00:00...
00:21Seule une croix forgée par un musulman
00:23rappellera Jupin au bon souvenir de la chrétienté.
00:27C'est l'épitaphe gravé sur le tombeau du brave homme
00:30dont les obsèques ont permis à la population de Bréville
00:32d'oublier toutes ces querelles.
00:38Pour Mirko Medulic, au chagrin d'avoir perdu un ami
00:41s'ajoute un grave problème de conscience.
00:43Jean-Luc Fayardé, en effet, lui a mis ce marché en main.
00:46Si tu obtiens un nouveau contrat de travail,
00:49je ferai annuler l'arrêté d'expulsion.
00:52Quelles conditions ?
00:54Eh bien, ce que je veux obtenir de toi,
00:56c'est que tout le monde vide les lieux.
00:59Sans histoire et dans les 24 heures.
01:08Qu'est-ce que vous avez, Mirko Medulic ?
01:11Je n'aime pas vous voir comme ça.
01:14Avec votre l'air des mauvais jours.
01:20C'est vrai, ça va nez. Aujourd'hui est un très mauvais jour.
01:23Il est mort.
01:25Et l'autre salaud va nous foutre dehors.
01:28Qui vous l'a dit ?
01:29Lui !
01:33Quoi se réveille-t-il tout à coup ?
01:36Raison d'état.
01:38Mais l'état, évidemment, c'est lui.
01:42Un flic tout à l'heure derrière nous, hein ?
01:44Oui.
01:45Et tu as trouvé normal qu'il ne me coince pas ?
01:48Je suis sur le coup d'un arrêté d'expulsion, non ?
01:52Tout de même, pendant l'enterrement,
01:55il n'aurait pas osé.
01:56Oui, mais l'enterrement est fini.
01:58Et pas un flic à l'horizon, non.
02:00La vérité, Sauvaney, la vérité,
02:03c'est qu'on m'a donné
02:03un tout petit sursis jusqu'à demain.
02:06Et demain, je peux même récupérer
02:08ma carte de séjour, figure-toi.
02:09Mais attention,
02:10à une seule condition,
02:12que j'obtienne l'évacuation immédiate
02:14des châteaux d'Espérance.
02:17Et qu'est-ce que vous avez répondu
02:19à ces propositions ?
02:20J'ai répondu avec mon mépris.
02:24Bayardet a la loi de son côté.
02:26Oui, c'est ça.
02:27La loi et sa conscience
02:28va passer le marché.
02:29Pas même.
02:30Le combat est perdu d'avance.
02:32Il y a des bonnes défaites, Sauvaney,
02:33comme il y a de mauvaises victoires.
02:37Vous voulez jouer les marques ?
02:38Non.
02:40Mais il faut que les habitants
02:41de cette ville
02:41et de toutes les autres villes
02:42entendent parler
02:43de château d'Espérance.
02:44Tu comprends ?
02:46Il faut qu'ils sachent
02:46qu'on sait
02:48des cabiles, des noirs
02:49et même un serbe
02:50que tout le monde prend
02:51pour un yougoslave
02:52et vivent dans la plus totale fraternité.
02:56Et pour ça,
02:56un seul moyen, Bayardet,
02:58l'affrontement.
02:59Tu comprends ?
03:00L'affrontement !
03:01Tu y avais tout à l'heure ?
03:03La moitié de la population
03:04était avec nous.
03:05Ils n'ont pas eu peur
03:06de suivre l'impact.
03:07Il y a ceux qui n'osent pas encore
03:08mais qui,
03:09qui,
03:10demain,
03:11marcheront avec nous.
03:12Mais qu'est-ce que vous avez
03:12derrière la tête ?
03:14Ils vont que ça châtaigne, Sauvaney.
03:15Que ça, Charles et Journaux en parlent.
03:16Ils diront que c'est
03:17une manœuvre des gauchistes.
03:18C'est pour ça
03:19que je vais être au premier rang.
03:20Tu es fou, fou, fou !
03:22Tu es de quel côté, Sauvaney ?
03:24Le côté des fous.
03:35Vous êtes coupé ?
03:37Non, c'est parce que je vous vois
03:38que je fais aïe.
03:40Si je comprends bien
03:41votre tentative de conciliation,
03:42aïe.
03:44Bon, les ennuis vont commencer.
03:49Pour qui ?
03:50Oh, pour tout le monde.
03:52Merci.
03:57Si j'étais vous,
03:59supposition osée
04:00dont je vous prie de m'excuser,
04:02si j'étais vous,
04:03j'attendrai un peu
04:03que tout ça, ça se tasse.
04:06Tout ça ?
04:09La mort du petit vieux
04:10au château a créé
04:11une certaine émotion.
04:13Et puis son enterrement.
04:15vous avez entendu parler,
04:16je suppose.
04:17Je l'ai même vu,
04:18il a défilé devant mon usine.
04:23Impressionnant, n'est-ce pas ?
04:24Tous ces Arabes,
04:25ces Noirs,
04:27ces Français,
04:29ces Espagnols,
04:30ces Portes,
04:31ce Yougoslave,
04:33derrière le corbillard
04:35des pauvres.
04:37Somme qu'à cette occasion,
04:40un certain nombre
04:41de consciences
04:42se soient éveillées
04:43parmi la population
04:46par que l'idée
04:47de fraternité
04:48est vaguement germée en elle.
04:50Certainement
04:50de solidarité.
04:53Enfin,
04:54c'est l'impression
04:55que j'y retirais
04:56après l'enterrement.
04:57Dans l'entrevue,
04:58je peux me tromper,
04:59mais je commence
05:00à bien connaître
05:00les gens d'ici.
05:02Tout ça pour vous donner
05:04un conseil.
05:07vous avez toléré
05:08l'occupation
05:09du château Espéran
05:10pendant plusieurs semaines.
05:13Alors,
05:14pourquoi ne pas
05:15attendre encore
05:15un ou deux mois ?
05:18D'ici à la
05:20la petite lagromantique
05:21des privilélois,
05:22ce sera tassé.
05:23Nous pourrons opérer
05:24en douceur,
05:26trouver des solutions
05:27compensatoires.
05:30Le temps,
05:31M. Fayardlet,
05:34c'est un excellent médecin.
05:37Laissez pourrir,
05:38je connais le cas précis,
05:39elle n'est pas bonne.
05:40Écoutez-moi bien,
05:41inspecteur.
05:42Je dois vendre
05:43ce terrain
05:43et les constructions
05:44qui y sont élevées
05:45à un groupe japonais.
05:46Les envoyés de ce groupe
05:47veulent visiter
05:48au plus tard après-demain.
05:49S'ils trouvent
05:49cette hordure
05:50l'Uberlie au château,
05:51l'affaire ne se fera pas.
05:52Et si elle ne se fait pas,
05:53je serai obligé
05:54de fermer deux ateliers
05:55et de balancer
05:5560 personnes.
05:57C'est clair,
05:57M. le curé ?
05:59C'est très clair,
06:00mon fils.
06:02Je suis désolé
06:03de compliquer ainsi
06:04votre tâche.
06:05Oh, vous ne la compliquez pas,
06:07je vais payer pour ça.
06:09Seulement,
06:09j'essaye de me mettre
06:10un peu à la place
06:10de tout le monde.
06:13Même à la vôtre.
06:27Tu vas réveiller tout le monde.
06:30Tu m'as dit
06:30que c'était le plus joli
06:31bruit du monde.
06:31Il ne faut pas pousser
06:32tout de même.
06:35Est-ce que tu es content
06:36de ton apprenti ?
06:38Franchement,
06:38je ne m'attendais pas
06:39à ce que tu t'y mette
06:39si vite.
06:49Dis-moi,
06:51il s'appelle comment
06:52ton village en Lozère ?
06:57Merde, je ne sais plus.
07:21Qu'est-ce qu'on fait ?
07:23Ben, on sonne.
07:25On sonne ?
07:26Ah, en général,
07:27quand on va chez quelqu'un,
07:28c'est ce qu'on fait.
07:30Alors, je vais sonner.
07:33Poliment.
07:35Poliment.
07:51Ça ne répond pas
07:52à ce qu'on...
07:52Ben, on sonne.
07:55Et toujours poliment.
07:57autant que possible.
08:06Alors, ils sont beaucoup ?
08:07Ben oui.
08:08Alors, c'est une épreuve de force.
08:09Tu crois qu'ils vont nous chasser ?
08:10Les flics rentrent à la grise.
08:12Bon, alors, c'est foutu.
08:13Alors, je vous ai bien dit,
08:14moi, que vous étiez fous.
08:16Alors, et maintenant ?
08:18Qu'est-ce qui va se passer, hein ?
08:19Maintenant, c'est à vous
08:20de vous décider.
08:22De toute façon,
08:23avec des enfants,
08:23ils ne peuvent pas employer
08:24les grands moyens.
08:25Mais la partie est perdue d'avance.
08:27Qu'est-ce que tu peux faire
08:27contre la police, hein ?
08:28Il a raison.
08:29On est cuit.
08:30Bon, allez, va préparer tes affaires.
08:32On s'en va.
08:32Non !
08:35Toi, va voir ce qu'ils fabriquent dehors.
08:37Et tâche de ne pas te faire voir.
08:41Tu as oublié la leçon de Jupin.
08:43Il faut tenir bon !
08:44Mais jusqu'à quand, imbécile ?
08:46Jusqu'à ce que la leçon de Jupin
08:48soit comprise.
08:50Il a raison.
08:51Mélanie n'a plus de maison.
08:53Mustapha n'a plus que l'hosto
08:55pour cracher de sa main.
08:57Patrick et Nizia
08:58vont dormir à la belle étoile.
09:00Bon, d'accord.
09:00Mais moi, j'ai un F3
09:01et puis racine aussi.
09:02Un F3 sans carreau
09:04avec la peur
09:05qui vous atteint à la porte.
09:06Ici, tu es roi.
09:07Un roi ?
09:08Un roi que les flics
09:09chassent de son royaume.
09:10Bon, d'accord.
09:11Fou le camp.
09:12Tu entendes mon roi ?
09:13Chou le camp.
09:14Moi, je reste.
09:16Non, mais...
09:17Vous entendez ce petit morveu ?
09:19C'est avec l'arbitre.
09:21C'est à cause de nous
09:21que tout est arrivé.
09:23C'est grâce à nous
09:24que vous pourrez vous en sortir.
09:25Mirkole l'a dit.
09:26Avec deux membres ici,
09:28les flics ne seront pas attaqués.
09:30C'est la police qui vous parle.
09:33En occupant ce bâtiment,
09:35vous vous êtes mis
09:35en situation illégale.
09:38Je vous demande
09:39d'évacuer immédiatement,
09:42sinon les forces de police
09:43interviendront.
09:45Je répète.
09:47Vous avez une heure ?
09:48Je dis bien une heure
09:49pour quitter les locaux.
09:51Voyons les honnêtes.
09:53La situation est sans issue.
10:00Moustapha Amoural,
10:01c'est le moment
10:02ou jamais de vous décider.
10:04On ne peut tout de même
10:05pas vous laisser tomber,
10:06mais...
10:06Et toutes les portes.
10:17Je vais aller voir.
10:21Un petit peu...
10:32Dévois.
10:41C'est parti.
11:03C'est parti.
11:33C'est parti.
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