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Ce mardi 12 mai, François Monnier, directeur de la rédaction d'Investir, et Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs, se sont penchés sur l'inflation qui donne le ton sur les marchés, le rebond du cours du pétrole qui plombe l'ensemble des marchés, y compris Wall Street, l'intention de Donald Trump de baisser les taxes sur les bœufs importés, la hausse des valeurs de la tech sur les marchés boursiers, le grand écart des publications entre les États-Unis et l'Europe, Séoul qui avance l'idée d'un dividende citoyen, les taux britanniques qui sont sous pression, ainsi que les enjeux de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Il est ouvert le club. Alexandre Stott nous rejoint, économiste pour Goldman Sachs.
00:07Bonjour Alexandre.
00:08Bonjour.
00:08Bienvenue. Et François Meunier en fil rouge, directeur de la rédaction d'Investir.
00:12Rebonsoir François.
00:13Rebonsoir.
00:13Des marchés qui reculent un peu partout.
00:15Alors ici en Europe, on en a presque l'habitude, c'est pas forcément ça l'événement.
00:19On est sur une quatrième baisse d'affilée à Paris, moins 1% pour le CAC 40.
00:22Mais aux Etats-Unis aussi on est en baisse, cette fois une baisse affirmée, marquée.
00:26Le Nasdaq perd 1,3%.
00:28La raison c'est sans doute l'inflation.
00:29D'abord on a des prix du pétrole qui repartent à la hausse, c'est toujours l'impasse en Iran.
00:33Et des prix à la consommation qui reflètent l'impact de ce qui se passe en Iran.
00:37Des prix à la consommation qui accélèrent en avril, plus 3,8% sur un an aux Etats-Unis.
00:42C'est le niveau le plus élevé des prix à la consommation américains depuis quasiment deux ans.
00:46Et c'est un premier impact de cette guerre en Iran.
00:49Comment vous regardez à travers les détails de ce chiffre des prix à la consommation, la dynamique de l'inflation
00:53américaine ?
00:53Est-ce que Wall Street a raison de reculer et de s'inquiéter d'un coup aujourd'hui, Alexandre ?
00:57On vient de recevoir les chiffres.
00:59L'inflation a réaccéléré comme prévu, j'ai envie de dire, de 3,3% à 3,8%.
01:05Mais ça a légèrement dépassé les attentes.
01:06Donc le consensus économiste, nous y compris, nous attendions à une réaccélération à 3,7%.
01:11Quand on regarde dans les détails, il y a clairement une partie qui est à voir avec les prix de
01:15l'énergie.
01:16Donc directement ce que payent les consommateurs.
01:18Également ce qu'ils payent pour les billets d'avion.
01:20Il y avait des petits détails un peu plus techniques à voir avec les loyers aux Etats-Unis.
01:24Mais il y a aussi d'autres facteurs qui aujourd'hui gardent l'inflation aux Etats-Unis plus élevée que
01:28la cible de la Fed.
01:29Il y a par exemple des effets liés à l'IA.
01:31On a l'impression qu'il y a certaines composantes électroniques qui coûtent plus cher que d'habitude
01:34car on en a besoin pour développer les data centers et autres.
01:38Et il y a également, il faut le rappeler, des effets qui arrivent encore avec assez de retard
01:42qui ont à voir avec l'augmentation du taux de tarif que l'administration Trump a mis en place l
01:46'an dernier
01:46et qui est graduellement transmise aux consommateurs.
01:48Donc c'est une inflation qui, certes proche de 4%, est quand même assez différente de ce qu'on avait
01:52vu,
01:53comme vous le disiez, en 2023 ou auparavant.
01:56Mais ce qui est clair, c'est qu'elle est trop haute, quasiment le double de la cible de la
02:00Fed.
02:01Si vous regardez même l'inflation sous-jacente, donc en sortant un peu les catégories volatiles
02:04comme la nourriture ou l'énergie, vous êtes quand même plus proche de 3% que de 2%.
02:09Et donc dans le court terme, je pense que ce qui est assez clair, c'est que ça permettra à
02:11la Fed de ne pas couper les os.
02:14Ça permettra à la Fed de trouver une raison, un prétexte contre lequel Donald Trump aura du mal à argumenter,
02:19de ne pas baisser les taux.
02:20Vous pensez que cette inflation qui accélère, ça va continuer ?
02:23Que c'est que le début de l'accélération ou pas dans vos perspectives pour la suite de l'année
02:26?
02:27Je pense que l'inflation au sens large, donc celle qui inclut énergie et nourriture, on n'est pas loin
02:30du pic.
02:31Donc aux Etats-Unis, on a un pic qui est légèrement au-dessus de 4%.
02:33Donc là aujourd'hui, à 3,8, on n'en est plus très loin.
02:36C'est d'ailleurs similaire en Europe.
02:38On a un pic qui est légèrement au-dessus de 4% qu'on devrait atteindre au moins prochain.
02:41Mais ça, c'est parce que les effets directs qui ont à voir avec les prix de l'énergie qui
02:44se transmettent aux consommateurs,
02:45ils sont quasiment immédiats.
02:46On les voit déjà à la pompe, ils sont déjà dans deux mois de données.
02:48Il reste encore un peu de transmission à venir, mais ça, ça va s'opérer très rapidement.
02:51Là, il y aura potentiellement un effet plus graduel, plus long à se mettre en place.
02:55C'est ce qu'on appelle l'inflation sous-jacente,
02:57donc celle qui touche plutôt les biens manufacturés et les services.
02:59Et là, d'habitude, les prix mettent soit plus de temps à se changer,
03:04ou alors la transmission tout au long de la chaîne de production est également plus longue.
03:08Et c'est d'ailleurs ce type-là d'inflation qui, je pense, inquiétera plus les banques centrales
03:11qu'uniquement ce qu'on voit sur les prix de l'énergie.
03:14Oui, John Passard tout à l'heure nous disait, dans le chiffre d'inflation du jour,
03:18on voit un début de transmission aussi à d'autres domaines de l'économie,
03:22au-delà des éléments des parties les plus volatiles comme l'énergie ou l'alimentaire.
03:26Ça pourrait commencer à se transmettre et il semble que ça veuille commencer à se transmettre
03:30effectivement à des pans plus larges de l'économie.
03:32Vous partagez cette idée ?
03:33Oui, absolument. Je pense qu'il y a maintenant un choc qui est en train et qui va se propager.
03:38Je pense que même si aujourd'hui on rouvrait le détroit d'Hormuz,
03:40il y aurait quand même des pressions de prix qui sont dans le système
03:42et qui devraient éventuellement se refléter sur les prix du consommateur.
03:45Enfin, un exemple tout simple, mais aujourd'hui, dans les chiffres des États-Unis,
03:48les billets d'avion qui augmentent,
03:51c'est une catégorie volatile, mais qui fait partie de l'inflation sous-jacente.
03:55Donc, c'est un effet très clair de comment le prix de l'énergie pèse déjà aujourd'hui
03:58sur le prix de certains services comme les transports aériens.
04:01Mais je pense qu'il y a plus à venir sur les prix des biens qu'on produit,
04:03car comme on le voyait dans l'émission d'avant,
04:06on commence à changer un peu les modes de production,
04:08il n'y a plus d'encre, on l'imprime en noir et blanc.
04:10Je pense qu'on verra des phénomènes similaires,
04:12mais avec des pressions de prix à la hausse sur d'autres biens manufacturés
04:15et aussi potentiellement sur d'autres services.
04:17C'est un fabricant de chips japonaises, effectivement, Calbi,
04:19qui est un géant mondial des chips.
04:20Vous savez, les chips au wasabi, etc.
04:24Si vous aimez ça, c'est souvent Calbi qui les fabrique.
04:26Ils ont choisi, du fait de la fermeture du détroit d'Hormuz,
04:29de changer la couleur de leurs paquets de chips,
04:30parce que les pigments, la coloration,
04:32tout ce qui est nécessaire à cette pigmentation,
04:34ce qui fait que le paquet est vert fluo, rose fluo, rouge, etc.,
04:36passe par le détroit d'Hormuz.
04:37Et là, ils en manquent.
04:38Et donc, leurs paquets de chips seront désormais noirs et blancs.
04:40C'est ce qu'on apprend aujourd'hui du Japon et de Calbi.
04:43Donc voilà, des paquets de chips en noir et blanc.
04:44C'est une des conséquences de ce qu'on vit et de la géopolitique.
04:47Et les prix à la consommation augmentent.
04:49Et ça commence à faire un peu peur à Donald Trump.
04:52Donald Trump, François, envisage manifestement,
04:55face à l'inflation, de réduire les taxes sur le bœuf importé aux États-Unis.
04:59Des taxes que lui-même avait imposées.
05:00Eh bien, il compte peut-être les réduire, ces taxes sur le bœuf importé.
05:03Il sent le vent du boulet, là, Donald Trump ?
05:04Ce qu'on voit surtout, c'est que dès que les taux à 10 ans
05:07s'approchent dangereusement des 4,50,
05:10on a un Donald Trump qui se met à réagir
05:12et à trouver des solutions pour apaiser les craintes sur le marché obligataire.
05:17En revanche, ce qu'on peut observer,
05:19et ça c'est quand même un élément extrêmement résilient des États-Unis,
05:23c'est que la consommation, elle reste là.
05:25Elle est toujours vive du fait que les Wall Street enchaînent quand même des records
05:31et des records.
05:32Et donc l'épargne des Américains est pour l'instant épargnée
05:35de ce choc inflationniste.
05:38À l'inverse, on a le sentiment quand même qu'en France ou en Europe,
05:42le choc inflationniste, il est peut-être un peu plus lent.
05:45On atteindra probablement un pic inflationniste à la rentrée
05:48parce que vous le savez, les distributeurs ont des accords avec les producteurs, etc.
05:52Donc les prix ne peuvent pas se répercuter comme ça dans la grande distribution.
05:56Donc le pire potentiellement est à venir.
05:59En revanche, le consommateur français est beaucoup plus frileux
06:03et dès qu'il voit des hausses de prix, il a tendance à réduire sa consommation.
06:06Et on le voit dans l'utilisation des véhicules, de l'automobile.
06:11On aura probablement des indicateurs dans les péages autoroutes
06:13qui ne seront pas très bons.
06:15Donc il va falloir surveiller tout ça.
06:17Mais voilà, on réagit davantage en tant que consommateur
06:20quand on est européen, quand on est français.
06:21En revanche, on se laisse vivre un petit peu plus longtemps aux Etats-Unis.
06:25Mais le choc inflationniste, il est beaucoup plus rapide aux Etats-Unis
06:28et probablement qu'il va refluer peut-être plus rapidement qu'en Europe.
06:32Mais voilà, on a deux rythmes totalement différents de chaque côté de l'Atlantique.
06:35Oui, alors Donald Trump qui envisage d'abaisser les taxes sur le bœuf importé,
06:39il presse aussi le Congrès pour soutenir les classes moyennes.
06:43Il presse le Congrès d'adopter son projet de loi
06:45pour réserver le marché des maisons résidentielles aux particuliers.
06:48Que les entreprises n'achètent plus de maisons sur le marché immobilier
06:51pour réserver vraiment 100% du marché des maisons aux particuliers.
06:55Voilà ce que souhaite Donald Trump, histoire de soutenir les classes moyennes.
06:59Il est en train là-dessus de presser le Congrès.
07:01Est-ce que les marchés ont beaucoup à perdre si l'inflation se confirme,
07:05si elle continue d'accélérer avec deux profils différents,
07:07on a bien compris entre l'Europe et les Etats-Unis ?
07:09On voit que ce conflit en Iran ne trouve toujours pas de sortie de secours.
07:13Tous les chemins mènent à l'impasse manifestement
07:14et le pétrole monte encore 108 dollars ce soir le Brent.
07:17Est-ce que les marchés ont beaucoup à perdre
07:19si effectivement on prend conscience que l'inflation est en train de se réincruster dans nos économies ?
07:24Je pense que d'un côté les marchés anticipent déjà pas mal d'inflation.
07:28En fait il y a un marché pour l'inflation en Europe
07:30qui lui aussi voit un pic à 4%.
07:32Donc si vous voulez c'est déjà censé être dans le prix.
07:35Pareil quand je regarde ce qui est attendu pour la Banque Centrale Européenne,
07:37les marchés anticipent déjà plus de 80 points de base de hausse de taux
07:41d'ici à la fin de l'année.
07:42Et c'est dans les cours ?
07:43C'est dans les cours ?
07:44On se dit c'est pricé.
07:45C'est clairement dans les cours des produits obligataires.
07:48Normalement ça devrait être consistant avec son va sur les marchés actions.
07:51C'est toujours compliqué à dire
07:53et je ne m'aventirai pas là-dessus.
07:55mais je dirais presque que de ce point de vue-là
07:57le marché met déjà un peu une prime de risque
07:59sur une action potentiellement plus forte de la BCE.
08:01Nous-mêmes on s'attendrait qu'à deux hausses de taux.
08:04En juin 25 points de base,
08:05puis suivi d'une deuxième hausse en septembre.
08:07Mais tout ça, ça ferait 50 ans cumulés.
08:09Les marchés anticipent quasiment deux fois plus que ça.
08:12Oui.
08:12Et aux Etats-Unis, ils n'anticipent plus de baisse de taux
08:15ou ils anticipent encore une baisse de taux ?
08:16Maintenant aux Etats-Unis,
08:17et c'est intéressant,
08:18donc le marché anticip...
08:19Et on salue Kevin Warch,
08:20il y a un joli cadeau avec les prix qui accélèrent
08:21pour son arrivée à la fête, vendredi ?
08:23Donc là, le marché n'anticipe plus de baisse de taux.
08:25Grosse différence en début d'année
08:27où on n'anticipait encore globalement deux coupes.
08:29Le marché maintenant aux Etats-Unis
08:30a même 15 à 17 points de base de hausse
08:33d'ici le début de l'année prochaine.
08:34Donc pas une pleine hausse,
08:36mais une chance non éligible
08:38que la fête doive ressarmer sa politique monétaire.
08:41Oui, c'est dans le marché obligataire.
08:43Le marché obligataire anticipe tout ça,
08:45mais pas le marché actions
08:46ou le marché actions aussi, d'après vous, François ?
08:48On a le sentiment que sur les marchés actions,
08:49surtout aux Etats-Unis,
08:50on vit d'amour et d'eau fraîche
08:51et on fait comme si tout ça n'existait pas.
08:54Ce n'est pas tout à fait exact.
08:55On vit peut-être d'amour et d'eau fraîche
08:57dans un secteur bien défini qui est la tech
08:59et dans un sous-secteur
09:00qui s'appelle les semi-conducteurs.
09:01Et c'est ça qui entraîne l'optimisme
09:05sur le marché actions
09:06avec des performances assez éblouissantes.
09:09Micron Technologies,
09:10on est sur quasiment un triplement de l'action
09:12depuis le début de l'année.
09:14Ce qu'on peut voir aussi en Corée
09:15sur le marché des puces.
09:17Donc on voit qu'il y a toujours des belles histoires.
09:19Et c'est ça qui donne de l'optimisme.
09:21Mais en dehors de ça,
09:22le reste du marché en revanche
09:23est beaucoup plus terre-à-terre.
09:24Oui, on voit que la consommation
09:26peut déraper à tout moment.
09:29On parlait de McDonald's
09:30qui est quand même un bon thermomètre,
09:33un bon baromètre.
09:34C'est au plus bas de deux ans le titre.
09:35Voilà, on voit qu'il y a des questions
09:37et le vrai sujet,
09:39c'est de se dire
09:39quels seront les secteurs,
09:41quelles seront les valeurs
09:41qui vont être capables
09:42de protéger leurs marges.
09:43On n'a pas eu encore
09:44d'éléments tangibles
09:46au premier trimestre
09:46parce qu'au premier trimestre,
09:48on a eu quand même deux périodes.
09:51Janvier, février, excellent.
09:53Mars, le choc avec la guerre
09:55au Moyen-Orient.
09:56Donc on n'a pas vraiment d'indicateur.
09:58Donc on va découvrir cet été
10:00ceux qui commencent à avoir
10:01des soucis sur leur rentabilité
10:04et peut-être que la marge
10:05a été atteinte à toucher
10:06un point haut
10:07au premier trimestre de cette année
10:09et on aura quelques déceptions.
10:10Pour l'instant,
10:11il n'y a pas au niveau des indices
10:13de révision à la baisse
10:15des marges de l'Eurostox 600
10:17ou du CNP 500.
10:18D'abord parce qu'il faut voir
10:20que les compagnies pétrolières,
10:22elles, ont des bénéfices
10:23qui ont fortement monté.
10:24Ces compagnies pétrolières
10:25pèsent lourd dans les indices
10:27et donc ça a généré
10:29plutôt des révisions à la hausse.
10:31Ça peut être contre-intuitif
10:32quand on dit ça,
10:33mais depuis le début de la guerre,
10:34on a une révision à la hausse
10:35de la croissance du bénéficiaire
10:37des indices du fait
10:38que les compagnies pétrolières,
10:40comme Total, par exemple,
10:41qui a vu son bénéfice progresser
10:42de plus de 50% au premier trimestre,
10:45ça a généré des ajustements
10:47à la hausse.
10:48Mais là, les ajustements
10:49à la hausse,
10:50ils sont probablement terminés.
10:51En tout cas, les experts
10:52dans le domaine du pétrole
10:54et des compagnies pétrolières
10:55ont déjà terminé leur travail.
10:57Maintenant, on va guetter
10:57les entreprises qui vont souffrir.
10:59La bonne nouvelle pour les investisseurs,
11:02c'est que les entreprises
11:02qui souffrent
11:03ne pèsent pas très lourd
11:04dans les indices.
11:05Une compagnie pétrolière,
11:07si on prend l'exemple
11:08de Total Energy,
11:10Total Energy,
11:10c'est 170 milliards
11:11de capitalisation boursière.
11:13Une compagnie aérienne
11:14comme Air France, KLM,
11:15c'est 3 milliards.
11:16Donc l'impact sur les marchés,
11:20le match, il est fait.
11:21Donc tout le monde ne joue pas
11:23dans le Champions League.
11:24Et donc finalement,
11:26les entreprises qui souffrent,
11:27pour l'instant,
11:28et ça c'est la bonne nouvelle,
11:29et ce qui peut se dire finalement
11:30est-ce que la bourse est décorrélée,
11:31c'est que les entreprises
11:32qui souffrent,
11:33la logistique,
11:34les compagnies aériennes,
11:35eh bien d'abord,
11:36elles ont des contrats
11:37qui protègent cette année
11:39leur fourniture de carrosène
11:41à un prix encore sympathique.
11:43Ce serait une autre affaire
11:44l'an prochain
11:44et ça ne pèse vraiment pas très lourd
11:46dans les indices.
11:46Et alors on se dit quoi ?
11:47Parce que là,
11:48on sort d'une saison de publication
11:49premier trimestre
11:50hallucinante aux Etats-Unis,
11:52solide et résiliente
11:53ici en Europe.
11:54Tout à l'heure,
11:54Franklin Pichard était avec nous,
11:55il nous disait,
11:56oui, c'était un bon
11:57premier trimestre un peu partout,
11:58mais malheureusement,
11:59on a mangé notre pain blanc
12:00de l'année.
12:01C'est-à-dire que sur les suites
12:02de publications,
12:03les autres publications
12:03à venir cette année,
12:04ce sera sans doute
12:05moins bien à chaque fois
12:06que ce qu'on vient d'avoir
12:06au premier trimestre.
12:07Est-ce que vous partagez cette idée ?
12:08Au niveau global,
12:10probablement.
12:10Après,
12:11quand on regarde secteur par secteur,
12:13la réponse pour moi
12:14est négative.
12:15Là,
12:16on a quand même toujours
12:16une phase d'accélération
12:17des investissements
12:18dans le domaine de l'IA.
12:19Ça nous surprend,
12:20mais trimestre après trimestre,
12:22on voit que Google,
12:23Microsoft,
12:23Meta et Consort
12:25redisent à la hausse
12:26leurs investissements.
12:27Donc,
12:27la course,
12:28elle est toujours là
12:28et il y a même une accélération.
12:30On a investi 400 milliards
12:31l'année dernière.
12:32ils vont investir
12:33à peu près 725 milliards.
12:35Donc,
12:35finalement,
12:36ça,
12:36c'est du ruissellement
12:37et on voit que
12:38toutes les révisions
12:39de croissance
12:39dans le marché
12:42des semi-conducteurs,
12:44c'est du tangible,
12:46c'est du concret.
12:46Les bénéfices,
12:47ils sont palpables.
12:48Après,
12:48est-ce qu'il y aura
12:48la productivité
12:49autant attendue ?
12:50Ça,
12:50c'est une autre question.
12:50Mais en attendant,
12:51on voit qu'on est toujours
12:52en train de fabriquer
12:53tout l'écosystème.
12:55On cherche après
12:56des ressources,
12:57mais on voit que
12:57dans le cloud,
12:58ça transforme.
12:59Les niveaux de croissance
12:59dans le cloud,
13:00que ce soit chez Google,
13:01chez Microsoft
13:01ou chez Amazon,
13:03sont stratosphériques.
13:04Donc,
13:05l'écosystème est en train
13:06de se mettre en place
13:06et cette méga-tendance
13:08semble immunisée.
13:09Après les publications
13:10dans la tech,
13:10les analystes
13:10révisent fortement à la hausse
13:12encore leurs attentes
13:13pour la suite du côté
13:13de la tech.
13:15Oui,
13:15ça n'en finit pas.
13:16Ça n'en finit pas.
13:16Donc,
13:17la tech,
13:17vous dites,
13:17pas de bulle,
13:18même si c'est impressionnant.
13:19il semble immunisé.
13:20D'abord,
13:20ce sont les secteurs
13:21qui sont peu sensibles
13:22au prix de l'énergie.
13:24Ça,
13:24c'est le premier point.
13:25Le deuxième point,
13:25il y a une nouvelle histoire
13:26à raconter
13:26et donc,
13:27on fabrique tout un écosystème.
13:29Donc là,
13:29il y a du ruissellement
13:30qui fonctionne
13:31avec des bénéfices
13:32qui sont tangibles.
13:34Après,
13:34ces investissements,
13:35à un moment donné,
13:35ça va ralentir.
13:36Donc,
13:37au moment où ça ralentira,
13:38il y aura une autre histoire,
13:39mais peut-être
13:39qu'il n'y aura plus la guerre
13:40au Moyen-Orient.
13:42Quoique,
13:42ce n'est pas sûr.
13:43Ce n'est pas sûr non plus.
13:44Alors,
13:45comment faire ruisseler
13:45l'argent de la tech ?
13:46Parce que face à l'inflation,
13:47les classes moyennes souffrent,
13:49etc.
13:49Puis,
13:49on voit plus profondément,
13:50plus structurellement,
13:51c'est de plus en plus compliqué
13:53de rester dans la classe moyenne,
13:54un impauvrissement des populations.
13:55Et c'est le cas,
13:56le fameux cas
13:56de l'économie américaine,
13:57mais qu'on voit un peu aussi
13:58ici en Europe.
13:58Comment faire ruisseler
13:59tout cet argent de la tech
14:00et de l'IA ?
14:01Eh bien,
14:02en Corée du Sud,
14:02le gouvernement envisage
14:05de flécher
14:06une partie des recettes fiscales
14:07issues du boom de l'IA
14:08directement vers les consommateurs.
14:10Rapidement et directement,
14:12a dit un membre
14:12du gouvernement sud-coréen,
14:14parce que c'est vrai
14:15que les bénéfices de Samsung,
14:16de Skynyx
14:17sont absolument stratosphériques
14:18et autant en faire profiter
14:19directement les consommateurs
14:20en fléchant vers eux
14:21directement les recettes fiscales.
14:22L'idée n'est pas
14:23de créer une surtaxe
14:24sur les profits,
14:25non.
14:25Vous maintenez les taxes
14:26telles qu'elles sont,
14:27mais les profits sont tellement énormes
14:28que les recettes fiscales le sont
14:29et on va les rediriger
14:30vers le consommateur.
14:31Comment vous regardez ça,
14:32cette idée en tant qu'économiste,
14:33Alexandre ?
14:34Je trouve que ce genre de mesure
14:35n'est pas si étonnante,
14:37parce qu'au final,
14:38l'IA, pour l'instant,
14:39on a l'impression
14:39que les gains,
14:41en tout cas financiers,
14:41sont surtout allés
14:42vers les détenteurs de capital,
14:44donc les actionnaires
14:45dans ces entreprises
14:45qui ont forcément gagné
14:47en valorisation.
14:48Même si éventuellement,
14:49d'un point de vue économique,
14:50si l'IA nous permet
14:52d'être plus productifs
14:52en tant que travailleurs,
14:54le consommateur,
14:55le travailleur,
14:56devrait aussi être capable
14:57de demander des salaires
14:58plus élevés.
14:59Donc je pense qu'éventuellement,
15:00il y aura un rebalancement
15:02entre gains qui allaient
15:03vers le capital
15:04ou vers le travail.
15:05Mais dans cette période
15:06d'un peu de transition,
15:08je ne trouve pas
15:08assez de voir des gouvernements
15:09qui essayent de corriger
15:11les inégalités
15:12les plus extrêmes.
15:13Et dans un pays
15:13comme la Corée du Sud,
15:14on a deux entreprises
15:16avec des profits faramineux.
15:18Ce genre de mesures
15:19qui utilisent
15:20des surplus de recettes fiscales,
15:21donc qui ne découragent pas
15:23vraiment les investissements,
15:25ça enlève en rien
15:26les incitations à investir
15:27dans ce genre de technologies.
15:28Et une manière peut-être
15:30assez raisonnée
15:31de corriger
15:33ces inégalités
15:33dans le cours CERN.
15:33Oui, parce que tout le monde
15:35dans les classes moyennes
15:35n'a pas forcément
15:36beaucoup d'actions
15:37et pas forcément
15:38beaucoup d'actions tech.
15:39Donc tout le monde
15:39ne prend pas la hausse
15:40de la tech
15:40et n'en profite pas.
15:41Et donc l'idée là,
15:42c'est à travers les recettes
15:42fiscales,
15:43en faire bénéficier pour le coup
15:44le reste de la population.
15:45Quel regard vous portez là-dessus ?
15:46L'idée sud-coréenne en tout cas,
15:48est-ce qu'on pourrait
15:48l'appliquer aux États-Unis,
15:49ici en Europe ?
15:50Pourquoi pas, François ?
15:52C'est vrai qu'on a quand même
15:53des tensions sociales
15:55un peu partout,
15:55que ce soit en Asie,
15:57en Europe,
15:58au Royaume-Uni,
15:59en France
16:00ou ailleurs.
16:02Et donc l'idée,
16:02c'est de se dire,
16:02comment on peut peut-être
16:04mieux répartir
16:05les richesses ?
16:06Et en Corée,
16:07à Séoul,
16:08on a deux entreprises.
16:10À L2,
16:10c'est la moitié
16:11de la capitalisation
16:11de la bourse sud-coréenne.
16:14Donc évidemment,
16:15tous les regards sont tournés
16:17vers ces deux grands acteurs
16:18qui enchaînent
16:20sur croissance
16:20et qui révisent
16:21sans arrêt à la hausse
16:22et de se dire,
16:22comment on pourrait
16:24utiliser cette manne ?
16:25Alors de bord,
16:25on parle de manne.
16:26Et quand on parle de manne,
16:27attention,
16:28il y a des prismes
16:29qui peuvent tout de suite déraper.
16:30D'ailleurs,
16:30ça fait déraper
16:31les cours de bourse
16:32de ces deux acteurs
16:34fortement,
16:34parce qu'on n'a pas
16:35très bien compris
16:36comment ils allaient
16:37utiliser l'argent
16:38des bénéfices
16:39de ces acteurs.
16:40Est-ce que c'est
16:40une surtaxe
16:41à la fameuse
16:43totale énergie
16:44qu'on imagine en France
16:45en disant
16:45qu'il y a du surprofit
16:46avec la guerre ?
16:47Est-ce qu'il y aura
16:47une surtaxe
16:48sur les bénéfices
16:49de ces acteurs-là ?
16:50Ou si simplement
16:51une réallocation ?
16:52Oui,
16:52ces entreprises
16:53payent des impôts
16:55et donc avec ces impôts,
16:56on va...
16:56Donc là,
16:56ce n'est pas encore
16:57tout à fait clair
16:57de comment on peut
16:59utiliser la manne IA
17:00sur ces deux champions
17:01qui représentent
17:04à eux deux
17:04la moitié
17:05de la capitalisation boursière
17:06de la bourse de Séoul.
17:07Donc,
17:08il y a un débat,
17:09mais le partage
17:10de la richesse,
17:10c'est un débat
17:11qui va encore
17:13nous occuper
17:13pendant de longs mois,
17:15de longs trimestres,
17:16de longues années,
17:16parce que c'est
17:17un sujet électoral
17:18d'un pays créant.
17:18Ça peut inspirer
17:18les États-Unis ?
17:19Mais exactement.
17:20Aux États-Unis,
17:20pour le coup,
17:20ils ont encore plus
17:21de champions de l'IA,
17:22d'entreprises
17:24qui font des méga bénéfices
17:25du fait de l'IA
17:25que la Corée du Sud.
17:26Est-ce que ça pourrait
17:27être une idée
17:27de l'État fédéral américain
17:28de redistribuer tout ça
17:29à travers les recettes fiscales
17:30aux consommateurs ?
17:31Vous savez que
17:31une des promesses
17:33de Donald Trump,
17:33c'était plutôt
17:33de baisser les impôts
17:34des entreprises.
17:35Donc,
17:35on n'allait pas...
17:36On va plutôt...
17:40Oui,
17:45mais là,
17:46les recettes fiscales
17:46sont énormes,
17:47augmentent du fait
17:48que les bénéfices
17:49de ces entreprises
17:49de toute façon augmentent.
17:50Donc,
17:50les recettes fiscales
17:51vous ne touchez pas
17:52au niveau d'imposition,
17:53mais vous redistribuez
17:54directement aux consommateurs.
17:56Ça peut être une idée
17:57pour les États-Unis
17:57ou on se dit
17:58ben non,
17:58parce que là-bas,
17:59aux États-Unis,
17:59il y a de gros déficits
18:00de dettes très importantes
18:02et l'État fédéral
18:02doit garder ses recettes fiscales
18:03pour lui
18:04plutôt que de les redistribuer
18:05aux consommateurs ?
18:05C'est une question similaire
18:06qu'on peut se poser en Europe.
18:07Disons que s'il fait ça,
18:08il faut peut-être
18:09qu'il attende
18:09que les taux à 10 ans
18:13faiblissent un petit peu
18:13parce que là,
18:14on s'approche des 4,50.
18:154,50,
18:16on le voit,
18:16ça rend nerveux
18:17un petit peu tout le monde.
18:18Donc,
18:18tout le monde se dit
18:18finalement,
18:19on risque de se orienter
18:20vers les 5%.
18:21Attention à l'état de santé
18:22du marché obligataire.
18:23Vous avez des déficits.
18:24Si vous dites finalement
18:25l'argent,
18:25on va le réinjecter,
18:27il va falloir raconter
18:28une belle histoire.
18:29Oui,
18:29parce que ce que le consommateur
18:31obtiendrait
18:31si les recettes fiscales
18:32étaient fléchées
18:32vers la consommation,
18:33il le perdrait
18:34à travers une hausse
18:34des taux d'intérêt
18:35en quelque sorte.
18:35C'est le risque
18:36si effectivement
18:37ça n'allait pas directement
18:37dans les finances publiques
18:38américaines,
18:39Alexandre.
18:39Non,
18:40je pense que cette logique
18:41est la bonne.
18:43Trump a mis en place,
18:44son administration
18:45a mis en place
18:45un budget
18:46qui était assez expansionnaire
18:47en début d'année.
18:48Le moyen de le financer,
18:49c'était via des tarifs.
18:51Il se trouve maintenant
18:52qu'il y a des complications
18:53sur ce front-là.
18:54Donc,
18:54se priver de recettes fiscales
18:55aujourd'hui,
18:56ce n'est peut-être
18:57pas ce qu'ils ont.
18:59Oui,
18:59et puis en Europe,
19:00ce n'est même pas la peine
19:00de se poser la question
19:01parce que des acteurs
19:02qui voient leurs bénéfices
19:03exploser comme ça,
19:04il n'y en a quasiment pas.
19:05Ce n'est pas du comparable
19:06à ce qu'on observe
19:07en Corée du Sud
19:08ou aux États-Unis.
19:09Donc,
19:09on ne pourrait pas
19:09comme ça redistribuer
19:10l'argent des grands bénéficiaires
19:11de l'IA,
19:12en tout cas au stade actuel
19:12où on en est en Europe.
19:14Pour l'instant,
19:14on n'a pas de grands champions.
19:16On a quelques champions
19:18aux Pays-Bas,
19:19les ASML
19:21et autres,
19:22ASMI,
19:22mais on les attend,
19:24on les espère.
19:26Mais on n'a pas
19:26des champions
19:27du niveau
19:28qu'on peut observer
19:29aux États-Unis
19:29ou en Corée.
19:30Est-ce que quand même
19:32cette hausse de l'IA
19:33absolument incroyable
19:34en bourse,
19:34la tech,
19:35vous dites que c'est aussi
19:36nourri par le fait
19:36que la tech est immune
19:37face à la hausse
19:38des cours du pétrole.
19:39Est-ce que néanmoins
19:39le plafond,
19:40il n'est pas dans
19:41les ressources énergétiques
19:42disponibles pour nourrir
19:43tous ces data centers
19:44qui sont en construction,
19:45qui sont en projet ?
19:46Le plafond de verre énergétique,
19:47on va le toucher
19:47très rapidement en l'occurrence.
19:49Oui et non.
19:51D'abord,
19:51vous avez pu voir
19:52qu'au mois de mai en France,
19:53alors qu'on construit
19:54des data centers,
19:55le jour du 1er mai,
19:57on a eu des prix
19:57d'électricité négatifs
19:59et on a même touché
20:00à un record
20:01de prix négatifs.
20:04Et Bruxelles voit
20:05dans la France
20:05le modèle électrique français
20:06un modèle pour l'Europe d'ailleurs.
20:07Voilà,
20:08c'est bien qu'on serve
20:09de modèle,
20:10mais donc on voit,
20:10en tout cas,
20:11on installe de plus en plus
20:12des capacités
20:13de production électrique,
20:15que ce soit les éoliennes,
20:16que ce soit les panneaux solaires,
20:18que ce soit les centrales nucléaires.
20:19Donc,
20:19on est en train
20:20de fabriquer
20:21tout un écosystème
20:22et c'est vrai
20:22que dans ce domaine,
20:23la France est plutôt
20:24bien lotie,
20:26mais on voit d'autres pays
20:27qui aussi installent
20:28des centrales nucléaires,
20:28on le voit au Royaume-Uni,
20:30il y a des grands chantiers
20:32dans ce domaine
20:32et là,
20:33on cherche à...
20:33A chaque fois que vous parlez du Royaume-Uni,
20:34vous montrez Alexandre,
20:35vous êtes britannique,
20:36Alexandre ?
20:37J'ai de la famille britannique,
20:38oui.
20:38Ah oui,
20:38vous avez de la famille
20:38parce que vous n'avez aucun accent
20:39ou Stott,
20:40c'est peut-être britannique.
20:41Stott,
20:41c'est britannique.
20:42Je ne me disais pas
20:42que vous étiez anglais.
20:43Bon,
20:44on évoque tous ces sujets,
20:45on va continuer
20:46de dessiner des perspectives
20:47pour la suite.
20:47Bien sûr,
20:48on est à 11 minutes maintenant
20:49de la clôture,
20:49on entre dans la dernière ligne droite
20:51de cette séance
20:52et le CAC perd 1,1%
20:54sous les 8000,
20:55donc 7 967.
20:57Pour une fois,
20:57c'est ST Microelectronics
20:58qui recule le plus,
20:59le titre qui avait tellement progressé
21:01ces derniers jours,
21:01aujourd'hui,
21:02moins 5%.
21:03ST Microelectronics,
21:04on a le secteur bancaire aussi
21:05qui recule,
21:05moins 4,5%
21:06Société Générale
21:07et puis à la hausse
21:07avec les cours du pétrole
21:08encore en progression,
21:09108 dollars le Brent.
21:10Total Energy,
21:11ce titre gagne 1,6%.
21:13On suit aussi L'Oréal,
21:14Danone
21:14qui progresse d'1,3%.
21:17On a la thématique souveraine
21:18qui reste puissante en Europe,
21:20les satellites SES.
21:22Le groupe a publié ses résultats,
21:23supérieure aux attentes.
21:24SES gagne 3,5%
21:25et dans son sillage,
21:26Hôtel SAD gagne 1,8%.
21:27On en parle donc
21:28avec Alexandre Stott
21:30et François Meunier ce soir.
21:32On va dire un mot aussi
21:33du Royaume-Uni.
21:34Ah ben voilà,
21:34allons-y puisque
21:35vous avez de la famille britannique
21:36et vous écouteront
21:37particulièrement sur ce sujet-là.
21:38Le 10 ans britannique
21:39est sur un plot de 2008 aujourd'hui.
21:41Qu'est-ce qui se passe au Royaume-Uni
21:42pour justifier
21:42la flambée du taux britannique ?
21:44Voilà,
21:44l'explication, elle est simple.
21:45C'est les turbulences politiques
21:46qu'on a vues ces derniers jours.
21:48Tout ça a commencé
21:49avec les élections locales
21:50jeudi dernier,
21:51donc lourde des fêtes
21:51pour le parti travailliste.
21:53Et ce qu'on a vu
21:54durant ce week-end,
21:55ces derniers jours,
21:55c'est maintenant
21:56des contestations même internes
21:57au cabinet,
21:58donc au gouvernement
21:59du Premier ministre
22:00qui restarment là.
22:0180 députés demandent
22:02son départ du 10 ans britannique.
22:04Il me semble que c'est...
22:04Des députés travaillistes,
22:05attention.
22:06Exactement.
22:06Il y a autant de députés travaillistes
22:07qui demandent son départ
22:08que ceux qui en demandent
22:10de rester.
22:10Il y a encore beaucoup
22:11de députés
22:11qui ne se sont pas prononcés.
22:13Mais là, récemment,
22:13on a vu des ministres,
22:14donc des personnes
22:15assez seniors
22:15au sein du gouvernement
22:16qui demandent également
22:18un départ
22:18ou en tout cas un agenda,
22:20une feuille de route
22:21pour sa sortie.
22:22Donc il semblerait maintenant
22:23qu'il y ait un risque
22:24assez élevé
22:26qu'ils doivent laisser
22:28ses fonctions
22:28de Premier ministre.
22:30Comme point de comparaison,
22:31par exemple,
22:31vous pouvez prendre
22:32les marchés de prédiction
22:33qui attribuent une chance
22:34qu'il y ait plus de 80%
22:35qui quittent ses fonctions
22:36d'ici à la fin de l'année.
22:38Et donc pour être clair,
22:39ce ne seraient pas
22:39des nouvelles élections.
22:40Les travaillistes ont
22:40une majorité assez large
22:42à la Chambre des Commons.
22:44Mais donc ça serait
22:45simplement un changement
22:46de leader du parti
22:48qui engendrait
22:48un changement
22:49de Premier ministre.
22:50Et pourquoi c'est un problème
22:51du point de vue des marchés ?
22:52C'est vrai que ces dernières années,
22:53il y a eu une instabilité
22:55gouvernementale très très forte
22:56au Royaume-Uni.
22:56C'est juste ça ?
22:57Il y a un risque
22:58d'avoir un nouveau Premier ministre
23:01moins sérieux,
23:02moins rigoureux
23:03sur le plan budgétaire
23:03si Kirstenhammer s'en allait ?
23:05Qu'est-ce que Paris ?
23:05Sur quoi parie le marché
23:06là aujourd'hui ?
23:07En voyant les taux
23:07des Britanniques
23:08sur des plots de 18 ans quand même ?
23:09Ce n'est pas tous les jours.
23:09Je pense que c'est principalement
23:10une question budgétaire,
23:12même si je pense que
23:12l'incertitude en général
23:13n'aide pas les marchés.
23:16Mais la situation budgétaire
23:17du Royaume-Uni
23:17est également compliquée.
23:19Leur déficit,
23:20il y a quelques années,
23:20était proche de celui de la France.
23:22Ils l'ont réduit
23:23pas mal depuis.
23:24Il est aujourd'hui
23:25à 3,7% du PIB.
23:26En France,
23:26on sera sûrement à 5.
23:28Mais l'économie là-bas
23:29est quand même
23:30en moins en bonne posture.
23:31Nous, par exemple,
23:32on a très peu de croissance
23:33dans le risque de l'année
23:34pour nos prévisions.
23:35Le marché de l'emploi
23:36est plus faible.
23:37L'inflation est encore
23:38trop élevée.
23:38Au-dessus de 3%,
23:39elle n'est jamais vraiment
23:39redescendue à 2.
23:41Et donc la Banque d'Angleterre
23:42elle-même garde son taux directeur
23:43à 4% et pense même
23:44peut-être maintenant
23:45le remonter.
23:46Donc le contexte macroéconomique
23:47est beaucoup plus compliqué
23:49pour un gouvernement.
23:50Et évidemment,
23:50les marchés regardent
23:51le parti travailliste,
23:53le bord,
23:54le penchant
23:54qui mène la révolte
23:56et qui a peut-être
23:56une chance d'obtenir
23:57le poste de prochain leader
23:59ou le poste de Premier ministre.
24:00C'est plutôt
24:00l'aile gauche du parti
24:01plutôt que l'aile droite.
24:02Et ça,
24:03ça engendre des peurs,
24:04des craintes
24:05de dérapage budgétaire
24:06ou de moindre consolidation
24:07que ce qui était prévu.
24:08Oui, économiquement,
24:09là vous allez devoir choisir.
24:10Vous êtes français
24:10mais vous avez de la famille britannique.
24:11Vous allez devoir choisir maintenant, Alexandre.
24:13Il vaut mieux économiquement
24:13être français ou britannique aujourd'hui ?
24:15Aujourd'hui, je dirais français.
24:16Allez, on espère
24:17qu'ils ne nous écoutent pas
24:18votre famille.
24:19Ce CAC 40 qui recule
24:20d'1,1%,
24:20vous portez quel regard là-dessus
24:22sur ce qui se passe
24:22au Royaume-Uni en l'occurrence ?
24:24On peut reconnaître
24:25que le Brexit n'a rien résolu.
24:27Et ce qui est triste,
24:28c'est que ce sont les partisans,
24:30les fans du Brexit
24:30qui aujourd'hui
24:31tirent les marrons du feu
24:33alors que le Brexit
24:34a plutôt conduit
24:35à une dégradation
24:36de la puissance britannique,
24:38une dégradation de la Citi.
24:39On parlait tout à l'heure
24:40de la bourse de Séoul.
24:41Maintenant, la bourse de Séoul
24:42c'est quasiment aussi gros
24:43que la Citi.
24:44C'est même plus gros maintenant.
24:46Ils ont déjà passé la Citi.
24:47Ça a rebaissé un petit peu aujourd'hui
24:48avec ses mesures sur les dividendes.
24:51Mais globalement,
24:52on voit que la Citi
24:54c'est plus ce que c'était.
24:56Et probablement que le Brexit
24:57a joué un rôle important
25:00dans cette dégradation.
25:02Et c'est ça qui est un dommage
25:04que les partis au pouvoir
25:06aujourd'hui n'arrivent pas
25:06à faire expliquer à leur population.
25:08C'est que finalement,
25:10ce n'était pas la solution.
25:12Mais ce sont ceux
25:12qui ont voté pour le Brexit
25:14qui aujourd'hui
25:14en tirent les marrons du feu
25:15alors qu'ils ont contribué
25:17à dégrader la situation.
25:18C'est ce parti-là
25:19qui est arrivé en tête
25:19des élections locales
25:20et c'est vraiment pro-Brexit à nouveau.
25:22Donc là, il y a beaucoup...
25:23Alors dans les sondages,
25:23les Britanniques, une majorité,
25:24disent que le Brexit
25:25a été négatif pour le pays.
25:27Mais le parti pro-Brexit
25:28remporte quand même les élections.
25:30C'est quand même...
25:30Oui, c'est une énigme anglaise.
25:31On a du mal parfois
25:32à comprendre les Britanniques.
25:33La clé anglaise, là.
25:34On a du mal à la trouver.
25:37Tiens, la clé anglaise.
25:38Qui fera la clé anglaise à qui ?
25:41Donald Trump, Xi Jinping.
25:42Ils vont se voir en fin de semaine
25:43à partir de jeudi.
25:44Demain, Donald Trump
25:45va décoller pour Pékin.
25:46Il y a de grands enjeux, bien sûr.
25:48Alors Donald Trump
25:49sera accompagné de Tim Cook,
25:50l'actuel patron d'Apple,
25:51de Elon Musk
25:52qui accompagnera Donald Trump.
25:54Ce sera les grandes retrouvailles.
25:55On ne les avait plus vus ensemble
25:56depuis longtemps.
25:57Elon Musk sera là-bas à Pékin.
25:58En revanche,
25:59le patron d'Nvidia n'en sera pas.
26:00Il n'a pas été convié
26:01à participer au voyage présidentiel
26:03de Jensen-Yong.
26:04C'est étonnant
26:05parce que c'est quand même
26:06la clé, là, pour le coup.
26:07Nvidia, c'est le point peut-être
26:09le plus stratégique
26:10des discussions à venir.
26:11C'est peut-être qu'on ne veut pas
26:12parler de sujets de Taïwan
26:13et de TSMC
26:14et des semi-conducteurs.
26:15Donc, si on voulait
26:17ne pas en parler,
26:18il ne faut pas inviter Nvidia.
26:20Il sera question d'Ormous, peut-être.
26:22Alors, donnant, donnant,
26:23c'est quoi le pari, là ?
26:24Il y a une partie du marché
26:24qui se dit
26:25Donald Trump a besoin
26:26de la Chine
26:27pour rouvrir le détroit d'Ormous
26:28parce que l'Iran, bien sûr,
26:29dépend beaucoup de la Chine.
26:30Donc, les Chinois feraient
26:31pression sur l'Iran
26:31pour rouvrir le détroit
26:32mais en échange, du coup,
26:33les États-Unis feraient
26:34des concessions, pourquoi pas
26:35en matière technologique.
26:36C'est le pari des marchés
26:37des derniers jours.
26:38C'est difficile de savoir.
26:39Ce qu'on sait,
26:40c'est que la Chine a besoin
26:41de car...
26:42Ça provisionne beaucoup
26:43via le détroit d'Ormous
26:44à 40% pour son pétrole,
26:46un peu moins pour son gaz.
26:53En tout cas, ce qui est sûr,
26:53c'est que Donald Trump
26:54arrive en position affaiblie
26:56en Chine.
26:57Oui.
26:58Alexandre ?
26:59Je pense que c'est compliqué,
27:00compliqué à dire également.
27:01C'est compliqué.
27:02Beaucoup d'enjeux,
27:03donc Ormous,
27:04Taïwan également,
27:07secteur de la technologie,
27:08mais compliqué d'avoir
27:09une forte lé dessus.
27:10Le Brent est à 108 dollars,
27:12donc le pétrole
27:12qui remonte en flèche
27:13alors que Donald Trump
27:14décolle demain pour Pékin.
27:15On agit comment
27:16sur les marchés, François,
27:17aujourd'hui ?
27:17Compte tenu des doutes
27:18quand même liés à l'inflation,
27:19combien de temps durera
27:20ce conflit
27:22au Moyen-Orient ?
27:24Comment on fait
27:25pour agir en bourse ?
27:26En bourse,
27:27vraiment l'indicateur
27:28cette année,
27:28c'est la marge.
27:29La marge des entreprises.
27:30Quelles seront les entreprises ?
27:32Quels seront les secteurs
27:33qui vont être capables
27:33de défendre leur rentabilité ?
27:35On ne parle pas forcément
27:36de l'améliorer
27:37de façon significative,
27:39mais de la protéger
27:39contre ce choc inflationniste
27:41qui est présent,
27:42qui peut durer
27:44peut-être un peu plus longtemps
27:44qu'on l'escomptait
27:45du fait de cette guerre
27:47dont on ne voit pas l'issue.
27:50Donc c'est vraiment ça l'enjeu.
27:51Et que pour l'instant,
27:53on sait un petit peu
27:54comment ça se passe
27:55dans le passé.
27:56Dans le passé,
27:57on sait que tout ce qui est
27:58consommation,
27:58tout ce qui est distribution,
28:00ce sont des secteurs
28:00qui sont plutôt attaqués,
28:02même la consommation alimentaire,
28:04même les secteurs
28:05des boissons.
28:06Et qu'on a des secteurs
28:08qui sont plutôt résilients,
28:10que ce soit les produits de base,
28:12que ce soit l'énergie,
28:14que ce soit les utilities,
28:15que ce soit la construction.
28:18Donc c'est vraiment ça
28:20qui va déterminer.
28:21Les multiples vont être attaqués
28:23et donc ceux qui seront capables
28:25de défendre leur rentabilité,
28:26leur marge,
28:28vont prospérer en bourse
28:29et les autres vont souffrir.
28:31À suivre.
28:32Et tout dépendra aussi
28:33la clé,
28:33la durée de ce conflit
28:34en Iran.
28:35Chez Goldman,
28:35comment vous arrivez
28:37à établir des scénarios
28:38aujourd'hui ?
28:39Parce que tout dépend
28:39du jour au lendemain,
28:40le scénario change.
28:41La semaine dernière,
28:41le marché pariait sur la paix.
28:42Et puis aujourd'hui,
28:43c'est à nouveau l'impasse.
28:44Tous les chemins
28:44mènent à l'impasse aujourd'hui.
28:45Oui, non, exactement.
28:46C'est très compliqué
28:47pour les prévisionnistes.
28:49Ce qu'on fait,
28:49c'est qu'on travaille
28:49avec des hypothèses
28:50sur la normalisation
28:51des flots énergétiques
28:52qui passent à Hormuz.
28:53Donc pas de vue
28:54sur le conflit militaire
28:55ou les implications stratégiques.
28:57Donc on travaille
28:57avec une hypothèse centrale,
28:58c'est que le détroit
28:59se réouvre progressivement
29:00d'ici la mi-juin.
29:02Mais autour de ça,
29:02il y a évidemment des scénarios.
29:03On pourrait soit voir
29:04une paix plus rapide,
29:05plus robuste
29:06dans les semaines qui viennent
29:07ou alors une guerre
29:08qui dure plus longtemps
29:09et un détroit
29:10qui reste fermé
29:10pendant toujours plus longtemps.
29:12Bon, pas de craque à l'horizon.
29:13On l'espère en tout cas
29:14sur les marchés aujourd'hui.
29:15C'est juste une respiration.
29:16C'est intéressant de voir
29:16que le marché,
29:17quand il respire,
29:18qu'il consolide aux Etats-Unis,
29:19ne craque pas.
29:20On n'a pas d'un coup
29:20un moins 3, moins 4 sur Nasdaq
29:22alors qu'il a progressé
29:22de 20% en ligne droite
29:24en quelques semaines.
29:25Moins 1,5%,
29:25ça reste extrêmement raisonnable
29:27et à Paris,
29:28on est en repli d'1%.
29:29On est en repli d'1,5% en ligne droite.
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