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  • il y a 3 minutes
Ce lundi 11 mai, les enjeux de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping ont été abordés par Jacques Lemoisson, Fondateur de GATE Capital Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Bonjour Jacques Lemoisson, merci de nous accompagner depuis Genève, fondateur de Gay Capital Management.
00:05Avec vous dans un instant, on va revenir sur cette réunion très attendue en milieu de semaine
00:09avec cette rencontre historique entre Donald Trump et Xi Jinping.
00:15En attendant, sur les marchés américains, vendredi tout allait bien.
00:18Plus 4,6% sur l'ensemble de la semaine pour le Nasdaq Composite,
00:22sixième semaine consécutive dans le vert, plus haut pour le S&P 500 également.
00:27avec l'intelligence artificielle qui tire encore et toujours les indices américains.
00:32Bonjour Étienne, merci de me recevoir.
00:35Je dirais qu'il y a quelques petites choses qui sont intéressantes à noter sur vendredi.
00:40On a eu principalement les actions qui étaient en hausse, également finissant une belle semaine.
00:45On a eu la volatilité aussi qui a fini en hausse et toutes les commodities, matières premières, ont fini en
00:50hausse également.
00:51C'est pour ça que je parle dans ma note le Global Macro Insight de « bunker market ».
00:58C'est-à-dire qu'on a des marchés qui sont sur les plus hauts, mais c'est un peu
01:01un faux mot, un « fear of missing out » sous anxiolytique.
01:05En gros, les gens achètent le marché parce qu'ils n'ont pas le choix et il y a des
01:09indicateurs techniques qui ont été cassés,
01:11mais en même temps, il y a un achat de protection qui commence à arriver.
01:16Comment aujourd'hui, cette rencontre Trump-XI peut changer un petit peu la vision de ces marchés ?
01:22Comment vous percevez, vous, cette réunion qui va se tenir ?
01:26Pour moi, la rencontre Xi Jinping, ce n'est pas seulement un sommet diplomatique.
01:30C'est un test de réalité entre une Amérique qui price le marché, encore, on le voit encore dans les
01:35marchés,
01:35et une Chine qui le fabrique, en fait.
01:38Trump arrive avec Wall Street, le dollar, les sanctions, les menaces tarifaires et une promesse d'un deal, en tout
01:45cas avec l'Iran.
01:46Xi arrive avec les robots, les batteries, les terres rares, les ports, les réseaux électriques, les capacités industrielles, les chaînes
01:53d'approvisionnement.
01:54Donc, en fait, pour moi, le vrai découplage, ce n'est pas entre États-Unis et Chine.
01:58Le vrai découplage, c'est entre les marchés occidentaux et la réalité physique.
02:01Il y a d'un côté Wall Street qui price une histoire et Pékin qui industrialise une trajectoire, en fait.
02:07Et en ce qui concerne l'Iran, on voit aussi que le marché anticipe très clairement une désescalade depuis des
02:12semaines.
02:13Encore, ce week-end, Donald Trump a fait un tweet en majuscule en disant que l'Iran n'était pas
02:17gentil.
02:18Bon, le marché pétrolier, ce matin, prend quatre, que ce soit sur le WTI, mais également sur le pétrole.
02:22Mais là, sur les futurs Américains, ça ne bronche pas à Wall Street.
02:26Non, non, tout à fait. Mais c'est pour ça que c'est intéressant.
02:28On a cette dichotomie entre un marché qui price la paix comme un enfant qui price Noël, en fait.
02:33Il y a beaucoup d'émotions et pas de due diligence.
02:35Et puis Hormuz, ce n'est pas une headline, c'est une artère physique.
02:38Donc, en fait, les tankers ne passent pas parce qu'un algorithme a lu d'île possible.
02:43Le pétrole ne traite pas les intentions, il traite les navires, les assurances, les missiles, les raffineries, les détroits et
02:50les primes de risque.
02:51Les actions pricent le récit pour l'instant.
02:53Et à un moment, il va y avoir un recouplage.
02:55Avec un rapport de force qui est toujours très fort entre l'Iran et les États-Unis.
03:00Un rapport de force qui est sûrement plus important qu'à ce qu'ait anticipé le marché au début du
03:05mois de mars.
03:06Oui, nous, on le symbolise avec les quatre M, en fait.
03:09Donc, il y a M comme munition.
03:11Donc, évidemment, on a vu que les États-Unis et même une partie, parfois, Israël, avaient été en manque de
03:17munition.
03:18Monnaie, chaque jour, coûte énormément cher aux États-Unis, bien sûr, à l'Iran aussi.
03:24Et les treasuries et le dix-sit américain ne sont pas vraiment à la fête, on va dire.
03:29Il y a les mid-terms, également.
03:31Et il y a UMBS qui, à une seule annonce, a décrété que l'Arabie saoudite ne serait pas le
03:39porte-avions des États-Unis.
03:41Il a changé d'avis parce qu'il y a un énorme accord sur les livraisons d'armes.
03:44Mais, in fine, le projet Freedom de Trump est tombé à l'eau juste parce que MBS a dit non.
03:51Donc, les Iraniens ont le temps, les Américains n'ont pas le temps.
03:54Et pendant ce temps, on a, sur le 30 ans américain, un taux qui flirte toujours avec les 5 %,
04:01et puis surtout le 10 ans américain qui est toujours à 4,4 %.
04:04Alors bon, on peut se dire, tant mieux, il n'y a pas de panique sur le marché obligataire.
04:07En attendant, la situation ne se détend pas sur les taux longs.
04:10Non, ça ne se détend pas.
04:11Et c'est ça qui nous inquiète le plus, en fait.
04:13C'est qu'à un moment, le marché obligataire peut commencer vraiment à s'énerver devant cette guerre qui n
04:18'en est pas une.
04:19Et il y a beaucoup de raisons pourquoi Trump ne parle pas de guerre.
04:22Sinon, il devrait retourner devant le Congrès.
04:25Et on a noté un truc intéressant.
04:27C'est Gunnlach, qui est l'un des grands traders et gérants de hedge funds obligataires aux États-Unis,
04:34a dit simplement, regardez pas seulement la duration, mais les États-Unis pourraient ne pas faire défaut sur la dette
04:41principale,
04:42mais réduire les coupons.
04:43C'est ce qu'il a avancé, c'est son mantra.
04:47Mais on commence à avoir des petites rhétoriques, en effet, où l'actif soi-disant sans risque que seraient les
04:54très jolis américains ne le sont plus.
04:58Nous, c'est ce qu'on considère.
04:59Ils ne le sont plus.
05:00Maintenant, le marché le price encore.
05:01C'est pour ça que le 10 ans tient encore à 4,40.
05:04Mais si on casse 4,45, 4,50, je pense que la rhétorique va changer.
05:08Avec des marchés américains qui, on l'a dit en préambule, sont encore et toujours tirés par l'intelligence artificielle.
05:14Si on enlève la performance de cette magnifique et de certaines de leurs liées aux semi-conducteurs,
05:18on n'est pas du tout sur des plus hauts historiques, notamment pour le S&P 500.
05:22Absolument.
05:23Mais c'est pour ça qu'en fait, l'IA, c'est intéressant, est vendu comme un logiciel à marge
05:28infinie.
05:30En fait, ça devient une industrie lourde qui consomme du capital, de l'électricité, du cuivre, du crédit, du refroidissement
05:37et de la patience.
05:38Et on voit en effet que tout l'énorme cash flow disponible des hyperscalers sont en train de fondre comme
05:45neige au soleil
05:46et que les CAPEX, en fait, sont en train de remplacer les buybacks et les rachats d'actions.
05:50Donc, on a un problème de multiple à terme qui va arriver si on n'a pas une monétisation de
05:55cette IA.
05:56Donc, pour nous, il ne faut pas shorter l'IA, il faut shorter la stupidité financière qui se colle dessus,
06:02en fait.
06:02Il nous reste deux minutes, Jacques Pamoisson.
06:04Mais aujourd'hui, comment vous, avec votre fonds chez Gai Capital Management, vous arrivez à vous positionner dans ce marché
06:09?
06:09Parce qu'il faut rester investi.
06:11Et en même temps, je comprends votre prudence, mais comment ça se traduit en termes d'allocations ?
06:16Alors, en termes d'allocations, moi, je préfère posséder les rails physiques de l'IA plutôt que les illusions financières.
06:24Donc, très clairement, on va chercher plutôt l'infrastructure, en fait, qui est liée à l'IA.
06:28La diversification, ce n'est pas une décoration.
06:32Donc, très clairement, nous, la Chine est également un axe de diversification énorme.
06:37On reste short sur les treasuries.
06:39On reste très long sur les commodities, sur les matières premières.
06:42Parce que, comme je le disais, Hormuz ne va pas se rouvrir parce que, je dirais, les algorithmes ont décidé
06:49que Trump avait dit que c'était ouvert.
06:51Et donc, c'est ouvert, c'est fermé, point final.
06:53Et on l'a vu, le PDG de Haynes a très clairement dit que les consommateurs américains commençaient à souffrir.
06:59On voit les chiffres de défauts commencer à monter aussi aux États-Unis.
07:02Donc, très clairement, pour nous, on a encore quelques, je dirais, lignes encore sur l'IA, mais l'infrastructure IA,
07:10sur les énergies vertes,
07:11beaucoup sur la Chine encore, l'action chinoise massivement, décarbonisation, AI, robotique en Chine.
07:17Et puis, par contre, on reste short sur les dettes étatiques.
07:21Et on est toujours long sur les commodities.
07:24Merci beaucoup, Jacques Lemoisson, nous a raccompagné ce matin depuis Genève, fondateur de Gay Capital Management.
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