- il y a 2 jours
Retrouvez le club de la Bourse du mercredi 13 mai dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Good Morning Market, le club de la bourse.
00:048h39, le bifort de la séance boursière avec nos deux invités qui viennent de nous rejoindre.
00:07Bonjour Jean-François Robin.
00:09Bonjour.
00:09Chef économiste de Nectixi CIB, soyez le bienvenu à vos côtés.
00:13Grégoire Kounowski, conseiller en stratégie d'investissement chez Norman K.
00:17Bonjour.
00:18Etienne Braque avec nous toujours pour nous accompagner.
00:21Beaucoup de sujets internationaux encore aujourd'hui,
00:23forcément avec l'atterrissage prévu au début d'après-midi de Donald Trump en Chine
00:30pour cette première visite officielle, visite d'État à Pékin depuis huit ans.
00:36En réalité c'était déjà Donald Trump à l'époque,
00:39puisque Joe Biden n'était pas allé à la rencontre du président chinois.
00:43Grégoire Kounowski, Donald Trump donc attendu aujourd'hui.
00:47Qu'est-ce que vous, vous en attendez de cette visite ?
00:52Il y a beaucoup de sujets qui devraient être abordés pendant 2-3 jours.
00:56Exactement.
00:58Et on n'a pas le dictionnaire pour lire le Trump comme on voudrait.
01:02C'est toujours très compliqué à prévoir et anticiper.
01:05Je pense qu'ils vont parler de ce qui se passe en Iran,
01:08ils vont aussi parler de la traite d'ouare, etc.
01:11Mais bon, ça va être comme d'habitude très compliqué à coup de tweets
01:13ou à coup de déclarations un peu tumultueuses.
01:15Je crois qu'il s'est un peu lâché hier soir pour nous
01:19et durant la fin de journée pour les États-Unis.
01:21Donc ça va être intéressant de voir.
01:23Maintenant, ça ne va pas faire un grand 6 000 blics à mon avis.
01:25Etienne Braque, Donald Trump qui n'arrive pas vraiment en position de force en réalité
01:29face au président chinois.
01:30Une inflation au plus haut, j'en passe à des meilleurs.
01:34Avec notamment le sujet des droits de douane,
01:36puisque c'est vrai que ça a été l'un des temps forts de 2025.
01:39On le voit bien dans les chiffres d'exportation,
01:41avec notamment des exportations chinoises vers les États-Unis
01:45qui sont toujours importantes, malgré ces droits de douane.
01:50La Chine, Donald Trump pensait affaiblir le pays avec ses droits de douane,
01:55mais finalement la Chine arrive à s'en sortir,
01:57grâce notamment à de nouveaux débouchés,
01:58que ce soit en Europe et aussi à travers différents pays de l'Asie du Sud-Est.
02:04Et puis le sujet de l'intelligence artificielle,
02:06qui sera évidemment au cœur de cette rencontre,
02:08puisque dans l'avion présidentiel,
02:10vous avez notamment John Seng Yang, le patron de NVIDIA.
02:13Il y a Elon Musk également qui va faire partie du déplacement,
02:16avec hasard de calendrier.
02:18Aujourd'hui, Tencent et Alibaba qui vont publier leurs résultats.
02:21Alors c'est symbolique, mais ça montre bien qu'aujourd'hui,
02:23la Chine, elle arrive à construire sa technologie,
02:26parce que déjà Donald Trump ne veut pas que les dernières cartes graphiques de NVIDIA
02:29arrivent sur le sol chinois.
02:31Et parce qu'aujourd'hui, surtout la Chine,
02:33on l'a vu notamment il y a un an avec son intelligence artificielle,
02:36arrive à produire sa propre technologie.
02:38Donc ça va être une rencontre très intéressante.
02:40Quels sont les enjeux de la rencontre pour vous, Jean-François Robin ?
02:43Je crois qu'on n'en attend finalement pas beaucoup autre chose
02:48que des accords commerciaux.
02:49Effectivement, c'est ça le but.
02:52Étienne le disait, il y a tout un panel de grands patrons.
02:54Il y a BlackRock, il y a tous les grands patrons qui l'accompagnent.
02:57Et désormais, il y a NVIDIA également.
02:59Quand même, effectivement, on arrive à un moment
03:02où Donald Trump est en position de grande faiblesse, je pense,
03:05sur tout point de vue.
03:07Alors que finalement, la Chine apparaît comme un petit peu le faiseur de paix,
03:10là où les États-Unis sont le faiseur de troubles.
03:12En termes de déficit commercial, ça a été cité.
03:14Mais l'année dernière, le déficit commercial américain,
03:16alors que c'était tout le but de cette guerre tarifaire,
03:191 200 milliards de déficit commercial américain,
03:21on n'avait jamais vu ça.
03:22À l'inverse, l'excédent commercial chinois, c'est 1 241 milliards.
03:27En forte hausse, évidemment, ça baisse les exportations chinoises
03:30vers les États-Unis, moins 22%.
03:31Par contre, elles augmentent d'à peu près autant
03:33quand on vous prenait en compte ce qui vient du Vietnam,
03:36de la Corée du Sud, du Mexique.
03:37Donc on n'a vraiment pas vraiment de choc sur l'économie chinoise,
03:40alors qu'on a un énorme choc sur l'économie américaine.
03:42En grande difficulté également au niveau géopolitique.
03:45Là aussi, la Chine arrive un peu comme un faiseur de paix,
03:48là où les États-Unis sont de plus en plus vus comme un faiseur de troubles.
03:51Donc on est vraiment sur une position de grande faiblesse américaine.
03:54Et je pense que Trump va vouloir arriver de ça avec une victoire.
03:57De son côté, lui, ce qu'il veut, c'est des accords commerciaux.
04:00C'est montrer que les États-Unis vont acheter du soja,
04:03vont acheter du pétrole, du gaz.
04:06Essayez de faire des achats aujourd'hui.
04:08Il n'y a plus une seule goutte de pétrole et de gaz
04:09qu'achetée par les Chinois.
04:10Le soja est acheté au Brésil ou en Argentine.
04:13Donc la part des achats chinois quand même baisse de la part des États-Unis.
04:18Donc du côté des États-Unis, je pense que c'est les accords commerciaux
04:20qui vont vouloir être là.
04:21Je ne pense pas que les États-Unis comptent sur la Chine
04:24pour faire infléchir l'Iran, même si ça peut faire partie des discussions.
04:27Mais Donald Trump a dansé des addicts, il n'insisterait pas trop là-dessus.
04:31En revanche, côté chinois, ce qui va être très intéressant,
04:33c'est qu'il peut y avoir un petit peu des puces puisque Nvidia est là,
04:35mais on voit bien qu'ils ont très peu utilisé
04:37et que les puces pour l'instant qu'on leur propose ne les intéressent pas
04:39parce qu'ils sont déjà au niveau des puces de deuxième génération de Nvidia.
04:43En revanche, là où il y a un énorme enjeu géopolitique,
04:45et moi c'est là où je vois le danger quelque part,
04:48et le plus important de ce meeting, c'est sur Taïwan.
04:51Et en fait, ce qu'on se demande, c'est si Trump, dans tout ce qu'il dit en ce
04:53moment,
04:54il est quand même un petit peu à raconter tout et n'importe quoi,
04:56est-ce qu'il ne va pas lâcher qu'il ne serait pas contre une réunification pacifique de Taïwan ?
05:00Une phrase de ce style-là, qui sera un énorme changement sémantique,
05:05mais pas seulement géopolitique de la part des États-Unis.
05:07Vous savez qu'il y a une suspension des 11 milliards et des 14 milliards
05:11de programmes de vente d'armes militaires aux États-Unis
05:14qui ont été stoppés par les États-Unis.
05:16Donc on sent bien qu'il y a une espèce de changement potentiel,
05:19et je crois que c'est ça qu'on va retenir si ça se passe.
05:21C'est quand même un changement majeur, et ce n'est pas du tout impossible.
05:24Trump, dans son moment de faiblesse, qu'il lâche ça pour obtenir autre chose de la part des Chinois.
05:28Et bien évidemment, quand on parle d'administration Trump, c'est du business qui compte.
05:31Taïwan, ça risque d'être l'angle mort en réalité de cette rencontre,
05:34et in fine, le perdant.
05:36Je pense qu'on peut potentiellement avoir le grand perdant de cette séquence.
05:40Ça peut être Taïwan.
05:41Il n'y aura pas de grain gagnant, il n'y aura pas de paix en Iran à l'issue
05:43de ce sommet.
05:44Il n'y aura pas la fin de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.
05:47C'est quelque chose de structurel, systémique, qui ne va pas être résolu en un seul meeting.
05:51Surtout à un moment où, je vous le dis, je pense quand même que les États-Unis
05:53sont en position de faiblesse vis-à-vis de la Chine à tout point de vue.
05:57Trump est vraiment le plus bas dans les sondages.
05:59Ça ne veut pas pour autant dire que Xi Jinping, lui, n'a pas de problème d'élection.
06:02Seulement, comme Xi Jinping, il y a un gros problème aussi du chômage.
06:05On parlait du chômage des jeunes tout à l'heure en France.
06:07Il ne faut pas oublier que le taux de chômage des jeunes en Chine est supérieur à celui de la
06:10France.
06:11Donc, on a quand même des enjeux chinois aujourd'hui qui sont majeurs.
06:14C'est un domaine, c'est une économie basée sur l'exportation,
06:17évidemment, dans un monde qui se ferme, qui se fragmente et qui ralentit.
06:20Ce n'est pas bon pour les Chinois, tout ça.
06:22Ils ont quand même une grande partie de leur pétrole et de leur gaz qui venaient du Détroit.
06:25Jusque-là, c'était zéro problème puisque l'intégralité de ce qui sortait de l'Iran allait en Chine et
06:30libellée en Wuhan.
06:31D'ailleurs, on parle maintenant de Petrovan.
06:33Là, ce qu'a fait Trump de bloquer ça, c'est quand même un petit coup dur,
06:37mais ça se rajoute au Venezuela.
06:39Bon, c'était 13% des importations de pétrole de la Chine.
06:41Pour l'instant, ça continuait.
06:43Je rappelle que l'Iran exportait plus après le début de la guerre qu'avant le début de la guerre.
06:47Ils exportaient 1,4 million avant le 28 février, 1,8 après.
06:50Donc, en fait, les Chinois n'étaient pas du tout victimes de ce qui se passait dans le Détroit, paradoxalement.
06:54C'est même les grands gagnants.
06:55En plus, si on pense à long terme, l'électrification qui va s'accélérer, c'est la Chine qui va
06:59le fournir.
07:00Donc, on était plutôt dans un moment de faire force de la Chine.
07:02Aujourd'hui, ça s'est un peu rééquilibré.
07:04Donc, je pense que pas de grandes, grandes avancées à surveiller quand même Taïwan,
07:08qui peut être l'angle mort, comme vous avez dit, et peut-être la grande victime.
07:10Je reviens sur le sujet de l'intelligence artificielle,
07:12parce qu'on sait que c'est une thématique qui oppose énormément ces deux puissances économiques.
07:19Il va quand même y avoir, et il y a déjà des discussions en marge en Corée du Sud
07:23sur, justement, ces informations de presse américaine,
07:27sur le fait de se mettre d'accord quand même sur la maîtrise de cette intelligence artificielle,
07:34même si les deux camps sont très opposés, très rivaux,
07:38sur les dangers que ça représente et le côté incontrôlable de l'IA.
07:42On sait que des échanges avaient déjà eu lieu sous l'administration Biden
07:47pour éviter qu'il y ait une escalade nucléaire avec l'intelligence artificielle.
07:53Malgré tous les désaccords que les États-Unis et la Chine ont sur l'IA,
07:57il faut aussi discuter sur cette thématique.
07:59C'est intéressant de voir qu'on met entre parenthèses
08:02les oppositions qu'on peut avoir à ce sujet.
08:05Alors moi, je ne crois pas un instant qu'à la fois Xi Jinping et Trump
08:08sont intéressés par réguler les fake news sur les réseaux sociaux
08:14ou l'importance de ce que pourrait avoir l'IA dans le façonnement...
08:18Mais ce n'est pas leur sujet.
08:19...sur le marché du travail.
08:20Vous avez Elon Musk qui est dans l'avion.
08:21Enfin, je pense que ce ne sera pas leur sujet du tout.
08:24En revanche, ce qui est très intéressant, ce que vous soulignez,
08:26c'est qu'on parle de la Corée du Sud qui se demande
08:29comment on se pourrait faire payer les robots.
08:30Mais il y a un truc qu'il faut aussi voir en ce moment,
08:33c'est qu'aujourd'hui, le formidable moteur de l'économie américaine,
08:36c'est l'investissement dans l'IA, les data centers, etc.
08:38Mais en fait, le formidable investissement que font les États-Unis,
08:41c'est un formidable déficit commercial qu'ils créent.
08:43Aujourd'hui, ce qu'ils font, c'est acheter des puces qu'ils ne produisent pas.
08:47Donc ils achètent des puces à Taïwan.
08:48C'est pour ça que Taïwan est quand même très important dans cette histoire-là.
08:51Ils achètent des puces à Taïwan.
08:52Ils achètent des semi-conducteurs à la Corée du Sud.
08:55Aujourd'hui, vous avez un Nasdaq qui prend 15%
08:57et vous avez un Cospi qui en prend 80%.
09:00Aujourd'hui, le grand gagnant de la séquence IA,
09:03c'est plutôt Taïwan et la Corée du Sud.
09:05D'où l'importance de Taïwan.
09:06Je reviens à mon petit sujet.
09:08Grégoire, l'IA, c'est vraiment un sujet majeur, clé, central et de Discord.
09:12Chaque pays veut aujourd'hui développer sa propre technologie.
09:17Oui, c'est un peu ça.
09:18Après, moi, je pense qu'il faut arrêter de rationaliser Donald Trump
09:21par rapport à la visite.
09:22C'est un joueur de poker.
09:23Il va sortir un As de Saint-Mange, quelque chose qui n'est pas prévu.
09:27Ça va être intéressant de voir ce qu'il va poster aussi sur les réseaux
09:30parce qu'on parle de l'IA, un grand utilisateur de l'IA,
09:32notre ami Donald Trump sur les images.
09:33Mais pour revenir un peu plus sérieusement, oui, c'est des débats de souveraineté.
09:37Je pense que les États-Unis sont très en avance quand même par rapport à beaucoup de zones.
09:42Il se dit que les Chinois ne sont pas loin, mais ils ont quand même du retard,
09:45notamment par rapport au dernier modèle LLM.
09:47Il y a les world models aussi qui sont en train d'arriver.
09:51On a un Français dans la course avec Daniel Lequin qui a lancé AmiLabs là-dessus.
09:56Donc, il se passe plein de choses.
09:58Il y a énormément d'investissements aux États-Unis.
10:00C'est-à-dire que c'est le déficit de l'Europe.
10:02On n'investit pas assez.
10:03Maintenant, c'est intéressant de voir les problèmes sociétaux que ça crée.
10:06Je ne sais pas si vous avez vu ce qui se passe aux États-Unis
10:08où les factures d'électricité augmentent.
10:10Il y a de la contestation.
10:11Ça n'a pas été en ligne droite.
10:12À cause des data centers.
10:14Exactement.
10:14Donc, la solution est toute trouvée.
10:15On va développer ça dans l'espace.
10:18Hier, partenariat ou en tout cas annonce de pré-partenariat
10:20entre Alphabet et SpaceX pour développer des data centers dans l'espace.
10:23Ça va être leur nouveau terrain de jeu.
10:26Avoir tout ça.
10:26Mais oui, effectivement, c'est ce qui se passe.
10:29Et d'un point de vue marché, on voit bien que le seul segment de marché
10:33qui tire vraiment tout, et je rejoins mon confrère,
10:35quand on voit ce qui se passe sur la Corée du Sud et notamment sur Taïwan,
10:39c'est très lié à trois boîtes, deux en Corée du Sud et en Taïwan.
10:43C'est lié à, en fait.
10:44Intéressant ce que vous dites, en Europe, c'est le Danemark, Copenhague,
10:48qui a mis sur pause les projets de data centers face au risque de pénurie d'électricité.
10:56Donc, on voit qu'il y a cette thématique aussi qui est à surveiller.
11:00Etienne, on attend, on parlait des géants de l'IA du côté de la Chine,
11:04Tencent, Alibaba qui doivent publier aujourd'hui.
11:07Oui, ce sera en début d'après-midi, juste avant l'ouverture de Wall Street,
11:11dans le sens où Tencent et Alibaba sont certes cotés en Asie,
11:14mais ont également une cotation du côté de Wall Street,
11:16donc qui s'adapte au fuseau horaire américain.
11:20Alors, le consensus n'attend pas à des résultats miraculeux,
11:23en tout cas pas dans le même acabit qu'Alphabet ou encore les producteurs de semi-conducteurs
11:28que sont SKA-INX ou encore Samsung de la semaine dernière,
11:31qui ont quand même annoncé pas loin de 27 milliards de dollars de profit en l'espace de trois mois.
11:36Ils seront bien sûr challengés sur comment aujourd'hui vous arrivez à riposter face à la technologie américaine
11:41et puis sur le déploiement des data centers,
11:44sachant que SKA-INX et Samsung ont fait pas loin de 30 milliards de profit sur les trois premiers mois
11:48de l'année,
11:48c'est parce qu'il y a une envolée spectaculaire, plus de fois deux sur le prix des mémoires RAM,
11:53et donc tout l'objectif derrière, c'est de voir comment vous arrivez à rentabiliser
11:56cette intelligence artificielle face à cette montée des prix.
11:59Avec probablement des annonces dans la foulée de ces résultats,
12:01c'est maintenant traditionnellement le cas, on annonce des nouveaux investissements records,
12:07on parle plus en milliards, mais en dizaines, voire en centaines de milliards désormais.
12:12Jean-François Robin, entre ces deux puissances, la Chine et les États-Unis,
12:16il y a nous, il y a les Européens qui devons trouver notre place.
12:20Oui, alors en ce moment quand même, ce qu'on valorise, les marchés, ce que valorisent,
12:23d'abord c'est un, la picture macro, c'est de dire que l'IA est plus forte que la
12:27guerre,
12:28les actions sont au plus haut, au milieu d'un conflit peut-être majeur.
12:30Wall Street n'a jamais été aussi haut.
12:32Voilà, c'est ça, on est au plus haut de Wall Street, alors qu'on est au milieu d'une
12:34guerre,
12:35alors que les prix montent aux États-Unis, on est au plus haut depuis trois ans,
12:37alors que le pouvoir d'achat des ménages américains est impacté, etc.
12:40On est vraiment sur une dichotomie là-dedans, évidemment, on joue la carte d'après en disant
12:44il y aura une paix et l'IA va gagner.
12:46L'Europe dans tout ça, effectivement, ce qu'on voit, c'est qu'elle est un petit peu entre deux
12:50superpuissances,
12:51simplement quand même, il faut réaliser qu'aujourd'hui, ce qu'on valorise,
12:54c'est les fournisseurs de pelles, de la ruée, pas vers l'or, mais vers l'IA.
12:59Pour l'instant, on ne sait pas si c'est l'économie américaine,
13:01quand on regarde les gains de productivité, ils montent,
13:02mais ce n'est pas non plus quelque chose de très différent,
13:05en tout cas en tendance, de ce qui se passe en Europe.
13:07Donc là-dedans, on verra un petit peu, mais ce qui est clair,
13:10aujourd'hui, ceux qui gagnent, les gagnants, c'est ceux qui construisent des data centers,
13:13qui font des modèles d'IA, et là-dedans, on l'a cité Yann Lecaire, on a cité Mistral,
13:18on a quelques acteurs, mais on est un petit peu des nains face à deux géants.
13:22Simplement, ce qui a été dit tout à l'heure, ça m'a fait un peu sourire,
13:24l'histoire de dire qu'il faut faire des data centers en orbite,
13:26il y a quand même beaucoup moins cher que de faire des data centers en orbite,
13:29c'est par exemple d'aller en Afrique et faire des data centers
13:31qui seraient électrifiés par du solaire à 14 centimes de mégawatts,
13:36je défie Elon Musk, tout petit que je sois,
13:39d'aller faire quelque chose qui soit compétitif en prix par rapport à ça.
13:42Mais surtout, quand on regarde typiquement la France,
13:44et on parle éventuellement d'une annonce de Softbank de 100 milliards en France
13:48dans des data centers français, pourquoi ?
13:50Parce que typiquement, quel est le pays ou quel est le continent
13:53qui est en avance sur l'électrification ?
13:54C'est vraiment l'Europe et on a trop d'électricité par rapport à ce qu'on en consomme.
13:58Typiquement la France.
13:59Si on produit, disons, 100, on n'en consomme que 80,
14:02il y a 20% qu'on exporte.
14:03Donc typiquement, nous, la France, on a une carte à jouer
14:05en fournissant de l'électricité pas chère pour faire des data centers.
14:10Je rappelle que vous avez parmi les plus gros data centers du monde,
14:13il y en a un à Paris, il y en a un à Marseille,
14:14et on n'est pas complètement largué dans la capacité à fournir ça.
14:19Aujourd'hui, il y a un énorme pushback, vous parliez des pays nordiques,
14:22mais surtout aux États-Unis, il y a un certain nombre d'États et de grands...
14:25Il y a des citoyens qui s'opposent à la construction de l'électricité.
14:27Les prix de l'électricité en 2025 aux États-Unis, c'est plus de 11%.
14:31Parce que c'est le consommateur final qui traîne.
14:33Et puis vous avez de l'éviction, surtout.
14:34C'est-à-dire que l'électricité qui est faite là monte,
14:36et vous, vous êtes la victime de ça.
14:38Nous, ce que je disais, c'est que notre force,
14:39c'est justement qu'on a trop d'électricité.
14:41Donc on peut peut-être jouer notre carte là-dedans,
14:44mais évidemment, l'Europe ensemble,
14:46450 millions de consommateurs, 20 trillions, ça marche.
14:50Seul face à 31 trillions d'économies américaines,
14:54on ne pèse rien.
14:55Donc il faut se mettre ensemble.
14:56Il nous reste 10 secondes.
14:57Grégoire Konowski, je conclue avec vous.
14:59Qu'est-ce que vous regardez aujourd'hui ?
15:00Qu'est-ce que vous surveillez ?
15:01Qu'est-ce que vous achetez ?
15:03On est très très dans l'IA.
15:04C'est quand même le trade qui marche, de manière générale.
15:07On regarde aussi le secteur de l'armement, de la défense,
15:10qui a, bizarrement parlant, il y a un guerre,
15:12et c'est un secteur qui n'a pas du tout marché.
15:15Procisez profit, les gens sont moins intéressés,
15:17mais c'est quelque chose, à mon avis, à long terme.
15:18Malheureusement, ils ont quand même un boulevard,
15:20pour faire des bons chiffres.
15:21Grégoire Konowski, conseiller en stratégie d'investissement
15:23chez Norman Kay.
15:24Jean-François Robin, chef économiste chez Natixis CIB.
15:28Merci d'avoir été avec nous ce matin pour ce briefing boursier.
15:30Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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