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  • il y a 9 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00C'est l'autre information importante ce soir. Donald Trump veut armer l'opposition iranienne.
00:06Il le dit et ça pourrait évidemment changer la face de la guerre.
00:09On va écouter ce que dit ce soir Trump.
00:11Interview par téléphone, vous allez le voir, au Média conservateur Salem.
00:16S'ils avaient des armes, ce qu'ils n'ont pas.
00:18S'ils avaient des armes, vous savez, des armes ont été envoyées et d'autres personnes les ont prises.
00:23Si les Iraniens avaient des armes, ils riposteraient, j'en suis convaincu.
00:27Mais vous ne pouvez pas opposer une population non armée à des gens équipés d'AK-47.
00:32Ils ne peuvent rien faire, même à 250 000.
00:36Général Chollet, on va essayer d'être très concret. Envoyer des armes à qui ?
00:39Encore une fois, l'idée majeure, en tout cas de Donald Trump, c'est no boots on the ground.
00:44Pas d'hommes sur le terrain.
00:46Et comme il voit que ça ne débloque pas.
00:50Le régime est toujours là.
00:51Le régime, voilà, le régime est toujours là.
00:53C'est quand même un des buts affichés clairement par les Israéliens, un peu moins clairement par lui, mais il
00:57a un arrière-pensée.
00:58Parce que le problème, in fine, c'est que les Iraniens demandent des garanties de sécurité.
01:05Mais tant qu'ils menaceront l'existence même d'Israël, jamais on leur permettra d'avoir des garanties de futures
01:13frappes, d'absence de futures frappes.
01:15Alors, pour revenir sur armer des proxys, moi j'ai connu que ça avec les Américains, lorsqu'on veut diminuer
01:24l'empreinte au sol, eh bien, qu'est-ce qu'on fait ?
01:26On trouve ce qu'on appelle des partenaires, ils appellent ça des proxys, on les sélectionne, on les équipe, on
01:34les entraîne et on les encadre.
01:36Et ça, c'est typiquement le boulot des forces spéciales. Les forces spéciales, dans un registre presque conventionnel, c'est
01:42quoi ?
01:43C'est une petite empreinte, grands effets. Donc, ces gens qui ont été sélectionnés, équipés, entraînés, eh bien, on va
01:50les accompagner,
01:51comme nous, on a pu le faire en Irak et en Syrie, où on avait des partenaires au sol.
01:56L'opération inhérente Rizolf contre Daesh, à laquelle moi j'ai participé en 2016 et 2017, au sein d'un
02:02commande groupe américain,
02:04les seuls bouts de sans-de-grande américaines, c'était les forces spéciales qui accompagnaient les Arabes aux Kurdes.
02:10Alors, comme on a eu l'occasion de le constater, c'est que les gens qui servent de proxy à
02:15l'administration Trump,
02:17à un moment donné, ils sont lâchés en race campagne, et si ça n'aboutit pas, leur sort n'est
02:21pas enviable.
02:22Didier, là en l'occurrence, ça pourrait ressembler à quoi ? Encore une fois, envoyer quelles armes ?
02:26Et à qui ?
02:27D'autant qu'il y a une petite phrase un peu bizarre, qu'on aura déjà envoyée, mais elles ont
02:31été prises.
02:32Donc, on va reprendre tout, c'est les Kurdes, partiellement, parce qu'honnêtement, aujourd'hui, de l'opposition iranienne,
02:40honnêtement, il y en a peu. Il y en a quelques-uns, les Moudjahidines du peuple, qui bossent déjà avec
02:46le Mossad,
02:46qui sont déjà encadrés, armés, qui travaillent avec le Mossad, en fait, et qui ne sont pas, en fait, organisés
02:51à ce stade,
02:52comme une force militaire, mais comme une force d'opérations clandestines.
02:58Il n'y a pas de base arrière, etc. Le seul endroit où, à ce stade, il y aurait deux
03:01possibilités de base arrière,
03:03c'est soit avec les Kurdes, mais jusqu'à présent, effectivement, des armes leur ont été un peu envoyées,
03:07mais ils n'ont jamais passé la frontière. Et il y a le Balouchistan, qui est un peu plus compliqué.
03:11Voilà. Ce type d'opérations sont faisables. Moi, avec les Américains, les opérations force spéciale plus plus,
03:20parce que des fois, par exemple, et avec... Donc, au départ, on a ce qu'on appelle une ODI,
03:25l'Operation of Detachment Alpha, qui est une combinaison entre du US SOCOM, donc de la force spéciale classique,
03:32et de la CIA, qui encadre une guérilla et qui peut être renforcée après. Par exemple, moi, je l'avais
03:38vécu en 2003,
03:40en Irak, dans le Kurdistan irakien, où il y a même la 173e aéroportée qui a été parachutée dans les
03:45montagnes
03:46pour aller faire la prise de Mossoul, et où, effectivement, l'avantage, c'est qu'il y avait les Peshmerga
03:53encadrés et dirigés par l'ODI, et appuyés derrière pour les feux, à la fois par ce qu'on appelle
04:02Eagle One,
04:02en général, c'est... En fait, c'est des avions, il y a en permanence deux F-18 qui sont
04:07au-dessus,
04:07et qui tournent quand il y a besoin, et qui viennent frapper sur les...
04:11Grâce à ce qu'on appelle des JITAC en bas, qui sont en fait des opérateurs qui ont un petit
04:16rover,
04:17qui est un petit ordinateur qui permet de pointer les cibles...
04:21Mais pardon, appliquer à l'Iran, ça donne quoi ?
04:24Eh bien, s'ils veulent aller là-dessus, ça veut dire qu'il va falloir partir de base,
04:29puisqu'il va falloir partir, par exemple, ou du Kurdistan ou du Baluchistan,
04:34ou de créer une petite zone libérée, entre guillemets,
04:39qui permet d'opérer avec la fiction de l'autonomie locale,
04:44et après, accompagner avec une... Voilà, une forte présence aérienne,
04:49et si possible, une fois que c'est installé, des appuis de type parachutiste
04:55avec ou du Marines ou du Para qui feront, eux, de l'appui artillerie.
05:00Voilà, c'est... Autre exemple, je peux vous en prendre d'autres,
05:03on avait fait ça à la prise de Kaboul, avec les gens de l'Alliance du Nord,
05:08donc je vous ai raconté cette histoire en Irak en 2003,
05:16mais on l'a revécu... En 2003, il y avait ça.
05:20Bon, il y a eu à peu près la même chose après sur Mossoul, Raqqa et Barouz.
05:25Là aussi, j'étais avec eux. C'était le genre de choses qui étaient faites
05:29dans le cadre de la coalition. Là, pour le coup, il n'y avait pas que les Américains.
05:32C'est faisable. C'est le type d'opérations qui sont très efficaces
05:38à point de vue stratégique, mais qui, politiquement, quand même, vont...
05:41Voilà, il faut prendre une décision de passer à autre chose.
05:43Alors justement, je vous donne la parole dans un instant, El Zavidane.
05:45Je voudrais qu'on entende l'un de ceux que Trump écoute,
05:47le sénateur Lindsey Graham, sénateur républicain,
05:50lui dit que les Américains, précisément, n'auront pas besoin d'envoyer des hommes au sol,
05:54puisque les hommes au sol, ils sont déjà là-bas, d'une certaine manière, avec les Iraniens.
06:00Ils pourraient descendre dans la rue, armer et renverser le cours des événements en Iran,
06:04mais nous n'avons pas besoin de troupes américaines sur le terrain.
06:06Nous avons des millions de personnes en Iran, mais elles n'ont tout simplement pas d'armes.
06:12C'est de nouveau le retour à l'insurrection.
06:15C'est à peu près ce que les émissaires israéliens ont vendu à Donald Trump,
06:20dans le bureau Oval, avant la prise de décision.
06:22Le 11 février.
06:23Le 11 février dernier.
06:25Et c'est ce qui ne s'est pas passé.
06:27Alors que les armes étaient détournées par les Kurdes,
06:31qui ont quand même été abandonnées par les Américains
06:34et qui voulaient pouvoir continuer à se protéger
06:38et leur rendre la monnaie de leur pièce,
06:40ou que tout simplement, il n'y ait pas suffisamment de courage à l'heure actuelle en Iran
06:45pour aller se sacrifier alors qu'on est entre 30-40 000 morts
06:50du fait des manifestations du début d'année et de leur répression.
06:53Alors maintenant, ce dont on nous parle à nouveau,
06:56c'est la destinée du peuple iranien.
06:59C'est-à-dire que l'échec de la première phase
07:01nous amène à réemballer l'opération
07:04comme une opération de libération
07:06et les Américains à se positionner comme des alliés du peuple iranien
07:10qui jusque-là étaient passés sous silence.
07:12Mais Elsa, une chose, quand on entend l'Instagram, là, ça semble simple.
07:16Il y a des millions de manifestants, des millions d'opposants iraniens.
07:19Il suffit de leur envoyer des armes.
07:21Une fois que les opposants iraniens par million auront des armes,
07:24ils pourront descendre le régime iranien.
07:27C'est très très simple, c'est bibliquement ça.
07:28Ce qui est décrit en une phrase par l'Instagram, c'est bibliquement ça.
07:31Le problème étant que les ennemis de ces gens ont déjà des armes
07:35et qu'ils sont très vigilants en ce moment.
07:38Et bien sûr, je pense aux gardiens de la Révolution et aux milices Basidj,
07:41mais aussi aux milices irakiennes qui sont sur place
07:43parce que c'est elles qui font la répression.
07:45Elles n'ont pas de lien avec les manifestants,
07:47donc elles tirent dans le tas, si vous me passez l'expression,
07:49sans état d'âme.
07:51Et bien ces gens-là sont particulièrement armés,
07:54particulièrement vigilants parce qu'ils savent qu'ils sont exposés des deux côtés
07:57face aux Américains et aux Israéliens
07:59et face à une population qui a déjà fait la démonstration
08:01que souvent, et par les milices les plus jeunes,
08:03elles préfèrent la mort à la soumission.
08:05Oui, tout à fait.
08:06On assiste aujourd'hui quand même à du grand Trump.
08:09C'est un nouveau moyen de pression, de blackmail très très fort.
08:13Il vient de trouver de chantage vis-à-vis des Iraniens.
08:17Une fois encore, Trump cherche un deal.
08:19C'est très clair, c'est son objectif ces jours-ci.
08:22Il ne veut pas reprendre le combat.
08:24Il est menacé d'armer la population.
08:27Évidemment, ça pourrait faire très très mal
08:29et ça peut être un moyen de pression peut-être efficace.
08:33Oui, c'est-à-dire que pour vous,
08:35les deux destroyés d'hier, c'est un moyen de pression sur l'Iran.
08:39Dire ça aujourd'hui, on va armer l'opposition,
08:41c'est un autre moyen de pression sur l'Iran.
08:42C'est-à-dire que tous les jours, Trump va trouver une manière
08:45de tordre le bras des Iraniens dans la négociation qui est en cours.
08:49Exactement.
08:49Son objectif étant, je le répète, d'avoir un deal,
08:52quelque chose qui lui permet de sortir de cette situation
08:55avant essentiellement le 4 juillet.
08:56Rappelez-vous, l'article qui a été publié par The Atlantic il y a quelques jours,
09:01Trump aujourd'hui ne se compare plus à George Washington ou à Bram Lincoln.
09:04C'est devenu du menu frottin pour lui.
09:06Lui, il se compare à Jules César et Alexandre Le Grand.
09:09Il en est là avec son arc de triomphe.
09:11Donc, son objectif est clair, se sortir de cette situation au plus vite.
09:14Après, ça pourrait être intéressant, franchement,
09:16dans la négociation en cours,
09:18de dire aux fractions les plus dures,
09:20c'est-à-dire aux gardiens de la Révolution qui, eux, disent
09:22qu'ils ne démentent pas avoir frappé les Émirats arabes unis,
09:27contrairement aux négociateurs du ministère des Affaires étrangères iraniens.
09:30Donc, dire aux plus dures des fractions du régime iranien,
09:33soit vous négociez avec nous,
09:35et peut-être vous garderez une partie de vos avoirs,
09:37et surtout votre position dans la société iranienne,
09:41soit vous risquez de finir pendu, vous aussi, au bout d'une corde,
09:45si on se met à déchaîner au sein de votre population
09:48des forces suffisamment importantes pour venir vous mordre les mollets.
09:52Mais en réalité, il va falloir du temps pour ça.
09:55Il faudrait beaucoup de temps.
09:56– Général, et ensuite, tu lisses gausser.
09:57– Dans la mosaïque que représente quand même l'Iran,
10:00parce que… – Ah bah oui, c'est une très grande mosaïque.
10:02– C'est une très grande mosaïque.
10:03J'allais dire, c'est un peu présomptueux.
10:05La phrase de ce politicard américain,
10:08elle est vraiment simpliste.
10:10Je ne prends que l'exemple irakien et syrien que j'ai connu,
10:13pour, encore une fois, sélectionner, équiper, former,
10:16et puis après, éventuellement, accompagner et appuyer.
10:19Je veux dire, ce n'est pas en une semaine.
10:21Donc là aussi, on s'installe dans le temps long.
10:23Et je ne crois pas quand même que Trump,
10:26même s'il a gagné, comme disait Didier,
10:28une certaine sagesse…
10:30– Patience, une certaine patience stratégique.
10:34– C'est vrai qu'après l'année d'émission,
10:35on n'avait pas encore prononcé.
10:36– S'il a pu gagner une certaine sagesse
10:39et une certaine patience stratégique,
10:40je pense que là, c'est des délais qui sont au-delà
10:43de ce qu'il pourra supporter.
10:46Donc, méfiant.
10:47Mais je n'ai pas la connaissance, moi,
10:48de ces groupes organisés en Iran
10:50qui seraient capables de servir comme on l'a fait à Mossoul,
10:54où là, on s'est appuyé au début sur les Kurdes.
10:56Je rappelle quand même, Didier Yéte, moi aussi,
10:59les Kurdes, ils ne sont jamais rentrés à Mossoul.
11:01Les Kurdes, ils ont joué le jeu
11:04tant que c'était sur leur territoire.
11:06Et puis après, ils ont dit, débrouillez-vous.
11:08Donc, il faut savoir jouer aussi avec ces proxys.
11:10– Ça paraît beaucoup plus compliqué sur ce plateau
11:12que dans la phrase de l'Instagram, le sénateur républicain,
11:15Ulysse Gosset.
11:15– Oui, il faut rappeler la réalité,
11:18c'est que les Américains ont abandonné les Kurdes,
11:22en Syrie en particulier et ailleurs.
11:24Et les Kurdes qui font toujours les frais,
11:26effectivement, des grands accords entre grandes puissances.
11:30Mais pour moi, effectivement, il y a l'hypothèse
11:33de donner des armes aux Kurdes,
11:35mais aussi et surtout aux milices irakiennes,
11:38pro-iraniennes, chiites,
11:40qui pourraient déstabiliser le régime
11:42si elles traversaient la frontière et se rendaient à Téhéran.
11:46Mais en Irak, il y a des mesures qui sont prises
11:48pour limiter, effectivement, cette hypothèse-là.
11:51Mais autrement, je ne vois pas,
11:53l'opposition iranienne n'est pas suffisamment organisée.
11:56Les plus durs des opposants sont en exil
11:58et ceux qui n'ont pas quitté le pays,
12:00ils sont en prison.
12:02Et ce soir, d'ailleurs, il y a un appel pressant
12:04qui est lancé aux dirigeants européens et américains
12:07pour qu'ils fassent pression sur le régime,
12:09pour que la prix Nobel de la paix,
12:11qui est en prison, donc, à nouveau...
12:12– Margues Mouragamédi.
12:13– Margues Mouragamédi,
12:14dont on a reçu l'avocate ce soir, sur BFM,
12:17pour qu'elle soit mieux traitée,
12:20alors qu'elle est en grève de la faim
12:21et que sa situation est ravissime.
12:22– Elle est emprisonnée depuis décembre,
12:23elle est ce soir entre la vie et la mort.
12:25– Et après avoir fait, d'après ses proches,
12:29crise cardiaque et effectivement,
12:31plusieurs pertes de connaissances, etc.
12:33Et elle est le symbole aussi, bien sûr,
12:36de l'oppression et de la résistance
12:38face à l'oppression du régime iranien.
12:39– Et on se demande pourquoi l'Union européenne,
12:42qui globalement a théoriquement une position
12:45de défense des droits de l'homme partout dans le monde,
12:48et en Iran en particulier,
12:49n'intervient pas pour interpeller le régime.
12:52Et pourquoi aux Nations Unies,
12:53la Commission des droits de l'homme ne s'en occupe pas non plus ?
12:55Et pourquoi Donald Trump,
12:56qui promet des armes à je ne sais qui,
12:58ne s'en occupe pas plus précisément ?
13:00Puisqu'il a prétendu avoir sauvé de la pendaison
13:03un certain nombre d'opposants.
13:05Il y a eu des cas où ça s'est effectivement produit,
13:07mais là, il y a une situation vraiment critique.
13:09Donc, il ne faut pas l'oublier.
13:10Et ça me semble beaucoup plus pertinent
13:14de s'intéresser à ça que d'imaginer
13:16qu'il y aurait des armes envoyées à une éventuelle opposition.
13:19Et par ailleurs, ça nous rappelle que le fils du chat
13:22qui, à un moment donné, a voulu annoncer son retour en Iran,
13:26finalement, ça ne s'est pas produit.
13:27Et il n'a pas réussi à fédérer autour de lui.
13:29Donc, il y a un vrai problème de l'opposition en Iran
13:32qui n'est pas capable de s'unir,
13:34d'effacer les différences,
13:36pour représenter une alternative crédible au régime.
13:39Et donc, ça, c'est la force du régime iranien aujourd'hui.
13:41C'est qu'il n'y a pas d'alternative,
13:43si ce n'est à l'intérieur du régime.
13:45Donc, vous voyez, la situation est compliquée.
13:47Il est un peu tard pour Donald Trump
13:49de venir au secours de cette opposition
13:51qui a été, pour la plupart, emprisonnée
13:54ou massacrée dans les rues.
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