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  • il y a 2 jours
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01:00Musique
01:54Au milieu des épreuves qui l'assaillent,
01:56les luttes fratricides au journal,
01:58les droits de succession,
01:59les intrigues des covaliques,
02:00le refus de sa fille de revenir près d'elle.
02:03Florence se raccroche à une seule idée.
02:05L'information lancée par un interlocuteur anonyme,
02:08Quentin aurait été assassiné.
02:11D'autant que les incidents s'accumulent.
02:13Entre autres, le pistolet qui a provoqué la mort n'était pas le sien.
02:17Élément nouveau qui laisse la police perplexe.
02:23Musique
02:31Allô ?
02:32Oui, c'est moi.
02:38Encore vous.
02:40Alors, écoutez-moi bien, vous.
02:43Non, non, laissez-moi parler, je vais vous répondre.
02:45Je vais même vous répondre en trois points.
02:47Enfin, premier point, il y a effectivement eu deux armes.
02:52Deuxième point, ce genre de détail n'intéresse pas du tout mon journal.
02:56Troisième point, en revanche, ça intéresse la police.
03:00Donc, j'ai transmis au SRPG.
03:02Voilà.
03:14Je vous déconseille ce petit jeu, madame Berg.
03:18En raccrochant trop tôt, vous risquez de rater l'essentiel.
03:20Et l'essentiel, madame Berg, c'est ce que je vais vous dire maintenant.
03:24Non, vous avez été idiotes de balancer le truc à Nicolo.
03:29Complètement idiotes, madame Berg, parce que Nicolo...
03:37Il vient de me traiter d'idiote.
03:40Idiote parce que j'ai transmis à Nicolo.
03:44Oh non, écoute-moi bien.
03:47Nicolo, ce Nicolo, serait précisément chargé d'étouffer l'affaire.
03:53Et l'affaire serait un meurtre déguisé en suicide.
03:58Mais un suicide décidé, organisé, commandité au plus haut niveau.
04:04Et la police aurait été chargée à son plus haut niveau, elle aussi,
04:09de conclure, à tout prix et contre toute vraisemblance, au suicide.
04:15Voilà. Qu'est-ce que tu en penses ?
04:18Il est bien temps de me le demander.
04:20On commence par tomber caché, ensuite on dit des bruits d'affaires.
04:26Enfin...
04:28Travers est au courant, je suppose ?
04:29Oui, depuis le début.
04:30Oui, depuis le début, et pas toi.
04:33Enfin, comme tu te vends de toi-même d'être le plus vieux routier de la maison,
04:37j'ai cru devoir faire appel à tes lumières.
04:40Merci quand même.
04:41De rien.
04:42Appelez-moi Travers.
04:44Ça m'aurait étonné.
04:46Jean-Jacques,
04:48essaie, essaie de comprendre un petit peu.
04:51Tant que ça n'a été que des broutilles,
04:53je me suis contentée de Travers.
04:55Mais maintenant que la situation s'aggrave,
04:58j'ai besoin d'un spécialiste.
05:01Hum ?
05:02Alors, monsieur le professeur, votre diagnostic, c'est quoi ?
05:06Un schizophrène, c'est évident.
05:09Tu sais, pour ces gens-là, un ministre qui suicide, ça n'existe pas.
05:12On l'a tué.
05:14Il a toujours existé au sommet une conspiration pour l'assassiner.
05:18Avec ce corollaire que notre police, pourrie par définition,
05:22roule une fois de plus l'opinion dans la farine.
05:24Dont tous les symptômes sont réunis.
05:26Ton type délire.
05:27Hum, non.
05:29Il dit des choses vraies.
05:32Vraies par hasard ?
05:33Non, non, non, non.
05:34Tout.
05:35Tout ce qu'il a dit jusqu'à présent était vrai.
05:38Oui.
05:40Bonjour.
05:41J'ai fait assez vite ?
05:42Oui.
05:43Asseyez-vous, mon vieux.
05:45Votre patronne a ses vapeurs.
05:47Ne voudriez pas vous absenter sans vous.
05:48Elle flippe.
05:50J'ai trouvé votre note sur mon bureau.
05:52Dites donc, notre petit camarade y fait plus dans le détail.
05:55Je dirais même qu'il exagère.
05:58J'ai mis Jean-Jacques au courant.
05:59Je pense que c'était mieux.
06:01Je prends acte que dans le journal de mon père, ma participation est liée à la vie de M. Travers.
06:06Et vous nous dites quoi ?
06:09Oh, rien.
06:11Simplement que vous vous êtes laissé mener en bateau comme des gamins.
06:14Ah, c'est pas con, ça.
06:15C'est banal, mais c'est pas con.
06:18J'ai une idée.
06:20Enfin, pas question de broder sur de prétendues implications ministérielles ou autres.
06:29Mais nous allons concocter un petit encadré à la une pour parler du micmac des deux pistolets.
06:36Non, non.
06:38Pour demander s'il n'y aurait pas eu deux pistolets.
06:42Voilà, je crois que le conditionnel est mieux.
06:44Je pensais que vous vous aviez relancé.
06:46Je suis très changeant.
06:48Travers.
06:48Faudra vous y habituer.
06:50Mais autrement dit, mon avis, tu t'assieds dessus aussi.
06:53Oui.
06:54Enfin, je t'ai consulté, c'est déjà ça.
06:57Bon.
06:58Enfin, pour la bonne forme, puisque tu ne m'as pas laissé m'exprimer, le voilà, mon avis.
07:04Là, tu t'attaques au pouvoir.
07:05Et je t'affiche mon billet que le pouvoir me le fera payer très cher.
07:10Je ne sais pas ce que ton conseiller privé en pense, mais...
07:14Là-haut, dans ce cas-là, ils sont très, très, très méchants.
07:19Le privé pense assez comme vous, dans ce cas-là.
07:26Moi aussi, d'ailleurs.
07:29Vous voyez, on arrive toujours à être d'accord.
07:49C'est pour toi.
07:52Hein ? Qui est-ce ?
07:54Je ne sais pas, une femme.
07:59Allô ? Oui ?
08:01Ah, Florence, oui. Bonjour.
08:03Non, non, non, non, non, tu ne me réveilles pas, j'ai une réunion de commission à 10 heures.
08:08Hein ? Non, non, non, vas-y, vas-y, vas-y, explique-moi, j'ai le temps.
08:11Eh bien, explique.
08:13Hein ?
08:14Ah, d'accord, d'accord.
08:16Oui, ben, écoute, si tu le sens comme ça, si tu le sens comme ça...
08:19Mais non, je n'ai rien.
08:20Si tu le sens comme ça, ben...
08:21Oui, mais fais-le, bien sûr.
08:23Au conditionnel, j'ai bien compris.
08:24Mais enfin, dis donc, à ce niveau-là, ça aura l'air difficilement d'une question innocente.
08:29Oui, ok, bon.
08:30D'accord, petite soeur.
08:31Mais non, mais merci d'avoir...
08:35C'est important, ça !
08:36Il est marre de petits trucs importants.
08:38C'est moi qui suis important.
08:48Ça, mon cher, je ne supporte pas.
08:52Je m'en doute, monsieur le ministre, j'ai lu aussi.
08:54Et alors ? Dois-je comprendre que ce que le ministre de l'Intérieur ne supporte pas, son chef de
08:59cabinet le supporte allègrement ?
09:00Pas plus que vous, monsieur le ministre. Je boue.
09:03Et que nous raconte la consternante nullité qui se fait passer pour le préfet de Château-Vallon ?
09:07J'allais justement l'appeler.
09:08Alors, vous alliez, tout en bouillant, vous vous prépariez.
09:12Ah, quel titre, à ma reconnaissance, cette capacité de bouillir tranquillement.
09:16Quelle bonne note pour votre carrière.
09:23En conclusion, monsieur le préfet, votre talent de vous indigner sans lever les petits doigts fait mon admiration, mais ne
09:30plaide pas en votre faveur.
09:31Non, soyons bien clairs, n'est-ce pas ?
09:32Votre carrière vient d'en prendre un coup.
09:35Ce détail des deux armes, je me fous de savoir si vous le connaissiez ou pas.
09:38Dans un cas comme dans l'autre, c'est accablant pour vous.
09:41Accablant.
09:43J'ai vu des fonctionnaires d'autorité sauter pour dix fois, mon essai.
09:46Bonsoir, Nicolas.
09:46Mes respects, monsieur le préfet.
09:49De mes deux, tiens.
09:51Ah, inspecteur Pradal, j'ai l'avantage de vous faire connaître que je vous propose à la fois pour le
09:57mérite agricole et pour la révocation.
09:59Ainsi, vous pourrez, dans l'honneur, vous consacrer un repos bien mérité et à la culture des salades.
10:19Anne ?
10:20Hum-hum.
10:27Tu viens ?
10:28Oui.
10:35Elle aimait Armand, les Beatles et Mozart. Et pas du tout le décor.
10:38Non, ben évidemment, elle me plaisait pas le rêve. On va chercher mieux, tu vas voir. On va trouver.
10:42Avec un petit pot de jardin peut-être ?
10:44Ah oui, avec un grand jardin et une grande piscine. Comme c'est l'Iglésias, tiens.
10:48Ben quoi, c'est pas si mal, l'Iglésias ?
10:49Mais c'est très bien, l'Iglésias.
10:52Ben quoi, je peux pas toujours écouter Mozart ?
10:54Ben évidemment.
10:56Tu sais, l'Iglésias, à la longue, on s'y fait, hein. Il aimait Anne, les Beatles, Mozart et Iglésias.
11:08Et il se beurait ou les consacrer.
11:11De préférence du douze en d'âge. Je t'en sais pas ?
11:14Non, j'ai pas le temps parce que j'ai une séance de nuit. Juste le temps de prendre une
11:17douche.
11:19Je t'en sais pas, je t'en sais pas. Je t'en sais pas, je t'en sais pas.
11:33Allez, faut comprendre aussi que c'est pas toujours bon pour moi.
11:37J'entends rien !
11:54Ça suffira comme ça, messieurs. Merci.
12:01Je vous remercie, mesdames et messieurs, d'avoir bien voulu vous déplacer pour ce qui ne sera qu'un simple
12:06et bref commentaire, mais qui m'a paru s'imposer.
12:12En effet, ce n'est pas le nouveau maire de Château-Vallon que vous allez entendre, mais l'ancien collaborateur
12:18de Georges Quentin, son ami de vingt ans.
12:23Vingt ans, j'étais près de lui. Et des soucis, je lui en ai vu, oh oui.
12:29Mais des soucis concernant sa sécurité, jamais. Aucun.
12:36C'est pourquoi je tiens à tordre le cou sans plus attendre à la fabulation grotesque suivant laquelle il aurait
12:42pu être la victime de je ne sais quel attentat invisible et indécelable.
12:50Il était de ces hommes qui ont des adversaires, mais pas d'ennemis.
12:56À mon sens, ses seuls vrais ennemis sont posthumes.
13:00Ceux qui ont osé suggérer un assassinat.
13:04Comme si nous ne savions pas, mesdames et messieurs, que lorsqu'on a décidé de se tuer, on se tue
13:11avec la première arme qui vous tombe sous la main.
13:15Bien joué. Qu'est-ce que je t'avais dit ?
13:17Florence Berg de La Dépêche, une question, monsieur le maire.
13:20J'ai fait savoir que je ne répondrai à aucune question et ça vaut pour tout le monde.
13:26Intime comme vous l'étiez, avez-vous le sentiment que Quentin était en parfaite santé dans les jours précédant sa
13:32mort ?
13:33Parfaite, je vous le garantis.
13:34Au moral aussi ? Pas d'état de prostration caractérisé ? Il vous parlait ?
13:40Il me parlait de ses soucis.
13:42Je veux dire, il vous parlait normalement ?
13:46Tout à fait normalement.
13:48Ce qui veut dire que la thèse du suicide dans un accès de dépression vous paraît pour le moins contestable.
13:54Merci, c'est tout ce que je voulais savoir.
13:57Merci.
13:58Merci.
13:58Merci.
14:05Que veux-tu que je te dise ?
14:07Tu as signé.
14:09Jusqu'à aujourd'hui, on pouvait penser que tu faisais ton boulot de journaliste.
14:11Peut-être un peu pinailleuse, on va faire ton boulot de journaliste.
14:14Mais maintenant, ils savent que ton but, ton seul but, est de réécrire l'histoire de façon à ce que
14:17Quentin ne se soit pas suicidé.
14:19Tu leur as fait une véritable déclaration d'attention.
14:21Et tu as signé Florence Berg de La Dépêche.
14:25C'est-à-dire que tu as signé moi, Melchior, Travers, Maryse, entre autres.
14:34Et qu'est-ce qu'elle en pense, Maryse ?
14:37J'en pense que votre démonstration est à double tranchant.
14:40Si Quentin n'était pas déprimé, on va dire qu'il a été poussé au suicide par la publication de
14:45sa lettre.
14:47Et c'est toi qui as voulu la publier, cette lettre ?
14:50Oui, merci de le rappeler, Jean-Jacques.
14:53Mais ne t'inquiète pas, je ne risquais pas d'oublier.
14:56À votre place, Florence, je crois que je ferai marche arrière.
14:59Ah oui, comment ?
15:01Après avoir soulevé ce lièvre ?
15:03Je viens d'avoir Armand au téléphone, on ne parle que de cela, l'Assemblée.
15:06Et maintenant, je vais dire au lecteur, excusez-moi, mes chers lecteurs, j'ai fait ça simplement pour voir...
15:10Mais non, puisque c'est vrai. Enfin, les deux pistolets sont vrais.
15:14Ce sont tes conclusions qui sont fausses.
15:16Mais qu'est-ce que tu veux, tu as l'esprit fou.
15:18Non, Florence, vous ne m'avez pas compris.
15:21Lorsque je parle de faire marche arrière, je ne veux pas dire laisser tomber.
15:24Je veux dire revenir en arrière, remonter jusqu'au téléphoneur.
15:28Enfin, bien le situer.
15:29Je peux peut-être me tromper, mais je commence à croire qu'il sait parfaitement où il veut nous faire
15:34aller.
15:35Et c'est justement ça que nous devons savoir pour ne pas y aller.
15:39Ah ben...
15:40Le situer, le situer, facile à dire.
15:44S'il ne rappelle pas, vous pouvez toujours courir.
15:46C'est pas dit, il a laissé à votre sœur un moyen de la joindre, si nécessaire.
15:51Un message codé à faire paraître dans les petites annonces.
15:55Vous l'avez, Florence ?
15:57Oui, oui, je...
15:58Je l'ai noté quelque part.
16:01Je pense que j'en ai fait.
16:03Ah, oui, voilà.
16:05Trouver qu'Anne Lichenin, avant-hier, quartier Saint-Jean, s'adresser au journal.
16:09Ah, parfait.
16:11Avec ça, on n'est pas fauché.
16:13En place pour les jeux de pistes.
16:15Des scouts.
16:16Voilà ce qui est devenu la dépêche.
16:18Le dernier djembori, on s'amuse.
16:22Le canichin.
16:24Il y a de quoi pleurer.
16:30Qu'est-ce qu'il a contre les canichinins ?
16:36En fait, ça ne date même pas de la municipalité d'avant, Quentin.
16:39Mais de celle qui était encore avant.
16:41Ah, c'était mirifique.
16:43On allait régulariser le cours de la Loire, créer le plus beau bassin d'Europe.
16:47L'État promettait mon zémerveille.
16:50Puis Château-Vallon s'est permis de mal voter.
16:53Oh, une seule fois, mais ça a suffi à fermer les robinets.
16:57Ensuite, il y a eu Quentin.
16:59Oui, c'est un des foutus.
17:01Voilà, M. Kovallik.
17:03Voilà l'objet.
17:06Ouais, c'est la commune qui vend, alors.
17:09Oh, non.
17:10On n'était arrivé qu'à l'option sur les terrains.
17:13Mais dans l'état où ils sont rendus,
17:15une immense poubelle,
17:17les propriétaires sont prêts au plus grand sacrifice.
17:20Ben, je vous ai dit le prix.
17:22Ravouez que c'est pour rien.
17:24Je peux aussi acheter un éléphant pour rien.
17:27Mais qu'est-ce que j'en ferai après?
17:29Quand c'est pour rien, c'est généralement
17:31très au-dessus de mes moyens.
17:34Jolie formule.
17:36Américaine?
17:39Pas spécialement.
17:44Il faut voir.
17:47Ça s'amortit, un éléphant.
17:49Si on en fait de la viande pour chiens.
18:01Ah, voilà.
18:02trouver Kanichina avant-hier
18:05quartier Saint-Jean
18:06s'adresser au journal.
18:21Sous-titrage Société Radio-Canada
18:23Sous-titrage Société Radio-Canada
18:46Sous-titrage Société Radio-Canada
19:11C'est nul, ça. C'est à refaire.
19:19Bonjour.
19:21Ça vient du labo, il paraît que c'est urgent.
19:23Je n'ai rien à faire, moi, de ça.
19:26Le visage, là, il n'y a pas quelque chose de...
19:28Quoi, le visage ?
19:29Je ne sais pas. Ça m'a paru bizarre.
19:32Tu es peut-être plus forte que tout le monde, toi.
19:35Tu veux ma place ?
19:37Bah, dis-le.
19:39Mais enfin, qu'est-ce que je vous ai fait ?
19:42Bon, je m'en vais.
19:44C'est ça. Va te faire consoler par travers, il adore ça.
19:47Mettre comme ça, jalouse.
19:53Ouh, je vais finir par croire que vous aimez vous faire plaindre.
19:59L'autre jour, c'était le doigt.
20:01Aujourd'hui, c'est la tête.
20:03Et encore, moi, c'est rien.
20:04Verrier Favreau.
20:05Il faut me réserver quoi pour la prochaine fois ?
20:08Une jambe cassée ?
20:09J'ai bien peur qu'il n'y ait pas une prochaine fois.
20:11Après ça, je crois qu'on ne reverra plus notre ami.
20:14Oui.
20:15Je lui dirai adieu.
20:19Voilà.
20:21Ça vient du labo.
20:23Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
20:24Écoute, sois gentil, mon parent.
20:27Toi, plutôt, t'as pleuré ? Pourquoi ?
20:30Moi, je n'ai pas pleuré.
20:32Où viens-tu ?
20:33De chez Maryse.
20:34Elle est en colère et elle se venge sur moi.
20:36Pourquoi elle se vengerait sur toi ?
20:38Devine.
20:40Ah, parce que...
20:41Parce qu'elle raconte...
20:42Maryse et monsieur.
20:44Ça, c'est une vieille histoire.
20:45Il y a longtemps.
20:48Moi, je vais aller lui dire deux mots à Maryse.
20:50Travers, restez là, je vous prie.
20:52Les histoires de coeur ne m'intéressent pas du tout.
20:56Le labo vient de m'envoyer ses photos.
20:58Il y a un détail curieux.
21:01Voyez vous-même.
21:06Quoi ?
21:07Vous voulez dire les traces d'Echymos qui manquent au front ?
21:10Là, elles n'y sont plus.
21:13Entre-temps, ils l'auront maquillée.
21:15Dans ces cas-là, on s'arrange toujours pour rendre aux familles des morts bien propres.
21:19Et aux pompes final municipales, ils sont très forts pour ça.
21:20Je vais d'ailleurs aller y faire un tour.
21:22Non, non, pas si vite.
21:24Ces Echymos, elles sont dues au choc du front contre la portière au moment du coup de feu, n'est
21:29-ce pas ?
21:29Oui, c'est bien ce que nous avons tous pensé.
21:33Mais supposez qu'on l'ait assommé pour ensuite le suicider bien tranquillement.
21:40Je dois vous faire observer que tout le monde les avait vus et revus sur les photos d'identité judiciaire.
21:45Oui.
21:46Le médecin légiste, lui aussi, a bien dû les voir.
21:48Non, s'il vous en est, t'as suspecté de tout et tout le monde.
21:53Non, admettons, je n'ai rien dit.
21:59Du nouveau ?
22:03Non.
22:13Mort à Hartward, Connecticut, du célèbre écrivain Ernest Wilson.
22:19Décidément, c'est la journée.
22:21Pourquoi ? Tu crois qu'elle l'aimait encore ?
22:24Je ne sais pas.
22:26Et toi, tu l'aimes, Laurence ?
22:29Je ne sais pas.
22:38Dis-moi, c'est vrai, c'est ton premier caviar.
22:41Ah oui, je te jure.
22:47Alors ?
22:49Franchement, je préfère le saucisson.
22:52Moi aussi, figure-toi.
22:53Ah, mais tu sais, à la longue, on s'y fait.
22:57On a eu le champagne, ça va ?
22:59Oui, le champagne est allé.
23:03L'assistance ?
23:04La jolie dame.
23:06Les caras sont sorties.
23:08Et les messieurs ?
23:09Bon, moi, je préfère le mien.
23:12On fait avec ce qu'on a, à la longue.
23:15Si tu veux mon avis vrai.
23:18Je trouve que toi et moi, on fait très châteauvalon en coquette.
23:25Tout le repas au champagne.
23:28J'aimerais bien boire au tout chaud.
23:30Quoi, par exemple ?
23:32Je ne sais pas.
23:33Tu crois qu'une petite bière ?
23:35Oui, alors là, tu vois, je crains que...
23:41Mettre d'hôtel.
23:42Mettre d'hôtel.
23:46M. le député ?
23:48Oui, appelez-moi le sommelier, je vous prie.
23:51Tout est au goût de madame.
23:54Madame est très satisfaite.
23:55Mais madame serait encore plus satisfaite avec un bon impression.
24:03Je crois que je n'aurais pas dit.
24:06C'est un peu trop, hein ?
24:08C'était drôle, mais ce n'était pas vraiment indispensable.
24:10Toute une indication à refaire.
24:12Ah, et puis il m'agaçait.
24:13Il avait l'air de me regarder comme si j'avais fait des tâches sur la table.
24:17Mais moi, ça va, dans l'ensemble, je ne fais pas trop tâches.
24:19Sortable.
24:21Adorable.
24:24Dis, tu sais, je commence à m'ennuyer un petit peu.
24:30Confidence pour confidence, moi aussi.
24:33Surtout quand on pense qu'on pourrait faire ailleurs.
24:36Hum, obsédé.
24:39Ah, merci.
24:46Donnez-moi un bordaud léger.
24:48Comment vous avez bruit le champagne ?
24:49Il ne me semble, monsieur, qu'un bousille rouge.
24:51Ah, bah oui.
24:52C'est une excellente idée.
24:54Un petit peu plus bas.
24:55Ah, bah, voilà.
24:56Très bien, un bousille rouge.
24:5775, c'est très bien, vous verrez.
24:59Merci.
25:01Bonsoir, monsieur.
25:02Bonsoir, Sophia.
25:05Bonjour, mon cher Berger.
25:07Ou plutôt, rebonjour.
25:09Ah, car je peux vous dire, madame, qu'il a été épatant ce matin en commission.
25:13C'est pourquoi je me suis permis de troubler votre déjeuner d'amoureux.
25:17Ah, j'ai beaucoup apprécié son intervention.
25:19C'est très aimable, Primo.
25:21Ah, monsieur, je te présente mon collègue Primo, député du Maine-et-Loire.
25:26Bonsoir.
25:27Je vous en prie.
25:28Merci.
25:28Non, mais vraiment épatant, mon cher.
25:30À un certain moment, vous m'avez rappelé le Quentin de la grande époque.
25:33Le meilleur Quentin.
25:35À propos de tous ces bruits sur sa mort, qu'est-ce qu'on en dit dans votre circonscription ?
25:39Rien, on n'en dit plus rien.
25:40Et lui non plus, il ne dit plus rien.
25:41Je t'en prie.
25:43Vous voyez pas qu'on a envie d'être seul ?
25:45Moi, je ne suis pas députée et je comprends ça.
25:46Ah, ça suffit maintenant, s'il te plaît.
25:48Non, je vous en ferai très mauve.
25:49Excusez-là, c'est...
25:50Non, non, non, mais...
25:51Excusez-là.
25:52Bien entendu.
25:53Question de génération, mon cher.
25:56D'éducation, peut-être.
26:07Commissaire.
26:12Sinon, je ne vous aurais pas convoqué.
26:15Bien.
26:18Et si on m'a tiré dans les pattes d'une manière que je n'ai pas du tout appréciée,
26:21c'est moi que je puisse dire.
26:23Je vous résume les faits brièvement.
26:26Un journal que je ne nommerai pas se trouve détenir une information concernant les deux PA50.
26:32Cette information, il me la fournit, ce qui est bien.
26:34Et donc, l'ayant fourni à la police, ce qui est très bien, je le répète, il s'empresse de
26:39la publier.
26:40Ce qui est très mal.
26:42Enfin, j'encaisse.
26:44Il vous faut observer d'ailleurs que dans ces cas-là, j'ai de remarquables qualités d'encaisseur.
26:48J'encaisse jusqu'au moment où je peux contrer.
26:50Et aujourd'hui, je contre.
26:51Voilà.
26:53Les deux PA50 appartenaient bien tous les deux à Georges Quentin.
26:57Le PA50 avec lequel il s'est donné la mort était un cadeau.
27:01Un cadeau post-mortem de son jeune frère, Pierre Quentin, qui était lieutenant de carrière et qui a été tué
27:07à la fin de la guerre d'Algérie.
27:09Georges Quentin a donc reçu ce pistolet.
27:12Il l'a pieusement conservé en oubliant, mais enfin je crois que c'est bien excusable, de le faire immatriculer
27:17à son nom.
27:18Voilà.
27:18Donc il n'y a plus de mystère, alors s'il vous plaît messieurs, inutile de broder.
27:21Et il le conservait dans la boîte à gants de sa voiture ?
27:24Oui, et là-dessus, monsieur Travers, nous avons dix témoignages contre.
27:26Merci messieurs.
27:27Pardon.
27:31Pardon.
27:31Coco.
27:32On est cocu.
27:33Oui.
27:43C'est pas gentil, mec, d'avoir voulu me kidnapper.
27:47À trois, c'était idiot, et même à six, je ne vous donnais pas gagnant.
27:50Alors, dis à ta patronne qu'elle ne s'amuse plus à ça.
27:54J'ai les moyens de lui faire payer, insiste bien là-dessus.
27:57J'ai beaucoup plus de moyens contre elle qu'elle n'en aura jamais contre moi.
28:00Mais comme je suis bon prince, je vais encore vous faire un avantage.
28:05Il s'appelle Sophia.
28:07Ça, dans les trente ans, c'est plutôt bien roulé.
28:10Ça travaillait à la gentille haumière, et la nuit du drame, la nuit tragique,
28:15t'as pas aidé des choses passionnantes que ça a pu remarquer.
28:19Elle ne bosse plus dans l'osboxon des bois.
28:21Peut-être bien qu'elle a pris peur, mais malin comme je te connais.
28:25Je suis tranquille.
28:26Tu vas pas être loin à la retrouver, cette Sophia.
28:29Ok ?
28:47Mordeaux, il s'est fermé.
28:48Longue balade pour rien.
28:50Avec le panneau congénuel, et personne autour.
28:53Si, les bois.
28:55La salade aussi, mon monsieur.
28:58Oui, Solange.
28:58Une salade.
28:59Une grosse salade pour moi.
29:07Vous m'avez dit y avoir été quelques fois, non ?
29:12Oui, quelques fois.
29:14Souvent au début.
29:16Un petit peu moins après.
29:18Et pas de souvenirs de Sophia ?
29:20Aucun.
29:24Effectivement, tout ça m'aide beaucoup.
29:26Oh, ne te racassez pas.
29:31Si vous la retrouvez, tant mieux.
29:33Sinon, vous savez, il y a des choses tellement plus importantes dans la vie.
29:39Ah, ça, c'est sûr.
29:40Mais quoi ?
29:44Florence.
29:47Mais qu'est-ce qu'il y a ce soir ?
29:50Il n'y a donc plus de griffes dans cette petite mimine.
29:56C'est si difficile à dire.
30:04À dire et à oublier.
30:08Il y a Wilson.
30:11Et ensuite ?
30:13Le veau-carotte.
30:14Les deux ?
30:15Les deux.
30:20Je l'ai connue à...
30:22à Montparnasse.
30:24Allez-y.
30:29Je vous ai dit d'y aller.
30:31Des fois, il faut.
30:32Ça rime avec copains.
30:35Ce soir-là, j'étais...
30:38J'étais seule à la coupole.
30:42Installée devant mes huîtres.
30:44Des cancales.
30:46Celles que vous préférez ?
30:47Oui.
30:49Et l'illustre Wilson est venu s'asseoir près de moi.
30:54À l'époque, il n'était pas du tout illustre.
30:57Il avait même plutôt l'air d'une cloche.
31:01Je crois qu'il avait de l'argent à l'époque.
31:03Mais c'est quand même moi qui ai payé.
31:08Et après ?
31:12On s'est mariés.
31:16Et puis...
31:18Ce fut...
31:19Je ne dirai pas...
31:20Pas très vite, mais...
31:23Assez vite.
31:25La gloire.
31:28Américaine.
31:30Mondiale.
31:33Cinq ans après, c'était...
31:36Carrément le conte de fées.
31:38Le prix Pulitzer, etc.
31:46Et vous auriez voulu que...
31:48Qu'un homme aussi...
31:52Aussi grand...
31:54Aussi illustre...
31:56S'intéresse...
31:58A une petite femme rencontrée dans un...
32:02Dans un petit pays.
32:06Cela dit...
32:08Il a été très chic.
32:11Il m'a laissé ma fille.
32:17C'est bon, ce vaut aux carottes.
32:19C'est correct.
32:24Plus exactement...
32:26Il me l'a laissé en dépôt.
32:31Il voulait voir ce qu'elle deviendrait.
32:34Comme elle est devenue quelqu'un de...
32:36Plutôt...
32:37Jolie...
32:39Drôle.
32:44Peut-être un petit peu grâce à moi.
32:53Une gosse futée.
32:58Il l'a rappelée.
33:00Et la droite du père.
33:06Entre deux génies...
33:08Un simple signe suffisait.
33:12Bien.
33:14Voilà les bons côtés des choses.
33:16Notre fille va revenir.
33:20Non.
33:23Non, je ne crois pas.
33:27Sincèrement, au travers, je ne crois pas.
33:35Bon.
33:38Où on va maintenant ?
33:40On va ici.
33:43Ça ?
33:44Ah ben, je connais.
33:45C'était pas la peine.
33:47J'en ai fait le tour.
33:48T'étais encore tout petit.
33:50Y'a pas un rond à gagner là-dedans.
33:52On me le donnerait, j'en voudrais pas.
33:55Ils ne le donnent pas, ils le vendent.
33:57Une bouchée de pain.
33:59Si tu crois que j'ai mis du pain de côté pour acheter ce trou...
34:02Attention, le pain, ça rassit.
34:05J'aime le pain rassit.
34:10J'ai vu l'équipement.
34:12Apparemment, pas d'objection majeure.
34:14Et tout à l'heure, j'ai rendez-vous avec l'architecte de la ville.
34:18Qui, Maclin ?
34:20T'es un coquin, celui-là.
34:22Ça m'est égal, moi aussi.
34:24J'ai l'intention de lui demander le plan détaillé de tout le coin.
34:28Pourquoi ?
34:29Tu veux me dire pour faire quoi ?
34:32Non, pas encore.
34:34Oh, c'est ça, oui.
34:36Juste pour que je me fasse une petite idée.
34:39Une idée ?
34:41Eh bien, l'idée de départ, c'est que la guerre contre les bergues pourrait bien commencer dans ce trou.
34:45Il va falloir que je sorte mes lingots, hein, c'est ça ?
34:48Eh oui, il faut sortir le parassis.
34:58Anne ?
35:00Anne ?
35:18Ah, c'est toi ?
35:20Salut, petite sœur.
35:22Non, non, ça va.
35:24Oui, oui, elle va bien. Non, je pensais que c'était... Non, non.
35:28Oh, ben oui, non, moi, j'ai un boulot par-dessus la tête, ça, c'est...
35:31Ben oui, je sais bien, j'ai même pas répondu à ton télégramme.
35:33Je suis désolé.
35:35Non, c'est vrai, c'est vrai, je suis désolé.
35:38Ben oui, je sais bien, Ernest, et moi, euh...
35:41C'était pas vraiment ça, mais enfin...
35:42Ça m'a quand même fichu un coup.
35:45Ouais.
35:47Non, j'étais beaucoup avec toi, tu sais.
35:50C'est vrai, beaucoup.
35:53Qu'est-ce que...
35:56Hein ? Qu'est-ce que tu dis ?
35:58Oui.
35:59Vendredi, 15h, à la commanderie.
36:03Bon, ben, je m'arrangerai, oui, oui.
36:05Non, non, tu peux compter sur moi, c'est noté, oui.
36:07D'accord.
36:08Allez, au revoir.
36:10Mais non, je t'expédie pas.
36:12Qu'est-ce que tu vas chercher ?
36:13On parlera de sauce à vendredi, d'accord ?
36:16Allez, à vendredi.
36:17Salut, petite sœur. Au revoir.
36:25Et moi, Anne, il est plus de 9h. T'es sortie depuis quand ?
36:31Ça peut être crevant, Paris.
36:32C'est dégueulasse ou cette faute, c'est pas plable.
36:35Tu comptes pour personne, t'es rien.
36:37Non, je t'ai posé une question.
36:39C'est affreux de te dire que t'as jamais compté pour personne.
36:43Depuis quand es-tu sortie ?
36:44Je sais plus, qu'est-ce que j'ai pu faire.
36:47En tout cas, quand j'ai appelé à midi, t'étais pas là.
36:49T'as appelé.
36:50Ouais, j'ai appelé, mais...
36:51T'as déjeuné où ?
36:52J'ai pas à déjeuner. Grosse faute, hein.
36:54Tu sais que là, bouffez-vous, faut pas rigoler, hein.
36:56À ces cas de son truc, tu viens de te faire ta cuisine, ça finira le topo.
36:59Mais enfin, mais écoute, Anne, où est-ce que tu vas chercher tout ça ?
37:02Des idées comme ça, mais pas si connes.
37:05Pas connes, je trouve.
37:06Et il t'en vient souvent ?
37:07Très, de plus en plus souvent.
37:09Depuis l'autre jour, avec ton ami le truc-muche.
37:11C'est son éducation, une génération.
37:13Ah, écoute, enfin...
37:15Écoute, hein, si tu dois me juger là-dessus, moi, je t'annonce que j'abandonne.
37:18Enfin, qu'est-ce qui t'a vu ça dans la tête ?
37:20Toi, dix fois par jour, tu t'en aperçois même pas.
37:22Avec ton collègue, machin, bidule, là.
37:24Comment il s'appelle, déjà ?
37:28Trimo.
37:30Pourquoi ?
37:31Parce que je l'ai vu.
37:32Je l'ai regardé.
37:34Il m'a fait peur.
37:36Et je t'ai vu, toi, en trimo.
37:39Ça te guette, t'y vas.
37:42Je me suis fue, moi, dans deux ans, avec un trimo.
37:45Et ça, t'entends, il est pas question.
37:47Il pue la mort.
37:49Vous puez la mort.
37:51Ah, mais enfin, qu'est-ce que tu as ?
37:55Tu vas quand même pas ressortir.
37:57Pourquoi toi, tu restes ?
37:58Non, moi, je sors aussi, j'ai séance.
38:01Alors, moi, j'ai aussi noche.
38:06Tu rentres tard ?
38:08Je sais pas.
38:09Minuit, minuit, minuit.
38:22Les experts que j'ai consultés font incontestablement autorité.
38:27Nous pouvons considérer les chiffres auxquels ils sont arrivés
38:30comme très voisins de ceux que retiendront leurs collègues
38:33désignés par le ministère de la Culture.
38:38Il n'y a que le Reusdal, ma chef lance, pour lequel ils ne sont pas d'accord.
38:42Vous le présumiez douteux, il le déclare faux.
38:44Ça, c'est Antonin.
38:47Je lui ai dit souvent, on pouvait lui refiler n'importe quoi.
38:50Reconnais quand même que sur l'ensemble de la collection,
38:52il ne s'est pas tellement trompé.
38:53Ça, c'est Gabrielle.
38:55Elle avait un sens inné de ce qui est beau,
38:59une sorte d'instinct.
39:01Elle était merveilleuse, Gabrielle.
39:05Comme je vous le disais, le montant global de la dation
39:08devrait atteindre 25 millions,
39:10sans être inférieur, en tout cas, à 23.
39:14Compte tenu des accomptes déjà versés par chacun d'entre vous,
39:17la communauté se trouvera ainsi en mesure
39:19de faire face à la totalité des droits.
39:21Eh bien, mes enfants, vous pouvez dire merci à Maître Savio.
39:25C'est une sorte de miracle.
39:26Il n'y a pas de miracle. Il suffisait d'y penser.
39:29Mais en effet, plus de problème.
39:31Sauf pour moi. J'y peur.
39:34Écoutez, cher ami, nous en avons discuté ensemble,
39:37et vous-même avez convenu que vous gagniez à accepter la dation.
39:40Non, mon mari veut seulement dire qu'il y gagne moins que les autres.
39:44Sans la dépêche qui ne nous revient pas et qui revient à Florence,
39:48mon mari n'avait aucun mal à payer les droits qui lui incombent.
39:51Mais c'est encore et toujours la dépêche
39:53qui nous force à renoncer à des trésors inestimables.
39:58Inestimables, mais estimés.
40:01Cela dit, pour répondre à votre souci que je prévoyais,
40:04il faut tout prévoir.
40:06Je me suis permis de préparer un arrangement
40:08auquel vos co-héritiers semblent pouvoir souscrire.
40:13Je suggère que chacun d'eux abandonne à M. Jean-Jacques
40:174% des parts de la dépêche,
40:20ce qui le mettrait à la tête de 32%.
40:22Madame Florence et M. Julien sont déjà d'accord.
40:26Et Armand ?
40:28Je n'ai pu encore le consulter.
40:30De la sorte, Florence conserverait 36%.
40:34Ce qui est une minorité de blocage.
40:37Rien ne pourrait se décider contre son avis.
40:40Vincent l'avait compris.
40:42Elles sortirent superbement.
40:44Et Armand ? Où est-il Armand ?
40:46Le bund ?
40:48La queue de délinis
40:50La plage
40:52La plage
40:52La plage
40:53La plage
40:54La plage
40:56La plage
41:12Tu te vanter de nous avoir fait languir ?
41:14a crevé en route ? Non. Ça y est, Armand. Tout est en ordre. Sauf qu'il faut tout reprendre
41:19zéro. La faute à qui ? N'exagérons pas. Armand, il ne s'agit plus que de savoir si
41:25vous accepteriez de rétrocéder 4% des parts du journal à votre frère Jean-Jacques. Non,
41:30mais ce que vous voulez. Mais ce que tu veux. 4%, 8%, 16%, 100% même au point où on
41:34en
41:34est. Toi, viens, j'ai deux mots à te dire. Mais lâche-moi. Qu'est-ce qu'il prend ?
41:42Il
41:43me prend qu'à ne m'a quitté. Mais dis-donc, ton histoire, c'est plus une urgence, ça devient
41:46un feuilleton. Ça ne te surprend pas, je suppose. C'est bien ce que tu avais dit. Moi, je n
41:49'ai
41:49jamais rien dit. Ah oui, il suffit que je m'absente une journée, une seule journée pour un petit
41:52congrès de merde. Arène. Ah ben bravo, tu me suis à la trace. Merci maman de ne pas
41:55me quitter des yeux surtout. Et en rentrant, je trouve ça. Ah mais écoute, tu vas voir,
41:58c'est vraiment passionnant. Armand, j'ai bien réfléchi, Armand. Je n'ai pas arrêté
42:02de réfléchir. Maintenant, je sais que c'est raté. On a fait ce qu'on a pu, mais c'est
42:05raté.
42:06Ta soeur a raison de dire que ce n'est pas possible. Tu l'as dit ça quand ? Jamais.
42:10En revanche, c'est tout à fait ce que je pense. Mais je ne l'ai dit qu'à deux
42:12personnes,
42:13à toi et à son père. Alors maintenant, si elle est au courant, c'est obligatoirement
42:15son père. Son père, tu parles ? Mais bon Dieu, c'est pas écrit à l'imparfait, c'est écrit
42:19au présent. Et alors ? C'est pas de ma faute si elle s'est pas conjuguée ? Oh, je
42:22t'en
42:22prie, n'en rajoute pas. Ça veut dire que tu l'as appelée pendant que j'étais
42:24à Rennes. Ou qu'elle t'a appelée pendant que j'étais à Rennes. Mais de toute façon,
42:26ça revient au même. Parce que t'as tout démoli. T'as tout démoli toute seule
42:29pendant que je n'étais pas là. Mon pauvre Armand. Comme chaque fois qu'une fille te
42:33blague, c'est de ma faute. Tu as raison, il doit y avoir une espèce de jalousie morbide
42:37ou un rapport assez cestueux. Je crois que je vais peut-être finir par aller voir un psychiatre.
42:41Ça me paraît une très bonne idée. Tiens, mais en attendant, règle-moi de tes papiers,
42:44tu veux ?
42:51Ravie de vous accueillir, cher monsieur. Je suis le directeur. Ça a été une grande
42:58joie lorsque mademoiselle Lepiche nous a annoncé que le gomillot lui a envoyé quelqu'un.
43:04Sans proche, vous ne nous avez pas gâtés ces derniers temps. Le gomillot s'efforce d'être
43:09impartial. Il y arrive souvent d'ailleurs.
43:11Pas toujours, mais la critique gastronomique reste si terriblement subjective. Je sais
43:19aussi que vous êtes venu seulement pour mademoiselle Lepiche. Mais n'est-ce pas, on commence par
43:26les vins et on finit par goûter au plat. Je vous retiens une table. Non, merci. Je
43:35l'ai prévenu, mais asseyez-vous en l'attendant. Vous prendrez bien un veille ? Non, sans façon,
43:43merci. Oh, mais tenez, la voilà.
44:03Bonjour. Bonjour. Travers.
44:04Sophie Lurie, je vous en prie. Je ne vous imaginais pas aussi jeune. Dites-moi, il a l'air
44:13d'apprécier votre directeur. M'en parlez pas. Il m'a déjà augmenté. Qu'est-ce que vous
44:17faites monter mes actions ? Je vous remercierai jamais assez. Mais si, mais si. Elle vient d'où,
44:24cette idée d'interviewer les sommeliers femmes ? Je ne sais pas, sûrement des patrons.
44:29Je ne fais qu'exécuter. Et vous avez rencontré beaucoup de mes consœurs ? Non. Vous êtes la
44:35première. Quel honneur. Vous nous avez sélectionné comment ? Quelqu'un a donné mon nom ? Oui, moi.
44:43Là, c'est moi. J'avais apprécié vos talents en province. Où ça ? À Château-Vallon. Enfin, tout
44:52près, dans les bois. Vous voyez. La gentillomière. Oui, c'est ça. La gentillomière. Vous n'êtes pas de
45:03Guémio ? Non. Vous êtes de la police ? Non plus. Qu'est-ce que vous me voulez ? Juste
45:13vous voir un peu
45:14moins angoissé. La dépêche devient nous lire là-bas, non ? Je crois que nous sommes la bonne
45:25solution pour vous. La solution à quoi ? À vos angoisses. Je vous observe depuis une minute et c'est
45:35plutôt la
45:35panique, non ? Remarquez, après ce qui s'est passé cette nuit-là, je comprends que vous ne soyez pas
45:41très bien
45:41à votre peau. Pourquoi ? Écoutez, ça, c'est à vous de nous le dire, non ? Allez, relâchez-vous.
45:53Libérez-vous.
45:54Je suis là en ami. Si vous me parliez de cette nuit-là. Il était très tard, bien plus de
46:09minuit.
46:11Après mon service, j'étais descendue pour vérifier la température en cave. Il venait de modifier la
46:18nouvelle chaudière et elle m'inquiétait pour le vin. Et puis...
46:25...
46:28...
46:29...
46:30...
46:30...
46:31...
47:03...
47:09Probablement le tout dernier voyage de Quentin.
47:12Quand on a découvert le cadavre à un kilomètre,
47:15on comprendrait pourquoi la petite Fleur Riche a pris peur,
47:17elle, qui avait assisté au départ.
47:19Moral, trois jours après, elle se tirait.
47:21Rien ne l'aurait retenue.
47:23Père de qui ?
47:25Enfin, de tout le monde, je ne sais pas.
47:27De la police quand Niccolo l'a interrogé, de...
47:29Mais, mais, mais elle ne lui a rien dit.
47:31Tout. Elle lui a raconté tout ce qu'elle savait.
47:34Et figurez-vous qu'il n'a même pas pris au sérieux.
47:37Il n'a pas voulu la prendre au sérieux.
47:39Enfin, ça, ce n'est pas nous le définir.
47:41D'accord.
47:42Ce qui fait que la dénommée Sophia a eu l'impression d'en avoir trop vu.
47:47Et que si le ou les assassins la prenaient, ça allait être son tour.
47:51À moins qu'elle l'ait trempé dans l'affaire.
47:55Mais qu'est-ce que tu racontes, toi ?
47:57T'es complètement idiot !
47:59Enfin, un complice, avoué tout, au premier journaliste venu ?
48:03Pardon.
48:04Excusez-moi, à travers.
48:05Je suis complètement dément.
48:08D'autant plus, et j'ai gardé le meilleur pour la fin,
48:10qu'elle nous autorise à publier le tout in extenso.
48:14À la une de main.
48:17Moitié de page.
48:18Ah, mes enfants, j'imagine la tête de Niccolo.
48:22Alors, deux solutions.
48:24Soit ses conclusions s'effondrent,
48:26soit c'est lui qui coule à pique pour avoir étouffé un témoignage capital.
48:30Ou les deux.
48:32Peut-être bien les deux, d'ailleurs.
48:34Objection.
48:35Une fois de plus, je ne suis pas d'accord.
48:40Objection.
48:41Une fois de plus, ça ne me fait ni chaud ni froid.
48:44Si cet article paraît, je m'en vais.
48:47Il paraîtra.
48:51Alors, j'aurai l'honneur et le soulagement
48:53de te présenter ma démission.
48:57En faisant jouer la clause de conscience.
49:02Peut-être.
49:06En tout cas, moi, je la fais jouer.
49:09Il se trouve, madame, que j'ai une conscience.
49:12Il n'estime pas très beau que vous fassiez du journal de votre père un torchon
49:16pour assouvir vos rancunes personnelles.
49:21Bien dit.
49:23Envoyez ça.
49:24Télégramme personnel, madame.
49:37Travers, vous êtes un petit génie.
49:41Alors, non seulement vous faites parler la carte des veines, sommelières aux questions,
49:45mais en plus, vous lisez dans les astres.
49:47Bravo.
49:48Melchior, dois-je craindre que vous aussi m'annonciez votre départ ?
49:52Ah, ça non, madame.
49:53Très bien.
49:54Alors, allez me faire de la place à la une.
49:57Je peux vous assurer que je n'ai pas du tout l'intention de partir.
50:00Mais je vous crois, Melchior, je vous crois.
50:03À deux ans de la retraite, ça me paraît normal.
50:06Et la jeune classe, elle me dit quoi ?
50:08Euh, je pense qu'elle va rester.
50:11J'ai interrogé ma conscience et elle m'assure qu'elle peut encore fuir de l'usage.
50:15Parfait.
50:15Et plus on est de fous, plus on rit.
50:18Je trouve merveilleux d'être encore fou à votre âge.
50:26Le papier, c'est moi, bien sûr, non ?
50:29C'est vous, oui. Six feuillettes.
50:32Prudent.
50:34Sur les œufs.
50:36Oh, je vois venir une de ces omelettes.
50:39Baveuse.
50:40Et le télégramme ? Vous me demandez pas ?
50:43Ben, vous venez à peine de me traiter de génie.
50:46Je voudrais quand même pas avoir l'air d'aller à la pêche.
50:48Il est signé Alexandra.
50:50Alexandra ?
50:51Ma fille.
50:51Hein ?
50:53Mais elle arrive vendredi, Travers.
50:55Seulement ?
50:56Elle a pas trouvé un avion plus tôt ?
50:59Je suis heureuse.
51:01Embrassez-moi.
51:04J'ai la permission.
51:07Idiot.
51:10Idiot.
51:13Encore ?
51:16Oui.
51:17Encore.
51:21Travers.
51:26Je voudrais vous dire une bonne chose.
51:30Si un jour il vous arrive de croire que vous avez tout raté, dépêchez-vous de penser le contraire.
51:36C'est faux.
51:38C'est faux.
51:39On ne peut jamais avoir tout raté.
51:43Dit-elle.
51:46Dit-elle en tendant les lèvres.
51:55Elle va de prouver qu'on ne peut pas toujours se rater.
52:17Elle va de prouver qu'on ne peut pas toujours se rater.
52:47Elle va de prouver qu'on ne peut pas toujours se rater.
52:48Et dans le sang
52:53Puissance et gloire
52:58Dans le trouble d'un regard
53:03L'aventure et la passion
53:09Autour de Château-Ballon
53:15Puissance et gloire
53:19Étrange brûlant parcours
53:25Qui tôt ou tard
53:31Finit sur un dernier mot
53:34D'amour
54:00Femme emportée par la tourmente
54:06Douce, romantique ou intrigante
54:10Nul ne sait rien de vos secrets
54:15Vos illusions ou vos regrets
54:23Puissance et gloire
54:28Dans le trouble d'un regard
54:33L'aventure et la passion
54:39Finit sur un dernier mot
54:42L'amour
54:45L'amour
54:45L'amour
54:45L'amour
54:45L'amour
54:45L'amour
54:46L'amour

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