Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 49 minutes
Lucas Le Bell, cofondateur et directeur général de Cerbair, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 21 mai. Il a présenté les avancées réalisées dans leur développement de solutions de lutte contre les drones, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il est 7h44 sur BFM Business et sur RMC Life. Notre invité ce matin c'est Lucas Lebel.
00:04Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général de Cerber.
00:07Cerber qui développe des solutions de lutte en tri-drone.
00:10Vous êtes spécialisé dans le traitement et l'analyse du spectre radiofréquence.
00:13On parlera technique évidemment dans l'interview, mais vous m'avez dit il y a quelques instants pendant la publicité,
00:18ce qu'on voit aujourd'hui avec le drone, c'est l'équivalent de ce qui s'est passé avec
00:22la poudre noire sur le champ de bataille.
00:24C'est une révolution fondamentale dans la manière de se battre.
00:29Absolument. Ce qu'on observe, c'est un bouleversement complet technologique de la manière de conduire la guerre en réalité.
00:35Avec l'introduction derrière le drone, en réalité c'est la robotisation du champ de bataille qui se joue.
00:40Avec l'introduction de machines capables d'intelligence, mais aussi pilotées à distance par des opérateurs qui parfois sont à
00:46des milliers de kilomètres
00:47et qui peuvent porter le feu, porter l'action de tuer, en prenant des risques beaucoup plus importants,
00:51puisque finalement l'enjeu c'est de perdre quelques machines qui pour certaines peuvent coûter quelques centaines de dollars.
00:56En face, vous avez des vies humaines et donc avec des niveaux d'efficacité redoutables.
01:00Et ça, ça bouleverse tous les équilibres, que ce soit à un niveau industriel, à un niveau doctrinal,
01:05et puis même au niveau géopolitique dans les rapports de force entre les nations.
01:08Avec un coût qui du coup a baissé de manière phénoménale.
01:11Avec un coût qui s'est écrasé.
01:12Aujourd'hui, vous avez des drones qui sont produits par millions à l'année,
01:15par des pays qui ne sont même pas forcément de rang international,
01:19comme peuvent l'être par exemple les États-Unis ou la Chine.
01:22Prenez l'Ukraine par exemple, la production c'est des millions d'unités à l'année.
01:26Et ces drones-là, ils sont envoyés sur la ligne de front,
01:28ils sont consommés par milliers d'unités par jour,
01:31produits pour un coût unitaire de l'ordre d'à peu près 200 dollars pour certains,
01:34et qui sont capables d'aller derrière, frapper des positions,
01:37responsables de plus de 80% des pertes humaines et matérielles sur le champ de bataille.
01:42Le coût aujourd'hui humain, enfin en tout cas le coût pour porter l'action de tuer un soldat ennemi,
01:47a aujourd'hui été chiffré par l'Ukraine autour de 1000 dollars.
01:50Donc c'est dramatique, ça donne le vertige.
01:52Et nous, notre mission pour revenir à Cerber, c'est de protéger l'humain,
01:56c'est de protéger les infrastructures contre ces attaques.
01:58Voilà, une noble mission de protection.
01:59Donc votre travail à vous, c'est la lutte contre ces drones.
02:02Vous ne fabriquez pas de drones, vous travaillez dans la lutte anti-drones.
02:05Avec l'analyse du spectre radiofréquence, vous nous rappelez comment ça fonctionne ?
02:08Bien sûr.
02:09Nous, notre métier c'est d'empêcher ces attaques.
02:11Pour ce faire, on déploie des moyens technologiques
02:13qui vont être capables de détecter toutes les communications radiofréquences
02:17dont les drones ont besoin.
02:18Pour opérer un drone, vous avez besoin de lui envoyer des informations de vol.
02:21Vous avez besoin de récupérer en temps réel un flux vidéo pour corriger le plan,
02:25pour désigner une cible, pour donner des coordonnées, pour faire tout un tas de choses.
02:28Et donc ces communications radiofréquences constituent le talon d'Achille
02:31que nos solutions viennent exploiter.
02:33Parce que ces communications, elles se propagent à la vitesse de la lumière.
02:36Nous, on est capable de les intercepter.
02:38Derrière, de regarder à l'intérieur, dans certains cas de figure, le contenu,
02:41ou simplement, d'un point de vue physique, de remonter à la source du signal
02:45pour être capable de déterminer la localisation de l'émetteur à l'endroit du pilote,
02:49ça peut être très intéressant, ou de la machine au niveau du drone.
02:52Et derrière, dans la foulée, parce qu'au-delà de la détection,
02:54on voit aussi de la neutralisation de drones,
02:55qui crée en fait une interférence électromagnétique
02:58capable en fait de repousser le drone, de le forcer à atterrir,
03:00voire de le faire tomber.
03:01Donc en fait, c'est un dôme invisible que l'on vient poser au-dessus de ce que l'on
03:04cherche à protéger,
03:06qui porte à plusieurs kilomètres, et qui est redoutablement efficace.
03:09Et est-ce que vous pouvez aussi emmener le drone ailleurs ?
03:12Lui changer sa trajectoire ?
03:13Tout ça, c'est possible ?
03:14Tout ça, c'est possible.
03:16Maintenant, le déployer de façon efficace,
03:18sur toute la diversité que les drones recouvrent,
03:21ce n'est pas réaliste.
03:21Donc oui, on sait le faire dans une certaine mesure.
03:23Parce qu'on a vu des drones ukrainiens, là, arriver en Lituanie,
03:26peut-être envoyés par des Russes qui auraient dévié des trajectoires.
03:28Oui. Alors, là, on rentre dans un sujet un petit peu plus technique.
03:32Prendre le contrôle sur le drone pour lui imposer complètement sa volonté
03:34et l'emmener où on veut, de façon réaliste,
03:37en particulier sur les drones militaires,
03:39aujourd'hui, ce n'est pas répandu.
03:41C'est trop compliqué.
03:42Et puis, vous pouvez passer des années à développer ça
03:44pour être envoyé à la case départ,
03:46au prochain patch logiciel qui est produit.
03:48Par le brouillage, en fait,
03:49vous allez interférer avec les communications radiofréquences,
03:53et notamment avec la réception des signaux de localisation,
03:56le GPS, etc.,
03:56qui peut, du coup, provoquer parfois la dérive de la trajectoire
04:00de certains drones et parfois une perte de contrôle,
04:02avec certains cas de figure qui ont été observés
04:04dans certains pays scandinaves ou baltes,
04:05où il y a eu, effectivement, des drones brouillés
04:07ou qui ont été, ce qu'on appelle, leurrés,
04:09et qui, du coup, ont dévié de leur trajectoire
04:10et qui, derrière, ont atterri,
04:12ou se sont crachés plutôt à des endroits qui n'étaient pas souhaités.
04:14Mais quand vous regardez, aujourd'hui,
04:16les dépenses militaires d'un pays comme la France,
04:18au vu de ce que vous nous dites sur l'intérêt des drones,
04:20alors, il y a une rallonge, là, qui a été votée pour les drones,
04:22mais on se demande à quoi ça sert d'investir des milliards et des milliards
04:26dans de l'industrie lourde.
04:28Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un décalage,
04:30aujourd'hui, sur ce qu'on vote comme crédit,
04:33sur la stratégie militaire,
04:34et, en fait, ce que devient, aujourd'hui,
04:35la guerre moderne et technologique ?
04:37Oui, c'est une très bonne question, merci.
04:39Nous, on a une conviction très forte quant au fait que,
04:42certes, le drone amène une révolution fondamentale.
04:44Maintenant, il ne faut pas tomber, de notre point de vue,
04:47dans le piège qui consisterait à enterrer trop rapidement
04:50des technologies de pointe, de la high-tech,
04:53qui, jusqu'à récemment, constituaient vraiment, voilà,
04:56le squelette des armées,
04:58que ce soit au niveau des hélicoptères,
05:00des porte-avions, des chars, etc.
05:01Il ne faut pas les enterrer.
05:02Ils ont une place dans le champ de bataille, encore aujourd'hui,
05:06et ils la conserveront demain.
05:08Demain, enfin, aujourd'hui et demain,
05:10les conflits ont besoin de juxtaposer,
05:12vraiment, de réussir à conjuguer
05:13et du high-tech et du low-tech.
05:15Vous avez besoin des deux.
05:16Il ne faut pas croire que, en fait, le drone va tout faire.
05:18Le drone, il peut venir frapper,
05:20il peut apporter une transparence sur le champ de bataille,
05:22il peut renseigner, mais derrière, pour exploiter,
05:24pour frapper avec précision,
05:26pour occuper le terrain, pour occuper, pour prendre une ville,
05:28pour venir la sécuriser, pour tenir un pont.
05:30Vous avez besoin, derrière, d'infanterie,
05:32vous avez besoin de les protéger avec du blindage,
05:34vous avez besoin de transport,
05:36vous avez besoin, on l'a vu, par exemple,
05:37dans le conflit iranien, en tout cas,
05:40dans les premières opérations.
05:41Au début, pour venir nettoyer, quelque part,
05:43toutes les défenses solaires,
05:44vous avez besoin d'une armée de l'air puissante,
05:46avec des moyens de guerre électronique,
05:47capable de frapper les radars.
05:49Donc, vous avez besoin des deux.
05:51Et donc, dans la feuille de route budgétaire française,
05:53je pense que c'est quelque chose
05:54qui est tout à fait réussi,
05:55de ne pas effacer toute la direction
06:00qui a été impulsée sur du temps long,
06:03quelque part, le porte-avions,
06:04nouvelle génération, tous ces programmes-là,
06:05mais de venir amener aussi rapidement
06:08des dépenses sur les drones,
06:10dans notre industrie,
06:10les drones intercepteurs, peu coûteux,
06:12qui, aujourd'hui, ont toute leur place
06:14dans les dispositifs de défense.
06:15Les députés, ils ont autorisé des acteurs privés
06:17dans la lutte anti-drone, c'est votre cas.
06:18Vous, vous êtes un acteur privé,
06:20avec cette question derrière,
06:21est-ce qu'à un moment donné,
06:22ça ne devient pas si important,
06:24si fondamental dans la défense ?
06:26Est-ce que la lutte anti-drone
06:27doit être opérée par des acteurs privés ?
06:29Ou est-ce qu'il faut qu'en fait,
06:30ça soit une activité de l'armée
06:32et intégrée comme ça uniquement ?
06:35Alors, le régulateur français
06:36a tranché cette question
06:39et continue de passer
06:40les changements nécessaires.
06:41Et je l'en félicite.
06:43Je pense que c'est tout à fait pragmatique
06:44de réagir de la sorte.
06:46Je pense que l'État français,
06:48mais comme tous les États,
06:49réalise qu'en réalité,
06:52les forces de police,
06:55de gendarmerie et des armées
06:56sont aujourd'hui submergées
06:57par cette menace drone,
06:58qui, à la différence de menaces
06:59un peu plus conventionnelles,
07:01est absolument omniprésente,
07:03peut surgir de n'importe où,
07:04frapper n'importe quel site.
07:06En France, vous avez 1 500 PIB,
07:08on appelle ça des points d'importance vital,
07:10qui sont absolument cruciaux
07:12pour le fonctionnement
07:15de notre économie,
07:17de nos sociétés.
07:18On parle des sites
07:19de retraitement des eaux usées,
07:20on parle des opérateurs télécoms,
07:22on parle des sites
07:23qui créent de l'énergie,
07:25des centrales nucléaires,
07:26des nœuds ferroviaires.
07:27Tous ces endroits,
07:27ils sont absolument critiques.
07:28Et là, on a besoin du privé.
07:29Et aujourd'hui,
07:30le régulateur a dit,
07:31d'accord,
07:32on va ouvrir en fait le droit,
07:34ce qui n'était pas le cas avant,
07:35aux opérateurs de sécurité privée
07:37qui travaillent à la sécurité
07:38de ces sites d'importance vitale,
07:41à déployer des moyens
07:42de lutte anti-drone,
07:44bien sûr avec des règles,
07:45bien sûr avec des habilitations,
07:46avec des matériels homologués.
07:48Ça ne va pas devenir le Far West,
07:49il ne faut surtout pas
07:49que ça le devienne.
07:50Mais il y a besoin
07:51d'une coopération publique-privée
07:52pour aujourd'hui amener la sécurité
07:54à un niveau nécessaire.
07:56Il nous reste quelques secondes.
07:58Donc, je le disais en introduction,
07:59vous avez augmenté
08:00votre chiffre d'affaires
08:01de 40% en 2025,
08:02vous dépassez les 10 milliards d'euros.
08:04Vous êtes des millions, pardon.
08:06J'ai expliqué qu'on s'embrouille
08:08entre les milliards et les millions.
08:09Mais justement,
08:10est-ce qu'avec une hyper-croissance
08:11telle que la vôtre,
08:12vous pouvez rester une start-up
08:14ou est-ce qu'il faut désormais
08:16changer d'échelle,
08:17vous associer avec d'autres,
08:19trouver des nouveaux financements ?
08:20Est-ce que vous avez
08:21des marques d'intérêt ?
08:22Vous en êtes où ?
08:23Alors, effectivement,
08:24on a eu une belle croissance
08:25en 2025.
08:26En 2026, regardez,
08:27on est à peine
08:27à la fin du mois de mai.
08:29On a déjà,
08:30donc en l'espace de cinq mois,
08:32doublé le chiffre d'affaires
08:33par rapport à la totalité
08:34du chiffre d'affaires 2025.
08:35Ce qui donne une idée
08:36de l'ampleur de l'accélération
08:38de la demande internationale
08:39avec tout ce réarmement
08:40qui s'opère littéralement
08:41partout dans le monde.
08:42Donc, pour répondre maintenant
08:43à votre question,
08:45on veut accélérer
08:46très vite, très fort.
08:47Il y a énormément de choses
08:47à faire tant d'un point de vue
08:48technologique que commercial.
08:51On est en train
08:52de se faire accompagner
08:53et on aura une très grande annonce
08:54à présenter au marché
08:56à l'occasion du grand salon
08:57Eurosatory
08:58qui aura lieu à la mi-juin.
08:59Et on y sera,
09:00on y sera,
09:01on sera là pour votre annonce
09:02Eurosatory à la mi-juin.
09:04Je crois de mort
09:04que c'est le 14 juin
09:06que BFM Business
09:06y sera en direct.
09:08Merci beaucoup,
09:08Lucas Lebel,
09:09d'être venu ce matin
09:09dans la matinale
09:10de l'économie.
Commentaires

Recommandations