- il y a 9 heures
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00J'accueille en plateau Didier François. Bonjour Didier, un petit problème de téléphone portable je crois.
00:04J'avais mis la soirée pour être sûr de ne pas rater le truc.
00:08Ah c'était l'alarme ?
00:08Vous êtes pile à l'heure. Bonsoir Didier François.
00:12On est avec Kian Abidian. Vous êtes cofondateur de l'association We Are Iranian Students.
00:17Merci beaucoup à vous d'avoir accepté notre invitation.
00:21Ulysse Gosset, bonsoir Ulysse.
00:23Bonsoir Ulysse.
00:23Et on est également avec le général Jean-Claude Allard, spécialiste des questions de défense à l'IRIS.
00:27Bonsoir et bienvenue à vous.
00:29On va donc revenir sur ces discussions en préparation entre l'Iran et Washington sur le dossier nucléaire.
00:36Après avoir fait monter la tension, il fait planer Donald Trump la menace d'une intervention militaire.
00:42Mais il affirme là depuis quelques heures qu'un accord est possible.
00:46Est-ce que vous y croyez vous Didier François ?
00:47Alors honnêtement, ce que j'en pense n'a peu d'importance.
00:52J'ai du mal à y croire pour deux raisons.
00:53Parce que normalement, si on s'en tient aux déclarations et aux objectifs, Donald Trump exige le désarmement total nucléaire iranien, ce que les Iraniens ne sont pas prêts à faire.
01:05Ils ne sont pas prêts à donner plus que ce qu'il y avait lors de l'accord signé en 2015 à Vienne et que Trump avait déchiré.
01:16Sur la question du missile balistique, ils ne sont pas non plus d'accord à ce stade, en tout cas pour ce qu'ils disent.
01:20Et sur la question de la stabilité régionale non plus.
01:23Donc à moins qu'il y ait une capitulation soudaine et brutale, ce qui n'est pas le cas depuis 40 ans, de la position des Mola.
01:29Des Iraniens ?
01:30Voilà. Après, honnêtement, peut-être que oui.
01:33Et si Trump décide que finalement il ne veut pas y aller, c'est le président des États-Unis.
01:37C'est lui qui doit donner l'ordre.
01:38Mais il serait dans une situation qui serait, dès lors, un peu celle de Barack Obama, en 2013 en Syrie, qui avait mis une ligne rouge et qui n'était pas allé.
01:48Donc j'espère me tromper.
01:49Je vois mal comment, à ce stade des positions de chacun, on ne soit pas toujours en ligne de collision.
01:55Mais bon, après, on verra bien ce que ça va donner vendredi.
01:58Et peut-être qu'effectivement, ni l'un ni l'autre ne voulant y aller, ils peuvent trouver un accord.
02:03Alors, vendredi, où une rencontre est prévue à Istanbul, visiblement, entre les Américains et les Iraniens.
02:09Vous êtes aussi pessimiste que Didier Ulysse ?
02:12Moi, je suis réaliste.
02:13Et j'ai toujours dit que s'il y avait une fenêtre de négociation, il fallait absolument essayer de l'ouvrir au maximum pour voir s'il y a un accord possible
02:22et éviter une confrontation militaire qui serait à haut risque, aux conséquences imprévisibles,
02:27et dont Donald Trump lui-même ne sait même pas s'il va pouvoir la réussir aussi facilement que l'opération au Venezuela.
02:35Ce qui est important aujourd'hui, quand on regarde ce qui se passe, c'est que l'armada américaine continue à se renforcer.
02:41C'est qu'effectivement, des négociations vont s'ouvrir à un niveau très important,
02:46puisque c'est le conseiller spécial et, je dirais, le médiateur favori de Donald Trump, Steve Witkoff,
02:53qui négocie avec Poutine sur l'Ukraine, qui va donc négocier vendredi avec le ministre des Affaires étrangères iranien,
03:00avec, en deuxième ligne, le président iranien.
03:03Donc, c'est du sérieux.
03:05Et d'ailleurs, Trump l'a dit depuis 48 heures.
03:07Les Iraniens veulent négocier sérieusement.
03:10Je reprends ces mots.
03:11Maintenant, est-ce que ça peut marcher ?
03:13On voit bien que le régime de Téhéran est très affaibli.
03:17On voit bien que la menace du gros coup de bâton américain peut les inquiéter.
03:21Et donc, en théorie, ils auraient intérêt à lâcher quelques concessions.
03:26Mais il faut que ces concessions soient, là aussi, sérieuses et même majeures,
03:30pour que ça soit un engagement réel.
03:32Et non pas, si vous voulez, comme depuis 2015, un accord sur le nucléaire dont tout le monde doutait de son efficacité.
03:41L'idée, ce serait pas d'armes nucléaires.
03:43C'est le message aux Iraniens.
03:44Et en contrepartie, on lève les sanctions.
03:46La concession majeure, c'est est-ce que l'Iran peut renoncer à enrichir son uranium ?
03:50Est-ce qu'il pourrait confier cet enrichissement à la Russie ou pas ?
03:54Et puis, il y a la question de l'hémicide balistique.
03:55Et puis, pensons aussi à tous les opposants emprisonnés qu'il faut libérer,
03:59si on veut être sérieusement dans une perspective de négociation.
04:03Et ça pourrait faire partie, donc, de cet accord éventuel.
04:06Nicolas Pancaré, vous êtes à Doha, au Qatar.
04:08Le Qatar qui propose donc de jouer les intermédiaires, c'est ça, entre les États-Unis et les Iraniens ?
04:13Le Qatar a effectivement proposé de jouer les bons offices entre les Iraniens et les Américains,
04:19principalement pour deux raisons.
04:20La première, c'est qu'on est ici, en première ligne, à Doha.
04:23On est à 200 kilomètres seulement des côtes iraniennes.
04:27Et surtout, Doha abrite une grande base militaire américaine, la plus grande de la région,
04:33qui avait été prise pour cible par les Iraniens en juin dernier,
04:37après les bombardements américains sur les sites nucléaires en Iran.
04:41Et de nouveau, les Iraniens n'avaient pas caché que si jamais les Américains les attaquaient,
04:46eh bien, cette base américaine à Doha serait la première cible de représailles.
04:51Il y avait donc un danger ici et donc la volonté d'essayer de jouer les bons offices.
04:56La deuxième raison, elle est plus traditionnelle, c'est que le Qatar a toujours eu une grande diplomatie.
05:03C'est un tout petit pays qui se sent en danger face à son grand voisin, l'Arabie saoudite,
05:08qui n'a jamais caché vouloir un jour éventuellement l'annexer.
05:12Et les Qataris considèrent que leur assurance-vie, eh bien, c'est l'influence.
05:17C'est de jouer les intermédiaires, d'exister sur la scène diplomatique mondiale.
05:21Et c'est pour ça que, eh bien, le Qatar a toujours été le seul pays qui parlait à la fois au Hamas et à Israël,
05:27à la fois aux talibans et aux Etats-Unis,
05:30et qui se propose aujourd'hui encore donc d'être un intermédiaire entre l'Iran et les Etats-Unis.
05:34– Merci beaucoup Nicolas Poincaré avec Jérémy Muller à la caméra.
05:38Cana Bibian, vous êtes cofondateur de l'association, je le disais, We are Iranian Students.
05:41Vous êtes né en France, mais vos deux parents sont iraniens.
05:44Qu'est-ce que vous attendez, vous, de cette rencontre vendredi ?
05:47Est-ce que vous espérez qu'il y ait un accord sur cette question du nucléaire ?
05:51– Alors, pour être assez clair, il est hors de question que le moindre accord soit signé,
05:56sans que la population civile iranienne soit prise en considération.
06:00Depuis plusieurs jours, j'écoute un peu tous les plateaux, sur toutes les chaînes.
06:02Il semblerait que tout le monde se soit mis d'accord sur le fait
06:05qu'on ait passé à l'ordre de la négociation, qu'on va trouver un accord sur le nucléaire
06:09et on va oublier les 36 000 personnes qui ont été tuées au milieu.
06:13Pour rappel, lorsqu'on parle de 36 000 personnes qui ont été tuées en deux jours,
06:16c'est 20 fois le 7 octobre, c'est des chiffres qui n'ont même pas été vus
06:19pendant la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans entre deux armées régulières.
06:23Et là, on se retrouve donc dans des négociations.
06:24– Ce sont des chiffres qu'annoncent plusieurs organisations.
06:27Vous avez l'impression qu'avec ces discussions qui sont en cours visiblement
06:31entre les États-Unis et l'Iran, qu'on oublie complètement le sort des manifestants iraniens.
06:37– Exactement, non seulement on les oublie, mais il faut également rappeler
06:40que c'est également le président Trump qui avait appelé les Iraniens à sortir dans la rue
06:44parce que l'aide arrivait.
06:46Maintenant, ce que je souhaiterais faire, c'est rappeler peut-être le degré de cruauté
06:49qu'il faudrait avoir.
06:50– Mais pas seulement M. Trump, la communauté internationale,
06:53qui dit à multiples reprises soutenir la population iranienne
06:56et qu'il abandonne au moment où il faut leur apporter de l'aide.
07:00Quelle cruauté est-ce qu'il faut avoir pour dire à des millions de personnes
07:03qui espèrent depuis 47 ans se libérer d'un gouvernement terroriste, islamiste,
07:07qui n'hésite, comme on a pu le voir, qui n'hésite surtout pas
07:10à utiliser toutes les armes de guerre à sa disposition pour réprimer sa population,
07:14de leur dire sortez, l'aide arrive, et puis on les abandonne.
07:17– Et finalement de rien faire.
07:17– Et puis on les abandonne et en fait, ils ne sont même plus dans la discussion aujourd'hui.
07:21– Donc finalement, vous vous aimeriez qu'il n'y ait pas d'accord
07:24et que derrière, Donald Trump décide d'intervenir ?
07:26– Il n'y a pas d'accord possible, tout simplement parce que
07:28la République islamique d'Iran n'est pas un gouvernement légitime.
07:31Il ne représente pas la population iranienne.
07:34Vous savez, globalement en Iran, il y a eu de nombreux pays au cours de l'histoire,
07:37de nombreuses entités qui ont essayé de prendre le contrôle de l'Iran.
07:40Ce que je peux vous affirmer, c'est que tous sont partis et l'Iran est resté.
07:43Donc la République islamique d'Iran finira par tomber.
07:45– Général Jean-Claude Allard, comment vous sentez-vous les choses ?
07:48Est-ce que vous pensez que les États-Unis ont réellement envie de frapper
07:51et d'intervenir militairement ?
07:53L'idée là, c'est quoi ?
07:55C'est si vendredi, il n'y a pas d'accord, les États-Unis iront ?
07:58– Alors, depuis 15 jours, on s'attend et on espère une frappe américaine.
08:06On a vu arriver un groupe aéronaval sur place et se renforcer.
08:12Mon analyse militaire est la suivante, c'est que ce temps donné aux négociations
08:18est un temps qui permet aux États-Unis de renforcer encore leur présence.
08:23Car enfin, ils disposent d'un porte-avions qui peut avoir des ennuis
08:28pour mettre en l'air ces avions.
08:31Certes, ils ont beaucoup de tomahocs, mais il leur faut renforcer,
08:35renforcer la défense d'Israël, renforcer la défense des différents pays,
08:40Koweït, Qatar, Émirats…
08:43– Mais donc dans le but d'intervenir, les Américains ont envie d'y aller ?
08:46– Mais si on veut avoir la pression et si on veut être prêt à y aller,
08:51il faut avoir fait ça au préalable, ça prend du temps.
08:54Et ensuite, il faut avoir planifié l'opération.
08:57Donc, aller sur la zone comme ça aujourd'hui, demain,
09:03parce qu'on estime qu'il y a urgence pour faire telle ou telle chose,
09:07c'est pas nécessairement une bonne affaire.
09:09Une opération comme ça, c'est d'une difficulté extrême à planifier
09:13face à un pays qui a des ressources de défense quand même encore
09:19et puis qui a des capacités de nuisance, notamment dans le Golfe.
09:23– Mais donc c'est intéressant ce que vous dites.
09:24Vous vous dites, ces discussions qui sont en cours,
09:28en fait, c'est juste une couverture.
09:30Derrière, les Américains veulent intervenir,
09:31ils sont juste en train de gagner du temps
09:32pour pouvoir rassembler les forces pour intervenir.
09:34– Oui, attention, moi je donne mon avis militaire là-dessus,
09:37mais après, il y a la décision politique.
09:39Et on a bien vu que le président Trump, au début,
09:42il voulait à tout prix attaquer l'Iran,
09:45c'est-à-dire faire en fait ce qu'on s'attend,
09:47voire retomber le gouvernement, puis on le voit reculer.
09:50Alors, est-ce que c'est une stratégie pour essayer de gagner quelque chose
09:55ou pour gagner du temps ?
09:57Ou est-ce que c'est le fond de sa pensée ?
10:00C'est possible que ce soit le fond de sa pensée
10:01puisque c'est un homme qui dit, moi je ne veux pas de guerre
10:05parce qu'il sait que ça va être un bourbier.
10:07– Alors, vous savez quoi, on va aller tout de suite retrouver
10:08notre journaliste Igor Saïry qui est à Tel Aviv en Israël.
10:12Bonsoir Igor.
10:13Les Israéliens poussent pour une intervention militaire des Américains, c'est ça ?
10:18– En tout cas, je vais rejoindre vos invités,
10:23pas pour les mêmes raisons, mais effectivement,
10:25Israël ne veut surtout pas d'un accord,
10:27ne veut surtout pas de diplomatie avec l'Iran,
10:30car on le rappelle, le régime des Mollahs est le pire ennemi d'Israël
10:35et les Israéliens ne peuvent pas être sous la menace éternelle,
10:39si j'ose dire, de milliers de tirs de missiles balistiques,
10:43missiles balistiques, on le rappelle,
10:45qui effectuent un voyage de 12 minutes seulement
10:48entre le territoire iranien et le territoire israélien
10:51pour atterrir en Israël.
10:54Et pour cela, les Israéliens ont besoin de leurs alliés américains,
10:58notamment pour leur assurer des systèmes de défense dignes de ce nom,
11:01c'est-à-dire les systèmes de défense patriote
11:03et les systèmes de défense TAD,
11:06qui ont été décisifs il y a 7 mois,
11:08lors de la guerre de 12 jours entre Israël et l'Iran,
11:12pour limiter les dégâts.
11:13On rappelle quand même que 5 missiles balistiques
11:15avaient quand même réussi à atterrir sur le territoire israélien,
11:18notamment sur des zones civiles,
11:20faisant 32 morts et plusieurs dizaines de blessés,
11:22ainsi qu'il y a beaucoup de dégâts matériels.
11:24Voilà ce que Benyamin Netanyahou
11:26et le chef d'état-major de l'armée israélienne
11:28vont dire demain à Steve Whitcoff,
11:30l'envoyé spécial de Donald Trump,
11:31qui doit arriver en Israël et à Jérusalem,
11:34pour discuter de cela,
11:35pour discuter de cette réunion à Ankara,
11:37et pour mettre la pression sur les États-Unis,
11:39pour qu'effectivement il y ait des frappes en Iran,
11:42et mettre à genoux définitivement ce régime des mollats.
11:46Merci beaucoup Igor, avec Julie Roseur.
11:48Effectivement, les services secrets israéliens
11:50ont les mollats dans le viseur,
11:51Didier François.
11:53C'est clairement leur cible,
11:56et d'ailleurs, quand on regarde,
11:59ils se font très discrets,
12:00les mollats en ce moment.
12:02La dernière apparition, c'est ce que je disais,
12:04la dernière apparition du guide suprême
12:06à l'Iramenei remonte au 17 janvier dernier.
12:09Depuis, on ne sait pas très très bien où il est.
12:11Il sait qu'il est une cible
12:12et qu'il est potentiellement visé
12:13par les services secrets israéliens et américains.
12:15D'abord, il faut quand même rappeler
12:17que l'Iran est une menace stratégique pour Israël.
12:20Nous, c'est une menace périphérique,
12:22c'est tout ce qu'on veut,
12:22mais pour Israël, c'est stratégique.
12:24C'est eux qui étaient quand même
12:25les coordonnateurs de l'ensemble
12:27de ce qu'ils ont appelé eux-mêmes
12:28l'axe de la résistance,
12:31qui était en fait l'armement
12:32de groupes armés terroristes,
12:35le Hamas au Gaza,
12:36le Hezbollah au Liban,
12:38les Houthis au Yémen,
12:40et nos amis des groupes
12:42de résistance populaire en Irak.
12:44Donc, vous voyez bien que, en fait,
12:46sur l'échiquier,
12:47il y avait tous ces pions-là,
12:48et le roi, ça restait l'Iran.
12:51Donc, après les attaques du 7 octobre,
12:56les Israéliens ont quand même
12:57très sérieusement entamé
12:59les capacités militaires
13:01et du Hezbollah au Liban
13:04et du Hamas à Gaza,
13:07sans d'ailleurs que l'Iran
13:08ne vienne vraiment les aider.
13:10Donc, aujourd'hui, effectivement,
13:11taper le gouvernement,
13:14le régime iranien aujourd'hui
13:15est un objectif important,
13:18voire même vital pour Israël.
13:20Ils ont des capacités fortes
13:21qu'ils ont montrées,
13:22entre autres l'assassinat
13:23de Ismail Hanyeh,
13:25le patron, c'était en juillet 2024,
13:28c'était le patron du Hamas,
13:29qui venait en visite officielle
13:32pour la mise en...
13:35C'était le jour de l'inauguration
13:38de la prise de fonction
13:40du président iranien.
13:42Il était dans une maison
13:44de VIP ultra sécurisé
13:47à Téhéran,
13:48des gardiens de la révolution.
13:49Et malgré tout,
13:50il a été visé.
13:51Et c'était, honnêtement,
13:52c'était une opération
13:53de renseignement
13:53de très très haut niveau
13:55en termes de capacité
13:57de pénétration,
13:58de renseignement actionnable
14:00avec un timing
14:02absolument incroyable.
14:03après les opérations
14:04qui avaient eu lieu au Liban.
14:06Donc, aujourd'hui,
14:08le régime des Mola
14:08et particulièrement
14:09l'espace d'Aran
14:09savent qu'ils sont pénétrés.
14:11Ils sont terriblement pénétrés.
14:12À quel point sont-ils pénétrés
14:13par les services secrets américains
14:15et israéliens ?
14:16Alors, la pénétration
14:17est très importante.
14:18Ce qu'on vient...
14:19Hanyeh, honnêtement,
14:21c'est un petit truc
14:22qui trôte dans la tête
14:23aujourd'hui
14:23de chacun des dirigeants.
14:25Pour arriver à ce niveau
14:25de pénétration
14:27d'un système
14:28aussi paranoïaque
14:29et aussi serré,
14:31c'est très fort.
14:32Deuxièmement,
14:33le guide,
14:33il n'est pas plus bête
14:33que les autres.
14:34Il sait parfaitement
14:35que ses passes d'Aran
14:36sont extrêmement corrompues
14:38aujourd'hui
14:38puisqu'ils sont...
14:40C'est certes
14:40l'armée idéologique du régime,
14:41mais c'est quand même
14:42ceux qui, aujourd'hui,
14:43détiennent plus de 60%
14:44des capacités économiques.
14:45Ils sont corrompus
14:46jusqu'à la moelle.
14:47Un pays corrompu
14:47est un pays pénétrable.
14:49Et les opérations
14:50menées,
14:51et pas que par les Israéliens,
14:52mais par tous les services
14:54de renseignement occidentaux,
14:55se basent aussi
14:55beaucoup là-dessus.
14:56Le fait qu'aujourd'hui,
14:58la capacité de dire
14:59attention,
15:00si vous suivez un régime
15:01alors qu'il est
15:02terriblement visé,
15:03c'est la fin de tout.
15:05Ce n'est pas seulement
15:06la fin
15:06de vos
15:08avantages économiques,
15:12mais c'est aussi
15:13potentiellement
15:14être sur la liste
15:15des personnes ciblées.
15:16Et ça,
15:16ça sera une démonstration
15:17qui devrait être faite
15:18par du travail
15:19de ciblage, etc.
15:20Donc, je pense que tout ça
15:21est très travaillé
15:23depuis longtemps.
15:23Après, évidemment,
15:24c'est des choses
15:25qui sont compliquées à faire,
15:25mais il faut à chaque fois
15:27rafraîchir
15:28pour avoir un rationnement
15:29dit actionnable.
15:30C'est-à-dire la capacité
15:31de savoir où,
15:31à quel moment
15:32et avec quels moyens.
15:34Mais d'où la discrétion
15:35dont Ulysse Gosset
15:36des dirigeants iraniens
15:38qu'on voit très peu
15:39en ce moment.
15:39Il y a une paranoïa
15:40à juste titre
15:41des Mollahs
15:43en ce moment en Iran.
15:44Oui, cela dit,
15:46le guide suprême,
15:47l'Ayatollah Khamenei,
15:48est intervenu
15:49dimanche matin
15:51pour dire
15:53si la guerre éclate,
15:54ce ne sera pas
15:54une simple guerre
15:55entre l'Iran et les États-Unis,
15:56ce sera
15:57une guerre régionale.
15:58C'est une façon de dire
15:59à tous les voisins
16:00de l'Iran,
16:01vous serez vous aussi
16:02dans la tourmente.
16:03Et puis son président,
16:05enfin le président iranien
16:06lui-même
16:06est également intervenu.
16:07Et puis le président
16:08du Parlement
16:08a dit clairement
16:09dans un message
16:11adressé aux Européens
16:12pendant le week-end,
16:12il leur a dit,
16:13alors qu'il était vêtu
16:14d'un uniforme
16:15des Pazarans,
16:16donc c'est un guerrier
16:17qui se parlait
16:18plus qu'un président
16:19du Parlement,
16:20il a dit aux Européens
16:21vos armées sont désormais
16:22considérées par l'Iran
16:23comme terroristes
16:24puisque vous,
16:25nous qualifiez vous,
16:26les Européens,
16:27les gardiens de la révolution,
16:28d'organisation terroriste.
16:29Voilà.
16:29Donc les Iraniens,
16:31ils ont quand même
16:33une rhétorique
16:35qui est habituelle,
16:36mais très belliqueuse
16:38et qui démontre
16:39que le régime
16:39ne veut pas céder.
16:41Le guide suprême
16:42a quand même
16:43fait une apparition
16:44qui est certes
16:45quasi secrète,
16:46mais qui est apparue
16:47à la télévision
16:48lorsqu'elle a eu lieu,
16:48après qu'elle ait eu lieu,
16:50lorsqu'il s'est rendu
16:50au mausolée
16:51de l'Ayatollah Khomeini,
16:53celui qui a
16:54donc déclenché
16:55la révolution en 1979
16:56en revenant de France
16:57et il s'est incliné
16:59devant son cercueil
17:01pour bien dire
17:02qu'il était toujours
17:03au pouvoir
17:03et que la légitimité,
17:05il la détient
17:06du père de la révolution.
17:08Donc si vous voulez,
17:08ce n'est pas
17:08véritablement une discrétion,
17:10c'est au contraire
17:11la réaffirmation
17:12de la volonté
17:13de faire face
17:14aux Etats-Unis.
17:15L'autre aspect
17:16qui me semble très intéressant
17:19au-delà du militaire,
17:21c'est ce qui se passe
17:22aux Etats-Unis.
17:24On a beaucoup entendu
17:25parler de l'héritier potentiel,
17:28Reza Palavi,
17:28qui est le fils du chat
17:29et c'est vrai
17:30que c'est la seule figure
17:32de l'opposition
17:32qui émerge
17:33alors que toutes les autres
17:34sont quasiment inconnues
17:35et parfois se déchirent
17:38entre les différents mouvements.
17:39Mais aux Etats-Unis même,
17:41on hésite
17:42car on n'a pas vraiment
17:43la solution de remplacement.
17:44Et on ne sait pas
17:45si Reza Palavi
17:46peut-être l'homme
17:47sur lequel on peut s'appuyer.
17:48Et une dernière chose,
17:50Julie,
17:50c'est que les Américains
17:51eux-mêmes
17:51sont dévisés.
17:53Un Américain sur deux
17:55est contre
17:55l'intervention militaire.
17:57Et ça,
17:57ça peut jouer également
17:58dans la volonté
17:59ou non d'intervenir
18:00de Donald Trump.
18:01Ken Abibian,
18:02comment vous voyez la suite ?
18:03Si réellement
18:04Donald Trump
18:05et son armée
18:06visent le guide suprême,
18:09qui serait le plus à même
18:10de sauver
18:11le peuple iranien
18:12derrière ?
18:14Alors,
18:14éliminer Ali Khamenei,
18:15ce n'est pas
18:16le seul objectif
18:17de cette potentielle opération.
18:20Pour rappel,
18:21et comme vous le disiez
18:22très justement,
18:22la République islamique,
18:24c'est tout un système.
18:24C'est les gardiens
18:25de la révolution
18:25qui contrôlent
18:2660 à 70%
18:28de l'économie iranienne.
18:30C'est des institutions
18:30qui ont été créées
18:31dans les 31 provinces
18:32du pays
18:32pour prendre le contrôle total.
18:34Et donc,
18:35en fait,
18:35juste éliminer celui
18:36qui est à la tête,
18:37ça ne change pas grand-chose.
18:38On voit justement
18:39derrière vous
18:39les quelques
18:40fous furieux,
18:41si vous pouvez me permettre
18:42l'expression qui se met
18:44en tenue militaire
18:44et qui menace
18:45la moitié de la planète,
18:46ces gens-là sont toujours
18:47capables de nuire.
18:48Donc,
18:48qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
18:49Pour pouvoir venir en aide
18:52à la société civile iranienne,
18:53tout d'abord,
18:54il faut leur garantir
18:54l'accès à Internet.
18:56La société civile iranienne,
18:57c'est 92 millions de personnes
18:58qui sont extrêmes.
18:58Le blackout se poursuit, là ?
19:00Le blackout est partiellement
19:02interrompu,
19:03mais ce qu'il faut garantir,
19:04c'est lorsque les Iraniens,
19:06avec un courage immense,
19:06vont dans la rue,
19:07qu'ils puissent continuer
19:08à faire parvenir
19:09les informations.
19:10Ce qu'il faut également faire,
19:11c'est expulser
19:12le corps diplomatique
19:12de la République islamique.
19:14Tant qu'ils sont présents,
19:15ils vont essayer
19:15de négocier
19:16et gagner du temps.
19:17Ce qu'il faut également demander,
19:18c'est la libération immédiate
19:19et sans condition
19:20de la totalité
19:21des prisonniers politiques
19:22et acter la chute
19:24et en tout cas le manque
19:24de légitimité
19:25de la République islamique
19:26pour entamer
19:27une transition démocratique
19:28et séculaire.
19:29Et à ce moment-là,
19:30ce sera aux Iraniens
19:30de faire leur choix
19:31parce qu'eux seuls
19:32sont souverains de leur décision.
19:33Merci beaucoup
19:34à tous les quatre.
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