- il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00On est au 82e jour de guerre et le président Trump ne cesse de donner du temps à l'Iran
00:05avant de frapper.
00:06Alors on se pose la question toujours de savoir si ce compte à rebours est crédible,
00:10parce qu'en plus l'Iran menace d'étendre le conflit si jamais Donald Trump venait à lancer de nouveaux
00:15bombardements.
00:16On va justement retrouver Antoine Nelard en direct pour BFM TV,
00:20parce que Donald Trump veut vraiment montrer qu'il est le maître du temps de la guerre.
00:24Alors, il donne du répit à l'Iran, il veut privilégier les négociations,
00:27puis il dit de toute façon, même Benjamin Netanyahou, il fera ce que je lui dis,
00:31donc en fait je l'ai dans ma main.
00:37Oui, exactement, c'est le message qu'il a délivré ce matin,
00:39dans un contexte où effectivement Donald Trump tergiverse, étiraillé,
00:44entre d'un côté la volonté de reprendre les hostilités alors que les négociations sont dans l'impasse,
00:48Donald Trump nous explique qu'il a le doigt sur le bouton, prêt à appuyer,
00:51prêt à relancer des frappes si jamais ça ne bouge pas,
00:54mais dans le même temps, Trump dit qu'il veut laisser une chance à la diplomatie,
00:57il explique que les Iraniens sont devenus plus raisonnables
00:59et qu'il y a des chances de trouver un accord,
01:02c'est pour cette raison qu'il a accordé ce délai supplémentaire aux Iraniens,
01:05qu'il a suspendu des frappes qu'il avait prévues de lancer hier,
01:08Trump qui laisse deux, trois jours, peut-être même un peu plus aux Iraniens
01:11jusqu'en début de semaine prochaine pour faire des progrès dans les négociations.
01:14Dans ce contexte, il y a en tout cas des pressions très fortes sur Donald Trump,
01:18en particulier des pressions de la part des Israéliens,
01:20Benjamin Netanyahou qui pousse le président américain
01:23pour qu'il reparte au combat, pour qu'il relance des frappes,
01:25pour qu'il aille terminer le travail.
01:27Les deux hommes, les deux dirigeants se sont parlé hier soir,
01:29selon la presse israélienne, le coup de fil a été long et animé,
01:32mais Donald Trump aujourd'hui tient à dire
01:35qu'il ne se laissera rien dicter par le Premier ministre israélien.
01:39Écoutez.
01:40Netanyahou fera tout ce que je lui dis de faire, c'est un gars bien.
01:44En tout cas, c'est sûr qu'il fera ce que je lui demande de faire.
01:47N'oubliez pas qu'il est Premier ministre en temps de guerre
01:50et il n'est pas traité d'une façon correcte en Israël, à mon avis.
01:53Je suis populaire à 99% en Israël.
01:56Si je le voulais, je pourrais prétendre au poste de Premier ministre dans ce pays.
02:01Peut-être qu'après avoir fini tout cela,
02:02j'irais en Israël et me porterais candidat à ce poste de Premier ministre.
02:07Voilà, Donald Trump, maître des horloges d'une certaine façon.
02:11C'est en tout cas le message qu'il veut délivrer.
02:13Un message qui s'adresse aussi à une partie de son électorat,
02:16à une partie des Américains,
02:17alors que depuis le début de la guerre,
02:19on entend cette petite musique qui monte,
02:20selon laquelle cette guerre n'est pas la guerre des Etats-Unis,
02:23mais la guerre d'Israël.
02:24Beaucoup d'Américains qui expliquent aussi que, selon eux,
02:27Donald Trump s'est laissé entraîner dans ce conflit par Benjamin Netanyahou.
02:31Antoine Hollard, en direct de Washington, pour BFM TV.
02:34Donc on privilégie la négociation, là,
02:35mais il y a des éléments tangibles en ce moment
02:38pour montrer qu'on avance, Didier François, ou pas ?
02:39En tout cas, les Américains, enfin, Donald Trump,
02:42semble toujours être dans cette logique de pousser pour un accord.
02:48Là, il y a une...
02:49Les navettes ont lieu, on le disait depuis quelques temps,
02:52rappelez-vous, depuis déjà maintenant plusieurs semaines,
02:56et on voit bien qu'il y a des convergences
02:58sur au moins les points de discussion.
03:01Là, les émissaires,
03:02parce que maintenant, les négociations ne se font plus au Pakistan,
03:04comme vous l'avez remarqué,
03:06et donc elles sont plus discrètes,
03:07donc elles sont plus difficiles à suivre,
03:09parce qu'en fait, tout se fait aux Etats-Unis,
03:10et les émissaires, pakistanais, qataris,
03:14un peu les turcs et les égyptiens,
03:15ensuite font des allers-retours avec les Iraniens pour leur proposer.
03:18C'est-à-dire qu'ils vont en Floride ?
03:20– Ils vont en Floride et à Washington.
03:22– Et ensuite, ils repartent à Téhéran.
03:24– Exactement.
03:24Et ensuite, ils repartent à Téhéran.
03:25C'est comme ça que ça fonctionne.
03:27Voilà.
03:27Aux dernières nouvelles,
03:30le plan américain, lui,
03:31il est axé essentiellement sur le fait d'obtenir un contrôle,
03:36et ce que dit Trump,
03:37le fait que les Iraniens n'auront pas de bombes atomiques.
03:41Et ça, ça s'appuie sur trois choses.
03:43La première chose, c'est la remise ou la dilution
03:47des stocks d'uranium enrichi,
03:50et particulièrement très enrichi,
03:51celui à 60% ou à 20%.
03:53Et les dernières propositions américaines,
03:56puisque les Iraniens avaient même proposé
03:58de pouvoir envoyer ces stocks en France ou en Grande-Bretagne
04:01au début du mois.
04:02– On aurait récupéré l'uranium iranien.
04:04– Les Américains ne veulent pas l'entendre parler,
04:06ils veulent l'avoir à eux, pour l'instant, ce qu'ils ont.
04:08– Comme un trésor de guerre.
04:09– En fait, l'idée, ce serait plutôt d'avoir quelque chose
04:11entre les deux, c'est-à-dire qu'une partie de cet uranium
04:14serait effectivement, enfin c'est ce que demandent les Américains,
04:16après je m'ai dit que ça finirait comme ça,
04:18serait transféré aux États-Unis,
04:20le reste serait dilué sur place.
04:21Deux avantages, Trump pourrait récupérer une partie
04:23de cet uranium, et les Iraniens pourraient dire
04:26« Regardez, on le garde à la maison,
04:28puisqu'on va le diluer. »
04:31Deuxième point important pour les Américains,
04:33c'est que l'enrichissement de l'uranium,
04:37finalement, au départ, ils ne voulaient pas en tant
04:38de parler du tout d'enrichissement d'uranium en Iran.
04:41Ça semble bouger, puisque les Américains
04:44proposent maintenant un plan en 15 ans.
04:47Donc, pendant les cinq premières années,
04:50pas d'enrichissement, mais en fait,
04:51ils n'ont pas besoin d'enrichir,
04:52puisqu'ils vont diluer l'uranium qu'ils ont déjà,
04:54donc ils auront suffisamment pour faire tourner leur centrale.
04:57De cinq à dix ans, un enrichissement à 1,5%,
05:01et de dix à quinze ans, l'enrichissement à 3,7% pour la centrale.
05:05Capé là-dessus, c'est-à-dire que ça ne montera pas plus haut,
05:07avec des contrôles de la IEA,
05:08donc c'est l'équivalent d'à peu près quatre cascades,
05:10pour pouvoir avoir ce niveau-là.
05:13Et donc, là, vous avez bien les trois niveaux.
05:16Contrôle du stock, contrôle de l'enrichissement,
05:18mais plus arrêt de l'enrichissement,
05:21et garantie que ça n'aille pas au-dessus du...
05:24Et le détroit d'Hormuz, c'est après.
05:26Alors, les deux autres choses qui sont discutées,
05:28et ça, c'est les demandes iraniennes,
05:30c'est... Les Iraniens, eux, demandent une levée des sanctions
05:33et un retour des avoirs,
05:34qui seraient conditionnées, là, pour le coup,
05:37et capées et étalonnées sur la levée du blocus
05:41et du détroit d'Hormuz.
05:44Et parallèlement, les Américains lèveraient leur blocus
05:48des ports iraniens.
05:49En tout cas, c'est la proposition qui est repartie chez les Iraniens
05:52et dont Donald Trump espère avoir un retour
05:56de la part des Iraniens à la fin de la semaine, vendredi ou...
05:59Donc, avec toujours ce nouvel ultimatum,
06:02c'est l'énième ultimatum,
06:04qui court jusqu'à vendredi, si je comprends bien.
06:06C'est pour ça qu'il y a vendredi...
06:08On ne comprenait pas bien le truc du vendredi,
06:09il espère que ça revienne pour ça.
06:11Alors, après, est-ce que ça va revient ?
06:11On n'en sait rien.
06:12Mais vous voyez bien qu'on est toujours...
06:13On arrive sur trois jours fériés aussi.
06:16C'est ça.
06:16C'est le Memorial Day aux Etats-Unis.
06:17Exactement.
06:18Les bourses sont fermées, c'est important de le préciser.
06:21Alain Oudeau de Dainville,
06:23vous êtes l'ancien chef d'état-major de la Marine nationale.
06:26Donc, la négociation plutôt que la reprise de la guerre,
06:30ça penche de quel côté, selon vous ?
06:33On a l'impression quand même que Trump veut tout faire
06:35pour arriver à un accord le plus rapidement possible.
06:38Oui, mais je pense que du côté iranien,
06:40on a besoin du moyen de dissuader quiconque
06:46d'attaquer à nouveau l'Iran.
06:48Et que ça, c'est soit le nucléaire, soit Ormouz.
06:52Et donc, on ne peut pas dissocier les deux,
06:54je pense, dans l'esprit iranien.
06:56Mais tout ça, ce ne sont que des hypothèses, bien sûr.
06:58Et que donc, il faut suivre de très près
07:01comment vont s'enchaîner ces deux dossiers.
07:04Parce que ça, c'est...
07:06C'est-à-dire que les Iraniens ne pourront pas céder sur tout ?
07:08Non, parce que s'ils veulent...
07:09Ils savent qu'avec le blocage du détroit d'Ormouz,
07:13ils ont une arme de dissuasion massive.
07:15Et qui peut être probablement, vu de leur côté,
07:21plus massive que la possession du nucléaire.
07:25Et donc, ils ne pourront pas céder sur tout.
07:28Sauf que Ormouz, ça a des conséquences pour le monde entier,
07:31pas seulement pour les Américains.
07:32C'est pour ça que je vous parle de massif, de dissuasion massive.
07:34Oui, mais il y a une pression aussi, on va dire, internationale,
07:38pour dire qu'il faut libérer Ormouz.
07:40Oui, mais il y a une pression, d'accord, mais quel moyen d'action ?
07:43Les Américains ont un moyen d'action, c'est le blocus qui s'oppose au blocage.
07:47Mais les Européens n'ont pas de moyen d'action.
07:54Du coup, est-ce que ce serait logique d'aller de nouveau frapper, militairement ou pas ?
07:59Le problème d'une nouvelle opération militaire,
08:03c'est qu'il faut qu'elle soit brutale et décisive.
08:06Et il faut donc des cibles.
08:08La difficulté, c'est que...
08:09Les cibles militaires, il n'y en a plus ?
08:11Il n'y en a pas autant que nécessaire, en quelque sorte,
08:15pour forcer le régime à négocier.
08:18C'est ça la difficulté.
08:19C'est-à-dire que...
08:20Alors, certes, il reste peut-être encore quelques silos avec des lanceurs de missiles.
08:26Il y a tous les abris, les tunnels des différentes flottes fantômes, et ainsi de suite.
08:32Mais ce n'est pas suffisant.
08:33Donc, le risque militaire, c'est d'engager une opération
08:38qui soit à peu près équivalente à ce qui s'est passé la première fois,
08:41sans résultat politique.
08:42Et ce n'est plus hasardeux.
08:44Bien sûr.
08:45Mais justement, vous êtes ancienne pilote de Mirage 2000.
08:48Si d'un coup, vous recevez l'ordre de dire
08:50qu'il faut aller taper des installations civiles.
08:52Alors, vous obéissez aux ordres,
08:54mais vous vous dites, ça change quand même de paramètres, là, ou pas ?
08:57Alors, normalement, il y a quand même un droit des conflits armés
09:01qui empêche de tirer sur un certain nombre de cibles.
09:03Je parle d'installations.
09:05Oui.
09:05Par exemple, une centrale électrique ?
09:06Dual.
09:07Et puis, il y a aussi le fait que parfois, effectivement,
09:10les centrales électriques, ça reste des cibles
09:13sur lesquelles on peut s'entraîner.
09:14Mais de toute façon, comme le disait le général,
09:18le conflit armé, dans ce cas-là, ce n'est pas la solution.
09:22Puisqu'en fait, on ne veut pas gagner la guerre.
09:24On voudrait gagner la paix pour que les navires civils
09:26puissent repasser par le détroit.
09:28Et là, on est dans le paradoxe des conflits asymétriques.
09:30C'est-à-dire que les Iraniens auront toujours cette possibilité
09:34d'avoir une action cinétique minimale qui empêche les navires de passer en toute sécurité.
09:40– Ce qui est incroyable, c'est que la puissance militaire est du côté des Américains,
09:46très nettement, et on voit bien que ça ne suffit pas.
09:48– Ça a été le cas sur plein de conflits.
09:50Vous prenez l'Afghanistan, effectivement, quand il a fallu réduire l'emprise de Daesh au sol,
09:55on a eu les premières actions militaires.
09:57Effectivement, ils ont reculé, mais on n'a jamais complètement éradiqué la menace.
10:02Donc, dans ces conflits-là, pour éradiquer complètement la menace, la force ne suffit pas.
10:07– On va aller en Iran, justement, retrouver Syavosh Ghazi en direct pour BFM TV,
10:12parce qu'on imagine que sur place, à Tehran,
10:14le nouvel ultimatum de Donald Trump ne fait guère peur aux Iraniens.
10:18– Non, absolument pas, parce que ce n'est pas la première fois qu'il fait ça.
10:22C'est au moins la cinquième ou la sixième fois.
10:25D'ailleurs, les médias iraniens se moquent de Donald Trump.
10:30Par exemple, en affirmant hier que c'était la cinquième fois,
10:36alors je cite, que le pédophile fait marche arrière
10:40après avoir lancé des menaces contre l'Iran.
10:42Il ne faut pas croire que l'Iran ne dispose pas de suffisamment de moyens militaires.
10:48Ça, c'est une erreur.
10:50Il y a, d'après ce qu'on sait ici, une centaine de bases souterraines
10:54de lancement de missiles, non seulement de dépôts,
10:59mais aussi de lancement de missiles, avec des stocks très importants.
11:03Depuis, les dix camps en responsabilité iraniens ont affirmé,
11:06depuis le début de la guerre, que l'Iran avait continué la fabrication de domiciles.
11:11On sait que dans certains sites souterrains, certaines bases souterraines,
11:15ici on les appelle les villes souterraines,
11:17il y a à la fois un stockage de domiciles, mais aussi des sites de production de domiciles.
11:24Et donc, la production de domiciles a continué durant cette période.
11:30Et c'est accéléré selon, si on prend le Mohamed Bagha palivar,
11:33depuis le cessez-le-feu, avec des missiles encore plus puissants,
11:37des missiles qui n'ont jamais été utilisés.
11:39Par exemple, le missile Rastakhiz, qui a une tête explosive de 3 000 tonnes,
11:45qui est particulièrement destructeur.
11:48Donc, lorsque à l'étranger, où les Américains disent que l'Iran n'a pas les moyens de se défendre,
11:54ce n'est pas le sentiment qu'on a ici en Iran.
11:57Siah Vosges, je dirais de Téhéran pour BFM TV.
11:59En tout cas, ce que vous nous dites ce soir, Didier,
12:02c'est que la balle est de nouveau dans le camp des Iraniens,
12:05avec des propositions américaines, notamment sur la question de que faire du stock d'uranium.
12:14Ils ont jusqu'à vendredi pour répondre.
12:17– Semble-t-il.
12:18C'est vendredi, que le Zetrum vendredi, samedi, dimanche.
12:22– Donc, l'émissaire pakistanais et l'émissaire du Qatar vont arriver à Téhéran
12:28pour faire part de ces nouvelles propositions ?
12:30– Alors, comment ils fabriquent leurs navettes, honnêtement, je n'en sais pas.
12:35– Mais en ce moment, c'est ça, il y a les navettes, ça ne passe plus par le Pakistan.
12:38– Non, parce qu'en fait, les Américains se sont rendus compte d'une chose,
12:40c'est qu'à chaque fois que c'était très visible, en fait, le Pakistan.
12:45– Trop visible.
12:46– C'était trop visible et ça empêchait de négocier,
12:47parce qu'est-ce que Vans y allait, est-ce que Vans y allait pas,
12:49est-ce que les Iraniens y allaient, n'y allaient pas, etc.
12:51Et finalement, ça empêchait une discussion concrète et réelle.
12:56Là, ils font ça à la maison, ça se fait entrelire.
13:00Personne ne peut savoir ce qui se passe en Iran,
13:01personne ne peut savoir ce qui se passe aux Etats-Unis,
13:03ils l'ont sous la main, donc là, ils sont vraiment,
13:05c'est rentré dans de véritables négociations,
13:07c'est ça qui est intéressant, c'est que là, ça travaille.
13:10– Ça travaille, on n'est pas un point mort du conflit, quoi.
13:12– Pas du tout.
13:13– C'est juste, voilà.
13:14– Non, non, non, c'est juste qu'il faut, enfin, honnêtement,
13:16on part de loin quand même, rappelez-vous qu'au départ,
13:18les Américains ne voulaient pas entendre parler de...
13:21– Bien sûr, mais pourquoi est-ce que Donald Trump insiste sur le fait
13:23qu'il tient Benjamin Netanyahou dans sa main
13:25et qu'il fera ce qu'il lui dit ?
13:26– Parce qu'ils ne sont pas d'accord.
13:28– Voilà, c'est ça, au moment où on négocie,
13:31il ne faut quand même pas qu'en Israël, on fasse n'importe quoi.
13:33– Parce que, grosso modo, si vous expliquez aux Israéliens
13:34que les Iraniens ont gagné la capacité de pouvoir enrichir,
13:37ce qui n'était pas le cas au départ,
13:38je pense que ce n'est pas particulièrement un truc qui...
13:41– Il faut qu'ils fassent accepter aux premiers Israéliens,
13:43Donald Trump, que finalement, c'est un accord à minima,
13:46quand même, par rapport aux objectifs du départ.
13:47– Les Israéliens qui n'étaient déjà pas tellement pour
13:49les accords de 2015,
13:51si vous leur dites, ils vont vouloir de sérieuses garanties
13:54sur le contrôle de l'enrichissement.
13:56– Non, parce qu'honnêtement, pour eux...
13:57– On est loin de ce que voulaient les Israéliens,
13:58les Israéliens voulaient la chute du régime,
14:01la destruction et la récupération du stock d'uranium,
14:04la destruction de toute capacité d'enrichissement,
14:07on va en être loin, finalement.
14:08– Surtout que les Israéliens, eux, militairement,
14:11ils veulent finir le travail, quoi.
14:12– Oui, mais après, Trump envoie aussi des messages
14:15à destination de son opinion publique,
14:17il avait été un petit peu mal mené sur le fait
14:20qu'il était la marionnette des...
14:21– Il l'est encore, d'ailleurs, beaucoup aux Etats-Unis.
14:23– Voilà, donc il y a aussi ça...
14:25– Beaucoup d'Américains pensent que, finalement,
14:27ce n'est pas la guerre des Etats-Unis,
14:29c'est la guerre d'Israël.
14:30– D'autant qu'il y a une partie de la base Maga
14:32qui est franchement antisémite,
14:33alors vous leur dites que, grosso modo,
14:34leur patron, il est tenu par les Israéliens,
14:36ça passe mal.
14:36– Donc, les propos qu'il tient,
14:37c'est aussi pour sa base électorale.
14:40– J'imagine.
14:41Mais c'est aussi la destination des Iraniens.
14:43Sur le thème, on est capable de faire appliquer l'accord,
14:45attention.
14:46D'autant plus que le temps tourne.
14:48Il faut bien comprendre qu'autant les Iraniens,
14:50eux, ont le temps devant eux,
14:52Trump, il a des échéances,
14:54et la première échéance,
14:56elle est maintenant dans trois semaines,
15:00avec le début du mondial de foot,
15:02qui doit être l'événement le plus important.
15:05– Et puis, ensuite, il y aura le G7.
15:06– Et puis, après, il y a le G7.
15:07– G7 à Evian.
15:08– C'est au moment du mondial, le G7.
15:09– Oui, il faut que…
15:10– Voilà.
15:12Donc, ça pèse aussi sur…
15:13– Donc, il faut qu'il soit l'en vainqueur, quoi, en fait.
15:15– Il faut qu'il soit…
15:15– Ou tout du moins,
15:17montrer qu'il a obtenu quelqu'un,
15:18qu'il n'a pas perdu.
15:18– Qu'il n'a pas perdu, voilà.
15:20Et ça, c'est extrêmement important.
15:21– Ça prendra encore du temps derrière.
15:22Là, on est sur les ouvertures.
15:24– Faire croire que d'ici le 11 juin,
15:26début de la Coupe du Monde,
15:27tout se sera réglé.
15:29– Il y a aussi un autre événement,
15:30c'est le Hajj,
15:31qui va commencer dans quelques jours.
15:34– Alors, expliquez.
15:35– Le Hajj, c'est le périnage.
15:37– Voilà, le périnage à l'Amec.
15:38– Après le mois du Ramadan,
15:38un mois après,
15:39il y a le Hajj avec l'Aïd al-Adha,
15:42qui est la grande fête,
15:43la plus grande fête en islam.
15:45Et tout ça aussi, c'est une échéance,
15:47parce que normalement, les Iraniens…
15:49Enfin, cette année, je crois qu'ils ne vont pas y aller.
15:50– Les Saoudiens leur donnent des visas.
15:52Ils sont en train de préparer la possibilité
15:54de leur donner des visas.
15:55C'est ça qui est intéressant.
15:56– Ils viennent à l'Amec et à Médine,
15:58dans les deux villes saintes,
15:59qui sont en Arabie saoudite.
16:04– La discrétion, ça veut dire que c'est sérieux.
16:06– C'est ça, c'est le truc.
16:07– Par ailleurs…
16:07– C'est une bonne nouvelle, finalement.
16:09– Oui.
16:09Et par ailleurs, le fait que la guerre de communication
16:13ait mis un bémol,
16:15si je peux utiliser cette expression musicale,
16:17c'est aussi une bonne nouvelle.
16:19Et ça veut dire que maintenant,
16:20les choses sérieuses s'enclenchent.
16:22– On est dans le dur.
16:23– Lorsque l'Iran menace de répandre le conflit
16:26dans toute la région,
16:27c'est une fouquette, c'est des rodes montagnes,
16:29ou ils gardent le moyen encore
16:31de taper et de faire mal aux pays voisins.
16:34– Il y a aussi le fait qu'il y a des luttes de pouvoir
16:37en interne à Téhéran.
16:39Ça, c'est aussi un élément à prendre en compte
16:41entre les durs, les pragmatiques.
16:44Et donc, il y a aussi un équilibre à Téhéran
16:49qui est très fragile.
16:51Et donc, il faut forcément à la fois négocier
16:56dans la discrétion et en même temps,
16:57il faut effectivement faire en quelque sorte
17:02communiquer brutalement
17:03pour préserver ses positions au sein du pouvoir iranien.
17:07Ça, c'est un élément qui est important.
17:08D'autant plus que, et c'est une difficulté
17:11avec le Hajj qui va arriver,
17:13c'est qu'on n'a toujours pas vu
17:14le guide suprême depuis le 28 février.
17:18Donc, c'est aussi des éléments à prendre en compte
17:20dans la complexité de l'équation iranienne.
17:24– Et sur la question que vous posiez,
17:26l'Iran garde les mêmes capacités
17:28de continuer à envoyer des drones, des missiles.
17:31– Et de taper les pays du Golfe,
17:33les Émirats notamment, Arabes Unis, c'est la cible.
17:35– Oui, mais c'est les proxys qui ont tapé dernièrement.
17:38– Oui, c'est vrai.
17:39– Et qui viennent d'Irak.
17:41– Et d'ailleurs, les Émirats Arabes Unis,
17:43on a du Yémen.
17:43– Les Émirats Arabes Unis, on a du Yémen.
17:45– Oui, c'est ce qui fait partie de la stratégie iranienne
17:47depuis des années aussi d'utiliser des proxys
17:49pour aller taper sur les cibles qui les intéressent.
17:51Donc, en fait, leur capacité de nuisance, elle…
17:54– Oui, mais alors là, pourquoi ne pas aller taper en Irak ?
17:56– Alors, justement…
17:57– Puisque ça vient d'Irak, c'est des proxys,
18:00comme le disait Henri Goucher.
18:01– Là, pour le coup, l'Irak…
18:02– Il y a des cibles à éliminer.
18:04– Mais des cibles, il y en a plein, ce n'est pas le sujet.
18:06Des cibles, ils en ont 12 milliards.
18:07– C'est là où la France a perdu la vie.
18:10– Les cibles, ils en ont.
18:11Le problème, c'est que le ciblage
18:13ne fait pas une stratégie.
18:14C'est la stratégie qui doit déterminer les cibles.
18:17Parce que tirer pour tirer, ça n'a strictement aucun sens.
18:20Donc, s'ils veulent des négociations, c'est un certain type de cible.
18:23S'ils veulent détruire le régime, c'est un autre type de cible.
18:27Vous comprenez bien que les cibles pour les cibles,
18:30c'est une vision à court terme
18:31qui a été celle de la première campagne et qui a raté.
18:35Les Iraniens ont une capacité de foutre une merde gigantesque dans la région,
18:39et ils l'ont montré avec les Irakiens
18:41et le tir sur la centrale nucléaire Emirati.
18:44Les pays de la région en ont peur,
18:46et c'est pour ça qu'ils poussent en disant
18:47« Nous, on veut bien que vous y alliez,
18:48mais si vous nous garantissez qu'ils vont tomber.
18:50Si c'est pour les rendre plus forts, négocier. »
18:53C'est ça, en fait, l'astuce.
18:54– Merci de nous avoir aidés à comprendre
18:56comment ce conflit évolue.
18:57Je rappelle qu'on en est au 82e jour de guerre.
19:00– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires