00:00Gaëtan Mélin, au secours, l'inflation est de retour.
00:03Alors, Michel-Edouard Leclerc est, comment dirait-on, prévisionniste.
00:09Parce qu'aujourd'hui, personne n'est capable de dire à combien se chiffrera l'inflation dans un mois, dans
00:17deux mois, dans trois mois.
00:19Pourquoi ? Parce qu'on ne sait pas non plus comment ce conflit va se développer, s'étendre.
00:26Il y a beaucoup d'interrogations.
00:28Donc, prudence sur les prévisions d'inflation.
00:31Plus que prudence, puisque quand on regarde les chiffres d'inflation qui ont été publiés par l'INSEE,
00:37l'inflation n'est uniquement due qu'à l'augmentation des prix des produits pétroliers et de ses dérivés.
00:45Aujourd'hui, on ne mesure pas une inflation sur les services, sur les biens manufacturés, et encore moins sur l
00:52'alimentaire.
00:52Donc, pas d'augmentation pour l'instant sur l'alimentaire, sur les autres biens, à part le carburant.
00:56Oui, tout à fait. C'est ça qui fait gonfler le chiffre d'inflation.
00:59Donc, effectivement, les choses vont aller en se dégradant. Pourquoi ? Parce qu'au 1er juin, on a l'augmentation
01:06du SMIC qui fait que les coûts de production d'un certain nombre de secteurs
01:09qui utilisent justement des salariés payés au SMIC vont voir leur coût de production augmenter.
01:15Alors, deux choix. Soit on répercute cette hausse des coûts de production, soit on prend sur ses marges.
01:24Ce sera intéressant de voir la réaction d'ailleurs de l'hôtellerie, la restauration, qui embauche une grande partie de
01:30son personnel au SMIC.
01:32Mais pour l'alimentaire, tant qu'il n'y a pas de réouverture des négociations entre les industriels et les
01:39distributeurs,
01:41eh bien, cette inflation ne peut pas progresser.
01:43Donc, vous dites, attention, le pire n'est jamais sûr.
01:47Néanmoins, quand on l'entend, par exemple, l'ancien ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, ce matin, chez Apolline
01:53de Malherbe,
01:53lui, il parle quand même de choc économique majeur. On va l'écouter.
01:59On est face à un risque de choc économique et financier majeur dans les mois qui viennent.
02:05Si la crise dans le détroit d'Ormousse poursuit, cela provoquera à nouveau une augmentation des prix du pétrole,
02:13une augmentation des prix de l'alimentation, un risque de crise alimentaire aussi,
02:17puisque vous avez une augmentation très forte du prix des intrants.
02:21– Et à terme, de vraies difficultés économiques.
02:25– Il n'est pas rassurant.
02:26– Non, mais il dit, il y a un risque, et si.
02:29Donc, vous voyez, les précautions de langage sont très importantes.
02:31Et le Premier ministre, lui-même, indiquait hier à l'Assemblée nationale,
02:35il a dit que la crise allait durer, que les conflits allaient se multiplier dans les prochaines années.
02:42Donc oui, bien évidemment, et c'est pour cela que le gouvernement essaie de se préparer
02:47et cherche à être souverain sur un certain nombre d'éléments qui sont très importants.
02:52Vous parliez tout à l'heure des engrais.
02:53Mais les engrais, pour le moment, les agriculteurs ne l'achètent pas au prix auquel il est sur les marchés
03:00financiers.
03:01Pourquoi ? Parce que ce sera pour la saison prochaine.
03:04Donc, on ne peut pas répercuter dès maintenant une augmentation des prix des engrais qu'on n'utilise pas.
03:09D'accord. Mais demain, comme l'a dit Alain, ça sera d'ailleurs à 17h sur BFMTV en direct.
03:15Sébastien Lecornu va annoncer de nouvelles mesures ciblées face à la flambée des carburants.
03:22On doit s'attendre à quoi, précisément ?
03:23Alors, une extension des mesures qui ont été déjà annoncées pour le mois de mai,
03:28parce que je vous rappelle que les mesures qui seront annoncées demain ne concerneront que le mois de juin,
03:33puisqu'on avance mois après mois.
03:35Effectivement. Donc oui, une extension des secteurs concernés.
03:40Vraisemblablement, davantage de professions comme les taxis,
03:44les personnels qui utilisent leur voiture pour les soins à domicile,
03:48ou bien encore les infirmières, pourraient cette fois-ci faire partie du boulot
03:53qui sera annoncé par le gouvernement.
03:56L'indemnité carburant également pourrait être revue à la hausse.
04:00Mais vraiment, on reste, encore une fois, sur des aides qui vont vraiment être ciblées vers les publics le plus
04:07en difficulté.
04:08Toujours pas de baisse de taxes générales sur les carburants.
04:10Mais bien évidemment.
04:11Comme l'ont fait nos voisins.
04:12Mais bien sûr que non.
04:13Et d'ailleurs, c'est très intéressant ce que vous venez de dire.
04:15Parce que depuis le début, Sébastien Lecornu a toujours dit qu'il était hors de question de ratisser large
04:21et de plafonner les prix pour tout le monde ou de baisser les taxes.
04:25Regardez aujourd'hui en Espagne ce qui se passe.
04:27Dès le départ, l'Espagne a annoncé une baisse des taxes.
04:30Aujourd'hui, comment l'Espagne va pouvoir sortir de cette situation qui commence à lui coûter très très cher ?
04:37Vous imaginez bien que...
04:375 milliards, ça a déjà coûté.
04:38Oui, ça a coûté 5 milliards.
04:39Mais aujourd'hui, est-ce que vous pensez que le gouvernement espagnol va dire aux automobilistes
04:42« On va les terminer, hop, on reprend comme auparavant. »
04:46Eh bien oui, mais combien de temps ça va durer ?
04:47Vous êtes en mesure de dire si dans 6 mois, les prix vont baisser
04:51et s'il faudra, si le gouvernement espagnol pourra remettre ces taxes comme elles l'étaient ?
04:55Bien sûr, mais nous reviendrons au point de départ de notre discussion.
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