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  • il y a 11 heures
Les clefs d'une vie de Guy Savoy

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-05-19##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessy.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05A votre tablier blanc, vous allez désormais ajouter un habit vert.
00:09Demain, grâce à vous, la cuisine et la gastronomie française entrent sous la coupole.
00:14Et exceptionnellement, aujourd'hui, c'est nous qui allons pour vous mettre les petits plats dans les grands.
00:20Bonjour Guy Savoie.
00:21Bonjour, cher Jacques Pessy.
00:22Alors, on vous retrouve parce qu'effectivement, c'est un jour important demain.
00:25C'est-à-dire que la gastronomie française va être représentée sous la coupole grâce à vous.
00:30Vous allez être immortel, puisque vous rentrez à l'Académie des Beaux-Arts.
00:34Alors, pourquoi rentrez-vous ?
00:35Eh bien, justement, ça va être le fil conducteur de cette émission.
00:38Les raisons pour lesquelles, aujourd'hui, vous êtes immortel.
00:40Demain, exactement.
00:42Et cela, à travers des dates clés, puisque c'est le principe de l'émission.
00:45Alors, j'ai trouvé une date importante dans votre parcours,
00:48même si elle est indirectement liée à vous.
00:51Le 26 mars 1976, un apostrophe.
00:57Pour ce jour-là, apostrophe, une série de chefs et de critiques sont là
01:01pour débattre de la question « Existe-t-il une nouvelle cuisine française ? »
01:05Et la nouvelle cuisine, dans vos jeunes années, chez Jean-Trois-Groix,
01:09bien, vous avez été presque témoin de sa naissance, Guy Savoie.
01:13Complètement, oui, parce que c'est dans les années 70.
01:15Donc, il y avait déjà toute une génération de cuisiniers.
01:18Vous citez Jean-Trois-Groix, Jean-Trois-Groix, Pierre-Trois-Groix, Alain Chapelle,
01:22Paul Bocuse. En fait, toute cette génération de cuisiniers
01:25fait une cuisine différente de celle qui existait jusqu'alors.
01:31Et en fait, deux journalistes de talent, Henri Gault et Christian Millau,
01:33ont qualifié cette cuisine de « nouvelle cuisine ».
01:37Et ça a été comme une révolution, en fait, où qu'est-ce qui se passait
01:42autour de la nouvelle cuisine ?
01:43Alors, il y avait deux manières de la lire.
01:46Une première manière, on disait « il n'y a rien dans les assiettes ».
01:49Une deuxième, faite par les vrais professionnels, là, on disait
01:52« les cuissons justes, les jus remplacent de plus en plus les sauces ».
01:59En fait, on ne connaissait pas le mot « santé », on prononçait le mot de « justesse ».
02:05Justesse des cuissons, justesse des assaisonnements,
02:08moins de sucre dans les desserts, moins de sel dans la cuisine.
02:11Enfin, tout ce qu'on annonce aujourd'hui, ça fait 60 ans que ça existe.
02:20Il se trouve qu'Henri Gault et Christian Millau avaient une chronique dans Paris Presse,
02:23qui était le rival de François, une chronique chaque vendredi.
02:26C'était la page 2, qui était la page la plus lue du journal.
02:28Il a écrit « la nouvelle cuisine est la cuisine classique,
02:31ce que la musique de chambre est à la musique symphonique ».
02:34Voilà, je crois que c'est très très bien dit.
02:37On dit aussi que le saumon à l'oseille, ce serait des frères trois gros,
02:43ce serait pour la cuisine ce que les demoiselles d'Avignon ont été pour l'art contemporain.
02:51C'est une belle formule.
02:52Une évolution.
02:53Parce que c'est la première fois.
02:53Bon, je vais revenir sur l'escalope de saumon à l'oseille.
02:57C'est la première fois qu'on voyait un poisson tel que le saumon,
03:00qui était toujours en darne, enfin en tranche,
03:04ou entier avec des décorations pour les communions et les mariages.
03:07Et là, il était en escalope, et la sauce n'était pas dessus,
03:10la sauce était dessous.
03:12Ça n'a l'air de rien, mais c'était une très très grande évolution.
03:16Et ça a apporté beaucoup d'oseille à son créateur.
03:19Absolument.
03:19C'est pour ça que je me retrouve à la monnaie.
03:22Alors, il se trouve que chez Trois Gros, vous avez appris les bases de votre métier.
03:27Tous les jours, vous apprenez quelque chose, y compris vous brûlez les mains en permanence.
03:31Oui, c'est-à-dire que, vous savez, lorsqu'on est apprenti, je crois que c'est dans tous les
03:34métiers.
03:34Et nous, les sanctions, elles sont rapides, un peu comme dans le sport.
03:37Les sanctions sont instantanées.
03:39C'est-à-dire que si le geste n'est pas juste, dans le moins pire des cas, vous vous
03:42salissez.
03:43Et dans les deux cas les plus compliqués, vous vous coupez ou vous brûlez.
03:47Mais ça, c'est...
03:47Après, bon, vous savez, à force d'avoir des sanctions, vous faites attention.
03:53Vous arrivez à avoir la justesse des gestes.
03:57Moi, je préfère dire le mot gestuel que manuel.
04:00Parce que manuel, ça ne sous-entend pas une justesse.
04:04Alors que gestuel, tous les métiers, tous les artisans ont des gestes qui correspondent exactement à leur artisanat.
04:12Et même, vous voyez régulièrement, à l'époque, Jean Trois Gros, couper avec une déxtrémité incroyable les légumes.
04:18Je voyais tout, l'assaisonnement.
04:20Moi, ce qui me fascinait, c'était lorsqu'il assaisonnait une pièce de viande, on aurait pris un microscope.
04:27On se restera aperçu que tous les grains de sel étaient équidistants.
04:30Tellement le geste était juste et tellement le geste était élégant.
04:34Et je crois que quand il décrochait une sauteuse, une casserole, le geste était beau.
04:42Et cette casserole, elle atterrissait tout doucement, sans faire de bruit, sur le fourneau.
04:48Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, moi, j'ai retenu de cette époque, c'est-à-dire le
04:53fait qu'on pouvait travailler sans faire de bruit.
04:56Dans une cuisine, il doit y avoir des sons, mais surtout pas de bruit.
04:59Le bruit, ça nous fatigue, ça nous...
05:03Le bruit, ça a quelque chose de stressant.
05:06Alors moi, j'ai la chance d'avoir une cuisine qui soit spacieuse, la chance d'avoir des fenêtres de
05:11chaque côté de la cuisine.
05:12Et puis, on a tous la chance d'évoluer dans un univers plutôt serein, calme.
05:18Et justement, le côté serein, vous l'avez connu, en arrivant discrètement chez Trois Gros, grâce à un pâtissier de
05:25Bourgogne-Jalieu.
05:27Grâce à un monsieur Louis Marchand, en effet, qui était un ami de la famille et qui a été surpris.
05:34L'année de mes 15 ans, ma mère étant hospitalisée pour un problème assez grave de rein, comme c'était
05:41une affaire champêtre,
05:43qui travaillait sur tout l'été, j'ai décidé de la... pas de la remplacer, elle était irremplaçable,
05:52mais d'essayer de tenir ce restaurant pendant mes vacances scolaires de juillet et août.
05:58Et c'est là, un soir, il vient et il s'aperçoit que c'est moi qui... c'est moi
06:02qui cuisine.
06:03Enfin, c'est une cuisine très simple, c'était des omelettes, c'était des truites, il y avait un vivier,
06:08donc les convives pouvaient pêcher leurs truites et c'était des truites meunières, c'était des escargots,
06:13enfin des grenouilles, des choses très très simples, comme on pouvait trouver dans un restaurant champêtre à l'époque.
06:18Et là, il s'adresse à mon père qui... en lui disant, mais Guy veut toujours être cuisinier.
06:23Et j'ai dit, ben oui, il lui dit oui, il a l'air de... il a l'air de
06:26s'accrocher.
06:28Il me dit s'ennuyer à l'école et il veut vraiment... la cuisine est son principal centre d'intérêt.
06:35Et là, il y avait le mariage de Françoise Bocuse avec Jean-Jacques Bernachon, je crois 15 jours après.
06:41Et le bon Louis Marchand, ben, il dit à mon père, je vais assister à ce repas de mariage
06:48et puis je vais essayer de trouver un apprentissage dans une belle maison pour Guy.
06:53Voilà, c'est comme ça que ça s'est fait.
06:54Et en attendant que la place soit disponible, j'ai commencé par faire 9 mois d'apprentissage de pâtisserie.
07:02Donc à Bourgouin-Jalieu, avant de rentrer le 1er avril 70, chez les Frères Trois-Grois à Rouen.
07:08Et chez les Frères Trois-Grois, vous avez connu quelqu'un qui débutait,
07:11qui je pense aurait été très fier de votre présence demain à l'Académie des Beaux-Arts, c'est Bernard
07:16Loiseau.
07:16Oui, Bernard Loiseau, le complice, quoi, qui l'a aussi, enfin, je ne sais pas, ça fait maintenant 23 ans,
07:23un peu plus de 23 ans.
07:27J'ai raisonné en siècle, ça fait un quart de siècle, je pense qu'on aurait pu faire encore tellement
07:32de choses ensemble.
07:33C'est vrai que, enfin, seule une maladie peut, qui s'appelle la dépression, je crois, peut t'expliquer un
07:40geste pareil, quoi.
07:41Parce qu'il avait un tel enthousiasme pour son métier, une telle passion pour son style, en fait,
07:47il avait un style tellement personnel que, voilà, je pense qu'on aurait pu faire des choses.
07:54Alors, à l'époque, vous apprenez votre métier tranquillement, lentement, vous avez fait plein de maisons avant de voir votre
07:59restaurant,
08:00ce qui n'est pas le cas aujourd'hui avec la télévision, où on devient un chef du jour au
08:03lendemain.
08:04Mais je ne sais pas si vous avez été, la première émission de télévision sur la cuisine, ça s'appelait
08:08Les Recettes de Monsieur X.
08:10C'était un comédien qui s'appelait Georges Hadet, mais on lui donnait une recette,
08:13et il racontait absolument n'importe quoi, sa vie, pendant une demi-heure.
08:17Notamment, il a fait une recette de l'œuf au tripe avec Béchamel et Oignon,
08:21en terminant par une question, la poule a-t-elle été faite avant l'œuf ou réciproquement ?
08:26Ça a duré six mois, il y avait peu de télévision, mais les quelques téléspecteurs se plaignaient.
08:31Je ne sais pas si vous connaissez cette émission.
08:33Non, je connaissais Raymond Oliver et Catherine Langeais, ça c'est certain,
08:38mais non, cette émission, je n'ai jamais vue.
08:41C'était juste avant ?
08:42Bon, vous étiez beaucoup trop jeune, mais elle aurait pu...
08:45Je pense que Jacques Pessy aurait pu produire cette émission.
08:48En tout cas, quand on la voit, je pense qu'on aurait pu faire mieux.
08:53Il se trouve aussi que ce métier, vous l'avez appris en travaillant énormément,
08:56parce qu'il faut savoir qu'un cuisinier, ça bosse.
08:58Vos premières années, lorsque vous avez un restaurant,
09:00vous dormez peu, puisque vous êtes à Rungis à 3h du matin, Guy Savoie.
09:05Oui, alors moi, je répartissais mes journées d'achat, je veux dire, un jour sur deux, je faisais le poisson,
09:12donc j'allais à Rungis après le service du soir et je rentrais vers 3h du matin pour dormir.
09:18Et puis, le lendemain, j'allais pour faire les abats, la viande et les légumes.
09:25Donc là, je me levais à 5h du matin pour être rentré à 9h pour commencer la mise en place.
09:32Et donc, c'est comme ça, petit à petit, que vous créez votre univers en travaillant énormément,
09:37parce qu'il n'y a pas d'autre solution ?
09:39Mais non, enfin, il n'y a pas d'autre. En tout cas, c'était, et c'est toujours ma
09:42manière de faire,
09:43c'est-à-dire mettre l'énergie, l'implication, être à fond, être au taquet pour reprendre une expression de
09:56l'ami Bernard.
09:57Mais justement, il faut tenir ses troupes avec force, mais en même temps, il faut les tenir avec le sourire.
10:02Et ça, c'est une chose que vous avez toujours privilégié, Guy Savoie.
10:05Oui, avec le sourire, oui. Pas toujours, mais bon.
10:09Oui, en fait, au début, je me disais, je suis le capitaine entraîneur de mon équipe.
10:16Et je me suis aperçu que ça ne suffisait pas.
10:18Maintenant, je dis, je suis capitaine entraîneur entraînant.
10:21C'est important d'être entraînant. Pourquoi ?
10:24Parce que si on n'est pas l'exemple en permanence, on a du mal à motiver ses équipes.
10:31Et ça, c'est le rugby qui vous a appris ça ?
10:34C'est une radio et la station du rugby ?
10:35J'ai vu ça en arrivant. J'étais content.
10:37J'ai vu des visages, des portraits qui me sont familiers.
10:41C'est celui de l'ami Serge Blanco, bien sûr.
10:44Non, mais j'ai sûr que le rugby...
10:46Oui, alors le rugby, j'ai appris quoi au rugby ?
10:49J'ai appris beaucoup de choses, en fait.
10:50J'ai appris qu'en équipe, on était plus fort.
10:53Et je crois que c'est le seul sport où tout le monde a sa place,
10:58quel que soit le physique, quelle que soit la personnalité.
11:04On ne peut pas faire plus différent en physique qu'un pilier et un demi de mêlée.
11:09On a besoin des deux.
11:11On a besoin des personnalités des deux.
11:15Et là, moi, je le mets en place tous les jours.
11:17C'est-à-dire qu'on est tous faits pour un poste.
11:20Il suffit de le trouver, voilà.
11:23Eh bien, on est tous faits pour continuer à vous écouter
11:25à travers la date du 8 novembre 2000.
11:27A tout de suite sur Sud Radio avec Guy Savoie.
11:30Sud Radio, les clés d'une vie.
11:32Jacques Pessis.
11:33Sud Radio, les clés d'une vie.
11:34Mon invité, Guy Savoie.
11:36À la veille, je crois, d'un événement important dans votre vie,
11:39une consécration, puisque demain,
11:41vous rentrez officiellement à l'Académie des Beaux-Arts.
11:44On va en parler tout à l'heure.
11:46Mais les raisons pour lesquelles vous rentrez,
11:48c'est que vous représentez la cuisine.
11:49La cuisine, votre parcours, on l'a vu dès le début,
11:53a été très fort.
11:54Et il y a une date importante dans ce parcours.
11:56C'est la diffusion à la télévision, le 8 novembre 2000,
11:59de ce documentaire.
12:06Quatre saisons pour un festin.
12:08Je crois que c'est un documentaire unique dans l'histoire de la télévision,
12:11qui a mis un an à être tourné par Jean-Pierre Jaune.
12:13Et vous y tenez beaucoup.
12:15J'y tient beaucoup parce que l'enfant que j'étais dans les années 60
12:20entendait toujours qu'en an 2000, on ne mangerait que des pilules.
12:23Il faut peut-être dire qu'on était bien partis pour ça,
12:25parce que dans les années 60, on ne trouvait plus qu'une variété de pommes
12:29en surproduction, qui était la golden, qui n'était pas très bonne.
12:32On ne trouvait pas de bon pain.
12:34Les volailles avaient des goûts...
12:35Le poulet avait des goûts bizarres.
12:38Et le rôti de veau, vous le mettiez au four, il faisait 30 cm.
12:41Et en fin de cuisson, il en faisait plus que 15.
12:43Et heureusement, tous les consommateurs, les Français, ont dit non.
12:47Parce qu'on a tous des repères, des repères familiaux,
12:50d'une grand-mère, d'une mère, d'une tante.
12:53Et en fait, on a...
12:55Donc moi, j'ai été marqué par cette histoire de pilule de l'an 2000.
12:59Et j'ai voulu montrer à travers ce documentaire,
13:03avec le talent de Jean-Paul Jaude,
13:07qu'on n'avait jamais aussi bien mangé,
13:09qu'on avait encore tous ces artisans de la terre et de la mer
13:13qui travaillaient avec la même passion, le même enthousiasme,
13:16et tous ces artisans de la terre et la mer
13:18sans qui le cuisinier n'existerait pas.
13:23Donc, voilà, ça a été...
13:25Ça a été une...
13:26Comment vous dire ?
13:27Non, non, le tournage a duré 15 mois même.
13:30Et on a fait le tour de toutes les régions de France, déjà,
13:34puisque ça se passe aussi bien dans la vallée du Rhône,
13:40dans mon bas d'Aufiné où j'ai grandi,
13:43il y a même...
13:44À Bordeaux, il y a même une incursion en Suisse
13:46pour un gruyère d'alpage.
13:48En fait, on a voulu montrer tout ce que font ces artisans
13:53et apporter la preuve qu'on est vraiment le pays de la gastronomie
13:57grâce à la diversité des produits
13:59et cette diversité de produits qui a généré autant de savoir-faire.
14:03On a les meilleurs boulangers, les meilleurs pâtissiers,
14:05les meilleurs fromagers, les meilleurs vignerons.
14:07Et tout ça dans une diversité incroyable.
14:10Bien sûr qu'il y a d'autres cuisines.
14:11Tous les pays du monde, de la planète, ont une cuisine.
14:15Et je dis même que ces cuisines ont plus évolué
14:19ces 30 dernières années que les 2000 ans qu'on précédait.
14:22Mais nous, on reste le pilier.
14:23On est le pays de la gastronomie grâce à tous ces savoir-faire.
14:27Il se trouve aussi que ce documentaire s'est terminé par un festin, Guy Savoie.
14:32Oui, ce festin, c'était de tous ces artisans,
14:38encore une fois, de la terre et de la mer,
14:41qui nous fournissent autour de l'année.
14:43C'était fêter ce réveillon de l'an 2000, en fait,
14:46avec leurs produits et leur montrer
14:52comment tous leurs produits sont mis en scène.
14:55Ce qui me donne cette définition de la cuisine
14:57qui est inscrite, en gros, dans l'entrée du restaurant.
15:00La cuisine est l'art de transformer instantanément en joie
15:04des produits chargés d'histoire.
15:06J'ai voulu montrer l'instantanéité de la cuisine
15:10par rapport à tout ce qu'il y a en amont,
15:12qui est dans la longueur.
15:13La carotte, il a fallu plusieurs semaines pour qu'elle pousse.
15:16La volaille de Brest, il a fallu plusieurs mois.
15:20Et nous, en quelques minutes, ou une heure,
15:23ou même, mettons, une heure et quart,
15:25on arrive à donner une deuxième vie à tous ces produits.
15:29Et ça, c'est un plaisir immense,
15:33cette transformation magique.
15:35Et dans le même temps, de l'autre côté de la cloison,
15:38il y a des convives bien installés,
15:40qui vont déguster, qui vont ingérer.
15:42Donc, vous imaginez la confiance et l'intimité
15:45qu'il y a à ce moment-là.
15:46Il y a une expression qui dit
15:48« Les carottes rendent aimables ».
15:49Je ne sais pas si vous la connaissez.
15:50En fait, l'origine de ça, c'est parce que ce sont les ânes.
15:53Car les ânes ne mangeaient que des carottes.
15:55Et donc, pour les faire sourire,
15:56on leur tendait une carotte.
15:57Et c'est comme ça que l'expression est née.
15:59Ah bon ?
16:00Et c'est très bon pour la vue également.
16:02Exactement.
16:03Oui ?
16:04Est-ce que vous avez déjà vu des lapins avec des lunettes ?
16:07C'est très joli.
16:10Alors, il se trouve qu'effectivement,
16:12la joie de voir pousser un légume,
16:14je crois que c'est un souvenir d'enfance de votre père.
16:16Souvenir d'enfance, oui.
16:17J'ai eu la chance d'avoir une mère qui cuisina très très bien
16:19et un père qui était jardinier.
16:22Et vous êtes devenu une grosse légume.
16:25Et c'est vrai qu'au début,
16:27je trouvais ça un peu ridicule.
16:30Par exemple, au printemps,
16:33il mettait son réveil la nuit
16:34pour surveiller la température extérieure.
16:37Et s'il y avait un risque de geler,
16:39il allait faire plusieurs feux dans son jardin
16:42pour sauver toutes ses plantations,
16:45toute sa pépinière en fait.
16:47Et je trouvais ça ridicule au début.
16:48Et maintenant, je prends conscience
16:51de l'importance du monde agricole en général.
16:55Parce que sans le travail de ces femmes et de ces hommes,
16:58on n'aurait pas, nous, la possibilité
17:00de transformer tous les produits
17:02qui arrivent dans nos cuisines.
17:05Et le savoir-faire,
17:06la transmission du savoir-faire
17:08est de plus en plus indispensable.
17:09Elle est menacée en ce moment.
17:11Et c'est quelque chose qui ne doit pas disparaître.
17:12Car la transformation, l'avenir,
17:15passe par cette transmission.
17:16Ah ben oui, la transmission est primordiale.
17:18Moi-même, je suis un enfant de l'apprentissage.
17:21Et aujourd'hui, on a, bien sûr,
17:23on a tous ces jeunes
17:24qui ont envie de faire ce métier
17:26et à qui on doit impérativement transmettre.
17:29Et tous ces postes
17:31qui ne seront pas remplacés
17:32par l'intelligence artificielle.
17:34Nous, c'est l'intelligence artisanale.
17:37Donc, cette intelligence-là,
17:38eh bien, elle est emprunte de bon sens.
17:41Et puis, je crois que vous avez plusieurs fois
17:44compris ce qu'était le savoir-faire.
17:46Et un jour, notamment,
17:46à bord d'un bateau de pêche,
17:48en voyant pêcher un poulpe, Guy Savoie.
17:50Ah oui, l'histoire du poulpe.
17:53Il faut dire que je ne suis pas très à l'aise
17:54sur les bateaux.
17:55Mais là, j'ai quand même,
17:56j'ai oublié que j'étais mal à l'aise
17:57parce que c'était un pêcheur,
18:00enfin, même pas au large de Sète,
18:02parce qu'il faisait une pêche
18:02vraiment côtière.
18:03On voyait les plages et tout ça.
18:06Et dans ces filets, il y avait un poulpe.
18:08Et là, il s'amuse.
18:08Il me dit, bon, le poulpe,
18:09je vais le mettre comme ça
18:11sur le pont du bateau.
18:12Et vous allez voir en combien de temps
18:14il va trouver la sortie.
18:15Et en quelques secondes,
18:17le poulpe, il a trouvé l'un des deux trous
18:20qu'il y avait sur le pont du bateau
18:21pour gagner la mer.
18:23Ça vous a marqué ?
18:24Ah, c'était incroyable, oui.
18:26Incroyable.
18:26Et ce qui est incroyable aussi,
18:27c'est que vous parvenez
18:28à conserver une chaîne
18:30de producteurs artisanaux.
18:32Et ça, ce que faisait aussi
18:33Bernard Loiseau,
18:34où il avait défendu
18:34les artisans du Morvan,
18:35on a besoin de ces producteurs
18:37et ça, pour vous, c'est essentiel ?
18:38Mais bien sûr, si on n'a pas tout,
18:40encore une fois,
18:41je vais le répéter,
18:42tous ces artisans de la terre
18:43et de la mer,
18:44il n'y a pas de cuisine.
18:45S'il n'y a pas de produit,
18:46il n'y a pas de cuisine.
18:48Et eux, ils sont dans un temps long,
18:50alors que nous,
18:51on est dans un temps très...
18:54comme au théâtre,
18:54unité de temps, de lieu et d'action,
18:56tout va très très vite.
18:57Quand je vois, je ne sais pas,
18:59les images, il y a quelques jours,
19:02de ces orages dans le sud-ouest
19:04et tout,
19:04qui mettent à bas le travail
19:06de plusieurs mois,
19:07parfois de plusieurs générations,
19:09parce que,
19:11lorsque des vignes sont endommagées,
19:12ce n'est pas simplement
19:13la récolte de l'année
19:14qui est annulée.
19:17il faut plusieurs années
19:19pour que les cèpes de vignes
19:22se reconstituent,
19:23se régénèrent
19:24et se réparent des dégâts
19:26qui ont été faits par la grêle.
19:28Et vous avez été le témoin
19:30d'une évolution,
19:31c'est-à-dire la cuisine,
19:32au fil des décennies,
19:34qui s'avoue est devenue un art.
19:36Alors, elle est devenue un art,
19:37moi,
19:37ce n'est pas...
19:39je ne sais pas, moi,
19:40de le dire,
19:41mais c'est vrai
19:42que les convives,
19:44se rendent compte,
19:45on voit, bien sûr,
19:46la fréquentation des restaurants,
19:48on voit ce qu'attendent
19:53les convives
19:53qui fréquentent nos maisons,
19:57ils s'attendent
19:59à passer un moment
20:00ou un moment de bien-être
20:02qui peut durer plusieurs heures,
20:04ça dépend,
20:05on se met toujours au rythme,
20:06certains que ça se passe
20:07en deux heures,
20:08d'autres en trois heures,
20:09d'autres en quatre heures.
20:10La semaine dernière,
20:11on a un convive
20:12qui est parti
20:12à deux heures et quart du matin
20:13parce qu'il était bien,
20:15tout simplement
20:17et que...
20:18Nous, on est là pour ça,
20:20on est là pour...
20:21À partir du moment
20:22où on passe la porte,
20:23il faut que tout soit
20:24mis en œuvre pour le bien-être
20:26et le bien-être,
20:26c'est quelque chose
20:27qui se ressent,
20:28qui ne s'explique pas forcément,
20:29on ne vous met pas une feuille
20:31avec tous les petits détails
20:34qui vont ou qui ne vont pas,
20:35non,
20:36vous êtes bien
20:36ou vous n'êtes pas bien.
20:38Lorsque vous allez à l'opéra,
20:39on vous donne
20:40sur un genou
20:41le livret
20:42et sur l'autre
20:42la partition,
20:43non,
20:43vous passez un bon moment
20:46et c'est l'important.
20:47Et un mot très important
20:49pour vous,
20:49c'est la générosité.
20:51Alors moi,
20:51je pense que la générosité
20:52est indissociable
20:53de la gourmandise.
20:54Moi, je défends
20:55la gourmandise
20:58et donc,
20:59c'est évident
21:02que la gourmandise
21:04appelle la générosité.
21:05C'est pour ça
21:06que sur table,
21:07nous,
21:07on laisse toujours
21:08la petite cassolette
21:09de jus ou de sauce
21:10sur une pierre chaude
21:12pour que les convives
21:13puissent se resservir.
21:15La soupe d'artichaut
21:16qui est le plat phare
21:17de la maison,
21:18on propose toujours
21:19un deuxième service
21:21de soupe
21:21et de brioche
21:22et tout ça
21:22parce que pour moi,
21:24c'est indissociable.
21:26Et moi,
21:27je me souviens
21:27d'une dame
21:28qui déjeunait chez vous
21:29avec ses économies
21:30et là aussi,
21:31vous avez été généreux
21:32en vous occupant d'elle
21:33jusqu'au bout.
21:34Cette cliente
21:34est cliente modèle.
21:35Oui,
21:36c'est vrai
21:37que son prénom
21:39était Léontine
21:40et c'est vrai
21:41qu'elle était là
21:43tous les jours
21:43au déjeuner
21:44et c'était son moment
21:48de bien-être.
21:50On s'occupait d'elle
21:51et tout le monde
21:52était très prévenant.
21:54Elle était
21:54d'une extrême gentillesse
21:56avec tout le monde
21:57mais j'ai eu
21:57comme ça
21:58un avocat
21:59très célèbre
22:00qui malheureusement
22:01nous a quittés
22:01l'an dernier
22:02mais qui a
22:03depuis 1977
22:05on avait fait le calcul
22:07un jour ensemble
22:07il avait pris
22:086000 repas
22:08chez nous.
22:09C'est fou.
22:11Oui, c'est fou.
22:13Oui, c'est magnifique.
22:15Vous êtes à combien
22:16d'émissions ?
22:181666.
22:19On est loin du compte.
22:20Où ça viendra ?
22:21Encore.
22:22Une autre date
22:23magnifique pour vous
22:24le 19 novembre 2010.
22:26A tout de suite
22:26sur Sud Radio
22:27avec Guy Savoie.
22:28Sud Radio
22:29Les Clés d'une vie
22:30Jacques Pessis
22:31Sud Radio
22:32Les Clés d'une vie
22:33mon invité Guy Savoie
22:35Demain
22:35un grand événement
22:36on va en parler tout à l'heure
22:37votre entrée officielle
22:39à l'Académie des Beaux-Arts
22:40vous serez immortel
22:41et pourquoi vous êtes immortel ?
22:43Parce que vous avez fait
22:44de grandes choses
22:44dans la cuisine
22:45on a commencé à en parler
22:46et puis il y a une date
22:47importante dans votre parcours
22:49car vous avez contribué
22:50à un événement
22:51qui est devenu officiel
22:53le 19 novembre 2010
22:56à Nairobi
22:57les experts de l'UNESCO
22:58ont annoncé
23:00que le repas
23:01gastronomique
23:02des Français
23:03entrer au patrimoine
23:04immatériel
23:05de l'humanité
23:06Oui absolument
23:07alors cette mission
23:08qui était emmenée
23:09par Jean-Robert Pitt
23:10de l'Académie
23:11des Sciences Morales
23:12et Politiques
23:12historien connu
23:13historien géographe
23:14et voilà
23:15donc oui c'est vrai
23:16que ça a été
23:17un long parcours
23:19du combattant
23:20mais
23:21donc le repas
23:22gastronomique
23:22des Français
23:23a été reconnu
23:25comme une habitude
23:28comme un acte culturel
23:31et ça a ouvert la porte
23:32à d'autres
23:34à d'autres habitudes
23:35alimentaires
23:36et d'autres
23:36d'aussi bien
23:37pour l'Italie
23:38que pour le Mexique
23:39et j'en oublie forcément
23:40d'autres
23:41la baguette
23:42enfin il y a eu
23:43plein de
23:43mais c'est quand même
23:44nous le repas
23:45gastronomique des Français
23:46qui pour la première fois
23:48qui a une
23:49une habitude
23:51alimentaire
23:52allait rentrer
23:53au patrimoine
23:53immatériel
23:54de l'UNESCO
23:54Alors ça a commencé en 2007
23:56car 400 chercheurs
23:58européens
23:58ont rédigé
23:59un rapport
24:00demandant cela
24:00on les a pris
24:01pour des fous
24:02au départ
24:03C'est à dire
24:03qu'on n'a pas pris
24:04ça au sérieux
24:05mais moi
24:05je m'insurge encore
24:08parce que
24:09imaginez-vous
24:10il y a 55 ans
24:12il faut que je me dise
24:13maintenant un peu plus
24:15lorsque je disais
24:17au lycée de Bourouin
24:17que je voulais être cuisinier
24:18on me prenait pour
24:19on me prenait pour
24:20un abruti
24:21quoi
24:22et j'ai beaucoup souffert
24:23de ce mépris
24:24et en fait
24:25je m'aperçois
24:25qu'en me cultivant
24:27un peu
24:27ne serait-ce qu'en
24:29en lisant
24:30je me suis aperçu
24:31que tous les grands écrivains
24:33ont célébré la cuisine
24:34ont célébré la cuisine
24:35et tout ce qui se passait
24:37autour
24:37quand on pensait
24:38qu'Alexandre Dumas
24:38termine son oeuvre
24:39avec le grand dictionnaire
24:40de la cuisine
24:41Georges Sand
24:42dit
24:43faire des confitures
24:44c'est aussi important
24:46que faire un livre
24:48c'est quand même
24:50pourquoi
24:51pourquoi on ne s'est pas
24:54intéressé au plus haut niveau
24:55à la cuisine
24:56avant
24:57donc moi c'est pas
24:58c'est pas une revanche
24:59que je prends là
25:00avec cette entrée
25:01à l'Institut de France
25:02mais
25:03c'est de dire
25:04mais
25:05pourquoi on s'en est pas
25:06aperçu avant
25:07tous les écrivains de talent
25:10ont célébré la cuisine
25:13puis le 16ème
25:14avec Rabelais
25:14tout à fait
25:16le plus beau texte
25:18sur la gourmandise
25:18c'est Guy de Maupassant
25:19qui l'a écrit
25:20le plus beau texte
25:22sur l'apothéose du goût
25:23c'est Frédéric Dard
25:24qui l'a écrit
25:26en hommage
25:27à Château d'Iquem
25:29donc
25:29c'est
25:30moi je
25:33ce mépris
25:34pendant tous ces siècles
25:37m'a vraiment dérangé
25:38et qu'aujourd'hui
25:39que la cuisine soit reconnue
25:40et rentre vraiment
25:41à l'Académie des Beaux-Arts
25:42c'est une avancée formidable
25:44alors il se trouve
25:45que l'expression
25:46patrimoine culturel
25:47immatériel
25:48elle a été officialisée
25:49en 1993
25:50par l'UNESCO
25:51parce que c'était
25:52quelque chose
25:53auquel on pensait
25:54depuis des décennies
25:54mais on ne savait pas
25:55comment l'exprimer
25:56absolument
25:56et c'est venu comme ça
25:57donc résultat
25:59cette aventure commence
26:00vous entrez dans l'aventure
26:02et il y a quelqu'un
26:03qui va être important
26:04là-dedans
26:04pour vous soutenir
26:05c'est Nicolas Sarkozy
26:06président de la République
26:07absolument
26:07parce que c'est
26:09c'est au départ
26:10il a été séduit par l'idée
26:12bien qu'il ne se soit pas
26:13un buveur de vin
26:15et il a dit
26:16c'est important
26:17que les habitudes
26:21que cet art de vivre
26:23à la française
26:25soient inscrits
26:26au patrimoine immatériel
26:27et il a beaucoup
26:28il a beaucoup
26:29il a beaucoup
26:31motivé ses équipes
26:32surtout du ministère
26:33de la culture
26:35et de l'agriculture
26:37et d'autres
26:38parce que bon
26:39la cuisine
26:40touche tous les ministères
26:42de l'éducation nationale
26:43en passant bien sûr
26:44par la culture
26:45l'écologie
26:46enfin on est tous
26:49la cuisine
26:50fait appel
26:50à tous
26:51ses savoir-faire
26:52à toutes
26:54ses spécificités
26:55il se trouve
26:56qu'il y a eu
26:56un cahier des charges
26:57établi par l'UNESCO
26:58et là
26:59il fallait quand même
26:59le remplir
27:00et c'était pas simple
27:01Guy Savoy
27:01c'est pas sage
27:02non
27:03il a fallu
27:04tout le talent
27:06d'universitaire
27:07de Jean-Robert Pitt
27:08et puis sa passion
27:09pour les choses
27:10de la table
27:11et de la vigne
27:12pour qu'on arrive
27:14enfin à faire inscrire
27:14ce repas gastronomique
27:15des français
27:16et au départ
27:16vous aviez parlé
27:17de gastronomie française
27:18au départ
27:19oui
27:19au départ
27:19on parlait de gastronomie
27:21après on s'est aperçu
27:22donc c'était
27:22c'était plus
27:24un art de vivre
27:25c'est le fait
27:26tout ce qui se passait
27:27autour de la table
27:28était quand même
27:30spécifique
27:31singulier
27:32dans notre pays
27:33mais même
27:35les adultes
27:36les repas de famille
27:37avec les enfants
27:38ça fait partie
27:39de notre patrimoine
27:40absolument
27:41mais c'est tout ce qui
27:41c'était tout ce qui se passait
27:43tout cet acte
27:45culturel
27:46social
27:47qui est une grande
27:50singularité
27:51de la France
27:51voilà
27:52et qu'il y ait quelquefois
27:53un événement festif
27:54ou religieux
27:55oui
27:56alors ça c'était dans
27:57bon
27:58lorsque ces enfants
27:59aujourd'hui
28:00aujourd'hui
28:01heureusement
28:01c'est
28:04le fait d'aller au restaurant
28:05c'est comme aller au théâtre
28:06ou à l'opéra
28:07donc
28:07on passe une soirée
28:09au restaurant
28:10voilà
28:10ce qui ne se faisait pas
28:11de jadis
28:13ce qui se faisait
28:14beaucoup moins jadis
28:14oui
28:15et puis
28:15la cuisine
28:16est régionale
28:17toutes les régions
28:18ont des spécificités
28:19mais complètement
28:19on est le pays
28:20on est un puzzle
28:22formidable
28:23pour
28:24je dirais
28:24la cuisine
28:26de l'Alsace
28:27n'est pas la même
28:28que celle de la Provence
28:29ni celle de la Bretagne
28:30du Pays Basque
28:31ou de l'Auvergne
28:33et c'est toute cette
28:34toute cette diversité
28:36qui fait la richesse
28:39de notre
28:41notre gastronomie
28:43encore une fois
28:43avec cette multitude
28:45de produits
28:46toujours dans la qualité
28:47qui a généré
28:48autant de savoir-faire
28:49et il se trouve
28:50qu'il y a une recette
28:51aussi qui est célèbre
28:52pour d'autres raisons
28:53Michel Legrand
28:54l'a chanté
29:00la recette
29:01pour un cake
29:02d'amour
29:02de Michel Legrand
29:03pour le film
29:03Peau d'Anne
29:04vous la connaissez
29:04cette recette
29:05elle vous paraît
29:05crédible ou non ?
29:06non mais en tout cas
29:07on sent qu'il faut
29:08qu'elle soit faite
29:09avec amour
29:09on le sent
29:10dès les premières paroles
29:15les américains
29:16avec le film
29:17Ratatouille
29:17ont célébré
29:19la suprématie
29:19de la gastronomie française
29:20ils annoncent
29:21dès les premières images
29:22la France
29:23c'est le pays
29:23de la gastronomie
29:25et Paris
29:26en est sa capitale
29:28alors c'est incarné
29:29par un rat au début
29:29moi ça m'avait
29:30j'avais quelques craintes
29:32mais en fait
29:33on s'est aperçu
29:33quand même
29:34ils ont
29:35ils ont assuré
29:37pour la promotion
29:37de la gastronomie
29:40la promotion
29:40de la gastronomie française
29:41et le cake
29:42on ne sait pas
29:43toujours d'où ça vient
29:44ça vient du plume pudding
29:45qui a été rapporté
29:46d'Espagne
29:46en Angleterre
29:47par Georges Villiers
29:48le duc de Pinkingham
29:49parce qu'il n'avait pas
29:50réussi à marier
29:51le prince de Galles
29:52avec la fente d'Espagne
29:53et le cake
29:53qui a traversé
29:54les pays
29:54est venu jusqu'à chez nous
29:56ben voilà
29:56donc on est
29:58alors
29:58c'est pour ça
29:59que nous sommes les cakes
30:00exactement
30:01alors il se trouve
30:01qu'aussi votre cuisine
30:02est internationale
30:03puisque d'abord
30:05vous êtes meilleur restaurant
30:06du monde
30:06depuis plusieurs années
30:07ça c'est une vogue caractéristique
30:09et puis
30:10vous vous êtes implanté ailleurs
30:11et notamment Las Vegas
30:12car
30:13et ça
30:13ça a été une aventure
30:14incroyable
30:15parce qu'un jour
30:15on vous appelle
30:16pour vous dire
30:16est-ce que vous voulez
30:17ouvrir un guis-savoie
30:18à Las Vegas
30:19absolument
30:20je ne me suis pas exporté
30:22on m'a importé
30:24et moi ça ne m'intéressait pas trop
30:25et quand j'ai vu
30:26quand j'ai vu
30:27le niveau du projet
30:29et que
30:30à chaque
30:32exigence entre guillemets
30:33on me disait
30:34oui
30:34je voulais
30:35je voulais que le décor du restaurant
30:36soit fait par Jean-Michel Villemotte
30:38je voulais que la carte des vins
30:39soit composée
30:40d'au moins 95%
30:41de vins français
30:42je voulais que ce soit
30:43bien sûr
30:44la reproduction
30:46du menu parisien
30:47et tout
30:47mais
30:48ils m'ont répondu
30:49mais c'est exactement
30:50ce qu'on veut
30:50et la dernière exigence
30:52c'était
30:52il faudrait que le restaurant
30:53ne soit ouvert que 5 soirs par semaine
30:55parce que
30:56je me sens capable
30:57de faire une équipe
30:59mais peut-être pas plusieurs
31:00pour assurer un roulement
31:02et en fait
31:02le restaurant
31:03ça fait 20 ans
31:04qu'il est ouvert maintenant
31:06et
31:07on viendra signer
31:08pour 10 ans
31:09donc ça prouve
31:10et la clientèle
31:11ce sont ceux qui font
31:12dans les casinos
31:12non c'est une clientèle
31:14c'est une clientèle
31:16qui s'intéresse à la cuisine
31:17qui est heureuse
31:20de trouver
31:22des plats de cuisine française
31:23dans un univers
31:25là aussi
31:26je vous ai parlé
31:27de la diversité
31:29de la cuisine française
31:32mais je peux vous parler aussi
31:33de la diversité
31:35de la ville de Las Vegas
31:36parce qu'il y a
31:36il y a 20 ans
31:38il n'y avait aucun restaurant
31:40enfin aucun restaurant
31:41il y avait des
31:43des buffets énormes
31:44je schématise
31:45à 4,95$
31:46aujourd'hui
31:46il y a bien
31:47une soixantaine de restaurants
31:49à Las Vegas
31:49qui valent le coup
31:50et maintenant
31:50même les quartiers
31:51je m'en suis aperçu
31:52les quartiers se battent
31:53enfin il y a une compétition
31:55pour savoir
31:55qui va avoir
31:56la meilleure boulangerie
31:57donc ce qui prouve bien
31:58que la France
31:59a des pouvoirs
32:00d'émissions formidables
32:02vous y allez deux fois par an
32:04deux fois par an
32:04et à chaque fois
32:05vous voyez l'évolution
32:06parce que c'est plus du tout
32:07le temps que l'on vit
32:08bien sûr que la ville
32:09la ville évolue en permanence
32:12ils sont d'un dynamisme
32:13d'un dynamisme
32:15incroyable
32:16et moi je pense que je
32:19je puise une part d'énergie
32:20dans cette énergie
32:23qu'on a en permanence
32:24sous les yeux
32:24qu'on sent
32:25on sent dans les spectacles
32:27on sent dans cette
32:30l'architecture
32:31dans les expositions
32:32il se passe plein de choses
32:34plein de choses
32:35plein de choses
32:35ils inventent toujours quelque chose
32:37la dernière invention
32:37c'est cette énorme sphère
32:39j'ai encore pas pu aller voir
32:40un concert
32:42mais ceux qui ont vu
32:43le concert de U2
32:43dans cette sphère
32:44ils en gardent un souvenir
32:48incroyable
32:48c'est ce renouvellement
32:50cette énergie
32:51qui vous fait avancer
32:52Guy Savoie ?
32:54c'est l'envie
32:54l'enthousiasme
32:56oui l'envie
32:57l'envie
32:58l'envie
32:58l'envie d'être en permanence
33:00dans l'instantané
33:01d'être en permanence
33:03dans le concret
33:04et puis d'être en permanence
33:05dans la gourmandise
33:06parce que pouvoir déguster
33:09ce qu'on a préparé
33:12on est le seul artisanat
33:13à pouvoir le faire
33:14et vous le faites régulièrement
33:16deux fois par jour
33:17à chaque table
33:18et pour chaque convive
33:19et convive que vous allez voir ensuite
33:21et je crois que c'est Paul Bocuse
33:22qui a lancé la tradition
33:24d'aller voir
33:24les clients
33:26les gourmets
33:27à la fin du repas
33:28moi je les reçois déjà
33:29parce qu'en début de service
33:31dans la cuisine
33:31il ne se passe pas grand chose
33:32donc je suis là
33:33pour accueillir
33:34les premiers convives
33:35c'est vrai
33:35c'est mon plaisir
33:36parce que je rappelle
33:37qu'un restaurant
33:39est une université
33:40on apprend tous les jours
33:42tous les jours
33:43tous les jours
33:43on apprend
33:44et un restaurant
33:45c'est une équipe aussi
33:46et une équipe
33:47que vous avez toujours
33:48voulu internationale
33:50c'est une équipe
33:50oui
33:51c'est une
33:51c'est pas un souhait
33:54d'avoir une équipe internationale
33:56ça s'est fait
33:57normalement
33:57c'est un jour
33:58un convive
33:58qui me dit
33:59mais
34:00pour combien de nationalités
34:01travaillez chez vous
34:02moi j'ai dit
34:03deux ou trois
34:05puis je réfléchis
34:06et je reviens
34:07et je fais le tour
34:08il y avait douze nationalités différentes
34:09ce qui a fait écrire
34:11par Jean-Claude Ribot
34:12dans Le Monde
34:13c'était
34:16comment il l'appelait
34:17la cuisine
34:17à l'école du monde
34:19voilà
34:19c'était le titre de son papier
34:21la cuisine à l'école du monde
34:22chez nous
34:23voilà
34:23c'était chez nous
34:24et tous les matins
34:25à 9h
34:25vous arrivez
34:26à côté de la monnaie de Paris
34:28et vous traversez
34:29le Louvre
34:29le palais royal
34:30et vous avez toujours
34:31le même amour
34:32pour ce décor
34:34vous savez
34:35quand on a la chance
34:36d'avoir
34:38dans son environnement
34:39les deux cours du Louvre
34:41le pont des arts
34:42l'institut
34:44l'hiver
34:45le soleil
34:45qui se lève
34:46dans l'axe de la Seine
34:47et que vous avez
34:48tous ces bâtiments
34:49autant de merveilles
34:51oui je me régale
34:53tiens je vais pas en l'interview
34:54je me régale
34:55et vous vous régalez
34:56et en même temps
34:57ça vous donne envie
34:58de continuer
34:58le plus longtemps possible
35:00bien sûr
35:01j'ai jamais travaillé
35:02dans des conditions
35:02aussi parfaites
35:04
35:05le restaurant
35:06est bien situé
35:07il est spacieux
35:08on a
35:09la vue que je viens
35:10de vous raconter
35:11la cuisine
35:12je sais pas
35:12la cuisine doit avoir
35:14au moins une dizaine
35:14de fenêtres
35:16et voilà
35:17j'y suis bien
35:17donc
35:19les équipes
35:20sont bien aussi
35:21et puis
35:21je crois que c'est la condition
35:22pour que les convives
35:23soient bien
35:24et ce qui est bien aussi
35:26c'est ce qui arrive demain
35:27le 20 mai 2026
35:28à tout de suite
35:29sur Sud Radio
35:30avec Guy Savoie
35:31Sud Radio
35:32les clés d'une vie
35:33Jacques Pessis
35:34Sud Radio
35:35les clés d'une vie
35:36mon invité Guy Savoie
35:37je dirais
35:38maître Guy Savoie
35:39puisque demain
35:4020 mai 2026
35:41vous devenez immortel
35:43en rentrant sur la coupole
35:45pour être intronisé
35:46à l'académie des beaux-arts
35:47alors
35:48il faut savoir
35:48que l'académie des beaux-arts
35:49c'est un lieu
35:51qui existe
35:52depuis 1816
35:54en fait
35:54c'est une synthèse
35:55des académies royales
35:57de peinture et de sculpture
35:58et de musique
35:59qui ont été créées
36:01après la révolution française
36:02où tout avait été détruit
36:05et ça c'est une chose
36:06à laquelle vous ne vous attiriez pas
36:07Guy Savoie
36:08ah mais pas du tout
36:08on peut rêver
36:09vous savez dans
36:09le commencement du cuisinier
36:10on peut rêver
36:11de toques
36:11d'étoiles
36:12d'assiettes
36:13enfin toute chose
36:14mais si on m'a dit
36:14vous avez tout ce côté-là
36:16ça va non
36:17mais c'est bien
36:18mais je dis toujours
36:19que je suis un gâté de la vie
36:20donc et là
36:21c'est vrai
36:21quand un groupe d'académiciens
36:22est venu me voir
36:24en me disant
36:24bon on est un certain nombre
36:26à déplorer
36:27que la cuisine
36:29la gastronomie
36:30ne soit pas
36:30ne soit pas
36:31aux beaux-arts
36:32donc on aimerait bien
36:33que vous
36:34voilà
36:34on aimerait bien
36:35que vous candidatiez
36:37et que votre
36:39et que ce défi
36:41on pense que vous pouvez
36:43vous pouvez réussir ce défi
36:45alors présenter comme ça
36:46des gens ne refusent pas
36:47et après c'est vrai
36:48qu'il y a eu
36:49il y a eu deux ans
36:49de vraies campagnes
36:50et là j'ai été
36:51beaucoup beaucoup beaucoup
36:52aidé par Marc Ladray
36:53de la Charrière
36:53qui n'a pas hésité
36:55à organiser des déjeuners
36:56chez lui
36:56pour faire campagne
36:58c'est-à-dire ?
36:59pour faire campagne
37:00pour moi
37:00pour essayer de convaincre
37:02parce qu'il y a
37:03une soixantaine d'électeurs
37:04et puis
37:06c'est majorité absolue
37:08même au 3
37:08ou au 4ème tour
37:09si vous n'avez pas
37:11la majorité absolue
37:12vous n'êtes pas élu
37:13donc voilà
37:14il a fait
37:15il a beaucoup fait campagne
37:16pour moi
37:17moi j'ai assisté
37:18à des réunions
37:22là-bas
37:22pour montrer
37:23vraiment
37:23pour montrer mon intérêt
37:24et mon intérêt
37:25qui était grand
37:26parce que
37:27ça me paraissait irréel
37:28après tout ce que j'avais entendu
37:30sur le métier
37:31lorsque j'étais adolescent
37:33surtout
37:33je me disais
37:34c'est complètement
37:35c'est complètement irréel
37:37et en fait
37:37ben oui
37:39ça a marché
37:40et
37:41c'est extraordinaire
37:42quoi
37:43c'est quelque chose
37:44faire rentrer
37:45faire rentrer la cuisine
37:47sous la coupole
37:48et quelque chose de
37:50parce que je ne sais pas
37:51si on se souviendra de moi
37:52on se souviendra
37:52que la cuisine
37:53est rentrée
37:55à l'Institut de France
37:57et c'est
37:57c'est une avancée
37:59formidable pour la cuisine
38:01c'est un
38:02honneur immense
38:03pour moi
38:04et ma première réaction
38:05c'était de dire
38:07je nourris des convives
38:09depuis des décennies
38:10on va enfin me nourrir
38:12et c'est ce qui se passe
38:13à chaque réunion
38:14du mercredi après-midi
38:15moi j'écoute
38:17avec les oreilles
38:19attentives
38:19je découvre
38:21des artistes
38:24parce que
38:25l'Académie des Beaux-Arts
38:26remet beaucoup de prix
38:27donc
38:28on a
38:28on a l'occasion
38:29de voir
38:30un grand nombre
38:31un grand nombre
38:32d'oeuvres
38:32d'artistes
38:33très différents
38:34et c'est
38:35c'est d'un enrichissement
38:37total
38:37alors il se trouve
38:38que Laurent Petit-Gérard
38:39qui est le secrétaire
38:40perpétuel
38:41de l'Académie des Beaux-Arts
38:42que j'ai connu d'ailleurs
38:43dans les années 70
38:43où il a été le pianiste
38:45de l'émission de samedi soir
38:46de Philippe Bouvard
38:47c'est comme ça
38:48qu'il a débuté
38:48avant d'écrire ses symphonies
38:50et ses opéras
38:51et ses opéras
38:52et ses opéras
38:53alors il se trouve
38:54qu'il dit
38:55que non seulement
38:55vous êtes un cuisinier
38:56mais vous êtes
38:57Guy Savoie
38:57un amateur
38:58d'art contemporain
39:00mais je suis un amateur
39:01de belles choses
39:02de tout ce qui est
39:03tout ce qui régale les yeux
39:04c'est aussi bien sûr
39:05que c'est un plat
39:06c'est un beau paysage
39:08c'est flâner
39:10dans les rues de Paris
39:11et me régaler
39:12avec
39:13avec tous ces immeubles
39:15tous ces bâtiments
39:17vous savez
39:17j'évolue au cœur du 6ème
39:20quand je regarde par les fenêtres
39:21je vois la Seine
39:23le Pont des Arts
39:23le Louvre
39:24donc
39:25si vous
39:26si vous êtes en permanence
39:28dans le beau
39:30bien évidemment
39:30que vous êtes
39:31plus enclin
39:32à faire
39:34le beau
39:35et j'ai eu la chance
39:36de faire le beau
39:37enfin
39:37à être attiré par le beau
39:39j'ai jamais fait le beau
39:40mais
39:41d'être
39:43et puis
39:43ça a été remarqué
39:44déjà François Pinault
39:45a été le premier à remarquer
39:46puisqu'un jour
39:47il me dit
39:48puisque lorsque je suis
39:50venu m'installer
39:50là où on se quête comptie
39:53il m'a dit
39:53moi je vous prêterai des oeuvres
39:55qui est un
39:57et je pensais avoir mal compris
39:59et donc
39:59il me l'a répété
40:00il me dit
40:01oui oui je vous prêterai des oeuvres
40:02donc
40:03j'ai des oeuvres
40:04de la collection Pinault
40:05qui sont accrochées au mur
40:06et puis j'en ai quelques-unes
40:08qui m'appartiennent
40:08mais
40:10le socle important
40:11c'est le
40:12c'est la collection Pinault
40:14alors
40:14le 13 novembre 2024
40:16dans l'après-midi
40:17vous recevez un coup de fil
40:18apprenant que vous êtes élu
40:19mais je crois qu'au premier tour
40:20qu'est-ce qu'on ressent
40:21dans ces cas-là
40:22qui s'avent
40:22je ne sais pas si c'est au premier tour
40:23mais en tout cas
40:24qu'est-ce qu'on ressent là
40:24je vais vous dire
40:25j'ai pris une douleur terrible
40:26dans le dos
40:28je ne sais pas si ça a à voir
40:29avec un quelconque ressort
40:31qui s'est détendu
40:32parce qu'on m'avait
40:32on m'avait quand même annoncé
40:35soyez prêt de votre téléphone
40:36à partir de 13h15
40:3813h15 il ne se passe rien
40:3913h30 toujours rien
40:42je dis bon
40:42c'est peut-être pas un bon signe
40:44et puis
40:45oui
40:48en 15h
40:48je dis 13h
40:49c'est 15h
40:5115h40
40:53je vois
40:54le nom de Jean-Michel Villemotte
40:55qui s'inscrit sur mon téléphone
40:58et qui me dit tout doucement
40:59mais à voix très bas
41:00il ne faut pas qu'on l'entende
41:01et il me dit
41:02tu viens d'être élu
41:02et à ce moment-là
41:04je vous dis
41:04j'ai une douleur dans le dos
41:05terrible
41:06terrible
41:07qui me dure une demi-heure
41:08je ne sais pas
41:10et après
41:11dans les 48 heures
41:12qu'on suivit
41:13j'ai revécu
41:14tous les événements
41:15de mon adolescence
41:16tous les événements négatifs
41:18c'est-à-dire
41:18tous ces gens
41:19qui voulaient
41:20me dissuader
41:21de choisir le métier
41:22de cuisinier
41:22cette psychologue
41:23qui m'a fait
41:24vous savez
41:25pour rentrer en apprentissage
41:26il fallait
41:27il fallait
41:29subir
41:30le mot n'est pas trop fort
41:31des tests psychologiques
41:34et après
41:36m'avoir fait bouger
41:37des cubes
41:37pendant 10 minutes
41:39le verdict est tombé
41:41vous n'êtes pas fait
41:42pour un métier manuel
41:43encore moins
41:44dans l'alimentation
41:45et tout ça
41:46c'est revenu
41:46avec une limpidité
41:48et ce qui prouve
41:49que j'ai dû
41:50en souffrir
41:50j'ai dû beaucoup
41:52en souffrir
41:52à cette époque
41:54et puis voilà
41:55donc il m'a fallu
41:5648 heures
41:56pour je pense
41:57évacuer
41:58toutes ces images
42:00qui ont certainement
42:03créé des souffrances
42:04et après
42:05après j'ai pensé
42:08très positif
42:08j'ai dit
42:09je ne sais pas
42:10mes petits-enfants
42:11mes arrière-petits-enfants
42:12et d'autres
42:12diront
42:12tiens
42:12on avait un grand-père
42:14au fauteuil numéro 5
42:15de l'Académie des Beaux-Arts
42:17et vous avez pensé
42:18à vos parents
42:19bien sûr
42:19ah bah oui
42:20ça bien sûr
42:21c'était les premières
42:22mes premières pensées
42:23ont été pour eux
42:24et je pense que demain
42:25mes pensées vont être
42:27voilà
42:27lorsque je vais descendre
42:28des escaliers
42:30au milieu de mes consoeurs
42:31et confrères
42:33sous les ors
42:35de la République
42:36et puis
42:37accompagnés par les tambours
42:38de la garde républicaine
42:39je pense que là
42:41il va falloir que
42:42je fasse beaucoup d'efforts
42:43pour que
42:44pour que la gorge
42:45se desserre
42:46oui car c'est la tradition
42:47on est accompagnés
42:48pour le discours
42:49de réception
42:50par les tambours
42:51de la garde républicaine
42:52absolument
42:52sous les ors
42:53de la République
42:53alors il se trouve
42:54que se retrouve
42:55l'Académie des Beaux-Arts
42:56c'est quand même
42:57quelques obligations
42:57vous dites que le mercredi
42:59après-midi
42:59et même quand vous n'êtes pas
43:01encore entré
43:02vous vous retrouvez
43:03dans des réunions
43:03je dirais presque obligatoires
43:06c'est-à-dire que
43:07je n'ai pas vraiment
43:08d'excuses
43:08moi j'habite
43:11je fissis à 100 mètres
43:12de là
43:13et puis je veux dire
43:14pour moi
43:15oui c'est une vraie nourriture
43:16c'est quelque chose
43:18de fort
43:19parce qu'il y a
43:21il y a une bienveillance
43:23tout de suite
43:24moi j'ai ressenti
43:25la bienveillance
43:26malgré mon âge
43:27un peu avancé
43:27j'avais l'impression
43:28d'être le petit nouveau
43:28et d'ailleurs
43:29j'étais le petit nouveau
43:30puisque je venais d'être
43:31il n'y a pas
43:32le président de la République
43:33signe le décret
43:33qui valide
43:34votre élection
43:37vous pouvez assister
43:39aux réunions
43:40du mercredi après-midi
43:41donc ça fait plus
43:41d'un an et demi
43:42que j'assiste
43:44à ces réunions
43:44je vais dire
43:45les 19 réunions sur 20
43:47je suis présent
43:47et avec des gens
43:49que vous ne connaissez pas
43:49forcément
43:50et que vous découvrez
43:51oui
43:51avec des talents
43:52et puis dans tout
43:55que ce soit
43:55dans le cinéma
43:56l'architecture
43:57la peinture
43:58la musique
43:58enfin des
43:59c'est à chaque fois
44:01un enrichissement total
44:02alors ça a duré
44:0316 mois
44:04entre votre
44:05acceptation
44:06et votre rentrée
44:06sous la coupole
44:07mais il y a des choses
44:08à faire d'ici là
44:09à commencer par l'habit
44:10car l'habit
44:11fait partie des traditions
44:12d'académie
44:12absolument
44:13alors bon
44:14je voulais trouver
44:16une originalité
44:18en fait
44:19un concours de circonstances
44:21mon habit
44:21a été fait
44:22par l'or de Sagazan
44:23l'or de Sagazan
44:24pour ceux
44:25qui ne connaissent pas
44:27c'est la
44:28la papesse
44:29des robes de mariée
44:30alors vous m'imaginez
44:31faire
44:32tous
44:33tous les essayages
44:33il y a bien eu
44:346 ou 7 essayages
44:36en un peu plus d'un an
44:38au milieu
44:39des robes de mariée
44:40il y avait quelque chose
44:41de totalement insolite
44:42et de
44:43voilà
44:43donc c'est l'or de Sagazan
44:45l'épée
44:46parce que vous parlez du costume
44:47mais il y a l'épée aussi
44:48l'épée a été faite
44:49par Joachim Rimenez
44:50qui est le
44:51qui est le graveur général
44:52de la modette Paris
44:53et l'épée est censée
44:54un peu représenter
44:55tout ce qui compte
44:57pour vous
44:57dans la vie
44:57et justement
44:58qu'est-ce que vous avez choisi
44:59comme emblème
45:01sur l'épée ?
45:01alors
45:02sur l'épée
45:03déjà c'est une épée
45:03de corsaire
45:04parce que le pommeau
45:05du corsaire
45:07du pommeau de l'épée
45:08du corsaire
45:09vient l'expression
45:09deux coups de cuillère à peau
45:10parce que ce pommeau
45:11qui est plein
45:12en fait servait
45:12à prendre le rhum
45:13dans le tonneau
45:14deux coups de cuillère à peau
45:16alors après
45:17bon
45:17j'ai voulu que ce sabre
45:19en fait
45:19c'est un sabre
45:21pour compenser
45:22un peu
45:22son côté
45:24agressif
45:25se termine
45:26en haut
45:27par l'extrémité
45:29d'un bâton de pèlerin
45:30qui est en bois d'orme
45:32donc qui est un bois
45:33très
45:34c'est très agréable
45:35au toucher
45:36sur la lame
45:37bien sûr
45:38alors
45:38de ce bâton de pèlerin
45:41des racines
45:42sont gravées
45:43sur la lame
45:44au bout de ces racines
45:45figurent
45:46les prénoms
45:47de mes parents
45:49et sur ce fameux pommeau
45:51il y a le prénom
45:52de mes enfants
45:52et de mes petits-enfants
45:54parce que
45:55vous l'avez rappelé
45:56tout à l'heure
45:56la transmission
45:57est importante
45:59et puis donc
46:00demain
46:01il y a le discours
46:02traditionnel
46:02car la tradition
46:03veut que vous fassiez
46:04l'éloge de votre prédécesseur
46:06que vous n'avez pas
46:07forcément connu
46:08je l'ai rencontré
46:09Michel David Veil
46:10que j'ai rencontré
46:11qui était un banquier
46:12alors vous allez me dire
46:13un banquier
46:13c'est un banquier
46:15un peu particulier
46:15parce que
46:16il a tellement fait
46:17pour l'art
46:18c'est l'un des plus généreux
46:20donateurs
46:20des principaux musées
46:21du monde
46:21je pense bien sûr
46:22au Louvre
46:23mais au
46:25Guggenheim
46:25à New York
46:26au Métropolitane
46:27aussi
46:28enfin il a été
46:28il a été un bienfaiteur
46:30de grand nombre
46:31de musées
46:32passionné
46:33passionné par l'art
46:35et
46:36il a fait des choses
46:38tellement
46:39tellement
46:39tellement importantes
46:40et c'est tellement
46:41un épicurien
46:42que c'était un plaisir
46:43de me plonger
46:44dans sa vie
46:45parce qu'il a fait
46:45il a fait des livres
46:47donc j'ai pu
46:48j'ai rencontré
46:49son épouse
46:50Hélène
46:51une femme délicieuse
46:53avec qui
46:54j'ai échangé
46:55pour justement
46:56travailler
46:57sur ce discours
46:58et faire
46:58l'éloge
47:00de ce personnage
47:01hors du commun
47:03quoi
47:03qui avait
47:04qui réunissait
47:05toutes les qualités
47:06à la fois
47:06de
47:08de joie
47:09de vivre
47:09de
47:10c'est un intégriste
47:12de la beauté
47:12il lui fallait
47:13il fallait
47:14de la beauté
47:15autour de lui
47:15aussi bien
47:16il le rappelle
47:16aussi bien
47:17en paysage
47:18qu'en oeuvre d'art
47:20et
47:21il a
47:23il a
47:23fait profiter
47:25à un grand nombre
47:27de ses
47:28de ses moyens
47:29quoi
47:29voilà
47:30il a fait
47:30il était la tête
47:32de la banque Lazare
47:33qui était aussi bien
47:33à Paris
47:34à New York
47:36et à Londres
47:36et grâce à ça
47:37il le rappelle
47:38il a
47:39il a senti un devoir
47:41d'acquérir
47:42des oeuvres
47:43et les mettre
47:44à la portée
47:46à la
47:48possibilité
47:48d'un maximum
47:49de visiteurs
47:50c'est pour ça
47:51qu'il est
47:51c'est un bienfaiteur
47:52pour les musées
47:53il se trouve en plus
47:54que le discours
47:55de réception
47:56est toujours très compliqué
47:57c'est Jean Cocteau
47:58qui ne savait pas
47:59comment
48:00commencer son discours
48:01il succédait
48:03à un écrivain
48:04Jérôme Tarot
48:04un peu oublié
48:05il a trouvé le truc
48:06il a dit
48:06Tarot c'est Descartes
48:07et c'est comme ça
48:08que ça a débuté
48:10et c'est vrai
48:10ce discours
48:11ce sont des mois de travail
48:12ah oui
48:12je m'y suis mis
48:14dès le premier déjeuner
48:17avec Hélène David Veil
48:19après ses écrits
48:21les livres
48:22il a fallu
48:24se mettre au travail
48:25c'est un discours
48:26qui va faire
48:26un peu plus de 30 minutes
48:28il y a des règles
48:29très précises
48:29il faut que ça fasse
48:30un temps précis
48:31ils ont tendance
48:33à un peu raccourcir
48:34mais voilà
48:34je pense que c'est
48:35une bonne trentaine
48:37de minutes
48:37donc maintenant
48:39cette émotion passée
48:40cet habit vert
48:41que vous avez
48:42l'avenir
48:43qu'est-ce que c'est
48:43pour vous
48:44maintenant que vous êtes
48:45immortel
48:45l'avenir
48:47bon demain soir
48:48donc le restaurant
48:49est fermé
48:49mais l'avenir
48:50pour moi
48:51c'est le déjeuner
48:52de jeudi
48:53et le dîner
48:54de jeudi
48:55voilà
48:56et après
48:56ça sera ensuite
48:57vendredi
48:57voilà
48:58et la coupole
48:59toutes les semaines
49:01maintenant
49:03le mercredi
49:04les réunions de travail
49:06ne se passent pas
49:06sous la coupole
49:07il y a
49:07une salle de travail
49:10qui est
49:12symétrique
49:12à la magnifique bibliothèque
49:15et là
49:15donc la coupole
49:16c'est vraiment réservé
49:17pour les installations
49:18et les réunions plénières
49:20où là
49:20tout le monde
49:20est en habit
49:22et c'est toujours
49:24à la fois
49:24très solennel
49:26mais tellement bienveillant
49:28quand on pense
49:29à Raymond Oliver
49:30art et magie de la cuisine
49:31on s'aperçoit finalement
49:33que votre parcours
49:33c'est l'art
49:34et la magie de la cuisine
49:35finalement
49:35vous êtes un descendant
49:36de tous ceux
49:37qui ont commencé
49:38à faire de la cuisine
49:39à la télévision
49:40et ailleurs avant vous
49:41je suis un nouveau maillon
49:42de la chaîne
49:43mais il y en aura
49:44beaucoup d'autres
49:44après moi
49:45et bien écoutez
49:45gardons celui-ci
49:47et revenez quand vous voulez
49:48dans l'équipe de vie
49:49parce que vous avez encore
49:49tellement de choses
49:50à raconter
49:51c'est formidable
49:51pour la 2000ème
49:53pour la 2000ème
49:53avec joie
49:54et bien en tout cas
49:55maître
49:56maintenant je vous appellerai
49:57maître officiellement
49:58toutes nos félicitations
49:59au nom des auditrices
50:00et aux auditeurs
50:02toutes mes félicitations
50:03au nom des auditrices
50:04et auditeurs de Sud Radio
50:05et puis continuez ainsi
50:06continuez ainsi
50:07à apporter du bonheur
50:08et à vivre ce bonheur
50:10écoutez mon cher Jacques
50:11continuez à nous régaler
50:12tous les soirs
50:13parce que c'est un vrai régal
50:15merci Guy Savoie
50:16les Clés d'une vie
50:16c'est terminé pour aujourd'hui
50:18on se retrouve bientôt
50:18restez fidèles
50:19à l'écoute de Sud Radio
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