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  • il y a 22 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Cette présentatrice par exemple est sur une autre chaîne, autre présentateur qui lui va carrément tirer,
00:05tirer notamment en direction du drapeau des Émirats Arabes Unis, regardez.
00:12Je suis prêt.
00:13Ajustez le viseur.
00:14Je vais viser le drapeau des Émirats Arabes Unis.
00:17Bien joué.
00:18Parfait.
00:19Ajustez le viseur.
00:20Retenez votre respiration au nom de Dieu.
00:22Au nom de Dieu.
00:23Feu.
00:27Avec le bruitage visiblement, c'est quoi le message ?
00:31A qui est-ce qu'il s'adresse réellement ?
00:32Ça, ça s'adresse à la base iranienne parce que bien évidemment ça impressionne absolument pas les militaires américains.
00:39Oui, c'est pas avec ça qu'ils vont lutter contre les portavions américains.
00:41Sur des gros portavions qui sont à 500 kilomètres de là, les Américains rigolent en regardant ça.
00:49Parce que c'est quelque chose qui est complètement décalé.
00:53Ça veut dire que vous n'utilisez pas les kalachnikovs produits en plus en Chine.
00:58Ça veut dire de la mauvaise qualité.
01:00Là, c'est l'ancien soviétique qui parle.
01:03Parce qu'ils nous ont volé en fait.
01:05J'avais quand même bien vu tout à l'heure.
01:06Oui, oui, c'est exactement ce qu'il voulait dire.
01:08Il y a toujours de la fierté soviétique chez Sergueï.
01:11C'est trop blanc.
01:12Et donc c'est complètement décalé.
01:14Parce qu'en plus, c'est même pas pour attaquer au niveau machiste les femmes ou les enfants.
01:20Mais dans la guerre, ce n'est pas sérieux.
01:24Ça veut dire que ça paraît avec un dégâts.
01:28Mais sauf que ça maintient une population sous tension.
01:30Non, pas toute la population.
01:32Parce que comme disait Guillaume, la population, et Olivier le confirmait,
01:36la population est contre le régime.
01:37Donc ce n'est pas la population.
01:39Cette population-là, vous n'allez pas la faire marcher avec des trucs comme ça.
01:43Donc ça, ça peut marcher sur la tranche qu'on évalue à entre 10 et 20%.
01:50Qui soutiennent réellement l'origine.
01:53Donc ces 10, 20%, même eux, ils sont fatigués.
01:57Même eux, ils commencent à douter.
01:59Même eux, ils commencent à se poser les questions.
02:02Où est-ce que cette guerre va nous mener ?
02:03Et donc c'est par rapport à cette base-là que ça sert.
02:06Guillaume ?
02:07Honnêtement, d'abord, je voudrais souligner le courage de l'instructeur militaire qui est venu.
02:11Parce que voir ce type qui n'a pas l'air très habile,
02:15avec une calache ni fort, se préparer à tirer un coup de feu sur le plateau,
02:20on pourrait le faire demain ici, mais je pense que...
02:22Non, on va éviter.
02:24La deuxième chose, c'est que le message, pour moi,
02:27c'est beaucoup un appel à la mobilisation de la population,
02:30de dire aux Iraniens, vous avez vu, on est tous d'accord,
02:33on va se battre contre les Américains.
02:34Et là, on voit bien qu'il y a quelque chose de très pervers
02:36dans cette opération menée par Trump contre l'Iran,
02:39c'est que pendant ce temps, en fait, les Iraniens ne peuvent pas se battre entre eux.
02:42Par contre, dès que cette guerre s'arrêtera,
02:44là, on arrivera à la troisième mi-temps,
02:46celle qu'a décrit Sergueï, de gardiens de la Révolution
02:49qui vont se retrouver non plus face à un ennemi extérieur,
02:51mais à leur propre population.
02:53Alors attendez, il y a une autre séquence, parce qu'elle ressemble à ça.
02:56CNN, la chaîne américaine CNN,
02:58a une équipe de journalistes sur place à Téhéran.
03:01Et ce que l'on vient de voir à la télé se passe aussi sur les places de Téhéran,
03:05où on apprend aux hommes, aux femmes, aux enfants,
03:09encore une fois, les rudiments du malignement de l'arme
03:11et les kalachnikovs.
03:12Regardez ce que ça donne.
03:16Ces rassemblements et collectes s'organisent toutes les nuits,
03:19depuis plusieurs semaines.
03:20Ce n'est pas nouveau.
03:23Mais ce qui est nouveau, c'est l'arrivée d'armes.
03:26Ces kiosques se sont installés et des militaires avec des masques
03:32montrent aux gens comme cette femme les rudiments pour utiliser une arme.
03:38Ici, je crois que c'est une AK-47.
03:43Et regardez bien, ils montrent aussi ça aux enfants.
03:49Tout cela fait partie d'une sorte de culte étatique vis-à-vis des armes,
03:53au cas où la guerre ne recommence.
03:59On est dans la guerre de propagande, la guerre médiatique,
04:02ce qui est des images aussi des passées frontières.
04:03Mais c'est vrai que là, c'est plutôt à destination de la population iranienne.
04:06On est dans le message de l'agressé.
04:10Nous sommes des agressés, c'est ce que disent,
04:11en perçant les Pazara, les guerriers de la révolution,
04:14et non plus des agresseurs.
04:15Alors, c'est intéressant de faire le parallèle avec la guerre
04:17au début de l'existence de la République islamique d'Iran,
04:22qui a été créée en 79.
04:251980-88, 8 ans de guerre avec l'Irak.
04:27Là, c'est eux qui ont été attaqués.
04:29Il fallait se défendre, évidemment, sur Khoramshar,
04:31tout le châtel arabe, les homélés du Tigre et de l'Euphrate.
04:33C'était existentiel, là aussi.
04:34Mais le régime a résisté.
04:36Ça fait un million de morts, quand même, des deux côtés.
04:38Et en même temps, là, il n'y a pas d'attaque à long terme.
04:41Donc, c'est un peu casse-gueule, j'allais dire, comme politique.
04:44Je ne pense pas que ça suffise à rameter la population.
04:47Mais c'est pour dire, on vous surveille.
04:48Et ce qui change par rapport aux années précédentes,
04:51c'est toute l'intelligence artificielle
04:53qu'ont instrumentalisé les guerriers de la révolution
04:55pour espionner tout le monde.
04:56Il y a une répression à l'instant T,
04:57comme il y a eu le 8 et 9 janvier.
04:59On vient même tuer les blessés dans les hôpitaux.
05:00Puis après, on va chez vous, 6 mois après, 12 mois après,
05:03comme il y a eu la révolte après la petite Marsa Mini,
05:06la kurde qui a été tuée.
05:08En septembre 2023, si j'ai eu mon mémoire.
05:10Et là, la répression ne s'est fait pas à l'instant T, simplement.
05:14Elle se fait après.
05:14Et donc, c'est une mise en scène pour dire,
05:16nous sommes agressés, mais nous vous surveillons quand même.
05:19C'est Orwell, au pays de l'Iran.
05:20Et ça dit aussi beaucoup de ce que les dirigeants iraniens
05:25veulent dire à leur population.
05:27Ce n'est pas une lutte que nous menons pour notre survie
05:30aux commandes de cet appareil et de cette économie.
05:32Comme vous le disiez très bien, 60% au moins de l'économie iranienne
05:37aux mains des Pazarons.
05:38Non, c'est un combat pour la survie de la nation iranienne.
05:42Il y a quand même une tentative de convertir les spasmes,
05:46on pourrait l'espérer, en tout cas,
05:47dernier spasme de survie d'un régime,
05:50en lutte nationale contre l'ennemi de toujours,
05:54les États-Unis,
05:55en revenant à ce temps initial de 79,
05:59en essayant de recréer ces conditions,
06:01qui ne sont absolument pas réunies en réalité.
06:04– L'Iran, c'est un pays de 92 millions d'habitants.
06:07Sur cette place, ce qui me rassure,
06:09vous voyez quelques dizaines de personnes,
06:11quelques centaines de personnes.
06:12Vous ne voyez pas des millions,
06:14vous ne voyez pas des centaines de milliers de personnes
06:15qui sont là dans cet élan patriotique
06:20pour défendre leur pays.
06:22Et donc, on voit que c'est quand même de la propagande.
06:26– Guillaume Ancel, juste une chose quand même,
06:29et après on parlera évidemment de l'autre carte
06:31dans la manche des Iraniens, c'est-à-dire Hormuz,
06:33parce qu'aujourd'hui, ils ont notamment mis sur pied
06:36une autorité pour gérer Hormuz.
06:38On verra à quoi ça peut servir dans une seconde.
06:40Quand même, ces images-là, cette atmosphère-là,
06:45elle dit aussi aux Iraniens, aujourd'hui,
06:48et on l'a vu ce soir avec les déclarations des Iraniens,
06:50Trump leur offre quand même régulièrement
06:53une espèce de… qui ressemble à des victoires.
06:55C'est-à-dire que ce soir, quand il recule,
06:57lui-même dit qu'il recule, puisqu'il dit
06:59« j'avais prévu des frappes, je les suspends
07:00à la demande d'autres pays, etc. »
07:02Il y a des négociations qui se passent.
07:04Les Iraniens, derrière le régime, peuvent dire
07:05« ben regardez, nous sommes forts, nous sommes forts. »
07:08– En fait, le terrain militaire ici
07:12sert à une espèce de campagne à résonance médiatique.
07:15Parce qu'en réalité, ça fait pratiquement un mois
07:17qu'on ne se bat plus dans le Golfe.
07:19Par contre, les armes, leur démonstration
07:22sert à, en réalité, pousser les négociations.
07:25On n'a quasiment aucune image des négociations.
07:27Vous avez noté, on ne voit pas ce qui se passe au Pakistan,
07:30on ne voit pas les envoyés spéciaux,
07:32ni de l'un d'ailleurs, ni de l'autre,
07:33où très rarement, ils s'expriment très très peu.
07:35Mais alors, par contre, on est sur un registre guerrier
07:38en permanence, comme si, vous savez,
07:40on nous faisait un peu la danse du ça
07:41pour nous montrer qu'on est les plus forts.
07:43La réalité, c'est qu'aucun des deux
07:45ne veut se battre, parce que les Iraniens savent
07:48qu'ils ne peuvent pas militairement
07:49s'opposer aux Américains,
07:50et les Américains savent
07:52qu'ils ne peuvent pas envahir l'Iran.
07:53Donc, ils sont, de part et d'autre,
07:56d'une espèce de fossé infranchissable.
07:58– Oui, mais pardon, Guillaume,
07:58pourquoi est-ce que, par exemple, ce week-end,
08:01il y a ces tirs contre une centrale nucléaire
08:04du côté d'Abu Dhabi,
08:06à proximité de la centrale,
08:08trois drones, il y en a deux qui sont interceptés,
08:10un qui tombe à proximité,
08:11on a des tirs contre l'Arabie saoudite de drones, etc.
08:13Pourquoi alors aller là-dedans ?
08:15– Remarquez bien que ce ne sont pas des cibles militaires.
08:18– C'est vrai.
08:19– Ce que l'Iran montre, c'est qu'à travers un proxy,
08:22typiquement, les outils au Yémen,
08:24donc ce n'est pas l'Iran qui ne revendique
08:26d'ailleurs absolument pas cette frappe,
08:27ils peuvent déclencher des attaques,
08:31au fond, des attaques à la bombe,
08:34partout dans la région,
08:35et sur des cibles à très haute valeur ajoutée,
08:37pas des cibles militaires,
08:38ils s'en foutent du bunker américain
08:41sur une base du Golfe, non.
08:42– Ah, une centrale nucléaire,
08:44hier, tout à l'heure, on en parlait,
08:45pardon, Olivier le décrivait,
08:47les plus grosses centrales électriques des pays du Golfe,
08:51les usines de désalinisation,
08:53en fait, c'est ça qu'il faut comprendre derrière ce message,
08:55c'est nous, Iraniens,
08:57nous avons les moyens de faire frapper,
08:59comme d'ailleurs, nous faisons frapper Israël tous les jours,
09:03avec une régularité de métronome, par le Hezbollah,
09:05alors que le Hezbollah suicide au Liban,
09:07et le Hezbollah est incapable de menacer Israël.
09:10Mais ce qu'il montre, c'est la capacité nuisante
09:13et de riposte des Iraniens.
09:14– Sergueï.
09:15– Et si vous regardez la carte de la frappe
09:18sur ces centrales d'hier,
09:20vous avez, ces centrales ne se trouvent pas
09:23dans un endroit qui n'a pas de son importance.
09:28Vous avez les Émirats,
09:29donc en fait c'est à l'ouest des Émirats,
09:31quasiment à la frontière avec l'Arabie Saoudite,
09:34et quasiment à la proximité du Qatar.
09:36Et qui, Trump cite aujourd'hui ?
09:38– Les trois.
09:39– Les trois pays qui l'ont persuadé de ne pas le faire.
09:42C'est justement, c'est précisément ces trois pays
09:44qui, imaginez si jamais il y a une frappe
09:47sur ces centrales réelles.
09:49Et imaginez s'il y a un accident nucléaire civil
09:53dans ces centrales.
09:54Ce sont ces trois pays qui vont être concernés directement.
09:57Et c'est précisément ces trois pays
09:59qui ont persuadé Trump aujourd'hui
10:01de renoncer à son attaque.
10:03– Regardez, priorité au direct,
10:04Donald Trump commence à parler.
10:06Alors attention, on va guetter et suivre évidemment
10:09ce que va dire Trump,
10:10qui doit prendre la parole ce soir
10:12pour parler du système de santé américain.
10:14Mais on attend de voir s'il y aura des questions
10:16ou des déclarations spontanées de Trump
10:18qui, encore une fois, l'a annoncé aujourd'hui.
10:21Il suspend les frappes qu'il avait prévues
10:24pour demain contre l'Iran.
10:25Il les suspend pour laisser une chance aux négociations,
10:29les négociations qui avancent selon lui.
10:31Suspension faite, Sergeï le disait à l'instant,
10:33sous l'insistance, c'est comme ça que c'est présenté
10:35par la Maison Blanc, sous l'insistance du Qatar,
10:37de l'Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis.
10:40On garde un œil évidemment sur ce que dit Trump ce soir
10:42et on le diffuse en direct dès qu'il prend la parole
10:46sur l'Iran.
10:47Hormuz, il faut en parler, mais comme dit Jean-Mérette,
10:49parce que l'une des manières pour les Iraniens
10:51de maintenir une pression très forte
10:53contre les Américains,
10:54mais j'allais dire contre le reste du monde,
10:56c'est évidemment Hormuz.
10:57Et alors aujourd'hui, ils ont annoncé la création
11:00de l'autorité du détroit du Golfe Persique,
11:02c'est comme ça qu'ils appellent le détroit d'Hormuz,
11:05compte officiel, lancé sur les réseaux sociaux,
11:07en disant maintenant,
11:08les bateaux qui comptent passer par le détroit,
11:12c'est vers nous que vous venez.
11:12– Oui, donc cette PGSA,
11:14c'est juste l'institutionnalisation du mécanisme
11:17qui avait déjà été mis en place par l'Iran
11:19depuis déjà la deuxième moitié d'avril.
11:23Et donc là, ce qui est important ici,
11:24c'est que pour les différents amateurs qui voudraient passer,
11:27ça permet de clarifier le modus operandi
11:30pour effectivement obtenir cette fameuse autorisation.
11:32Parce que ce qu'il faut rappeler,
11:33c'est qu'il y a eu 13 décès de marins
11:36dans l'étroit d'Hormuz depuis le début de la crise,
11:38dû au fait notamment que, tout simplement,
11:41les Iraniens ont tiré sur ces bateaux
11:42parce que les armateurs ou les capitaines
11:45n'avaient pas forcément la bonne documentation.
11:47– Ça veut dire que ça acte le contrôle iranien ?
11:49– Donc ça acte en institutionnalisant ce contrôle effectivement
11:51et ça permet aussi, en tout cas c'est ce que j'espère,
11:54sans doute le régime en ce moment iranien,
11:57de donner aux acteurs internationaux
12:00plus de crédibilité sur le fait
12:03que cette institutionnalisation va rester
12:05et donc que le passage est possible.
12:07Le problème évidemment ici,
12:09c'est que d'une part,
12:10cette institutionnalisation,
12:11elle est illégale de manière générale
12:13par rapport aux droits coutumiers et maritimes.
12:15Mais ici, ce qu'il faut bien avoir en tête,
12:17c'est que cette institutionnalisation,
12:18elle permet à l'Iran de dire la chose suivante,
12:21voilà, je mets en place un système,
12:23je donne une forme de service
12:24et en donnant une forme de service,
12:26de fait, je rentre dans une forme,
12:28non pas de légalité, attention,
12:30mais en tout cas, j'essaie de créer les conditions
12:32de possible légalité.
12:32– Mais le service c'est quoi le service que rendent les Iraniens ?
12:35De vous laisser passer le débat d'armes ?
12:36– Donc là, c'est le service de laisser,
12:39pas juste de passer,
12:40mais de passer de manière sécurisée.
12:41Donc là, l'enjeu, c'est que les Iraniens,
12:43et c'est ce qu'ils disent depuis le 13-14 avril déjà,
12:45donc ce n'est pas nouveau, là, c'est juste,
12:47encore une fois, j'insiste, institutionnalisé.
12:49Ça consiste à dire, voilà, on va,
12:51quand on a reçu votre documentation
12:52et qu'on vous a donné votre permis,
12:53on va vous donner une route
12:54par laquelle vous allez scrupuleusement devoir passer,
12:57parce que c'est cette route-là
12:58qui est vraiment la route sécurisée,
12:59sur laquelle il n'y a pas de mine,
13:01il n'y a pas de problématique de sécurité,
13:03on vous garantit que vous allez pouvoir passer.
13:05En tout cas, le détroit d'Hormuz lui-même.
13:07Ce que, évidemment, le PGSA,
13:09donc cette nouvelle autorité ne garantit pas,
13:11c'est le passage derrière du blocus états-unien.
13:13– Oui, après, effectivement, le blocus américain.
13:14– Alors, j'allais poser la question à Miku,
13:17et quid du blocus américain ?
13:19Comment ces navires, on sait que ces derniers jours,
13:21il y a eu plus de trafic ?
13:22Alors, on n'est pas au niveau d'un trafic normal
13:23à 120 navires par jour,
13:25mais il y a des dizaines de bateaux qui se sont passés.
13:27Ça veut dire quoi de l'attitude des Américains ?
13:29– Alors, le sujet ici, il est complètement décorrélé.
13:32Ce que les Iraniens essayent de faire, là,
13:34c'est de gérer le détroit d'Hormuz,
13:36et après, quelque part, ce qui se passe
13:37après le détroit d'Hormuz, ça ne les concerne plus.
13:40C'est-à-dire, si vous êtes dans la grappe de bateaux
13:41qui est au large de Fujairah, donc côté émirien,
13:44ou au large de Sorhar, côté Omanet,
13:47fondamentalement, ça vous regarde ensuite.
13:49Quelque part, il y a une forme de double négociation
13:51qui est là, instrumentalisée et institutionnalisée,
13:55en disant, nous, on garantit que le passage
13:58du détroit d'Hormuz, pour le reste,
14:00en fait, vous allez voir que les Américains,
14:01et du coup, la pression est mise sur les États-Unis
14:04en disant, ben voilà, est-ce que vous allez vraiment
14:06bloquer les navires qui vont passer ou pas ?
14:08De fait, nous, on leur a donné une forme d'autorisation
14:11en aussi, en contrôlant ce qu'il y avait
14:13dans la marchandise, etc.,
14:14parce que les navires vont donner
14:15la documentation Q88, etc.
14:18Bref, c'est-à-dire, les navires vont pouvoir dire
14:20exactement ce qu'il y a aussi dans les cargaisons.
14:21La documentation Q88, je n'avais pas vu venir,
14:23la documentation Q88.
14:25Oui, la documentation Q88, en fait,
14:27c'est un formulaire, le formulaire 88, tout simplement,
14:30qui est un formulaire dans lequel les bateaux disent,
14:32et notamment les tanqueurs,
14:33qu'est-ce qu'il y a comme marchandise,
14:34d'où elle vient,
14:35est-ce qu'ils répondent aux normes de sécurité ?
14:37Est-ce qu'ils ont été certifiés ?
14:38Ou est-ce qu'ils ont ?
14:39Et, en fait, il y a tout le parcours, bien sûr, du délire.
14:41Olivier Weber.
14:42Alors, la privatisation du détroit d'Hormuz
14:45et la privatisation payante,
14:46les derniers y réfléchissent depuis 2006.
14:49Et ça remonte même, justement,
14:51à la guerre Iran-Irak, 80-88,
14:53quand il y a eu la guerre des tanqueurs,
14:5482, 83, 84,
14:56la petite marine moustique,
14:57vous savez, les petits zodiaques,
14:58on dit zodiaque en perso maintenant,
15:00que c'est une copie des embarcations rapides françaises,
15:02mais pas que.
15:02Il y a les tondas,
15:04il y a plein de petites vedettes rapides
15:05qui attaquaient les tanqueurs.
15:06Ça fait monter les prix,
15:07la Loïs et les assureurs ont arrêté, etc.
15:09Donc, privatiser le détroit d'Hormuz,
15:11c'est à l'heure du jour.
15:12D'autant plus que les aériens sont en bisbille
15:14avec le détroit d'Omane,
15:15pour dire,
15:15ben, c'est pas votre détroit,
15:17le mi-temps, on va dire,
15:18du détroit, c'est à nous, etc.
15:20Et, évidemment,
15:21c'est contraire au droit coutumier international,
15:23c'est contraire aussi
15:24à ce qui s'est passé avec la TNUSEM,
15:27la fameuse Conférence des Nations Unies
15:28sur le droit de la mer à Montégoubeil en 82,
15:30que l'Iran n'a pas ratifié,
15:31mais il fallait respecter l'esprit,
15:32quand même,
15:32de ce droit maritime.
15:34Après,
15:34on parlait du football tout à l'heure,
15:36les équipes qui arrivent en Taïa,
15:38l'équipe, pardon,
15:39est passée par un des deux postes frontières,
15:41soit Bazargan,
15:41que je connais bien,
15:42soit Gazis,
15:42en montagne, etc.
15:43C'est entre l'Iran et la TNUS.
15:45Donc, c'est pas le cas
15:45de tous les postes frontières.
15:46Sur l'Afghanistan,
15:47c'est pas le cas,
15:48sur le Turkmenistan non plus.
15:49Il y a un véritable raquette
15:50sur les camions turcs
15:52qui rentrent et qui sortent.
15:54Et ce que s'est dit le régime,
15:56ça va faire pareil
15:57avec le détroit d'Hormuz.
15:58Après,
15:58la Chine est un peu
15:59en chaîne de garde derrière
16:00et n'a pas intérêt
16:01à ce qu'il y a
16:02un raquette,
16:02évidemment,
16:03internationale.
16:03Pourquoi ?
16:04Parce que même si
16:05ces tankers,
16:06ces bateaux,
16:06pour la Chine,
16:07sont exemptés de tarifs,
16:09il y a toute l'inflation
16:09qui va surgir,
16:10non seulement sur le pétrole,
16:11mais sur les engrais.
16:12C'est un tiers
16:13des engrais mondiaux
16:14qui passent par le détroit d'Hormuz.
16:15Et là,
16:15évidemment,
16:16ça ne fait pas les affaires
16:17des commis chinoises.
16:18Sauf que plus on l'avance,
16:19plus ça acte,
16:20ça crante quelque chose
16:21et les Iraniens disent
16:22bon,
16:22nous,
16:22on contrôle ça
16:23et puis ils ont une nouvelle idée,
16:24Elsa Vidal.
16:25C'est-à-dire,
16:25puisqu'on contrôle le passage des bateaux
16:27et qu'on va faire payer
16:28le passage des bateaux
16:29parce que cette autorité,
16:29elle va servir à ça aussi,
16:30à faire payer le droit de payage.
16:31C'est ça.
16:32Les Iraniens commencent à dire
16:33peut-être faire payer aussi
16:34les câbles sous-marins
16:35qui passent,
16:35la fibre optique qui passe par là.
16:37Peut-être qu'on peut faire passer
16:38et aussi faire payer
16:39les données qui passent.
16:41Exactement.
16:41Et c'est une menace
16:42qu'ils avaient évoquée
16:43il y a déjà quelques semaines.
16:44Elle est revenue
16:44sur le devant de la Seine
16:46ces dernières 24 heures.
16:48Et ça revient à privatiser
16:50toutes les ressources
16:51qu'il y a dans le fond sous-marin
16:53et dans la mer.
16:55Alors,
16:55il me semble que c'était Khamenei
16:56qui avait dit
16:56que le détroit d'Hormuz
16:57était un don de Dieu.
16:59En effet,
16:59ça tend à se vérifier
17:00en période de guerre.
17:02Et il y a,
17:03on l'estime,
17:04de 17 à 30 %
17:05des communications
17:06entre l'Europe et l'Asie
17:07qui passent par les câbles
17:09qui sont dans le détroit d'Hormuz.
17:11Donc,
17:11effectivement,
17:12c'est une menace
17:13comme nous pourrions en connaître.
17:15Ça peut déstabiliser
17:16des infrastructures civiles,
17:17ça peut déstabiliser durablement
17:19des administrations,
17:20des hôpitaux
17:21et puis les comptes
17:22les plus simples
17:23des usagers quotidiens
17:24de l'Internet.
17:24Guillaume,
17:25ensuite,
17:25Mico,
17:25Guillaume.
17:25C'est très déstabilisant
17:27effectivement
17:28pour l'ensemble
17:29des sociétés
17:30parce qu'à ce moment-là,
17:31l'Iran peut aussi
17:33décider de faire payer
17:34pour l'eau qui passe
17:35dans le détroit.
17:36Il n'y a aucune limite
17:37à leur manière de dire
17:38finalement,
17:38c'est à nous,
17:39on a privatisé
17:39le détroit d'Hormuz.
17:41Mais en réalité,
17:42c'est un argument
17:43très important pour eux
17:44pour obtenir
17:45le premier point
17:46qu'ils négocient.
17:47C'est le dégel
17:48de leurs avoirs financiers.
17:49C'est ça le plus important
17:51pour les gardiens
17:51de la révolution
17:52parce que juste,
17:52ils n'ont plus un rond
17:53et par conséquent,
17:55ils sont vraiment gênés
17:56y compris pour des choses
17:57hyper simples.
17:58Il faut absolument
17:59qu'ils arrivent
17:59à récupérer
18:01une partie
18:01de ces avoirs financiers.
18:02C'est le gel
18:03de ces avoirs
18:04qui a probablement
18:05le plus bloqué
18:06le gouvernement actuel.
18:08Par contre,
18:09ici,
18:09sur les câbles sous-marins,
18:10il faut apporter
18:10un bémol concret.
18:11C'est-à-dire qu'il y a
18:12trois grands câbles sous-marins,
18:14entre autres,
18:14qui passent par le détroit d'Hormuz.
18:16Il y a le AE1,
18:17il y a le Falcon,
18:18il y a le Golf Bridge.
18:19Donc,
18:20c'est les trois principaux.
18:21Beaucoup moins
18:21qu'en mer rouge, oui.
18:22Mais effectivement,
18:22l'enjeu,
18:23c'est que la plupart
18:24de ces câbles-là
18:25ont des atterrages,
18:26c'est-à-dire des moments
18:27où ces câbles
18:28touchent la Terre,
18:29qui sont en fait
18:29en amont du détroit d'Hormuz.
18:31C'est-à-dire
18:31qu'ils vont toucher
18:32la Terre à Omal,
18:33qu'ils vont toucher
18:33la Terre à Fujaira,
18:34donc aux Émirats réunis
18:35côté avant Hormuz.
18:37Et de fait,
18:38l'enjeu ici,
18:39sur la question
18:39des câbles sous-marins,
18:40il se situe plutôt
18:41en mer rouge
18:42et sur le détroit
18:43de Bab-el-Mandeb,
18:44où là,
18:44vous avez effectivement
18:45les principaux câbles
18:46sous-marins intercontinentaux
18:48qui relient,
18:49par exemple,
18:49le sous-continent indien
18:50ou l'Asie
18:51jusqu'à l'Europe,
18:52qui passent
18:53plutôt que par
18:53le détroit d'Hormuz.
18:53Mais qui sont en atteinte
18:54pour le moment.
18:55Exactement,
18:56parce que l'enjeu ici
18:56qu'il faut bien rappeler,
18:57c'est que sur ces câbles
18:58sous-marins,
18:59le détroit d'Hormuz,
19:00certes, évidemment,
19:01c'est un endroit
19:02qui est particulièrement
19:03prisé pour plein de raisons,
19:04mais parce qu'il y a
19:05une redondance
19:05avec des câbles à terre
19:07et parce qu'il y a
19:07ces atterrages
19:08en amont du détroit d'Hormuz,
19:10en fait,
19:10le vrai enjeu ici,
19:11il est surtout
19:12sur Bab-el-Mandeb
19:13et la mer rouge.
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