optimisation
07:42qui fragilise.
07:43Mais surtout,
07:44ce que je veux dire par là,
07:44c'est qu'en fait,
07:45on a fait une hybridation
07:47entre coopération
07:49et culte de la performance.
07:52Et du coup,
07:52on a inventé
07:54une forme
07:54de coopération performante.
07:57Alors,
07:58qu'est-ce que ça produit, ça ?
07:59Eh bien,
07:59ça produit un mode
08:00de coopération
08:01qui écrase
08:02tous les autres
08:03modes de coopération.
08:06Et donc,
08:06qu'est-ce que ça produit
08:07au final ?
08:08De la canalisation.
08:10Et donc,
08:11aujourd'hui,
08:12il n'est pas rare
08:12de voir un enfant
08:14passer 12 heures
08:15par jour
08:16devant un écran.
08:18Je ne sais pas,
08:19il y a peut-être des gens
08:20qui ont 18 ans ici,
08:21mais si vous n'êtes pas
08:22très loin de 18 ans,
08:22ça sera à peu près pareil.
08:24Quelqu'un qui a 18 ans
08:25aujourd'hui,
08:26ça a été calculé,
08:27par rapport à quelqu'un
08:28qui avait 18 ans
08:28au 19e siècle,
08:30une personne aujourd'hui
08:31de 18 ans,
08:32elle a gagné
08:32400 000 heures
08:34de temps libre.
08:36400 000 heures
08:37dans une vie.
08:38400 000 heures
08:38de temps libre.
08:39Une fois qu'on a enlevé
08:39le sommeil,
08:41les repas,
08:42l'hygiène,
08:42les études,
08:43tout ça,
08:44il reste vraiment
08:44400 000 heures
08:45de temps libre.
08:45Un jeune de 18 ans
08:47aujourd'hui
08:48va passer 330 000 heures
08:50de ces 400 000 heures
08:51devant un écran.
08:54Ça dit quelque chose,
08:55c'est-à-dire qu'en fait,
08:56tout le temps
08:56qu'on a gagné
08:57grâce aux machines,
08:58on le rend aux machines.
08:59Là, on n'est plus du tout
09:00dans la coopération,
09:01on est dans l'addiction.
09:02Là, c'est carrément
09:03autre chose,
09:03on n'est plus du tout
09:04dans la coopération.
09:06Donc du coup,
09:06qu'est-ce qu'on peut tirer
09:07de tout ça ?
09:08En fait,
09:08il faut revenir
09:09à la leçon du vivant,
09:11la leçon première du vivant,
09:12qu'est-ce que nous disent
09:13les êtres vivants ?
09:13En fait, il nous interroge
09:15sur notre rapport au temps.
09:17En fait, nous,
09:18les êtres humains
09:19du 21e siècle,
09:21on est depuis des décennies
09:23sur l'autoroute.
09:25Les scientifiques nous disent
09:26que le brouillard se lève
09:27et qu'est-ce qu'on fait ?
09:30On accélère.
09:32Bon, je ne sais pas vous,
09:33mais quand je suis sur l'autoroute
09:34et que le brouillard se lève,
09:35je ralentis.
09:35Et ce n'est pas juste
09:36pour le plaisir de ralentir,
09:37c'est qu'on ralentit
09:38pour interagir
09:39avec son milieu,
09:40avec son environnement.
09:41Parce qu'en fait,
09:42c'est comme ça
09:42qu'on va répondre
09:43quand on va être capable
09:43de trouver une trajectoire.
09:45C'est un peu ça.
09:46La première leçon du vivant
09:47sur la coopération,
09:48c'est que les êtres vivants,
09:50quand ils sont en crise,
09:52ils n'accélèrent pas.
09:54Ils multiplient les interactions
09:56avec leur territoire.
09:58Si je vous le dis différemment,
10:00il y a pas mal d'ingénieurs
10:01dans la pièce,
10:02on est tous des objets vivants
10:04à quatre dimensions.
10:05Les trois dimensions de l'espace,
10:07la quatrième dimension du temps.
10:09Si on manque de temps,
10:10il nous reste
10:11les trois dimensions de l'espace.
10:13Et bien, c'est là
10:14que ça se joue.
10:15En fait,
10:15ce n'est pas dans le temps
10:16que ça se joue
10:16puisqu'on manque de temps.
10:18C'est de l'espace
10:18qui est notre terreau.
10:20Et donc, en fait,
10:21quand on fait
10:21de la coopération territoriale,
10:23quand on fait
10:23des symbioses territoriales,
10:25c'est un peu la même chose.
10:26En fait, on explore,
10:27on densifie,
10:28on augmente la qualité
10:29des interactions
10:29dans son territoire.
10:31Et ça,
10:31c'est vraiment
10:32de la coopération.
10:34Et du coup,
10:35on peut très clairement
10:36débrancher les écrans.
10:37Je pense que tout le monde le dit.
10:39Mais voilà,
10:40parce que comme ça,
10:40on va peut-être
10:40un peu plus s'ancrer
10:41dans son territoire
10:42avec des gens
10:43vraiment qui sont
10:43dans le coin.
10:44qui sont dans le coin de la coopération.
10:45C'est un peu plus s'ancrer.
10:45C'est un peu plus s'ancrer.
10:46C'est un peu plus s'ancrer.
10:46C'est un peu plus s'ancrer.
10:47C'est un peu plus s'ancrer.
10:50C'est un peu plus s'ancrer.
10:52C'est un peu plus s'ancrer.
10:53C'est un peu plus s'ancrer.
10:54C'est un peu plus s'ancrer.
10:55C'est un peu plus s'ancrer.
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