- il y a 9 heures
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01:52Les agressions se multipliquent contre le personnel de la dépêche.
01:55Après le neveu de Kowalik, c'est Catherine qui cette fois a été visée.
01:58De justesse, elle a échappé au pire.
02:01Hors de lui, Albertas a annoncé qu'il allait quitter la ville, lui et toute sa famille.
02:05Ce qui n'empêche pas Bernard, son neveu, de s'intéresser de plus en plus à la comptabilité des affaires
02:09Kowalik,
02:10qui décidément paraît bien curieuse.
02:13De même que paraît bien curieux, le trafic de devises auxquelles se livre le pilote employé d'Albertas,
02:18ce même pilote étant devenu sur l'ordre de son patron, l'ami de Thérèse Berg.
02:27Vous voulez la piste tout de suite ?
02:29Euh, Colette, euh...
02:30Alors, trois petits rosés et un des bières. Pas d'objection ?
02:33Ah non, excuse-moi, ça sera un viandox avec trois sucres, bien serré.
02:37Eh ?
02:37Ben oui.
02:38Je voulais le gynécologue.
02:39Non, non, mais je bois moins de trucs que je renverse.
02:41Oh, mais faites opérer, mon vieux.
02:43Quoi, on dit des conneries ?
02:44Pas du tout, pas du tout.
02:46Mais s'il boit ce viandox avec trois sucres, je digne pas avec lui-même s'il gagne,
02:49parce que la dernière fois...
02:50Oui ?
02:51Rien.
02:51Comment ça, rien ?
02:53Oh, là, il y a un truc.
02:54Oui, et il va falloir aller jusqu'au bout, hein ?
02:56Bon, alors, Chantal, la dernière fois...
02:58T'avais promis, Chantal.
02:59Ah, non, si elle a promis.
03:01Mais qu'est-ce qu'elle a promis ? Il nous a tout raconté, lui.
03:03Ah oui ? Eh, ça mène qu'on a raté un train, tu te souviens ?
03:05Vizier vous a raconté.
03:07Ah, les mecs, vous avez promis aussi, hein ?
03:09T'as promis quelque chose, toi ?
03:10Non.
03:13Ah !
03:15Non, non, ça, vraiment, on peut pas.
03:18On peut pas, quoi ?
03:19Non, non, non, laisse, ils vont marcher, là.
03:23Qu'est-ce que tu leur as raconté ?
03:24Mais rien, je te jure, rien d'autre.
03:28Bon, allez, ça suffit, maintenant.
03:30Quelle est la piste, c'est-ce que ça ?
03:32Voilà.
03:36Bon, comme d'habitude,
03:39plus près du 6.
03:50Eh, merde.
03:50Ah, bah, merci.
03:51Non, c'est nerveux.
03:52Bonne soirée, vieux.
03:53Bah, tu peux prendre ma place, si tu veux.
03:54Non, il n'en a pas question.
03:57Je connais un petit restaurant vachement sympa.
03:59Je suis sûre.
04:00J'espère que t'as pris ton casque, Chantal.
04:02Un casque ?
04:03Oui, parce que monsieur fait dans la moto.
04:04Bah, va pour la moto.
04:08Bah...
04:09Ben oui.
04:12Le dé t'étruqué.
04:15Oh, c'est malade.
04:17Tiens, met ça.
07:30Sauf que Bernard Kowalik finance les veilles avec le fric de Boulard.
07:33Oui, je sais.
07:35Il paraît même qu'il a des parts dans votre journal.
07:37Il en a pas beaucoup d'ailleurs, mais enfin il en a.
07:39Donc c'est pas comme s'il en avait pas.
07:41Je ne vous apprendrai rien en vous disant que Bernard Kowalik est à couteau tiré avec son oncle.
07:46Pour des raisons qui m'échappent totalement d'ailleurs.
07:48Mais enfin, il est certain que ces raisons existent.
07:51Voilà, chère madame, j'ai été ravi de venir dans vos murs.
07:55Très longtemps que j'en avais envie d'ailleurs.
07:58Enfin, c'était pas à moi de le demander, n'est-ce pas ?
08:01C'est la tradition, non ?
08:03Les journalistes vont chez les policiers, mais pas le contraire.
08:06Eh oui, c'est dommage.
08:07Bonsoir.
08:09Tu viens, Pradal.
08:13Boulard.
08:15Boulard.
08:16Mais enfin, ils espèrent quand même pas me déboulonner en envoyant mes gens à la morgue ou à l'hôpital,
08:19non ?
08:19Écoutez, Florence, on est 800 à travailler ici, ça leur prendrait du temps.
08:22Non, non, c'est pas ça.
08:23Et quoi alors ?
08:24Tarte au terrain.
08:27Puisque personne ne veut mettre les points sur les i, je vais le faire.
08:31Il se croit en position de force parce qu'il est un allié à l'intérieur même de la famille
08:35Berg.
08:38Écoutez, mon petit travers.
08:40J'en ai déjà supporté beaucoup de votre part, mais je trouve que là, ça dépasse les bornes.
08:44Alors c'est simple, si vous calomniez mon frère, vous serez virés comme un mal propre, je ne vous le
08:48cache pas.
08:50De ton dessous, madame Berg.
08:52Tu veux bien ?
08:54Alors, je n'ai pas fait tout le chemin pour m'entendre dire ça.
08:57En général, je sais ce que je dis.
09:08Celui-là, il est à ton grand-oncle, le père de Pavel.
09:13Un vrai d'avant-guerre avec les percuteurs en platine.
09:16On n'en fait plus comme ça.
09:18Qu'est-ce que tu veux tirer avec cette rambouille ?
09:20Le cochon.
09:22La mort, on n'en trouve plus par ici.
09:24Il faut aller dans les ardelles et moi, je n'ai pas le courage.
09:28Allez, raconte.
09:30Pourquoi tu me fais ta gueule des grands jours ?
09:38Tu as envoyé des fleurs à Catherine ?
09:39Tu me vois envoyer des fleurs ?
09:42Mais je suis allé la voir.
09:45Elle n'a pas voulu me recevoir, ça m'apprendra.
09:48Il n'empêche que si on me la tue, je fous le feu à la vue des petits, crois-moi.
09:58Dis-moi à l'oncle.
10:04Pourquoi est-ce que Caprioli a si peur de toi ?
10:08T'as déjà vu quelqu'un qui n'a pas peur de moi ?
10:10Ah, oui.
10:12Oui, je te vois venir, mais ça t'arrivera aussi, petit.
10:18T'inquiète pas.
10:21Il y a encore des points de rouille.
10:22Non, tu as ça demain.
10:24Allez, déballe.
10:27Qu'est-ce qu'il a, Caprioli ?
10:30D'abord, tu sais comment il s'appelle, Caprioli ?
10:33Il s'appelle Capriorovitch.
10:36Il est de chez nous.
10:39Il a été obligé de changer de nom pour des raisons comiques,
10:41mais qui n'ont pas fait rire la justice.
10:43Et maintenant, il n'a pas grand-chose à te refuser, c'est ça ?
10:49Eh bien, alors, disons que maintenant, il fait partie de la famille.
10:55À propos de famille,
10:57les cousins Marco et Gillas de Trieste,
10:59on voit là qui ont l'esprit de famille.
11:00Tous les deux mois, se taper le trajet de Trieste,
11:02de Château-Vallon, en bagnole, faut le faire.
11:05Il manque d'affection, quoi.
11:08Je te trouve bien désinvole, petit.
11:10L'affection, c'est rare de nos jours,
11:12et spécialement pour notre famille.
11:14On a bavé dessus
11:16depuis la première fois que mon père a foutu
11:17les pieds dans cette putain de ville.
11:21Alors, s'il n'y a pas d'affection entre nous,
11:22où est-ce qu'on va aller chercher ?
11:23Dis-moi.
11:25Arrête tes salades.
11:27Des fois, quand je pense à toi, je me dis
11:29« Mais qu'est-ce que je vais en faire de celui-là ? »
11:33Je le tue ou je lui raconte tout ?
11:35Ou bien je lui raconte tout et je le tue après.
11:38Puis alors, je me dis
11:39« Il a les diplômes américains,
11:41ça nous a coûté de l'argent.
11:42On va peut-être mieux attendre un peu, non ? »
11:45Qu'est-ce que tu ferais, toi ?
11:47J'attendrai pas, parce que si tu me racontes rien,
11:49je trouverai tout seul et tu seras pas content.
11:50Oui.
11:51Et déjà que je suis pas content de la tueur,
11:57il y a une chose que t'as pas compris, petit.
12:00C'est pas de te tuer qui m'embarrasse.
12:02J'ai déjà compris que tu vaux pas un coup de cidre.
12:05C'est comment je vais me l'expliquer à moi-même après.
12:08J'ai peut-être 20 ans devant moi
12:10et je voudrais pas vivre avec ça.
12:13Tu comprends ?
12:14Oui, mais raconte.
12:15Dis-moi pour les sacs, pour les cousins, pour les dollars.
12:17Je veux tout savoir.
12:18Après, tu me buteras si tu veux,
12:19mais il faut que je sache.
12:22Et j'aurais eu en colère au moins une fois.
12:25Comment tu sais ça, toi ?
12:26Je le sais, c'est tout.
12:27Et puis arrête de tripoter des armes devant moi,
12:29ça prend pas ton numéro !
12:37Tu sais ce que tu viens de faire ?
12:39Tu as jeté les fusils par terre.
12:43Tu sais ce qu'on te ferait chez nous pour ça ?
12:46Où c'est, chez nous ?
12:47Moi, je vis ici.
12:48Je sais pas où c'est chez toi,
12:49mais je suis persuadé que ça doit sûrement être ailleurs.
12:55Oui.
13:09Je vais faire comme si t'étais un ami.
13:13Peut-être que je le trompe.
13:16On verra ça après.
13:21Voilà.
13:22Je t'ai fait rentrer ici
13:23parce que j'avais besoin de toi
13:26pour deux ou trois bricoles.
13:28C'est vrai, faut pas croire que la famille
13:30était ce qu'elle est devenue
13:31grâce à trois snack bars et deux pressing.
13:35Si ?
13:35Hé, te fais pas plus couillon que tu es.
13:39L'argent, ça pousse pas sur les pommiers,
13:41tu le sais, ça.
13:42Et comme disait ton père,
13:43c'est pas en travaillant qu'on devient riche.
13:46Travail, c'est bien, oui.
13:48Ça occupe les hommes, les enfants.
13:51Enfin, les hommes,
13:52quand ils ont rien de mieux à faire.
13:54Un écrivain américain a dit un jour
13:56que la seule chose qu'on peut faire
13:58à huit heures par jour à part dormir,
13:59c'est travailler.
14:00Oui.
14:01Eh bien, raconte pas ça à tes cousins
14:02parce que tu les ferais mourir de rire.
14:03Et moi, j'ai besoin de vivants, tu comprends ?
14:05Continue sur les cousins.
14:08Ben, au départ, je les connaissais pas.
14:10La famille, ça va jusqu'au Pôle Nord.
14:14Alors, ils sont arrivés, comme ça.
14:17Beaux gosses.
14:18Ils ont installé.
14:20Je savais pas trop ce qu'ils voulaient.
14:22Mais d'instinct, je...
14:23Je sais pas, je pouvais pas leur refuser.
14:25Tu vois pas ?
14:26Alors, tu as accepté.
14:28Ouais.
14:29Enfin, mesure tes paroles
14:30parce que je crois pas que...
14:32t'aies bien saisi le problème.
14:34C'était une question de vie ou de mort.
14:37On n'arrivait pas, tu vois ?
14:38On essayait, mais on n'arrivait pas.
14:40L'argent, il sortait de partout,
14:41mais il rentrait de nulle part.
14:43Alors oui.
14:45Alors oui, merde, j'ai accepté.
14:47Quoi ?
14:48De blanchir du fric.
14:50Sale.
14:51T'as déjà vu du fric propre, toi ?
14:52Oui, celui gagné en travaillant.
14:54Celui-là, c'est le plus sale de tous.
14:56D'abord parce qu'on t'en donne jamais assez
14:57et puis parce que celui qui lui donne
14:58est toujours un sale con.
15:01Un mec que t'as envie de tuer.
15:03Parce que c'est pas toi qui lui donnes,
15:05c'est lui.
15:08Et le fric des cousins, il vient d'où ?
15:11Il vient de là où il y en a,
15:12et pas mal au.
15:13Des hold-up ?
15:15Les détails techniques, moi,
15:17c'est pas mon problème.
15:18C'est la chose qui m'intéresse,
15:19c'est la famille.
15:20Et la famille, pour moi,
15:22c'est sacré.
15:24Et le jour où on se retrouvera tous en tôle ?
15:28Eh bien, la moitié des matons,
15:30ça sera des Kovale-Litsch.
15:33Et on t'apprend le carton tranquillement,
15:35jusqu'au couvre-feu.
15:36Non, pas avec moi, l'oncle.
15:39Mais si, avec toi, petit,
15:42on entre dans le club,
15:44mais on n'en sort pas,
15:45et si tu veux en sortir,
15:47on te montre un truc que t'as jamais vu.
15:51Quoi ?
15:53La peau de ta nuque.
15:59Bonjour, je voudrais voir mon beau-frère,
16:01je suis Marie-Louis Berg.
16:03Ah, mais c'est que...
16:05là.
16:05C'est ça ?
16:06Où ça ?
16:23Ah, mon flamandose,
16:24fous-moi la paix, tu veux ?
16:39Ben, qu'est-ce que tu fais, le atout ?
16:41Je passe.
16:45Y a un truc à boire.
16:49Alors, t'as un problème ?
16:52D'argent, je suppose ?
16:54Non.
16:56Ben, me dis pas que t'es malade.
16:59J'ai un problème,
17:01de femme.
17:02Oui, ben, je suis pas gynécologue,
17:03combien de fois faudra vous le dire ?
17:04C'est pas très compliqué.
17:06Ben, si c'est pas compliqué,
17:07pourquoi tu vas voir Blanchon ?
17:09Il est en vacances.
17:10Ah, bien, donne.
17:14Merci.
17:15Tiens, prépare-moi la table d'examen.
17:23C'est quand même fou,
17:24ce qu'elle ressemble à Florence.
17:36Eh ben, t'es enceinte.
17:38Oh, merde.
17:43Tu le gardes ?
17:45Bon, je t'en prie, tu veux ?
17:48Ben, je sais pas, pense au fisc.
17:51Ça te fait une part de plus.
17:54Tu peux me dire pourquoi j'ai cette réputation,
17:56à propos du fric ?
17:58Non, oui, c'est vrai, ça, on se le demande.
18:01Dis donc,
18:03c'est qui le père ?
18:07Ah bon ?
18:09Ah, je pensais que tu faisais ça qu'à Noël et à Pâques.
18:12Qu'est-ce qu'il y a eu une édition spéciale ?
18:17Si tu crois que ça me fait rire.
18:26Fais-en un, au revoir.
18:34De maire inconnue.
18:36Qu'est-ce que je fais du frottis ?
18:38Poubelle.
18:44Tu trouves pas qu'elle reçoit en bas, Florence ?
18:50Pourquoi t'es chiant comme ça ?
18:53J'étais pas comme ça il y a 10 ans.
18:55Il y a 15 ans.
18:57Ah bon ?
19:00Je trouve que j'ai pas changé.
19:02Et toi ?
19:03Quoi, moi ?
19:04Si j'ai changé ?
19:05Ou si je trouve que t'as pas changé ?
19:17Je trouve que tu as drôlement changé, mon vieux.
19:20Bon, bien, j'espère.
19:21Faut le dire vite.
19:23Ah bah, je t'écoute.
19:25Parait que tu veux la mairie ?
19:29Les nouvelles vont vite.
19:30C'est pas qu'elles vont vite, c'est qu'elles sont tristes.
19:33Qu'est-ce que ça veut dire que je suis un politicien cynique et pourri ?
19:35Tu vas me chanter ça, toi aussi ?
19:36Qui d'autre le chante ? Florence, peut-être ?
19:38Bon, Florence a de la doucha à fouetter, à ce qui paraît.
19:41Mais ça t'arrange, n'est-ce pas ?
19:43Ça veut dire quoi ?
19:45T'as plus besoin de la dépêche pour avoir la mairie.
19:48On dit que t'as trouvé mieux.
19:50Et comme tu n'as jamais osé coucher avec Florence,
19:53tu lui fais un enfant dans le dos, c'est ça ?
19:55Et toi, t'as osé coucher avec moi ?
19:57Regarde où t'en es maintenant.
19:59Tu te contentes d'un spéculum ?
20:08Excuse-moi.
20:09Excuse-moi.
20:20Je te dois à combien ?
20:26Allez, tu retours, je vais touter dessus.
20:39Tu veux un autre verre ?
20:42Non, il est 11h30, je vais partir.
20:44Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est...
20:46Pourquoi t'es venu me dire tout ça à moi ?
20:55À qui veux-tu que je le dise ?
20:57Je connais que toi dans cette ville.
20:59Tu es ma cousine, Alberta, c'est ton père.
21:04Ça suffit pas ?
21:05Mais nous deux, on se connaît à peine.
21:08Si je vais raconter tout ça aux flics, moi, par exemple.
21:10Tu le feras pas.
21:12Le soir, je le ferai pas.
21:13Cette fois, je vais quitter la ville, parce que c'est trop.
21:16Alors, tu vas me laisser là-dedans ?
21:18Mon père est un gangster.
21:20C'est un gangster, non ?
21:21T'as un autre mot ?
21:23Il m'a dit que c'était fini.
21:25Tu parles.
21:26Qu'est-ce que je vais raconter à mon fils, moi ?
21:28Son grand-père est un truand ?
21:32Ça, son chat.
21:32Ça va, je me tire.
21:34D'abord, je le sentais venir.
21:36C'est pas normal, tout ce fric qu'ils ont.
21:37Tu le sentais pas, toi ?
21:39Si, mais...
21:40Mais quoi ?
21:42Il faut les comprendre.
21:43Tu vas pas t'y mettre, toi non plus.
21:44Tu vas pas me faire le coup des pauvres immigrées.
21:46Ils ont tous les droits parce qu'on leur pisse dessus,
21:48parce que j'ai entendu ça pendant 20 ans.
21:49Je suis partie, je vais partir encore, encore plus loin.
21:52Le droit commun, c'est pas mon truc.
21:53Et moi ?
21:54Je rentre en Amérique.
21:56Ça, ça m'étonnerait.
21:57Ah bon ?
21:58T'es pas un jeune loup ?
21:59Tu vas vouloir régler ça tout seul, non ?
22:01On m'a dit que t'étais un jeune loup,
22:03élevé dans les meilleurs coins en Amérique.
22:06Qu'est-ce que t'as contre moi, hein ?
22:08Rien.
22:10Mais fais attention à ta peau.
22:12Ça m'arrangerait.
22:14Moi non plus, j'ai personne à qui parler.
22:18Faudrait mieux que tu te taises pour l'instant.
22:21Reviens me voir quand tu veux.
22:25J'aime bien ta gueule.
22:45Qu'est-ce qu'il y a ?
22:47C'est un jour sans.
23:06C'est toujours comme ça.
23:07Quand on n'a pas le moral,
23:09ce sont les jambes qui trinquent.
23:14Dites-moi, Travers,
23:15pourquoi je vous ai toujours dans les jambes ?
23:17Je peux me tirer, j'habite auprès d'ici.
23:20Vous couchez avec Catherine ?
23:21Pourquoi ? Je devrais.
23:24C'est programmé, non ?
23:25Moi, je ne suis pas son cousin.
23:39Quoi qu'il arrive,
23:40rappelez-vous que ma cousine est une fille très bien.
23:44J'avais cru le remarquer.
23:46Vous voulez me dire quelque chose, là,
23:47parce que je n'ai pas beaucoup de temps.
23:51Le temps ?
23:56Ce n'est pas ce qui va nous manquer.
24:00Ah bon ?
24:02Je ne vous suis pas très bien, là.
24:06Ça ne fait rien.
24:21Niccolo nous a vendu un pire romain.
24:23Inculpé.
24:23C'est à la une de ce soir.
24:25On a du retard.
24:26Ah oui ?
24:27Mais c'est seulement si nous disons
24:28que les gens le croiront.
24:29Vous avez vu le courrier ?
24:30Non.
24:31217 lettres,
24:32dont une de l'évêché.
24:34De l'évêché ?
24:34Pourquoi de l'évêché ?
24:35Parce que le vigile qui a été tué
24:37cotisait pour l'autre.
24:38Bon, tout ça, c'est du passé.
24:40Quoi de neuf ?
24:40Au fait, la petite Chantal ?
24:41Ça va.
24:42Elle sera obligée de porter une mineur
24:43quand même pendant un mois.
24:46Bon, alors écoutez-moi bien tous,
24:48parce que c'est assez duré.
24:50Au prochain incident de ce genre,
24:51je mets nommément Boulard sur la sellette.
24:54Alors, tant pis pour les procès et le reste.
24:56On perdra les procès.
24:57Ce n'est pas grave,
24:57on a les moyens de payer.
24:58Et je veux l'agrafer, celui-là.
24:59Vous êtes d'accord ?
25:00Mais il adore ça, les procès.
25:02Il en a au moins 40 sur le dos.
25:04Et ce n'est pas ça qui le dérange.
25:05Non, Florence.
25:06Il attaquera, mais autrement.
25:10Cet homme qui a trafiqué pendant la guerre,
25:12qui bafoue les ordonnances de 44,
25:13c'est qu'aucun gouvernement n'a réussi à inquiéter.
25:15Enfin, vous pensez que c'est un procès
25:17de plus ou de moins
25:17qui va l'empêcher de dormir ?
25:18Eh bien, moi, je me charge
25:19de l'empêcher de dormir.
25:20Il doit bien avoir une faille quelque part,
25:21tout le monde en a.
25:22Et s'il n'en a pas, on l'incrira.
25:24En attendant, vous me faites
25:25un rendez-vous avec Kovalli.
25:27Ah bon ?
25:28Chez vous ou chez lui ?
25:31Chez lui.
25:32Ça m'amuse de voir ça.
25:38Je vais à Paris demain.
25:39Quoi faire ?
25:40Chercher du travail.
25:44Dommage.
25:45Oui.
25:46Et je trouve que tu ferais
25:47bien en faire autant.
25:49Tiens.
25:50Ça t'est venu comme ça ?
25:51Non, pas tout à fait.
25:52Tu t'es libre ce soir ?
25:54Oui.
25:54Je voulais te demander
25:55quelque chose.
25:57Tu peux garder mon bébé ?
26:00Baby-sitter.
26:01Et alors, ça ne va pas te tuer ?
26:02Il est mignon comme un pouche-nouf.
26:04Écoute, ça,
26:04je n'en aurais pas douté
26:05un seul instant.
26:05Il faut que je lui donne le sein.
26:07Écoute, il n'a plus d'un nom.
26:08Allez.
26:08Voilà les clés.
26:10Je laisserai un numéro
26:11me joindre aussi.
26:12C'est celui de Chantal.
26:14Ah, mais tu vas peut-être.
26:15Non.
26:15Eh bien, comme ça, tu l'auras.
26:17J'en ai pas besoin.
26:18Je ne crois pas mariée pour autant.
26:24Je ne crois pas.
26:43Misez-moi fort.
27:02J'en ai pas besoin.
27:16Arrête, veux-tu ?
27:18Pourquoi ?
27:19C'est de la musique de pauvre ?
27:24C'est drôle.
27:26Mon père disait toujours ça.
27:28Peut-être qu'il avait
27:29les moyens de le dire.
27:31J'aimerais bien que tu me lâches
27:32un peu avec ton père.
27:34Tu viens là ?
27:43Écoute un peu ça.
27:4930 mars 67.
27:51Dîner hier soir avec Peter Kassovitch,
27:53le pianiste.
27:54À la fin de la soirée,
27:55il a dit avec son incroyable accent russe,
27:57vous savez ce que j'aurais aimé être ?
27:59Un petit juif de Brooklyn
28:00loué pour le jazz.
28:02J'aurais eu des copains noirs
28:03avec des vestes à carreaux.
28:05On aurait joué Tifortou
28:06pour les touristes
28:07et puis des heures à nous
28:08à la fin de la nuit
28:09de tout pour 20 dollars.
28:11Je trouve Kassovitch formidable
28:13avec son frac
28:15et son grand piano à queue
28:17devant les 6000 personnes
28:18du Carnegie Hall.
28:21C'est vrai aussi
28:22que tout seul
28:23dans un piano bar de merde
28:25à l'aube,
28:26ça serait magique.
28:38Et alors ?
28:40Je dois verser une larme ?
28:44T'es vraiment trop con.
28:45T'avais pas remarqué.
28:48Pourtant, ça fait un moment
28:49que je te le dis.
28:52Tiens, regarde !
28:54Voilà !
28:55Pour une facture horaire du travail.
28:58Tu me paieras ça !
28:59Et toi !
29:01Faut le camp !
29:03Le temps d'enfiler mes bottes.
29:13Le moins si j'écris un manuscrit,
29:14tu vois.
29:16Seulement, j'écris par terre
29:17et avec une craie.
29:20Et il pleut beaucoup en ce moment.
29:24Alors, écris mon nom.
29:27J'espère que demain,
29:28il pleuvra.
29:55Ah !
29:56Ah !
29:57Ah !
29:58Madame Béane,
29:59Ah ben, si c'est pas un événement, ça.
30:02Bonsoir, Kovalik. Vous voyez, tout arrive.
30:04Dites-moi, c'est... c'est très beau, votre ferme.
30:07Dommage qu'à la commanderie, on n'est plus que des chiens.
30:09Du temps de votre mère, c'était des daldons d'Australie qui avaient...
30:12Ah ben, c'est moi qui les livrais, alors.
30:13Oui, effectivement. Je me souviens même qu'ils poussaient des cris horribles pendant les orages.
30:17Et vos Dobermans les ont tués. Je sais.
30:20Vous voulez entrer, Madame Berg ?
30:29Je vais vous asseoir dans le fauteuil, Madame, parce que le canapé, il fait des mois qu'il est cassé.
30:35J'ai demandé à Lucie de le faire réparer, seulement le temps passe, alors oui.
30:40Lucie ?
30:41Lucie, oui, ma baisse.
30:42Ah.
30:43Est-ce que vous voulez quelque chose, un peu d'eau ?
30:46Oh, de l'eau, vous savez.
30:51Voilà.
30:57Dites-moi, vous avez quoi dans cette bouteille ?
30:59C'est une petite prune, comme fait un de mes amis.
31:03Je ne voulais pas proposer, parce que ça titre assez fort, vous voyez.
31:07C'est pas grave, on va goûter.
31:09Bien.
31:11Voilà.
31:13Merci.
31:16Bien pour moi.
31:18Madame Berg.
31:21Eh bien, c'est comme si on trinquait, pas vrai ?
31:24Justement.
31:25Mais c'est peut-être un peu tôt.
31:27Oui, j'allais vous le dire, mais ça ne nous empêche pas de boire, j'imagine.
31:34Ouf.
31:36Effectivement, c'est un peu fort.
31:37Vous voulez un peu de kirsch pour les gâteaux, là ? Je vais en demander à la cuisine.
31:41Ah, non, non, non, non, pas question.
31:42C'est fort, mais c'est superbe.
31:47Alors, c'est moi qui ai demandé à vous voir, n'est-ce pas ?
31:50Oui, c'est moi qui aurais dû le faire.
31:52Seulement, vous m'avez pris le coup.
31:53Mais j'allais le faire, je vous donne ma parole.
31:57Kovalik.
31:57Oui, madame.
31:59On a...
32:01On a tué un de vos garçons chez moi.
32:04Oui.
32:05Vous avez frappé ma fille.
32:07On a molesté la vôtre dans le parking de mon journal.
32:11Elle a un enfant, d'ailleurs, qui est le petit-fils de ma mère.
32:16Vous avez un neveu qui passe régulièrement ses nuits sous mon toit avec ma fille, et nous savons ce qu
32:22'il y fait.
32:24D'autre part, vous avez un autre neveu qui s'est procuré des parts de mon journal.
32:31Dites-moi, vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup pour des gens qui ne se fréquentent pas ?
32:37Qu'est-ce qui se passe, Kovalik ? Vous voulez m'épouser ou quoi ?
32:40Oh, c'est pas gentil de vous moquer d'un vieil homme comme moi, madame Bérette.
32:46Mais si on ne se fréquente pas, ce n'est pas ma faute, vous le savez.
32:50Et puis la méchanceté, ce n'est pas de mon côté qu'il faut la chercher.
32:52Et ça, vous le savez aussi.
32:54Enfin, du moins, j'espère.
32:56Pardon.
32:56Moi, je ne vous en veux pas, madame Bérette.
32:59Vous n'en avez jamais voulu.
33:00Puis même, je vous respecte beaucoup, madame.
33:04Et je trouve que votre journal, c'est le mieux tenu du pays.
33:06Ah.
33:07Oui.
33:08Sauf quand vous me mettez dans votre rubrique, les gens de chez nous.
33:13Ça, moi, il fait beaucoup de peine.
33:15Mais enfin, je...
33:17Vous devez avoir des raisons pour le faire.
33:19Et j'ai même compris, vous voyez, ces raisons-là.
33:21Mais ce n'était pas spécialement dirigé contre vous.
33:23Non, vous aviez besoin de faire un coup.
33:27Et puis, c'est tombé sur moi.
33:29Non, mais ça a marché au moins, oui.
33:31Ça aurait pu.
33:32Mais je dois dire que vos avocats ont été très rapides.
33:35Mettez-vous à leur place.
33:39Mais...
33:40Merci.
33:42Ça ne nous dit quand même pas ce qui nous arrive.
33:44Ce qui nous arrive, je m'aime, bon...
33:47C'est pourtant simple.
33:48Les gens n'aiment pas votre journal, ils n'aiment pas votre famille.
33:51Et ils ne seraient pas fâchés qu'il y ait la guerre entre vous et moi.
33:57On ne va pas leur donner ça, quand même.
34:00Pas de mon côté, hein.
34:01Ça, je le jure sur mes morts.
34:03Dites-moi, votre neveu Bernard, il est prêt à le jurer, lui aussi ?
34:07Ce n'est pas moi qui le paye, madame.
34:09Merci, ça, je le sais.
34:11Il n'a pas de religion et il aime l'argent.
34:14Et contre des gens comme ça, madame, on ne peut rien faire.
34:19À nous deux.
34:20On peut peut-être arriver, non ?
34:23Qui sait, oui.
34:25Albert, il y a M. le maire qui va parler à la télé.
34:28Non, vous voulez, madame ?
34:30Pardon.
34:31Alors, M. le maire, Jacques Ovalon est au centre de l'actualité.
34:35Vous êtes content de cette publicité ou vous vous sentez un peu sur la scène ?
34:40Non, ça, c'est tout très bien.
34:42Ils ont plutôt...
34:43Mais quand même, deux meurtres en une semaine,
34:46des tentatives d'individuation,
34:47un climat manifestement bien alourdi.
34:51Est-ce que ce serait lié à l'échéance électorale de novembre ?
34:54C'est certainement un peu ça,
34:55mais il faut bien renouveler le conseil municipal.
34:57La loi l'exige.
34:59Mais il n'y a pas que ça.
35:01Vous savez, Château-Vallon est une ville tout à fait paisible.
35:03On a souvent cité un exemple pour son calme et sa tranquillité.
35:07Or, voici qu'en moins de deux ans,
35:08un journaliste est tué,
35:10le maire se suicide,
35:12et maintenant des convoyeurs s'entretuent.
35:14Vous avez tout à fait raison de parler de climat tendu.
35:17Et à ce sujet, je voudrais dire deux choses.
35:19J'observe d'abord qu'une certaine presse qui se vote à gauche
35:22entretient paradoxalement un climat de racisme particulièrement fâcheux.
35:28J'observe ensuite qu'une certaine famille,
35:30qui est respectable et respectée dans notre ville,
35:33et à juste titre, naguère,
35:35semble ne pas comprendre la gravité de la situation.
35:38Mais là, soyez plus précis, M. le maire.
35:40Nommez-les, au moins.
35:41S'agirait-il d'une famille qui possède un journal
35:44et qui compterait parmi ses rangs un député ?
35:47Oui, bien sûr, je veux parler de la famille Berg.
35:50Mais il faut voir qu'une mairie, ce n'est pas un château-fort.
35:52Ça ne se prend pas d'assaut et à la gussarde.
35:55Il y a des électeurs et des gens régulièrement élus.
35:57Ça s'appelle, je crois, le suffrage universel,
36:00qui n'est pas compatible avec les magouilles,
36:03intrigues et intimidations dont vous parliez.
36:05Un engage musclé, en tout cas, M. le maire.
36:07Je vous remercie.
36:08L'actualité est à l'étranger, ce soir.
36:12Ah ben, c'est pas clair, tout ça ?
36:15De toute façon, c'est un faux cul, alors.
36:16Il a toujours été.
36:17Ce n'est pas maintenant qu'il va changer.
36:19Il n'avait même pas eu les trites de prononcer votre nom.
36:22Il a fallu que ce soit la journaliste qui le lui fasse dire.
36:24Non, mais il était au bord de la diffamation.
36:26Il le savait.
36:27J'ai honte pour lui, oui.
36:32Tu dis moi, mais je suis bouleversé.
36:36Vous n'avez pas à vous en faire.
36:37De toute façon, il ne se représentera pas.
36:38Et s'il le faisait, il ne ferait pas mille voix.
36:41Merci.
36:42On ne sait jamais avec lui.
36:46Il va soutenir qui, d'après vous ?
36:49Je ne sais pas.
36:52Vous avez une idée ?
36:54Je suis capable de tout.
36:57Vous savez, moi, ça ne me regarde pas, remarquez.
37:02Allez-y, allez-y.
37:03Ça m'intéresse.
37:04Je trouve que M. Hammond devrait se présenter.
37:07Il y a des choses qu'on ne peut pas laisser passer.
37:11C'est un bon député.
37:12Il ferait un député.
37:13Mais formidable.
37:15Mais peut-être, après tout, c'est trop de travail.
37:18Vous savez, moi, je ne me rends pas bien compte.
37:22Vous êtes un payable, Corélic.
37:25Alors, on peut trinquer, maintenant, Mme Berg ?
37:28Oui.
37:30Aujourd'hui, chez nous.
37:31Et à la dépêche.
37:38Oh, je ne sais pas.
37:41Je ne sais pas si je vais pouvoir rentrer.
37:43Si, mais si, vous avez le chauffeur.
37:45Ah oui, oui, je l'ai oublié.
37:48Oh, attendez, mes cigarettes.
37:50Dites-moi, vous m'avez fait boire, hein ?
37:52Oh, pensez-vous, je suis quelqu'un que vous.
37:54Oh, si, si, si, oh là là.
37:56Prenez mon sac, oui.
37:58Il est là, il est là.
37:59Je vais laisser.
38:02Mais ce n'est pas possible.
38:03Qu'est-ce que vous m'avez fait boire ?
38:04Ah non, c'est vous qui m'avez fait boire, madame.
38:07Quoi ?
38:07Je ne vois plus clair.
38:08Ça ne fait rien, on y verra mieux cette nuit.
38:11Qu'est-ce qu'il raconte ?
38:12Vous êtes complètement fous.
38:14Il est fou.
38:14Ah non, je ne suis pas fou.
38:16C'est un proverbe de contrebandier.
38:18Ah, oh, alors ça, ça ne m'étonne pas de vous, hein ?
38:22Bonsoir, Kovalik.
38:23Ah non, mais ça, ça ne m'étonne pas de vous du tout.
38:26Ah oui.
38:27Ah, on va, madame Bergui.
38:33Ouais, on va bien.
38:59C'est tout ce qu'il t'a dit, Lorieux.
39:04Non.
39:05Je trouve ça honteux que tu continues à croupir ici.
39:10Ça suffit de plonger à toi.
39:12Je t'ai déjà vu à poil, moi ?
39:14Au moins cent fois.
39:17Tu n'as pas remarqué ?
39:19Qu'est-ce qu'il propose ?
39:21Qui ?
39:21Ben, Lorieux.
39:23Lui, rien.
39:24Mais Chantal, si.
39:26Tu sais de qui elle est la fille ?
39:28Non.
39:29De Chemin Bérard.
39:31Ben, elle ne s'appelle pas comme ça.
39:32Ça la regarde ?
39:35Et alors ?
39:38Elle voudrait qu'on dîner avec son père.
39:41Tiens.
39:43Et j'aimerais bien que tu le fasses.
39:50Elle va mieux ?
39:52Ne change pas de conversation.
39:54Alors non seulement tu vas te tirer, mais il faut que j'en fasse autant.
39:58Un jour ou l'autre, ce sera à prendre ou à laisser.
40:04Qu'est-ce qu'il y a ?
40:07Et t'en passes.
40:11Le mois prochain, ça...
40:13Ça fera deux ans que Paul est mort.
40:16Je sais compter.
40:17Oui, ça se tirerait pas.
40:20Tu me fais une scène ?
40:23Qu'est-ce que tu veux que je te fasse d'autre ?
40:28Merci.
40:39Quand est-ce que tu as eu Bernard pour la dernière fois ?
40:41Pourquoi ?
40:43Je crois qu'il regret d'être ton cousin.
40:45Qu'est-ce que tu cherches ?
40:47Moi, rien.
40:49Mais lui se pose des questions à notre sujet.
40:51Moi, je sais, il se pose beaucoup de questions.
40:55Des questions... de fond ?
40:56Qu'est-ce que tu cherches ?
41:00Ce que tu me caches.
41:02Mélange pas tout, ça ira mieux.
41:05Bon, j'y vais.
41:07Alors, tu penses à ce que je te dis ?
41:09Chantal et son père.
41:12Viens ici.
41:16Lève-toi.
41:35C'est depuis le temps que j'en avais envie.
41:38Il te croit pas marié pour autant.
41:48Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait ?
41:49Pour le truc, là, balestra.
41:52C'est quoi encore, ce truc-là ?
41:53Inauguration de ces nouveaux locaux à Rouen.
41:56Super fiestin, il y aura tout le gratin.
41:58Et pourquoi on couvrirait ça ? C'est pas notre zone ?
42:00Événement international, mon vieux.
42:01Il y aura tout le monde.
42:02Prix Nobel dans trois mois.
42:03Et tu l'as découvert comment, cette inauguration ?
42:06Je lis la presse étrangère, moi.
42:08Eh oui, j'ai des études, ça sert.
42:11Bon, alors, j'y vais ?
42:12Oui, oui, tu y vas, mais j'aimerais bien que tu emmènes la petite Béatrice avec toi.
42:15Il faudra faire son premier scoop.
42:16Tu parles d'un scoop.
42:17Oh, mais dis donc, rien que le fait d'être avec moi, c'est déjà un scoop.
42:21Moi, je sens le gaz.
42:22Non, c'est pas vraiment le gaz.
42:24Non, pis toi, tu m'as pas fait l'entraînement des majorettes, c'était pour samedi.
42:28Je vais tous vous mettre d'accord.
42:30C'est Mme Berg en personne qui se charge de ma estra.
42:33Elle vient de téléphoner.
42:34Bonne journée.
42:36Bon, d'accord, mais là, syndicalement, il y a un truc qui va pas.
42:38Où là, il faut revoir mon salaire.
42:40Parce que si je dois diriger le canard pendant que la patronne fait mon boulot...
42:42Ha, ha, ha, ha.
42:43Ha, ha, ha.
42:54Est-ce que je dois dire quelque chose du genre, je comprends ce que tu ressens ?
42:58Oui, tu peux.
43:00Et en silence.
43:07Je ne sais jamais ce qu'elle va dire.
43:09Jamais ce qu'elle va faire.
43:11Elle est imprévisible comme un chat.
43:14Et j'ai appris qu'il ne faut pas lui poser de questions.
43:19Je ne sais pas si elle m'entend, ni même si elle me voit.
43:22Mais elle est là.
43:26C'est comme un secret caché dans la maison.
43:29Et je sais qu'il ne faut pas le chercher.
43:33Je ne l'ai pas épousée parce qu'elle est belle,
43:36ni parce qu'elle est jeune,
43:39ni parce qu'elle est magique.
43:43Ce qui veut dire qu'un jour, au lieu de disparaître,
43:46au contraire, elle apparaîtra.
43:49Elle se mettra comme tout le monde à parler, à brailler, à ruminer.
43:53Et qu'elle me verra.
43:57Alors le charme sera rompu.
43:59Et l'un de nous deux devra prendre une grande décision.
44:02Pour ma part, je sais ce que j'aurai à faire.
44:05La peur de la perdre est si forte
44:07que déjà dans mon cœur, je commence à partir.
44:14J'espère seulement que la petite fille que nous avons faite,
44:18lui ressemblera.
44:20Et qu'ainsi elles seront deux à marcher sur la terre.
44:27Arrête.
44:31Ne me dis pas qu'il ne t'a pas aimé.
44:38Il l'a écrit.
44:41Il me l'a jamais dit.
45:05C'est tout à refaire, là. Dépêche-toi.
45:11C'est tout à refaire, là. Dépêche-toi.
45:12Oui.
45:17La lettre est sur ton lit.
45:22Passe une bonne soirée.
45:36Regarde celui-là.
45:38Il est mort.
45:40Et l'autre à côté, là, le Mugrichon.
45:42Il vaut guère mieux, tu sais.
45:44Ça fait au moins 18 mois que je le sais.
45:46Ils sont beaux, hein.
45:47Oui, oui, 40 mètres à la cime, datant de Napoléon III,
45:50mais il n'y a plus rien dedans.
45:52Bon, on fera du bois.
45:54Du bois pourri.
45:56Il faut les faire tomber tout de suite.
45:58On les laissera tomber tout seuls.
46:00Je n'ai pas le cœur à les couper.
46:02Écoute, fils, tu sais, comme moi, ils sont malades.
46:06Et à cause de leur ombre, le sol est foutu sur des centaines de mètres carrés
46:10et pendant des années.
46:11Tant pis.
46:13Je te dis que j'y tiens.
46:15Je suis grimpé dedans quand j'avais 7 ans.
46:18Ça m'arrivera encore.
46:32Merci.
46:33J'ai lu.
46:33Torsi.
46:33C'est parti.
46:49J'ai lu.
47:03Bon, ben, on a fait le tour pour aujourd'hui.
47:12Je vais aller voir les carpes.
47:14Tout à l'heure.
47:40T'es plein de cieux.
47:44T'as fait bon voyage.
47:47Julien, faut que je te parle.
47:50Je crois.
47:52Mais c'est pas facile, tu sais.
47:53J'imagine.
47:56Pas maintenant.
48:05Mais dites-moi, c'est un vrai tirant.
48:08Mais ils sont tous comme ça, vous savez.
48:10La barbe tout de même.
48:11Mais oui, ça va jusque-là.
48:12Il paraît que les poils produisent des aminases dangereux en milieu de l'eau.
48:15Tenez, j'en connais un qui fait contrôler que les femmes portent des colons.
48:18Et les cheveux ?
48:20Ah non, les cheveux ne sont pas des poils.
48:22Enfin, ce sera trop long de vous expliquer.
48:24C'est un point.
48:25Quoi ?
48:27Je crois que j'ai oublié de m'être une culotte.
48:29Aucune importance, on n'est pas en milieu vide.
48:32Ah, vous, vous trouvez ?
48:55Je voudrais tout d'abord faire remarquer qu'il y a ici quelqu'un qui s'est permis de fumer,
48:59malgré les innombrables panneaux d'interdiction que nous nous sommes donnés la peine de disposer dans ce lieu.
49:05Écoutez, soyez gentils.
49:07Je vous prie d'éteindre immédiatement votre cigarette.
49:17L'État a bien voulu récompenser l'effort de cette équipe en lui donnant enfin l'espace qu'elle mérite
49:23et sans lequel il lui serait impossible de continuer à travailler.
49:27Quoi qu'il en soit, chacun ici sait que nous ne travaillons pas pour l'État, mais pour le bien
49:31de l'humanité.
49:33Sauf que l'humanité a besoin de l'argent de l'État et l'État des bulletins de vote de
49:38l'humanité.
49:39De sorte que plus personne ne s'y retrouve et c'est très bien ainsi.
49:47Je milite depuis toujours pour des situations compliquées.
49:51Et jusqu'à aujourd'hui, ça ne m'a pas trop mal réussi.
49:54Mesdames et messieurs, vous êtes tous ici pour constater que la science existe.
49:59Ce qui continue à ne pas être une évidence pour tout le monde.
50:03Vraiment, dans un grand juin.
50:04Ouais, il y en a des petits.
50:11Les personnes qui travaillent ici ont une activité que je qualifierais d'artistique.
50:15Au contraire des équipes japonaises ou américaines qui savent se servir d'un ordinateur,
50:21mais qui ne savent pas faire bouillir de l'eau.
50:23Et nous avons ici une immense avance à ce qui conserve, nul ne le conteste, la cuisson de l'eau.
50:34Et maintenant, imaginez que ces gens-là en étaient encore à essayer d'attraper des grains de riz
50:39avec deux petits morceaux de bois
50:40et les autres à se battre contre des gens qui ne leur avaient rien fait du tout
50:44quand nous étions en train d'inventer tranquillement le corps humain.
50:49Et croyez-moi, le travail est loin d'être fini.
50:53Il est bourré comme un petit loup.
50:56Moi, je l'aime comme ça.
50:59Alors, on nous donne des...
51:01des baraques de luxe et à l'intérieur, 3 milliards de matériel
51:06et il n'y a personne qui soit capable de s'en servir.
51:08Ce qui est une chance pour eux parce que s'ils étaient là, en fin de compte, on ne pourrait
51:11pas les payer.
51:18Décidément, Mme Berg, vous êtes incorrigible.
51:20Je vais finir par la manger, moi, cette cigarette.
51:23Je crois que je vous ai tout dit.
51:25Et en ce qui concerne les rumeurs que vous savez,
51:27laissez-moi vous dire que Stockholm est une ville que je déteste, surtout en hiver.
51:31Il y fait toujours nuit et je suis un homme venu d'un pays de soleil.
51:39J'ai fini. Compliment.
51:42Ne restez pas là, avancez.
51:44Avancez, avancez.
51:47Pardon.
51:52Alors, vous avez fait connaissance.
51:54Au moins, cette bouffonnerie aura servi à quelque chose.
51:57Vous êtes, je crois, les deux personnes que j'aime le plus.
52:01Pour des raisons, d'ailleurs, diamétralement opposées.
52:06C'est évident.
52:07Ça s'arrose.
52:09C'est ma tournée.
52:12Qu'est-ce qui vous prend, Artus?
52:15J'étais récupérable. Je vais déjà vous parler.
52:17Si, si, si.
52:21Cette foule.
52:23Cette bande de crétins.
52:25Mais pourquoi vous obtenez un fumer?
52:27Pour me narguer.
52:29Silence.
52:29Mais, Artus, mais vous êtes tellement...
52:31Je sais, je sais, je sais.
52:33Toujours cette manie de vous singulariser.
52:38Mais, Artus, je croyais que...
52:42Vous croyiez pas?
52:42Que vous n'aimiez pas les femmes.
52:44Quelle différence, hein?
52:45Qu'est-ce que vous faites?
52:47J'aurais dû faire il y a longtemps, figure.
52:50Artus, mon article.
52:52Nous sommes en train de l'éclure.
52:53Vraiment, chérie.
52:54Oui.
52:55Rêve éblouissant d'amoureux
53:00Monde mercenaire et ambitieux
53:05Tout se confond aveuglément
53:10Dans la folie et dans le sang
53:18Puissance et gloire
53:23Dans l'eau trouble d'un regard
53:28L'aventure et la passion
53:34Autour de chatte ou ballon
53:40Puissance et gloire
53:44Etranger brûlant par cours
53:50Qui tôt ou tard
53:56Fini sur un dernier mot
53:59D'amour
54:03Femme
54:04Femme
54:05Emportée par la tourmente
54:09Douce
54:10Romantique
54:11Ou intrigante
54:14Nul
54:15Ne sait rien
54:17De vos secrets
54:18De vos désirs
54:21De vos regrets
54:26Puissance et gloire
54:30Dans l'eau trouble d'un regard
54:36L'aventure et la passion
54:42Autour de chatte ou ballon
54:48Vuissance et gloire
54:53Aux fantasmes éternels
54:58Sous la lumière illusoire
55:03D'un soleil artificiel
55:08D'un soleil artificiel
55:10Puissance et gloire
55:14Etranger brûlant par cours
55:20Qui tôt ou tard
55:25Fini sur un dernier mot
55:29D'amour
55:37Fini sur un dernier mot