00:00Comment effectivement investir au mieux dans l'IA ?
00:02Alors il y a ces valeurs au côté Corée du Sud, dont vous venez de parler, ou encore aux Etats
00:07-Unis,
00:07mais tout le monde n'est pas actionnaire, et puis tout le monde n'a pas un volume massif d
00:11'actions dans la tech.
00:11Alors comment faire ? Comment faire bénéficier à tous des bénéfices de l'IA ?
00:15Samy Char nous rejoint, chef économiste de Lombard-Rodier Compagnie. Bonjour Samy.
00:19Il se trouve qu'en Corée du Sud, ils ont trouvé une idée pour faire bénéficier tout le monde,
00:24tout le monde, de l'argent lié à l'IA, pas seulement les actionnaires.
00:27Les autorités, en effet, le gouvernement sud-coréen, envisagent de reverser directement aux consommateurs
00:33une partie des recettes fiscales issues du boom de l'IA, les bénéfices de Samsung et SKNX,
00:39qui, sans forcément imposer une taxe exceptionnelle sur ces groupes,
00:42simplement le fait de percevoir des recettes gigantesques du fait de l'explosion à la hausse de leurs bénéfices,
00:46voilà, driver, canaliser tout cela en direction des consommateurs, et sans tarder, le faire en quelques semaines.
00:52C'est ce que propose le gouvernement sud-coréen. Comment vous regardez cette proposition, vous ?
00:56Écoutez, pourquoi pas, si on arrive à dégager des excédents, c'est toujours une très bonne chose
01:00de pouvoir en faire quelque chose. Après, je pense qu'il y a deux manières d'aider la population.
01:05Il y a des aides directes, qui est quand même de la dépense, on va dire, non productive, temporaire,
01:11pour aider, et puis à chaque fois qu'il y a un problème, finalement, il faudra faire la même chose.
01:16Ou alors, il y a une deuxième manière peut-être d'aider la population, qui est un peu plus structurelle,
01:19qui est de faire des investissements productifs dans la sécurisation de l'économie,
01:24en termes d'énergie, de défense, de technologie. Et donc, évidemment, c'est qu'est-ce qu'on fait de
01:29ces surplus ?
01:29Est-ce qu'on fait de l'investissement productif ? Ou est-ce qu'on fait de la dépense sociétale
01:33de soutien ?
01:34J'ai évidemment une préférence pour les effets de long terme, et pour les investissements,
01:39plutôt que pour les dépenses sociétales.
01:40Oui, le seul défaut, en plus, le seul souci, par exemple, pour un pays comme la France,
01:44c'est qu'on n'a pas de groupe qui réalise autant de bénéfices que les groupes sud-coréens en
01:47ce moment,
01:48Samsung et Skynyx, ou les groupes américains, évidemment, les big tech américaines.
01:51Là, il va y avoir d'énormes recettes fiscales, et de l'État fédéral américain,
01:54et évidemment de l'État sud-coréen. Ici, en France, on n'a pas de groupe comparable.
01:57C'est-à-dire que si on devait chercher des solutions, une façon de faire bénéficier à tout le monde,
02:00aux classes moyennes, aux consommateurs du boom de l'IA,
02:03cette nouvelle révolution industrielle, ce ne serait sans doute pas par les recettes fiscales
02:07qu'on y parviendrait, Samy ?
02:09Oui, exactement. Il y a quand même des effets bénéfiques liés à l'énergie,
02:12où la France est moins en difficulté que certains,
02:15et quelque part, ça aide un petit peu la balance commerciale.
02:18Mais évidemment que lorsqu'on passe du déficit public,
02:21le fait de passer de moins 5,1 à moins 5 ne va pas permettre de dégager des excédents
02:26qui vont soit permettre d'aider la population,
02:28soit permettre de faire des investissements productifs.
02:30Malheureusement, on en est très très loin, et donc il ne va pas falloir compter dessus.
02:35Bon, on regardera, on auscultera à nouveau ces enjeux, bien sûr, dans la suite de BFM Bourse,
02:39comment faire ruisseler les bénéfices de l'intelligence artificielle au service de tous,
02:42et pas seulement des actionnaires.
02:44En attendant, l'inflation, elle accélère bel et bien.
02:46On a les chiffres qui ont été publiés aujourd'hui, c'est le chiffre du jour,
02:49prix et la consommation aux Etats-Unis, Samy, supérieur aux attentes,
02:52ça accélère les prix à la conso, plus 3,8% au mois d'avril.
02:56Oui, alors c'est un rapport qui montre très clairement les effets de la guerre.
03:00Il y a une inflation qui vient de l'énergie, une inflation qui commence à venir de l'alimentaire,
03:05et une inflation qui commence à ressembler à des effets de second ordre,
03:08par exemple les billets d'avion qui ont beaucoup augmenté
03:12et qui marquent de leur empreinte un petit peu ce rapport d'inflation.
03:16Donc c'est quand même une inflation qui est plus élevée que les attentes,
03:20en raison du conflit qu'on est en train de traverser,
03:22de son impact énergétique, alimentaire et des effets de second ordre,
03:25tout ce qui est en dehors du conflit continue de finalement se comporter relativement bien.
03:30On a un peu des effets techniques sur tout ce qui est immobilier,
03:35mais enfin voilà, sans la guerre, ce rapport d'inflation aurait bien meilleure allure,
03:39et donc il serait temps d'y mettre fin et de penser au pouvoir d'achat des Américains,
03:44mais en attendant, c'est quand même un rapport qui est marqué par ces effets du conflit.
03:48– Donc du coup Samy, pour la fin de l'année, qu'est-ce qu'on peut anticiper ?
03:53Plutôt une baisse, plutôt une hausse des taux ? On est un peu perdus là.
03:57– Oui, le sentiment c'est que c'est typiquement le genre de rapport
04:00qui va convaincre la Fed de ne surtout rien faire.
04:03Il y a une économie domestique qui fait pas trop mal,
04:06il y a cette inflation qui vient quand même plutôt de facteurs externes, exogènes,
04:10plutôt que de facteurs endogènes.
04:12Je vous rappelle quand même qu'un énorme facteur de confort
04:14pour la Réserve fédérale américaine en 2026 par rapport à 2022,
04:18c'est qu'elle n'a pas en face d'elle des salaires qui sont en train de monter,
04:22de mettre de la pression sur l'inflation des services,
04:24et donc a priori une Fed qui devrait plutôt ne rien faire dans les mois qui viennent,
04:28rester légèrement restrictive comme elle l'est aujourd'hui,
04:32certainement pas baisser les taux, mais pas nécessairement les augmenter.
04:35La seule chose qui fera, à mon avis, monter les taux directeurs par le FOMC,
04:41c'est si les salaires repartent à la hausse, et aujourd'hui on n'a pas d'indication de ça.
04:44Bon, il y a une grande question, Kevin Warsh,
04:47c'est le nouveau shérif in town à partir de vendredi.
04:52Quel genre de shérif ça va être ?
04:54Parce qu'on sait que c'est l'homme de Donald Trump,
04:57malgré tout c'est le reproche qu'on faisait aussi à Jerome Powell
04:59quand il est rentré en fonction.
05:01Qu'est-ce qu'il va faire ?
05:02Est-ce qu'il va, la fonction créant l'organe,
05:05se mettre dans le moule des présidents de la Fed,
05:07ou est-ce qu'il va adopter un biais un petit peu plus agressif,
05:12un petit peu plus, on va dire, imprévisible,
05:15un petit peu comme Donald Trump ?
05:17Alors, il a un point de départ qui est quand même très mauvais,
05:19c'est que c'est bien plus un homme politique
05:24qu'un expert de la politique monétaire.
05:26Quand même à l'inverse de Jerome Powell, je dirais,
05:28on n'oublie pas que le beau-père de Kevin Warsh
05:33est un des plus gros donneurs de la campagne de Donald Trump,
05:36et donc évidemment, il va être coincé, M. Warsh,
05:41entre Donald Trump d'un côté
05:43et des membres, des gouverneurs du FOMC
05:46qui, très clairement, ne vont pas lui faire de cadeaux
05:49et ne vont pas lui permettre de prendre des décisions
05:52sur la base de la politique
05:54plutôt que sur la politique monétaire.
05:57Et donc très clairement, il va être dans une situation difficile,
05:59d'autant qu'à chaque fois qu'un nouveau responsable de la Fed arrive,
06:01il est testé par les marchés
06:02pour voir un petit peu ce qu'il a dans le ventre,
06:05et très clairement qu'à ce moment-là, ça ne va être pas facile pour lui.
06:08Mon sentiment, c'est que sa priorité,
06:09ça doit être de rassembler le board autour de lui
06:11et donc peut-être de se distancer de Donald Trump
06:13parce que sans le board, il ne pourra rien faire.
06:16Et aujourd'hui, très clairement,
06:17il n'a pas un board qui va lui faire des cadeaux.
06:19Un mot pour qualifier le bilan de Jerome Powell
06:21puisque donc son mandat s'arrêtera vendredi,
06:24ses mandats s'arrêteront vendredi.
06:26Comment vous le qualifieriez ce qu'il a fait ?
06:29Je trouve que ça a été un très bon président de la Réserve fédérale américaine,
06:31surtout quelqu'un de très agréable à suivre dans les conférences de presse.
06:35C'est quelqu'un qui parlait simplement, directement,
06:37ne détournait pas les questions
06:38et qui a vécu un mandat très difficile
06:40entre le Covid, le choc inflationniste
06:44et le choc sur le prix du pétrole en 2022.
06:48Il a été énormément critiqué pour ne pas avoir vu tout ça.
06:50Je trouve que c'est un tout petit peu facile quand même.
06:53Il a traversé encore une fois des épisodes très difficiles.
06:55Et il ne faut pas oublier qu'il a quand même réussi
06:57à remettre l'inflation pas très très loin du mandat en 2022-2023
07:02en montant les taux très brutalement,
07:04sans créer de récession.
07:05C'est quand même une action qui montre
07:09qu'il y a eu un petit peu de maîtrise,
07:11même si évidemment ce choc l'a surpris.
07:13Je qualifierais quand même son mandat de bon
07:15et ça a été un très bon gouverneur de la FED.
07:18Je pense qu'il sera regretté.
07:19Bon, vendredi, la fin de Jérôme Powell à la tête de la FED,
07:22il restera quand même gouverneur jusqu'en 2028.
07:24Là-dessus, il a prévenu, ce qui va courrousser d'ailleurs Donald Trump,
07:26parce qu'a priori, il n'est pas super colombe.
07:29Il n'a pas poussé naturellement, mécaniquement,
07:31forcément, obligatoirement vers des baisses de taux, Jérôme Powell.
07:33Oui, mais c'est à cause de Donald Trump
07:35qu'il est obligé de rester au Conseil un peu plus longtemps
07:37à cause de ces histoires de procédures judiciaires
07:39qu'il ne s'en prendra qu'à lui-même.
07:43Justement, Donald Trump, il doit rencontrer Xi Jinping ces tout prochains jours.
07:46Qu'est-ce que vous en attendez ?
07:47Vous êtes macroéconomiste, Samy.
07:50Macroéconomiquement, quels seront les enjeux
07:51et ceux sur quoi vous avez de l'espoir ?
07:54La grande question, c'est est-ce qu'ils vont se mettre d'accord ?
07:56Est-ce qu'on sait que les Chinois ont quelque chose
08:01dont les Américains ont besoin ?
08:02Ce sont les terres rares.
08:04Les Américains ont quelque chose dont les Chinois ont besoin.
08:08Ce sont les microprocesseurs.
08:10Et donc, est-ce qu'on va avoir une entente
08:11qui va permettre de perpétuer un petit peu
08:15cette espèce de, je dirais, paix peut-être un peu glaciale,
08:19mais cette espèce de statu quo qu'on a entre les deux ?
08:21C'est vraiment ça la question.
08:22Encore une fois, chacun a quelque chose dont l'autre a besoin.
08:25Ils peuvent se mettre d'accord et essayer de désescalader
08:27en passant la situation au Moyen-Orient.
08:31Donc, il y a des attentes par rapport à leur rendez-vous.
08:33Espérons qu'on ne soit pas trop déçus.
08:34Mais enfin, le statu quo serait déjà pas mal,
08:37que la guerre commerciale ne soit pas relancée.
08:39Encore une fois, chacun a quelque chose dont l'autre a besoin.
08:41Donc, on espère que ça permettra d'atteindre un compromis.
08:43Et dans l'actu du jour aussi, le 10 ans britannique,
08:45on suit vraiment très très près.
08:46Il est au plus haut depuis 2008, le 10 ans britannique aujourd'hui.
08:49Il semble que les jours de Keir Starmer à la tête du Royaume-Uni soient comptés.
08:5370 députés travaillistes maintenant,
08:54qui poussent pour un départ de Keir Starmer.
08:57Comment est-ce que vous voyez le contexte ?
08:59Comment vous interprétez l'inquiétude des marchés, en fait ?
09:02Est-ce que beaucoup reposent sur Keir Starmer,
09:04sa personnalité, 10 ans britannique, donc sur un plus haut de 2008 ?
09:07Pourquoi, Samy ?
09:09Alors, le sentiment, c'est qu'effectivement,
09:11on est quand même dans une meilleure situation fiscale
09:13qu'au moment de l'East-Ross,
09:15où on a eu une perte de contrôle sur la partie longue.
09:18Aujourd'hui, l'anxiété, c'est qu'évidemment,
09:20comme vous l'avez si bien dit, c'est fini.
09:22Pour Starmer, il va être remplacé.
09:26On ne sait pas trop encore comment,
09:27et on ne sait pas trop encore par qui,
09:29et ça peut être remplacé par quelqu'un qui est un peu plus à gauche,
09:31et donc serait un peu plus à même
09:33de détériorer la situation fiscale des Britanniques,
09:36ce qui pourrait,
09:37et ce qui montre l'inquiétude au niveau des Toulons.
09:39Mais ceci dit,
09:40la situation fiscale britannique est quand même meilleure
09:42qu'à l'époque de l'East-Ross,
09:44et si le remplaçant de Starmer venait à être connu,
09:48à être quelqu'un d'un peu plus équilibré,
09:50quand même une partie de cette pression devrait diminuer,
09:53d'autant que je vous le rappelle,
09:54vous avez raison,
09:55sur les guides britanniques,
09:56ils sont en train de partir,
09:57mais enfin, c'est quand même un mouvement qui est général,
09:59un peu plus au Royaume-Uni qu'ailleurs,
10:01mais il y a le prix du pétrole qui est en train de mettre de la pression
10:04sur toutes les courbes des marchés mondiaux.
10:08Ce n'est pas uniquement une histoire britannique,
10:10et donc pour remettre de l'ordre,
10:12il faudrait que Starmer ait une espèce de plan organisé
10:17pour son remplacement,
10:18espérons que ça vienne vite,
10:20parce qu'effectivement,
10:20plus il y a d'incertitudes,
10:22moins on sait qui le remplacera,
10:24et bien plus les marchés vont se dire
10:25que ce sera par quelqu'un
10:26qui sera à même de détériorer la situation fiscale,
10:28ce qui évidemment n'est pas une bonne idée,
10:30à un moment on a un choc pétrolier.
10:32Samy Char avec nous,
10:33Lombard Rodier et compagnie,
10:34merci beaucoup.
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