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  • il y a 21 minutes
Jérémy Bercoff, cofondateur et président de Sonomind, était l'invité d'Erwan Morice dans French Tech, ce jeudi 14 mai. Il est revenu sur leur technologie basée sur l'utilisation d'ultrasons pour cibler les formes de dépression résistantes aux traitements médicamenteux, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin, on va continuer à parler de santé puisqu'il combat la dépression.
00:04Bonjour Jérémy Berkhoff.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous. Vous êtes cofondateur président de Sonomine.
00:09Vous développez une technologie à base d'ultrasons pour cibler les dépressions résistantes aux médicaments.
00:16Exactement. Ça concerne plus de 100 millions de personnes dans le monde.
00:21La dépression, c'est la première cause d'handicap dans le monde.
00:25Et pour un bon tiers des dépressifs chroniques, les traitements actuels ne marchent pas.
00:30Donc c'est l'errance, voire l'impasse thérapeutique.
00:33Et donc nous, on cible ces gens-là avec un dispositif médical qui s'attaque à la dépression résistante avec
00:40des ultrasons.
00:41La technologie. Incroyable.
00:42Vous nous avez apporté, en fait, c'est une lentille, c'est ça, qui envoie des ultrasons.
00:47Vous nous avez apporté quoi là en fait ? Montrez-nous et puis on va le décrire pour ceux qui
00:51nous écoutent à la radio.
00:52Alors le dispositif médical, c'est un vrai dispositif médical sur roulettes avec une sonde qui envoie des ultrasons.
00:57Mais le secret de fabrication, c'est ça.
00:59Et c'est quoi ça ?
01:00Une lentille qui se met entre le front du patient et la sonde qui va envoyer les ultrasons.
01:05Alors lentille, ce n'est pas une lentille de contact, c'est un gros boîtier en plastique.
01:07C'est ce qu'on appelle une lentille acoustique.
01:09D'accord.
01:09Cette lentille, elle va guider les ultrasons vers les structures cérébrales profondes du cerveau qui sont impliquées dans la dépression.
01:16Donc on est capable de viser des zones du cerveau précises et on fait quoi ?
01:21On détruit les zones qui sont responsables de la dépression, on les altère.
01:24Comment ça fonctionne ?
01:25On les masse.
01:26On les masse ?
01:27Voyez ça comme un massage neuronal.
01:29Des ondes avec des ondes.
01:31Les ultrasons sont de petites vibrations.
01:32On masse les neurones.
01:33Les neurones massés, ils communiquent mieux entre eux.
01:36Et donc on reconfigure les circuits cérébraux qui sont altérés par la dépression.
01:40Et donc une personne qui est dépressive, on lui fait ce massage cérébral et quoi ?
01:45Immédiatement, elle se sent mieux ?
01:46Il faut faire plusieurs sessions ?
01:47Comment ça fonctionne ?
01:48Aujourd'hui, le protocole qui est testé, c'est une heure d'ultrasons par jour sur cinq jours.
01:52Ok.
01:53Donc c'est des cures qui sont relativement rapides par rapport à ce que vous avez en standard,
02:00c'est-à-dire avec des prises de médicaments sur une vie entière ou sur plusieurs années.
02:04Donc c'est pas violent, c'est pas invasif, il n'y a pas d'effet secondaire non plus ?
02:08On ne sait pas encore.
02:10C'est un peu trop tôt pour le dire.
02:12On a lancé une première étude clinique qui a été pilotée par le GHU de Saint-Anne
02:17et nos partenaires académiques sur la technologie.
02:19On a des résultats qui sont très prometteurs.
02:21Des patients qui étaient en dépression depuis plus de quatre ans,
02:24on les a ramenés, on a réduit leurs symptômes de dépression de 60% en cinq jours.
02:29Donc c'est très prometteur, mais il faut être prudent.
02:31Mais comment vous en êtes venu à cette innovation ?
02:34Qu'est-ce qui fait que vous arrivez à vous dire, avec les ultrasons on va...
02:38Tiens, je vais faire un massage neuronal.
02:39Je ne me suis pas levé le matin en me disant, tiens,
02:42on s'appuie sur 25 ans de recherche à l'INSERM et au CNRS,
02:46via l'Institut physique pour la médecine,
02:48chercheurs Jean-François Aubry et Michael Tenter,
02:50qui ont travaillé depuis 25 ans sur la neuromodulation par ultrasons
02:53et qui ont inventé ça.
02:55Et donc Sonomine a une licence exclusive de cette invention.
02:58Et notre mission, c'est d'industrialiser cette invention
03:01et de la mettre au bénéfice des patients.
03:02Et c'est un dispositif qu'on pourrait avoir chez nous un jour
03:05ou qui serait accompagné par un suivi médical ?
03:09À ce stade, c'est un dispositif qu'aujourd'hui est destiné pour le psychiatre.
03:13Il est conçu pour être extrêmement facile d'utilisation pour le psychiatre,
03:17extrêmement confortable pour le patient et peu coûteux pour le système de soins.
03:22Il n'est pas du tout exclu qu'à terme,
03:24on développe des choses plus petites, plus miniaturisées pour d'autres applications.
03:28Et comment regarde justement le secteur de la psychiatrie,
03:31ce genre d'innovation qui est complètement différent
03:33de ce qui est utilisé aujourd'hui pour traiter les dépressions ?
03:35À la fois les psychiatres, comment est-ce qu'ils regardent ces technologies
03:38avec enthousiasme ou avec un peu de réticence ?
03:40Et puis les géants aussi du médicament et des antidépresseurs,
03:44parce que c'est un énorme marché.
03:46Alors on ne se met pas en concurrence avec les antidépresseurs.
03:50Il faut bien le comprendre, les antidépresseurs marchent très bien
03:53dans 70% des cas, mais dans 30% des cas, ils ne marchent pas.
03:55Donc on vient proposer une thérapie complémentaire
03:58et donner aux psychiatres un arsenal plus complet thérapeutique.
04:04Et donc ça, c'est une première chose.
04:05Ensuite, les psychiatres regardent ça avec beaucoup d'enthousiasme.
04:08Ils sont très demandeurs de nouvelles technologies
04:11pour pouvoir soigner leurs patients.
04:12La dépression est une maladie complexe.
04:15Donc plus on est nombreux à proposer des choses innovantes, mieux c'est.
04:19Mais aujourd'hui, ils sont aussi prudents parce qu'ils attendent de nous
04:21qu'on ait des preuves cliniques solides.
04:24Et c'est pour ça qu'on vient de boucler une levée de fonds
04:29pour pouvoir arriver sur le marché et avoir des preuves d'efficacité claires.
04:32J'ai cru comprendre que le dispositif, en plus, il était personnalisé.
04:35Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
04:38Concrètement, ça veut dire que cette lentille que je vous ai montrée,
04:40cette lentille est construite et fabriquée sur mesure pour chaque patient
04:44à partir de l'IRM du crâne du patient.
04:46Parce qu'on va le viser avec une intensité différente de laser en fonction du patient ?
04:50Alors oui, vous avez raison. Le crâne, en fait, est un excellent protecteur du cerveau.
04:54Et donc, si on ne le compense pas, on n'est pas capable d'envoyer des ultrasons
04:58avec précision dans le cerveau.
05:00D'accord.
05:00Donc cette lentille, elle va rendre le crâne transparent aux ultrasons
05:03et elle va permettre de cibler pour chaque patient la bonne zone qu'on veut attendre.
05:07Est-ce que cette lentille, elle pourrait un jour être efficace pour d'autres maladies,
05:10d'autres problèmes, l'anxiété, les addictions, la maladie de Parkinson ?
05:14Absolument. C'est une des forces de notre dispositif,
05:17c'est qu'on l'a conçue en tant que plateforme polyvalente.
05:20Donc aujourd'hui, je vous parle de dépression,
05:22mais beaucoup des psychiatres avec lesquels on discute
05:26sont intéressés par la tester dans d'autres pathologies.
05:29Donc évidemment, les addictions, alcool, cigarettes, drogues, l'anxiété,
05:35des applications neurologiques aussi, comme la douleur chronique.
05:37Vous voyez, les applications sont vraiment multiples
05:39et les perspectives sont très intéressantes.
05:41On a quand même des super French Tech.
05:43C'est incroyable.
05:44On a fait une semaine...
05:45Oui, très bonne semaine French Tech.
05:46Ah oui, vraiment, là c'est impressionnant.
05:48Merci beaucoup, Jérémy Bercoff, cofondateur, président de Sonoma,
05:51et d'être venu nous présenter cette innovation ce matin
05:54dans Good Morning Business.
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