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  • il y a 16 heures
Ce mardi 12 mai, Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier & Cie, a abordé la proposition du gouvernement sud-coréen sur la redistribution des recettes fiscales issues du boom de l'IA, l'inflation au plus haut depuis 2023 aux États-Unis, l'arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed ce vendredi, la rencontre à forts enjeux entre Donald Trump et Xi Jinping lors de la visite cruciale du président américain en Chine, ainsi que les taux britanniques sous pression, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Comment effectivement investir au mieux dans l'IA ?
00:02Alors il y a ces valeurs au côté Corée du Sud, dont vous venez de parler, ou encore aux Etats
00:07-Unis,
00:07mais tout le monde n'est pas actionnaire, et puis tout le monde n'a pas un volume massif d
00:11'actions dans la tech.
00:11Alors comment faire ? Comment faire bénéficier à tous des bénéfices de l'IA ?
00:15Samy Char nous rejoint, chef économiste de Lombard-Rodier Compagnie. Bonjour Samy.
00:19Il se trouve qu'en Corée du Sud, ils ont trouvé une idée pour faire bénéficier tout le monde,
00:24tout le monde, de l'argent lié à l'IA, pas seulement les actionnaires.
00:27Les autorités, en effet, le gouvernement sud-coréen, envisagent de reverser directement aux consommateurs
00:33une partie des recettes fiscales issues du boom de l'IA, les bénéfices de Samsung et SKNX,
00:39qui, sans forcément imposer une taxe exceptionnelle sur ces groupes,
00:42simplement le fait de percevoir des recettes gigantesques du fait de l'explosion à la hausse de leurs bénéfices,
00:46voilà, driver, canaliser tout cela en direction des consommateurs, et sans tarder, le faire en quelques semaines.
00:52C'est ce que propose le gouvernement sud-coréen. Comment vous regardez cette proposition, vous ?
00:56Écoutez, pourquoi pas, si on arrive à dégager des excédents, c'est toujours une très bonne chose
01:00de pouvoir en faire quelque chose. Après, je pense qu'il y a deux manières d'aider la population.
01:05Il y a des aides directes, qui est quand même de la dépense, on va dire, non productive, temporaire,
01:11pour aider, et puis à chaque fois qu'il y a un problème, finalement, il faudra faire la même chose.
01:16Ou alors, il y a une deuxième manière peut-être d'aider la population, qui est un peu plus structurelle,
01:19qui est de faire des investissements productifs dans la sécurisation de l'économie,
01:24en termes d'énergie, de défense, de technologie. Et donc, évidemment, c'est qu'est-ce qu'on fait de
01:29ces surplus ?
01:29Est-ce qu'on fait de l'investissement productif ? Ou est-ce qu'on fait de la dépense sociétale
01:33de soutien ?
01:34J'ai évidemment une préférence pour les effets de long terme, et pour les investissements,
01:39plutôt que pour les dépenses sociétales.
01:40Oui, le seul défaut, en plus, le seul souci, par exemple, pour un pays comme la France,
01:44c'est qu'on n'a pas de groupe qui réalise autant de bénéfices que les groupes sud-coréens en
01:47ce moment,
01:48Samsung et Skynyx, ou les groupes américains, évidemment, les big tech américaines.
01:51Là, il va y avoir d'énormes recettes fiscales, et de l'État fédéral américain,
01:54et évidemment de l'État sud-coréen. Ici, en France, on n'a pas de groupe comparable.
01:57C'est-à-dire que si on devait chercher des solutions, une façon de faire bénéficier à tout le monde,
02:00aux classes moyennes, aux consommateurs du boom de l'IA,
02:03cette nouvelle révolution industrielle, ce ne serait sans doute pas par les recettes fiscales
02:07qu'on y parviendrait, Samy ?
02:09Oui, exactement. Il y a quand même des effets bénéfiques liés à l'énergie,
02:12où la France est moins en difficulté que certains,
02:15et quelque part, ça aide un petit peu la balance commerciale.
02:18Mais évidemment que lorsqu'on passe du déficit public,
02:21le fait de passer de moins 5,1 à moins 5 ne va pas permettre de dégager des excédents
02:26qui vont soit permettre d'aider la population,
02:28soit permettre de faire des investissements productifs.
02:30Malheureusement, on en est très très loin, et donc il ne va pas falloir compter dessus.
02:35Bon, on regardera, on auscultera à nouveau ces enjeux, bien sûr, dans la suite de BFM Bourse,
02:39comment faire ruisseler les bénéfices de l'intelligence artificielle au service de tous,
02:42et pas seulement des actionnaires.
02:44En attendant, l'inflation, elle accélère bel et bien.
02:46On a les chiffres qui ont été publiés aujourd'hui, c'est le chiffre du jour,
02:49prix et la consommation aux Etats-Unis, Samy, supérieur aux attentes,
02:52ça accélère les prix à la conso, plus 3,8% au mois d'avril.
02:56Oui, alors c'est un rapport qui montre très clairement les effets de la guerre.
03:00Il y a une inflation qui vient de l'énergie, une inflation qui commence à venir de l'alimentaire,
03:05et une inflation qui commence à ressembler à des effets de second ordre,
03:08par exemple les billets d'avion qui ont beaucoup augmenté
03:12et qui marquent de leur empreinte un petit peu ce rapport d'inflation.
03:16Donc c'est quand même une inflation qui est plus élevée que les attentes,
03:20en raison du conflit qu'on est en train de traverser,
03:22de son impact énergétique, alimentaire et des effets de second ordre,
03:25tout ce qui est en dehors du conflit continue de finalement se comporter relativement bien.
03:30On a un peu des effets techniques sur tout ce qui est immobilier,
03:35mais enfin voilà, sans la guerre, ce rapport d'inflation aurait bien meilleure allure,
03:39et donc il serait temps d'y mettre fin et de penser au pouvoir d'achat des Américains,
03:44mais en attendant, c'est quand même un rapport qui est marqué par ces effets du conflit.
03:48– Donc du coup Samy, pour la fin de l'année, qu'est-ce qu'on peut anticiper ?
03:53Plutôt une baisse, plutôt une hausse des taux ? On est un peu perdus là.
03:57– Oui, le sentiment c'est que c'est typiquement le genre de rapport
04:00qui va convaincre la Fed de ne surtout rien faire.
04:03Il y a une économie domestique qui fait pas trop mal,
04:06il y a cette inflation qui vient quand même plutôt de facteurs externes, exogènes,
04:10plutôt que de facteurs endogènes.
04:12Je vous rappelle quand même qu'un énorme facteur de confort
04:14pour la Réserve fédérale américaine en 2026 par rapport à 2022,
04:18c'est qu'elle n'a pas en face d'elle des salaires qui sont en train de monter,
04:22de mettre de la pression sur l'inflation des services,
04:24et donc a priori une Fed qui devrait plutôt ne rien faire dans les mois qui viennent,
04:28rester légèrement restrictive comme elle l'est aujourd'hui,
04:32certainement pas baisser les taux, mais pas nécessairement les augmenter.
04:35La seule chose qui fera, à mon avis, monter les taux directeurs par le FOMC,
04:41c'est si les salaires repartent à la hausse, et aujourd'hui on n'a pas d'indication de ça.
04:44Bon, il y a une grande question, Kevin Warsh,
04:47c'est le nouveau shérif in town à partir de vendredi.
04:52Quel genre de shérif ça va être ?
04:54Parce qu'on sait que c'est l'homme de Donald Trump,
04:57malgré tout c'est le reproche qu'on faisait aussi à Jerome Powell
04:59quand il est rentré en fonction.
05:01Qu'est-ce qu'il va faire ?
05:02Est-ce qu'il va, la fonction créant l'organe,
05:05se mettre dans le moule des présidents de la Fed,
05:07ou est-ce qu'il va adopter un biais un petit peu plus agressif,
05:12un petit peu plus, on va dire, imprévisible,
05:15un petit peu comme Donald Trump ?
05:17Alors, il a un point de départ qui est quand même très mauvais,
05:19c'est que c'est bien plus un homme politique
05:24qu'un expert de la politique monétaire.
05:26Quand même à l'inverse de Jerome Powell, je dirais,
05:28on n'oublie pas que le beau-père de Kevin Warsh
05:33est un des plus gros donneurs de la campagne de Donald Trump,
05:36et donc évidemment, il va être coincé, M. Warsh,
05:41entre Donald Trump d'un côté
05:43et des membres, des gouverneurs du FOMC
05:46qui, très clairement, ne vont pas lui faire de cadeaux
05:49et ne vont pas lui permettre de prendre des décisions
05:52sur la base de la politique
05:54plutôt que sur la politique monétaire.
05:57Et donc très clairement, il va être dans une situation difficile,
05:59d'autant qu'à chaque fois qu'un nouveau responsable de la Fed arrive,
06:01il est testé par les marchés
06:02pour voir un petit peu ce qu'il a dans le ventre,
06:05et très clairement qu'à ce moment-là, ça ne va être pas facile pour lui.
06:08Mon sentiment, c'est que sa priorité,
06:09ça doit être de rassembler le board autour de lui
06:11et donc peut-être de se distancer de Donald Trump
06:13parce que sans le board, il ne pourra rien faire.
06:16Et aujourd'hui, très clairement,
06:17il n'a pas un board qui va lui faire des cadeaux.
06:19Un mot pour qualifier le bilan de Jerome Powell
06:21puisque donc son mandat s'arrêtera vendredi,
06:24ses mandats s'arrêteront vendredi.
06:26Comment vous le qualifieriez ce qu'il a fait ?
06:29Je trouve que ça a été un très bon président de la Réserve fédérale américaine,
06:31surtout quelqu'un de très agréable à suivre dans les conférences de presse.
06:35C'est quelqu'un qui parlait simplement, directement,
06:37ne détournait pas les questions
06:38et qui a vécu un mandat très difficile
06:40entre le Covid, le choc inflationniste
06:44et le choc sur le prix du pétrole en 2022.
06:48Il a été énormément critiqué pour ne pas avoir vu tout ça.
06:50Je trouve que c'est un tout petit peu facile quand même.
06:53Il a traversé encore une fois des épisodes très difficiles.
06:55Et il ne faut pas oublier qu'il a quand même réussi
06:57à remettre l'inflation pas très très loin du mandat en 2022-2023
07:02en montant les taux très brutalement,
07:04sans créer de récession.
07:05C'est quand même une action qui montre
07:09qu'il y a eu un petit peu de maîtrise,
07:11même si évidemment ce choc l'a surpris.
07:13Je qualifierais quand même son mandat de bon
07:15et ça a été un très bon gouverneur de la FED.
07:18Je pense qu'il sera regretté.
07:19Bon, vendredi, la fin de Jérôme Powell à la tête de la FED,
07:22il restera quand même gouverneur jusqu'en 2028.
07:24Là-dessus, il a prévenu, ce qui va courrousser d'ailleurs Donald Trump,
07:26parce qu'a priori, il n'est pas super colombe.
07:29Il n'a pas poussé naturellement, mécaniquement,
07:31forcément, obligatoirement vers des baisses de taux, Jérôme Powell.
07:33Oui, mais c'est à cause de Donald Trump
07:35qu'il est obligé de rester au Conseil un peu plus longtemps
07:37à cause de ces histoires de procédures judiciaires
07:39qu'il ne s'en prendra qu'à lui-même.
07:43Justement, Donald Trump, il doit rencontrer Xi Jinping ces tout prochains jours.
07:46Qu'est-ce que vous en attendez ?
07:47Vous êtes macroéconomiste, Samy.
07:50Macroéconomiquement, quels seront les enjeux
07:51et ceux sur quoi vous avez de l'espoir ?
07:54La grande question, c'est est-ce qu'ils vont se mettre d'accord ?
07:56Est-ce qu'on sait que les Chinois ont quelque chose
08:01dont les Américains ont besoin ?
08:02Ce sont les terres rares.
08:04Les Américains ont quelque chose dont les Chinois ont besoin.
08:08Ce sont les microprocesseurs.
08:10Et donc, est-ce qu'on va avoir une entente
08:11qui va permettre de perpétuer un petit peu
08:15cette espèce de, je dirais, paix peut-être un peu glaciale,
08:19mais cette espèce de statu quo qu'on a entre les deux ?
08:21C'est vraiment ça la question.
08:22Encore une fois, chacun a quelque chose dont l'autre a besoin.
08:25Ils peuvent se mettre d'accord et essayer de désescalader
08:27en passant la situation au Moyen-Orient.
08:31Donc, il y a des attentes par rapport à leur rendez-vous.
08:33Espérons qu'on ne soit pas trop déçus.
08:34Mais enfin, le statu quo serait déjà pas mal,
08:37que la guerre commerciale ne soit pas relancée.
08:39Encore une fois, chacun a quelque chose dont l'autre a besoin.
08:41Donc, on espère que ça permettra d'atteindre un compromis.
08:43Et dans l'actu du jour aussi, le 10 ans britannique,
08:45on suit vraiment très très près.
08:46Il est au plus haut depuis 2008, le 10 ans britannique aujourd'hui.
08:49Il semble que les jours de Keir Starmer à la tête du Royaume-Uni soient comptés.
08:5370 députés travaillistes maintenant,
08:54qui poussent pour un départ de Keir Starmer.
08:57Comment est-ce que vous voyez le contexte ?
08:59Comment vous interprétez l'inquiétude des marchés, en fait ?
09:02Est-ce que beaucoup reposent sur Keir Starmer,
09:04sa personnalité, 10 ans britannique, donc sur un plus haut de 2008 ?
09:07Pourquoi, Samy ?
09:09Alors, le sentiment, c'est qu'effectivement,
09:11on est quand même dans une meilleure situation fiscale
09:13qu'au moment de l'East-Ross,
09:15où on a eu une perte de contrôle sur la partie longue.
09:18Aujourd'hui, l'anxiété, c'est qu'évidemment,
09:20comme vous l'avez si bien dit, c'est fini.
09:22Pour Starmer, il va être remplacé.
09:26On ne sait pas trop encore comment,
09:27et on ne sait pas trop encore par qui,
09:29et ça peut être remplacé par quelqu'un qui est un peu plus à gauche,
09:31et donc serait un peu plus à même
09:33de détériorer la situation fiscale des Britanniques,
09:36ce qui pourrait,
09:37et ce qui montre l'inquiétude au niveau des Toulons.
09:39Mais ceci dit,
09:40la situation fiscale britannique est quand même meilleure
09:42qu'à l'époque de l'East-Ross,
09:44et si le remplaçant de Starmer venait à être connu,
09:48à être quelqu'un d'un peu plus équilibré,
09:50quand même une partie de cette pression devrait diminuer,
09:53d'autant que je vous le rappelle,
09:54vous avez raison,
09:55sur les guides britanniques,
09:56ils sont en train de partir,
09:57mais enfin, c'est quand même un mouvement qui est général,
09:59un peu plus au Royaume-Uni qu'ailleurs,
10:01mais il y a le prix du pétrole qui est en train de mettre de la pression
10:04sur toutes les courbes des marchés mondiaux.
10:08Ce n'est pas uniquement une histoire britannique,
10:10et donc pour remettre de l'ordre,
10:12il faudrait que Starmer ait une espèce de plan organisé
10:17pour son remplacement,
10:18espérons que ça vienne vite,
10:20parce qu'effectivement,
10:20plus il y a d'incertitudes,
10:22moins on sait qui le remplacera,
10:24et bien plus les marchés vont se dire
10:25que ce sera par quelqu'un
10:26qui sera à même de détériorer la situation fiscale,
10:28ce qui évidemment n'est pas une bonne idée,
10:30à un moment on a un choc pétrolier.
10:32Samy Char avec nous,
10:33Lombard Rodier et compagnie,
10:34merci beaucoup.
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