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Aujourd'hui, c'est au tour de Patrice Duhamel, éditorialiste, auteur de "Le Crépuscule des dieux. Les maladies des présidents : derniers mystères" (Éditions de l'Observatoire), de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:04Il est journaliste, éditorialiste, il a été le patron de Radio France et de France Télévisions.
00:08C'est Patrice Duhamel qui est avec nous avec ce livre
00:10« Le crépuscule des dieux, les maladies des présidents, les derniers mystères ».
00:14Le livre est aux éditions de l'Observatoire.
00:16Bonjour.
00:16Bonjour.
00:17Quand j'ai fini de lire votre livre, je me suis dit
00:19« Patrice, finalement, il faut mieux élire des présidents ou des présidentes jeunes et en bonne santé. »
00:25Oui.
00:26Parce que quand même, l'histoire de la Ve République, c'est l'inverse.
00:29C'est-à-dire qu'on a été dirigé par des gens malades
00:33qui ont souvent caché leur état de santé
00:35et qui, pour certains, étaient en incapacité de continuer à présider la France.
00:39Oui, et c'est une des raisons pour lesquelles j'avais envie de faire ce livre
00:43parce que quatre présidents sur huit, Macron est le huitième,
00:47quatre présidents sur huit qui ont été, à certains moments en tout cas,
00:51et s'agissant de Pompidou et de Mitterrand,
00:54évidemment dans les deux dernières années, c'est quand même beaucoup,
00:57dans l'incapacité d'exercer leur fonction à 100%.
01:00Il y avait des moments de lucidité, etc.
01:02Mais je l'ai vécu, je l'ai dit hélas compte tenu de mon âge,
01:07mais je l'ai vécu avec Pompidou déjà, que je connaissais assez bien,
01:11qui était d'ailleurs quelqu'un d'extraordinairement impressionnant.
01:13Je pense que ça a été un bon président.
01:15Mais quand on apprend ce que j'ai appris grâce au journal
01:19du grand professeur de médecine qui le soignait, Jean-Bernard,
01:24que sa leucémie avait été diagnostiquée sept mois avant sa candidature
01:29et huit mois avant son élection,
01:32j'étais quand même absolument stupéfait,
01:34parce que c'est quelque chose qu'on ignorait,
01:36que tout le monde veut...
01:36Oui, vous révélez, bien sûr on savait que Georges Pompidou était malade,
01:40il n'a pas été au bout de son mandat, il est mort,
01:42mais ce qu'on ne savait pas, c'est qu'avant même de se lancer
01:47dans la course à la présidentielle, il sait qu'il est malade.
01:50Il sait qu'il est malade.
01:51Pourtant, il y va.
01:52Il sait qu'il a des troubles sanguins graves,
01:54il sait qu'il a des hémorragies,
01:56il sait qu'il a des moments de fatigue extrêmes,
01:58il sait qu'il est sous un traitement très dur de cortisone à haute dose
02:03avec les conséquences physiques qu'on verra progressivement
02:06pendant les cinq ans de sa présidence.
02:10Et malgré ça, alors, je ne porte pas de jugement,
02:13ça se passe dans la tête d'un homme
02:15qui a été six ans Premier ministre du général de Gaulle
02:18et qui a envie de lui succéder,
02:20mais il y a des choses à partir de là saisissantes.
02:23Par exemple, en janvier 69,
02:26donc il va y avoir le référendum dont Pompidou pense que de Gaulle va le perdre
02:30et donc partira, il va voir le pape à Rome,
02:33il rencontre quelques journalistes
02:34et ils disent qu'il a fait scandale à l'époque,
02:37le jour où de Gaulle s'en va,
02:38moi je serai un candidat.
02:40Ce qui a favorisé le non au référendum
02:43parce que les gens étaient un peu rassurés de savoir
02:44qu'après le général, il y avait Georges Pompidou qui était là.
02:47Et on apprend dans le livre,
02:49par le professeur, le grand professeur,
02:51c'était un immense médecin,
02:52il faut que les auditeurs se...
02:56Le sage, c'était un des grands médecins français du XXe siècle,
02:59l'inventeur de l'hématologie,
03:02à l'académie française,
03:03enfin avec une dimension morale,
03:06académicien, poète, etc.
03:07C'était quelqu'un d'exceptionnel.
03:09Et il dit, ce jour-là, cette déclaration de Rome,
03:12s'il l'a faite, c'est parce que c'est l'effet de la cortisone.
03:15C'est-à-dire qu'une espèce d'euphorisant
03:18qui, en gros, ce qu'on dit maintenant,
03:20il était en roue libre, quoi.
03:21Oui, mais il y a deux...
03:22Une chose que je voudrais savoir,
03:24il y a les révélations du livre, effectivement,
03:26des notes de Jean Bernard.
03:28Aucun journaliste ne le savait,
03:30parce que c'est aussi le reflet d'une époque
03:32où des journalistes savaient, mais ne disaient pas.
03:35Parce qu'on avait peur du pouvoir,
03:36et on se disait, c'est au pouvoir de le dire,
03:38c'est pas à nous.
03:39Donc, est-ce que personne ne le savait pour Georges Pompilou ?
03:42À cette époque-là, personne ne le savait.
03:44Ces trois médecins,
03:46puisqu'il y avait le grand professeur dont on parlait,
03:49le médecin de famille, personnel,
03:52qui est devenu professeur après,
03:53qui était d'ailleurs un excellent médecin également,
03:55et ce qui est psychologiquement très dur,
03:59le fils de Georges Pompilou,
04:01qui venait de terminer ses études de médecine,
04:04et qui, lui, soignait son père
04:06à partir des instructions du professeur,
04:09quasiment au jour le jour.
04:12Mais en dehors de ça, par exemple,
04:13la femme de Georges Pompilou ne le savait pas.
04:16Il n'a pas dit à ça.
04:16Édouard Balladur, qui était très très proche
04:19de Georges Pompilou, ne le savait pas.
04:21Personne ne le savait.
04:21Il y avait des instructions absolument formelles
04:24pour que ça ne se sache pas.
04:25Alors, il y avait aussi quand même,
04:26alors là, on ne le savait pas,
04:27mais quand il est devenu malade,
04:29et qu'on le voyait apparaître bouffi à la télévision,
04:33il souffrait le martyr, visiblement, à ce moment-là.
04:35Il y avait quand même des consignes données à l'ORTF.
04:38Alors, l'ORTF, il faut expliquer aux plus jeunes,
04:39c'était le France Télévision de l'époque,
04:41enfin, c'était toutes les télés publiques et radios réunies
04:44sous une même enseigne, l'ORTF.
04:46Il y avait moins de chaînes quand même.
04:47Il y en avait moins, télé et radios d'État,
04:49et donc la consigne était donnée aux cadreurs,
04:52aux monteurs,
04:52d'essayer de cacher les stigmates de la maladie.
04:58– Le jour où les Français se sont rendus compte
05:00que Georges Pompidou était vraiment très malade,
05:04c'est quand il est allé voir le président des États-Unis
05:07en pleine crise monétaire, en Islande, à Reykjavik,
05:09j'étais là, et on m'a fait...
05:11J'étais un junior, j'avais 26, 27 ans,
05:14et je suivais les affaires économiques, financières, etc.
05:17Et on m'a fait rentrer à Paris par un avion du gouvernement,
05:20ce qui est quand même pas mal,
05:21c'est la seule fois où ça m'est arrivé,
05:24et j'ai été convoqué en arrivant par le patron de l'information
05:27qui m'a dit, est-ce que vous savez garder un secret d'État ?
05:30Première fois qu'on me posait la question,
05:32et la dernière d'ailleurs.
05:34Et j'ai dit, j'ai bafouillé, oui,
05:36et on m'a dit, pas de gros plan du président.
05:39Et si vous pouvez éviter aussi dans le montage,
05:41pour ça qu'on m'avait fait revenir à Paris
05:42pour monter le reportage,
05:45si vous pouvez éviter aussi les plans américains,
05:47il faudrait que ça soit vraiment des plans en pied,
05:49c'était un peu absurde d'ailleurs,
05:50parce que les images tournées par les Américains
05:53circulaient déjà dans le monde entier.
05:55Quand on a vu Pompidou descendre
05:57de la caravelle présidentielle,
05:59j'avais à côté de moi un journaliste
06:01que je connaissais, américain de la CBS,
06:04il m'a dit, votre président est mourant.
06:06Ben non, la thèse officielle,
06:08c'était, il a des grippes à répétition.
06:10Voilà, et donc, à partir du moment
06:12où on m'a fait rentrer pour me dire ça,
06:13j'ai su que c'était très grave.
06:14Il est vrai que je l'ai fait,
06:16c'est-à-dire, on voit qu'il est bouffi,
06:19mais il n'y a pas effectivement de gros plans.
06:22Vous avez raison,
06:25les journalistes ne prenaient pas le riz,
06:27il y avait une forme d'autocensure,
06:28mais c'était aussi une autre époque,
06:30c'est-à-dire qu'il y avait des choses
06:31qu'ils ne se disaient pas.
06:33On n'enquêtait pas sur la santé des présidents.
06:35La santé, la vie privée, intime, etc.
06:38Là, Mazarine Pinjot,
06:40il y avait pas mal de journalistes,
06:42dont mon frère Alain,
06:43que vous connaissez bien,
06:44et moi-même.
06:45On savait,
06:46on a su en 80,
06:47quand Mitterrand a été élu,
06:49qu'elle existait.
06:51Et bon, on n'en a pas parlé,
06:52c'était une autre époque.
06:53Avec François Mitterrand,
06:55là, il y a eu mensonge,
06:56puisque François Mitterrand,
06:58élu président,
06:58promet de publier son bulletin de santé,
07:01de jouer à la transparence.
07:02Or, c'est quelques, je crois,
07:04quelques semaines,
07:05voire quelques mois après son élection.
07:06Il est élu en mai, c'est en novembre,
07:08il apprend qu'il en a pour 3 mois,
07:10à 2 ans.
07:11Il a un cancer de la prostate.
07:12Non, avec métastase.
07:14Avec métastase.
07:14C'est ça qui est très grave.
07:15Et là, il va continuer à publier
07:17des faux bulletins de santé.
07:19Il va donner comme instruction
07:21à son médecin personnel,
07:23le docteur Gubler,
07:25qui a été un médecin formidable
07:27et qui l'a vraiment très, très bien soigné.
07:29C'est une des raisons pour lesquelles,
07:30alors qu'on lui disait 3 mois,
07:32à 2 ans,
07:33il va tenir 14 ans,
07:34ce qui est quand même extraordinaire.
07:35Il lui a donné comme instruction formelle
07:37de faire des faux bulletins de santé.
07:39Il n'était pas question
07:40de dire la vérité.
07:41Et même quand il est opéré
07:4311 ans plus tard,
07:45en 92,
07:46on se souvient,
07:46c'était au moment du référendum
07:47sur Maastricht,
07:49juste quelques dizaines de jours plus tôt,
07:52il est opéré
07:53d'un cancer de la prostate,
07:55mais on ne dit pas la vérité.
07:56C'est-à-dire,
07:57le plus grave,
07:58c'était le cancer de la prostate
07:59à son âge.
08:00C'est surtout les métastases
08:01qui faisaient qu'il avait des malaises.
08:04Il y en avait eu devant
08:04les caméras de télévision,
08:06etc.
08:06À ce moment-là,
08:07il peut...
08:07Après,
08:08il y a ce fameux face-à-face
08:10avec Philippe Seguin
08:11à la Sorbonne.
08:12Les gens qui s'intéressent
08:12à la politique
08:13s'en souviennent,
08:14mais déjà,
08:16là,
08:16il a fait l'effort maximum,
08:17mais à partir de là,
08:18il est...
08:19Mais justement,
08:20parce que vous disiez,
08:21des journalistes savaient
08:22pour la double vie,
08:23pour Mazarine,
08:24et ne disaient rien,
08:25mais ils savaient aussi
08:26pour la maladie.
08:26Alors,
08:27ils l'ont su progressivement.
08:28En 81...
08:29en 30 ans,
08:29il y avait une espèce
08:30d'omerta.
08:31On ne disait rien.
08:32Il y a eu une omerta
08:35et même jusqu'au bout.
08:36Alors,
08:37en 93,
08:38heureusement qu'il y avait
08:39d'ailleurs la cohabitation
08:40avec Balladur
08:40qui a un peu tenu
08:41parce que lui,
08:42il ne pouvait plus y être.
08:43Vous vous souvenez sûrement
08:45de la fameuse
08:46détournement d'avion
08:47Alger-Paris
08:48par les islamistes algériens.
08:51C'est le Premier ministre
08:53tout seul
08:53qui a géré ça.
08:54Mitterrand,
08:55il était sur un produit
08:55de douleur à Venise.
08:57Il n'y a pas eu
08:58un seul contact
08:59entre le Premier ministre
08:59et le Premier ministre
09:00à cette époque-là.
09:01Moi,
09:01je le trouve plus grave
09:01que l'omerta.
09:03Les journalistes ne disent pas,
09:04mais c'est qu'on a
09:05un président
09:06qui n'est plus
09:07en capacité...
09:08Si les journalistes disaient,
09:09ça aurait changé les choses.
09:10Il n'est plus en état
09:11à 100%.
09:12Il y a des moments...
09:12Il le sait.
09:13Donc, lui,
09:13il sait qu'il n'est plus
09:14en capacité.
09:15Pourquoi il ne s'arrête pas ?
09:16Pourquoi il ne met pas
09:17la fin à sa mission
09:18en disant
09:18« Je suis trop malade ? »
09:20En plus,
09:21il s'inflige un calvaire
09:23parce qu'il est obligé
09:23quand même
09:23de montrer bonne figure.
09:25Et pourquoi lui-même
09:25ne décide pas
09:26de renoncer à sa mission ?
09:28C'est la question
09:28que je pose
09:29dans la conclusion.
09:30Dans le livre,
09:30je présente les faits
09:31tels qu'on les connaît,
09:33tels que j'ai les révélations
09:34que j'ai apprises
09:35grâce pour Pompidou
09:37au journal quasiment
09:38pas jour par jour,
09:39mais semaine par semaine.
09:40Et c'est vraiment glaçant
09:43cette lecture
09:43parce qu'il y a des moments
09:45où il délire.
09:46Il y a des moments
09:46où il est dans une crise
09:48de confusion mentale.
09:49Il est président de la République,
09:51je le raconte dans le livre,
09:51et il se couche tout habillé.
09:53Il y a des moments
09:54où il ne peut plus
09:54exercer ses fonctions.
09:55Il y a d'autres moments
09:56de grande lucidité.
09:58Mais les deux dernières années,
09:59je termine le livre
10:00en disant ça,
10:01et Pompidou et Mitterrand
10:02n'avaient ni la force
10:03de présider,
10:04ni le courage
10:05de démissionner.
10:06Parce que,
10:06vous avez raison,
10:07mais il faut un sacré courage
10:09pour aller à la télévision
10:10en disant
10:10« Je suis trop malade,
10:11je démissionne. »
10:12Alors,
10:13on y va.
10:14Joël Dagosseri,
10:16question de Bruno Poncet
10:17et d'Antoine Dière.
10:18Joël,
10:19Bruno et Antoine.
10:20Joël.
10:21Votre livre,
10:21en fait,
10:21j'aurais aimé me dire
10:22que c'était le livre
10:24d'une époque,
10:24d'une époque révolue
10:27dans laquelle
10:27les personnes
10:29n'osaient pas,
10:29comme vous dites...
10:30Ça a continué avec Chirac.
10:31Voilà,
10:32exactement.
10:33ça a continué.
10:33Mais,
10:34vous voyez,
10:35quand je regarde aujourd'hui,
10:37j'ai vu dernièrement
10:38au municipal
10:38M. Santini
10:40se présenter malade,
10:42mais vraiment,
10:43mais vraiment malade.
10:44Il est sorti de l'hôpital
10:45pour les élus.
10:46Oui,
10:47c'est pas quelque chose
10:47qu'on peut cacher
10:48ou comme vous aviez
10:50les consignes
10:50en disant,
10:51bon ben,
10:51il faut pas faire
10:52de gros plans,
10:52des choses comme ça.
10:53En plus,
10:53avec les réseaux,
10:54c'est impossible aujourd'hui.
10:55Et ce monsieur,
10:56il a été réélu,
10:58alors qu'on voit bien
10:58que physiquement,
10:59il en a capacité
11:00de fonctionner normalement,
11:02si je puis dire.
11:03Mais les électeurs
11:03le savaient.
11:04Exactement.
11:05Alors c'est pour ça,
11:05ma question c'est celle-là.
11:08C'est que ça va plus loin
11:09en fait qu'une omerta
11:11journalistique et politique.
11:12On est quelque part
11:13dans une complaisance,
11:15ça fait partie
11:16de notre culture.
11:17Et je me demande
11:17si quelque part,
11:18est-ce que finalement,
11:19on s'est sortis
11:20de la monarchie ?
11:21Parce que vraiment,
11:22je crois que,
11:23et les hommes politiques
11:24peut-être sont comme des rois,
11:25c'est-à-dire c'est jusqu'à la mort,
11:26si possible.
11:27C'est-à-dire tant qu'on les élit,
11:29c'est bon,
11:29on y va même si je suis malade,
11:30etc.
11:31Jusqu'à la mort.
11:32Et puis nous,
11:32en tant que citoyens,
11:33je veux dire,
11:34ce n'est pas une donnée
11:35chez nous
11:36qui est prise en compte
11:37réellement
11:38en termes de compétences
11:39et de capacités
11:40à diriger,
11:42que ce soit une municipalité
11:43ou un pays.
11:43Donc on est dans une...
11:44Est-ce qu'on n'est pas
11:45dans une monarchie ?
11:46Alors, d'abord,
11:48vous avez un peu raison
11:50parce que l'expression
11:51en général,
11:52on dit que le président
11:52de la cinquième,
11:53c'est un monarque républicain.
11:54Donc ça rejoint
11:55ce que vous dites.
11:56On ne peut pas comparer
11:58une mairie,
11:59même ici,
11:59les Bouninos
12:00sont une grande ville,
12:00mais ce n'est pas
12:02à la présidence
12:02de la République.
12:03Moi, ce que je trouve
12:04insupportable,
12:05c'est que quand on additionne
12:06la période Pompidou
12:07de Mitterrand
12:08et les deux dernières
12:09années de Chirac,
12:10ça fait 20 ans
12:11de mensonges d'État.
12:12Ça, c'est quand même
12:14extraordinaire.
12:15On va fêter
12:16les 70 ans
12:17dans deux ans
12:17de la cinquième République
12:18et sur 70 ans,
12:20on aura eu 20 ans
12:20de mensonges d'État
12:21avec des présidents
12:23qui ne pouvaient pas
12:24exercer leur fonction
12:24normalement.
12:25Jacques Chirac,
12:26parce que Jacques Chirac,
12:26il faut rappeler,
12:27il fait un AVC
12:29en 2005
12:31et donc il lui reste
12:32deux ans
12:32de mandat
12:33et il vous dit
12:34dans le livre
12:35que ces deux ans
12:35il n'était plus
12:36vraiment en capacité.
12:37Pourtant,
12:37là aussi,
12:37on l'a caché,
12:38on a dit le contraire,
12:39en disant tout va bien.
12:40On est sorti de l'hôpital,
12:41je me souviens toujours
12:42de cette image
12:42où il sort de l'hôpital
12:43debout,
12:44c'était à la Val-de-Grâce,
12:46comme si de rien n'était.
12:47Il dit,
12:48je suis content,
12:48je vais enfin aller pouvoir
12:49bien déjeuner à l'Élysée,
12:50etc.
12:51Il était,
12:52oui,
12:52il avait maigri,
12:53mais simplement,
12:55par exemple,
12:56aujourd'hui,
12:56ça me paraîtrait impossible,
12:58c'est ça le sujet,
12:59après,
12:59qu'est-ce qu'on peut faire ?
13:00C'est qu'il a été hospitalisé
13:02après son AVC
13:03un vendredi soir,
13:04personne n'a rien su
13:05avant le samedi
13:06en fin de matinée,
13:07ni le Premier ministre,
13:08ni le Conseil constitutionnel,
13:09personne ne le savait,
13:10en dehors des médecins
13:11et de la famille.
13:12Aujourd'hui,
13:13ça ne serait plus possible.
13:13Non,
13:13c'est impossible ça.
13:14Et,
13:15pour reprendre ce que vous disiez,
13:17je pense qu'aujourd'hui,
13:19les manifestations physiques
13:20comme celles qu'on a vues
13:21à la fois avec Pompidou
13:22et Mitterrand,
13:23où on voyait tous les deux
13:23qu'ils étaient quand même
13:24totalement épuisés,
13:26etc.
13:27Ça,
13:27physiquement,
13:28si ça se voit,
13:29c'est impossible
13:29de garder le secret.
13:31Et les chaînes d'information
13:33parleraient de ça en permanence.
13:34Au lieu d'avoir les généraux
13:35comme en ce moment,
13:35on aurait les médecins
13:36autour de la table
13:37qui diraient,
13:37mais qu'est-ce qu'il a ?
13:38Qu'est-ce qu'on peut faire ?
13:39Etc.
13:41Le sujet,
13:41c'est qu'est-ce qu'on peut faire ?
13:42Parce qu'il n'y a rien
13:43de prévu dans la Constitution
13:44de faisable.
13:50Les Maladies des Présidents,
13:51Les Derniers Mystères.
13:52Le livre est aux éditions
13:53de l'Observatoire.
13:53À un moment,
13:54on va un peu sortir
13:55quand même des hôpitaux,
13:57des présidents,
13:57parce que vous avez été
13:58patron de France Télévisions.
14:00Le rapport à l'oncle,
14:01la commission à l'oncle,
14:02ça vous dit quelque chose,
14:03Patrice ?
14:03J'ai été auditionné, d'ailleurs.
14:04J'imagine bien.
14:05Donc, voilà.
14:06On en discutera avec vous.
14:07Restez avec les Grandes Gueules.
14:08Il est 11h15.
14:15Alain Marshall,
14:16Olivier Trussaud,
14:17Les Grandes Gueules.
14:27Les Gigi avec Patrice Duhamel
14:28dans Les Grandes Gueules.
14:29Aujourd'hui,
14:29le crépuscule des dieux,
14:30les maladies des présidents,
14:32dernier mystère.
14:32Le livre est aux éditions
14:33de l'Observatoire.
14:35Question, Bruno Ponset
14:36et Antoine Diers.
14:38Bruno ?
14:38Moi, j'ai vécu
14:39les années mi-temps.
14:40Je suis en 112.
14:41Je suis né sous Pompidou
14:42quand j'avais deux ans,
14:42mais j'ai connu les années mi-temps.
14:43Et on avait vu
14:45son altération physique
14:46au fur et à mesure.
14:47Et je me rappelle surtout
14:48les mensonges de son médecin
14:49qui après avait fait un livre
14:49en expliquant,
14:51on m'a dit de dire des trucs.
14:53Et le livre a été interdit.
14:54Oui, et en plus,
14:55ce qui était dingue,
14:56c'est que Mitterrand
14:58sort en mai 1995,
14:59il meurt en janvier 1996.
15:00Ce qui fait qu'en fait,
15:01il était vraiment
15:02de meun bout de bras.
15:03Moi, ce que je trouve
15:04un peu impressionnant
15:05dans votre livre,
15:05c'est que je ne savais pas
15:06qu'il était malade
15:06dès 1981.
15:08Et je me dis,
15:08ça veut dire qu'en fait,
15:09il arrive au pouvoir,
15:10on lui dit,
15:10tu as deux ans à vivre.
15:11Est-ce que ça,
15:12ça ne peut pas influencer
15:12les décisions qu'il prend ?
15:14Parce qu'en fait,
15:16vous demandez combien de temps
15:17vous êtes là,
15:17donc peut-être que
15:17les deux premières années,
15:18d'ailleurs,
15:18c'est ce qu'il a fait,
15:19il a fait des réformes
15:20hyper importantes tout de suite.
15:21Est-ce qu'il n'a pas fait
15:22un truc à bloc
15:22et après en se disant,
15:23de toute façon,
15:23je ne suis plus là après,
15:24je vais laisser ma trace
15:25en faisant...
15:26En fait, ça change quand même
15:27le psyché de savoir
15:28qu'on est peut-être
15:28condamné à peu de temps.
15:30Ça, je ne peux pas vous répondre,
15:31je ne suis pas dans sa tête
15:32et dans son entourage,
15:34j'en parlais avec Hubert Védrine
15:36qui était un de ses très proches
15:37qui était à l'Elysée
15:38dès ce moment-là.
15:40Personne absolument
15:47c'est un livre passionnant d'ailleurs,
15:49mais il avait une instruction formelle
15:52de ne absolument rien dire.
15:54Mais il s'occupait du président
15:57tous les jours,
15:57les piqûres,
15:58les transfusions, etc.
16:01C'était vraiment...
16:02Il y avait toute une espèce
16:03de mini-hôpital de campagne
16:05qui suivait François Mitterrand
16:07à partir de novembre 1981
16:09et c'était tellement bien fait
16:11que ça ne se voyait quasiment pas.
16:13Il faisait énormément de voyages
16:15à l'étranger
16:16et les journalistes ne voyaient pas.
16:19Nicolas Sarkozy
16:19a eu un malaise aussi.
16:22Est-ce qu'on l'a toussus
16:23de son malaise ?
16:24Oui, un malaise vagal.
16:26Oui, il avait couru
16:29dans le parc de Versailles
16:31avec 40 degrés au soleil
16:33mais il y avait eu des témoins.
16:36Non, il a eu aussi
16:38un problème à la gorge
16:40alors qu'il devait partir au Maroc
16:42pour un voyage officiel
16:44et ça ne s'est pas su non plus.
16:46C'était quoi le problème à la gorge ?
16:48Il s'est fait opérer
16:49d'un flègue bon
16:50au Val-de-Grâce
16:51et il souffrait énormément
16:54mais ça a duré trois jours.
16:56Ce n'est pas de même nature.
16:58Antoine Dias.
16:59La lecture du livre
17:01et nos discussions
17:02nous laissent tous à penser
17:03logiquement
17:04qu'il faudrait aller vers
17:05une publication
17:07des états de santé,
17:09des présidents,
17:10la transparence.
17:11Vous réfléchissez même
17:12aux dispositifs constitutionnels
17:15pour sortir un président
17:17qui serait malade
17:18et en fait moi je pense
17:18que c'est une erreur
17:19d'aller sur ce terrain-là.
17:21C'est-à-dire que
17:21la santé des présidents,
17:23je comprends qu'ils la cachent
17:25parce que sinon
17:26ça deviendrait
17:27un outil politique
17:28de leurs adversaires
17:29pour les affaiblir,
17:30pour dire
17:31il ne peut pas
17:32avoir pris cette décision,
17:33il l'a pris
17:34parce qu'il était malade
17:34comme tu viens de le dire Bruno.
17:36Donald Trump a beaucoup utilisé
17:37les faiblesses de Joe Biden.
17:39Et donc en réalité
17:41je suis très partagé
17:43et je suis fasciné
17:44par cette époque
17:45de l'ORTF
17:46qu'on évoquait
17:47où en fait
17:47tout le monde
17:48défend,
17:49protège
17:50la figure du chef.
17:51Je ne sais pas
17:52s'il faut le dénoncer
17:53ou s'il faut le saluer.
17:55Je suis très troublé.
17:56Mais en réalité
17:58là où ce que vous dites
17:59est vraiment intéressant
18:00c'est que je vois
18:01les réactions
18:01des lectrices
18:02et des lecteurs.
18:04Il y a deux lectures.
18:06Il y a une lecture
18:06« Ces hommes ont souffert
18:08le martyr
18:09mais ils ont tenu,
18:10ils ont été courageux
18:11face à la maladie,
18:12etc. »
18:13Donc ce qui s'est passé
18:15finalement
18:15ce n'est pas aussi dramatique
18:17que ça
18:17du point de vue du citoyen.
18:19Et puis il y a la lecture
18:20« Ils ne sont pas en mesure
18:21d'exercer leur fonction
18:22totalement. »
18:24Là où je ne suis pas
18:24d'accord avec vous
18:25c'est que le président
18:27il est chef des armées
18:28c'est le seul
18:28qui a le doigt
18:30sur le feu nucléaire.
18:32Bon, voilà.
18:34Donc ce n'est pas
18:34un malade comme les autres.
18:35Il a des responsabilités.
18:37Moi je pars du principe
18:37que la santé
18:38d'un président de la République
18:39à partir du moment
18:41où elle a des effets
18:42graves
18:43sur le comportement,
18:44sur la psychologie.
18:46Est-ce qu'on fait
18:46un check-up
18:47à chaque pilote d'année ?
18:48Il y a un moment
18:48où les capacités intellectuelles
18:50sont altérées.
18:51– Mais en France
18:52on n'a pas de procédure
18:53d'impeachment
18:53comme aux Etats-Unis.
18:55– Alors il y a
18:56dans l'article
18:56qui concerne
18:57l'élection du président
18:58il est dit
18:59qu'en cas d'empêchement
19:00donc voilà
19:01il faut que le gouvernement
19:03saisisse le conseil constitutionnel.
19:05Jamais un premier ministre
19:06n'ira saisir
19:07le conseil constitutionnel.
19:08– C'est quand même trop lourd.
19:08– Il aurait fallu
19:09que Balladur
19:10aille dire au conseil constitutionnel
19:12François Mitterrand
19:12n'est plus en état
19:13alors que lui-même
19:14était candidat.
19:14– Et ça l'arrangeait peut-être
19:15Édouard Balladur
19:16parce que finalement
19:17c'était un premier ministre
19:18tout-puissant
19:18qui n'était pas gêné
19:20par un président malade.
19:21– Mais Joël
19:22– Je disais
19:23c'est un peu trop court
19:24ça fait très bureaucratie
19:25ce truc
19:25d'aller saisir
19:26le conseil constitutionnel.
19:28– J'aimerais qu'on change là.
19:29– Bah oui
19:29et en fait
19:29il faut avoir une procédure
19:30assez claire
19:30parce que les Etats-Unis
19:31ils te disent
19:32c'est le président empêché
19:33c'est le vice-président
19:34tout de suite
19:34c'est clair
19:36c'est tracé
19:36il y a une procédure
19:37– En France aussi
19:38c'est le président du Sénat
19:38qui fait l'intéril
19:39– Qui fait l'intéril
19:41– Oui mais
19:42il n'y a aucun médecin
19:43qui se prononcerait
19:44– Oui mais c'est pas en cas de maladie ça
19:45– Je peux certifier
19:45qu'il est empêché
19:46le médecin d'à côté
19:47il dirait
19:47bah non
19:48d'après moi
19:48il a encore
19:49toutes ses capacités
19:50– Quand le grand cancérologue
19:52de l'époque
19:52qui opéra
19:54Mitterrand
19:54deux fois
19:56diagnostique
19:56un cancer de la prostate
19:57avec des métastases
19:59un peu partout
20:00c'est quand même
20:00une sommité
20:01ça aurait pu être validé
20:02– Oui mais il a tenu 14 ans
20:04– Est-ce que ça l'empêche ?
20:04– Oui absolument
20:05– Parce que peut-être
20:06qu'à l'époque
20:06– C'est la limite
20:08du sujet
20:08– Parce que
20:13quand le médecin
20:14avait dit
20:15bah non
20:15François Mitterrand
20:16il n'y en a que pour
20:16quelques mois
20:17donc il faut que ça s'arrête
20:18bah finalement
20:19il a tenu 14 ans
20:20il a fait deux mandats
20:21il a été réélu
20:21– Il a été formidablement
20:22bien soigné
20:23par ce cancérologue
20:24et par Claude Gubler
20:26et puis il y a aussi
20:27alors là on rentre
20:28dans les mystères
20:28de la psychologie
20:29etc
20:30le pouvoir
20:31qui
20:31voilà
20:32qui fait tenir
20:34Mitterrand
20:34il avait une obsession
20:35c'était son duel singulier
20:37avec le général de Gaulle
20:38vis-à-vis de l'histoire
20:39il voulait faire
20:40deux mandats
20:41jusqu'au bout
20:42alors que de Gaulle
20:43avait été interrompu
20:44par sa défaite
20:46et donc sa démission
20:47avant la fin
20:47de son second mandat
20:48– Mais les deux dernières années
20:49de Jacques Chirac
20:49vraiment il n'était
20:50– Il est en pente douce
20:51– Voilà
20:52– Il décline tout doucement
20:54– Il décline tout doucement
20:55c'est la bagarre
20:56vous vous souvenez
20:56entre Villepin et Sarkozy
20:58il a du mal à arbitrer
20:59entre les deux
21:01il n'est plus à 100%
21:03– Mais il le sait
21:03qu'il n'est plus à 100% ?
21:04– Oui oui
21:05il le sait
21:06– Il a une inconscience
21:07– Franchement tout ce
21:09sur le moment
21:10personne ne disait rien
21:11mais j'ai vu
21:11beaucoup de témoignages
21:13même les gens
21:14qui l'aimaient énormément
21:15etc.
21:15disent
21:16il y a eu le Chirac
21:17d'avant
21:18et puis il y a le Chirac
21:19après l'AVC
21:21ça c'est clair
21:22– Mais l'AVC a lieu quand ?
21:23– Il a lieu en septembre 2005
21:26– Voilà
21:26mais on se souvient
21:27du usé, vieilli, fatigué
21:29de Lionel Jospin
21:30– C'est pour ça
21:31je dis c'était avant
21:32et à l'époque
21:34lorsque Lionel Jospin
21:35le dit
21:35– Ça lui est reproché
21:36– Et bien ça lui est reproché
21:37et ça ne lui sert pas
21:38politiquement
21:39– Et ça va servir Chirac
21:40– C'est ça
21:40donc on voit bien
21:41que le sujet
21:42de la santé
21:43des responsables politiques
21:45même vis-à-vis de l'opinion
21:46c'est attention
21:47ça peut faire basculer
21:49– Oui parce que là
21:50c'était son adversaire
21:51je crois que c'était
21:52entre les
21:53je ne me souviens plus
21:53mais je crois que c'était
21:54entre les
21:55non je ne suis pas sûr
21:55c'était peut-être
21:56avant le premier tour
21:56bah oui forcément
21:57parce que le Jospin
21:58a été éliminé
21:58en 2002
21:59évidemment
22:00mais ça a été
22:02– Même auprès des français
22:02on ne touche pas
22:03à la santé
22:03– Et puis les français
22:05mais bien Chirac
22:06il y avait un attachement
22:07un peu personnel
22:10il avait un contact facile
22:12les gens l'aimaient bien
22:12– Et donc c'est les français
22:13qui choisissent
22:15toujours
22:16remettons-nous-en
22:17à la démocratie
22:18– Aujourd'hui
22:19avec la crise qu'on a
22:20vous voyez un président
22:21malade
22:22qui aurait du mal
22:24à parcourir
22:25le monde
22:26– Il serait peut-être
22:27plus détaché que les autres
22:28– On s'interroge
22:29sur la santé
22:29de Donald Trump
22:30sur son état réel
22:32– On a vu Biden déjà
22:33– Et Donald Trump
22:34on le voit s'endormir
22:35un peu dans les réunions
22:36là maintenant
22:36– Puisqu'on parle
22:38de la vie privée
22:38parce que ça fait partie
22:39aussi de la vie privée
22:40de ceux qui nous gouvernent
22:42un journaliste
22:44nous livre
22:44une explication
22:45de la fameuse gifle
22:47de Brigitte Macron
22:49sur son mari
22:50à l'arrivée
22:52à l'aéroport d'Hanoï
22:53au Vietnam
22:54il y a un an
22:54selon M. Griff
22:56qui sera d'ailleurs
22:57notre invité
22:57M. Tardif
22:58pourquoi j'appelle M. Griff
22:59M. Florian Tardif
23:00qui sera notre invité
23:01demain
23:01dans son livre
23:02Un couple presque parfait
23:03il explique
23:04oui peut-être
23:05qu'il faut que j'aille
23:05faire un check-up
23:06il explique en fait
23:08Brigitte
23:08à ce moment-là
23:09vient de tomber
23:10sur un message
23:11qu'a envoyé
23:11Emmanuel Macron
23:13à l'actrice iranienne
23:15Golshifte Farhani
23:16et donc c'est une gifle
23:17de jalousie
23:18donc là
23:19on est dans la vie privée
23:20d'Emmanuel Macron
23:21qui aurait donc
23:22une maîtresse
23:23si j'en crois
23:24ce journaliste
23:25alors même s'il parle
23:26de relations platoniques
23:27enfin suffisamment importantes
23:28pour déclencher
23:30la fureur
23:30de Brigitte Macron
23:31est-ce que ça
23:32c'est intéressant
23:33de le savoir ?
23:34Sur la vie privée
23:36d'abord j'ai aucun
23:37commentaire
23:37la gifle a été vue
23:38par le monde entier
23:39puisque ces images
23:40oui la fin de la gifle
23:41la fin de la gifle
23:44sur la vie privée
23:45là c'est un autre
23:46c'est un autre sujet
23:49sauf si ça affecte
23:50également
23:51le comportement
23:53personnel
23:54psychologique
23:55politique
23:56d'un président
23:57mais
23:58est-ce qu'on doit le savoir ?
24:01c'est très
24:02alors franchement
24:02si on avait su
24:03les présidents
24:05combien vous avez de temps ?
24:07c'est ça
24:08la liste des maîtresses
24:09il y en a quelques-uns
24:10on a vécu
24:12Nicolas Sarkozy
24:12son divorce
24:13en direct
24:14en direct
24:15quasiment
24:15il nous a fait partager
24:16et la double vie
24:18de François Mitterrand
24:18ça on ne l'a pas vécu
24:20sur la fin
24:21on l'a su
24:21on l'a su
24:22on l'a su tout seul
24:23enterrement
24:23les rumeurs
24:24sur les maîtresses
24:25de Jacques Chirac
24:26et d'ailleurs
24:26la double vie
24:28de François Mitterrand
24:28quand le jour des obsèques
24:30quand on a vu
24:30les deux familles
24:31les français
24:32quand ils ont été interrogés
24:33ils étaient plutôt
24:36ils n'ont pas critiqué
24:37ça
24:38ça les touchait
24:39ça les impressionnait
24:40on a vécu aussi
24:41François Hollande
24:42à la une
24:43d'un magazine People
24:44sur un scooter
24:45et ça a déclenché
24:47la séparation
24:48avec sa compagne
24:49de l'époque
24:50donc
24:51est-ce que ça
24:53on n'est pas un peu hypocrite
24:55parce que finalement
24:55ça passionne tout le monde
24:57la vie privée
24:58des puissants
24:59la vie amoureuse
25:00des puissants
25:00les maîtresses
25:01des rois
25:02etc
25:02est-ce qu'il ne faut pas
25:04tout savoir
25:04tout dire
25:05ou rester un peu hypocrite
25:06je pense quand même
25:08que c'est beaucoup moins grave
25:09que la santé
25:10qui évidemment
25:11a des effets
25:12sur le comportement
25:13et sur la conduite
25:14de la nation
25:15par le président
25:16François Mitterrand
25:17avait quand même
25:17où arrête-t-on
25:19la transparence
25:20François Mitterrand
25:20avait mis quand même
25:21en place
25:21enfin avait logé
25:24sa deuxième compagne
25:25si on doit l'appeler
25:26comme ça
25:27dans les appartements
25:28de la République
25:28protégés par la République
25:29donc ça avait quand même
25:30des conséquences publiques
25:31il a fait écouter des journalistes
25:33aussi avec le moyen de l'État
25:33il a fait écouter des journalistes
25:34pour éviter que ça se sache
25:35donc là
25:36c'était un scandale
25:37il y a un vieux réflexe
25:38sur RTF là
25:39Patrice Huamel
25:45moi j'ai su
25:46et mon frère Alain
25:47que vous connaissez bien ici
25:49c'est lui d'ailleurs
25:50qui me l'avait dit
25:51en novembre 81
25:54que Bazarine existait
25:55il allait avoir 7 ans
25:57et c'est vrai
25:58qu'on n'a absolument rien dit
25:59parce qu'on considérait
26:00qu'il y a une frontière
26:02il ne faut pas la passer
26:03mais oui je suis peut-être
26:04un peu vieux Nicole
26:06c'est possible
26:08mais pas sur la santé
26:09il nous reste 2 minutes
26:11Charles Aloncle
26:12le rapporteur de la commission
26:13sur l'audiovisuel public
26:14vous avez été entendu
26:15qu'est-ce qu'on fait du rapport
26:16à Aloncle
26:17est-ce qu'il faut revoir
26:18l'audiovisuel public
26:19fusionner un certain nombre
26:20de chaînes ou pas
26:21et faire des économies
26:22parce qu'il préconise
26:23une cure d'austérité
26:24un milliard d'euros
26:26d'économies
26:27moi je suis pour un audiovisuel fort
26:30après on peut toujours discuter
26:32des efforts
26:34à faire
26:35dans le cadre
26:37si dans ce pays
26:38tout le monde fait des efforts
26:39je ne vois pas pourquoi
26:41l'audiovisuel public
26:42ne t'en ferait pas
26:42d'ailleurs ça fait plusieurs années
26:43qu'ils le font
26:45après le milliard
26:47évoqué par Charles Aloncle
26:48sur le budget de France Télévisions
26:50qui est de 3 milliards
26:51c'est impossible
26:52c'est tout ça
26:52moi j'ai piloté la maison
26:53avec Patrick de Carolis
26:55pendant 5 ans
26:55c'est totalement impossible
26:56ou alors il faut prendre
26:57je ne sais pas
26:5810 ans 15 ans
27:00la BBC a fait la même chose
27:01mais sur une très longue période
27:03sur le périmètre
27:04on peut toujours discuter
27:06je suis totalement hostile
27:08à l'idée
27:08alors d'ailleurs
27:09il ne le propose pas
27:10de la privatisation
27:11il n'est pas pour la privatisation totale
27:12est-ce qu'il y a trop de contrats
27:13avec les boîtes privées ?
27:14bien sûr
27:15non mais là
27:16il y a une incompréhension totale
27:17vous
27:18tous les deux
27:19vous montez une boîte de production
27:21vous allez proposer
27:22des projets
27:23aux responsables
27:24de France Télévisions
27:25et ils vous disent
27:26votre projet nous intéresse
27:27on le commande
27:28et pourquoi c'est
27:29France Télévisions
27:29qui ensuite irait le produire ?
27:31c'est votre idée
27:31c'est à vous de la mettre
27:33sur l'antenne
27:33c'est comme ça que ça se passe
27:34il y a des conséquences
27:35de ce rapport
27:35parce que regardez
27:36Nagui il arrête son émission
27:37sur France Inter
27:38on ne peut pas commencer
27:39à dire que c'est pas courrier
27:40il dit qu'il y a aucun lien
27:41et puis il y a quand même
27:41Eugénie Bastille
27:42qui est quand même
27:43une figure de CNews
27:44qui arrive sur France Télévisions
27:44pour remettre un peu de droite
27:45ou d'extrême droite
27:46sur cette chaîne
27:46c'est quand même
27:47le rapport quand même
27:48il a quand même touché
27:48un peu au coeur
27:50France Télévisions
27:50ce sur quoi je ne suis pas d'accord
27:52mais mon idée
27:53n'est pas plus
27:54mon opinion n'est pas plus intéressante
27:56que la vôtre là-dessus
27:59je n'aime pas le terme neutralité
28:01je pense que ça veut
28:02pour les journalistes
28:03ça n'existe
28:04vous n'êtes pas neutre
28:05je ne suis pas neutre
28:06et vous pouvez être
28:07vous pouvez être considéré
28:09comme objectif
28:11et honnête intellectuellement
28:12par un auditeur
28:13ou un téléspectateur
28:14sur un sujet le matin
28:15et pas le soir
28:16donc voilà
28:17moi je pense que
28:18mais là on parle de pluralisme
28:19ce qui a été reproché
28:20au service public
28:21c'est le manque de pluralisme
28:22que ça pense trop à gauche
28:24on parlait de l'ORTF tout à l'heure
28:26moi quand je suis arrivé
28:26à l'ORTF
28:27fin 69
28:29il y avait 90%
28:30des journalistes
28:31qui étaient
28:32qui étaient des gaullistes
28:34pervents
28:34militants
28:35aujourd'hui il y a 90%
28:37des journalistes
28:37qui sont de gauche
28:37à France Télé
28:38c'est la question
28:38il faudrait voir
28:41vous mettez le curseur
28:43à combien ?
28:44non non
28:44ça je ne sais pas
28:45bah tiens
28:46merci Patrice Duhamel
28:47d'être passé par l'EGG
28:48le crépuscule des duels
28:50et les maladies
28:50des présidents
28:50dernier mystère
28:51aux éditions de l'Observatoire
28:52merci bien
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