00:01Good morning business, parole de patron.
00:30– Moins bien sur votre activité, vous le percevez ?
00:32– Non seulement on les perçoit, mais on les avait anticipées.
00:34Donc on espère que cette gare en Iran, comme la gare en Ukraine,
00:37sera évidemment au-delà du drame que ça représente un mal pour un bien,
00:39parce que c'est une prise de conscience qu'il faut absolument tout changer
00:42dans la question de l'énergie et la souveraineté énergétique.
00:44– Votre discours, c'est de dire quoi ?
00:46Que c'est aberrant d'importer du gaz pour faire de la chaleur,
00:48alors que la chaleur, on l'a juste sous nos pieds ?
00:50– C'est exactement ça, je vais vous laisser le simplifier.
00:53Aujourd'hui, l'énergie, c'est pour se chauffer principalement.
00:5570% vient du fossile, en tout cas en France et en Europe.
00:58Donc aujourd'hui, on utilise du gaz pour se chauffer.
01:01Du gaz, c'est quoi ?
01:02C'est aller forer à 2, 3, 4, 5 millimètres dans des pays
01:04qui souvent sont des pays pas forcément amis,
01:06pour ensuite tirer du tuyau, alimenter l'Europe et la France en particulier en gaz,
01:11à grand coût de dizaines de milliards d'euros,
01:14et tout ça au bénéfice de compagnies pétrolières,
01:16mais surtout d'États qui sont, comme je le disais, pas forcément amis.
01:19Alors que, et ça coûte très cher, puisque ça vient de très loin,
01:22au-delà de l'aspect et du fait que nous sommes enchaînés à ce paradigme.
01:29Mais quand on a dit ça, il faut mettre en regard cette situation
01:32avec une situation beaucoup plus positive,
01:35parce qu'encore une fois, cette crise doit être un mal pour un bien,
01:37qui est que cette chaleur, elle pourrait venir du sous-sol.
01:39On a un noyau à 6000 degrés, il y a de la chaleur partout, c'est infini,
01:43et on pourrait simplement forer des trous beaucoup moins chers,
01:45en circuit court, non délocalisable, etc., etc., chez nous.
01:49Donc qu'est-ce qu'on veut et qu'est-ce qu'on va choisir dans les prochaines années ?
01:52C'est ça la question.
01:53Entreprises et collectivités se tournent vers la géothermie.
01:55Vous équipez notamment les aéroports de Paris,
01:57Safran, les Galeries Lafayette, Leclerc.
02:00Des petites structures aussi ont intérêt à adopter cette technologie ?
02:03Oui, complètement.
02:04Le modèle d'Arvernes, c'est un modèle qui déploie toutes les géothermies.
02:07Il y en a au moins trois.
02:07Le bâtimentaire, la géothermie profonde pour les réseaux de chaleur
02:10et la géothermie avec des métaux critiques.
02:12Donc oui, la géothermie peut s'adapter aux particuliers,
02:15peut s'adapter aux lycées, peut s'adapter aux EHPAD,
02:17donc aux bâtimentaires et ensuite peut alimenter des réseaux de chaleur
02:20pour mutualiser les coûts de grandes villes, de villes moyennes.
02:23Et ensuite, il y a les métaux critiques dont évidemment le monde a besoin
02:27pour l'électrification et notamment les batteries.
02:29Ça, la géothermie peut aussi subvenir aux besoins nationaux et européens.
02:33Le lithium.
02:34Le lithium, par exemple.
02:35Vous signez plus de contrats en ce moment.
02:37Vous sentez qu'il y a un effet, justement, tension.
02:40On essaie de sécuriser les approvisionnements
02:43et aussi de payer moins cher.
02:45Parce que c'est ça l'objectif de la géothermie.
02:47Alors, sur le court terme, ça coûte cher,
02:49parce que c'est quand même des gros travaux.
02:51Mais il faut voir sur le long terme.
02:53Ce n'est pas comme ça que je le dirais.
02:54Sur le court terme, c'est de l'investissement plutôt que de la dépense.
02:57Le gaz est de la dépense sèche pour le consommateur et l'État.
03:00La géothermie est un investissement,
03:02donc il faut essayer de minimiser ce qu'on se...
03:03Combien de temps pour rentabiliser, enfin pour investir, pour rentabiliser ?
03:06Entre 5 et 10 ans, en fonction de la taille, on va dire, du client
03:10et en fonction de ce qu'on a comme subvention ou comme aide.
03:14Mais au bout de 10 ans, quoi qu'il arrive, on est gagnant.
03:17Il y a un plan du gouvernement pour accélérer dans la géothermie.
03:20Il veut multiplier par 4 la production de chaleur géothermique d'ici à 2035.
03:24En l'État, est-ce que c'est possible ?
03:25Est-ce qu'il va falloir aider à financer, accompagner les entreprises
03:28et les particuliers davantage qu'on fait aujourd'hui ?
03:30Oui, l'intention est là et je pense qu'elle est, encore une fois, réelle.
03:34Et elle n'est pas fausse.
03:35Je pense qu'il y a vraiment une prise de conscience
03:38que la géothermie doit passer de 1% à 10-15% du mix.
03:41En revanche, les mesures sont beaucoup trop petites,
03:44beaucoup trop faibles, beaucoup trop timides.
03:46Et donc, il va falloir sacrément accélérer.
03:48Mais de façon plus massive, plus générale en France,
03:52pour toutes les géothermies, aujourd'hui,
03:53on est beaucoup moins bons que nos voisins européens, par exemple.
03:55Un mot sur les compétences.
03:57Est-ce qu'on a les compétences ?
03:58Est-ce qu'il faut investir beaucoup plus dans la formation ?
04:00Bien sûr, et ce sera l'objet d'un grand plan sous-sol
04:03qu'on va lancer, la filière.
04:04En tant que président d'Avenia, un pôle de compétitivité sous-sol
04:06que je représente, on va le faire.
04:09En revanche, Arverne, qui est le seul pur player aujourd'hui en France,
04:11a pris ce sujet à bras-le-corps.
04:13D'abord, en investissant beaucoup.
04:15On est rentré sur Euronext, on a levé plus de 200 millions d'euros
04:18depuis notre lancement.
04:22Et évidemment, la colonne vertébrale de notre projet, c'est l'expertise.
04:26Donc, nous avons des experts.
04:27Nous avons aussi intégré l'outil de forage.
04:29Nous avons un modèle de développement et un business model
04:32qui est basé sur des contrats très long terme,
04:34entre 100 et 200 millions d'euros.
04:35Nous en avons déjà signé et annoncé.
04:37Nous avons des belles vitrines comme Safran et comme Aéroport de Paris.
04:41Et puis sur le lithium, derrière, on va extraire du lithium des eaux chaudes.
04:43Donc, on a un double modèle, un dual flow, comme on l'a appelé,
04:46qui va permettre de tirer des revenus à fort taux de bid'a,
04:52puisqu'on est au-delà des 50 %, avec du récurrent,
04:57donc du cash flow récurrent qui est évidemment très intéressant
04:59pour des investisseurs qui sont sur le long terme.
05:01Pierre Brossolet, PDG d'Arverne, vous êtes aussi l'auteur de
05:04La solution est sous nos pieds, la géothermie pour l'indépendance énergétique de la France.
05:11Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour cette parole de patron.
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