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  • il y a 17 heures
Mercredi 13 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Aurore Lalucq, eurodéputée Place Publique, présidente de la Commission des Affaires économiques, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
00:06Vous êtes bien dans le 18-19, mon invitée.
00:10Elle est présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires au Parlement européen.
00:14Elle est euro-débutée, bien sûr.
00:15Et elle est coprésidente de Place publique au côté de Raphaël Glucksmann.
00:19Bonsoir.
00:19Aurore Lauc.
00:20Bonsoir.
00:21Merci d'être ici en plateau.
00:24Et puis vous publiez, vous verrez, c'est complètement d'actualité.
00:27Vous publiez Trump contre l'Europe, comment rester libre ?
00:29Évidemment, lorsqu'on voit que le président américain est en Chine pour rencontrer le président chinois,
00:35on peut se demander quelle est la place de l'Union européenne, quelle gouvernance.
00:40Ça, c'est des questions pour vous.
00:41Mais d'abord, une question, vous pouvez imaginer, il y a une note confidentielle
00:46qui était un peu sur la stratégie politique que devait conduire Raphaël Glucksmann,
00:50donc le président, le coprésident de Place publique,
00:53puisque vous êtes l'autre coprésidente,
00:56qui dévoile en fait que, grosso modo, il faut qu'il soit, pour atteindre 20%,
01:00il faut qu'il soit un peu le candidat des bobos, si vous me permettez cette expression.
01:05On voit les cibles qu'il doit viser, et puis surtout, les cibles qu'il doit éviter.
01:11Et là, on voit bien que ce sont les gens les plus pauvres, les jeunes.
01:15Et alors là, évidemment, vous êtes la cible des mélancholistes, de Ruffin, etc.
01:21Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:23Écoutez, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais on va être...
01:26Oui, mais je vois que je ne sais pas comment cette chute est arrivée,
01:30et je n'avais pas eu accès à cette note.
01:32Je vais être très claire avec vous.
01:35Être de gauche, c'est savoir pour qui on se bat.
01:38C'est ça qui compte quand on est à gauche.
01:40Et nous, on sait pour qui on se bat.
01:41Et on sait...
01:42Bah non, ça, c'est ceux qui sont notés dans cette note.
01:46Ah oui !
01:46Et je vais juste finir de m'expliquer.
01:49Être de gauche, c'est savoir pour qui on se bat.
01:52Moi, je sais, Raphaël Gluckman sait pour qui il se bat au quotidien,
01:56à travers notre mandat de député européen.
01:58On pense à l'ensemble des Français.
02:01Moi, j'ai grandi, vous savez, je viens d'une famille où ma mamie était femme de ménage,
02:05où mon autre grand-mère était ouvrière à la chaîne.
02:07J'ai grandi en grande couronne, en banlieue parisienne.
02:10Je sais pourquoi et pour qui je me bats.
02:13Je finis là-dessus.
02:15Savoir qui vote pour nous, c'est quelque chose de différent.
02:17Ensuite, on va se parler clairement.
02:19Moi, j'ai vu cette note.
02:20Est-ce que cette note, elle est bien ?
02:21Non, elle est nulle.
02:22Et d'ailleurs, Raphaël Gluckman l'a trouvé tellement nulle qu'il a tout de suite dit
02:26« Je la jette à la poubelle ».
02:27Et ensuite, on va se parler clairement aussi.
02:29Il a toujours dit, au contraire, que lui, ce qui l'intéressait,
02:33c'est d'aller parler à tout le monde.
02:35Il en a toujours fait un point d'honneur
02:37de jamais justement segmenter comme ça les électorats.
02:40Après, c'est une note qui a été mise apparemment sur la table à cette réunion
02:43où je n'étais pas.
02:44Il en est tout de suite débarrassé.
02:46Et ensuite, juste un point, je vais être un tout petit peu vulgaire.
02:49C'est quand même un petit peu le bal des faux-culs, cette affaire.
02:52Pourquoi ?
02:52Parce que vous n'allez pas me dire que dans les autres formations politiques,
02:56il n'y ait pas des études, notamment au sein de la France Insoumise,
02:59avec une volonté, des fois, de segmenter l'électorat.
03:01Nous, on n'a jamais dit, on va parler, quand je défends la taxation des super-riches,
03:06je ne pense pas que je sois totalement la candidate des bobos ou des super-riches,
03:11par exemple, en tant que députée européenne.
03:12Donc, on n'a jamais, jamais, jamais fait une seule proposition
03:18visant à répondre spécifiquement à un électorat
03:21quand on défend la politique industrielle,
03:23quand on défend la réglementation des cryptos,
03:26qui ne parle à personne à part un tout petit nombre,
03:29qui n'est pas très content, quand on défend l'euro numérique,
03:31quand on se bat contre Donald Trump,
03:33quand on se bat contre certains propos qui peuvent être tenus,
03:38qui glorifient la Russie,
03:40quand on se bat pour tout ça,
03:41vous n'allez pas me dire qu'on se bat pour un segment électoral.
03:44– La question, donc ça c'est votre combat,
03:46la question c'est effectivement, est-ce que c'est le combat,
03:48et puis ici on ne va pas parler trop de politique,
03:51de Raphaël Glucksmann,
03:52parce que lui, il ne vient pas, son père ni sa mère n'étaient des femmes de ménage,
03:56il vient plutôt d'un milieu aisé,
03:57et alors ça arrive à des tas de gens,
03:59c'est pas en soi un problème,
04:01mais est-ce que finalement vous êtes sur la même longueur d'onde ?
04:06C'est quand même la question,
04:07comme moi je vous écoute,
04:08je me pose la question quoi.
04:09– On défend la même chose au Parlement européen,
04:11pendant la campagne vous avez entendu Raphaël Glucksmann
04:15parler de la taxation des super riches,
04:17en fait d'ailleurs c'est même nous qui l'avons amené dans le débat public,
04:20la taxation des super riches,
04:22la question de la taxation du capital aussi,
04:24la question de la réindustrialisation du pays aussi,
04:27tout ça c'est nous qui l'avons amené dans le débat public,
04:29et moi je vais vous dire,
04:32certains sont toujours en train de critiquer la bourgeoisie,
04:35moi je suis très contente,
04:36si des gens qui viennent de la bourgeoisie votent à gauche,
04:39je suis très contente d'unir.
04:42– Vous restez co-présidente de Blas Publique,
04:44pour vous ça ne vous pose pas un problème ?
04:46– Cette note n'a pas été acceptée,
04:49c'était une proposition,
04:50c'était une note qui était de mauvaise qualité,
04:52et basta, fin de l'histoire,
04:54et sincèrement les autres formations politiques devraient un peu se regarder.
04:58– Or à la lue qu'on va continuer,
04:59on va parler effectivement de cette visite quand même très importante,
05:02parce qu'elle a des enjeux essentiels pour les Etats-Unis,
05:06pour la Chine,
05:07mais aussi pour l'Iran,
05:09pour le conflit,
05:09parce que peut-être que c'est là que va se négocier une paix en Iran,
05:13et puis pour la Russie,
05:15c'est peut-être là aussi où il y a peut-être un cessez-le-feu qui dure plus de
05:18trois jours,
05:20voilà, les enjeux sont très importants en ce moment même à Pékin,
05:24mais la question c'est,
05:26quel est l'enjeu pour nous, pour l'Union Européenne ?
05:29D'abord, dans votre livre,
05:32où vous dites Trump contre l'Europe,
05:34vous dites une phrase,
05:35vous citez Steve Bannon,
05:36on s'en souvient,
05:37c'est un peu le redoutable conseiller
05:41très à droite de Donald Trump,
05:42mais lors du prochain, du premier, en fait, mandat,
05:45où il dit, en fait,
05:47ce qu'il faut, c'est pas lutter contre ses adversaires,
05:50en fait, il faut lutter,
05:51si vous me permettez cette expression,
05:52je cite,
05:53il faut lutter contre cette merde,
05:56c'est-à-dire c'est nous, les médias,
05:57il faut complètement saturer l'espace médiatique,
06:02parce que c'est exactement ce que fait Donald Trump encore aujourd'hui, non ?
06:06C'est exactement ça,
06:07c'est-à-dire qu'on voit qu'il y a une stratégie politique
06:10qui passe à travers des outils de communication,
06:11qui passe aussi beaucoup par les réseaux sociaux,
06:14et qui est un objectif de saturation,
06:17ça crée une espèce de brouillard mental,
06:18en fait, on se rend compte que,
06:21quand on va au travail le matin,
06:23on revient le soir,
06:24on ne comprend même plus rien à ce qui s'est passé,
06:26tout ça est saturé,
06:27on passe de polémique en polémique,
06:30de menace souvent en menace,
06:32et tout ça a un objectif, en réalité,
06:34c'est de nous empêcher de penser,
06:36de nous empêcher de penser stratégiquement,
06:39de nous empêcher de penser le long terme,
06:41ça crée un espèce de brouillard
06:43et une réaction de panique permanente.
06:45C'est ça, en fait, qu'il cherche à faire.
06:47Et puis, je vais vous dire aussi,
06:48il cherche aussi à faire en sorte,
06:51j'allais dire, qu'on dépose les armes
06:53avant qu'on commence à se battre.
06:54C'est-à-dire que quand on a cette tactique
06:56un peu de petite frappe à la cour de récré
06:59qui vient menacer le gentil élève,
07:03l'objectif, c'est quoi ?
07:03C'est de lui faire peur
07:04pour qu'en fait, il se dise
07:06« Ouh là là, je ne vais pas me frotter à cette personne »
07:09et abandonner une partie, d'ailleurs, de ses droits.
07:11C'est ça, en fait, qu'il cherche à faire.
07:13Est-ce que vous pensez que, par exemple,
07:15si on prend l'histoire des droits de douane,
07:17on attend toujours le savoir,
07:18parce que là, il nous avait de nouveau
07:20re-re-re-menacés,
07:22et puis là, pour l'instant, on n'entend plus parler,
07:24mais l'accord qui avait été signé
07:27sur ce fameux terrain de golf en Écosse
07:30n'a pas été encore validé,
07:34pas très français,
07:35validé par le Parlement européen,
07:38donc par vous, notamment, à la LUC.
07:41Là, on en est où ?
07:42Sur les droits de douane ?
07:43Mais en fait, on attend de savoir aussi
07:45un peu où on en est.
07:46C'est-à-dire que nous, on n'a pas envie
07:47de signer un chèque en blanc.
07:49Donc, même chose,
07:50c'est beaucoup dans la menace
07:53en permanence.
07:53Si vous ne signez pas tout de suite
07:55cet accord-là,
07:56alors dans ce cas-là,
07:57on va vous mettre encore plus de droits de douane.
07:58Mais rappelez-vous,
07:59et c'est ça qui est difficile aussi,
08:01c'est qu'à la fois,
08:01il faut le prendre au sérieux,
08:02et en même temps,
08:03il faut faire aussi le tri dans sa parole.
08:05Ce n'est pas si simple que ça.
08:06Rappelez-vous, la dernière fois,
08:07quand il n'était pas content,
08:07il est descendu d'un avion,
08:09et qu'est-ce qu'il nous a dit ?
08:11Je vais taxer le champagne
08:13à 200%, à 100%,
08:14ça lui prend un peu.
08:15Et puis là, il a dit,
08:16comme les Français,
08:17les Européens,
08:18ne nous défendent pas,
08:19ne nous aident pas
08:20à débloquer le détroit d'Hormuz,
08:22je vais être taxé de 15%.
08:24Je vais être taxé de 15%.
08:24Mais on en est où ?
08:25C'est toujours ce genre de choses.
08:27On n'en est souvent à rien,
08:28en réalité.
08:29Et puis, je vais vous dire aussi quelque chose,
08:30cette stratégie,
08:31qui est souvent présentée
08:33comme quelque chose de très pensé,
08:35côté américain,
08:38avec tout un tas d'économistes autour
08:40pour résorber
08:42une partie de leur déficit,
08:44ou ce genre de choses, etc.
08:46En réalité, quand vous parlez
08:48du côté américain,
08:50vous vous rendez compte,
08:50il n'y a pas vraiment de stratégie.
08:52C'est-à-dire qu'on n'arrive pas
08:53à comprendre pourquoi
08:54ils veulent mettre des trois douanes
08:56sur certaines choses
08:57et pas d'autres.
08:58Et donc, on est plus
08:59dans des coups de communication
09:00permanents.
09:01Donc, il faut vraiment que nous,
09:02on garde la tête froide,
09:03mais qu'on fasse aussi
09:04du rapport de force
09:05et qu'on ne cesse pas faire.
09:05Mais oui, le problème
09:06du rapport de force,
09:07c'est qu'il faut répondre
09:08assez rapidement.
09:09Il ne faut pas mettre
09:10trois ans, quatre ans,
09:11six mois à répondre
09:13ou à formuler une réponse.
09:15C'est ça, c'est tout l'enjeu.
09:16C'est un peu ce que vous
09:17décrivez dans votre livre.
09:18C'est un peu tout l'enjeu
09:20de l'Union européenne
09:21et qu'on ne voit pas très bien
09:23où elle a sorti.
09:24Déjà, je pense que nous,
09:26on doit sortir un peu
09:29de notre posture, position
09:31qui était celle d'être
09:32un peu sous le bras
09:35et l'aile un peu chaude
09:36de l'oncle Sam.
09:37Maintenant, on a compris
09:38qu'on devait sortir de ça.
09:39Il faut aller plus loin.
09:40Quand on regarde
09:41l'état du monde,
09:41quand on regarde la Russie,
09:43la Chine,
09:43les Etats-Unis,
09:45il y a un moment,
09:45il faut se dire,
09:46mais qui est aujourd'hui
09:47le leader du monde libre ?
09:48Qui ?
09:49Avant, c'était les Etats-Unis.
09:51Imparfait.
09:52Ce n'est pas le sujet.
09:53Il y avait plein de critiques
09:53à faire.
09:54Maintenant, ce ne sont plus
09:55les Etats-Unis.
09:56Donc, c'est à nous, en fait,
09:58de prendre cette position-là.
09:59Et pour pouvoir l'avoir,
10:00vous avez entièrement raison,
10:02il faut qu'on soit capacité
10:02de prendre des décisions
10:03beaucoup plus rapidement,
10:04qu'on soit plus flexible.
10:05et c'est des discussions
10:06qu'on peut avoir
10:08que j'ai avec l'Eurogroupe,
10:10avec le ministre Pierre Akakis
10:12qui le préside,
10:13avec la Commission européenne aussi.
10:14Comment on peut faire maintenant
10:16pour réussir à peut-être
10:17créer une cellule
10:17qui nous permette
10:18d'aller un tout petit peu plus vite,
10:20même beaucoup plus vite ?
10:21D'autant que,
10:22vous en parlez souvent
10:23sur cette chaîne,
10:24il y a des défis
10:24qui sont liés
10:25à l'intelligence artificielle.
10:26Ça va se passer
10:27en quelques mois, tout ça.
10:28Il y a des cyberattaques.
10:30Il y a ce qui se passe
10:30aujourd'hui dans le Détroit.
10:32En fait, les attaques
10:32sont tellement massives aujourd'hui,
10:35il faut prendre
10:36des décisions rapidement
10:37et c'est là qu'il va falloir voir
10:38comment on peut changer
10:39un tout petit peu la gouvernance
10:40pour avoir des réponses
10:41beaucoup plus rapides
10:42et aussi plus menaçantes.
10:44Est-ce que vous
10:45qui êtes au Parlement européen,
10:46Ornaluc,
10:47est-ce que vous avez le sentiment
10:47que ce changement de gouvernance,
10:50il est d'actualité ?
10:51Ou alors,
10:52on va en parler,
10:53on en parlera
10:54au prochain conseil,
10:55on va en parler
10:56au conseil d'après,
10:57vous voyez,
10:57et puis on se retrouve
10:58dans 3-4 ans
10:59et on est toujours
11:00autour du même débat.
11:01Parce qu'il y a eu
11:02le traité de Lisbonne,
11:03il y a eu le traité
11:05sur la défense
11:05et je ne sais plus
11:06lequel c'était.
11:07On devait aller
11:08jusqu'à 5%,
11:09personne n'y a été.
11:10Enfin, vous voyez,
11:12l'histoire de l'Europe
11:13est pleine d'embûches.
11:15D'embûches.
11:16La difficulté
11:17que nous avons,
11:17c'est qu'aujourd'hui,
11:18nous avons un tiers
11:19du Parlement européen
11:20qui est fait d'extrême droite
11:21et d'eurosceptique
11:22en réalité.
11:23Donc ça,
11:24dans un moment
11:24comme ceci,
11:25je dois dire
11:26que ça ne l'aide pas.
11:27Ça, c'est le premier point.
11:28Ensuite,
11:28de l'autre côté,
11:29on voit qu'au niveau
11:30du conseil,
11:31donc des États membres
11:31qui font la gouvernance
11:33aussi de l'Union européenne,
11:35il y a la volonté,
11:36notamment à travers
11:37le ministre des Finances espagnol,
11:39Carlos Cuervo,
11:40de créer un petit groupe
11:41d'États
11:43qui discute,
11:45collabore,
11:45se coordonne
11:46beaucoup plus rapidement.
11:47Ça, ça donne
11:47un peu de souplesse.
11:48La difficulté qu'on a,
11:49vous savez,
11:49c'est toujours la même.
11:50C'est que si la France
11:51et l'Allemagne
11:52ne sont pas d'accord,
11:53qu'on soit 27,
11:55qu'on soit 10
11:56autour de la table,
11:57ça donne à peu près
11:57le même résultat.
11:58Donc il y a vraiment aussi
11:59un besoin
12:00d'avoir des accords.
12:01Et qu'en ce moment,
12:02on n'est pas forcément
12:03sur la même longueur d'onde
12:05avec les Allemands.
12:06Il y a effectivement
12:07toujours quelques sujets
12:09un peu de divergences.
12:11Disons qu'on ne vient
12:11pas du même endroit.
12:13Donc c'est quand même
12:14un peu la difficulté.
12:16Alors,
12:16pour sortir de cette dépendance,
12:18pour reprendre
12:19votre expression,
12:20vous avez plusieurs clés.
12:22Notamment,
12:22vous dites,
12:23il faut qu'on sorte
12:23de la dépendance financière.
12:25en même temps,
12:26quand vous voyez
12:27que les sept plus grosses
12:29capitalisations américaines
12:29dont les patrons
12:30sont avec Donald Trump
12:31en Chine,
12:33c'est quoi ?
12:33C'est six ou sept fois
12:35le PIB français ?
12:36Donc bon,
12:37on ne joue quand même
12:38pas tout à fait
12:39dans la même catégorie.
12:40On ne joue pas
12:41dans la même catégorie,
12:42mais parce qu'on ne veut pas
12:43jouer dans la même catégorie
12:44en réalité.
12:45C'est-à-dire qu'à la fin des fins,
12:46on sait à peu près
12:46ce qu'il faut faire.
12:47On sait ce qu'il faut faire
12:48si on veut avoir l'euro
12:50comme monnaie internationale,
12:52à même de rivaliser
12:52avec le dollar.
12:53Il faut faire quoi ?
12:54Il faut que le pétrole
12:56dont on parle
12:56soit payé non pas en dollars
12:58mais en euros.
12:59Mais pour l'instant,
13:00c'est le cas.
13:00Il va falloir déjà
13:01commencer à faire en sorte
13:02que la première puissance
13:04commerciale mondiale,
13:04c'est-à-dire nous,
13:05effectivement,
13:06on paye beaucoup plus
13:06en euros qu'en dollars.
13:08C'est un premier point.
13:08Il va falloir faire
13:09l'union des marchés de capitaux
13:10aussi en réalité.
13:11Et là,
13:12à la fin des fins,
13:13ce n'est pas l'Europe
13:14qui bloque,
13:14ce sont les États
13:15parce que chaque État
13:16va dire
13:17non mais moi,
13:17je veux garder mon précaré.
13:19Alors que vous parlez
13:20avec un grand nombre
13:20d'entreprises
13:21et pas des moindres.
13:22Je vois des entreprises
13:23du type Euronex.
13:25Beau succès.
13:26Eux,
13:28Européens,
13:29on devrait être fiers.
13:29Sauf avec les Allemands.
13:30On devrait être en capacité
13:32de pouvoir typiquement
13:34aider ce genre
13:35d'acteurs européens
13:37mais il y en a bien d'autres aussi
13:38en réussissant
13:40à approfondir
13:41le marché unique
13:41parce que vous savez,
13:42il y a les droits de douane
13:43avec les Américains
13:44mais on a aussi
13:45des droits de douane
13:46à l'intérieur
13:47de l'Union Européenne.
13:48À l'intérieur, bien sûr.
13:49On les a sur les biens
13:51et services,
13:52on les a aussi
13:52en matière de finances
13:53et ils sont conséquents
13:54comme le rappelle
13:55le Fonds Monétaire International.
13:56Donc à un moment,
13:57il faut se dire
13:57est-ce qu'on veut être
13:58cette grande puissance ?
14:00Si oui,
14:01il va falloir faire
14:02un certain nombre
14:03de choses,
14:04l'union des marchés
14:04de capitaux,
14:05probablement
14:05de l'endettement commun
14:06aussi
14:07et puis renforcer
14:08encore une fois
14:08le rôle de l'euro.
14:09Avec qui ?
14:10Autour de la table
14:12parce que justement
14:12vous parliez
14:13de ces cercles,
14:14c'est même,
14:14c'est drôle,
14:15c'est même Jacques Delors
14:16qui a quand même été
14:16la figure historique
14:18de l'Union Européenne
14:19et de la Commission Européenne
14:20qui disait
14:21il faut des cercles
14:24et qui est du reste
14:25à faire rentrer
14:25la Grande-Bretagne
14:27dans ces cercles
14:28économiques de défense.
14:29Est-ce que vous y croyez ?
14:30Je vois que vous avez
14:31un air un peu sceptique.
14:32Intéressant de voir
14:33comment c'est ressenti
14:34au Parlement européen.
14:36Mais en fait,
14:36ça dépend.
14:36Il ne rend pas
14:37plusieurs vitesses.
14:39Moi, étant fédéraliste,
14:41j'ai toujours envie
14:42qu'on avance
14:43un maximum.
14:44Il faut être aussi réaliste.
14:45Je suis d'accord avec vous.
14:46Mais après,
14:47comme je le rappelais aussi,
14:48vous savez,
14:49vous pouvez être
14:49un petit groupe,
14:50la France et l'Allemagne
14:51ne sont pas d'accord,
14:52ça bloquera toujours.
14:53Après, ce qu'il nous faut,
14:53je pense aussi,
14:54c'est peut-être
14:55des projets concrets
14:56parce que quand on y pense,
14:58la seule entreprise
14:59aujourd'hui,
15:00pas la seule,
15:01mais celle qui rivalise
15:02par exemple avec Boeing,
15:04c'est Airbus.
15:05Et Airbus, ça existe
15:06parce qu'il n'y avait
15:07pas un Airbus italien,
15:08un Airbus français,
15:09un Airbus allemand
15:10parce qu'il y a eu un moment
15:11où des entreprises
15:12se sont mises ensemble.
15:14Mais vous voyez bien
15:15sur les commandes
15:16dans la défense,
15:18vous voyez bien aussi
15:19sur l'histoire du SCAF,
15:20toutes les divergences.
15:22Je suis entièrement d'accord
15:23et c'est là
15:24où c'est compliqué
15:25mais c'est là aussi
15:26qu'on arrive
15:27à être courageux
15:28et à avancer ensemble.
15:29Est-ce que vous êtes
15:31favorable à...
15:32Est-ce qu'il faudrait
15:33quelque part...
15:33C'était Christian Saint-Etienne
15:34qui défend cette thèse.
15:36Il faut supprimer
15:37la Commission européenne
15:37et puis reconstruire
15:38parce qu'il y a quand même
15:39des centaines,
15:40des centaines de technocrates,
15:41de bureaucrates.
15:42On a les mêmes ici
15:43chez nous à Paris.
15:44Est-ce qu'il ne faut pas
15:45retirer une strade quoi ?
15:46Mais surtout,
15:47il faudrait donner
15:48plus de pouvoir
15:48au Parlement européen
15:50et je ne plaide pas
15:51que pour...
15:52Pour votre boutique
15:53comme on dit.
15:53Pour ma boutique.
15:54Mais on n'a pas le pouvoir
15:55d'initiative législative.
15:57Ce n'est pas possible.
15:58On doit être en capacité
15:59de lever l'impôt
15:59s'il n'y a aucun Parlement
16:01qui n'est pas en capacité
16:02de lever l'impôt.
16:02Donc il y a plein de choses
16:03comme ça en fait
16:03qu'il faudrait renforcer
16:05parce qu'on représente
16:06quand même nous
16:06les Européens.
16:07Mais justement,
16:08est-ce que vous représentez...
16:09Pardonnez-moi
16:10mais j'en profite,
16:10je vous pose la question.
16:11Est-ce que vous représentez
16:12vraiment les Européens ?
16:14C'est-à-dire que quand on voit
16:15le peu de succès
16:16des élections européennes
16:18en termes de participation,
16:20alors je parle pour la France,
16:21on peut se poser la question.
16:23Eh bien, c'est la participation
16:24qui augmente le plus.
16:25C'est-à-dire que
16:26quand on regarde les élections,
16:27on se rend compte
16:27qu'il y a de plus en plus
16:28d'intérêt pour les élections
16:29européennes en réalité.
16:30On est élus, donc oui,
16:32tout comme les députés
16:34au niveau national
16:37représentent les Français.
16:38Donc oui,
16:39on essaye de représenter
16:40au mieux les intérêts
16:41des Européens.
16:42Et puis après,
16:43il faut se dire aussi
16:44qu'il y a des choses
16:45qui avancent.
16:45Avec de la volonté politique,
16:47ça demande une énergie
16:48considérable,
16:48je ne vais pas vous mentir
16:49parce que c'est une machine
16:50qui est très lourde,
16:51l'Union européenne,
16:52mais avec de la volonté politique
16:53qu'on y arrive.
16:54Si vous voulez, par exemple,
16:55sur la question du numérique,
16:56je vais vous prendre
16:57la question du numérique.
16:58Je n'ai pas arrêté
17:00d'alerter sur le fait
17:02qu'on était en dépendance
17:03suicidaire
17:04sur la question du numérique,
17:05qu'il fallait qu'on fasse,
17:07qu'on utilise à plein
17:08la commande publique
17:09pour soutenir nos acteurs.
17:10On en avait parlé d'ailleurs
17:11ici sur ce plateau
17:12parce qu'on a des acteurs
17:13absolument formidables
17:14en France et en Europe
17:16qu'il faut soutenir
17:17plutôt que donner
17:17notre argent
17:18et nos données
17:19aux États-Unis
17:20et un pouvoir
17:21qui nous agresse
17:23économiquement.
17:24Et alors ?
17:25Eh bien, ça, ça avance,
17:25par exemple.
17:26Mais ça, ça avance.
17:27Mais de l'autre côté,
17:28ça galope.
17:29Et de l'autre côté,
17:31ça galope.
17:32C'est bien d'accord.
17:32C'est ça, parce que vite,
17:32ça avance.
17:33Mais d'abord,
17:33on n'a pas eu
17:34tous les mêmes moyens.
17:35Je ne veux pas jouer,
17:36il ne faut pas être défaitiste,
17:37mais c'est sûr
17:38qu'il faut absolument
17:39trouver une solution
17:40pour aller plus vite,
17:42plus grand,
17:43plus massif.
17:44Je suis d'accord
17:44et pour ça,
17:45il faut voter pour
17:45des partis pro-européens
17:46et que quand on a
17:47des partis qui ne sont pas
17:49des partis pro-européens,
17:50on se retrouve aussi
17:51dans un moment...
17:53C'est aussi ça,
17:54si vous voulez,
17:54parce qu'il y a ce côté
17:55où tout le monde dit
17:56que c'est la faute à l'Europe,
17:57comme si c'était
17:57quelque chose d'apolitique.
17:59L'Europe,
17:59c'est ce qu'on en fait.
18:00Et donc,
18:01si vous votez
18:02pour des partis
18:03qui sont en fait
18:05anti-européens,
18:06évidemment,
18:06la machine,
18:07elle va moins bien fonctionner.
18:08On arrivera toujours
18:09parce qu'il y a des gens
18:11qui défendent
18:12les Européens
18:13dans leur trip.
18:14Parce qu'il faut que l'Europe
18:14montre qu'elle sert à quelque chose.
18:15C'est ce que vous démontrez
18:16dans votre livre,
18:17il faut reconnaître
18:18d'une manière intelligente.
18:19Merci.
18:20Non, mais c'est vrai
18:21que vous m'avez dit
18:21qu'il faut que ça sert
18:22à quelque chose.
18:22Mais dans la réalité,
18:26c'est très technocratique
18:28ou bureaucratique.
18:29Quand on a fait la transition,
18:31quand on a commencé
18:32à travailler
18:32sur la transition écologique,
18:34ça ne l'était pas.
18:34Quand on a fait
18:35l'endettement commun
18:37pour la crise Covid,
18:38je vous assure
18:39que c'était concret.
18:40Quand la Banque Centrale Européenne,
18:41elle intervient
18:42à chaque crise,
18:43je vous assure
18:44que c'est concret
18:44et que sans elle,
18:46mais il y a quand même
18:47aussi au quotidien.
18:48J'ai une question
18:49juste parce qu'il nous reste
18:50un peu de temps.
18:51Vous êtes favorable
18:52à la taxation
18:54des super-profits,
18:55notamment de Total Energy.
18:56Est-ce qu'au niveau européen,
18:59il y a effectivement
19:02une tentative
19:03de faire une taxe européenne ?
19:05Où est-ce que ça en est ?
19:06Les discussions,
19:07on l'a fait déjà
19:08au moment de l'invasion
19:09de l'Ukraine.
19:12Donc,
19:12c'est quelque chose
19:13qu'on sait faire.
19:13On l'a fait.
19:14on est en discussion
19:15du côté des ministres
19:17des Finances.
19:18Il y a une discussion
19:20et pour l'instant,
19:21l'Espagne est favorable,
19:22le Portugal est favorable,
19:23l'Italie est favorable,
19:24l'Allemagne est favorable.
19:25des pays très différents
19:26d'un point de vue politique
19:27sont en faveur.
19:28La France,
19:28jusqu'à présent,
19:29ne l'était pas.
19:30Moi,
19:30je trouve qu'il y a quand même,
19:31j'entends une évolution
19:32dans les propos
19:38du gouvernement français,
19:40du moins dans les médias.
19:40Donc,
19:41à voir,
19:42mais voilà,
19:43typiquement,
19:43l'Union européenne
19:44est capable de faire ça.
19:46On a,
19:47ça se décide en eurogroupe
19:49et en écofine,
19:49donc on va continuer
19:50à en discuter.
19:51La prochaine fois
19:51qu'on se retrouve,
19:52c'est la semaine prochaine
19:53à Chypre
19:54et on va discuter
19:55d'un sujet
19:56qui est très concret
19:57qui s'appelle
19:58l'euro numérique
19:59et qui est fait justement.
20:00Et là,
20:01l'Union européenne
20:01a anticipé
20:02parce que,
20:03je vais vous dire,
20:04nos petits commerçants,
20:05nos grands commerçants
20:06se retrouvent dans
20:07des difficultés
20:08absolument incroyables
20:09face aux mastodontes
20:10Américains,
20:11Visa et Mastercard.
20:12On paye des frais
20:13absolument abyssaux.
20:15Eh bien,
20:15typiquement,
20:15là-dessus,
20:16pour protéger
20:17nos commerçants,
20:18pour protéger aussi
20:19les innovateurs
20:19en matière de paiement,
20:20l'Union européenne
20:21avait proposé
20:23ce qu'on appelle
20:23l'euro digital,
20:25l'euro numérique.
20:27Typiquement,
20:27là-dessus,
20:28on est en avance
20:29et on a été bloqué
20:31par un certain nombre,
20:32notamment de lobbies,
20:33disons-le clairement,
20:35mais on va être
20:35en capacité
20:36de protéger
20:37les Européens.
20:38Et quand ?
20:39Eh bien,
20:40ça va arriver,
20:41on aura un vote
20:41très prochainement.
20:42Mais avant l'été,
20:44c'est quoi prochainement ?
20:45Prochainement,
20:45normalement,
20:46ce sera avant l'été
20:47pour pouvoir travailler
20:48et commencer à mettre
20:49en place toute l'infrastructure
20:51fin de l'année.
20:52Donc voilà,
20:52typiquement,
20:53pour nous protéger
20:54du chantage
20:55que l'administration Trump
20:57peut faire,
20:58par exemple,
20:58en coupant
20:59les moyens de paiement
21:00à un juge français
21:02quand elle n'est pas
21:03d'accord avec lui,
21:04eh bien là,
21:04l'Union Européenne
21:05agit
21:06et pour protéger
21:07aussi nos commerçants.
21:09Merci beaucoup.
21:10En tous les cas,
21:11on a lu qu'avec son énergie
21:12légendaire.
21:14Merci beaucoup.
21:15Je rappelle que vous êtes
21:15présidente de la Commission
21:16des Affaires Économiques
21:17et monétaire
21:18du Parlement européen
21:20et toujours
21:21coprésidente
21:21de Place Publique.
21:23Et puis non,
21:23vous publiez
21:24Trump contre l'Europe
21:25et c'est publié
21:26pendant les éditions
21:27Les Petits Matins.
21:29Merci beaucoup
21:30d'être venu.
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