- il y a 9 mois
Ce mercredi 14 janvier, Thibault Prebay, auteur et économiste indépendant, et Elyas Galou, stratégiste d'Investissement Global chez BofA Research, se sont penchés sur la Cour suprême américaine qui reporte encore sa décision sur la légalité des droits de douane, les conséquences de la politique interventionniste de Donald Trump sur les marchés boursiers, les résultats contrastés des publications des banques américaines, l'inflation qui reste stable en décembre aux États-Unis, la megatrend de 2026, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts ce soir pour mesurer le potentiel des marchés, les grands enjeux du moment, il y en a mille des grands enjeux.
00:08Elias Gallou, bonsoir Elias.
00:10Bonsoir Guillaume.
00:11Stratégiste d'investissement global pour Bank of America Research et Thibaut Prébé en fil rouge, rebonsoir Thibaut.
00:16Bonsoir.
00:16Economiste et auteur.
00:18Juste, vous informez quand même, d'ailleurs on peut rebondir dessus messieurs, sur le fait que ce n'est pas aujourd'hui,
00:23ce n'est pas aujourd'hui que la Cour suprême se prononcera sur les droits de douane.
00:26Vendredi, on pensait que ce serait vendredi, ce n'était pas vendredi.
00:28Oui, ce matin on pensait que ce serait aujourd'hui, ce ne sera pas aujourd'hui finalement, il va falloir encore attendre.
00:32Vraiment cette question des droits de douane et la décision de la Cour suprême, c'est le facteur X de ce début d'année Elias.
00:39Pas vraiment, pas vraiment, il y a énormément de facteurs X, bien plus que ce que la recherche au sein des banques d'investissement de Wall Street a pu anticiper.
00:51C'est un début d'année très mouvementé, c'est la géopolitique qui est vraiment au centre des débats.
00:57Et cette géopolitique, elle intervient en fait à un moment où les anticipations telles qu'étaient capturées par, vous savez, notre enquête institutionnelle, la Global Fund Manager Survey,
01:07montraient que les investisseurs étaient en fait les plus optimistes depuis quasiment quatre ans.
01:13On avait en fait des anticipations extrêmement optimistes pour 2025 en ce qui concerne les marchés actions et on avait une exposition des investisseurs institutionnels sur les marchés actions qui était la plus élevée depuis plusieurs années,
01:25une exposition sur les matières premières qui était la plus élevée depuis fin 2022.
01:29Et en fait, on avait ce vent d'optimisme qui soufflait sur Wall Street et ce vent d'optimisme, comme vous l'avez mentionné avec les quelques noms qui ont déjà publié leur rapport,
01:39Wall Street en fait aujourd'hui, de par le positionnement, était tellement optimiste qu'on est en train un peu de souffler, de prendre des profits, même si les résultats sont extrêmement bons.
01:50On se concentre sur les nouvelles thématiques de 2026, géopolitiques, aussi la thématique de ce qu'on appelle debasement,
01:58qui est la dévalorisation de l'ensemble des devises au profit des métaux précieux, l'or, l'argent.
02:03C'est super intéressant ça, c'est-à-dire que le fait que l'or batte aujourd'hui même un nouveau record, l'argent un nouveau record, le cuivre tout proche de son record,
02:10le platine sur un plus haut de 18 ans, tout ça aujourd'hui même, pour vous, c'est plutôt que le signe de leur renforcement,
02:15le signe de la dévaluation des devises fiat, des devises traditionnelles, c'est ça que ça traduit ?
02:20Absolument, c'est qu'en fait, les signaux qui sont envoyés par les métaux précieux sont en train de dire qu'on est dans un cycle clairement inflationniste,
02:28que ce qui se passe au niveau de la politique mondiale, de la géopolitique, des décisions de Washington DC, des décisions de Bruxelles,
02:35elles sont clairement en faveur d'une inflation qui sera supérieure au cycle des banques centrales.
02:41Quelle est la meilleure couverture dans un cycle inflationniste ? C'est les métaux précieux.
02:45Pour ses investisseurs.
02:46Passionnants enjeux de marché, les signaux que nous envoie l'actualité en ce début d'année, actualité dingue, incroyable.
02:51Donald Trump roule peut-être pour lui-même, pour sa famille, pour d'autres choses encore.
02:55En tout cas, il roule pour Netflix. Tous les jours, un nouvel épisode avec Donald Trump.
02:59Aujourd'hui, il s'en prend à Jamie Dimon parce que Jamie Dimon, il y a quelques heures, a voulu défendre Jerome Powell.
03:04Est-ce que Wall Street commence à se lasser de tout ça aussi ?
03:06On a Wall Street qui recule nettement, moins 1% là, le S&P, le Nasdaq, moins 1,5%, Thibaut.
03:10Donald Trump qui veut limiter le prix des cartes de crédit aux Etats-Unis, qui veut faire baisser les prix des médicaments,
03:16qui veut limiter les prix des maisons individuelles.
03:19Bref, on attendait le grand dérégulateur, le libérateur d'un certain nombre de secteurs.
03:22Et voilà qu'en fait, Donald Trump est en train de mettre l'État fédéral un peu au cœur de tout.
03:26Est-ce qu'il n'y a pas une forme de désillusion sur le marché ?
03:28Oui, il y a tout à fait une forme de désillusion dans le sens où Donald Trump fait globalement n'importe quoi et absolument pas ce qu'il avait dit.
03:34Mais quelque part, il n'y avait pas tellement d'illusion à la base non plus dans la mesure où tout le monde savait que Donald Trump ferait ce qu'il voudrait
03:38et qu'il était imprévisible et que de toute façon, ce qu'il dirait ne ferait pas forcément ce qu'il ferait.
03:43Ce qui est intéressant, moi je retiens surtout dans ce que vous dites, c'est que vous ne parlez que du président.
03:47C'est-à-dire que tous ceux qui en France nous crient tout le temps à la dérive dictatorale n'ont pas l'air dérangés par le fait que Trump n'a pas l'air au courant qu'il y a un département aux Etats-Unis.
03:55C'est-à-dire que tous ces sujets sur le logement, sur les cartes de crédit, ne sont pas des sujets qui dépendent du président.
04:01Et donc quelque part, le simple fait qu'il ne soit jamais évoqué de faire voter quelque chose ou de passer par le Parlement,
04:07c'est une fuite en avant qui se relie avec cette décision de la Cour suprême.
04:10Quand on voit bien qu'elle est très gênée aux entournures parce qu'elle sait parfaitement que les tarifs de Trump sont complètement contraires à la Constitution.
04:16Elle aurait pu livrer sa décision.
04:17Mais qu'à partir du moment où c'est lui qui nomme les juges et qui semble considérer qu'il faut les virer s'ils ne font pas exactement ce qu'il dit,
04:22on sent qu'il y a un embarras qui est assez clair au niveau de la Cour suprême, alors que le cas n'est pas très difficile et qu'il n'est pas très récent.
04:29Donc je veux dire, les arguments légaux en faveur de la décision ne méritent pas six mois de plus pour être analysés.
04:33Donald Trump met la pression directement sur les juges de la Cour suprême, comme il le fait sur Jérôme Powell.
04:37Il a expliqué, Donald Trump, tout à l'heure, que si la Cour suprême se prononçait contre les droits de douane,
04:42ça voudrait dire qu'un certain nombre de juges roulent pour la Chine.
04:44On est dans des niveaux de délire qui sont importants, mais je pense qu'il lasse un peu quand même.
04:49On a vu aussi sur le sujet ICE, donc toutes ces milices maintenant qu'on va retrouver dans les villes américaines,
04:54beaucoup de républicains qui commencent à en avoir un peu ras la gueule.
04:57C'est-à-dire qu'ils considèrent que ce n'est quand même pas vraiment le rêve américain que d'avoir des milices dans les rues qui tirent sur les gens.
05:02À la limite qu'on puisse tirer sur des immigrés, why not, mais sur des américains, c'est quand même un sujet beau.
05:07Non, mais il y a des gens américains républicains hardcore qui aujourd'hui donnent cet avis.
05:13C'est-à-dire qu'ils sont choqués, alors que d'habitude, ils ne sont pas très choqués quand même.
05:15C'est ça, c'était entre guillemets vos propos.
05:17Oui, mais non, c'est la frange la plus dure qui est choquée par Trump, ce qui n'était jamais arrivé avant.
05:21Alors, on avait vu avec Taylor Greene ou d'autres que certaines parties de la frange la plus extrême de la droite américaine
05:26commençaient à ne pas être complètement en phase avec le président.
05:29Mais là, on a des gens qui sont dans des postures qui ne seront, à mon sens, pas légales,
05:33qui commencent même à ne pas être d'accord avec le président.
05:35Donc, je pense que ce n'est pas du tout anecdotique.
05:37Et qu'il faut savoir le dire.
05:38C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui des décisions de Donald Trump qui sont de plus en plus choquantes
05:41et qui commencent à lasser de plus en plus de gens.
05:43Donald Trump disait il y a quatre ans, les chiffres de Biden sont dégueulasses, il ne va pas tarder à attaquer un pays.
05:48Comment ? Les chiffres de Biden sont dégueulasses ?
05:49Les chiffres de Biden sont dégueulasses, donc il ne va pas tarder à attaquer un pays.
05:51Bon, en réalité, vous voyez que cette espèce de gesticulation systématique,
05:55alors que les chiffres américains sont vraiment très mauvais.
05:57Enfin, je vous rappelle quand même que les droits de douane, l'idée, c'était de ramener les jobs aux États-Unis.
06:01Depuis le début des droits de douane, on détruit des jobs en moyenne tous les mois aux États-Unis.
06:04La croissance est en baisse par rapport aux années précédentes avec un déficit qui est colossal.
06:08Donc, je veux dire, les indicateurs, honnêtement, ils ne sont pas bons.
06:11Avec une inflation qui reste trop élevée dans un environnement où le pétrole est très bas.
06:16Donc, je veux dire, aujourd'hui, les chiffres américains, ils ne sont pas bons,
06:18donc on est dans le contre-feu permanent, ce qui est une stratégie qui est souvent lassante.
06:22Mais quand c'est Donald Trump qui s'y met avec une certaine motivation, ça devient un peu n'importe quoi.
06:27Elias, est-ce que la politique interne américaine devient plus un problème pour les marchés que les risques géopolitiques dont on parle ?
06:32Il y a le Venezuela, bien sûr, surtout l'Iran.
06:33On voit les prix du pétrole encore monter.
06:35On est à plus 9% sur les cours du pétrole depuis une semaine,
06:38avec peut-être à venir des bombardements américains sur l'Iran.
06:41L'Iran qui pourrait, du coup, riposter.
06:43Si le régime se sent en danger, peut-être, pourquoi pas, essayer de saboter le bout des trois dormous.
06:46C'est une hypothèse qui remonte.
06:48Ça fait monter, grimper les cours du pétrole.
06:50Mais l'un dans l'autre, est-ce que les grands indices se réagissent plus à ce qui se passe à l'intérieur du territoire américain
06:55qu'en stratégie et politique internationale ?
06:57En fait, il y a deux grandes variables qui régissent les marchés financiers, au final.
07:01C'est les taux d'intérêt et aussi les anticipations de profit.
07:04Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que les anticipations de profit sont extrêmement optimistes.
07:08On attend plus 14% de hausse pour la croissance des EPS,
07:12c'est-à-dire les profits par unité d'action pour le marché américain,
07:16à un moment où la valorisation du marché américain, si on voit sur les 12 derniers mois,
07:22c'est en fait l'une des trois plus grandes valorisations plus élevées depuis 1920, sur les 100 dernières années.
07:28Donc en fait, on a un marché qui est extrêmement cher,
07:31mais qui est sous-tendu par aussi une croissance des profits qui est très optimiste, très soutenue.
07:36Maintenant, lorsqu'on ajoute à cela des facteurs qu'on n'avait pas anticipés,
07:41à savoir la géopolitique, à savoir une crise aussi institutionnelle,
07:45beaucoup plus d'incertitudes que ce qui était anticipé en fin d'année,
07:48c'est ça qui pousse les investisseurs aujourd'hui à adopter une posture peut-être un peu moins...
07:55Alente.
07:55Tout activiste, Alente, exactement.
07:57Maintenant, il faut regarder en fait, il faut s'y prendre un peu du recul.
08:01Hier, le S&P était tout proche de 7000,
08:04donc on est encore au plus haut historique, même si on recule d'un point de pourcentage aujourd'hui.
08:09Oui. Et qu'est-ce qui va driver les marchés là pour la suite ?
08:12Vous pensez que les publications, parce que vous avez démarré votre réponse par les publications,
08:15vous pensez que les publications, on entre à peine dans cette saison de publication,
08:18peuvent donner un cap, une boussole autre que la politique ou l'international au marché financier ?
08:23Je pense que c'est surtout les conditions financières qui vont permettre au marché de remonter,
08:27d'avoir un nouvel allant.
08:29En fait, si on voit depuis la dernière baisse de taux,
08:32depuis la baisse de taux du mois d'octobre de la fête et l'annonce du rachat de dettes à court terme,
08:38ce qu'on appelle les T-bills, les conditions financières se sont durcies.
08:41On voit que les taux longs ont progressé d'à peu près 25 points de base,
08:44on voit que le dollar a rebondi,
08:46et on voit surtout peut-être la plus grande surprise de ce début d'année,
08:49que le pétrole est en hausse d'à peu près 10% depuis le point bas de la fin d'année dernière.
08:56Et ça, ça fait que les conditions financières se sont durcies.
08:59Ce qu'il faudrait pour redonner un peu du momentum à Wall Street,
09:02c'est effectivement un assouplissement de ces conditions financières,
09:05à savoir des taux d'intérêt qui baisseraient.
09:07Mais pour que les taux d'intérêt baissent, il faudrait que l'inflation baisse,
09:10et c'est exactement ce que la Maison-Blanche est en train d'essayer de faire aujourd'hui,
09:15avec une politique très interventionniste au niveau des secteurs.
09:18– C'est vrai, mais quand je vous entends, et je vous entends des Thibault,
09:20il y a un instant, dire pour l'instant la politique de Donald Trump, elle échoue.
09:24Enfin, non, non, non.
09:26Il y a un an, ma réponse à moi c'est non, pour l'instant.
09:29Il y a un an, on se disait les droits de douane vont faire flamber l'inflation.
09:32Elle est où l'inflation qui flambe ?
09:34On disait il y a un an, attention, la récession, elle est où la récession ?
09:37On attend une réaccélération de la croissance cette année ?
09:39– C'est intéressant ce que vous dites, parce que ça montre en fait,
09:42pour moi, qu'on est parti dans un délire sur l'inflation.
09:44C'est-à-dire que quand on était à 2-2 en Europe,
09:48là on est quand même à 2-7 en moyenne sur l'inflation,
09:51des prix à la consommation et des prix à la production, c'est énorme.
09:55Et quand on est à 2-7 quand le baril est à 100, c'est un sujet,
09:57mais quand on est à 2-7 avec un baril qui était, aux dates de dernière saillie, à 58,
10:02c'est des chiffres qui sont énormes, on ne doit pas avoir autant d'inflation.
10:05– Mais après l'électricité qui explose, avec la demande de l'IA, les data centers qui consomment beaucoup ?
10:10– Mais ce que je veux dire, c'est qu'on est très au-dessus des objectifs d'inflation,
10:12avec des éléments déflationnistes importants.
10:14On est dans une politique qui est censée ramener des emplois aux États-Unis
10:17avec de la destruction de l'emploi.
10:19Donc, considérer que c'est mieux qu'avant, on ne voit pas très bien sur quel agrégat.
10:22Je vous rappelle encore une fois que la croissance américaine est plus faible en 2025 qu'en 2024, en 2023,
10:26et elle est beaucoup moins régulière,
10:28puisqu'il y a des effets de restockage, de déstockage avec ces droits de douane.
10:31Et puis, enfin, je vous rappelle que les phénomènes économiques sont des phénomènes à 12-18 mois.
10:35Les prix des droits de douane, ça ne donne pas une inflation un mois après.
10:38Ce n'est pas comme ça que ça marche.
10:39Donc, quand on regarde tous les résultats qu'on a pour l'instant,
10:41on n'a, à mon sens, absolument rien de positif.
10:43Et puis, je vous rappelle qu'on se félicite de dire qu'il y a tellement d'argent qui rentre
10:47qu'on va enlever l'impôt sur le revenu.
10:49Je vous rappelle qu'on est en train de parler de 200 milliards de droits de douane en 2025 de plus qu'en 2024.
10:53C'est à peu près un neuvième, donc grosso modo 10% du déficit américain.
10:57Donc, je ne vois pas très bien comment, à quasiment 7 de déficit, on va virer...
11:01Vous voyez, il n'y a rien qui fonctionne, mais par contre, Trump est très content de lui.
11:05Donc, si vous êtes content de lui aussi, ça fait deux personnes, ça me fait plaisir.
11:07Mais la réalité, c'est qu'en termes d'agrégat économique aujourd'hui,
11:10il n'y a pas grand-chose qui fait rêver.
11:11Je suis la voix des marchés, ici. Le marché est content.
11:13Là, oui, OK, on est sur quelques séances de baisse à Wall Street, mais on est proche des records.
11:17Mais d'un autre côté, vous êtes investisseur...
11:18Le CAC, tout à l'heure, a battu un record.
11:19Mais quel que soit l'endroit où vous êtes, en 2025, si vous êtes investi en devise,
11:23les indices américains ont sous-performé quasiment tout.
11:25C'est-à-dire qu'avec la baisse du dollar, vous n'avez quasiment aucun investissement
11:29qui était aussi mauvais que d'acheter des actions américaines
11:31à part acheter des obligations américaines.
11:33Donc, je veux dire, 2025, ce n'est pas un bon cru.
11:35Bon, c'est américain, c'est juste un trompe-l'œil.
11:37D'autant plus qu'en plus, la qualité des performances ne sont pas très bonnes.
11:41C'est-à-dire que c'est trop cher, il y a des valeurs qui ont des prix complètement débiles.
11:43Et donc, quand on souhaite une bonne année 2026, vous dites c'est bien, c'est gentil, c'est poli,
11:47mais il ne faut surtout pas y croire.
11:49En bourse, on n'aura pas une bonne année 2026 ?
11:51Je n'y crois pas, mais je dirais qu'à mon avis, il y a un optimiste BA qui pourrait se dégonfler un peu.
11:55Je prends un exemple qui est religieux.
11:56L'année dernière, Tesla, c'est une baisse du chiffre d'affaires, une forte baisse des revenus,
11:59et le titre, il a monté.
12:00Donc, il est passé de 220 à 300 PE.
12:02Bon, 300 PE pour une boîte qui est en décroissance, dans un marché en croissance,
12:07il faut le faire quand même, ça devrait se payer 15 fois.
12:10Et je vous rappelle que si on considérait que les robots taxis, les machins, tout ça,
12:14ça va doubler le résultat, vous êtes encore à 150 fois.
12:16Donc, on est dans des trucs qui sont religieux.
12:18On a tout un écosystème IA qui est très intéressant,
12:21mais qui est quand même un peu en vase clos à s'entre-acheter des trucs
12:23et en entreprenant des participations.
12:24Donc, je pense que le potentiel de hausse pour cette année, il est très limité,
12:28et on voit quand même assez rarement les marchés boursiers s'envoler
12:31quand les Américains ne vont pas bien.
12:32Donc, moi, j'avoue qu'au moins sur cette première partie d'année,
12:35je pense que le risque de consolidation est assez significatif.
12:37Oui, oui.
12:38Alors, c'est ce qu'on voit dans les premières publications du secteur bancaire américain.
12:41C'est vous, vous avez publié tout à l'heure, Elias.
12:43Bank of America.
12:44Personnel.
12:45Moins 5% le titre Bank of America.
12:47Pourtant, publication pas mal, mais moins 5%.
12:49West Fargo rate en revanche les anticipations.
12:51West Fargo perd aussi 5%.
12:53On a Citigroup qui perd 2,8%.
12:55C'est dur, là, pour la finance américaine.
12:57Il y avait des attentes très, très élevées.
12:58Toujours beaucoup d'attentes pour la suite, avec une dérégulation.
13:01Promise par Donald Trump.
13:02Mais pour l'instant, ce qu'il annonce, Donald Trump, c'est plutôt
13:04d'ici au 20 janvier, c'est-à-dire dans à peine quelques jours.
13:06Dès la semaine prochaine, un plafonnement à 10% du taux des cartes de crédit.
13:11Ce qui limiterait les marges des acteurs de la finance.
13:14American Express aussi est encore en baisse en ce moment d'1,2%.
13:17On continue d'en parler avec nos experts.
13:19On est à un quart d'heure de la clôture.
13:20On est ensemble.
13:22Et on accélère dans cette dernière ligne droite.
13:24Le CAC 40 est toujours quasi stable.
13:25Ce qui est frappant, c'est qu'Australie recule aujourd'hui.
13:27Moins 0,9 le S&P.
13:28Mais l'Europe tient.
13:29L'Eurostock 50 aussi ne perd que 0,2.
13:31Les valeurs qui se distinguent à Paris.
13:33Orange, Sanofi.
13:33Alors quand même des défensives.
13:34Vous le disiez tout à l'heure, Antoine.
13:35C'est les défensives qu'on achète.
13:36C'est quand même un signe de prudence de la part des investisseurs aussi ici en Europe.
13:39Orange gagne 2,9%.
13:41Sanofi plus 2,2.
13:43Société Générale, un relèvement d'objectifs de cours sur Société Générale.
13:46Le titre gagne 1,4%.
13:47C'est Jeffries qui relève de façon spectaculaire son objectif de cours sur Société Générale.
13:51Le titre avait déjà gagné l'an dernier 150%.
13:53Pour Jeffries, ce n'est pas fini du tout.
13:56Un relèvement d'opinion aussi sur Essilor Luxottica.
13:58Là, c'est HSBC qui estime que l'intégration liée à dans les lunettes va transformer radicalement le secteur.
14:05HSBC relève de plus de 30% son estimation du marché mondial des lunettes intelligentes à l'horizon 2040.
14:12Et pour l'Essilor Luxottica, HSBC double la mise.
14:15Jusqu'ici, HSBC pensait qu'Essilor vendrait 18 millions de lunettes intelligentes d'ici 2030.
14:20Mais finalement, ce sera 35 millions.
14:21Voilà, ils doublent leur prévision de vente de lunettes connectées pour Essilor Luxottica.
14:25La nouvelle prévision d'HSBC qui porte Essilor aujourd'hui en hausse d'un peu plus d'un pour cent.
14:30On en parle ce soir avec nos deux experts, Thibaut Prébé.
14:33Et il représente donc Bank of America Research ici, Elias Galou.
14:38On le disait, les métaux précieux montent.
14:40Nouveau plus haut historique aujourd'hui pour l'once d'argent, l'once d'or.
14:43Il faut continuer d'investir là-dessus.
14:44Thibaut, comment vous regardez ces mouvements-là ?
14:46Puis dans un instant, on partira aussi à Séoul.
14:48En Asie, il se passe des trucs passionnants.
14:49La bourse de Séoul n'a toujours pas reculé depuis le 1er janvier.
14:52Toutes les séances sont des séances de hausse.
14:53On essaiera de comprendre.
14:54D'abord sur les métaux précieux.
14:56Vous voyez déjà, quand vous m'interrogez sur est-ce qu'on peut monter avec une démographie en berne ?
14:59Si la bourse de Séoul monte, c'est que manifestement, c'est faisable.
15:02Il y a deux sujets.
15:03Il y a un sujet d'investissement.
15:05Moi, je pense que les métaux, ce n'est pas un sujet pour particuliers.
15:07Et que les particuliers ne doivent pas investir dans les matières premières.
15:09Parce qu'il y a des effets de bord économiques très significatifs à investir spéculativement sur des biens dont on a besoin industriellement.
15:16Une fois cette parenthèse refermée, je pense qu'il y a effectivement en réalité une baisse du dollar qui pousse les gens à acheter et des pénuries.
15:23Et c'est un sujet qui est particulièrement à la mode sur l'argent.
15:27Il y a un métal industriel de très forte conductivité qui était un peu délaissé et qui est redevenu très important.
15:32Et sur lequel les capacités d'exploitation baissent.
15:34Il y a aussi un effet de mode, il ne faut pas se mentir, on le sait.
15:36Je pense qu'on est probablement un peu loin dans l'effet de mode.
15:39Et à mon avis, intellectuellement, on est plus près de la fin de ce mouvement que du début.
15:42Parce que c'est un mouvement de suivi.
15:44Alors que malgré tout, on n'a pas non plus de pénuries énormes sur la plupart des métaux.
15:49Donc voilà, à mon avis, on est quand même pas mal dans l'effet de mode en ce moment.
15:52Dans l'univers géopolitique, les tensions tous azimuts.
15:54Alors il y a l'Iran, bien sûr, peut-être à venir des frappes américaines.
15:57Le pétrole est encore en hausse aujourd'hui.
15:59Il y a le Groenland.
16:00Les dirigeants groenlandais et danois sont à la Maison-Blanche aujourd'hui
16:04pour tenter d'arrondir les angles avec Donald Trump.
16:06Sauf que Donald Trump a expliqué il y a à peu près deux heures
16:08que les Etats-Unis voulaient contrôler le Groenland.
16:12Rien d'autre n'est envisageable, a expliqué tout à l'heure Donald Trump.
16:15Et puis c'est dans ce contexte, face à ce Donald Trump-là,
16:17que le Premier ministre du Groenland arrive.
16:19Et celui du Danemark.
16:20Compliqué.
16:21Face à tous ces enjeux, puis il y a Taïwan aussi.
16:23Je ne sais pas, lequel pourrait être la goutte d'eau qui fait déborder le vase sur les marchés ?
16:26C'est l'Iran, le plus grand risque ?
16:27C'est le Groenland.
16:28Si les Etats-Unis finissent par attaquer leurs alliés, c'est Taïwan, c'est encore le Venezuela, Elias ?
16:33En fait, quel enjeu impactera le plus les taux et les perspectives d'évolution des profits ?
16:38Je reviens toujours à ces deux facteurs, parce qu'au final,
16:42lorsque l'on voit historiquement sur les 80 dernières années,
16:46les chocs de géopolitique, c'est-à-dire les événements géopolitiques
16:50tels que les guerres, tels que les révolutions,
16:52en fait, si on voit sur la performance à trois mois,
16:54ils ont toujours été bénéfiques au pétrole, au cuivre, aux métaux précieux,
16:58mais aussi aux actions.
16:59À six mois, l'actif qui bénéficie le plus de ces chocs géopolitiques,
17:05c'est l'or, c'est le cuivre, et c'est aussi les actions.
17:07Au final, les actions aiment bien ces environnements
17:10où la géopolitique devient un facteur majeur.
17:14Donc, en fait, c'est les investisseurs institutionnels
17:18jouaient des thèmes, essentiellement l'IA, essentiellement l'exceptionnalisme américain
17:22depuis cinq ans avec ses inflows significatifs vers les États-Unis
17:27aux dépens du reste du monde.
17:28Aujourd'hui, on passe d'un thème de l'exceptionnalisme américain
17:32à un thème de l'expansionnisme américain.
17:35Comment jouer ce thème ?
17:36Il s'avère que, comme vous l'avez dit,
17:37les investisseurs institutionnels préfèrent en fait le jouer
17:40en dehors des États-Unis, essentiellement en Asie, mais aussi en Europe.
17:44Et c'est pour ça que les perspectives aujourd'hui de performance,
17:47elles sont meilleures en Europe et en Asie,
17:49et aussi dans les pays émergents qu'aux États-Unis.
17:51Vous partagez cette lecture, Thibault, face à la géopolitique,
17:54tout sauf Wall Street ?
17:55Oui, alors moi je pense que c'est des notions simplement que,
17:57vous savez, quand un marché n'est pas cher,
18:00tout excuse est bonne pour le faire compter.
18:01Quand un marché est trop cher, tout excuse est bonne pour le faire baisser.
18:04Je pense aujourd'hui qu'on ne sait pas ce qui le fera baisser.
18:06Pour répondre à notre question initiale,
18:07vous avez peut-être trouvé que c'est un peu tiré par les cheveux,
18:08mais à mon sens, rien de ce que vous avez dit.
18:12Que vous avez nombreux, les cheveux.
18:14Je vous remercie, je vais dédicacer cette réponse à mon coiffeur Samy.
18:17La réalité est qu'à mon sens,
18:19le principe de ce qui fait déborder le vase justement,
18:21c'est quelque chose qu'on ne prévoit pas.
18:23Et donc tout ce qui est déjà identifié,
18:24du Venezuela à Taïwan,
18:26ce sont des trucs connus, on sait ce qui peut se passer.
18:29Et donc à mon avis, ça ne viendra pas de là.
18:30C'est au contraire d'une surprise,
18:31et typiquement Donald Trump peut en proposer beaucoup,
18:33sur le secteur bancaire, ses cartes de crédit, etc.
18:36qui pourra venir faire bouger le marché.
18:37Après, il ne faut pas être naïf.
18:39Il y a une telle emprise sur l'effet richesse mondial des marchés américains
18:43qu'une sous-performance américaine est probable.
18:46L'idée que le reste du monde pourrait bien monter
18:48pendant que les Américains baissent,
18:49je pense que ça serait sans doute un peu naïf.
18:51En tout cas, deux bourses cartonnent depuis le 1er janvier.
18:53Séoul, plus 10% depuis le 1er janvier.
18:56Séoul n'a connu que des séances de hausse.
18:58Neuf hausses d'affilée.
18:59Et Tokyo aussi, le voisin japonais, plus 7% la bourse de Tokyo.
19:02Là aussi, une politique économique du gouvernement
19:05qui plaît au marché.
19:06D'ailleurs, les dirigeants de ces deux pays ont l'air de s'apprécier.
19:08La première ministre japonaise et le président sud-coréen
19:11ont joué ensemble hier deux titres de K-pop à la batterie.
19:15En marge de leur discussion officielle,
19:16une façon pour eux, disent-ils,
19:18de synchroniser la cadence des deux pays,
19:20la Corée du Sud et le Japon.
19:21Les deux bourses, donc, montent déjà à l'unisson
19:23depuis le 1er janvier.
19:24Alors, on va voir si les dirigeants de ces deux pays
19:26aussi jouent de la batterie à l'unisson.
19:27On va les regarder, je vous propose.
19:29On va les écouter.
19:30C'était la nuit dernière.
19:31Ils jouent de la batterie.
19:32Vous allez pouvoir bien les entendre aussi,
19:33vous tous qui nous suivez à la radio.
19:34Ce ne sont pas les voix qu'il faut écouter,
19:36mais les deux batteries aux baguettes.
19:38Donc, c'était la nuit dernière.
19:39La première ministre japonaise
19:40et le président sud-coréen.
19:41La première ministre japonaise qui prend son pied,
19:57on la voit en image,
19:58a retrouvé pour ceux qui nous suivent à la radio aussi en replay
20:00et le président sud-coréen.
20:01Ils sont joués ensemble de la batterie
20:02pour montrer qu'il était possible de synchroniser la cadence.
20:06C'est un vrai signal quand même, face à la Chine notamment.
20:08On sent que, là encore, c'est de la géopolitique,
20:10bien sûr, on joue de la musique.
20:12L'un des morceaux qu'ils ont interprétés ensemble
20:14s'appelle Dynamite.
20:16Juste pour info.
20:18Comment vous regardez ce signal ?
20:20Tout est politique.
20:21Même ce genre de scène qui peut paraître sympathique.
20:23On est en Asie, là-bas,
20:24tout est toujours très codé,
20:25surtout chez les Japonais et les Sud-Coréens.
20:27Et ils en viennent à jouer de la batterie
20:29comme des adolescents californiens au fond de leur cave.
20:32Qu'est-ce que ça nous dit, ça, Elias ?
20:34Moi, je pense que les investisseurs regardent surtout, en fait,
20:36ce que font les entreprises cotées à Séoul et Tokyo
20:39et ce que font les entreprises sur ces deux marchés-là.
20:43Vous ramenez tous aux entreprises tout le temps.
20:44Oui, mais en fait, c'est un peu le dada des investisseurs.
20:48Et ce qu'on voit, c'est des fortes croissances, en fait,
20:51des profits à venir.
20:53Quand on parle de la bourse japonaise,
20:55je veux dire, on parle essentiellement d'entreprises
20:58dont les fondamentaux sont extrêmement solides,
21:02mais aussi on parle de secteurs
21:03qui n'avaient pas performé sur les 30 dernières années.
21:07Je parle évidemment des bancaires japonaises.
21:09Quel est le marché actions, le secteur sur les actions
21:12qui a le mieux performé au cours de la décennie des années 2020 ?
21:15C'est les bancaires japonaises.
21:16Ah bon ?
21:17Oui, c'est les bancaires japonaises.
21:18Donc on voit aujourd'hui ce rattrapage
21:20parce que les investisseurs jouent les thèmes séculaires
21:23au Japon et en Corée.
21:24Le thème séculaire au Japon, c'est le retour de l'inflation
21:27après 30 années de déflation.
21:30En Corée, c'est évidemment les réformes sur le secteur des entreprises,
21:35mais c'est aussi évidemment l'intelligence artificielle.
21:37Que partagent ces deux économies ?
21:39Et je rajouterais Taïwan pour faire le trio.
21:42C'est un excès de la balance courante
21:45qui sont gigantesques, significatifs.
21:47Si on considère les pays exportateurs d'Asie,
21:50la balance courante, l'excès de la balance courante,
21:52c'est plus d'un trillion de dollars.
21:54C'est 1 100 milliards en 2025.
21:55Donc on voit énormément d'épargne.
21:57Cette épargne est recyclée, oui, historiquement,
22:01sur les bons du trésor américain,
22:03mais aussi domestiquement, sur les marchés actions domestiques.
22:06Alors, on voit qu'ils envoient un signal, la Corée du Sud,
22:09le Japon, avec une Chine en face qui menace Taïwan,
22:11et la première ministre japonaise, il y a quelques semaines,
22:13qui disait que si les Chinois attaquent Taïwan,
22:16on attaquera, nous, japonais, les Chinois.
22:18Et c'est très lourd de sens.
22:19Là-bas, ils se détestent, historiquement, en tout cas,
22:20il y a un très lourd passif, évidemment, entre la Chine et le Japon.
22:23Et là, la première ministre chinoise qui se met en scène
22:25avec le leader, le président sud-coréen, jouant de la batterie.
22:28Ce sont deux alliés très forts, très proches aussi des États-Unis,
22:31la Corée du Sud et le Japon, Antoine.
22:32Et pourtant, vous parliez d'historique.
22:36Japon et Corée du Sud, il y a encore dix ans,
22:40s'enterraient sous les insultes.
22:43Ces deux peuples qui n'ont jamais pu se supporter non plus.
22:46La Deuxième Guerre mondiale a été très, très dure,
22:48entre les deux pays.
22:50Comme quoi, vraiment, les ennemis de mes ennemis
22:52deviennent mes amis à un moment ou à un autre
22:54de la boucle temporelle.
22:55Et c'est très, très intéressant.
22:57Et on les retrouve, jouant de la batterie, sur le titre Dynamite.
22:59C'est l'une de ces chansons qu'ils ont interprétées ensemble,
23:02les deux dirigeants. Thibaut ?
23:03Oui, alors, effectivement, mais peut-être qu'ils ont joué
23:05des trucs qu'ils savaient jouer.
23:06Peut-être qu'ils n'avaient pas tous les répertoires
23:07de Stray Kids disponibles.
23:09Ce qui est sûr, pour moi, c'est que...
23:10C'est BTS.
23:11Non, mais justement, c'est bien pour ça
23:12que je dis qu'ils n'ont pas joué du Stray Kids.
23:13Voilà.
23:14Mon point, c'est qu'il faut avoir en tête deux sujets.
23:19Le premier, c'est que le symbole est quelque chose
23:21qui est extrêmement important et qui est beaucoup plus important
23:23en Asie qu'aux États-Unis, où on est dans les sociétés pragmatiques
23:26et le symbole, on s'en tape.
23:27On peut même ne pas écouter le président et dire, il fait joujou.
23:29Dans des pays asiatiques, le symbole est extrêmement important.
23:32Donc, ce message qui est passé à la Chine,
23:33il est très important et c'est une déclaration
23:35d'une puissance extrêmement forte.
23:37C'est-à-dire que ça peut suffire pour que les consommateurs
23:38des deux pays se disent que l'autre pays est allié, etc.
23:41Donc, c'est extrêmement important.
23:42Ça peut entraîner une batterie de conséquences.
23:44Voilà.
23:45Et donc, voilà.
23:46Et peut-être qu'ils vont enchaîner.
23:47On aura un petit God's Menu demain.
23:48Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que le premier point,
23:50c'est le symbole, et le deuxième, c'est la démographie.
23:52C'est deux pays qui sont en train de mourir d'un point de vue démographique.
23:55Je vous rappelle que la population sud-coréenne était montée.
23:59On est deux pays qui vont perdre autour de 1 million d'habitants par an.
24:02Au rythme actuel, ils seront 10 millions en Corée du Sud en 2100.
24:05Donc, c'est un pays qui s'éteint quasiment.
24:07Et dans ces moments-là, c'est des moments où vous avez besoin d'alliances.
24:08C'est-à-dire que vous avez beaucoup d'argent,
24:10vous avez besoin de peser, alors même que votre nombre de consommateurs décroît.
24:13Et donc, en fait, plus vous avez besoin de vendre,
24:15en ayant moins de consommateurs vous-même, plus vous avez besoin d'alliances.
24:18Et dans ce cadre-là, si vous voulez peser, vous avez besoin d'être proche.
24:22Donc, je pense qu'il y a une redistribution en Asie,
24:24peut-être pas contre la Chine, mais pour peser,
24:26malgré un poids économique et en tout cas un poids démographique qui baisse,
24:29qui est important et qui est durable.
24:31Et donc, à mon sens, il faut voir ça.
24:33Mais encore une fois, ne faites pas l'erreur
24:34de penser que le symbole a aussi peu d'importance en Asie qu'il en a chez nous.
24:38C'est complètement déterminant.
24:40Et je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler.
24:42Et d'autant plus que je vous rappelle que la première ministre japonaise
24:45est extrêmement nationaliste,
24:46puisqu'elle est considérée comme très nationaliste au Japon,
24:49alors qu'au Japon, déjà, les gens très ouverts
24:51sont beaucoup plus nationalistes que chez nous.
24:53Et donc, le fait de donner ce genre de symbole
24:55avec des pays étrangers, c'est très important.
24:58Donc, ne le négligeons pas.
24:59La première ministre japonaise qu'on vient de voir à l'œuvre, à la batterie,
25:01qui pourrait convoquer des législatives anticipées le mois prochain,
25:04elle est très, très populaire au Japon.
25:05Elle devrait, si tel est le cas, sans doute l'emporter assez massivement,
25:08renforcer sa majorité au Parlement.
25:09Et les marchés rêvent d'un plan de relance XXL,
25:12ce qui ferait encore monter les taux japonais, d'ailleurs.
25:14Ça pourrait être un sujet pour nous.
25:15Si les taux japonais montent encore,
25:16est-ce que les Japonais vont continuer d'acheter nos dettes ?
25:18Ce sera un autre sujet de l'année 2026.
25:20C'est peut-être l'un des principaux risques, d'ailleurs.
25:23En fait, le positionnement institutionnel qu'on voit sur le Yen japonais,
25:28où tout le monde anticipe une dépréciation du Yen japonais
25:32par rapport au dollar, par rapport à l'euro,
25:34tout le monde anticipe que les taux japonais vont continuer à augmenter.
25:37Si soudainement, pour X ou Y raisons,
25:39on a, si vous voulez, un changement de cap
25:42et une appréciation du Yen assez significative,
25:45un tel événement, ça a toujours été suivi par un choc sur les marchés actions.
25:51Historiquement, un Yen qui s'apprécie rapidement,
25:53c'est très mauvais pour l'ensemble des actifs mondiaux.
25:56Tout ça est passionnant.
25:57Tokyo gagne 8%.
25:58La bourse de Tokyo depuis le début de l'année, depuis le 1er janvier.
26:00Séoul gagne 10,5%.
26:02Toujours pas de séance de baisse à Séoul.
26:03Et puis les autres indices qui montent,
26:04ils sont en Amérique du Sud,
26:05avec la hausse des cours du cuivre et de l'argent notamment.
26:08La bourse chilienne, Santiago du Chili, gagne 9%.
26:11Et la bourse péruvienne, la bourse de Lima, gagne 8,5% depuis le 1er janvier.
26:15C'est le monde tel qu'il avance
26:16et tel que le voient les marchés.
26:17Merci beaucoup à tous, à tous les deux, de nous avoir accompagnés.
26:20Thibaut Prébé, auteur.
26:22Et on comprend que sur les thématiques démographiques,
26:24vous êtes sacrément inspiré, Thibaut.
26:25Toujours passionnant.
26:26Et votre bullshitomètre aussi de tout à l'heure sur la démographie
26:28t'a retrouvé en replay.
26:30Un grand merci à vous aussi, Elias.
26:32Les données high level de Bake Off America
26:34que vous nous livrez à chacun de vos passages.
26:35Bank Off America Research.