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  • il y a 8 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:0023h27 sur BFM TV, on accueille Michel Polacco. Bonsoir Michel, merci d'être avec nous ce soir.
00:05Je vous soumets, Michel Polacco, les messages de Donald Trump, enfin le message de Donald Trump ce soir,
00:11on va voir qui apparaît ce message. Trump qui, en gros, explique qu'il avait prévu pour demain des frappes,
00:18des frappes contre l'Iran, que ces frappes, il les suspend à la demande des pays de la région,
00:25de l'Arabie Saoudite, du Qatar et des Émirats Arabes Unis. Si les Iraniens ne font pas ce que lui
00:30souhaite
00:31dans les négociations, alors il y aura attaque totale contre l'Iran. Que fait Trump pour vous ce soir ?
00:36Est-ce qu'il se dégonfle tout simplement ?
00:38– Non, il prend son temps, on pourrait dire bis repetita placente. Ce soir, on a appris deux choses,
00:46c'est qu'il avait envisagé de faire des frappes et qu'il a renoncé à les faire parce qu
00:51'il y a des négociations en cours.
00:53C'est très intéressant, ça s'est déjà produit sans doute 20 ou 30 fois depuis 79 jours que la
00:59guerre a commencé.
01:01Donc on n'a pas appris grand-chose de très intéressant. Simplement, on peut en tirer quelques conclusions, en revanche.
01:06Et les conclusions, c'est que le président américain n'est pas mécontent que trois pays du Golfe
01:13lui aient dit que ce serait bien de sursoir à une grosse série de frappes
01:19parce qu'il y avait peut-être des possibilités de discuter encore un peu
01:23et que donc il saute sur cette occasion et ça lui permet de promener le chien encore un peu longtemps
01:29puisqu'il considère qu'il a véritablement amoindri les Iraniens en termes d'armes offensives,
01:36qu'il a véritablement amoindri les Iraniens en matière de capacité nucléaire
01:41et que par conséquent maintenant c'est une question de temps, de lassitude, de désespoir
01:47pour arriver à amener les Iraniens à discuter et à négocier
01:53en lâchant sur certains points essentiels comme le nucléaire
01:59et puis on va dire le détroit d'Hormuz.
02:02On pourrait rajouter la population iranienne,
02:05mais je pense qu'on aura du mal à obtenir des assurances dans ce domaine.
02:08– Mais quel intérêt a promener le chien ?
02:10Enfin ça peut prendre des lustres, pardon, mais dans ce que vous décrivez
02:14pour que les Iraniens finissent par capituler, par céder, je ne sais pas comment dire ça,
02:19ou par s'affaiblir dans la négociation ?
02:21– L'intérêt à promener le chien, si vous voulez, c'est que manifestement,
02:25en termes de programmation de cibles, ils n'ont plus grand-chose d'intéressant
02:30qui corresponde à ce qui faisait partie de l'éventail qu'ils avaient envisagé.
02:36Là, maintenant, les cibles, ça veut dire des raffineries,
02:41ça veut dire des terminaux pétroliers, ça veut dire des infrastructures électriques,
02:47routières, ferroviaires, industrielles, etc.
02:51C'est-à-dire des choses qui sont plus ou moins duales,
02:53mais qui sont quand même beaucoup plus tournées sur l'activité civile et économique
02:58que sur l'activité militaire.
03:00Donc oui, ce serait intéressant de couper le courant à toutes les infrastructures
03:04de communication iraniennes, parce que c'est quand même un peu étonnant
03:07de voir ce pays, on entre, on sort, on prend l'avion, on va au Pakistan,
03:13ensuite on va à Moscou, puis on va en Chine, enfin oui, c'est quand même un drôle de pays
03:17en guerre dans lequel on peut faire un peu tout ce qu'on veut.
03:20Et ça, c'est avec quand même la bénédiction des Américains.
03:23Mais d'un autre côté, les Américains n'ont pas de bonnes cibles actuellement en Iran, à mon avis,
03:28et je pense qu'ils n'ont pas non plus de très bonnes cibles dans le détroit d'Hormuz,
03:32puisque l'opération qui a été montée, qui a permis de voir à peu près
03:35quels étaient les moyens qu'ils utilisaient, a montré que les moyens étaient très réduits.
03:40Donc finalement, pourquoi monter une grosse opération quand il suffit d'attendre ?
03:46– Oui, la grosse opération dont vous parlez, alors les médias israéliens parlaient notamment
03:49d'aller frapper effectivement les installations électriques, les infrastructures,
03:52les ponts, ce genre de choses.
03:54C'est impossible à assumer pour Trump derrière ?
03:56– Si on peut s'en passer, il faut s'en passer.
04:00Moi, je ne sais pas, si j'étais à sa place, je préférerais ne pas laisser la trace
04:04de celui qui a rayé l'Iran de la carte, comme il l'a dit à un moment donné,
04:10qui a détruit toute l'infrastructure qui permet à un peuple peut-être libéré
04:17de recommencer à vivre, mais dans un pays dévasté.
04:21Souvenez-vous de ce qu'était l'Allemagne en 1945 après la guerre, c'était quand même terrible.
04:26Alors moi, je suis très très content que les alliés aient gagné la guerre et que les nazis l'aient
04:30perdu.
04:31Je pense qu'on peut être triste pour tous les Allemands qui n'étaient pas nazis,
04:34et je pense qu'on peut être triste pour tous les Allemands d'après-guerre.
04:38Donc voilà, ce n'est pas si facile que ça que de dire qu'on peut tout casser et tout
04:44détruire.
04:45À un moment donné, il en aura peut-être assez, il sera peut-être plus capable d'attendre.
04:49Mais je pense que la sagesse, c'est quand même d'être capable de faire peur, de menacer,
04:54de faire des opérations ponctuelles et d'attendre.
04:58Alors restez avec nous, Michel Polacco, parce que vous faites évidemment réagir en plateau.
05:00Guillaume Ancel.
05:02Oui, il y a une raison supplémentaire d'une forme de retenue.
05:05Je vais faire un malheur, retenez-moi, mais finalement, je ne vais pas le faire.
05:09C'est-à-dire que les militaires américains ont prévenu Donald Trump que la capacité de riposte des Iraniens était
05:15importante.
05:16Bien sûr, pas contre l'armée américaine, mais contre les pays du Golfe.
05:20Et ça, pour Trump, c'est un problème, parce qu'il sait que les pays du Golfe sont de plus
05:24en plus excédés par cette guerre,
05:27alors qu'ils avaient accueilli les bases américaines pour les protéger,
05:30pas pour les mettre dans une situation conflictuelle comme ceux qu'ils traversent.
05:33Plusieurs pays estiment qu'ils sont au bord de la ruine, parce qu'ils avaient construit toute leur image,
05:39leur modèle sur l'afflux du tourisme, les investissements étrangers, la stabilité dans leur pays.
05:44Et la démonstration actuelle est exactement le contraire.
05:46Donc une vague de drones que personne ne sait détruire, aujourd'hui, en termes de départ d'Iran,
05:52qui viendrait frapper, par exemple, comme on l'a vu avec la centrale nucléaire aux Émirats Arabes Unis,
05:59serait une catastrophe.
06:00Et ça, les militaires américains ont prévenu qu'ils ne savent pas l'empêcher totalement.
06:05Ils savent en détruire une partie, 80, 85%.
06:08Mais les 15% de drones qui passeront, feront des dégâts considérables pour les alliés des États-Unis.
06:14Olivier ?
06:15Oui, alors ce qui est sûr, c'est que les Américains savent qu'ils ne peuvent pas envahir l'Iran.
06:20La réponse, en fait, la solution pour un changement de régime, c'est une intervention terrestre.
06:24Les interventions aériennes ne suffisent pas.
06:26On ne peut pas gagner une guerre avec simplement des frappes aériennes.
06:30L'Iran, ce n'est pas le Venezuela.
06:32Ce n'est pas non plus l'Irak ni l'Afghanistan.
06:34En Irak et en Afghanistan, il y a eu jusqu'à 200, 300, 400 000 hommes des troupes de l
06:38'OTAN et des troupes américaines.
06:40Et ça n'a pas suffi à avoir les résultats obtenus sur le terrorisme et sur la chute des talibans.
06:45Là, simplement, il y a cette impossibilité.
06:49Les deux guerres que je citais ont laissé des traumatismes inouïs.
06:52Il y a eu plus de morts à un moment de la part des Américains.
06:55Par année, par suicide, avec ce qu'on appelle le syndrome post-traumatique de guerre,
06:59le retour des vétérans américains d'Irak et d'Afghanistan sur le sol américain,
07:02que pendant les 14 ans et les 13 ans de guerre.
07:04Les deux guerres ont fait 13 ans et 14 ans.
07:062001-2013 et 2003-2014.
07:09Simplement, là, les Iraniens le savent également.
07:12Alors après, l'histoire aussi de faire monter la pression, c'est de forcer effectivement aussi
07:16les Iraniens à venir chez le maréchal préféré de Trump,
07:19qui est le fameux maréchal Mounir, absolument l'homme fort du Pakistan,
07:22avec l'égide de la Chine.
07:24Et je pense qu'il y a une porte de négociation qui va s'ouvrir,
07:28parce que Hormuz ne peut pas rester bloqué,
07:30ni pour l'Iran, ni pour la Chine, ni pour le Pakistan, ni pour l'Inde,
07:33et encore moins pour les États-Unis.
07:35Et même pour l'Europe, 30% des Anglais qui passent par là,
07:38vous avez un problème d'ensemencement-là qui se passe dans les semaines qui viennent.
07:41Et la Carnegie Foundation a fait un très long papier,
07:43il y a deux mois à peu près, de 20 pages,
07:45en disant, mais attention, si on frappe Hormuz,
07:47enfin s'il y a un blocage ou un double blocage Hormuz,
07:49il y aura un problème aussi de récolte dans les années à venir,
07:52dans les mois à venir, pardon, septembre, octobre,
07:54dans les pays du monde entier.
07:55Pas que l'Europe, mais c'est aussi l'Ethiopie,
07:56120 millions d'habitants, c'est aussi l'Egypte, etc.
07:59Presque autant peuplé.
08:00Donc, à mon avis, cette capacité de nuisance à part des Iraniens,
08:04elle est au maximum.
08:04Il y a les frappes, évidemment, potentielles sur les états du Golfe,
08:08il y a aussi la marine moustique,
08:09ces petits bateaux qui peuvent frapper les tancaires.
08:11Donc, ça va se négocier là-dessus,
08:12avec, je pense, l'aide de la Chine.
08:14– Michel Polacco ?
08:16– Alors, je ne suis pas tout à fait d'accord.
08:18Moi, je pense qu'il n'y a plus de vagues de drones.
08:20Ça fait quand même presque 40 jours
08:22qu'on n'a quasiment rien vu dans ce domaine.
08:25Il n'y a plus de missiles balistiques
08:27par faisceau ou par vagues.
08:30Je pense que Trump est plutôt dans un long métrage
08:33que dans un documentaire comme le Venezuela.
08:36Il prend son temps.
08:38C'est vrai qu'il y a des portes qui s'ouvrent.
08:40L'opération chinoise, comme ça vient d'être dit,
08:43comme l'a dit Olivier Weber,
08:45ça va peut-être permettre d'avancer dans une direction
08:49qui amènerait à un accord ou un compromis.
08:51Et ça fait peut-être partie des raisons
08:53qui ont amené Donald Trump à reporter des frappes importantes.
08:59Et je vous dis frappes importantes
09:01qui en plus ne seraient certainement pas
09:03sur des sites militaires de grande importance
09:07parce que je pense que les sites militaires
09:10de grande importance sont détruits.
09:12Je pense que les Iraniens ne disposent plus
09:16de beaucoup de drones, de missiles balistiques
09:19et d'autres armes offensives importantes.
09:22Donc voilà.
09:23Alors on peut encore leur couper l'électricité,
09:25leur couper leurs infrastructures.
09:27On peut encore leur faire beaucoup de choses très gênantes.
09:30Mais j'ai l'impression que là,
09:32le président Trump recule.
09:34Il attend qu'il n'y ait pas d'autre solution.
09:37– Alors attendez Michel.
09:38– Je n'ai pas envie de laisser cette trace.
09:39– Guillaume Ancel n'est pas du tout d'accord.
09:42– Je sais, mais avec Michel on n'est jamais d'accord.
09:44– C'est formidable, c'est pour ça qu'on l'invite.
09:47C'est la magie de l'animation.
09:49Michel, en termes d'arsenaux,
09:52alors autant sur les missiles,
09:53plus personne ne sait dire ce qui reste en réalité.
09:56Parce que tout le monde réalise qu'ils ont dit n'importe quoi.
09:58On ne connaissait pas la base de départ,
10:00on ne sait pas ce qui a été détruit,
10:01mais on ne sait pas ce qui a été reconstruit
10:03ou rafistolé en attendant.
10:05Donc c'est un peu compliqué pour donner un pourcentage.
10:08Par contre, pour ce qui est des drones,
10:09alors là par contre, on connaît très bien
10:11la capacité de production des Iraniens
10:13parce qu'ils ont fourni la Russie
10:14au moins les premières années.
10:16Et par conséquent, on sait qu'ils disposent
10:18de dizaines de milliers de drones
10:19qui en plus ont été dispersés
10:21sur l'ensemble du territoire.
10:23Donc moi, mes camarades militaires me disent
10:24c'est impossible.
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