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  • il y a 18 minutes
Ce jeudi 21 mai, Salomée Ruel, enseignante-chercheuse en management de la chaîne logistique à l'EMLV, était l'invitée dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Elles sont revenues sur la réorganisation globale des flux dans le Golfe après deux mois de conflit en Iran, forçant l'émergence de routes et de solutions alternatives au détroit d'Ormuz pour acheminer les marchandises. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Deux mois de conflits en Iran et ça a forcé l'émergence de routes alternatives au détroit d'Hormuz,
00:05la réorganisation plus globale du transport et de la logistique dans l'ensemble des pays du Golfe.
00:10De nouvelles routes, de nouveaux moyens de faire sortir les marchandises, c'est votre spécialité.
00:15Salomé Ruel, bonjour, vous êtes enseignante chercheuse en management de la chaîne logistique à l'EMLV Business School.
00:21Le premier point, c'est qu'on voit quand même une certaine résilience des chaînes, ça ne part pas vers
00:25la mer, on s'organise autrement.
00:26Oui, alors ça part quand même par la mer parce qu'on ne peut pas tout faire passer en terrestre.
00:32Mais heureusement qu'on voit de la résilience parce que quand même les crises se succèdent les unes après les
00:37autres.
00:37On a quand même des chaînes logistiques qui apprennent des crises précédentes.
00:42Mais néanmoins, ce n'est pas parfait.
00:44On voit bien que tous les jours, on parle du détroit d'Hormuz, que l'on s'inquiète sur des
00:48éventuelles pénuries.
00:49Donc ça veut dire que ça se réorganise, mais pas entièrement.
00:51Mais quand même sur les routes, on voit des endroits dans certains déserts dans le Golfe qui tout d'un
00:56coup ont une activité qu'on n'avait jamais vue.
00:58Oui, et puis des ports également qui ont une activité qu'on n'avait jamais vue.
01:02Alors ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il faut arriver à s'échapper finalement de ce détroit d
01:06'Hormuz et trouver d'autres accès vers la mer.
01:08Parce qu'on a des produits que l'on peut transporter uniquement en maritime.
01:11Et donc ça veut dire qu'il va falloir acheminer certains produits vers Oman pour pouvoir faire sortir les matières
01:19par le Golfe d'Oman.
01:20Ou alors, retour vers la mer Rouge, j'ai envie de dire.
01:23Une mer Rouge qui était évitée par les transporteurs parce qu'on reconnaît exactement les attaques d'outils.
01:28Et d'un coup, la mer Rouge devient de nouveau à la mode.
01:31Ce que l'on voit, c'est du multimodal qui se met en place quand c'est possible pour certains
01:34produits.
01:35Et ce n'est pas possible pour le pétrole.
01:37Et pour certains produits, on va avoir une route terrestre de l'Est vers l'Ouest de l'Arabie Saoudite
01:42qui va déboucher notamment sur la mer Rouge pour pouvoir ensuite partir vers le canal de Suez
01:48ou alors vers le Sud pour passer par l'Afrique.
01:52Anaïsia ?
01:52Justement, il y a des ports qui avaient une importance toute relative jusqu'à il y a deux mois
01:56et qui aujourd'hui sont envahis par des flux de camions.
01:59On parle beaucoup de Fujaira par exemple.
02:01Est-ce qu'ils ont les capacités de le faire ? Comment ils s'adaptent ?
02:04Alors non, ils n'ont pas vraiment la capacité de le faire.
02:07Et aujourd'hui, ce qu'ils connaissent ces ports-là, c'est la congestion.
02:10Donc se dire, c'est bon, on a trouvé d'autres ports, les chaînes logistiques vont se remettre en place,
02:14les délais vont être sauvegardés, ça c'est absolument illusoire.
02:17Ce que l'on voit autour de ces ports, c'est de la congestion
02:20et une très grande difficulté à absorber ces flux.
02:25Donc voilà, toute leur capacité n'était pas utilisée avant la crise.
02:28Donc là, ils sont à bloc, j'ai envie de dire, mais clairement, ils ne peuvent pas absorber l'ensemble
02:34des capacités
02:35qui ne passent plus aujourd'hui par l'espoir d'Hormuz.
02:37Avec une forte augmentation des coûts, parce que ça coûte quand même assez cher de transiter par camion.
02:43Alors oui, même au-delà de ça, donc il y a transiter par camion,
02:47mais pour ce qui reste du maritime, rien que les coûts sur le maritime ont absolument explosé.
02:52Je suis allée chercher quelques chiffres, par exemple, si on prend un super tanker sur la route Moyen-Orient-Chine,
02:59avant la crise en Iran, c'était aux alentours de 170 000 dollars par jour.
03:03Aujourd'hui, on est à 400 000 dollars par jour, donc ça a plus que doublé.
03:07D'autres coûts, par exemple, sur les primes de guerre, vous savez qu'il y a des assurances,
03:11les primes de guerre, elles, elles se chiffrent par transit.
03:14On était sur 0,2, 0,25% de la valeur du navire avant.
03:19Et bien là, on a multiplié par 5.
03:22Donc je veux dire, tous les coûts, par ailleurs, sont en train d'augmenter.
03:25Des coûts liés au stockage, je viens de dire qu'il y a de la congestion,
03:27donc ça veut dire qu'il y a de l'attente.
03:29Il faut stocker, ces coûts augmentent.
03:31Les primes, elles augmentent.
03:33Le tarif du conteneur augmente.
03:36Le fret en méthanier ou que ce soit un super tanker augmente.
03:40Bref, oui, gros choc sur les coûts.
03:42Annalisa ?
03:43Qu'est-ce qu'on a appris de cette crise ? Qu'est-ce qu'on apprend encore ?
03:45Est-ce qu'on sera mieux préparé pour j'aller à la prochaine ?
03:47Alors, il faut l'espérer, puisque quand même, à chaque crise,
03:51il y a une amélioration par rapport à la crise précédente.
03:54Mais néanmoins, l'apprentissage, j'ai envie de dire,
03:57c'est quand même le volet de la résilience qui, aujourd'hui, pêche toujours le plus.
04:00C'est-à-dire, les chaînes logistiques sont devenues pas trop mauvaises en adaptation.
04:05Vous voyez bien, ça réagit en cas de crise.
04:07Tout de suite, on cherche des plans B.
04:09Ces plans B, ils sont possibles parce qu'en amont,
04:11elles ont amélioré leur agilité structurelle.
04:13C'est-à-dire, elles ont déjà réfléchi à ce « what if ».
04:16S'il se passe quelque chose, alors, qu'est-ce que l'on va pouvoir faire ?
04:20Est-ce que l'on a déjà réfléchi à ces plans B ?
04:22Mais la question reste toujours celle de l'apprentissage, a posteriori.
04:27En fait, les chaînes logistiques sont tellement sous tension
04:30que ce temps de l'apprentissage, les entreprises, elles ne le trouvent plus.
04:33Donc, c'est-à-dire, comment est-ce que j'apprends de ce qui s'est passé
04:36pour pouvoir s'assurer que demain, on ne sera pas de nouveau dans cette difficulté-là ?
04:40Eh bien, ce temps-là, il est tellement contraint que ceci n'est pas bien fait.
04:44Or, si on parle de résilience des chaînes logistiques,
04:46certes, c'est de l'adaptation, certes, c'est de l'agilité,
04:48mais c'est aussi de l'apprentissage.
04:50Donc, on ne peut qu'encourager les entreprises quand même
04:53à faire cet effort du retour d'expérience.
04:55Il faut qu'il y ait quelqu'un qui réfléchisse toujours à des plans B, plan C, plan E ?
04:59Oui, c'est-à-dire que quand on travaille en logistique,
05:02alors, on voit tout à fait le côté très opérationnel des choses.
05:04Mais il y a des gens qui pensent à des plans.
05:05Où j'ai des flux, mais il y a aussi des gens dont le travail
05:07est d'avoir une vision stratégique pour réussir à des plans.
05:10Un mot sur le train, parce qu'on avait vu ça avec l'Ukraine
05:12qui arrivait à sortir du blé par le train et à se réorganiser.
05:16Là, dans les pays du Golfe, c'est en ferré.
05:20Alors, ce n'est pas aussi développé, malheureusement.
05:21Donc, effectivement, le rail, ce n'est pas l'option qui est aujourd'hui privilégiée.
05:25Plutôt des options pour le terrestre, quand c'est possible,
05:28pour certaines matières qui peuvent être transportées en container.
05:32Donc là, on a du multimodal.
05:34Mais sinon, pour le reste, on est toujours sur une obligation maritime.
05:38C'est le cas sur le GNL, par exemple.
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